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Full text of "Traité des kystes congénitaux"

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TRAITÉ 



DES 



KYSTES CONGÉNITAUX 



SOCIÉTÉ ANONYME d' IMPRIMER lE DE VILLEFR ANCHE - DE - R OUER G UE 
Jules Baedoux, Directeur. 



TRAITÉ 



DES 



KYSTES CONGÉNITAUX 



Le Professeur LANNELONGUE 

MEMBRE DE l'aGADBMIE DE MEDECINE 
CHIRURGIEN DE l'hOPITAL TROUSSEAU 



Eï 

CH. ACHARD 

INTERNE DES HOPITAUX 



Avec 54 figures dans le texte et 12 planches 
en chromolithographie 



PARIS 

ASSELIN ET HOUZEAU 

LIBRAIRES DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE 

et de la Société centrale de médecine vétérinaire, 

Place de l'ÉcoIe-de-Mëdecine 

1886 



Exposer l'état actuel de nos connaissances sur les 
kystes congénitaux en y joignant les résultats d'une 
observation personnelle de plusieurs années, tel est le pre- 
mier but de cet ouvrage, qui est à la fois un traité didac- 
tique et un résumé de mes travaux en cette matière. J'en 
ai poursuivi un autre non moins important en cherchant 
à faire ressortir que la Tératologie n'est le plus souvent 
qu'une branche immédiate ou éloignée de la Pathologie 
proprement dite. 

Il est vrai que, pour la solution de ce dernier pro- 
blème, les éléments d'une analyse physiologique et pa- 
thogénique rigoureuse sont encore très incomplets. Sur 
beaucoup de points même la notion du développement 
de l'homme n'est ni achevée ni définitive; à fortiori, le 
trouble qui atteint l'évolution organique doit-il nous 
échapper et rester pom^ longtemps ignoré. 

Néanmoins, l'heure est venue d'aborder ces questions, 
de les soumettre au contrôle d'une observation sévère 
et à un jugement fondé uniquement sur des faits d'une 
valeur indéniable. 



2 KYSTES CONGÉNITAUX 

Lorsqu'on ne parvient pas à éclairer complètement 
mi point scientifique, en déterminer les limites, séparer 
nettement le connu de ce qui reste à découvrir et 
à démontrer, n'est-ce pas déjà une œuvre utile et pleine 
d'intérêt, malgré les regrets qu'elle laisse de ne pas 
aboutir à une solution définitive? 

Mon collaborateur, M. Achard, a été mon interne pen- 
dant une année ; avec un soin et une conscience qui se- 
ront appréciés, je n'en doute pas, il a relevé dans les 
documents étrangers ce qui avait trait à cette étude; je 
saisis cette occasion de le remercier d'un travail accom- 
pli avec beaucoup d'intelligence, desavoir, et d'une col- 
laboration très utile. 

LANNELONGUE 

Paris, 28 janvier 1886. 



KYSTES CONGÉNITAUX 



CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — DIVISIONS DU SUJET. 



L'expression kystes congénitaux, qui sert de titre à ce travail, 
n'est pas à l'abri de toute critique. Le mot kyste, en effet, est 
par lui-même un terme assez vague et plutôt consacré par 
l'usage qu'établi sur une définition rigoureuse. En outre, 
parmi les tumeurs que nous réunirons dans celte étude, il en 
est qui ne répondent pas au sens généralement attribué au mot 
hjste et dans lesquelles l'élément kystique est même tout à 
fait accessoire. Néanmoins, nous nous croyons autorisés à nous 
servir de cette expression, car la plupart des tumeurs qui nous 
occuperont sont incontestablement des kystes et sont ainsi 
désignées par tous les auteurs ; quant aux autres, elles se ratta- 
chent aux kystes véritables par des liens étroits, et c'est d'ailleurs 
l'élément kystique qui nous intéresse particulièrement en elles. 

Enfin l'épithète de congénital ne doit pas être prise ici au 
sens littéral et n'implique nullement la constatation de ces 
tumeurs au moment de la naissance. Elle indique seulement 
que les conditions déterminantes de leur formation existaient 
dès la vie intra-utérine et que leur pathogénie se rattache à un 
trouble du développement. C'est d'ailleurs la même significa- 
tion qui s'attache généralement au terme d'affections congéni- 
tales; ces affections ne se révèlent parfois qu'à une époque plus 



4 KYSTES CONGÉNITAUX 

OU moins tardive; mais alors elles existaient pour ainsi dire en 
germe et à Tétat latent dès la naissance, et plus tôt même, dès 
la vie embryonnaire ; il suffit de citer, comme exemple, la hernie 
inguinale congénitale due aune malformation, à la persistance 
d'un état fœtal , et qui peut n'apparaître que plusieurs années 
après la naissance. Pour ces motifs, nous croyons pouvoir nous 
dispenser de créer un terme nouveau et nous conserverons l'ex- 
pression communément usitée de kystes congénitaux, en lui 
donnant toutefois une acception plus large et en comprenant 
sous cette dénomination certaines tumeurs très voisines des 
kystes congénitaux proprement dits, mais dans lesquelles l'élé- 
ment kystique n'a pourtant qu'une part très restreinte. 

La CLASSIFICATION DES KYSTES cu général est encore un sujet 
de discussion; celle des kystes congénitaux se ressent des 
mêmes incertitudes, d'autant plus qu'ils sont d'ordinaire moins 
bien connus que les autres kystes dans leur structure et leur 
développement. 

On admet généralement aujourd'hui qu'une classification 
des kystes doit tenir compte beaucoup moins des qualités du 
contenu que de la structure des parois, et notamment de la 
nature de l'épithélium qui, dans les parois kystiques, est l'élé- 
ment le plus important et le plus caractéristique. D'autre part, 
les kystes congénitaux, en tant qu'affection congénitale, liée 
au développement, doivent être caractérisés autant que posr 
sible par leur origine. On se trouve amené de cette manière 
à rechercher si l'on pourrait les classer d'après la provenance 
embryologique de leur épithélium, et s'il y aurait lieu, par 
exemple, de distinguer plusieurs catégories de kystes congé- 
nitaux, selon que le revêtement épithélial dérive des feuillets 
externe, interne ou moyen du blastoderme. 

Or, les faits observés montrent que cette idée séduisante 
est fausse et qu'elle exposerait à des erreurs. On ne peut, en 
effet, considérer les feuillets blastodermiques comme des 
organes primitifs, ne produisant que des tissus d'une seule 



CLASSIFICATION . 5 

espèce et complètement indépendants les uns des autres au 
point de vue de leurs dérivés. 

Cette conception générale, développée surtout par Remak, 
qui attribuait à chaque feuillet un rôle spécial dans la genèse 
des divers tissus de l'organisme, est loin d'être justifiée parles 
faits, et l'on ne peut accorder qu'âne signification purement 
morphologique aux trois feuillets du blastoderme. En outre, 
dans bien des cas, les kystes congénitaux ne résultent nulle- 
ment d'une altération pathologique d'un tissu, d'une maladie 
d'un feuillet blastodermique, mais bien d'un trouble du dévelop- 
pement, portant beaucoup moins sur les propriétés organiques 
des éléments et des tissus que sur leur siège dans l'organisme 
embryonnaire. Ce vice de formation est plutôt en effet une ma- 
ladie de région; il peut intéresser plusieurs feuillets et telle ou 
telle partie plus ou moins différenciée de ces feuillets. Voilà 
pourquoi l'on peut observer dans ces produits anormaux des 
dispositions de structure très variées, mais aussi reliées les 
unes aux autres par de nombreux intermédiaires ; voilà pourquoi 
aussi, en raison de ces variétés nombreuses et de ces affinités 
multiples , on ne peut faire intervenir les éléments d'un seul 
feuillet blastodermique pour caractériser les kystes congéni- 
taux. Enfin, comme le désordre embryologique qui est l'ori- 
gine de ces formations, nous est à peu près inconnu dans sa 
nature intime, nous ne pouvons non plus nous en servir comme 
d'un élément de classification et nous devons nous contenter, 
en définitive, pour distinguer les kystes congénitaux, des 
caractères anatomiques de leurs parois. 

Quant aux tumeurs complexes, renfermant des kystes de 
nature variée et des tissus de toute sorte, on doit procéder 
pour elles du simple au composé et étudier à un point de vue 
spécial leurs différentes cavités kystiques, pour les réunir 
ensuite par la pensée en une même tumeur. 

D'après les caractères anatomiques des kystes congénitaux, 
nous distinguerons d'abord ceux dont les parois offrent la 



6 KYSTES CONGENITAUX 

structure de la peau et des membranes muqueuses : les kystes 
DERMOÏDES ET LES KYSTES 3IUC0ÏDES ; de là deux Catégories de kystes, 
qui feront l'objet des deux premières parties de ce travail. Dans 
une troisième partie nous étudierons une variété toute spéciale 
de kystes congénitaux, les kystes séreux, qui se distinguent 
nettement des autres kystes. Enfin, dans une quatrième partie, 
nous rassemblerons des kystes divers, n'ayant pu rentrer dans 
les catégories précédentes, soit parce que leur étude est trop 
incomplète, soit à cause de leur nature différente qui les rap- 
proche des kystes ordinairement développés chez l'adulte. 

Les kystes dermoïdes et les hjstes nmco'ides, qui seront étudiés 
dans les deux premières parties, ont entre eux une très grande 
ressemblance et se trouvent d'ailleurs fréquemment associés. 
Au point de vue du mécanisme de leur formation, ils ne peuvent 
même être séparés. Si nous avons établi une distinction et 
constitué d'abord un groupe de hjstes congénitaux à jjcœois 
cutanées, c'est que les tumeurs qui renferment des kystes de 
cette nature sont les plus fréquentes, les mieux connues, et 
forment une série parfaitement naturelle et déjà bien étudiée. 
Mais la différence anatomique qui les sépare des hjstes mu- 
coides nous parait dépendre seulement de la localisation diffé- 
rente d'une cause semblable, et nous considérons toutes ces 
tumeurs comme des organes anormaux, résultant d'une ano- 
malie de position, d'une ectopie de leurs éléments générateurs, 
qui relève d'une perturbation de môme ordre survenue dans le 
développement fœtal. C'est la nature même de cet accident 
d'évolution qu'il faudrait connaître pour posséder les éléments 
d'une classification naturelle. Mais tout est encore à faire dans 
cet ordre d'idées et l'on doit au moins commencer, en bonne 
logique, par les faits les mieux connus ou, pour mieux dire, 
les moins obscurs; car nous verrons dans le cours de cette 
étude à combien d'hypothèses il nous faudra recourir, faute 
de faits démontrés, et combien de problèmes soulevés reste- 
ront sans solution. 



PRE31IERE PARTIE 



KYSTES DERMOIDES 



Nous réunirons dans cette première partie toute une série de 
productions, en apparence assez diverses, mais formant en réa- 
lité un groupe homogène et bien défini si, au lieu de les consi- 
dérer isolément, on les classe d'après leurs affinités en une série 
continue. Ces productions comprennent les tumeurs congénitales 
décrites sous les noms de kystes sébacés \ kystes dermoïdes, 
kystes fœtaux par inclusion, inclusions fœtales. Sans parler de 
leur origine congénitale et des rapports qu'affecte leur forma- 
tion avec le développement embryonnaire , ces tumeurs sont 
encore rattachées les unes aux autres par un lien commun dont 
l'importance est capitale, parce qu'il les unit au double point 
de vue de l'origine et de la structure , et qu'il en constitue la 
caractéristique véritable, à la fois anatomique et palhogénique. 
Ce caractère fondamental est l'existence dans ces productions 
de cavités kystiques que nous désignerons sous le nom de 
cavités dermoïdes ; les parois de ces cavités présentent la struc- 
ture fondamentale du tégument externe ; elles dérivent d'ail- 
leurs de ce tégument ou, d'une manière plus générale, des 
parties du feuillet corné de l'embryon qui donnent nais- 

d. Le mot sébacé désigne ici une simple apparence macroscopique et nulle- 
ment un caractère d'origine; nous entendons par ce terme des kystes en réalité 
dermoïdes, dont le contenu ressemble à celui des kystes sébacés vulgaires, d'ori- 
gine folliculaire. 



8 KYSTES CONGÉNITAUX 

sance à la peau et à certaines muqueuses. Malgré les dif- 
férences assez considérables que peuvent présenter, quant à 
leur structure, les tumeurs de cette espèce, dans toutes, depuis 
les plus simples juqu'aux plus complexes, se retrouve ce 
même élément de composition, ces mêmes cavités dermoïdes, 
réparties, il est vrai, en proportions variables, mais constantes, 
et la part qu'elles prennent à la formation de ces tumeurs est 
presque toujours prédominante, souvent même exclusive. 

La définition de cette catégorie de kystes est due à Lebert 
(1852). Cependant en 1831 Leblanc avait décrit, sous ce même 
nom de kyste dermoïde, un kyste pilifère intra-crânien trouvé 
chez un cheval ' ; de semblables kystes avaient aussi été signa- 
lés par de nombreux observateurs et les caractères cutanés de 
leurs parois plusieurs fois vérifiés ; mais c'est Lebert qui, en 
rassemblant les faits analogues, fonda véritablement le groupe 
des kystes dermoïdes, et ce sont ses travaux qui firent entrer 
le mot dans le langage courant. Quant au terme lui-même, il 
existait antérieurement dans la science, et Bichat l'avait em- 
ployé pour dénommer son système dermoïde constitué par 
l'ensemble du derme ^ Mais, comme on le voit, c'est dans une 
acception différente et plus conforme à son étymologie qu'il 
fut employé par Lebert, c'est-à-dire comme exprimant une res- 
semblance avec la peau normale (o£p[j.a, peau). Aujourd'hui le 
mot est consacré par l'usage avec la signification que lui don- 
nait Lebert. 

Outre les tumeurs appelées communément kystes der- 
moïdes, et dont la composition, plus ou moins variée, offre 
plusieurs deg-rés, nous décrirons ici certaines tumeurs congé- 
nitales, encore plus complexes, auxquelles est appliqué parfois 



1. Leblanc, Kyste derynoïde trouvé dans le crâne d'un cheval : Journal théori- 
que et pratique de médecine vétérinaire, janvier 1831, d'après une analyse du 
Recueil de médecine vétérinaire, t. VHI, 1831, p. 342. 

2. Xav. Bichat, Anatomie générale appliquée à la physiologie et à la médecine, 
Paris, an X (1801), seconde partie, p. 641. La classification de Bicliat comprenait 
aussi un système épidermoïde. 



KYSTES DERMOIDES 9 

le nom à^nclusions fœtales. Si nous réunissons en un groupe 
unique des tumeurs aussi variées, c'est que leurs rapports sont 
tellement intimes, les divisions si difficiles à établir au milieu 
d'elles, qu'elles semblent bien évidemment alliées les unes aux 
autres par une parenté commune. Nous nous réservons, d'ail- 
leurs, de fournir plus tard les preuves à l'appui de ce fait. 

Enfin, on doit aborder un point préliminaire au sujet des 
kystes dermoïdes ordinaires, qui forment la partie la plus 
importante des tumeurs que nous étudions : ces kystes sont- 
ils toujours d'origine congénitale? La question est générale- 
ment résolue par l'affirmative ; la plupart des auteurs considè- 
rent les kystes dermoïdes comme une affection congénitale, 
cette expression étant prise au sens indiqué plus haut. Nous 
adoptons dès maintenant cette opinion que nous aurons à jus- 
tifier par la suite, et nous ferons entrer, par conséquent, tous 
les kystes dermoïdes dans le cadre de notre étude. 



PREMIERE SECTION 

DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 



Les kystes dermoïdes ont été rencontrés en des endroits très 
divers; toutefois il est un petit nombre de régions qui sont 
pour ces kystes de véritables lieux d'élection. D'après la statis- 
tique de Lebert, c'est dans l'ovaire qu'ils sont de beaucoup les 
plus fréquents et, sur 176 cas relevés par cet auteur dans l'es- 
pèce humaine, il s'en trouve 129 dans l'ovjaire , tandis qu'au 
deuxième rang' le pourtour de l'orbite en compte seulement 13. 
Toutefois cotte statistique, malgré le grand nombre des faits 
qui la composent, ne donne pas avec une entière exactitude la 
fréquence relative des kystes dermoïdes : car elle est établie, 
non pas d'après une série d'observations personnelles, mais 
d'après les cas publiés, c'est-à-dire principalement d'après 
des faits qui sortent un peu de l'ordinaire et qui présentent 
un intérêt quelconque par leur élrangeté ou par leur com- 
plexité ; or, c'est dans l'ovaire surtout que se rencontrent les 
kystes dermoïdes à structure complexe. Les kystes de la tète, 
au contraire, dont la composition est généralement fort simple, 
ne sont pas d'ordinaire livrés à la publicité, et partant ne 
se trouvent pas compris dans une statistique semblable à celle 
de Lebert. Aussi nous rangerons-nous à l'opinion exprimée 
par Heurtaux, qui, d'après ses observations personnelles, con- 
sidère ces productions comme beaucoup plus fréquentes au voi- 
sinage de l'orbite que partout ailleurs'. 

1. Pauly, adoptant l'opinion de Lûciic, s'élève également contre cette prédo- 
minance attribuée par Lebert aux kystes dermoïdes de l'ovaire. 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 11 

Sans vouloir établir pour ces tumeurs une classification 
d'après leur fréquence , nous citerons comme sièges d'élection 
des kystes dermoïdes : l'orbite et son pourtour, le cuir chevelu, 
le cou, le plancher buccal, la cavité abdominale, le scrotum et 
la région sacro-périnéale. En dehors de ces régions les kystes 
dermoïdes sont tout à fait rares. 



CHAPITRE PREMIER 



KYSTES DERMOÏDES DE L ORBITE ET DE SON POURTOUR 



Les kystes dermoïdes de l'orbite et de son pourtour ont été 
signalés déjà depuis longtemps. Pierre de Marchettis\ Maître- 
Jean citent des cas de mélicéris et d'athéromes de cette région 
qui se rapportent selon toute vraisemblance aux kystes der- 
moïdes. Toutefois l'étude sérieuse de ces tumeurs est de date 
relativement assez récente. Lawrence est l'un des premiers au- 
teurs qui aient indiqué quelques-uns de leurs caractères les plus 
importants. Gaillard (de Poitiers) en 1856 en publia 9 cas, et 
insista sur plusieurs particularités dont il avait remarqué la 
constance d'après une vingtaine d'observations personnelles. 
Wecker -, sous le nom de kystes folliculaires, décrit des tumeurs 
de l'orbite qui ne sont autres que des kystes dermoïdes. Depuis, 
ces tumeurs ont été bien étudiées, non seulement au point de 
vue anatomique et clinique, mais encore au point de vue patho- 
génique, notamment dans les thèses de Régnier (1869), de 

1. Warmont, Thèsede Paris, 1838, p. 37, obs. XXI; p. 62, obs. XXIV et XXV. 

2. Wecker, Traité théorique et pratique des maladies des yeux, Paris, 1863 ; t. L 
p. 721. 



12 



KYSTES DERMOIDES 



Lamps (1874), do Cusset (1877). Récemment, en 1880, Berlin 
a donné une description des kystes dermoïdes orbitaires d'après 
le relevé d'un grand nombre de faits publiés; toutefois cet 
auteur considère comme dermoïdes presque tous les kystes de 
l'orbite, opinion sans doute vraisemblable, mais en tous cas 




FiG. 1. — Kyste dermoïde de la queue du sourcil (obs. XI). 



impossible à démontrer avec les observations anciennes. 
Aussi pensons-nous qu'il faut écarter un certain nombre des 
cas rassemblés par Berlin comme étant d'une détermination 
impossible , d'autant plus que notre but n'est pas de faire une 
statistique complète, et que les faits précis sont suffisamment 
nombreux et parfaitement comparables. 

Parmi ces kystes, ceux de la queue du sourcil sont de beau- 
coup les plus fréquents. Ils sont ordinairement de petit volume 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 13 

et passent même parfois inaperçus dans la première enfance. 
En général, jusqu'à vingt ou vingt-cinq ans, ils ne dépassent 
pas le volume d'une noix ou d'une pomme d'api ; dans certains 
cas cependant ils peuvent atteindre celui d'un œuf. Après 
vingt-cinq ans, selon Després, ils resteraient stationnaires 
et pourraient même diminuer un peu. 

Les kystes du sourcil sont situés au-dessous de l'orbiculaire 
des paupières, auquel ils sont lâchement unis, et reposent direc- 
tement sur le périoste du frontal, auquel ils sont, au contraire. 




FiG. 2. — Kyste dermoïdc frontal (obs. IV). 



fréquemment adhérents par un pédicule ou par une portion 
plus ou moins large de leur paroi. Le plus souvent ils occupent 
le tiers externe du sourcil, tantôt à l'union du tiers externe 
avec les deux tiers internes, tantôt plus en dehors jusqu'au 
niveau de l'angle externe de l'orbite. Mais ils peuvent aussi 
siéger à la partie moyenne ou sur la tête du sourcil, vers le 
grand angle de l'œil. Ils ne sont pas toujours exactement sur 
la ligne du sourcil et peuvent empiéter sur les régions voi- 
sines : le front, la tempe; ils sont quelquefois tout à fait au- 
dessus de la ligne d'implantation des poils (V. observ. II, IV, 



14 KYSTES DERMOIDES 

V et XI). On en a rencontré dans la région in tersourcilière, 
exactement sur la lig-ne médiane. 

Dans l'orbite les kystes dermoïdes ont été observés dans 
toutes les parties de cette cavité, mais plus fréquemment sur 
les parties latérales que sur les parois inférieure ou supérieure. 

Tantôt ils sont entièrement logés dans l'orbite, tantôt ils 
proéminent en dehors, présentant toutefois un prolongement 
intra-orbitaire. 

Lyford a pratiqué l'ablation de l'œil pour un kyste congéni- 
tal à contenu stéatomateux du fond de l'orbite qui entourait 
complètement le nerf optique. Brœer et Weigert ont publié l'ob- 
servation d'un kyste dermoïde complexe (tératome congénital) 
•siégeant en arrière du globe de l'œil, et G. Lawson a observé 
un cas analogue de tumeur complexe, renfermant des kystes 
à épithélium pavimenteux, mais dont la nature dermoïde n'est 
pas établie. 

Dans un grand nombre de faits, ces kystes présentent avec le 
squelette des adhérences remarquables, indiquées déjà par 
Lawrence. Tantôt ce sont simplement quelques tractus fibreux; 
tantôt un pédicule relie la paroi kystique au périoste ; tantôt 
il y a adhérence d'une portion plus ou moins étendue de la 
poche à ce périoste, et même l'os est souvent creusé à ce 
niveau d'une petite dépression ou cavité. Cette dépression 
osseuse, constatable au toucher, déjà rencontrée par Boyer, 
Jobert (de Lamballe), Gaillard, n'est pas seulement, comme le 
dit Després \ le résultat d'une illusion semblable à celle 
que donne le toucher d'une varice qui passe sur la crête du 
tibia; elle existe anatomiquemont et a maintes fois été cons- 
tatée. Nous trouvons, en elfet, dans les cas publiés les adhé- 
rences simples indiquées 2o fois et la dépression du squelette 
18 fois. Dans nos faits personnels, nous avons rencontré 9 fois 
.ces adhérences et 1 fois la dépression osseuse. 

1. Nouv. Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. XXXUI, article 
Sourcil, 1882. 



DESCRIPTION TOPOGRAPHTQUE 15 

Cette dépression est très variable ; tantôt c'est une petite fos- 
sette très superficielle, capable d'admettre l'extrémité du doigt, 
en forme de godet, dont les bords sont quelquefois rugueux et 
saillants; tantôt c'est une cavité véritable, longue de 1 cent. 1/2 
(Richet, obs. IV de Régnier), 2 cent. 1/2 (Richet, obs. V de 
Régnier), capable de contenir un noyau de cerise, un objet plus 
gros, et dans laquelle s'engage un prolongement du kyste qui 
adhère intimement à sa paroi. Cette espèce de canal osseux, 
sous le sourcil, est dirigée en général très obliquement en dehors 
et ne communique pas avec le sinus frontal (Régnier). Quel- 
quefois le kyste, en partie incrusté dans l'os, en partie au 
dehors , affecte la disposition en bissac des abcès en bouton de 
chemise. L'excavation peut intéresser toute l'épaisseur de l'os, 
en sorte que le kyste se trouve en contact avec la dure-mère 
crânienne qui est mise à nu pendant l'extirpation, comme dans 
le cas d'Esmarch. Dans un kyste orbitaire opéré par Richard, 
le doigt porté dans la plaie reconnut que la voûte de l'orbite 
faisait défaut et put sentir la mollesse du cerveau. {Soc. de 
chir.y 1855.) 

L'on a attribué cette modification du squelette à une sorte 
d'usure mécanique produite par le développement du kyste, et 
on l'a comparée à celle que l'on observe dans les anévrysmes 
en contact avec les os (Jobert de Lamballe). Elle parait se rat- 
tacher plutôt au développement de l'os qui se trouve gêné par 
la présence de la tumeur et par son accroissement. Elle ne se 
rencontre pas seulement lorsque le sujet avance en âge, comme 
le dit Gaillard, car nous avons constaté cette fossette dans un 
cas de kyste du sourcil chez un enfant de trois semaines. 



16 KYSTES DERMOÏDES 



CHAPITRE II 

KYSTES DER3I0ÏDES DU CRANE 

La surface du crâne est assez souvent le siège de kystes der- 
moïdes; il est probable d'ailleurs qu'un certain nombre de ces 
tumeurs ont été parfois rapportées aux loupes et aux kystes 
sébacés ordinaires, qui sont très fréquents en cette région. Les 
kystes dermoïdes peuvent occuper les diverses parties du crâne, 
mais ils semblent siéger de préférence au niveau de la fonta- 
nelle antérieure ou dans son voisinage, à la partie supérieure du 
frontal. Ils se rencontrent encore assez ordinairement au pour- 
tour de l'oreille, à la région mastoïdienne ; nous en rapportons 
deux exemples sur l'occipital. Enfin, ils sont fréquents à la 
tempe, et, en ce point, ils se raltachent aux kystes du sourcil. 

Comme les kystes orbitaires et péri-orbitaires dont ils pré- 
sentent tous les caractères, ils ont un sièg-e profond, sous- 
aponévrotique ou sous-musculaire ; ils offrent avec le squelette 
les mêmes connexions intimes, et à leur niveau s'observe fré- 
quemment la même dépression osseuse qui peut aller jusqu'à la 
perforation complète. Richardson', qui a insisté sur cette altéra- 
tion du squelette, la considérait comme spéciale auxkystes con- 
g-énitaux; toujours est-il que les kystes sébacés ordinaires 
n'arriveraient à la produire qu'après une longue durée et lors- 
que la tumeur a pris de grandes dimensions, tandis que, dans 
le cas de kystes dermoïdes, elle peut se rencontrer de bonne 
heure et alors que la tumeur n'a qu'un petit volume. Ajoutons 
enfin que, sur un fœtus atteint de malformations multiples et 

•1. Discussion à la Surgical Soc. of Ireland, 6 avril 1866 : Lonclon Médical Pi^ess 
and Circulai^ april 23, 1866, p. 424, 



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DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 17 

dont le crâne était resté en partie membraneux, Heschl a trouvé 
un kyste pilifère directement appliqué sur la dure-mère, en un 
point où le squelette faisait défaut. 

Les faits de kystes dermoïdes sous-cutanés avec perforation 
des os du crâne forment une transition naturelle avec ceux 
dans lesquels on a décrit des productions semblables complè- 
tement incluses dans la boîte crânienne, soit au voisinage des 
os, soit plus profondément. Ces kystes intra-crâniens peuvent 
d'ailleurs présenter avec le squelette des connexions de même 
ordre que les précédents *. * 



CHAPITRE III 

KYSTES DERMOÏDES DE LA FACE 

A la face, outre le pourtour de l'orbite, les kystes dermoïdes 
peuvent occuper le nez et la joue. 

Sans parler de ceux qui siègent à la racine du nez, c'est-à- 
dire à la région intersourcilière, et que nous avons déjà men- 
tionnés, on en a rencontré sur le nez proprement dit. 

1. Nous laisserons de côté les tumeurs décrites sous les noms de tumeurs per- 
lées (Cruveilhier, Virchow), cholestéatomes (J. Millier). Il règne en effet, notam- 
ment dans les auteurs allemands, une certaine confusion entre ces tumeurs et 
les kystes dermoïdes, ceux du moins qui ont seulement un contenu graisseux. 
C'est ainsi qu'un kyste de la queue du sourcil a été décrit par Esmarch sous le 
nom de cholestéatome. Aussi Prescott Hewett s'accorde-t-il avec Paget pour ne 
trouver aucune différence essentielle entre les cholestéatomes et les tumeurs 
sébacées, congénitales ou non. Mais sous cette dénomination de cholestéatome ou 
tumeur perlée on a compris, non seulement au crâne, mais encore en d'autres 
régions, des tumeurs différentes, telles que des sarcomes angiolithiques, des épi- 
théliomas, des kystes sébacés ou dermoïdes. 

2 



18 KYSTES DERMOIDES 

Lawrence rapporte le cas d'une petite tumeur congénitale, 
siégeant sur la voûte du nez [on the bridge of the nose) et 
pourvue d'un petit orifice externe, assez largo pour admettre 
un stylet de trousse et qui donnait parfois issue à une matière 
grasse; un stylet s'y enfonçait d"un tiers de pouce environ. Il 
l'ouvrit et trouva une membrane lisse, brillante , couverte de 




FiG. 



Kyste dermoîde médiaa siégeant sur le dos du nez (obs. XX) 



poils, qu'il fut difficile d'enlever complètement par dissec- 
tion. Cruveilhier a observé chez une petite fille de neuf ans, 
à la partie moyenne du nez. un petit pcrtuis dans lequel un 
stylet s'engageait jusqu'à 1 pouce 1/2 de profondeur en se diri- 
geant d'abord sous la peau, puis plus profondément du côté 
des sinus frontaux ; il n'y avait aucune communication avec les 
fosses nasales, comme on put s'en assurer par une injection ; la 
pression de haut en bas faisait sortir par l'orifice de petits poils. 
Nous rapportons deux cas qui peuvent être comparés aux 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 19 

précédents. Dans l'un, le kyste siégeait à la partie moyenne du 
dos du nez, chez une petite fille de vingt mois; il était pourvu 
à sa partie inférieure d'un étroit orifice cutané; il contenait des 
poils et sa paroi était dermoïde (V. ûg. 3 et obs. XX). L'autre 
cas est un kyste également congénital de la pointe du nez chez 
un enfant de cinq mois; comme les précédents, il était remar- 
quable par l'existence d'un pertuis, et de plus, cet orifice livrait 
passage à une petite houppe de poils follets (V. pi. I, fig. 1 
et 2, et obs. XXI). 

A la joue, nous en avons rencontré un exemple près de la 
région parotidienne, et un antre au-dessus du sillon qui sépare 
cette région de la lèvre supérieure. Nous citerons aussi iin 
cas observé par Yerneuil: il s'agissait d'un kyste dermoïde et 
pilifère, accompagné de plusieurs petits kystes à épithélium 
pavimenteux, siégeant sur la face externe du maxillaire supé- 
rieur. 



CHAPITRE lY 



KYSTES DERMOIDES DU COU 



Les kystes dermoïdes du cou sont très anciennement con- 
nus, puisque Celse parle de tumeurs enkystées, développées 
entre la peau et la trachée, nommées par les Grecs broncho- 
cèles et contenant une matière semblable à du miel, à de l'eau, 
et quelquefois même des poils mêlés à de petits os : i?iterdimi 
etiam mhmtis ossibus pili immixti. Mais l'étude anatomique 
et pathogénique de ces productions, étroitement liée, comme 



20 KYSTES DERMOÏDES 

nous le verrons par la suite, à celle des fistules congénitales 
du cou, ne date, comme celle-ci, que de notre époque. C'est à 
la suite des travaux sur la pathogénie de ces fistules, et princi- 
palement des recherches de Heusinger ', que les relations de ces 
tumeurs avec les fentes branchiales de l'embryon ont été éta- 
blies. 

Ces kystes ont été souvent décrits sous les noms de kystes 
athéromateux, athéromes profonds du cou, kystes branchiaux 
[Kiemengangscysteji, Roser), et, par le fait même de ces déno- 
minations un peu vagues, ils n'ont pas toujours été bien distin- 
gués des autres kystes branchiaux, ni même des kystes congé- 
nitaux du cou en général. Or, il importe de faire remarquer que 
les kystes congénitaux du cou ne sont pas tous formés aux 
dépens des fentes branchiales, et de plus que tous les kystes 
branchiaux ne sont pas dermoïdes. Cette considération nous 
impose l'obligation étroite de faire un choix parmi les obser- 
vations et de n'accepter que les faits dans lesquels la nature 
dermoïde de la paroi nous paraît suffisamment démontrée. 
Aussi laisserons-nous de côté un grand nombre de kystes très 
probablement branchiaux et rapportés autrefois à des hygro- 
mas de la bourse séreuse de Boyer, à la dilatation des gian- 
dules sous-muqueuses glosso-épiglottiques (Nélaton). 

Car, s'il y a de bonnes raisons de croire à leur nature bran- 
chiale, il n'en est pas moins vrai que la discussion rétrospective 
de ces faits anciens ne nous offrirait aucune utilité ; d'ailleurs 
leur détermination exacte serait le plus souvent impossible 
faute d'éléments, puisque les observations dont il s'agit sont 
dépourvues du contrôle histologique. Nous donnerons à la 
bibliographie l'indication d'un certain nombre de faits de ce 
genre qui restent indéterminés , et nous aurons soin , dans 
notre relevé , de préciser les distinctions précédemment in- 



1. Heusiuger, Hals-Kiemen-Fisteln von noch nicht beobachteter Form: Virchov/s 
Archiv f.path. Anat. Bd. XXIX, 186i, s. 338, et Zu den Halskiemenbogen Resten : 
Ihid. Bd. XXXIll, 1863, heft 3, s. 4il. 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 21 

diquées dont on trouvera l'explication au chapitre de la patho- 
génie. 

On a distingué , d'après le siège , deux sortes de kystes der- 
moïdes du cou : les latéraux et les médians. 

Les kystes des régions latérales ont un siège assez variable. 
En général, ils occupent la région sterno-mastoïdienne à 
diverses hauteurs; en son milieu (2" cas de Max Schede), à sa 
partie inférieure au-dessus de la clavicule (Baumgarten) ; mais 
ils peuvent occuper aussi la région parotidienne (Virchow, 
Bryant), la région sous-maxillaire (Quain, Esmarch, fig. 2). 

Leur volume est variable ; ils peuvent acquérir les dimen- 
sions du poing (Esmarch, fig. 1). 

Ils prennent parfois extérieurement une apparence bilobée 
lorsqu'ils sont croisés par une bride aponévrotique ou le ten- 
don d'un muscle. 

Us sont en général situés sous le bord antérieur du sterno- 
mastoïdien et s'étendent plus au moins profondément , par- 
fois jusqu'à la colonne vertébrale (Max Schede, 2" cas), ou vers 
le pharynx en jetant un prolongement entre cet organe et le 
larynx (l""" cas de Max Schede). Il n'est pas rare de les voir 
adhérer à la gaine des gros vaisseaux du cou (1" cas de Max 
Schede, Virchow, 2 cas de Langenbeck), disposition qui peut 
donner lieu à des difficultés opératoires et même entraîner la 
lésion de la jugulaire interne pendant leur extirpation (Lan- 
genbeck). Dans un cas de Langenbeck, la tumeur adhérait à 
l'apophyse styloïde. 

Les kystes dermoïdes de la région médiane du cou ont été 
divisés un peu artificiellement en sus- et sous-hyoïdiens. Ils 
sont le plus souvent situés au voisinage de l'os hyoïde, entre 
cet os et le cartilage thyroïde. Mais ils peuvent siéger plus bas : 
ainsi dans un cas de Giraldès la tumeur répondait au milieu 
de la dislance qui sépare le cartilage thyroïde de la fourchette 
sternale. Tachard a extirpé un kyste pili-graisseux de la partie 
inférieure de la région sous-hyoïdienne , et Bidder a observé 



22 KYSTES DEUMOlDES 

un kyste placé immédiatement au-dessus de l'échancrure sus- 
slernale. 

Ils ne sont pas toujours exactement médians; dans une de 
nos observations le kyste était situé sur la partie latérale 
gauche du cartilage cricoïde près de la ligne médiane. 

Leur volume est plus petit en général que celui des kystes 
latéraux ; souvent il ne dépasse pas celui d'une noix ou d'une 
noisette. Toutefois on en a observé de plus gros : Broca en a 
opéré un du volume d'un œuf de poule. 

Les kystes thyro-liyoïdiens sont situés au-dessous des 
muscles de ce nom ; ils reposent sur la membrane thyro-liyoï- 
dienne et adhèrent fréquemment à l'os hyoïde, directement ou 
par un pédicule. Ces adhérences sont mentionnées cinq fois 
dans les observations que nous avons rassemblées et nous les 
avons constatées dans l'un des deux cas que nous rapportons. 
En outre elles sont signalées dans plusieurs observations de 
kystes dont la nature est restée indéterminée \ Dans le fait de 
Tachard, c'est à la partie antérieure de la trachée que la poche 
kystique était adhérente. 

Les kystes dermoïdes du cou sont ordinairement sous-cuta- 
nés et indépendants du tégument. Cependant Heschl a trouvé 
sur le cadavre d'un homme de soixante-trois ans un petit sac 
du volume d'une aveline à contenu sébacé, reposant sur une 
petite dépression peu profonde de l'os hyoïde, tapissé d'un 
épidémie couvert de poils et qui s'ouvrait par l'intermédiaire 
d'un étroit canal à la surface de la peau, un peu à gauche et 
au-dessous du milieu de l'os hyoïde. Dans ce cas intéressant, 
le revêtement du sac se continuait avec l'épiderme et l'orifice 
cutané était tout à fait uni, sans trace de cicatrice, en sorte que 
la communication du kyste avec l'extérieur était primitive et 
non accidentelle. 

1. Dupuytreii , en 1831 , parlant des kystes séreux ttiyro-hyoïcliens dont il a 
observé une vingtaine d'exemples et qui sont probablement des kystes bran- 
chiaux, note déjà l'adhérence profonde au ligament thyro-hyoïdicn moyen. 



CHAPITRE V 



KYSTES DERMOIDES DU PLA^SCHER BUCCAL 



Les kystes dermoïdes du plancher de la bouche forment le 
groupe des grenouillettes dermoïdes. Ces tumeurs ne sont pas 
absolument rares et paraissent avoir été depuis longtemps 
observées, puisque Pierre de Marcliettis en 1670 racontait un 
fait de mélicéris subling'ual, et que Jourdain en 1778 citait 
deux observations dont une, au moins, paraît se rapporter à la 
g-renouillette dermoïde. Il en est de même de l'observation 
recueillie par Hernu en 1791 et citée dans les Œuvres chirur- 
gicales de Desault. A cette époque l'existence de ces tumeurs 
était bien connue, puisque Benj. Bell (1796) disait que les 
loupes du plancher buccal sont aux gTcnouillettes dans le rap- 
port de 1 à 20. Toutefois les observations anciennes ne peu- 
vent guère présenter qu'un intérêt historique et, ici encore, 
pour tracer la description de ces tumeurs, c'est à des faits mieux 
observés et plus récents qu'il faut s'adresser \ En 1881, dans 
un mémoire adressé à la Société de chirurg-ie, Combalat 
(de Marseille) mentionne treize cas publiés de kystes dermoïdes 
du plancher buccal, auxquels il ajoute une quatorzième obser- 
vation personnelle. En même temps, à la même Société, 
Th. Ang-er et Duplay en citaient chacun un cas inédit, et 
Nicaise publiait l'observation d'un kyste dermoïde canali- 
culé. 

Enfin, en 1883, dans un article publié par Ozenne dans les 



1. Pour l'historique de ces tumeurs consultez les thèses de Bertheraud, de 
Landeta, Démons, et le travail deE. Ozenne. 



24 KYSTES DERMOIDES 

Archives de médecine, se trouvent rappelés quelques autres 
faits, accompagnés de la relation d'un cas personnel. A ces 
exemples il faut encore ajouter ceux de Padieu (d'Amiens) 
(1874), de Gruber (1880), de Hofmokl (1881), de Barker (1883) 
et de Dardignac (1884). 

La nature dermoïde de la tumeur est mise hors de doute par 
l'examen microscopique dans les cas de Denonvilliers et Ver- 
neuil, E. Cruveilhier, Gaillard, Paquet, Yerneuil, Combalat, 
Hofmokl, Ozenne, Barker et Dardig-nac, et, à défaut d'examen 
histologique, par la présence de poils dans les cas de Linhart, 
de GueterLock et dans un des faits de Riche t. 

Ces tumeurs sont plus souvent médianes que latérales ; sur 
27 cas, nous trouvons 22 fois le siège noté : 14 fois le kyste 
était médian et 8 fois il était latéral ; encore sur ces 8 cas, dans 
le fait de Nicaise, la tumeur était reliée aux apophyses g-éni 
par un cordon canaliculé exactement médian. Ordinaire- 
ment le kyste est rapproché de la ligne médiane et situé à la 
partie antérieure du plancher buccal, sous la pointe de la 
langue '. 

Les kystes médians se développent entre les muscles génio- 
glosses (Linhart, Denonvilliers et Yerneuil, Ed. Cruveilhier, 
Barker), qu'ils écartent à mesure qu'ils augmentent de volume 
pour envahir la région sublinguale et faire saillie sous la 
muqueuse du plancher buccal dont ils se coiffent en se dévelop- 
pant. Ils atteignent ainsi le volume d'un œuf et font alors géné- 
ralement saillie à la région sus-hyoïdienne. Par les progrès de 
leur développement, ils refoulent la langue en haut et en arrière 
et les dents en avant, au point que le bord alvéolaire peut deve- 
nir presque horizontal (Denonvilliers et Yerneuil). Lorsqu'ils 
atteignent un certain volume, ils gênent la phonation et la res- 

1. Barker divise ces Jîystes du plancher buccal en trois variétés suivant le 
siège : 

i" Médians entre les génio-glosses ; 

2° Unilatéraux entre les muscles mylo-hyoïdiens et génio-glosses ; 

3° Bilatéi'aux au-dessus des mylo-hyoïdiens et au-dessous des génio-glosses. 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 25 

piration, la mastication et la déglutition, la succion chez le nou- 
veau-né, comme dans le cas de Richet. Dans un fait de Linhart, 
la tumeur touchait la voûte palatine et empêchait le rappro- 
chement des mâchoires. 

Comme les kystes dermoïdes des régions précédemment 
étudiées, ceux du plancher huccal offrent parfois des adhérences 
avec le squelette. Dans le cas de Dardig-nac, l'adhérence se 
faisait avec les apophyses g-éni du maxillaire inférieur ; dans le 
fait de Nicaise elle s'établissait au même point par un cordon 
canaliculé. Dans le cas de Combalat, il y avait au niveau 
du kyste une légère dépression du maxillaire au-dessous des 
apophyses géni. Dans d'autres exemples c'est à l'os hyoïde que 
le kyste est attaché (Yerneuil, Gueterbock). Dans le fait de 
Denonvilliers et Yerneuil, on trouvait à la partie inférieure de 
la tumeur des adhérences fibreuses, larges de 7 à 8 millimètres, 
étendues sur une longueur de 3 centimètres de la symphyse 
du menton jusqu'au voisinage de l'os hyoïde et très exactement 
médianes. Enfin, dans le cas rapporté par Ozenne, on i-emar- 
quait sur la ligne médiane, à la partie profonde de Ja tameur, 
des adhérences fibreuses en deux points : au niveau du frein 
et près de l'insertion des génio-glosses en avant, sans qu'il 
existât aucune union avec le maxillaire. 

Ici semblerait devoir trouver place l'étude de certains kystes 
dont la formation se rattache à l'évolution de la muqueuse 
buccale et par conséquent d'une portion du feuillet corné : nous 
voulons parler des kystes des mâchoires. Toutefois ces kystes 
se distinguent par certains caractères des kystes dermoïdes 
précédemment étudiés, aussi bien que de ceux qui vont suivre. 
En effet, les tumeurs kystiques congénitales qui siègent en 
cette région des maxillaires sont très variées dans leur nature. 
Certains kystes, d'une structure assez simple, présentent avec 
les dents des rapports spéciaux et intéressants au point de vue 
anatomique et clinique. D'autres, infiniment plus complexes, 
offrent avec les monstruosités des mâchoires des relations 



26 KYSTES DERMOIDES 

étroites et par là méritent d'être comparés aux tumem'S ana- 
logues de la région sacro-coccygienne. Pour ces motifs, nous 
croyons préférable de renvoyer leur étude à la suite de celle des 
tumeurs sacro-coccygiennes. 



CHAPITRE Yl 



KYSTES DERMOIDES DES PAROIS THORACIOrES 



Les kystes dermoïdes des parois thoraciques ont été observés 
particulièrement à la région sternale et au niveau de l'union 
des deux premières pièces du sternum. Les faits que nous 
avons rassemblés ne sont pas nombreux. Yenot, en 1837, à la 
suite d'une observation de kyste pileux de la jambe, mentionne 
sans détails un cas semblable observé deux années auparavant 
chez un homme à la région sternale. — J. Cloquet, en dSoo, à la 
Société de chirurgie, dit avoir observé une tumeur du sternum 
contenant des poils mêlés à un tissu corné, ramolli, blanchâtre. 
— Ed. Simon, à la Société anatomique, en 1838, rapporta l'ob- 
servation d'un kyste rencontré chez un jeune homme de vingt- 
sept ans, s'étant développé lentement depuis l'enfance et situé au- 
devant des deux premières pièces du sternum. 11 contenait de la 
matière sébacée et des poils et était tapissé d'une membrane 
lisse, rouge, grisâtre, semblable à une muqueuse, mais portant 
une douzaine de poils et offrant un derme et un épithélium 
pavimenteux stratifié. — Dans la thèse de Demoulin se trouve 
rapportée une observation de Fontaine, relative à un kyste pré- 
sternal, situé un peu au-dessous de l'union des deux premières 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 27 

pièces sternales, chez une jeune fille de dix-sept ans ; la tumeur, 
remarquée à Vàge de trois ans, avait été incisée, cautérisée et 
traitée par différents moyens; Nélaton en fit l'ablation totale, et 
l'examen histologique de la paroi, pratiqué par Robin, y montra 
un mélange d'épithélium pavimenteux et d'épithélium yibratile. 
— Landrieux, en 1868, communiqua à la Société anatomique 
uu cas de tumeur sternale opérée par A. Guérin chez une femme 
de ving-t-huit ans; le début remontait à une vingtaine d'an- 
nées; la tumeur siégeait à l'union des deux premières pièces 
sternales et renfermait une bouillie formée de graisse et de cel- 
lules épithéliales ; en outre sa surface interne donnait implan- 
tation à deux poils longs de 4 à o centimètres. 

L'un de nous en a extirpé un placé sur la ligne médiane au- 
dessous de la fourchette sternale, il contenait de nombreux 
poils follets ; le sujet était une jeune fille de seize ans. 

Les auteurs mentionnent aussi des kystes dermoïdes siégeant 
à la mamelle ; mais ils paraissent extrêmement rares. Sans 
parler des deux cas rapportés par Cruveilhier \ dans lesquels les 
kystes, observés chez l'adulte, présentaient un point noir cen- 
tral comme les kystes sébacés ordinaires, nous citerons le fait 
de Gerdy relatif à un kyste sébacé siégeant, chez une femme 
de quarante-cinq ans, à Ja partie inféro-externe de la glande,, 
dans laquelle il s'était creusé une loge ; il contenait une bouillie 
graisseuse avec des cellules épithéliales et des paillettes de cho- 
lestérine. — Lebert signale sans détails un kyste sébacé de la 
mamelle qui lai avait été donné par Dieffenbach. — Horteloup 
mentionne un fait de Burggrceve (de Gand) relatif à un kyste 
sébacé, peut-être dermoïde, observé chez l'homme. — Enfin 
Albers, cité par Cornil et Ranvier, a vu un kyste mammaire 
qui contenait des cheveux au milieu d'une masse sébacée. 

1. Traité d'anatoiide pathologique, t. III, p. 338. 



CHAPITRE VII 

KYSTES DERMOÏDES DES PAROIS ABDOAIINALES 

On a observé des kystes dermoïdes à la région ombilicale. Il 
importe de ne pas confondre avec ces kystes, comme on l'a 
fait, les concrétions sébacées et les corps étrangers extérieurs, 
retenus au fond de la cicatrice ombilicale et mélangés à des 
produits de desquamation et de sécrétion de la peau (débris 
épithéliaux et matières grasses). Des neuf observations citées 
par Blum, la plupart se rapportent à des concrétions sem- 
blables *; une seule est un exemple de kyste dermoïde authen- 
tique : c'est celle de E. Kiister. — Dans ce fait, observé, 
en 1872 à la clinique de Langenbeck, chez une femme de 
vingt-un ans, le kyste, d'origine congénitale, était relié au seg- 
ment gauche de la cicatrice par un pédicule et contenait un 
liquide athéromateux, de la graisse liquide, des cellules épithé- 
liales et des cristaux de cholestérinc. — Guelliot (de Reims) a 
observé chez un homme de vingt-sept ans un kyste congéni- 
tal, également pédicule, implanté sur la cicatrice ombilicale et 
qui, après avoir longtemps gardé le volume d'une noisette, 
s'enflamma et s'ulcéra en donnant issue à une matière grume- 
leuse, blanche et épaisse. — Nous avons rapporté ailleurs l'ob- 
servation d'un kyste sébacé congénital chez une petite fille de 
neuf ans, adhérant intimement à la cicatrice ombilicale par un 



1. A. Blum, Tumeurs de l'ombilic chez l'adulte : Archives générales de médecine, 
août 1876, vol. II, p. 131. 

2. FoUiu et Duplay , Traité élémentaire de pathologie externe, t. V, Paris, 1878. 
Tumeurs de l'oynhilic, -p. 818. — Nicaise, Dictionnaire encyclopédique des sciences 
nédicales. Article Ombilic, p. 180, Paris, 1881. 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 29 

pédicule fibreux et contenant une matière sébacée ramollie, 
grisâtre. 

Enfin nous avons eu l'occasion d'observer récemment un 
nouveau cas de kyste à contenu sébacé, probablement congé- 
nital et, comme les précédents, adhérent à la cicatrice ombi- 
licale. 

Tous ces faits présentent entre eux une très grande analo- 
gie ; ils sont remarquables par Fabsence de poils dans le con- 
tenu du kyste. 

Cependant, en 1874, Blot a communiqué à la Société de 
chirurgie un cas de kyste siégeant sur la ligne médiane, immé- 
diatement au-dessus de l'ombilic, chez un jeune homme de 
dix-sept ans, et contenant un mastic sébacé avec des poils 
blonds. 



CHAPITRE YIII 

KYSTES DERMOÏDES DES MEMBRES 

Les kystes dormoïdes des membres , si on en excepte 
ceux qui ont été décrits aux doigts, sont d'une extrême ra- 
reté. 

Dans un cas de Yenot, cité par Lebert, il s'agit d'un homme 
de trente-six ans, atteint de syphilis secondaire, qui portait sur 
la face antérieure de la jambe droite une tumeur fluctuante, 
grosse comme une aveline. L'incision donna issue à une petite 
quantité de pus jaunâtre très fluide et à une masse de poils 
entortillés et pelotonnés. 



30 KYSTES DERMOIDES 

Hofmokl (1881) cite un cas observé à la clinique du profes- 
seur Dumreicher et relatif à un kyste dermoïde, gros comme 
une pomme, situé à la partie postéro-supérieure de la cuisse 
chez un adulte; mais il ne donne aucun détail sur la structure 
de ce kyste. 

Josias communiqua en 1878 à la Société clinique l'observa- 
tion d'un kyste de la région Irochantérienne du côté gauche, 
opéré par Trélat, chez une femme de quarante-six ans. Il avait 
été remarqué après un traumatisme trois ans auparavant ; son 
siège était sous-aponévro tique. L'incision donna issue à 
une « pâtée ressemblant mal au contenu des kystes sé- 
bacés ». L'examen histologique , pratiqué par Chambard, 
y montra l'existence de cellules épithéliales et de .granu- 
lations graisseuses libres , permettant de le comparer au 
contenu des kystes dermoïdes. Mais la paroi ne fut point exa- 
minée. 

En 1879, Variot et Ch. Remy présentèrent à la Société ana- 
tomique un kyste de la partie antérieure et moyenne de la 
cuisse gauche, existant depuis quinze ou dix-huit ans chez un 
homme de cinquante ans ; il adhérait aux parties profondes sur 
une assez grande étendue. Le contenu était une bouillie sem- 
blable à du mastic et la paroi, dépourvue de papilles, était 
revêtue d'épithélium stratifié. Les auteurs pensent qu'il s'agit 
d'un kyste sébacé et non d'un kyste dermoïde. 

Panas en 1869 rapporta, à la Société de chirurgie, l'obser- 
vation d'un kyste situé sous la patte d'oie, chez une petite fille 
de huit ans, et dont le début remontait à l'âge de deux ans ; le 
contenu présentait les caractères microscopiques des loupes de 
la tête ; mais l'idée d'un kyste dermoïde fut combattue par Ver- 
neuil, Trélat, M. Sée, Després. 

Quant à la tumeur deltoïdienne observée par Gubler et pré- 
sentée en 1859 à la Société de chirurgie ', elle n'est nullement 
un kyste dermoïde, comme on l'a dit quelquefois par erreur. 

1. Bulletin de la Société de chirurgie, t. X, 1859, 20 juillet, p. S. 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 31 

D'ailleurs l'auteur lui-même lui domiait un nom spécial, celui 
de kyste pilicellaire. 

On voit combien les faits sont rares et incomplets. 

KYSTES DE LA MAIN ET DES DOIGTS 

On a décrit des kystes dermoïdes à la main et aux doigts. 
Mais, parmi les observations citées comme des exemples de 
ces kystes, il convient d'en rejeter un certain nombre qui ne 
sont nullement démonstratives ou qui se rapportent à une 
affection différente, celle qu'on a désignée sous le nom de 
tumeur perlée des doigts. C'est ainsi que Rizet, sous la dé- 
nomination de kystes dermoïdes, a rapporté six observations 
de tumeurs des doigts dont plusieurs ne sont ni kystiques ni 
dermoïdes \ Le fait présenté par Muron à la Société anatomique 
en 1868 ressemblait à la tumeur perlée'; il en est de même 
des cas cités en 1883 à la Société pathologique de Londres ^ 
Nous avons aussi rencontré sur le cadavre d'un homme âgé 
une de ces tumeurs perlées du volume d'un pois, sous la peau 
de l'index, en arrière de l'articulation métacarpo-phalangienne. 
Cette confusion étant signalée, et si l'on songe en outre que le 
mot de « tumeur perlée » a peut-être été appliqué à des tumeurs 
différentes, on comprendra sans peine la nécessité qui s'impose 
de n'accepter que des faits rigoureusement étudiés '\ 

Le nombre de ces kystes des doigts qu'on pourrait considérer 

1. Rizet, Kystes dermoïdes des doigts : Gazette des hôpitaux, 20 août 1881, n° 95, 
p. 753. Cet auteur indique une observation de soi-disant kyste dermoïde de l'in- 
dicateur droit, rapportée dans le Traité de jmthologie chirurgicale de Nélaton, t. Y ; 
mais il y a là une méprise évidente : on trouve seulement dans l'ouvrage cité un 
fait d'anévrysme cirsoïde de l'index droit chez un enfant de quatre ans et demi. 
(A. Nélaton, Éléments de pathologie chirurgicale, t. V, Paris, 1838, p. 953.) 

2. Muron, Kyste dermoïde : Bulletins delà Société anatomique, novembre 1858, 
p. S39. 

3. Transact. of the Pathol.Soc. of London, 1883-84, vol. XXXV, p. 399, et Brit. 
Med. Journ., 1883, vol. 11, october 20, p. 773. 

4. Nous renvoyons pour l'étude de ces tumeurs perlées des doigts au travail de 
M. Gross (de Nancy), Revue médicale de l'Est, 1884, p. 183, 577 et 609. 



32 KYSTES DERMOÏDES 

comme vérilablement dermoïdes est très restreint. Lalitte, 
dans mie thèse récente sur ce sujet, en cite huit cas; encore 
faut-il, croyons-nous, faire des réserves sur quelques-uns. On 
doit en effet conserver des doutes sur deux faits de Rizet, faute 
de tout examen histologique dans le premier et par suite de 
l'insuffisance des détails dans le second. L'exemple de Gillette 
(Soc. de méd. de Paris, 24 juillet 1875) est également dépourvu 
du contrôle histologique \ Le cas de Gibier, présenté d'ailleurs 
avec réserves, reste douteux"; celui de Demay n'est pas non 
plus démonstratif et son auteur le l'egardait comme un polya- 
dénome sudoripare ^ 

Les observations de Polaillon, de Kirmisson et de Ileyden- 
reich sont plus probantes ; les tumeurs dont il s'ag"it sont de 
véritables kystes, et leur paroi est formée d'une couche con- 
jonctive et d'un revêtement épithélial offrant les caractères de 
l'épiderme; jamais on n'y a rencontré de poils ni de glandes 
sébacées; les papilles ont été seulement observées dans le cas 
de Ilcydenreich, et quant aux glandes sudoripares mentionnées 
dans ce dernier fait, on n'a pu établir avec certitude si elles 
dépendaient de la cavité kystique ou si elles appartenaient à la 
peau qui recouvrait la tumeur. Le contenu de ces tumeurs est 
mi liquide épais, grumeleux, ou une niasse pâteuse comparée 
à du suif ramolli (Polaillon). Leur dureté est parfois très g-rande 
et peut donner l'idée d'un fibrome. Elles sont indépendantes des 
tendons sous-jacents, mobiles sur les parties profondes et adhé- 
rentes au contraire à la peau. Elles siégeaient au côté palmaire 
sur la première phalange de l'index droit (Polaillon) , sur la 
deuxième phalange du médius gauche (Kirmisson), sur la 
deuxième de l'index droit (Ileydenreich). Dans aucun cas ces 

1. Il en est de même d'un cas de F. Trêves, non cité par Lalitte, et donné 
comme un type de kyste sébacé {Bi^it. med. Journ., 1883, vol. II, december 8, p. 1123). 

2. P. Gibier, Kyste de la face palmaire de la ^^ phalange de l'index droit: 
Bulletins de la Société anatomique, novembre 1881, p. &Çii, ci Progrès médical, 
1882, p. 485. 

3. F. L. Demay, Étude clinique et histologique de certaines tumews de lamain. 
Thèse de Paris, 1880, p. 73, obs. V. 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 33 

tumeurs n'ont fait leur apparition à la naissance ou même dans 
l'enfance et cette particularité leur est commune avec les 
tumeurs perlées. Ajoutons enfm que, dans le cas de Gibier, le 
malade avait été opéré auparavant d'un kyste dermoïde du 
sourcil, et que, dans celui de Kirmisson, on a noté la coexis- 
tence d'une petite tumeur parotidienrie , probablement de 
même nature. 



CHAPITRE IX 



KYSTES DEimOlDES DE L IRIS 



On a décrit dans l'iris des kystes dermoïdes et des tumeurs 
perlées entre lesquels il importe, aussi bien qu'aux doigts, de 
faire une distinction. De plus on peut observer dans l'iris des 
kystes à contenu séreux qu'il ne faut pas non plus considérer 
comme dermoïdes. Ceux qui mériteraient vraiment ce nom 
paraissent tout à fait exceptionnels et les faits que l'on en cite 
ne sont pas à l'abri de tout reproche. Il serait nécessaire, 
pour en démontrer l'existence d'une manière irrécusable, d'y 
constater la présence d'une paroi dermoïde et notamment "Se 
follicules pileux ou de glandes, surtout quand les circonstances 
de leur apparition peuvent laisser des doutes sur leur origine 
congénitale. On doit, en effet, remarquer ici «{ue la présence 
de quelques poils dans le contenu du kyste ne suffit pas 
pour affirmer la nature dermoïde, puisqu'on a vu des cils pé- 
nétrer à la suite d'un traumatisme dans la chambre antérieure 
pour être ensuite englobés dans le contenu du kyste. Aussi 

3 



34 KYSTES DERMOÏDES 

le cas de de Graefe cité comme kyste dermoïde de l'iris ne 
nous paraît-il pas tout à fait démonstratif, puisque la tu- 
meur s'était développée à la suite d'une blessure de l'œil et 
que l'examen histologique de la paroi n'a pas été pratiqué \ 



CHAPITRE X 

KYSTES DERMOÏDES DE LA CAVITÉ THORACIQUE 

Les kystes dermoïdes ont été quelquefois rencontrés dans 
l'intérieur de la cavité thoracique, toutefois assez rarement, 
puisque Franz Riegel , sur 42 tumeurs du médiastin ras- 
semblées par lui , compte seulement S tumeurs dermoïdes 
(contre 33 tumeurs carcinomateuses et sarcomateuses et 
4 fibroïdes) ". 

1. Gordon a rapporté l'observation d'une tumeur prise pour 
un anévrysme chez une femme de vingt-un ans; cette tumeur 
siégeait à la partie supérieure du médiastin antérieur et adhé- 
rait aux deux tiers supérieurs du sternum ainsi qu'à l'extré- 
n^té interne de la clavicule droite ; elle contenait de la matière 
sébacée, des pièces osseuses et sept dents (deux canines, deux 
incisives et trois molaires). 

1. A. von Graefe, Ueber eine haarhallige Balgr/eschivulst îm Innern des Auges : 
Ai'ch. f. Ophthalm., Bel. IlL Abth. II, Berlin, 18?J7, s. il2. Klein. Mittheil. 

Les mêmes remarques s'appliquent à un cas de Langenbeck, cité à propos du 
précédent, et dans lequel existait aussi une étiologie traumatique. 

2. Franz Riegel, Zîo- Pathologie und Diagnoseder Mediastinaltumoren : Yirchow's 
Archiv f. pathol.anat., 1870, Bd. XLIX, h. 2, s. 208. Les cinq cas mentionnés par 
cet auteur sont ceux de Cordes, Lebert, Bûchnei\ Cloetta et Gordon. 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 33 

2. Mohr a observé un kyste pileux du poumon gauche qui 
fut examiné dans ses détails histologiques par Kœlliker; ses 
parois avaient la structure de la peau avec papilles et glandes 
sudoripares; il était rempli de poils rouges en assez grande 
quantité, doat quelques-uns avaient plus de trois pouces de 
long. 

3. Biiclmer a trouvé, à l'autopsie d'une femme de trente-six 
ans, un kyste dermoïdc du médiastin antérieur, gros comme 
une tête d'enfant, masquant entièrement le poumon droit à l'ou- 
verture delà poitrine, et contenant des poils, du cartilage et du 
tissu osseux (examen microscopique par Luschka), 

4. Lebert a rapporté l'observation d'un kyste dermoïde trouvé 
chez un emphysémateux de soixante ans et situé dans le 
médiastin antérieur entre les deux poumons, au-dessus du 
cœur. Cette tumeur, formée d'une grande cavité et de petits 
kystes communiquant avec elle, contenait une bouillie athé- 
romateuse ; sa paroi était tapissée d'un épithélium pavimen- 
teux ou cylindrique , et présentait des excroissances poly- 
peuses renfermant du cartilage. 

5. Cordes, chez un homme de vingt-huit ans, a trouvé dans 
le médiastin antérieur un kyste dermoïde multiloculaire du 
volume d'un poing, adhérent au péricarde ainsi qu'à la gaine 
celluleuse des gros vaisseaux et de la trachée ; il avait la 
structure de la peau et contenait des poils ; la paroi était en 
quelques points cartilagineuse. 

6. Cloetta (de Zurich) décrit un kyste dermoïde trouvé par 
Muret (de Yevey) chez une jeune fille de vingt ans, situé à la 
partie interne du lobe inférieur du poumon gauche. Ce kyste, 
du volume d'une pomme, présentait des cheveux implantés, du 
cartilage et de l'os ; une grosse bronche s'ouvrait dans sa 
cavité. 

7. Yillard, en août 1869, présenta à la Société anatomique un 
kyste dermoïde du volume d'une grosse noix, développé sur 
la plèvre et rencontré chez une femme de cinquante-cinq ans. 



3,6 KYSTES DERMOÏDES 

Ce kyste, situé entre les deux feuillets de la plèvre, adhérait 
par sa face externe à la paroi costale, et répondait au feuillet 
viscéral par sa face interne ; son bord inférieur reposait sur le 
diaphragme et son bord supérieur était uni par des adhérences 
à la base du poumon droit. Le contenu, d'apparence argileuse, 
renfermait, outre des cristaux de margarine et de cholestérine, 
des granulations graisseuses et des lamelles épithéliales ; la 
paroi calcifiée était revêtue d'une conche de lamelles d'épithé- 
lium corné ayant 1 millimètre 1/2 d'épaisseur; il n'y avait ni 
poils ni glandes. 

8. Waldeyer rapporte un cas de kyste dermoïde dumédiastin 
antérieur, observé chez un homme de quarante-quatre ans. Ce 
kyste, gTos comme une tète d'enfant et qui occupait la partie 
inférieure droite du thorax, était remarquable par l'existence 
d'un pédicule le rattachant au corps thyroïde. Il contenait des 
cheveux roux dans une bouillie graisseuse ; sa paroi avait la 
structure de la peau et otïrait des proéminences en forme de 
caroncules. 

9. Yirchow, sous le nom de Teratoma mijomatodes medias- 
thii, donne la description d'une tumeur complexe provenant 
d'un homme de vingt-deux ans et située dans le côté droit du 
thorax. Elle présentait des tissus très variés et contenait notam- 
ment du tissu musculaire strié. On y trouvait en différents 
points la structure d'un angiome, d'un sarcome fuso-cellulaire, 
d'un carcinome ; on y rencontrait en outre du cartilage hya- 
lin et des kystes à contenu varié, tapissés d'épithélium cylin- 
drique et d'épithélium vibratile, et enfin des kystes à contenu 
athéromateux, tapissés d'épiderme et renfermant des poils. 

10. Glseser, cité par Danzel, a trouvé dans une bronche une 
tumeur dermoïde présentant des poils. 

11. Enfin, un cas de Paget est relatif à un kyste dermoïde 
situé profondément derrière la première pièce du sternum, 
chez un jeune homme, et contenant des cheveux et des glandes 
sébacées. 



CHAPITRE XI 

KYSTES DERMOÏDES DE l'oVAIRE 

L'ovaire est un des principaux lieux d'élection des kystes 
dermoïdes. Toutefois ces produits y sont beaucoup plus rares 
que les autres kystes, ainsi qu'on en peut juger par le relevé 
de quelques séries d'ovariotomies. 

Spencer Wells.. 1000 ovariotoniies, 22 kystes dermoïdes. 

Péan 283 — 8 — 

Schrœder 102 — 5 — 

Terrier 50—4 — 

Dohrn 2-3 — 5 _ 

Ils peuvent siéger dans l'un ou l'autre ovaire, et aussi des 
deux côtés à la fois. 

Statistique de Lebert... 39 à droite, 19 à gauche, 6 des 2 côtés. 
— de Pauly.... 52 — 45 — 20 — 

Ils occupent l'ovaire lui-même, qui est plus ou moins détruit; 
mais dans d'autres cas, au contraire, ils sont seulement 
accolés à cet organe qui reste inaltéré, et même ils peuvent en 
être tout à fait indépendants et siéger dans le ligament large, 
par exemple. 

Fréquemment ils contractent des adhérences avec les organes 
abdominaux, surtout avec l'épiploon. 

Les kystes dermoïdes de l'ovaire reproduisent toute la série 
des accidents auxquels peuvent donner lieu les kystes ordi- 
naires de cet organe, et il n'existe pas de signe caractéristique 
qui permette de reconnaître avec certitude ce genre de tumeurs ; 



38 KYSTES DERMOÏDES 

dans certains cas seulement l'examen du contenu, obtenu par 
ponction, permet d'établir le diagnostic. 

Leur marche paraît être moins rapide que celle des autres 
kystes. D'après Spencer Wells, leur accroissement s'arrête 
d'ordinaire au bout d'un certain temps, et si le ventre grossit, 
c'est généralement à cause de l'ascite. 

Le plus souvent ils se développent du côté de la cavité abdo- 
minale ; toutefois ils peuvent, dansquelques cas rares, demeu- 
rer confinés dans l'excavation pelvienne, et alors ils sont acces- 
sibles, non plus par la paroi abdominale, mais seulement par 
le vagin ^ 

Les kystes dermoïdes sont exposés aux complications habi- 
tuelles des kystes ovariques, notamment à la torsion du pédi- 
cule, à l'inflammation, à l'ouverture dans les parties environ- 
nantes. Ils peuvent se rompre dans la cavité péritonéale ', se faire 
jour au dehors à travers la paroi abdominale ", s'ouvrir dans la 
vessie^, le vagin% l'intestin'', le rectum'. Dans un cas de 
Larrev, le kyste s'ouvrait par l'intermédiaire de la vessie à tra- 
vers la paroi abdominale. 

Ils peuvent être enfin une cause de dystocie. 
En général les kystes dermoïdes de l'ovaire sont plus ou 
moins complexes sous le rapport de la structure, et c'est prin- 
cipalement dans cet organe qu'on observe les plus grandes 
variétés dans la composition de ces tumeurs ; toutefois, dans 
certains cas, ces kystes sont très simples et comparables aux 
kvstes dermoïdes sous-cutanés. 

1. Bernutz, Archives clfi tocol., octobre 1876, p. 377. 

Guichard (d'Angers), Sociébi ohstét. et gynécol. de Paris, M juin 188o : Archives 
de tocoL, juillet 1883, p. 676. 

2. Bauhin, Fabrice de Hilden, Laflize, Vallerand de la Fosse, Hardy de Hull, 
Hérapath, Levin, Lebert, Sangalli, Meyer, Salter, Kœberlé, Thornton, Morris. 

3. Anderson, Heinrich, Siebold, Jarjavay, Barnes, Krogmann. 

4. De la Rivière, Hamelin, Philips, Delpech, Marshall, Robert Lee, Blich. 
3. Jaczinsky. 

6. Chantreuil. 

7. Milmann Coley, Bouchacourt, "Wiart. 



CHAPITRE XII 



KYSTES DERMOIDES DE LA CAVITE ABDOMINALE 



Exception faite des kystes ovariens, les kystes dermoïdes 
sont encore assez fréquemment observés dans la cavité abdo- 
minale. Mais ils deviennent plus rares si l'on met à part les 
kystes dermoïdes rencontrés cliez la femme dans la sphère 
o'énitale , dans les lisraments laraes ou dans les culs-de-sac 
péri-utérins du péritoine. Le siège de ces kystes est variable, 
et ils occupent à peu près toutes les régions de rabdomon, 
dans Tun et Tautre sexe ; toutefois c'est principalement dans 
le mésentère et dans les épiploons qu'ils se trouvent situés, 
et ces replis péritonéaux leur forment alors un pédicule 
qui les rattache à la paroi postérieure de la cavité abdo- 
minale. Ils peuvent aussi contracter des adhérences qui les 
naissent aux organes voisins, absolument comme ceux de 
l'ovaire, auxquels ils sont d'ailleurs tout à fait comparaldes 
quant à leurs caractères anatomiques et quant aux accidents 
qu'ils déterminent. 

On a parfois décrit dans ces tumeurs des parties fœtales : les 
cas les plus remarquables sous ce rapport sont les deux obser- 
vations de Young et de Dupuytren, dans lesquelles on trouva, 
chez des sujets masculins, des fœtus imparfaits dans le méso- 
côlon transverse, et aussi le fait rapporté par Pigné, qui déta- 
cha du côlon transverse d'un jeune homme de quinze ans un 
fœtus d'apparence de quatre mois, pourvu de membres avec 
des ongles aux extrémités. 

C'est à de semblables tumeurs que l'on rapporte aujourd'hui 



40 KYSTES DERMOÏDES 

la plupart des faits de pilimiction observés dans les deux sexes. 
La preuve directe en a été fournie quelquefois par les autop- 
sies de kystes dermoïdes abdominaux ouverts dans la vessie et 
ayant donné lieu pendant la vie à l'émission par l'urèlhre de 
poils, dents et parcelles osseuses, ainsi qu'à la formation de cal- 
culs autour de ces produits anormaux. 

On doit rapporter à des kystes dermoïdes abdominaux, 
ouverts dans les organes voisins, les tumeurs renfermant des 
productions dermoïdes dont on a signalé la présence dans les 
viscères de l'abdomen. Telles sont les observations de cheveux, 
d'os et de dents éliminés par l'anus. Ruysch a trouvé dans l'es- 
tomac d'un homme une poignée de poils , et une masse char- 
nue, adhérente au cardia, revêtue de tissu cutané couvert de 
poils et renfermant du cartilage, do l'os et quatre molaires. 

Quant aux tumeurs dermoïdes de la cavité utérine, elles 
paraissent également provenir de kystes ouverts dans l'utérus. 
Les cas de productions pileuses, osseuses et dentaires rejetées 
par l'utérus présentent souvent la coïncidence d'un accouche- 
ment, et l'expulsion de ces produits anormaux survient tantôt 
avant (cas cité par Meckel), tantôt après celle du fœtus (Samp- 
son, Birch et Tyson, Osiander, Wagner) \ 

1. Dans le cas de Gooch, dans lequel la mort survint par péritonite au neu- 
vième mois de la grossesse, on trouva que le kyste ovarique était enflammé ainsi 
que la partie voisine de l'utérus. On s'explique ainsi la rupture possible de la 
tumeur dans l'utérus. 



CHAPITRE XIII 



KYSTES DER3I01DES DU SCROTUM 



Les productions homologues des kystes dermoïdes ovariens 
sont, dans le sexe masculin, les tumeurs généralement décrites 
sous le nom d'inclusions scrotales. 

C'est Yerneuil qui, le premier, en 1835, donna de ces 
tumeurs mie description précise, en rassemblant neuf cas épars 
auxquels il ajouta un fait personnel. Longtemps après , en 
1878, le même auteur revint encore sur cette question à l'occa- 
sion d'un rapport sur une observation adressée à la Société de 
chirurgie par J. Bœckel, et il ajouta aux 10 faits rassemblés 
dans son précédent mémoire 9 autres cas. En 1880, un autre 
rapport sur une observation de Pilate (d'Orléans) fournit à 
Nepveu l'occasion de rappeler 3 faits nouveaux. Enfin, récera- 
ment, Cornil et Berger ont communiqué à l'Académie de méde- 
cine une observation de tumeur scrotale par inclusion, ce qui 
porte à 24 le nombre des cas bien authentiques observés dans 
l'espèce humaine. 

Ces tumeurs paraissent siéger de préférence au côté droit 
du scrotum (12 fois à droite, 4 fois à gauche, sur 16 cas oii le 
siège est indiqué). Leurs rapports avec la glande séminale ne 
sont pas toujours bien définis. 

D'après Yerneuil, il n'y a pas d'exemple permettant d'ad- 
mettre avec certitude que l'inclusion s'est faite dans le paren- 
chyme glandulaire au sein même du testicule, et, dans les ob- 
servations qui semblent défavorables à cette manière de voir, 
l'état du testicule n'est pas mentionné avec assez de détails. Au 



4-2 KYSTES DERM<JlDES 

ccaitraire.riiiLlépenLlaiicê complète de la production anormale et 
du testicule est. dans certains cas. Lieu manifeste, au point que 
l'on a pu quelquefois extirper la tumeur en conservant le testi- 
cule Velpeau, Geinitz. Cornil et Berger :. Entln il est fort possible 
que parfois cette indépendance ait existé primitivement et que 
plus tard la tumeur se soit coiffée du testicule, lequel s'est 
déformé et plus ou moins atrophié i Kalning. Pilate. Cornil et 
Berg:er). Mais si la tumeur paraît presque toujours indépen- 
dante du parenchyme £dandulaire. elle est du moins le plus 
souvent en rapport intime avec la glande. Dans la majorité des 
cas. en effet, lorsque ces rapports sont précisés, la tumeur se 
trouve entre la vaginale et le testicule, auquel elle est rattachée 
par du tissu cellulaire plus ou moins lâche. Parfois la tumeur 
est adhérente aux enveloppes des bourses : mais alors cette 
adhérence s'explique par des phénomènes inflammatoires, des 
suppurations avec fistules Velpeau. J. Bceckel). 



CHAPITRE XIY 



TI'MErRS DERMOIDES DE LA RÉGIOX S 1 CR -PÉRIXÉ AIE 



La région sacro-périnéale est un des lieux d'élection des 
tumeurs con£'énitales. Ces tumeurs, déjà anciennement con- 
nues et souvent étudiées dans le cours de ce siècle, ont fait 
récemment le sujet de la thèse inaugurale de Lachaud, à 
laquelle nous renvoyons pour Thistorique général de la ques- 
tion. Mais, malgré les nombreux travaux dont elles ont été 
depuis longtemps l'objet, elles sont restées et elles restent 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 43 

encore aujouril"hiii enloiirijos d'uno grande obscurité. Le nom- 
bre et la variété des classifications proposées et des fxplica- 
tions pathog-éniques adoptées successivement par les auteurs 
qui ont traité ce sujet, témoignent à la fois de la diversité de 
ces tumeurs et de l'insuffi-ance des observations. C'est ce dont 
on peut d'ailleurs se convaincre aisément en lisant un mé- 
moire publié en 1862 par Constantin Paul, dans lequel l'au- 
teur essave de faire pour l'inclusion sacro-périnéale cl- que Yer- 
neuil avait fait, quelques années auparavant, pour l'inclusion 
scrotale et lesticulaire ; dans ce travail se trouvent rassem- 
blés un grand nombre do cas fort dissemblables . dont beau- 
coup n'ont d'autre caractère commun que leur origine congé- 
nitale, et pour lesquels l'insuffisance des détails anatomiques 
interdit souvent toute appréciation sur leur nature. 

La plupart des descriptions anciennes, en etlet. portent 
Tempreinte de cette préoccupation constante qiri poussait les 
auteurs de cette époque à chercher partout dL-s formes d'or- 
ganes et des vestiges de fœtus: et cette idée de la forme était 
alors tellement prépondérante que c'est uniqueruL'nt d'après 
les caractères extérieurs que l'on jugeait de la nature des 
organes et des tissus rencontrés dans ces productions, au 
grand détriment de l'étude de leur structure. Aussi faut-il. 
pour ces tumeurs sacro-périnéales. comme plusieurs fids déjà 
nous avons dû le faire pour les tumeurs dermoïdes en d'autres 
régions, s'en rapporter surtout aux cas récents et rejeter la 
plupart des cas anciens. 

En présence d'exemples aussi complexes et en même temps 
aussi variés, avant d'édifier dos svstèmes ot de hasarder des 
généralisations prématurées, il convient avant tout d'accumuler 
en grand nombre des faits rigourousemont observés que l'on 
classera plus tard en les soumettantàla critique. C'est dans cette 
voie d'ailleurs que la question s'est engagée dans ces derniers 
temps, et les observateurs contemporains se sont justement 
attachés à faire une étude détaillée des pièces qu'ils avaient 



44 KYSTES DERMOIDES 

SOUS les yeux, en dehors de toute idée préconçue sur leur nature 
et avec toute la rigueur que comportent les méthodes scientifi- 
ques actuelles. Le nombre des faits ainsi rassemblés et qui pré- 
sentent ces conditions d'exactitude n'est pas encore considé- 
rable. Néanmoins, il permet déjà d'établir parmi ces tumeurs 
certaines distinctions et de rapprocher quelques cas sembla- 
bles ; nous pensons, en particulier, que les tumeurs dermoïdes 
peuvent être isolées des autres, et ce petit gi^oupe ainsi cons- 
titué, malgré ses imperfections, nous paraît se prêter aune 
étude fructueuse et permettre quelques comparaisons intéres- 
santes avec les tumeurs dermoïdes en général. 

Comme toutes les tumeurs congénitales du siège, elles peu- 
vent occuper l'espace compris entre l'anus et le coccyx, remon- 
ter entre le rectum et l'extrémité de la colonne vertébrale, ou 
s'étendre sur la face postérieure du coccyx et du sacrum, et 
même, lorsqu'elles sont volumineuses, envahir latéralement la 
région fessière. Les observations n'établissent pas toujours 
d'une façon précise si le kyste était situé en avant ou en arrière 
de la terminaison du rachis, et d'ailleurs la tumeur peut même 
s'étendre à la fois au-devant et en arrière de la colonne verté- 
brale (cas de Ilinily). Celles qui sont interposées au rectum et 
à la colonne vertébrale relient les tumeurs sacro-coccygiennes 
aux kystes dermoïdes du petit bassin. 

Parmi les tumeurs sacro-coccygiennes à structure dermoïde» 
il en est dont la composition est des plus simples et qui ne dif- 
fèrent nullement à cet égard des kystes dermoïdes sous-cuta- 
nés en général. Tels sont les cas de Després, de Ballet et de 
Terrillon, dans le premier et le dernier desquels il n'y avait 
même pas de poils. Dans un fait que nous avons observé, la 
paroi présentait un épidémie, des follicules pileux et des 
glandes sébacées, et la tumeur offrait en outre un caractère que 
nous avons déjà maintes fois signalé à propos des kystes der- 
moïdes sous-cutanés, à savoir l'adhérence au squelette, qui, 
dans le cas particulier, consistait en quelques liens fibreux rat- 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 45 

tachant la poche au coccyx; ce kyste se comportait donc 
exactement comme un kyste dermoïde sous-cutané du sourcil 
ou du cou, par exemple. 

D'autre part certaines tumeursont une structure plus variée, 
et présentent tous les attrihuts des kystes dermoïdes compli- 
qués de l'ovaire , par exemple ; dans cette série des kystes 
dermoïdes complexes de la région sacro-périnéale on trouve, 
aussi bien que pour l'ovaire, tous les degrés, depuis la tumeur 
composée de petits kystes à épithélium pavimenteux et à con- 
tenu stéatomateux (Heschl), jusqu'aux tumeurs dermoïdes con- 
tenant des cheveux, des dents, des os, du cartilage, de l'épi- 
thélium vibratile et des cavités muqueuses (Himly, Czerny, 
Molck, Chédevergne, etc.). Fait intéressant, et sur lequel nous 
aurons d'ailleurs à revenir, ces tumeurs sont parfois adhérentes 
au squelette, et peuvent même, lorsqu'elles siègent derrière le 
sacrum, s'accompagner de malformations de la colonne ver- 
tébrale à sa terminaison. 

Dans les descriptions anciennes de ces tumeurs dermoïdes, 
on trouve fréquemment la comparaison des divers produits 
contenus avec des débris fœtaux plus ou moins mal définis, et, 
le plus souvent, il est aisé de reconnaître que cette analogie 
est certainement forcée. Mais, d'autre part, il est des cas où la 
présence de parties fœtales est mentionnée d'une façon telle- 
ment précise que le doute n'est pas possible. Ainsi on a vu 
dans ces tumeurs sacro-périnéalos des extrémités parfaite- 
ment reconnaissables, des mains, des pieds, parfois munis 
d'ongles, des rudiments de membres surnuméraires. (V. la 
bibliographie.) 

■ Donc, si dans certains faits on trouve des produits informes, 
comme dans les kystes dermoïdes ordinaires , tels que ceux 
de l'ovaire, dans d'autres l'on observe des vestiges bien authen- 
tiques de fœtus. Mais il faut reconnaître qu'il est impossible 
d'établir une limite quelconque entre ces deux cas extrêmes 
et qu'il y a entre eux tous les intermédiaires. Ces exemples 



46 KYSTES DERMÛIDES 

donnent une idée de la complexité que peuvent atteindre les 
tumeurs dermoïdes en général. Enfin ils montrent aussi que 
ces tumeurs se relient aux monstruosités : car il n'y a qu'un 
degré à franchir pour passer des faits les plus complexes aux 
cas de membres surnuméraires implan tés sur la région pelvienne. 



CHAPITRE XY 



TUMEURS DER3I01DES DE LA. REGION DES MAXILLAIRES 



On rencontre dans la région des maxillaires des kystes et 
des tumeurs kystiques dont la disposition présente, ainsi que 
nous l'avons indiqué plus haut (p. 23), de très grandes variétés. 
Certaines tumeurs congénitales , tout à fait comparables aux 
tumeurs sacro-coccygiennes dont il vient d'être question, offrent 
comme elles des relations étroites avec les monstruosités. D'au- 
tres kystes, au contraire, étudiés déjà depuis longtemps, mais 
dont la pathogénie n'a été bien élucidée qu'à une époque tout 
à fait récente, sont beaucoup plus simples dans leur composi- 
tion et se rattachent par leur histoire pathologique à l'évolution 
dentaire ; bien qu'ils diffèrent certainement des kystes appelés 
communément dermoïdes, ils présentent avec eux le caractère 
commun d'être revêtus d'un épithélium dérivé du feuillet corné ; 
à ce titre ils nous semblent mériter d'occuper une place dans la 
grande classe des tumeurs dermoïdes que nous avons réunies 
dans ce travail, et cette place est d'autant plus légitime que le 
mécanisme de leur formation présente avec celui des kystes der- 
moïdes proprement dits une analogie remarquable, sur laquelle 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 47 

nous aurons à revenir au chapitre de la pathogéuie. D'ailleurs, 
nous ne donnerons pas de ces tumeurs une description détail- 
lée. Nous nous attacherons seulement à bien préciser les diffé- 
rentes sortes de tumeurs kystiques que Ton peut rencontrer sur 
les maxillaires et celles dont la formation peut être rattachée 
à révolution du tég-ument. Nous insisterons particulièrement 
sur les tumeurs très complexes que l'on observe en cette région 
et sur les rapports qu'elles présentent avec les monstruosités. 

Les faits les plus simples, c'est-à-dire les kystes désignés- 
communément sous les noms de kystes des maxillaires, kystes 
dentaires, ne nous arrêteront pas longtemps. Pour leur des- 
cription complète, nous renvoyons aux ouvrages classiques, 
notamment à l'article Maxillaires par Guyon dans le Diction- 
naire encyclopédique; nous renvoyons surtout pour la struc- 
ture et la patliogénie aux récents travaux de Malassez, qui 
ont éclairé d'un jour nouveau cette intéressante question \ Il 
nous suffira de signaler quelles sont les principales variétés de 
ces kystes et comment elles dérivent toutes d'une origine sem- 
blable ; c'est là d'ailleurs pour nous le point particulièrement 
intéressant de leur histoire. 

Les auteurs avaient multiplié les divisions ; ils en distin- 
guaient plusieurs classes et plusieurs espèces, auxquelles s'ap- 
pliquaient des appellations nombreuses et variées. Aujourd'hui 
la question s'est simplifiée : Malassez a montré que tous ces 
kystes, à quelque variété qu'ils appartiennent, se développent 
aux dépens des mêmes éléments , aux dépens des petites 
masses épithéliales auxquelles il a donné le nom de débris 
épithéliaux paradentaires. Ces amas épithéliaux. persistant 
chez l'adulte , représentent les restes non utilisés de ces bour- 
geonnements épithéliaux de dentition auxquels donne nais- 
sance chez le fœtus le revêtement ectodermique des gencives. 
Partant de cette donnée, voyons maintenant quelles variétés 

1. Archives de physiologie , I880, 13 fé"STier, p. 129; 15 mai, p. 309; 30 sep- 
tembre, p. 379. 



48 KYSTES DERMOIDES 

peut comporter la transformation kystique de ces masses épi- 
théliales. 

Les kystes dont il s'agit sont tantôt uniloculaires, tantôt 
multiloculaires. Les kystes uniloculaires sont eux-mêmes de 
plusieurs sortes. Si le débris paradentaire , en se développant 
■en kyste, reste complètement indépendant de toute dent, il 
donne lieu à un kyste uniloculaire simple du maxillaire, variété 
correspondant à ce que Broca appelait kyste de la période em- 
bryoplastique. Si ce débris, tranformé enkyste, est en rapport 
avec une dent incluse et incomplète, il en résulte le kyste de 
la période odontoplastique selon la nomenclature de Broca ; si 
la dent est encore incluse mais complète, c'est le kyste denti- 
gère (kyste de la période coronaire de Broca) ; enfin si la dent 
est complète et sortie, c'est le kyste radiculo-dentaire, autrefois 
appelé kyste périostique (Magitot). 

Quant aux kystes multiloculaires, ils résultent de néoforma- 
tions kystiques développées dans la paroi de kystes paraden- 
taires ; ce sont alors de véritables kystes prolifères, et cet état, 
représente ce qu'on pourrait appeler la maladie kystique de cet 
épithélium paradentaire. 

Nous ne donnons ici que les principaux types de kystes des 
mâchoires ; entre ces différents cas il existe des combinaisons 
multiples et des intermédiaires qui donnent lieu à de nom- 
breuses variétés. Mais toutes sont unies par une parenté com- 
mune et, grâce à la connaissance de l'épithélium paradentaire, 
il est possible d'en faire la synthèse pathogénique. 

Quant aux affinités de ces kystes avec les kystes dermoïdes, 
elles ne résident pas seulement dans le mécanisme de leur for- 
mation, mais aussi dans leurs caractères anatomiques ; témoin 
îe cas de Mikulicz ', décrit par son auteur comme un kyste der- 
moïde du maxillaire inférieur et qui s'interprète aujourd'hui 
d'une manière fort naturelle par un kyste paradentaire, 

i. Mikulicz, loco cit., s. 953. 






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DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 49 

On a VU sur des dents surnuméraires des kystes développés 
comme sur les dents régulières. Ces faits nous conduisent en 
quelque sorte aux cas dans lesquels les kystes et les dents dont 
ils dépendent sont implantés sur un maxillaire supplémentaire, 
c'est-à-dire aux cas de polygnathisme. Il est nécessaire d'entrer 
ici dans quelques détails sur ce polygnathisme qui constitue 
une monstruosité véritable, 

La famille des Polygnathiens, appartenant à l'ordre des 
Monstres doubles parasitaires d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, 
est caractérisée, d'après cet auteur, par l'existence d'un monstre 
parasite, réduit à des mâchoires et à quelques autres parties 
céphaliques, et attaché lui-même aux mâchoires de l'individu 
principal, plus spécialement à sa mâchoire inférieure. Ainsi 
constitué, le monstre double qui résulte de cette disposition se 
présente sous l'apparence d'un être unitaire avec développe- 
ment surnuméraire de mâchoires * . Aussi a-t-on pu transformer 
cette apparence en réalité et considérer ces cas tératologiques, 
ainsi que l'a fait Magitot, non plus comme des monstres doubles 
dont un des composants serait presque réduit à une mâchoire, 
mais bien comme des monstres simples avec dédoublement des 
maxillaires. 

Dans cette famille des Polygnathiens, Geoffroy Saint-Hilaire 
reconnaît trois genres distincts - : l'Epignathe, l'Hypognathe et 
l'Augnathe. Les deux premiers sont caractérisés par la pré- 
sence d'une tête accessoire, très incomplète, attachée à la tête 
principale soit au niveau du palais (épignathe), soit au niveau 
du maxillaire inférieur (hypognathe). Quant au troisième 
genre, l'Augnathe, il est caractérisé par ce fait que la tète ac- 

1. Is. Geoffroy Saiut-Hilaire, Eist. des anomalies, etc., t. III, p. 24. 

2. Is. Geoffroy Saint-Hilaire admit plus tard deux nouveaux genres dans lesquels 
la masse parasitaire adhère à la tète principale non plus par le squelette, mais 
par les parties molles : ce sont les genres Myognathe (adhérence par les muscles 
etlapeau), etDesmiognathe (adhérence par un pédicule). [Comptes rendus de l'Aca- 
démie des sciences, 10 février 1831, t. XXXII, p. 149 : Sur un nouveau genre de 
monstres doubles parasitaires, de la famille des Polygnathiens.) 

Ces monstruosités n'ont pas été rencontrées dans l'espèce humaine. 

4 



50 KYSTES DERMOÏDES 

cessoire est réduite seulement à la mâchoire inférieure, dis- 
posée à peu près comme la mâchoire supplémentaire de l'Hypo- 
gnathe ; dans ce genre, très voisin de l'Hypognathe, il y a donc 
à proprement parler redoublement des mâchoires K 

Cette classification, à laquelle on a fait depuis quelques 
additions par la création de genres nouveaux mais moins 
importants, est adoptée dans son ensemble par Magitot, 
dans un travail sur la Polygnathie chez Fhomme. Seulement 
Magitot, en la reproduisant, y introduit quelques modifica- 
tions. Ainsi la tête accessoire, représentant le parasite chez 
l'Épignathe et l'Hypognathe de GeolFroy Saint-Hilaire, s'est 
réduite dans la nomenclature de Magitot à une simple 
mâchoire plus ou moins mal conformée. Quant au genre 
Augnathe qui, do ce fait, n'aurait plus sa raison d'être, il a 
pris une signification toute différente, puisqu'il est caractérisé 
pour Magitot par une mâchoire inférieure attachée sur un 
point de la tête du sujet. Ces remarques ne sont pas inutiles, 
attendu que les faits rassemblés par Magitot sous le nom 
d'H}^ognathes rentreraient plutôt, selon la classification de 
Geoffroy Saint-Hilaire , dans le genre Augnathe. 

La classification de Geoffroy Saint-Hilaire n'a pas toujours 
été adoptée, et les noms dont il s'est servi ont parfois été modi- 
fiés. Ainsi le terme de dignathie a été employé pour désigner 
ce qu'il appelle l'augnathie'. Le mot d'épignathe a encore été 
appliqué à tous les faits tératologiques que l'on considérait 
comme des monstres doubles résultant de l'implantation d'un 
parasite imparfait sur les mâchoires d'un sujet principal, tandis 
que le nom de polygnathe était réservé par opposition à tous, 
les cas rapportés à une monstruosité simple, au dédoublement 



1. Is. Geoffroy Saint-Hilaire, loco cit., p. 237 et p. 2o2, note 1. 

2. La diguattiie présente, d'après Gurlt, les caractères suivants : sur un côté 
du maxillaire inférieur normal, ou au voisinage de l'oreille, se trouve un second 
maxillaire inférieur qui est presque complet ou très incomplet. Voy. Sigmund 
T. Rosciszewski (de Varsovie), Zw' Kenntniss der Dignathie : Virchov/s Archiu 
f. pathol. Anat., 1873, Bd. LXIV, h. 4. s. 540. 



DESCRIPTIOxN TOPOGRAPHIQUE 51 

des mâchoires -. Enfin, sous ce même nom d'épignathe, Alilfeld 
a rassemblé un grand nombre de tumeurs congénitales, insérées 
sur les maxillaires ou près des maxillaires, et très différentes 
les unes des autres. Certaines sont des polygnathes véritables; 
d'autres sont des tumeurs kystiques diverses , souvent décrites 
de la manière la plus vague, et impossibles à déterminer; 
d'autres enfin présentent des vestiges manifestes de fœtus sur- 
numéraires. C'est, on le voit, une signification toute différente 
du mot épignathe, qui perd ainsi toute précision et devient 
simplement une expression clinique. Il est aisé de prévoir dans 
quelle confusion risquerait de tomber cette question des poly- 
gnathes si l'on persistait à employer toujours les mêmes termes 
en leur attribuant un sens nouveau. Aussi, nous a-t-il paru 
nécessaire de bien préciser la valeur de ces mots et le sens que 
leur ont attribué les différents auteurs, afin d'éviter toute 
ambiguïté de termes dans une question déjà obscure. C'est ce 
qui justifiera, pensons-nous, les explications un peu longues 
et un peu en dehors de notre sujet que nous avons cru devoir 
présenter. 

Ces remarques faites , revenons aux polygnathes. Au point 
de vue qui nous occupe, l'on peut distinguer seulement 
deux groupes de cas tératologiques, selon que la mâchoire 
surnuméraire est la mâchoire inférieure ou la supérieure : 
les hypognathes et les épignathes au sens que leur attribue 
Magitot; en réalité ce sont des mâchoires doubles, des 
diplognathes comme l'auteur propose avec raison de les 
appeler, 

La duplicité de la mâchoire inférieure est la seule étudiée 
par ^Magitot, qui en compte quatre cas dans l'espèce humaine. 
Ce sont d'abord les faits anciens de Gilles et de Rippmann. Dans 
le fait de Rippmann, il est parlé d'une tumeur ayant pris racine 
dans l'encéphale et présentant, outre des tissus très variés, une 

1. AVilly Meyer, Ein FaJl von angeborener Vei^doppellung des Uaterldefers bei- 
einem 1 4 Jahre alten Mœdchen : Langenbeck's Archiv f.klin. C/r//'., Bd.XXlX, s.oll. 



52 KYSTES DEBMOIDES 

partie osseuse analogue à un maxillaire inférieur. Le cas de 
Gilles est plus probant : il est question d'un os ressemblant au 
maxillaire inférieur, muni de dents et avec des kystes mul- 
tiples. Les deux faits plus récents de Faucon , de Lafont et 
Nepveu, examinés par Magitot lui-même, sont tout à fait 
démonstratifs : on y trouve un maxillaire inférieur supplé- 
mentaire au complet, avec des cavités kystiques que l'on peut 
rapporter à des kystes folliculaires développés dans le maxillaire 
accessoire (il y avait en outre, dans le fait de Lafont et Nepveu, 
des kystes à épithélium vibratile). Il faut joindre aux exemples 
précédents un cinquième cas de maxillaire inférieur supplé- 
mentaire avec dents incluses que nous avons examiné et dans 
lequel l'anomalie s'accompagnait, comme dans le fait de Fau- 
con, d'une division de la lèvre inférieure. Enfin Willy Meyer a 
observé un sixième cas de polygnathie du maxillaire inférieur. 

Dans le groupe des maxillaires supérieurs surnuméraires, 
les faits sont moins nombreux et moins nets. Le cas de 
Hoffmann manque de précision : on mentionne une tumeur 
implantée sur la voûte palatine et offrant des parties kystiques 
ainsi qu'un os analogue au maxillaire inférieur. Dans le fait 
de Hess on trouva dans une tumeur insérée sur le maxillaire 
supérieur des kystes et des os munis de dents qui ressemblaient 
à une mâchoire supérieure. Dans le cas de Poelmann, une 
tumeur, attachée au côté externe de la trompe d'Eustaclie du 
côté droit, renfermait des fragments osseux et vingt-deux dents. 
Il convient de remarquer que ces faits de polygnathisme ne 
montrent pas]^d'ordinaire la monstruosité double, c'est-à-dire 
le maxillaire surnuméraire à l'état de pureté. Fréquemment 
il y a des kystes, des tissus divers, et il s'agit en réalité d'une 
tumeur congénitale plus ou moins complexe, contenant un 
maxillaire supplémentaire et comparable aux tumeurs congé- 
nitales de la région sacro-coccygienne qui renferment des 
rudiments de membres accessoires. 

Parmi les tumeurs congénitales polykystiques implantées 



DESCRIPTION TOPOGPiAPHIQUE 53 

sur les maxillaires ou dans leur voisinag-e , il en est qui ne 
présentent pas les vestiges de maxillaire, mais qui rappellent 
fort exactement dans tous leurs traits les kystes dermoïdes com- 
plexes de l'ovaire et ceux que nous avons étudiés à la région 
sacro-périnéale. On peut ranger dans cette catégorie deux cas 
remarquables de Stadencki(1834). Dans le premier, on trouva, 
sous la langue d'im nouveau-né avec laquelle elle était con- 
fondue, une tumeur volumineuse, reliée par une courte bande- 
lette à la moitié droite du maxillaire inférieur et contenant, 
outre des os et du cartilage, des cavités kystiques avec du 
liquide, de la matière caséeuse ou albumineuse, de la graisse 
et des cheveux. Dans un deuxième fait, observé sur un fœtus 
de sept mois, la tumeur, reliée à la voûte palatine par un court 
pédicule, renfermait des kystes avec des cheveux, du liquide, 
des masses fibrineuses molles et des os. Legroux a présenté à 
la Société anatomique, en 1867, une tumeur grosse comme une 
pomme d'api, extirpée par A. Richard chez un nouveau-né 
dont elle gênait la respiration ; elle adhérait par un pédicule 
assez large au pilier droit du voile du palais ; elle contenait de 
petites masses cartilagineuses en voie d'ossification et présen- 
tait au centre un kyste de la capacité d'une noisette, renfer- 
mant un liquide filant, incolore, tapissé d'une membrane 
dermoïde avec épiderme , glandes sébacées, sudoripares, et 
poils fins comme le duvet. 

Enfin, comme à la région sacro-coccygienne, on peut ren- 
contrer ici des tumeurs renfermant des débris manifestes 
de fœtus (Sœmmering, Kidd, Rippmann, Ahlfeld, Sonnen- 
burg); et même, dans un cas remarquable de Baart de la 
Faille, ces parties fœtales consistaient dans la moitié inférieure 
du corps de deux monstres acéphales distincts, reliés à une 
tumeur palatine, par l'intermédiaire d'un cordon ombilical 
bifurqué. Ces faits conduisent au monstre double de Reynolds, 
constitué par deux jumeaux pourvus d'un seul placenta et acco- 
lés de telle sorte que l'un des fœtus, le plus imparfait, dont la 



54 KYSTES DERMOÏDES 

paroi abdominale incomplète laissait le foie à découvert, était 
adhérent par rh}'pocondre gauche à la face interne de la lèvre 
supérieure de l'autre, en même temps que sa tête remplissait la 
ca'sdté pharyng-ienne de ce dernier et que son bras droit des- 
cendait dans l'œsophage, tandis que le gauche, relevé par des- 
sus la voûte palatine, sortait par la narine. Nous sommes 
loin, comme on le voit, des kystes dermoïdes, mais il ne faut 
pas oublier que c'est par degrés que nous avons passé de ceux- 
ci à ces monstruosités complexes. 

Si maintenant nous récapitulons les différentes sortes de pro- 
ductions tératologiques qui peuvent être implantées sur les 
mâchoires ou auprès d'elles, nous voyons qu'on peut observer 
dans cette réeion : 

r Des tumeurs, le plus souvent kystiques, contenant des 
mâchoires surnuméraires (polygnathisme); 
2° Des kystes dermoïdes; 
3° Des tumeurs polykystiques indéterminées ; 
4° Des tumeurs contenant des parties fœtales reconnaissables, 
et parfois en même temps des kystes ; 
0° De véritables monstres doubles. 

L'analogie est frappante entre ces tumeurs et les tumeurs 
sacro-coccvgiennes précédemment décrites. 11 manquerait peut- 
être à la région des maxillaires les cas simples que nous avons 
signalés à l'extrémité caudale ; encore l'existence de ces cas 
simples ne peut-elle être rejetée d'une façon absolue, car un 
kvste à contenu mélicérique a été vu par Cruveilhier sur la 
voûte palatine, et Henrol a également observé un kyste pala- 
tin à contenu sébacé dont l'examen histologique n'a pas été 
pratiqué. 

D'après les faits que nous venons d'exposer, on peut voir 
déjà que des liens étroits rattachent toutes les productions à 
structure dermoïde, non seulement entre elles, mais encore avec 
les autres tumeurs polykystiques congénitales et enfin avec 
les véritables monstres doubles. C'est précisément parce que 



DESCRIPTION TOPOGRAPHKjUE 35 

les tumeurs et les monstraiosités de cette région des maxillaires 
sont très favorables pour étudier ces connexions, que nous 
nous sommes laissé entraîner dans quelques développements 
sur leur histoire. L'étude d'un sujet aussi complexe nécessitait 
d'ailleurs des explications un peu longues. De plus, elle venait 
naturellement se placer à la suite de celle des tumeurs sacro- 
coccygiennes, à cause des grandes analogies que présentent les 
tumeurs de ces deux régions et de l'avantage qui résulte de 
leur comparaison. Aussi comprendra-t-on, sans qu'il soit besoin 
d'insister, que nous ayons tenu à les rapprocher, afin de mieux 
faire ressortir les enchaînements remarquables de toutes les 
productions dermoïdes, enchaînements que nous n'avons fait 
qu'entrevoir, et dont nous ne pourrons saisir tuute l'importance 
que lorsque nous aurons étudié l'anatomie pathologique et la 
pathogénie de ces tumeurs. C'est dire que nous aurons plus 
d'une fois à revenir sur ces idées générales dans les chapitres 
suivants. 



SECONDE SECTION 

ANATOMIE PATHOLOGIQUE 



CHAPITRE PREMIER 

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES TUMEURS DERMOÏDES 

Nous avons vu précédemment combien sont nombreux et 
variés les différents types dont se compose la grande classe des 
tumeurs congénitales à structure dermoïde ; nous avons montré 
déjà la gradation qui existe entre ces productions et qui 
permet, malgré leur diversité, de les relier toutes les unes aux 
autres, depuis les plus simples jusqu'aux plus compliquées. 
L'étude anatomique de ces tumeurs nous confirmera dans cette 
manière de voir, et nous montrera mieux encore dans quelles 
limites étendues la composition de ces produits est sujette à 
changer, et combien sont multipliés les éléments qui peuvent y 
prendre part, en se mélangeant et en se combinant de manières 
diverses. Tout est variable dans ces tumeurs, aussi bien la 
forme et les caractères extérieurs que la structure intime. 

Le volume des kystes dermoïdes est très inégal ; les plus 
simples ont parfois les dimensions d'un pois ou d'une lentille ; 
les plus volumineux, qui s'observent surtout dans les cavités 
viscérales, dans le scrotum, à la région sacro-périnéale, peu- 
vent atteindre des proportions considérables : ainsi dans un cas 
de Péan la ponction donna issue à 20 litres de liquide, et le poids 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE S7 

de la tumeur opérée s'élevait à 5,500 grammes. Boestler a ex- 
tirpé un kyste dermoïde pesant vingt-quatre livres. 

Mais dans ces régions où s'observent en général les kystes 
volumineux, il peut s'en rencontrer de très petits : ainsi 
Cruveilhier a trouvé un ovaire de dimensions normales trans- 
formé en kyste pilifère et Flaischlen a vu, dans ce mémo or- 
gane, un kyste dermoïde gros comme une noisette ; dans le 
scrotum, Tilanus a rencontré une tumeur dermoïde de 12 lignes 
sur 6, et Kocher mentionne une pièce de la collection de Giessen 
oi^i la tumeur avait le volume d'une noix. Un kyste dermoïde 
de la région sacro-coccygienne enlevé par Després avait éga- 
lement le volume d'une noix. 

Ces kystes sont tantôt uniloculaires, tantôt multiloculaires. 

Aux premiers appartiennent la plupart des kystes dermoïdes 
sous-cutanés de petit volume et en outre un certain nombre 
de kystes profonds, qui peuvent, dans l'ovaire par exemple, 
atteindre d'assez grandes dimensions. 

Dans les kystes multiloculaires, il peut arriver que le volume 
des loges soit très inégal, et que l'une d'elles notamment pré- 
domine beaucoup sur les autres. Dans ces mêmes kystes, toutes 
les cavités peuvent être de nature dermoïde (par exemple kyste 
de la commissure intermaxillaire, de Yerneuil); mais d'autres 
fois, le plus souvent même, les différentes loges n'ont pas la 
même structure, ni par suite le même contenu. Lebert insiste 
particulièrement sur les cas de kystes ovariens dans lesquels 
on trouvait, associés à des kystes dermoïdes, des kystes séreux,, 
gélatineux, colloïdes. Ce mélange de kystes à contenu varié se 
rencontre aussi bien d'ailleurs dans le scrotum et la région 
sacro-périnéale. 

La multiplicité des loges et la complexité du contenu ne 
sont pas en rapport avec le volume de la tumeur. Si d'ordinaire 
les kystes de petit volume sont simples et uniloculaires, et si les 
grands kystes sont fréquemment complexes et multiloculaires, 
ce fait du moins ne saurait être érigé en loi. Ainsi, des kystes 



58 KYSTES DERMOÏDES 

dermoïcles volumineux peuvent être uniloculaires et assez 
simples dans leur composition, et d'autre part des kystes com- 
posés n'ont parfois qu'un petit volume : témoin le fait déjà cité 
de Flaisclilen qui, sur un ovaire enlevé par Schrœder, trouva 
une tumeur grosse comme une noisette et renfermant un kyste 
prolifère, un kyste tapissé d'épithélium pigmenté et un kyste 
dermoïde avec poils, glandes, dents et tissu osseux. De même 
encore cerlaines tumeurs scrotales renfermant des kystes mul- 
tiples à contenu varié : séreux, muqueux, gélatiniforme , 
sébacé, présentaient seulement le volume d'un œuf de poule 
{Guersant et Verneuil, Labbé et Verneuil, Lang). 

Outre les cavités kystiques et leurs parois , les tumeurs 
dermoïdes complexes peuvent comprendre dans leur consti- 
tution des tissus extrêmement divers , répartis sans aucun 
ordre apparent. Enfin nous avons vu , à propos des tumeurs 
complexes de la région sacro-périnéale et des maxillaires, 
qu'on y rencontre des parties fœtales bien caractérisées par la 
forme. Or, tous ces éléments peuvent se combiner entre eux 
dans les proportions les plus variables pour former ces produc- 
tions. C'est là ce qui rend impossible une description générale 
de la composition de ces tumeurs, et nous oblige à étudier 
séparément leurs divers facteurs. Toutefois, parmi ces derniers, 
nous négligerons les parties fœtales que renferment les tumeurs 
les plus complexes ; elles n'offrent en effet d'autre intérêt ana- 
tomique que leurs caractères extérieurs, dont nous avons déjà 
donné une idée lorsque nous avons décrit les tumeurs sacro- 
coccygiennes et celles des maxillaires, et elles ne présentent 
aucune particularité digne de remarque au point de vue de 
l'anatomie générale. Il reste donc à étudier les parties kysti- 
ques et les divers tissus qui peuvent s'y associer, et parmi les 
kystes il faut encore faire une distinction, selon que la nature 
de la paroi est ou non dermoïde. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 59 



CHAPITRE II 

CAVITÉS KYSTIQUES A PAROIS DERMOÏDES 

§ 1. — Caractères généraux de la paroi. 

La paroi dermoïde présente d'assez grandes variétés, tant 
an point de vue de son aspect extérieur qu'à celui de sa 
structure. 

Sa surface interne rappelle ordinairement l'aspect de la 
peau ou plutôt celui d'une muqueuse ; tantôt elle est lisse, unie, 
à reflets nacrés (obs. 3 de Gaillard, kyste du cou de Giraldès, 
1847), tantôt blanchâtre et comparable à la muqueuse prépu- 
tiale , d'autant plus exactement qu'elle peut être couverte de 
plaques sébacées analogues à celles que forme le smegma 
prseputialis (obs. 5 de Gaillard); d'autres fois elle est inégale, 
tomenteuse et rappelle la muqueuse de l'estomac ou même 
une vessie à colonnes (Mahot) ; souvent elle est d'un blanc mat 
et présente une apparence plissée, due à des élevures, des sail- 
lies linéaires analogues à celles qu'on observe sur une peau 
macérée (Gironde). 

L'épaisseur de la paroi n'est pas moins variable que son 
aspect extérieur. Tantôt extrêmement mince et souple, tantôt 
consistante et épaisse de plusieurs millimètres, elle peut offrir 
tous les degrés intermédiaires entre ces dispositions opposées. 
Parfois elle est le siège d'une calcification plus ou moins éten- 
due : il ne faut pas confondre ces plaques calcaires ossiformes 
avec les productions osseuses véritables qu'on rencontre dans 
ces tumeurs et que nous étudierons plus loin. L'épaisseur 
de la paroi varie non seulement dans les divers kystes der- 



60 KYSTES DERMOÏDES 

moïdes, mais encore dans les différents points d'une même 
poche. Ainsi Ton remarque dans la paroi des épaississements 
irrég'uliers au niveau desquels la structure offre quelques modi- 
fications et se rapproche plus, en général, de la peau normale. 
Par exemple, Ton peut ne trouver certains organes comme les 
poils, les glandes sudoripares, les papilles, qu'au niveau de ces 
points épaissis, alors que, dans le reste de la poche, la struc- 
ture est beaucoup plus simple, à tel point que la paroi con- 
jonctive n'est plus revêtue que par un épithélium aplati et que 
parfois même on ne découvre plus trace d'épithélium. Peut-être, 
dans ce dernier cas, Tépithélium a-t-il été détruit ou s'est-il 
desquamé; peut-être y a-t-il eu, à un moment donné, rupture 
du kyste dans le tissu ambiant. 

§ 2. — Etude du contenu. 

Le contenu varie suivant la nature do la paroi. Si celle-ci 
contient des follicules pileux, on rencontre d'habitude dans la 
cavité des poils libres ; il peut même arriver que tous les poils 
soient tombés et qu'on n'en trouve plus d'implantés. Il peut y 
avoir ég'alement des dents, des frag'ments osseux libres dans 
la poche, des débris de parois, des lambeaux cutanés avec poils 
et glandes qui se sont détachés (Lebert). Ces divers produits, 
quand ils existent, sont mêlés plus ou moins intimement à la 
matière sébacée qui forme le contenu ordinaire de ces kystes. 

Il n'est pas rare, dans les kystes pilifères de l'ovaire dont les 
poils sont souvent longs, épais et enroulés en boucles, de voir 
des pelotons ou amas de cheveux imbriqués de manière à former 
un feutrage dense au milieu do la matière grasse. 

Le contenu principal de la plupart des cavités dermoïdes est, 
avons-nous dit, de la matière sébacée. Elle est constituée, au 
microscope, par de la graisse libre principalement, des cristaux 
de cholestérine, des débris de cellules épithéliales plus ou moins 
déformées et racornies ou infiltrées de graisse. A l'œil nu elle 



APsATOMIE PATHOLOGIQUE 61 

ne se présente pas toujours sous le même aspect. Le plus sou- 
vent, c'est un magma blanchâtre ou jaunâtre, ayant la consis- 
tance d'une bouillie, ce qui a fait donner à ces kystes les noms 
d'athéromes, de kystes atliéromateux. Tantôt elle est homo- 
gène, d'un blanc éclatant, ou plus ou moins jaunâtre ; tantôt 



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FiG. 4. — Coupe hiïtologique de la paroi d'un kyste dermoïde. — a, épiderme; b, derme 
c, follicule pileux ; d, glande sudoripare ; e, extravasation sanguine. 



elle présente des grumeaux comparés à du riz cuit, à de la 
matière caséeuse. Le contenu graisseux a été comparé au 
beurre, au suif fondu, au miel concret (mélicéris), à la crème, 
au mortier de plâtre (Jarjavay), à la châtaigne cuite (Denonvil- 
liers et Yerneuil, Gallard), etc. 

La matière sébacée peut être mélangée à du liquide séreux 
ou mucilagineux ; il n'est pas rare d'en rencontrer quelques 



62 KYSTES DERMOÏDES 

gouttes dans les kystes sous-cutanés ; dans les kystes de l'ovaire 
il peut être très abondant; parfois dans ces derniers kystes se 
trouvent au milieu du liquide des boules plus ou moins volu- 
mineuses, ressemblant à du mastic ou de l'argile, formées de 
débris épidermiques, de graisse et de poils, et capables de 
donner au palper la sensation de ballottement (Décès). 

Le liquide que renferment les cavités dermoïdes a des aspects 
assez divers. Dans quelques cas, c'est une sérosité jaunâtre ou 
un liquide plus épais, chargé de paillettes brillantes de choles- 
térine ; il est parfois brun chocolat ; dans une tumeur scrotale 
de Yelpeau on l'a comparé à du méconium. Quelquefois on a 
noté un contenu albumineux et même un liquide ressemblant 
exactement à du blanc d'œuf (kyste orbitaire, obs. 34 de Cus- 
set ; — kyste du sourcil, Giraldès ; — kyste de la commissure 
intermaxillaire, Yerneuil). Exceptionnellement on a trouvé un 
liquide clair comme de l'eau de roche et salé, analogue au 
liquide céphalo-rachidien (kyste dermoïde de la fontanelle anté- 
rieure, Giraldès). Lorsque la paroi s'enflamme, le liquide 
devient purulent ; mais parfois l'aspect purulent est simple- 
ment dû à l'abondance des éléments cellulaires en suspension. 

La matière grasse des kystes dermoïdes peut exister à l'état 
de fusion à la température du corps ; ces cas appartiennent au 
groupe des kystes décrits sous le nom de kystes huileux, étu- 
diés récemment par G. Vassaux et A. Broca. Ces auteurs en 
ont rassemblé 29 cas indiscutables et 3 cas probables (Julia 
Fontenelle, Pitet, Burow) ; à ces faits nous ajouterons un nou- 
veau cas de kyste prélacrymal d'Albert (de Vienne), un kyste 
dermoïde du sourcil de Mcaise, un kyste congénital et der- 
moïde de la région parotidienne rapporté par Bryant, deux cas 
de kystes de la tempe, l'un communiqué à Bryant par Davies- 
Colley, l'autre observé par Clegg (de Liverpool), un cas de 
tumeur scrotale rapporté par Erichsen, un kyste du petit bassin 
chez l'homme rapporté par S. Wilks, un kyste abdominal pro- 
bablement ovarique, publié par Nicaise, enfin un fait cité par 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 63 

ce dernier auteur à propos du précédent et relatif à un kyste 
pili-dentaire de l'ovaire observé parMerriman, avec examen du 
liquide par J. Bostock^ 

Le contenu de ces kystes, à l'état liquide, ressemble exacte- 
ment à l'huile d'olives. Par le refroidissement il se fige en une 
masse qui a l'aspect, la consistance et le g-oût même du beurre 
(Dupuytren cité par Cruveilhier). Son point de fusion a été 
trouvé de 26°, 6 (Bostock dans le cas de Merriman), 31°, 3 (Vas- 
saux et A. Broca), 32° (Robin dans un cas de Nélaton), 32°, 2 
(Wilks), 33° (Julia Fontenelle). 

Ces kystes sont pour la plupart congénitaux et, dans un 
grand nombre de cas, dermoïdes. Sur 38 exemples certains de 
kystes huileux, il en est 18 dans lesquels la structure der- 
moïde est incontestable, soit que l'examen histologique ait été 
pratiqué, soit que le contenu permette d'en affirmer la nature 
(poils, etc.). Ils peuvent d'ailleurs résulter de la transformation 
d'un kyste dermoïde ordinaire, comme dans le cas de Després 
qui enleva un kyste dermoïde huileux de la racine du nez, 
incomplètement opéré auparavant et récidivé '. 

Le liquide huileux paraît se rapprocher beaucoup du sébum 
qui fond à 33° (Lutz). Il est sans doute produit par les glandes 
sébacées du kyste ou par la transformation sébacée des cel- 
lules de la paroi. Le cas de Nicaise vient à l'appui de cette ori- 



1. Nous donuons seulement ici l'indication des cas nouveaux dans lesquels la 
natxire dermoïde n'a pas été établie ; les autres trouveront leur place dans la bi- 
bliographie des kystes dermoïdes pour chaque région. 

Davies-Colley, Oil-cyst of temple. Obs. communiquée à Bryant : Trans. of the 
Patholog. Soc. of London, vol. XXXIII, october 13, 1881, p. 30o. 

W. T. Clegg, Oil-cyst : The British médical Journal, i?>Wi, nov. 24, vol. II, p. 1034 
(kyste congénital). 

Delens, Note sur un kyste probablement ovarique à contenu huileux : Revue de 
chirurgie, 1883, p. 933. 

Il faut sans doute encore y joindre un cas de kyste prélacrymal renfermant un 
liquide huileus jaune ambré, observé chez une femme de cinquante-cinq ans, 
par Gh. Stedman. Bull, Amer. Journ. of the med. Se. 1879, vol. LXXVII, p. 406. 

2. On peut rapprocher de ce fait un kyste sébacé ordinaire du dos qui se 
transforma en kyste huileux (Launelongue, Bulletins et Mémoires de la Société 
de chirurgie, t. V, 1879, 12 nov., p. 866). 



64 KYSTES DERMOIDES 

gine sébacée : on trouva, en effet, clans la paroi des glandes 
sébacées très développées, parfois indépendantes des poils, et 
plusieurs étaient le siège de dilatations kystiques commen- 
çantes et même de kystes sébacés volumineux. De même dans 
le fait de Mahot, on reconnut des glandes sébacées très nom- 
'breuses, très ramifiées et volumineuses ^ 

Enfin, le contenu des kystes dermoïdes peut encore subir la 
transformation calcaire. Les cas décrits sous le nom de kystes 
pierreux ou calcaires des sourcils paraissent bien se rapporter 
à des kystes dermoïdes. Ils sont congénitaux ou du moins 
observés chez des sujets jeunes, siègent autour de l'orbite , et 
adhèrent profondément au squelette, tandis qu'ils sont mobiles 
sous la peau. 

J. et A. Siebel ont vu plusieurs fois des tumeurs semblables 
dont ils rapportent un cas observé chez une jeune fille : la 
tumeur existait depuis l'enfance et était située transversale- 
ment entre le grand pli de la paupière supérieure et le bord 
inférieur du tiers externe du sourcil, sous la partie supérieure 
de la paupière; la concrétion pierreuse qu'elle renfermait, me- 
surant 16 millimètres de long sur 12 de large et 3 d'épaisseur, 
se composait, d'après l'examen fait par Leconte, de carbonates 
de chaux et de magnésie déposés dans les cellules irrégu- 
lières d'une substance organique abondante et azotée. — Rizet 
avait observé antérieurement un cas analogue chez un soldat 
de vingt-six ans; la tumeur, apparue quatre ans auparavant, 
siégeait au niveau du centre du sourcil, s'abritant en partie 
sous l'arcade orbitaire quand l'œil était ouvert, et faisant au 
contraire une forte saillie dès qu'il se fermait; elle contenait 
deux concrétions de carbonate de chaux. — Jarjavay enleva, 
chez une femme de trente-un ans, une tumeur située au niveau 
du bord adhérent de la paupière inférieure gauche dans sa moi- 
tié externe, dans laquelle on trouva, outre des cellules épi- 

1. VVilks (1862), à propos du cas observé par lui, faisait provenir cette matière 
grasse des glandes sébacées de la paroi. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 63 

tliéliales et de la cholestérine, une concrétion pierreuse de 
10 millimètres sur o. — Dans le cas de Barnes, la tumeur sié- 
geant à la partie inférieure de l'orbite et existant depuis la plus 
tendre enfance contenait, outre une dent dans un premier sac, 
des masses calcaires et une substance jaunâtre coagulée dans 
un deuxième. 

De ces faits nous rapprocherons un exemple curieux observé 
par Trélat et considéré par ce chirurgien comme un kyste 
dermoïde en partie osseux. Il s'agit d'une femme de ving-t-sept 
ans chez laquelle on enleva une tumeur située à l'extrémité 




i>^K A.MftUMCHl. 




FiG. 5. — Kyste dermoïde de l'ombilic (oLs. XXIX). — Coupe liistologique de la paroi 
kystique et de la peau de la cicatrice ombilicale : a, épiderme de la cicatrice ombili- 
cale; h, couche conjonctive représentant le derme de la cicatrice et celui de la paroi du 
kyste ; c, épiderme de la paroi du kyste. 



externe du sourcil droit, adhérente aux parties profondes et 
renfermant un noyau dur de 13 millimètres sur 12, dans 
lequel l'examen liistologique révéla l'existence de tissu os- 
seux avec canalicules et ostéoplastes et de petites masses 
crétacées. 

§ 3. — Structure de la j^aroi dermoïde et de ses dérivés : 
glandes, poils, dents. 



La structure liistologique de la paroi dermoïde présente 
les caractères généraux du tégument externe : derme, souvent 
doublé dans sa profondeur d'un pannicule adipeux, et revête- 

5 



66 KYSTES DERMOÏDES 

ment épithélial formé de cellules pavimenteuses stratifiées qui 
subissent l'évolution épidermique *. 

Le derme présente sa structure habituelle et son tissu con- 
jonctif feutré; il contient quelques fibres musculaires lisses 
formant les muscles annexés aux follicules pileux. Les vais- 
seaux y sont en général assez développés. Les nerfs font ordi- 
nairement défaut dans la paroi des kystes sous-cutanés; mais 
dans les kystes plus complexes, renfermant des rudiments du 
système nerveux central, on a observé des tubes nerveux dans 
la paroi dermique : ainsi Friedreich, dans un kyste ovarique, en 
a vu qui se distribuaient dans des papilles et Ercolani, dans 
une tumeur sacro-coccyg'ienne opérée par Rizzoli, a même 
rencontré des corpuscules de Pacini. 

La surface du derme est parfois absolument plane et cette 
disposition, qui est assez habituelle, a été regardée comme un 
caractère fœtal (Gironde); mais d'autres fois les, papilles exis- 
tent, en général irrégulières, et très variables quant à leurs 
dimensions. On a vu le développement anormal de ces papilles 
donner naissance à des condylomes (Beerensprung), à des 
verrues, à des papillomes (Haffter). 

Uéjnderme peut se présenter avec tous ses caractères ordi- 
naires^ ; mais on a parfois signalé quelques différences.' Dans 
certains cas rapportés par Gironde, il était impossible de distin- 
guer les cellules crénelées ; la couche cornée était très mince et 
ses cellules se coloraient en rose et en jaune par le picrocarmi- 
nate , ce qui est attribué par l'auteur à la macération de l'épiderme 
dans le contenu graisseux du kyste. Souvent la couche cornée 
de l'épiderme est en partie desquamée ; d'ailleurs elle se con- 
tinue sans démarcation précise avec les cellules qui forment 
le contenu sébacé de la poche kystique. Parfois les cellules du 
revêtement épidermique sont, dans toutes les couches, plus ou 

1. C'est Kohlraiisch qui a, le premier, donné la description microscopique delà 
paroi dermoïde (J8i3). 

2. Nous avons observé la présence de l'éléidine dans plusieurs kystes dermoïdes 
sous-cutanés. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 67 

moins déformées et aplaties, et l'épaissem^ de Fépiderme est 
moindre qu'à l'état normal ; cette épaisseur esL du reste très 
sujette à varier dans les différents points de la paroi. 

Les glandes sudoripares ne sont pas fréquentes dans la paroi 
dermoïde. Signalées pour la première fois par Kohlrausch, elles 
ont été observées depuis par de nombreux observateurs ; néan- 
moins, et le fait est assez digne de remarque, elles font 
défaut dans un grand nombre de cas où il existe des poils 
et des glandes sébacées bien développées. Leur absence si 




FiG. 6. — Coupe histologique de la paroi d'un kyste dermoïde : a, épiderme; b, derme; 
e, papille; d, coupe d'une glande sébacée. 



fréquente a été considérée comme un caractère fœtal (Gi- 
ronde). 

Elles peuvent être tout à fait normales, mais souvent elles 
sont rudimentaires ; cependant dans quelques cas rares on les 
a trouvées très développées (Kolilrausch, Friedlaender). Dans 
un cas de Yariot, elles formaient une couche continue sur un 
petit mamelon de la paroi, et étaient remarquables par leurs 
dimensions comme par leur abondance. 

Les glandes sébacées sont annexées aux poils ; mais en outre 
on peut en observer aussi qui s'ouvrent directement à la sur- 
face libre de la paroi et sont indépendantes des follicules pi- 
leux. 

Elles sont parfois très développées et peuvent, d'après 



68 KYSTES DERMOIDES 

Pauly*, atteindre 1 millimètre, 1 millimètre 1/2 et même plus 
de 3 millimètres de longueur. Elles deviennent quelquefois 
l'origine de kystes sébacés (Nicaise, Cornil et Berger, Fried- 
lœnder). 

On a vu, dans la paroi, des invaginations épidermiques en 
cul-de-sac au niveau desquelles les cellules, chargées de graisse, 
subissaient une évolution semblable à celle que l'on observe 
dans les glandes sébacées (Gironde). 

Ilaffter a rencontré dans la paroi dermoïde d'un kyste de 
l'ovaire une masse glandulaire rappelant une mamelle em- 
bryonnaire, qu'il compare aux mamelles hétérotopiques obser- 
vées sur le tégument externe (6° cas). De Sinéty rapporte 
également avoir rencontré dans un kyste ovarique une struc- 
ture acineuse rappelant celle de la mamelle. [Traité prat. de 
gynécologie, 2" édit., Paris, 1884, p. 749.) 

Les j>:)o?75 présentent toutes les variétés. Parfois ce sont de 
simples petits poils follets, blanchâtres, fms et courts, formant 
un duvet à peine visible au milieu de la matière sébacée. 
D'autres fois, au contraire, ils rappellent par leur longueur et 
leur épaisseur de véritables cheveux, tantôt longs et soyeux, 
droits ou bien onduleux et bouclés, tantôt crépus et laineux, 
ou feutrés de manière à former -des pelotes plus ou moins 
denses. Ils peuvent atteindre une longueur considérable : lo 
cas le plus remarquable à cet égard est celui de Blandin cité 
par Broca (Traité des tumeurs, t. II, p. 130) et dans lequel les 
poils étaient longs de plus d'un mètre ; Ilaffter en a vu aussi 
d'un mètre de long (9" cas). Leur couleur n'est nullement en 
rapport avec celle des cheveux du sujet : Andral a trouvé 
dans un kyste du mésentère des poils roux et blonds chez une 
négresse dont la chevelure était noire et lanugineuse. Ces dif- 
férences de coloration peuvent se rencontrer sur les divers poils 
d'un même kyste (par exemple dans le cas d'Alquié) et même 

1. Loco. cit., p. 486. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 69 

sur les diverses parties d'un même poil (Cruveilhier, t. III, 
p. 573) : ainsi, dans le fait de Blandin cité plus haut, les poils 
étaient fins et blonds à une extrémité, gris et noirs à l'autre, 
et présentaient des caractères intermédiaires à leur partie 
moyenne. Chez les sujets âgés ils ne participent généralement 
pas à la blancheur des cheveux; cependant Axel Key a vu une 
boucle grise dans un kyste ovarique chez une vieille femme de 
soixante-huit ans. 

Dans les kystes dermoïdes qui ont été observés chez les ani- 




FiG. 7. — 



Coupe histologique de la paroi d'un kyste dermoïde : a, épidémie; h, derme; 
c, coupe d'un follicule pileux. 



maux, on a trouvé soit des poils (laine, bourre), soit des pro- 
duits similaires (plumes chez les oiseaux). 

Les ongles ont été signalés dans les kystes dermoïdes, mais 
d'une manière tout à fait exceptionnelle. Thornton a remarqué 
dans un kyste de l'ovaire une petite projection, comme un 
membre avorté, avec de longs ongles [Obstetr. Soc. of Londoji, 
april 5, 1882). Rizzoli a observé la trace d'un ongle à l'extré- 
mité d'un appendice digitiforme dans une tumeur du siège, et 
Cruveilhier figure dans son atlas deux étuis cornés ressemblant 
à de petites griffes provenant d'un kyste ovarique (XVIIP livr., 
pi. 5, fig. 3). Enfin, il a été rencontré des ongles dans plusieurs 



70 KYSTES DERMOIDES 

cas trinclusion abdominale et sacro-périnéale renfermant des 
membres reconnaissables. 

On a aussi décrit dans les kystes dermoïdes des productions 
cornées (Fœrster). 

Les dents sont fréquemment observées dans ces tumeurs. 
Elles existaient 63 fois sur les 129 cas rassemblés par Lebert 
et 46 fois sur les 24o faits relevés par Pauly ; mais il est impos- 
sible de jug-er de leur fréquence exacte d'après les observa- 
tions citées par les auteurs, attendu qu'on publie surtout les 
cas de kystes à contenu complexe. 

Nous retrouvons pour ces productions la même variabilité 
que pour les poils. Elles sont parfois très nombreuses ; le cas 
le plus extraordinaire sous ce rapport est celui de Ploucquet, 
reproduit par Reil et Autenricth, et dans lequel on en compta 
plus de 300. Torres en observa plus de 100; Schnabel, chez 
une fille de treize ans non encore réglée, trouva un kyste 
de Fovaire qui en contenait 100 ; dans un fait de Cleghorn il y 
en avait 44 au moins. 

Toutes les variétés de dents ont été rencontrées : incisives, 
canines, petites et grosses molaires et jusqu'aux dents de 
sagesse. Mais souvent elles sont anormales et plus ou moins 
rudimentaires ; elles offrent ordinairement la forme conoïde, 
considérée comme une forme de réversion au type primitif, celle 
qu'affectent les dents frappées d'aberrations tératologiques 
(Magitot). Les racines peuvent faire défaut, caractère qui les 
rapprocherait, d'après Salter, des dents congénitales dont 
l'éruption est accomplie déjà lors de la naissance. Tantôt les 
dents sont libres dans la cavité kystique , tantôt elles sont 
implantées sur des fragments osseux ou simplement adhérentes 
à la paroi. Sur 63 kystes dentifères, Lebert a relevé 30 faits 
dans lesquels les dents s'implantaient sur un os, 10 dans les- 
quels l'implantation était mixte, quelques dents étant sur 
des os, d'autres sur des parties molles ou détachées, 10 dans 
lesquels elles étaient libres, et où il n'y avait pas de vestiges 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 71 

d'os; enfin, dans 13 cas, les renseignements n'étaient pas suffi- 
sants. 

Quand les dents sont implantées sur un os, leur groupement 
est irrégulier et ne rappelle en aucune manière la disposition 
normale. Ainsi dans un kyste opéré par Péan (thèse de Cou- 
sin, obs. YI, p. 122), on découvrit un bouquet de dents ran- 
gées dans une disposition curviligne comprenant : deux inci- 
sives contiguës, puis une canine, puis, à 3 ou 4 millimètres de 
là, une autre canine et en outre, sur un débris d'os plat, deux 
canines et enfin une septième dent isolée. 

Leur structure présente les mêmes caractères généraux que 
celle des dents normales : émail avec prismes, cellules de den- 
tine, masse conjonctive représentant un bulbe dentaire. On a 
décrit dans la pulpe de ces dents un filet nerveux (Salter, 
Legros dans le cas de Mahot); toutefois de Sinéty, dans les 
cas étudiés par lui, a constaté par l'empjloi de l'acide osmique 
l'absence de tubes à myéline dans cette pulpe dentaire [loco 
cit., p. 7o0). 

On a trouvé parfois ces dents cariées (Hesclil , Schrœder, 
Bonfigli). Mais il est permis de croire avec Magitot qu'il s'agis- 
sait alors, non pas de carie véritable, mais simplement de 
phénomènes d'usure et de résorption, comparables à l'usure 
spontanée et progressive que présente physiologiquement la 
racine des dents temporaires, ainsi que d'altérations consistant 
en dépressions ou pertes de substance de l'émail dépendant de 
l'érosion et capables de simuler la carie ^ 

1. E. Magitot, Traité de la carie dentaire. Paris, 1872, p. 139. 



CHAPITRE III 



CAVITÉS KYSTIQUES DIVERSES 



Les productions que nous venons de décrire, les glandes, 
les poils, les dents, sont par leur origine des dépendances de 
la peau et des muqueuses analogues. Aussi s'observent-elles 
exclusivement dans les kystes dermoïdes, dans les cavités pos- 
sédant une membrane de revêtement semblable au tégument 
externe et aux muqueuses qui en dérivent. Mais les éléments 
qui caractérisent cette structure dermoïde ne sont pas les seuls 
qui puissent entrer dans la composition des tumeurs qui nous 
occupent. 

Même dans les kystes uniloculaires, la paroi peut ne pas 
présenter dans toute son étendue un revêtemient épithélial 
comparable à l'épiderme : ainsi dans certains kystes bran- 
chiaux, Ton a trouvé un mélange d'épithélium pavimenteux et 
d'épithélium vibratile (Robin, Neumann et Baumgarten), par- 
fois avec des cellules caliciformes (Baumgarten). 

Dans les kystes multiloculaircs, outre les cavités kystiques 
à paroi dermoïde, on peut en observer d'autres dont la paroi 
présente une structure toute différente : ce sont, par exemple, 
des kystes à épithélium cylindrique , parfois avec des culs-de- 
sac glandulaires et de véritables glandes en grappe. On a même 
rencontré dans la paroi de cavités semblables une tunique 
intestinale avec fibres lisses, glandules tubuleuses et villosités 
(Labbé et Yerneuil, Brœer et Weigert) ; Chédevergne a vu dans 
une tumeur sacro-coccygienne un tronçon intestinal de 10 cen- 
timètres de long du volume d'une plume à écrire, bifurqué 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 75 

et terminé on Ccecum à ses trois extrémités, et dont la paroi 
était formée par une séreuse, deux couches de fibres lisses et 
une muqueuse pourvue de villosités. 

Enfin, un épithélium vibratile tapisse parfois ces cavités. On 
a constaté sa présence dans certaines tumeurs de l'ovaire 
(Friedreich, Mahot, Friedlsender) , de la région sacro-coccy- 
gienne (Gzerny, Heschl), dans un tératomc du médiastin (Yir- 
cliow) et dans un tératome de l'orbite (Brœer et Weigert). 



CHAPITRE IV 

DES DIFFÉRENTS TISSUS QUI PEUVENT ENTRER DANS LA 
CONSTITUTION DES TUMEURS DERMOÏDES 



Le système nerveux est parfois représenté dans les tumeurs 
dermoïdes, principalement par les éléments de ses parties cen- 
trales. Ce sont des cellules uni- ou multipolaires, semblables à 
celles des ganglions ou du cerveau avec un réseau vasculaire 
comparable à celui de l'encéphale : ramifications arborisées et 
gaines lymphatiques manifestes (Cornil et Ranvier). On y a 
aussi rencontré des fibres nerveuses à double contour (Stein- 
lin, Friedreich, Lang), ainsi que des fibres de Remak. 

Yirchow, cité par Pauly, a trouvé une masse nerveuse stra- 
tifiée analog-ue au cervelet. Rokitansky a décrit un petit sys- 
tème nerveux en miniature : dans ce cas très curieux, on 
remarquait, attenant à un cylindre osseux recouvert par la 
paroi dermoïde , un ganglion nerveux représentant la partie 
centrale, d'où partait un filet nerveux représentant la partie- 



74 KYSTES DERMOIDES 

périphérique se ramifiant dans le corps osseux et dans son 
enveloppe cutanée. 

La fréquence du tissu nerveux dans les tumeurs dermoïdes 
est peut-être plus grande qu'elle ne le paraît. En effet, le tissu 
nerveux étant facilement altérable , sa recherche exige un cer- 
tain soin ; souvent rien n'en fait soupçonner l'existence dans 
l'examen à l'œil nu, et dans tous les cas l'examen histologique 
est nécessaire pour en affirmer la présence. C'est ainsi que, 
dans un kyste ovarien de Chantreuil, une petite masse qui avait 
été considérée à l'œil nu comme de nature musculaire était en 
réalité formée de tissu nerveux, ainsi que le démontra l'examen 
histologique fait par Cornil et Ranvier. Inversement, on a par- 
fois considéré comme de la substance nerveuse des masses qui 
n'en avaient que l'aspect extérieur et la consistance, sans que 
la structure microscopique en eût été reconnue et par consé- 
quent sans preuves suffisantes (cas cités par Pauly, de Ghalice, 
de Alt et de l'auteur inconnu d'une observation rapportée par 
Schromecker , tumeur sacro-coccygienne de Wils). 

Le tissu osseux peut se rencontrer soit dans la paroi des 
kystes dermoïdes, soit dans leur cavité. Le plus souvent c'est 
dans l'épaisseur même de la paroi que Ton trouve incrustées 
les plaques osseuses, et c'est toujours en ce point d'ailleurs 
qu'elles se développent primitivement. Sur 19 cas de kystes 
pili-osseux cités par Lebert, 12 fois il est noté que cette der- 
nière disposition existait. Les os sont fréquemment envelop- 
pés d'un périoste. Dans un fait de Hescbl, deux pièces osseuses 
étaient réunies à la manière d'une pseudarthrose par un tissu 
fibreux. 

Les pièces osseuses rencontrées dans ces tumeurs sont le 
plus souvent informes. Dans un grand nombre de cas, les 
auteurs qui les ont décrites se sont efforcés de leur trouver une 
ressemblance avec les différents os du squelette, avec des os 
longs des membres, des côtes, des vertèbres et même des os 
du crâne et de la face ; mais le plus souvent les analogies sont 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 73 

des plus lointaines et l'assimilation de ces pièces osseuses au 
squelette normal est tout à fait factice. Par exemple, un os por- 
tant des dents est souvent comparé à un maxillaire, soit infé- 
rieur, soit supérieur ; mais il est facile de voir, d'après les des- 
criptions, qu'il leur ressemble uniquement par les dents qu'il 
supporte. Aussi Lebert, qui insiste avec raison sur ce point, 
dit-il avoir désigné dans ses notes ces pièces osseuses par le 
nom de maxilloïdes. Nous avons vu d'ailleurs précédemment 
que le groupement des dents, si irrégulier et si peu conforme 
à la disposition normale, n'est point en faveur de cette préten- 
due comparaison. On doit donc faire une distinction entre les 
cas précédents et ceux, d'ailleurs exceptionnels, dans lesquels 
on a rencontré des membres reconnaissables, par exemple 
dans les tumeurs de l'abdomen, de la région sacro-périnéale et 
des maxillaires. Les os ressemblent alors aux os des membres 
par leurs principaux caractères, bien que d'ordinaire leur con- 
figuration ne soit pas encore exempte de quelques anomalies. 
Dans des cas semblables, Pigné dit avoir remarqué que les os, 
bien qu'arrêtés ordinairement dans leur développement, ont 
néanmoins continué leur ossification ; leurs épiphyses sont 
soudées comme chez l'adulte, leur ténacité est extrême, et leur 
éburnation est peut-être supérieure à celle des os des adultes. 

Sous le rapport de la structure histologique, le tissu osseux 
des tumeurs dermoïdes présente ses caractères ordinaires et 
contient des corpuscules osseux avec des canalicules. D'après 
Klob, cité par Pauly, les corpuscules seraient moins nombreux 
et plus gros qu'à l'état normal et émettraient moins de prolon- 
gements. L'absence des canaux de Havers a été notée par E. 
Lang ; mais, d'autre part, ils ont été constatés dans plusieurs 
observations. On a vu parfois les phénomènes de l'ossification 
aux dépens du tissu conjonctif comme dans les os du crâne 
(Torres), et même la calcification du cartilage semblable à celle 
qui s'observe sur les os rachitiques (Torres). 

La présence du cartilage est assez fréquente ; il se rencontre 



76 KYSTES DERMOIDES 

ordinairement sous la forme de petites masses situées dans 
l'épaisseur de la paroi. Quelquefois ce sont de petits amas de 
noyaux cartilagineux réunis par du tissu fibreux de manière 
à paraître articulés (Labbé et Yerneuil). La structure histolo- 
gique de ce cartilage est indiquée comme semblable à celle du 
cartilage hyalin (J. Bœckel), du cartilage fœtal (Robin dans le 
cas de Spiess), du cartilage embryonnaire (Chédevergne) ou 
bien du cartilage hyalin et élastique (Friedleender). 

Les fibres, musculaires lisses ont été très fréquemment ren- 
contrées dans le derme de la paroi. En outre on les a vues 
encore dans les parois de cavités muqueuses, comparables à 
des segments d'intestin (Chédevergne, Labbé et Yerneuil, 
Brœer et Weigert). 

Dans le cas de kyste ovarique relaté par Mahot, l'enveloppe 
externe, épaisse de o à 8 millimètres, était presque entièrement 
formée de fibres lisses ressemblant à celles de l'utérus gravide. 

Les fibres musculaires striées sont très rares dans les tumeurs 
dermoïdes. On en a trouvé, il est vrai, en abondance dans cer- 
taines tumeurs de lovaire ; mais ces tumeurs ne sont point 
dermoïdes et ont reçu d'ailleurs un nom spécial, celui de myo- 
sarcomes (Yirchow); on en a décrit de semblables, également 
congénitales, dans le testicule. 

L'existence des fibres striées dans les kystes dermoïdes de 
l'ovaire est mise en doute par Pauly ; cependant André et Cou- 
pât ont décrit, dans un kyste dermoïde de cet organe opéré 
par Péan, des « vestiges de fibres striées en pleine dégéné- 
rescence, immédiatement au-dessous de travées osseuses », et 
Kœberlé a vu dans un kyste dentifère de l'ovaire une petite 
masse ressemblant à une langue rudimentaire et composée de 
fibres striées recouvertes d'une muqueuse pourvue de glan- 
dules '. 

Dans une tumeur du scrotum qui contenait des follicules 

1. Article Ovab^e Aw Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, 
p. ol8. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 77 

pileux, A. Malherbe a signalé des fibres musculaires striées ; 
dans le cas de Dielrich, il est fait mention d'un fémur et d'un 
bassin avec leurs muscles, mais seulement d'après un examen 
fait à l'œil nu. 

Dans la région sacro-coccygienne, Chédevergne a trouvé 
dans une tumeur dermoïde une petite masse carrée formée de 
fibres musculaires striées. 

Enfin, dans le tératome complexe du médias tin dont nous 
avons fait mention, Yirchow a rencontré du tissu musculaire 
strié comparable à celui qu'il a décrit dans les myosarcomes 
de l'ovaire. 

Pour terminer cette émimération déjà longue nous citerons 
encore les cas où l'on a trouvé du tissu lymphoïde (Friedlsender, 
Lang), des cellules pigmentées pareilles à celles du pigment 
choroïdien (Yerneuil, Pilate, A. Malherbe), un tissu semblable 
au tissu pulmonaire et présentant des alvéoles (Friedlœnder). 

Enfin, le tissu adipeux peut prendre une part importante à la 
constitution de ces tumeurs, comme dans le cas de Guersant et 
Verneuil, oii il formait le tiers au moins de la masse mor- 
bide. 

A côté des tumeurs dermoïdcs proprement dites, il faut pla- 
cer les tumeurs très complexes dans lesquelles l'élément der- 
moïde ne représente qu'une portion accessoire, tandis que la 
partie principale est formée de tissus multiples, normaux ou 
pathologiques : le tératome du médiastin de Yirchow en est un 
exemple ; de même aussi les tumeurs mixtes de l'ovaire qui 
offrent un mélange des tissus les plus divers : épithéliums 
variés, perles épidermiques, tissu ostéoïde, etc. -. 

Quant aux tumeurs dermoïdes proprement dites, elles peu- 
vent elles-mêmes devenir le siège de formations pathologiques 
et même de véritables néoplasmes. Ainsi dans les kystes der- 
moïdes ovariens on a vu se développer du cancer (Heschl, 

1. On en trouvera quelques exemples dans la thèse de G. Poupinel, De la gé- 
néralisaiion des kystes et tumeurs épithéliales de l'ovaire. Paris, 18S6. 



78 KYSTES DERMOIDES 

Schrœder), do l'épilhélioma pavimentoux lobule (Cornil et 
Babinski), du sarcome (Unverricht). On a trouvé aussi du can- 
cer encépbaloïde dans une production semblable du scrotum 
(cas de Spiess) et de l'épithélioma dans une tumeur sacrée 
(Czerny). 



CHAPITRE V 



RESU3IE GENERAL. CONCLUSIONS 



D'après Fexposé que nous venons de faire des différentes 
particularités de structure rencontrées dans les tumeurs que 
nous étudions, on voit qu'un grand nombre de tissus peuvent 
entrer dans leur constitution. En outre, nous remarquerons que 
ces tissus s'y présentent avec leurs caractères normaux ou peu 
s'en faut; dans lïmmense majorité des cas ils n'offrent pas 
d'altérations histologiques véritablement morbides, et les quel- 
ques modifications qu'on y observe sont légères et de peu 
d'importance. C'est la place du tissu qui est anormale bien 
plus que sa structure. 

Tels sont à grands traits les principaux caractères anatomi- 
ques que présentent les tumeurs congénitales du type dermoïde 
considérées dans leur ensemble. Il serait facile de multiplier les 
exemples et les citations à propos do chaque tissu; mais notre 
but n'est pas de faire une étude complète ni de dresser une sta- 
tistique détaillée de toutes les particularités anatomiques qui 
peuvent s'observer dans ces productions. Laissant donc de côté 
cette analyse minutieuse, qui dépasserait de beaucoup les 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 79 

limites de notre travail sans présenter un intérêt réel, nous 
pensons qu'il est préférable d'envisag-er la question à un autre 
point de vue. Après avoir indiqué la structure de ces produc- 
tions en général, nous croyons utile de résumer les variétés 
qu'elles présentent dans chaque région en particulier et de 
déterminer sommairement la distribution topograpbique des 
divers éléments qui les composent. 

Dans l'orbite et son pourtour, les kystes dermoïdes sont 
presque toujours très simples, et renferment seulement de la 
matière sébacée, souvent mélangée à des poils; exceptionnel- 
lement ils sont multiloculaires comme dans le cas de Barnes, 
le seul où Ton ait rencontré une dent, et peut-être aussi 
le cas de Saint- Yves ; plus rarement encore la tumeur est 
très complexe (cas de Brœer et Weigert). Enfin, cette région 
est le siège d'élection des kystes huileux et des kystes cal- 
caires. 

Sur les autres parties du crâne et de la face les kystes der- 
moïdes présentent la même simplicité ; la multiplicité des loges 
est tout à fait exceptionnelle (kyste de la commissure inter- 
maxillaire de Verneuil). 

Au plancher buccal il s'agit presque toujours de kystes uni- 
loculaires à contenu sébacé, et les poils y sont assez rares. 
(Linhart, Denonvilliers et Verneuil, Gueterbock, Richet, Gom- 
balat, Ozenne.) 

Les kystes dermoïdes du cou sont uni- ou pauciloculaires ; 
leur paroi est dermoïde ou mixte (dermoïde et muqueuse) ; ils 
contiennent parfois des poils. Rarement on a observé en cette 
région des tumeurs plus complexes avec du tissu cartilagineux 
et osseux (Virchow, de Saussure-Ford). 

Sur les parois du tronc, les kystes sont aussi très peu compli- 
qués dans leur structure, et même ceux de la cicatrice ombili ■ 
cale se font remarquer par leur simplicité plus grande encore, 
puisqu'ils ne renferment pas de poils. 

Aux membres, malgré le petit nombre et l'insuffisance des 



80 KYSTES DERMOÏDES 

faits que nous avons rassemblés, la structure paraît aussi très 

simple. 

Les tumeurs dermoïdes de la cavité thoracique peuvent con- 
tenir, outre' des productions véritablement dermoïdes (poils, 
dents), des parois muqueuses, de l'os, du cartilage et des tissus 
très variés. Mais dans le cas de Yillard, le kyste était des plus 
simples, puisqu'il ne renfermait ni poils ni glandes. 

Dans la cavité abdominale, et notamment dans l'ovaire, 
s'observent les tumeurs dermoïdjes qui présentent les combinai- 
sons les plus diverses sous le rapport de la structure ; c'est là, 
par excellence, que se trouvent les kystes contenant de longs 
cheveux, des dents et des productions osseuses ; c'est là que les 
tissus les plus variés prennent part à la constitution de ces 
tumeurs. Mais, d'autre part, on peut observer aussi en cette 
région des kystes uniloculaires à structure simple. 

Les mêmes remarques sont applicables aux tumeurs scrotales, 
qui renferment ordinairement des tissus variés (poils, dénis, os, 
cartilage, tissu nerveux, parois muqueuses), mais qui ont 
quelquefois une structure beaucoup plus simple (pièce de la 
collection de Giessen). 

La région sacro-périnéale nous offre les mêmes exemples de 
kystes très simples et de tumeurs dont la structure peut atteindre 
un très haut degré de complexité. Enfin, les tumeurs de la 
région dos maxillaires montrent pour ainsi dire au maximum 
cotte extrême variété des tumeurs dermoïdes et leurs points de 
contact avec les monstruosités. 

C'est dans ces deux dernières régions que l'on a surtout ren- 
contré des vestiges de fœtus reconnaissables. Ces parties fœtales 
ont aussi été trouvées dans l'abdomen et même dans le cerveau 
(cas de Milliarésis ?). 

De l'examen des faits précédents ressortent les conclusions 
suivantes, qui nous paraissent avoir une certaine importance 
pour l'explication pathogénique de ces tumeurs et sur lesquelles 
nous reviendrons d'ailleurs à ce propos. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 81 

En premier lieu, on remarquera que les tumeurs à contenu 
complexe, à cavités multiples et à structure variée ne s'obser- 
vent g-uère qu'en de certaines rég-ions : la région sacro-périnéale, 
la région des maxillaires , le scrotum, la cavité thoracique et 
surtout la cavité abdominale, où l'ovaire est leur siège de pré- 
dilection par excellence. Au contraire, les petits kystes der- 
moïdes à contenu très simple et à structure exclusivement 
dermoïde se rencontrent dans toutes les régions, mais princi- 
palement à la superficie du corps et avec une prédominance 
marquée à la tète. 

En second lieu, il est facile de voir combien sont étroits les 
rapports que présentent entre elles, au point de vue de leur 
constitution, les différentes tumeurs du type ectodermique, com- 
bien les intermédiaires sont nombreux entre les kystes simples 
et les kystes complexes d'une même région comme l'ovaire, le 
scrotum, la région sacro-périnéale, et quelle ressemblance 
parfaite il y a entre les tumeurs de structure semblable en deâ 
régions différentes. On peut donc légitimement comparer les 
unes aux autres toutes ces productions, à quelque région 
qu'elles appartiennent, et les classer d'après leur degré de 
complexité en une série parfaitement naturelle et ininter- 
rompue. 

Ces analogies multiples que nous venons de signaler, les 
nombreuses transitions que nous ayons constatées entre toutes 
ces tumeurs, semblent indiquer en elles un fond commun, et 
leur caractère de tumeurs congénitales peut déjà nous faire 
pressentir que ce point commun doit être recherché dans le 
développement de l'embryon. 



TROISIEME SECTION 

PATHOGÉNIE 



CHAPITRE PREMIER 

ORIGINE CONGÉNITALE. RAPPORTS AVEC LES MONSTRUOSITÉS 

Nous avons accepté au début de ce travail l'opinion qui con- 
sidère les kystes dermoïdes comme étant toujours d'origine 
congénitale, nous réservant d'en donner plus tard la démons- 
tration. Il importe maintenant de revenir sur cette assertion et 
de fournir les preuves qui la justifient. 

Il y a lieu de distinguer les kystes des régions superficielles, 
aisément accessibles, et ceux des organes profonds dont l'ex- 
ploration ne présente pas les mêmes facilités. 

Pour les premiers, l'origine congénitale est très générale- 
ment admise aujourd'hui; et en particulier pour les plus fré- 
quents, ceux du sourcil, elle n'est pas contestée, bien qu'ils 
soient souvent remarqués seulement vers l'âge de sept ou huit 
ans, et que le malade n'en demande l'extirpation que vers vingt 
ou vingt-cinq ans, l'âge de la coquetterie, selon Després. D'ail- 
leurs les faits sont nombreux dans lesquels la congénitalité est 
certaine et le plus souvent, lorsqu'elle n'a pas été notée, c'est 
du moins pendant l'enfance que la tumeur a pour la première 
fois appelé l'attention. Les mêmes remarques s'appliquent aux 
kystes dermoïdes de l'orbite pour lesquels la congénitalité a 



PATHOGÉNIE 83 

très fréquemment été constatée et dont la plupart sont obser- 
vés chez déjeunes sujets '. Il en est exactement de même des 
kystes du cuir chevelu. 

Les kystes du cou, sur un relevé de 26 cas dans lesquels la 
date de l'apparition a été signalée, nous donnent les résultats 
suivants : 

Kystes 
Kystes probablement 

(lermoïdes. dermoïdes. 

Cong'émtaux 3 cas. 1 cas. 

V^ année 2 — » — 

Entre 1 et 10 ans 3 — o — 

Entre 10 et lo ans o — 1 — 

Entre lo et 20 ans. ... 1 — 2 — 

Après 20 ans 1 — 2 — 

Au plancher buccal, sur 23 cas dans lesquels l'âge est indi- 
qué nous trouvons, en tenant compte de l'époque d'apparition 
de la tumeur, 3 cas congénitaux, 13 au-dessous de vingt ans, 

6 de vingt à trente ans et 3 au-dessus de cet âge. 

Pour les tumeurs dermoïdes des bourses, sur 22 cas dans les- 
quels l'âge est noté, la congénitalité est 12 fois certaine et 

7 fois presque certaine; elle ne reste douteuse que dans 
-3 cas. 

Enfin, dans la région sacro-périnéale et dans celle des maxil- 
laires, c'est presque toujours dès la naissance que la tumeur est 
remarquée. 

En résumé, si nous passons en revue ces kystes dermoïdes 
que leur siège superficiel rend accessibles à l'exploration, nous 
voyons qu'un grand nombre d'entre eux existent dès la nais- 
sance et que la plupart des autres se révèlent dans le jeune 
âge. Or l'apparition d'une semblable tumeur plusieurs années 
après la naissance n'a rien qui doive surprendre, et l'on con- 

1. Déjà Beylier en 18i3 insistait sans pouvoir l'expliquer sur le jeune àpe des 
sujets atteints de kystes de l'orbite. — V. Cl. Beylier, Des tumeiirs intra-orbilaires 
ou orhitocèles. Thèse de Strasbourg, 184o, 2^ série, n» 143, p^ il. 



84 KYSTES DERMOÏDES 

çoit très bien qu'un kyste puisse, pendant un temps assez long, 
garder un très petit volume et passer inaperçu, surtout lors- 
qu'il s'agit d'un kyste dermoïde sous-cutané, toujours assez 
simple dans sa composition et n'atteignant jamais, aux limites 
extrêmes de son développement, des dimensions considérables. 
Il suffit d'ailleurs, pour expliquer la durée de cette période 
latente, de remarquer à combien de variations est sujette la 
marche de ces kystes dermoïdes et combien certains d'entre 
eux, loin de suivre une évolution régulièrement progressive, 
restent parfois longtemps slationnaires avant de prendre un 
accroissement nouveau. Ne sait-on pas aussi, depuis les recher- 
ches de Malassez, que d'autres reliquats d'un épithélium en 
voie de développement, les débris épithéliaux paradentaires , 
sommeillent pendant un temps assez considérable avant de 
donner naissance à des kystes? 

Quant aux kystes dermoïdes de la deuxième catégorie, ceux 
qui appartiennent aux régions profondes et qui ne sont pas 
apparents à l'extérieur, on comprend qu'ils ne manifestent leur 
présence qu'à une époque plus ou moins tardive et variable 
scion les accidents qu'ils déterminent, selon le siège qu'ils 
occupent et la rapidité de leur développement. Certains kystes 
peuvent atteindre un grand volume sans donner lieu à aucun 
trouble et sans que rien vienne révéler leur existence : il en est 
qui ne sont découverts qu'à l'amphithéâtre. D'autres ne sont 
également reconnus qu'à l'autopsie ; mais ils ont eu le temps 
de produire toute une série d'accidents et des désordres tels 
qu'ils ont amené la mort : il en est ainsi de la plupart des kystes 
dermoïdes de la cavité thoracique. 

Toutefois, même pour ces tumeurs dermoïdes profondes, 
l'origine congénitale est encore attestée par un certain nombre 
de faits. Ainsi Pigné, sur un relevé de 49 kystes pilifères et 
ossifères de l'ovaire, en a trouvé S chez des vierges au-des- 
sous de douze ans, 6 de six mois à deux ans, 4 chez des fœtus 
à terme n'ayant pas respiré, et 2 chez des avortons avant la 



PATHOGÉME 83 

fin du huilième mois. C'est d'ailleurs un fait admis générale- 
ment que les tumeurs de l'oYaire chez les enfants sont le plus 
souvent des kystes dermoïdes \ 

Enfin les statistiques démontrent que les kystes dermoïdes 
de Tovaire s'observent princip alement dans la jeunesse et Fâg-e 
adulte. 

Leeert Pauly 

De 1 à o ans .... 4 

De à 10 1 3 

De 10 à lo 8 10 

De 13 à 20 3 8 

De 20 à 2o 8 12 

De 2.3 à 30 7 14 

De 30 à 3.3 4 10 

De 3.3 à 40 8 11 

De 40 à 4a 7 8 

De 45 à 50 6 10 

De 50 à 55 2 5 

De 55 à 60 3 3 

De 60 à 65 1 1 

De 65 à 70 2 

Au-dessus de 70 . . 1 2 

Les recherches nécessitées par ce travail nous permettent de 
présenter, à notre tour, une statistique sinon plus complète du 
moins plus précise, en ce sens que nous avons pris soin de 
séparer les faits où le début a été constaté d'une manière posi- 
tive de ceux oii on ne donne aucun renseignement sur l'appa- 
rition du kyste. Les observations qui la forment sont toutes 
postérieures à celles de Lebcrt et de Pauly. 

1- Schwartz, Ueher Ovariotomie hei Kindern : Arch.f. Gynœk., 187S, Bd. XIII, 
h. 3, s. 47o. 

Rœmer a publié un cas d'ovariotomie pratiquée avec succès chez une enfant de 
vingt mois pour un kyste dermoïde. 

Neville a rapporté un fait de kyste dermoïde opéré par Kidd chez un enfant 
de deux ans et remarqué dès l'âge de deux mois. 



86 KYSTES DERMOIDES 

Elle comprend 53 cas : 26 fois, l'âge où la tumeur s'est révélée 
est nettement indiqué ; dans les 29 autres cas, le kyste n'a été 
découvert qu'à l'autopsie des sujets ou on ne parle de l'âge des 
malades qu'à l'occasion de l'opération qu'on leur a fait subir. 

Absence 
Début de renseignements 

mentionné. sur le début. 

De 1 à o ans 3 

De 5 à 10 2 

De 10 à 4o 1 1 

De 15 à 20 4 4 

De 20 à 25 4 

De 25 à 30 3 1 

De 30 à 35 ..... . 2 3 

De 35 à 40 1 5 

De 40 à 45 4 2 

De 45 à 50 2 ^ 6 

De 50 à 55 2 

De 55 à 60 3 

De 60 à 65 1 

De 63 à 70 

70 ans et plus tard. 1 

Nous conclurons donc que les kystes dermoïdes sont cons- 
tamment congénitaux; mais que, dans une première phase de 
leur évolution, appelée par Yerneuil période d'indolence et do 
stagnation, ils sont facilement méconnus; que cette période 
d'inobservation peut avoir dans certains cas une durée très 
longue et se prolonger jusqu'à un âge avancé, mais qu'elle no 
dépasse pas, en général, la puberté pour les kystes sous-cuta- 
nés et l'âge mûr pour les kystes profonds. 

L'origine congénitale des kystes dermoïdes étant admise, on 
se trouve naturellement amené à rechercher dans une ano- 
malie du développement la raison de leur formation, et l'on 
conçoit que les différents auteurs qui ont traité ce sujet aient 
soigneusement recherché les liens unissant ces productions aux 



PATHOGENIE 87 

monstruosités en général. Ces liens semblent en effet des plus 
étroits, et il est possible d'établir, comme l'a fait Is. Geoffroy 
Saint-IIilaire, toute une série d'intermédiaires entre les mons- 
tres doubles les plus compliqués et les tumeurs dermoïdes à 
contenu varié, de la même manière que l'on peut descendre par 
degrés insensibles de celles-ci aux kystes dermoïdes les plus 
simples, ainsi que nous l'avons vu précédemment. La plupart 
des auteurs ont insisté sur ce point. Ainsi Yerneuil, en I800, 
signale ces relations qui unissent entre elles toutes ces pro- 
ductions : « Ce qui fait, dit-il, l'immense mérite de l'ouvrage 
de Geoffroy Saint-Hilaire, c'est d'avoir, à l'exemple des illustres 
fondateurs de la méthode naturelle, montré les relations qui 
existent entre les êtres les plus parfaits et les organismes les 
plus rudimentaires ; c'est, en un mot, d'avoir établi l'échelle 
tératologique comme l'échelle ou la série zoologique ou bota- 
nique. )) Et plus loin il ajoute : « Si une difficulté existait, elle 
consisterait très certainement à marquer dans cette série une 
scission réellement distincte. » Plus tardBroca, dans son Traité 
des tumeurs, professait une opinion aussi catégorique lorsqu'il 
écrivait : « Cette série qui commence au simple kyste pilifère 
congénital pour aboutir au cas des frères Siamois est si com- 
plète, si naturelle, si bien ménagée dans ses transitions, qu'il 
est impossible de songer à la scinder, et que la théorie appli- 
cable à l'un quelconque de ses termes doit être applicable à 
tous les autres. » (T. II, p. 134.) Examinons si les faits justi- 
fient cette opinion. 

Assurément les différences sont très considérables et très 
évidentes entre les termes extrêmes de la série et la distance 
est longue entre les kystes dermoïdes vulgaires et des mons- 
tres aussi élevés en organisation que les jumeaux accolés ; mais 
les intermédiaires, pour être nombreux, n'en existent pas 
moins, et s'il est facile do trouver des différences entre les degrés 
éloignés, il l'est également d'établir des ressemblances entre 
les degrés voisins. Il y a, si l'on veut, autant de dissemblance 



88 KYSTES DERMOIDES 

entre les monstres doubles complets et les kystes dermoïdes 
simples qu'entre l'homme et les organismes inférieurs placés 
au dernier rang- de l'échelle animale ; mais l'on peut retrouver 
tous les anneaux de cette long-ue chaîne et constituer la série 
lératolog"ique de la même manière que l'on a établi la série 
zoologique. 

Prenons par exemple certains cas de monstres doubles très 
élevés dans la série, ceux qui résultent de l'accollement de 
deux jumeaux semblables au niveau de la région fessière ou 
des ischions : ce sont les monstres pygopages et ischiopages. 
Ils appartiennent à l'ordre des monstres doubles autositaires de 
Geoffrov Saint-Hilairo, c'est-à-dire des monstres composés de 
deux individus qui offrent le même degré de développement. 
Dans ce même ordre se trouvent un grand nombre de genres 
qui forment des transitions avec les termes moins élevés de la 
série et s'écartent de plus en plus de la duplicité complète pour 
tendre vers l'unité ; ainsi, à côté des monstres complètement 
doubles, il y a des monstres semi-doubles ou unitaires dans 
la plus grande partie de leur être, et même, si nous sortons de 
l'espèce humaine, nous trouvons chez les animaux différents 
degrés parmi les monstres de cette espèce, qui sont simples 
supérieurement et doubles inférieurement (thoradelphes, iléa- 
delphes) \ Au-dessous des monstres doubles autositaires vien- 
nent les monstres doubles parasitaires composés de deux indi- 
vidus, non plus équivalents quant à leur développement, mais 
au contraire très inégaux et très dissemblables, l'un complet ou 
presque complet, l'autre beaucoup plus petit et très imparfait; 
c'est à cet ordre qu'appartiennent les pygomèles chez qui l'on 
trouve, non plus deux paires de membres inférieurs égaux en 
développement, mais seulement un ou deux membres acces- 
soires dans la région h}^o gastrique, derrière ou entre les 



i. L'iléadelphie, indiquée par Gcoffroy-Saint-Hilaire (t. III, p. 147, note), a été 
démontrée par Dareste et N. Joly (C. R. de V Académie des sciences, t. LXXXI, 
187o, 20 août, p. 207 et 9 août, p. 291). 



PATHOGEME 89 

membres pelviens normaux \ C'est enfin aux derniers échelons 
de cet ordre des parasitaires que prennent place, dans le g-roupe 
des endocymiens, les tumeurs sacro-coccyg-iennes rapportées à 
l'inclusion fœtale, et parmi celles-ci encore on trouve toutes 
sortes de variétés sous le rapport du contenu, depuis des rudi- 
ments de membres reconnaissables jusqu'au contenu informe 
des kystes dermoïdes ordinaires. Ainsi nous arrivons par 
degrés de la monstruosité double complète aux kystes der- 
moïdes et cela sans même chang-er de rég'ion. Nous avons vu 
d'ailleurs, en étudiant les tumeurs cong-énitales de la rég'ion 
des maxillaires, que les tumeurs dermoïdes de cette région se 
prêtent aux mêmes considérations et permettent des rapproche- 
ments analogues entre les productions dermoïdes et les mons- 
truosités doubles. Or, aucune différence ne sépare les tumeurs 
dermoïdes sacro-coccygiennes et maxillaires des tumeurs der- 
moïdes de l'ovaire et du testicule, et, d'autre part, les kystes 
ovariques et testiculaires présentent tous les intermédiaires 
avec les kystes dermoïdes simples et sous-cutanés : c'est là un 
point sur lequel nous avons déjà suffisamment insisté pour n'y 
plus revenir. On voit donc qu'il est, non seulement possible, 
mais encore facile de relier tous ces cas les uns aux autres 
de manière à constituer une série continue. 

Il nous suffît pour le moment d'avoir montré sur quoi repose 
cette opinion des auteurs que nous citions tout à l'heure, rela- 
tivement aux liens qui unissent les divers cas tératologiques, 
et d'avoir constaté les analogies qu'ils présentent entre eux. 
Nous aurons plus tard à examiner s'il est lég^itime, dans l'état 
actuel de la science, d'invoquer pour la production de tous un 



1. V. les cas cités par Geoffroy Saint-Hilaire (t. III, p. 268, note 3), et par Holmes, 
notamment ceux de Braune (p. 13) et de Corradi (p. 14). 

Outre les membres pelviens surnuméraires on peut observer d'autres vestiges 
de duplicité, tels que l'existence d'organes génitaux doubles (par exemple Maurice, 
Gazette hebdomadaire, 2 février 1877, p. 76). Ces membres accessoires sont habi- 
tuellement incomplets et plus ou moins anormaux ; on a même vu, inséré à la 
région lombaire, un membre supérieur rudimentaire. (Bornemann, Aj'ch. f. 
GynœkoL, 1883, Bd. XXI, h. 2, s. 20o.) 



90 KYSTES DERMOIDES 

mécanisme unique, et nous apprécierons mieux alors l'utilité 
de cette excursion dans le domaine de la tératologie. Bornons- 
nous maintenant à cette seule remarque : que ces idées géné- 
rales, qui ne manquent certainement pas de grandeur, devaient 
nécessairement exercer leur influence sur les théories patho- 
géniques des monstruosités aussi bien que des tumeurs dont 
nous nous occupons, et qu'elles ne pouvaient manquer d'im- 
primer à ces doctrines une grande tendance aux généralisations. 



CHAPITRE II , 

THÉORIE DE LA DIPLOGÉNÈSE PAR INCLUSION 

Pour expliquer les monstruosités doubles les plus complexes 
(les cas des jumeaux accolés par exemple), l'on admit la sou- 
dure de deux embryons égaux, pendant les premières phases 
de leur développement. Pour les monstres inégalement déve- 
loppés (monstres doubles parasitaires de Geoffroy Saint-IIi- 
laire), l'on admit encore la fusion de deux individus primitive- 
ment distincts, mais une fusion plus intime, peut-être plus 
précoce, compliquée d'une atrophie plus ou moins considérable 
de l'un des germes, celui qui constitue le parasite. Le germe 
ainsi emprisonné, évoluant d'une façon anormale, devenait un 
kyste fœtal plus ou moins compliqué. 

Le fait essentiel dans cette théorie consiste à considérer le 
kyste comme un individu primitivement distinct et sa forma- 
tion comme le résultat d'une monstruosité double. 

Cette monstruosité double était comprise , d'ailleurs , de 



PATHOGÉME 91 

différentes manières : on pouvait croire à l'inclusion d'un très 
jeune embryon dans un autre antérieurement conçu et plus 
développé, par le fait d'une véritable superfétation. 

On pouvait encore admettre que l'embryon inclus avait été 
conçu en même temps que l'autre, qu'ils étaient jumeaux; 
mais le développement, après avoir marché parallèment, s'était 
arrêté pour l'un d'eux, ce qui expliquait l'extrême inégalité du 
sujet contenu et du sujet contenant *. 

Enfin on pouvait aussi penser à l'existence de germes origi- 
nairement monstrueux ou anormaux, à la formation d'un œuf 
à deux g-ermes. 

Cette doctrine de la diplogénèse par inclusion, quelles que 
soient les différences d'interprétation, servit d'abord à expli- 
quer les monstruosités oii la duplicité est évidente, celles qui 
présentent les formes bien caractérisées des deux sujets com- 
posants. Is. Geoffroy Saint-Hilaire l'admet ég-alement pour 
les monstres par inclusion ou endocymiens ; mais il fait des 
réserves pour les tumeurs ovariennes, et, tout en reconnaissant 
qu'elles peuvent, dans certains cas, être rapportées à la mons- 
truosité double par inclusion, il les considère dans d'autres cas 
comme des g'rossesses extra-utérines anormales. En d'autres 
termes, dans ce cas la tumeur est, non plus la sœur jumelle, 
mais la fille de l'individu qui en est porteur. C'est un produit 
de conception, mais c'est un produit monstrueux, redevable 
à sa qualité de monstre, à l'imperfection et à la simplicité de 
son organisation, de la propriété de prolonger presque indéfi- 
niment sa vie dans le sein de sa mère; c'est, dit-il, un embryon 
permanent pour lequel le terme de la gestation n'arrive jamais 
(t. II, p. o64). Il n'est plus question, pour ces cas, de mons- 



1. Pigné {Société anatomique, juin 18 i6) expliquait de la manière suivante l'in- 
clusion fœtale : il remarquait que l'on voit parfois deux corpuscules de de Graaf 
très rapprochés, au point que l'un d'eux peut faire saillie dans la cavité de l'autre 
et que les deux cavités communiquent ; dans ce cas, les deux ovules peuvent être 
fécondés simultanément et alors les deux œufs croîtront ensemble dans la même 
enveloppe ; si l'un se développe avec plus de rapidité, il englobera le retardataire. 



92 KYSTES DERMOIDES 

truosité double, mais bien de monstruosité simple. Aussi Geof- 
froy Saint-Iiilaire classe-t-il ces tumeurs au dernier rang- des 
monstres doubles, et il fait remarquer la grande analogie que 
présentent, au point de vue de l'organisation, ces êtres impar- 
faits qui terminent chacune des deux grandes séries parallèles 
formées dans sa classification par les monstres unitaires et les 
monstres doubles. En réalité, Tanalogie est telle que la distinc- 
tion qu'il prétend établir entre ces deux ordres de produits 
s'efface complètement et qu'elle se réduit, en somme, à une 
question de siège. Or le siège est un élément de bien faible 
importance au point de vue général auquel nous nous plaçons. 
Une tumeur fœtale doit-elle être considérée comme une mons- 
truosité double parce qu'elle siège dans le scrotum et comme 
une monstruosité simple parce qu'elle occupe l'ovaire * ? D'ail- 
leurs. Geoffroy Saint-IIilaire semble bien ayoir conscience de 
cette difficulté , puisqu'il reconnaît des transitions entre les 
monstres simples parasitaires et les monstres doubles parasi- 
taires, et qu'il cite à ce propos le cas où « des membres acces- 
soires sortent d'une tumeur plus ou moins volumineuse renfer- 
mant en elle diverses parties parasitiques : disposition qu'on 
peut déjà considérer comme une demi-inclusion-. » C'est donc 
en somme l'inclusion qui restait la théorie générale. 

11 faut remarquer que Geoffroy Saint-Iiilaire ne parle que 
des tumeurs relativement complexes de l'ovaire, du testi- 
cule, etc. , et qu'il ne s'occupe pas des kystes dermoïdes sim- 
ples, tels que ceux du sourcil et de Torbite. Pour ces derniers 
l'on ne donnait guère à cette époque d'interprétation bien 
précise. 

Pourtant l'on songe a à étendre aux kystes simples l'explica- 

1. Geoffroy Saiut-Hilaire (t. II, p. 561) attache, il est vrai, une certaine impor- 
tance aux symptômes d'un commencement de grossesse qui ont signalé parfois 
Tépociue de la formation des tumeurs ovariennes ; mais n'a-t-on pas vu ces symp- 
tômes se montrer parfois en dehors de toute conception, dans le cours de 

■diverses affections des organes génitaux chez la femme ? 

2. T. m, p. 293. V. aussi p. 312. 



PATHOGE.XIE 93 

tion que l'on donnait des kystes complexes. Ainsi en 1847, à 
propos d'un kyste pili-graisseux du cou, présenté à la Société 
anatomique par Giraldès, Barth émettait Thypothèse d'une 
inclusion, et Cruveilkier rappelait la composition graduée pour 
ainsi dire des kystes do l'ovaire contenant do la graisse, des 
poils, et parfois des os, des dents, etc. 

La doctrine de la diplog'énèse par inclusion, soutenue par 
plusieurs auteurs et principalement par Pigné Soc. anat.^ 
1846), fut battue en brèche par Lebert ot plus tard par Broca 
{Traité des tumeurs, t. II, et Soc. d'anthropolofjie, 1873-74). 

Broca fit à la doctrine do la diplog-énèse des objections dont 
la valeur est très inégale. La première est tirée de la nature du 
contenu des kystes dermoïdes qui ne représente pas, dans Tim- 
mense majorité des cas, des restes authentiques de fœtus. Il 
cite à ce propos les trois cents dents du kyste de Ploucquet, 
nombre qui, dans rhvpothèso d"une inclusion, supposerait au 
moins six g-ermes inclus dans un soptièmo. Cotte objoction est 
évidemment fort sérieuse, et elle prouve au moins quo s'il y a 
inclusion, le g-erme inclus n'est pas un germe normal. 

D'autres objections sont tirées de l'impossibilité matérieUe 
de rinclusion, étant donnés les faits observés. L'embryon inclus 
étant nécessairement plus petit que celui qui le contient, ot un 
embryon étant d'autant moins consistant qu'il est plus polit, 
l'on no peut concevoir, selon Broca, que l'embryon plus petit 
et plus mou ait pu pénétrer dans l'ombryon plus grand et plus 
consistant. De plus cette pénétration d'un embryon dans un 
autre entraînerait des dégâts considérables, dont il resterait 
toujours des traces très évidentes : ce qui n'a jamais été 
observé. 

Ces objections n'ont pas une bien grande solidité. Il serait 
facile de répondre, en effet, que la consistance d'un embryon 
n'est pas uniforme, qu'il y a en lui des parties dures et des 
parties molles, et qu'on peut concevoir la pénétration d'un 
petit ombrvon dans les parties plus molles d'un embryon plus 



94 KYSTES DERMOIDES 

grand. En outre il ne s'agit pas dans le mécanisme de celte 
inclusion de la pénétration violente, pour ainsi dire, d'un 
embryon tout formé dans un autre également formé : il s'agit, 
ce qui est bien différent, de la fusion de deux embryons, tous 
deux en voie de formation, c'est-à-dire de la soudure de deux 
germes juxtaposés, au moyen de leurs éléments embryon- 
naires : phénomène qui n'a rien de mécanique, mais phéno- 
mène d'évolution, tout à fait comparable à celui qu'on observe 
en maintes circonstances pendant le développement de l'em- 
bryon, toutes les fois qu'il y a soudure de parties primitivement 
disjointes, par exemple dans l'oblitération des ^fentes bran- 
chiales par soudure de leurs bords libres. Et quant aux préten- 
dus dégâts apparents que devrait causer l'inclusion, ils ne 
pourraient exister que si la pénétration se faisait violemment et 
par effraction, au lieu qu'ils doivent manquer si l'inclusion se 
fait par soudure, si, par exemple, le germe inclus se soude à 
l'embryon contenant avant la fermeture de la cavité abdomi- 
nale, dont les parois en s'unissant se referment sur lui de ma- 
nière à l'englober et à produire ainsi une inclusion abdominale. 
Cette explication est déjà mentionnée par Is. Geoffroy Saint- 
Hilaire comme la plus généralement adoptée à son époque ^ 
Enfin l'argument qui, dans la discussion présentée par 
Broca, ruinerait absolument la doctrine de la diplogénèse par 
inclusion, s'attaque au point de départ de la théorie. Cette théo- 
rie de la diplogénèse a été étendue aussi loin parce que la série 
tératologique est parfaitement naturelle, et qu'il était logique 
d'admettre pour tous les termes de cette série le principe de 
la duplicité des germes, qui paraissait bien démontré pour les 
degrés les plus élevés, à savoir les monstruosités doubles. Si 
l'on enlève à la théorie cette base solide, il est clair que tout 
l'édifice s'écroulera : c'est ce que tente de faire Broca, s'appuyant 

1. Il cite, en effet, parmi les opinions émises sur le mécanisme de l'inclusion 
abdominale, l'adhérence du plus petit des deux sujets aux intestins du sujet 
principal, à l'époque où ils pendent hors de Tabdomen (t. III, p. 326, note). 



PATHOGÉNIE 95 

sur les l'echerches de Yalcntin et sur les faits qui tendent à 
expliquer les monstruosités doubles par l'unité primitive du 
germe et sa segmentation ultérieure. Cet argument serait 
péremptoire si la doctrine de l'unité du germe était établie 
d'une manière irréfutable. Or, nous verrons qu'il est loin d'en 
être ainsi, en sorte que l'objection de Broca ne peut ren- 
verser la théorie de la diplogénèse par inclusion. 

Il s'en faut néanmoins que cette théorie soit applicable à tous 
les cas, et même qu'elle en puisse expliquer un grand nombre 
d'une façon satisfaisante. 

En effet, si l'on peut admettre l'incbision d'un fœtus dans un 
autre pour quelques cas tout à fait exceptionnels dans lesquels 
on a trouvé des fœtus complets et parfaitement rcconnaissa- 
bles, il n'en est plus de même pour les kystes dermoïdes pro- 
prement dits et pour la plupart des faits rapportés à l'inclu- 
sion. Il faut un grand effort d'imagination et beaucoup de 
bonne volonté pour reconnaître dans un simple kyste dermoïde, 
dans un simple petit sac formé de peau, souvent même sans 
papilles ni glandes sudoripares, le représentant d'un individu 
distinct. Dans les kystes plus complexes qui forment la tran- 
sition entre les kystes simples et les tumeurs considérées 
comme des inclusions, il est généralement bien difficile, pour 
peu qu'on examine les choses avec attention, de reconnaître 
des vestiges d'embryons bien déterminés, des parties fœtales 
ayant une ressemblance manifeste avec le type normal. Les 
organes que l'on y rencontre sont le plus souvent informes et 
incomplets, et Userait impossible, à un esprit non prévenu, de 
trouver entre ces productions et la conformation normale autre 
chose que des analogies spécieuses. En outre, certains détails 
de structure sont complètement en désaccord avec l'hypothèse 
d'un embryon inclus.. Pourquoi une seule tumeur renferme- 
t-elle jusqu'à trois cents dents? Pourquoi les dents sont-elles dis- 
posées sans groupement régulier et parfois même enchâssées 
simplement sur la paroi sans implantation osseuse? Pourquoi 



96 KYSTES DERMOIDES 

le revêtement cutané tapisse-t-il la face interne du kyste 
au lieu de se trouver à la face externe du prétendu fœtus? 
Quant aux soi-disant placentas, qu'on a décrits dans certaines 
inclusions monstrueuses, on sait la valeur qu'il faut attribuer à 
ces grossières ressemblances, fondées uniquement sur l'aspect 
extérieur, depuis qu'Ercolani, examinant au microscope quel- 
ques-unes de ces pièces, et notamment celle de Santo-Fattori, 
reconnut qu'elles ne renfermaient aucune partie rappelant par 
sa structure un placenta K 

Il serait facile de dépouiller les diverses observations d'in- 
clusions fœtales et de montrer combien la ressemblance est 
lointaine avec l'état normal, lorsque les descriptions sont don- 
nées avec quelques détails. Au contraire, dans les cas de fœtus- 
enkystés, lors de grossesse extra-utérine, la plupart des parties 
sont parfaitement reconnaissables et Ton y retrouve les carac- 
tères généraux de la conformation normale ; le squelette , en 
particulier, est toujours conservé et offre une configuration 
régulière ; les divers appareils sont représentés, non par quel- 
ques fragments des tissus qui les composent, mais par des 
organes bien caractérisés dans leur forme. Enfin, le fœtus 
enkysté est complètement étranger à l'organisme maternel; au 
bout d'un certain temps ses éléments anatomiques subissent des 
altérations remarquables d'atrophie et de mortification, au lieu 
que la tumeur dermoïde continue à vivre de la vie commune et 
à se développer sans que les propriétés de ses éléments se mo- 
difient. C"est là une différence fondamentale entre ces deux 
produits: le fœtus enkysté est un cadavre, la tumeur dermo'ide 
est une partie vivante. 

Si l'on accepte la théorie de Finclusion, les rapports que 
nous avons signalés entre la complexité du contenu et le 
siège des tumeurs dermoïdes restent également un profond 

1. Il fait même de la présence du placenta un élément de diagnostic auato- 
mique entre la grossesse extra-utérine et l'inclusion fœtale. (Ercolani, Delhi pla- 
centa nei monstri per inclusione: Memoria deW Accademia délie scienze deU'Instituto 
diBologna, série 3, vol. V, d'après Revue des sciences médicales, 1876, vol. VII, p. 67.) 



PATHO GÉNIE 97 

mystère : pourquoi les kystes à contenu complexe s'observent- 
ils seulement en certaines régions? comment expliquer la sin- 
gulière prédilection que montrent pour les parties périphéri- 
ques les simples kystes pilifères, ces prétendus fœtus, réduits 
pour ainsi dire à leur plus simple expression? 

En outre les cas de kystes dermoïdes des deux ovaires à la 
fois, considérés par Lebert comme « un des plus forts argu- 
ments contre l'origine de ces productions par inclusion fœtale », 
ces cas dont la rareté n'est pas très grande, supposeraient un 
concours de circonstances bien extraordinaires, puisqu'il fau- 
drait, d'après cette théorie de l'inclusion, qu'il y eût deux fœ'tus 
inclus dans un troisième, et que de plus ces deux inclusions se 
fissent en des points symétriques. 

Tout ces faits montrent qu'il ne faut pas , comme se sont 
évertués à le faire un grand nombre d'anteurs, vouloir trouver 
quand même dans ces productions dermoïdes une ressemblance 
avec des parties fœ'tales. Ils font voir le danger qu'il y a à forcer 
les analogies et à accommoder les faits aux théories. Ils mettent 
encore en lumière un point important : c'est que la forme des 
parties est accessoire dans la question et qu'elle est sujette à 
de trop grandes variations pour servir de base solide à une théo- 
rie pathogénique. 

Ce n'est assurément pas le moindre mérite de Lebert que 
d'avoir montré le peu d'importance de la forme dans la patho- 
génie des productions dermoïdes, d'avoir substitué à cette idée 
de la forme l'idée du tissu, à une notion d'anatomie descriptive 
une notion d'anatomie générale, et d'avoir fait resssortir toute 
la valeur de cet élément dans la question. 

En résumé, la théorie de la diplogénèse par inclusion, non 
seulement n'est pas une théorie générale, mais encore elle est 
en désaccord avec plusieurs particularités importantes que pré- 
sentent dans leur structure et dans leur répartition les tumeurs 
que nous étudions, et, en définitive, elle ne nous paraît conve- 
nir qu'à des cas tout à fait rares et exceptionnels. 

7 



CHAPITRE III 



THÉORIE BE L HÉTÉROTOPIE PLASTIQUE 



Les partisans de la diplogénèse avaient pris pour point -de 
départ de leur théorie les faits les plus complexes, les termes 
les plus élevés de la série : ils avaient étudié les monstres dou- 
bles autositaires pour la formation desquels ils adoptaient la 
diplog-énèse, et ils avaient ensuite, par une généralisation har- 
die, étendu leur explication à tous les termes de la série, depuis 
les plus complexes jusqu'aux plus simples. Tout au contraire, 
partant des cas les plus simples, Lebert opposa à la théorie 
précédente celle de Vhétérotopie jilastique ; la formation des 
kystes dermoïdes n'est qu'une application particulière d'une 
loi générale qu'il formule en ces termes : « Beaucoup de tissus 
simples ou composés, et des organes plus complexes même, 
peuvent se former de toutes pièces dans des endroits du corps 
où, à l'état normal, on ne les rencontre point \ » Repoussant 
l'hypothèse d'une inclusion pour interpréter la formation des 
kystes dermoïdes simples, il admet comme la seule explication 
rationnelle leur production autogène et spontanée. Pour lui, 
dans les kystes pilifères sous-cutanés, un derme se développe 
de toutes pièces avec ses poils et ses glandes ; dès lors trouve- 
t-on plus extraordinaire que des dents apparaissent d'une 
manière analogue en vertu d'une même loi? Et, à côté de la 
peau et de ses dérivés, ne peut-il se former semblablement 
d'autres tissus : du cartilage, de l'os, du tissu nerveux, sans 



1. Lebert, Société de Biologie, 1832, p. 203, et Traité d'anatomie pathologique, 
t. I, p. 236. 



PATHOGÉME 99 

qu'il y ait plus de difficulté à admettre leur formation que celle 
de la peau ? 

On comprend qu'une fois engag-é dans cette voie l'on ne 
puisse prévoir où l'on devra s'arrêter ; aussi Lebert recon- 
nait-il qu'il est impossible de fixer les limites de l'hétérotopie, 
et il pense que la loi qu'il formule doit être appliquée à un 
grand nombre de tissus. « Déjà, aujourd'hui, dit-il, cette 
loi s'applique à l'épiderme, au pigment, aux tissus adipeux, 
fibreux, fibroplastique, musculaire, tant organique que du 
mouvement volontaire, cartilagineux et osseux, et parmi les 
organes plus complexes, aux poils, aux glandes et aux dents. » 
[Traité cVanat. 2^cithol., t. I, p. 236.) Mais il s'arrêta pourtant 
dans sa généralisation. S'il paraissait disposé à admettre l'hété- 
rotopie pour la plupart des tissus, il refusait d'une façon abso- 
lue aux tissus formés en vertu de cette loi la propriété de se 
disposer en parties rappelant par leur forme le type normal, et 
il admettait pour les tumeurs qui présentent les vestiges recon- 
naissables d'un embryon, soit la grossesse extra-utérine, soit 
l'inclusion. Et cependant cette hétérotopie qui produisait des 
tissus variés et compliqués, mais informes, n'aurait pas été 
beaucoup plus mystérieuse si elle avait donné à ses produits 
des formes déterminées se rapprochant de la normale. En tout 
cas la distinction n'est nullement tranchée entre les faits justi- 
ciables de l'hétérotopie et ceux qui relèvent de l'inclusion ; il y 
a des formes de transition qui relient étroitement les mons- 
truosités proprement dites aux kystes dermoïdes, si bien qu'on 
pourrait demander à Lebert, comme dit Yerneuil, où il fait 
finir l'inclusion, où il fait commencer l'hétérotopie. 

Dans sa théorie , Lebert ne tient aucun compte de l'origine 
congénitale des tumeurs dermoïdes ; le développement em- 
bryonnaire n'est pour rien dans leur formation. La genèse des 
tissus qui les composent est spontanée; ils se forment de toutes 
-pièces dans des parties où rien ne les représentait antérieure- 
Tnent, et Lebert rapproche de leur apparition celle de l'épithé- 



100 KYSTES DERMOÏDES 

lium à la surface des bourses muqueuses accidentelles, celle du 
tissu cartilagineux dans les tumeurs du testicule, de la mamelle, 
de la parotide, celle de fibres-cellules observée par Yircliow 
dans l'ovaire kystique , et par Rokitansky dans le testicule , ou 
encore la production de substance cérébrale grise trouvée par 
Yirchow et Rokitansky à la surface des ventricules latéraux , 
en des points qui n'en présentent pas normalement. Et, parlant 
des kystes dermoïdes ovariens, il insiste sur « la disposition 
générale à la multiplicité, à une formation kysteuse très variée, 
à la coexistence de kystes séreux et gélatiniformes avec 
des kystes pili- graisseux et dentaires dans l'un ou les deux 
ovaires... On voit par là, dit-il, que les kystes dermoïdes, tout 
en formant un groupe distinct, rentrent cependant dans les 
lois générales qui président à la formation kysteuse. » [Traité 
d'anat. pathoL, t. I, p. 258.) 

Il est facile de voir, d'après ce que nous venons d'exposer, 
que riiétérotopie de Lebert n'est pas un simple mot, et que, 
dans la pensée de son auteur, ce mot répondait à une doctrine 
bien définie : celle de la production autogène des tumeurs der- 
moïdes par l'organisme lui-même, en ver lu d'une « aberration 
particulière de la nutrition » [loco cit., p. 236); en un mot il 
les considérait comme des néoplasmes. 

" L'idée n'était pas absolument neuve. Déjà, à certains égards, 
l'opinion de Meckel était assez analogue. Cet auteur, en effet, 
avait rapproché les dents rencontrées dans les tumeurs ova- 
riennes des dents surnuméraires et accidentelles développées 
en dehors de la bouche, par exemple dans l'orbite ; il avait 
admis pour ces tumeurs ovariques plusieurs degrés , suivant 
qu'elles contiennent de la graisse seulement, des poils et enfin 
"des dents, et il disait que ces dernières, contenant des dents, 
se forment « lorsque la force plastique a pris encore plus de 
vigueur » ; il comparait la formation de ces tumeurs à celle dés 
"Corps jaunes développés en dehors de la grossesse qu'il" attri- 
buait à « une exaltation d'activité plastique ». Glétait l'idée 



PATHOGENIE lO.l 

et presque le mot de Lebert. Antérieurement Ruysch avait 
-admis que les dents, les os, se forment dans de simples tumeurs 
kysteuses; Gambini professait une opinion analogue. Meissner 
disait que les poils se développent aussi facilement dans une 
tumeur sans conception antérieure que le peuvent faire des 
membranes, des masses adipeuses et des concrétions cartila- 
gineuses K 

Cruveilhier en 1816, s'élevant contre les théories qui expli- 
quaient les kystes pileux des ovaires 'par la grossesse extra- 
oitérine et par la confusion des germes ou la pénétration d'un 
individu dans un autre, disait: « Pourquoi la formation des 
poils dans les ovaires aurait-elle lieu par un autre mécanisme 
que dans les kystes des autres parties du corps? Répugne-t-il 
d'admettre que la nature, par un de ces écarts qui lui sont si 
familiers, imprègne telle ou telle partie de propriétés qui les 
mettront en rapport avec les matériaux des poils et même des 
dents. S'il lui est si facile de les produire dans les lieux qu'elle 
leur a assignés dans Fétat naturel, pourquoi ne pourrait-elle 
les produire accidentellement? » [Essai sur l'anat. pathoL, 
t. II, p. 189.) 

Mais, si l'opinion avait été déjà émise de divers côtés, Lebert 
eut du moins le mérite de la formuler nettement, de lui donner 
un caractère de généralité qui lui manquait jusqu'alors, de 
caractériser la doctrine par un nom, et de l'appuyer sur un 
grand nombre de faits jusque-là épars qu'il rassembla et sou- 
mit à la critique. 

Lorsque Lebert exposa sa théorie devant la Société anato- 
Tnique, à propos d'un kyste pileux du petit bassin qui lui avait 
été donné par Charcot, il fut combattu par Depaul, Yerneuil 
-et Broca ^ 

Toutefois rhétérotopie ne tarda pas à trouver des partisans, 
et même certains auteurs, sans l'adopter comme théorie géné- 

1. D'après Pauly, loco cit., p. 564. 

2. Bulletins de la Société anatomique, 27^ année, août 1852, p. 298 et suivantes. 



.10'2 KYSTES DERMOÏDES 

raie, radmirent au moins pour expliquer quelques faits. Cru- 
veilhier, qui avait modifié ses idées premières et admettait 
pour les kystes dermoïdes de l'ovaire la grossesse extra-utérine 
et l'inclusion, accepte, dans son Traité d'anatomie patholo- 
gique généi-ale (1856, t. III, p. 344)^ la formation spontanée des 
kystes pilifëres sous-cutanés; il répète à ce sujet, en y appor- 
tant quelques modifications, le passage cité plus haut qu'il 
avait écrit quarante ans auparavant, et ajoute qu'il considère 
ces kystes pilifëres sous-cutanés comme étant constitués par 
un tissu cutané pourvu de follicules et de formation accidentelle. 
C'est donc bien l'hétérotopie de Lebert. 

Yerneuil [Mém. sur rinclusioh scrotale, 1855), qui fait à 
l'hétérotopie des objections sérieuses, pense toutefois que, sur- 
tout pour les kystes dermoïdes profonds, « l'on peut, faute de 
mieux, accepter cette hypothèse ». 

Broca, après avoir été l'adversaire de la théorie, s'en déclare 
partisan à la Société de chirurgie en 1861 \ Plus tard, dans son 
Traité des tumeurs (1869, t. II), bien qu'il rejette définitive- 
ment l'hétérotopie comme théorie générale, il l'admet encore 
pour certains faits, se réservant toutefois de chercher, dans 
chaque cas particulier, « si cette hétérotopie est primordiale, 
contemporaine de l'époque des formations embryonnaires, ou 
si elle est pathologique et postérieure à la naissance » (p. 80). 

En somme, la doctrine de l'hétérotopie ne répond pas à toutes 
les questions que soulève l'origine des kystes dermoïdes. Elle 
est même en désaccord avec les faits. Elle n'explique pas la 
congénitalité si fréquemment indubitable de ces productions et 
devant laquelle s'inclinait Lebert, lorsque Yerneuil la lui 
objectait au cours de la discussion qui s'éleva à la Société ana- 
tomique (1852, p. 300) ^ Elle n'explique pas davantage pour- 
quoi ces kystes ont des sièges de prédilection si bien définis. 



1. Bulletin de la Société de chirurgie, 2o série, t. II, 1861, 13 février, p. 124. 

2. Lebert admit d'ailleurs la congénitalité constante des kystes dermoïdes 
[Prager Viertelj, loco cit., p. 29). 



PATHOGENIE 103 

Elle ne rend pas compte non plus des adhérences si fréquentes 
avec les parties voisines, en particulier avec le squelette, sur 
lesquelles nous avons insisté dans un autre chapitre. Si l'on 
compare, comme le faitLebert, cette hétérotopie avecla produc- 
tion anormale de divers tissus dans les néoplasmes, on est 
frappé des différences, bien mises en lumière par A^'erneuil 
[Arch. de méd., 18oS) : l'hétérotopie morbide ne s'observe guère 
dans l'enfance ni surtout congénitalement; elle porte ordinai- 
rement sur un seul tissu, et les tumeurs qu'elle engendre n'ont 
pas une structure aussi complexe et aussi variée que les 
tumeurs dermoïdes ; elle constitue une maladie véritable ayant 
une marche différente, relevant presque toujours d'une dia- 
thèse et montrant souvent une grande disposition à se géné- 
raliser. 

Enfin aujourd'hui cette genèse directe, non pas seulement 
d'un revêtement épidermique complet, mais à plus forte raison 
d'un tégument véritable avec poils et glandes, est contraire à 
toutes les données histogéniques et ne peut vraiment plus se 
défendre. Aussi la doctrine de l'hétérotopie plastique ne nous 
a-t-elle .arrêtés si longtemps qu'en raison de son importance 
historique. Le travail de Lebert est, en effet, une œuvre capi- 
tale dans l'histoire des kystes dermoïdes, et s'il ne parvint pas 
à dissiper les obscurités de leur pathogénie, il fit cependant 
faire un grand pas à leur élude par la quantité de matériaux 
qu'il réunit. 



CHAPITRE IV 

THÉORIE DE l' ENCLAVEMENT 

§ 1 . — Exposé général. ' 

Le principal mérite de la doctrine de Lcbert était d'avoir 
renversé les arguments spécieux invoqués par la théorie de la 
diplogénèse par inclusion, et d'avoir inauguré dans l'étude des 
kystes dermoïdes une méthode beaucoup plus précise. Lebert 
avait rassemblé toutes ces tumeurs en un groupe homogène ; il 
lem' avait donné pour caractéristique l'existence d'une paroi 
kystique offrant les caractères anatomiques de la peau. A des 
ressemblances grossières, souvent forcées pour les besoins de 
la cause, il substituait l'examen rigoureux des tissus ; à la con- 
formation extérieure il opposait la structure. Cependant la 
théorie de l'inclusion fœtale conservait l'avantage pour ce qui 
concerne l'origine congénitale de ces kystes et leurs relations 
avec les monstruosités : elle en donnait une interprétation très 
simple, au lieu que l'hétérotopie plastique laissait inexpliquées 
ces particularités importantes. 

La théorie que nous désignons sous le nom de théorie de 
l'enclavement repose à la fois sur les données d'anatomie géné- 
rale mises en lumière par Lebert, et sur les données tératologi- 
ques avec lesquelles se conciliait si bien la diplogénèse par 
inclusion. Cette théorie considère les kystes dermoïdes comme 
dérivant du tégument cutané de l'embryon dont une portion, 
restée pour ainsi dire en arrière pendant le développement 
fœtal, se serait enclavée au sein des autres tissus et aurait, 
par son accroissement ultérieur , donné lieu à la formation 



PATHOGENIE 105 

d'un kyste. On le voit, les données tératologiques , dont 
nous parlions tout à l'heure, sont parfaitement en rapport 
avec la formation de ces productions pendant le dévelop- 
pement embryonnaire , à la suite d'un accident intervenu 
dans ce développement ; d'autre part, les données anato- 
miques s'accordent également bien avec la nature des élé- 
ments enclavés qui, dans tous les cas, proviennent du feuillet 
corné. 

Un exposé sommaire de cette théorie de l'enclavement appli- 
quée aux kystes dermoïdes sous- cutanés est fait par Yer- 
neuil dans son mémoire sur rinclusion scrotale et testiculaire, 
en 18.55. Déjà, répondant à Lebert devant la Société anato- 
mique en 1852, VerneuiL avait émis l'opinion que les kystes 
dermoïdes des sourcils, de l'orbite et de son pourtour se déve- 
loppent aux dépens du revêtement cutané qui tapisse chez 
l'embryon la fente fronto-maxillaire ^ Plus tard, il généralisa 
cette même explication et l'étendit aux kystes dermoïdes du 
plancher buccal [Thèse de Landeta, 1863), de la joue [Thèse de 
Cusset, 1877); enfin dès 1855 il admettait la formation des 
kystes dermoïdes en divers points du corps aux dépens de plica- 
tures accidentelles de la peau chez le fœtus. Nous insistons sur 
<îes détails historiques pour bien montrer qu'il ne s'agit pas là 
d'une explication isolée, mais bien d'une véritable théorie, 
applicable à de nombreux cas et invoquant un mécanisme tou- 
jours semblable. 

Cette théorie générale de l'enclavement a été développée 
pour la première fois , croyons-nous , par Yerneuil. Telle 
n'est pas cependant l'opinion exprimée par un grand nombre 
d'auteurs ayant écrit sur la question ; souvent c'est à Remak 
qu'est attribuée la première idée de la formation des kystes 
dermoïdes par ce mécanisme d'enclavement, et les auteurs 
allemands désignent volontiers ce mode pathogénique sous le 
nom d'invagination de Remak [die Remak' schen Ehistûlpung) . 

1. Bulletins de la Société anatomique, 27e année, août 1832, p. 300. 



106 KYSTES DERMOÏDES 

Or, si l'on se reporte à l'article cité', on n'y trouve que des 
considérations sur le développement du cancer épithélial et sur 
l'analogie des bourgeonnements épithéliomaleux avec les 
g-landcs ; quant aux kystes dermoïdes, il n'en est point ques- 
tion ; Remak parle seulement du cholestéatome de J. Millier, 
expression qu'il est impossible d'accepter comme synonyme de 
kyste dermoïde. D'autre part, au sujet des kystes dermoïdes du 
cou, on cite fréquemment Roscr comme le premier auteur qui 
ait interprété leur formation au moyen de l'enclavement d'une 
portion persistante des fentes branchiales. Mais si Roscr fut le 
premier à donner cette explication des kystes dermoïdes du 
cou, il ne l'étendit pas à d'autres régions et n'en fit point une 
théorie générale. Au surplus, cette explication purement locale 
de Roser est postérieure à la théorie générale formulée par 
Yerneuil '. 

Avec ce mécanisme do l'enclavement, le développement des 
kystes dermoïdes est conforme aux idées de Cohnheim sur l'ori- 
gine embryonnaire des tumeurs. Toutefois il convient de 
remarquer que les kystes dermoïdes occupent parmi les tumeurs 
une place à part et qu'ils se distinguent des productions géné- 
ralement comprises sous le nom de néoplasmes ; ils n'en pré- 
sentent point d'habitude les tendances envahissantes ; les tis- 
sus qui les composent sont normaux non seulement quant à la 

1. R. Remak, Ein Beitrag zur Entvnckelungsgeschiclde cler krebshaften Ges- 
chwûlste, Deutsche Klinik, 22 avril 1834, s. 160. 

2. W. Roser, Handbuch der aiiatomischen Chirurgie, Tiïbingen, l''" édit., 1844, 
2e édit. 1834. Dans la l^e édition il n'est fait aucune mention des affections con- 
génitales du cou ; dans la 2^ il est parlé des fistules congénitales et de leur ori- 
gine branchiale, et en outre de « tumeurs kystiques composées, formées d'une 
grande quantité de kystes pour la plupart petits, observées quelquefois au cou 
des nouveau-nés », et dans lesquelles on reconnaît facilement les kystes séreux 
composés. Nous n'avons pu nous procurer la 3^ édition de cet ouvrage, mais 
dans la 4e (1859) un article est consacré aux kystes branchiaux et aux fistules 
branchiales dont la pathogénie est nettement exposée ; cet article est reproduit 
sans changement dans la S" édition traduite en français sous le titre suivant : 
W. Roser, Eléments de pathologie chiriirgiccde spéciale et de médecine opératoire, 
Paris, 1870, trad. par Culmann et Sengel. 

Ces renseignements bibliographiques nous ont été fournis par M. Potocki, 
interne des hôpitaux. 



PATHOGÉME lOT 

nature de leurs éléments, mais normaux aussi par leur évolu- 
tion et leur agencement; il n'y a d'irrégulier en eux que leur 
siège. La cavité dermoïde est une ectopie du tégument externe; 
mais dans ce siège anormal le tégument jouit de toutes ses 
propriétés et peut donner naissance à tous ses produits ordi- 
naires. De la sorte, les kystes dermoïdes ressemblent, suivant 
une très juste comparaison de Heschl \ aux blocs erratiques des 
géologues, fragments détachés de roches lointaines dont ils 
présentent tous les caractères, complètement étrangers aux 
terrains qui les portent, et sur lesquels on a vu parfois croître 
des espèces végétales semblables à celles de leurs roches 
d'origine. 

Le petit sac enclavé au milieu des tissus de l'embryon se 
compose, non seulement d'éléments épithéliaux, mais encore 
des éléments sous-jacents qui constituent le derme. Il est bien 
entendu que, lorsque nous parlons d'un enclavement de l'ecto- 
derme, c'est l'ectoderme doublé du derme embryonnaire qu'il 
faut entendre, et si nous ne mentionnons que l'ectoderme, c'est 
par abréviation et parce que la présence des éléments dérivés 
de ce feuillet est le caractère vraiment fondamental de ces 
sortes de tumeurs. Mais en réalité c'est le tégument externe 
tout entier qui se trouve emprisonné : derme, épiderme et ses 
dérivés. 

A l'origine la petite masse épithéliale est simplement une 
involution de l'épiblaste ; puis, peu à peu elle s'éloigne de la 
surface de l'ectoderme par le fait du développement des par- 
ties voisines, et pendant ce temps le pédicule épithélial qui la 
rattache à l'ectoderme doit s'allonger progressivement. Mais 
cet allongement peut être insuffisant si les parties voisines se 
développent plus rapidement, de telle sorte que la continuité se 
trouve rompue entre l'ectoderme et le petit amas épithélial, 
désormais indépendant. On peut concevoir que les choses en 
restent là indéfiniment et que la petite masse ectodermique 

1. Loco cit., p. 52. 



Ï08 KYSTES DERMOÏDES 

n'ait pas d'autre avenir. Rien ne prouve en effet qu'elle doive 
fatalement évoluer en kyste : ne voyons-nous pas les débris 
épithéliaux paradentaires , étudiés par Malassez, rester com- 
plètement silencieux dans un grand nombre de cas et n'évoluer 
en kystes ou en productions pathologiques diverses que dans 
certaines circonstances et à une époque souvent tardive? De 
même le petit îlot ectodermique semble pouvoir demeurer 
latent pendant un temps variable. 

Quoi qu'il en soit, cette espèce de petite colonie du tégument 
externe, lorsqu'elle évolue en kyste dermoïde, ne suit pas tou- 
jours dans son évolution une marche régulièrement progressive. 
Au contraire, il peut arriver que cette évolution se trouve arrê- 
tée pendant une période parfois fort longue. Tel kyste der- 
moïde qui a passé inaperçu dans l'enfance se développe subi- 
tement à vingt ans ; tel autre, remarqué dèsia naissance, reste 
stationnaire pendant des années pour prendre au bout de ce 
temps un accroissement soudain. La puberté a sur ce dévelop- 
pement une influence réelle et souvent signalée. On a fait 
remarquer que les phénomènes d'exhalation et de désassimi- 
lation tendent, avec les progrès de l'âge, à devenir prédomi- 
nants sur ceux d'absorption, aussi bien pour le tégument du 
kyste que pour le tégument externe tout entier, et on a pensé 
pouvoir expliquer par cette prédominance croissante l'aug- 
mentation de volume du kyste. Le développement des poils au 
moment de la puberté agirait également dans le même sens. 
-Lorsque le kyste progresse, sa paroi s'accroît en surface en 
même temps que s'accumulent dans sa cavité les produits de 
sécrétion ou de desquamation qui, le plus souvent, sont ana- 
logues au sébum ou au vernix caseosa du fœtus. Il serait inté- 
ressant de déterminer à quelles particularités de structure, à 
quelles conditions physiologiques spéciales de la paroi der- 
moïde répondent les différences variées que présentent ces kystes 
sous le rapport du contenu; mais c'est là une question qui ne 
nous semble pas avoir été abordée jusqu'ici et dont la solution 



PATHOGENIE 109 

réclamerait de nombreux faits, observés dans les plus grands 
détails. 

Nous avons vu que la paroi dermoïde est ordinairement assez 
simple dans sa texture, et que fréquemment elle est dépourvue 
de glandes sudoripares et de papilles, alors qu'elle présente 
des poils et des glandes sébacées. Or il est à remarquer que les 
glandes sudoripares et les papilles sont précisément les organes 
qui apparaissent en dernier lieu dans le développement du 
tégument externe ^ C'est donc là un caractère fœtal de la paroi 
dermoïde, et il semble que dans certains cas le petit îlot tégu- 
mentaire puisse être arrêté dans son développement, tandis 
que, dans d'autres cas, il subit une évolution normale et com- 
plète. Il faut encore observer que la structure n'est pas tou- 
jours uniforme en toutes les parties de la paroi et que les poils 
et les glandes, par exemple, peuvent n'exister qu'en des points 
très limités ; de telle sorte que, si le développement se fait sui- 
vant un type normal, il ne marche pas toujours d'un pas égal 
pour toutes les parties du sac emprisonné. Peut-être cette struc- 
ture variable de la paroi en ses différents points tient-elle à la 
manière particulière dont la poche s'accroît en surface. Le 
kyste se distendant incessamment par l'accumulation de ses 
produits dans son intérieur , il peut se faire que la portion 
enclavée de l'ectoderme ne puisse, dans son extension, se déve- 
lopper complètement d'une manière assez rapide : il se forme 
alors seulement une paroi cutanée incomplète et pour ainsi 
-dire improvisée , assez comparable au revêtement cutané des 
-cicatrices à qui font défaut les poils et les glandes. 

Mais, malgré les différences qu'offre la paroi quant au degré 
de son développement, l'évolution de ses éléments est sujette 
aux mêmes lois qu'à l'état normal. Les cellules épithéliales 

1. 'D'après Kulliker les premiers rudiments de poils de duvet se montrent au 
front et aux sourcils à la fin du 3e mois et au début du i", et les glandes sébacées 
à la fin du 4", tandis que les glandes sudoripares se développent au o" mois et 
que les premières traces de papilles n'apparaissent, aux mains et aux pieds, 
qu'au 6^ mois. 



ÎIÔ KYSTES DERMOIDES 

présentent les mêmes phénomènes de desquamation et de 
rénovation que dans l'épiderme ; les poils, les dents se déve- 
loppent et tombent comme le font d'ordinaire ces org-anes; 
les tissus peuvent devenir malades (épithélioma, cancer) ; les 
glandes sébacées deviennent kystiques : en un mot, nous cons- 
tatons dans la paroi dermoïde les mêmes aptitudes physiolo- 
giques et pathologiques que dans le tégument normal. Telle 
est à grands traits la destinée de l'îlot tégumentaire enclavé : 
on voit que cette évolution, ainsi comprise au moyen de la 
théorie que nous développons, n'a rien qui soit contraire aux 
faits observés. 

• Il importe maintenant de fournir les preuves de la théorie 
de l'enclavement et de montrer comment elle peut être ap- 
pliquée aux différents cas observés. Tout d'abord la formation 
de kystes dermoïdes est possible par le mécanisme indiqué. En 
effet l'expérimentation est venue récemment apporter son con- 
tingent à l'appui de cette théorie, et l'on a pu, au moyen dé 
'greffes cutanées, déterminer un enclavement artificiel et re- 
produire par ce mécanisme de véritables kystes dermoïdes, 
ainsi que ces tumeurs perlées qui présentent, comme nous 
l'avons vu, avec les kystes dermoïdes de telles analogies que 
la distinction en est parfois fort délicate. Masse (de Bordeaux) ^ 
-a récemment tenté la greffe intra-péritonéale de segments 
de membres et de lambeaux de peau chez de jeunes rats 
blancs, et au bout de deux mois et demi il a pu obtenir ainsi de 
véritables kystes dermoïdes pileux ; de même la greffe sous- 
cutanée lui a fourni de véritables tumeurs perlées sous-cuta- 
nées, ce qui confirme l'opinion émise par Gross (de Nancy), 
à savoir que les tumeurs perlées des doigts, consécutives à un 
traumatisme, dérivent d'éléments épithéliaux refoulés par la 
cause vulnérante et enclavés dans les parties profondes. Déjà 

1. Masse (de Bordeaux), De l'origine des kystes dermoïdes. Formation de certaines 
tumeurs par transplantations organiques ; applications thérapeutiques, Mémoire lu 
au Congrès de chirurgie, 9 avril 1883 : Bulletin général de thérapeutique médicale 
et chirurgicale, t. CVIII, 30 avril 1883, p. 337. 



PATHOGÉNIE 111 

•en 1881, Masse avait obtenu, chez des lapins, des tumeurs 
perlées de l'iris en greffant des éléments de la conjonctive, et 
il avait ainsi vérifié l'hypothèse émise par Rothmund sur Tori- 
g-ine de ces tumeurs par implantation de l'épithélium à la suite 
du traumatisme ^ Nous avons aussi produit des kystes der- 
moïdes en transplantant sous la peau de jeunes cobayes des 
lambeaux cutanés. 

La possibilité de la formation des kystes dermoïdes par ce 
mécanisme étant admise , il est nécessaire d'indiquer les con- 
ditions spéciales qui interviennent dans chaque région pour 
donner lieu à l'enclavement d'une paroi génératrice de kyste 
dermoïde. Pour cela nous passerons en revue les différentes 
régions dans lesquelles ont été rencontrées ces tumeurs et 
nous montrerons comment on peut faire l'application de la 
■théorie aux diverses particidarités qu'elles présentent en cha- 
cune de ces régions, Mais auparavant nous diviserons ces 
tumeurs en trois groupes, d'après le degré de leur complexité, 
et cette division nous permettra de partir des faits les plus 
simples pour nous élever ensuite jusqu'aux plus complexes. 

Dans les faits les plus simples constituant notre premier 
groupe , la tumeur se réduit à une seule cavité kystique dont 
la paroi présente une structure dermoïde. 

Aux faits plus complexes réunis dans un deuxième groupe 
se rapportent des kystes composés, dans lesquels tout ou partie 
des cavités offre la structure dermoïde et dans lesquels on ren- 
contre, à côté des poches kystiques, des tissus plus ou moins 
variés formant la partie solide de la tumeur. 

Enfin le troisième groupe comprendra des productions encore 
plus complexes, des tumeurs renfermant toujours des cavités 
kystiques à parois dermoïdes, mais dans lesquelles l'élément 
kystique passe pour ainsi dire au second plan^; il apparaît dans 

1. E. Masse, Bulletins et Méînoires de la Société de chinirgie, 23 février 1881, 
t. VIT, p. 18o. — C, R. des séances de l'Académie des sciences, lu janvier 1883, 
t. XCVI, p. 202. . 



112 KYSTES DERMOÏDES 

ces tumeurs un facteur nouveau qui se manifeste par la forma- 
tion de parties fœtales ébauchées, et c'est cet élément nou- 
veau qui devient le caractère le plus saillant de ces tumeurs. 

§ 2. — Application de la théorie de l'enclavement aux tumeurs 
dermoïdes du premier groupe (kystes simples). 

Les kystes dermoïdes du sourcil, et d'une manière générale 
les kystes dermoïdes de l'orbite et de son pourtour, s'expliquent 
aisément par ce mécanisme. Leur formation est liée à un acci- 
dent survenu dans l'occlusion de la fente fronto-maxillaire qui 
sépare le bourgeon frontal du premier arc .branchial. Grâce à 
cette explication, l'on conçoit fort bien que, si le pincement du 
tégument externe est superficiel, il en résulte seulement une 
adhérence plus ou moins solide de la paroi kystique au sque- 
lette. Si le pincement est profond, le trouble du développement 
retentira également sur le squelette, et l'on observera sur le 
frontal une dépression osseuse de profondeur variable ; il pourra 
se faire, si le tégument s'enfonce plus profondément, que le 
kyste s'engag'e dans le squelette par un prolongement relié 
au reste du kyste par un pédicule , et même qu'il en résulte 
une tumeur à deux bosselures {Soc. de chirurgie, 1859 et 
Thèses de Régnier et Lamps). 

La théorie s'applique parfaitement à tous ces cas et explique 
leurs connexions avec les parties voisines. Ajoutons que dans 
un fait intéressant, observé par Broca, dans lequel il s'agissait 
d'un kyste dermoïde congénital, siégeant à la partie moyenne 
de la région sous-orbitaire et paraissant sans rapport avec la 
fente fronto-maxillaire , l'opération fit découvrir un prolonge- 
ment de la tumeur qui allait s'insérer sur le rebord de l'unguis, 
si bien que ce cas, en apparence exceptionnel, rentrait en 
réalité dans la loi de Yerneuil. 

Au cou la théorie de l'enclavement rend un compte très 
exact de la formation des kvstes dermoïdes aux dépens de3 



PATHOGÉNIE 113 

fentes branchiales. Dans cette rég-ion, en effet, les fentes bran- 
chiales laissent parfois des traces persistantes sous forme de 
fistules congénitales. Or il est facile de constater que les fistules 
se comportent exactement comme les kystes appelés kystes 
branchiaux, dont les kystes dermoïdes ne sont qu'une variété; 
elles ont les mêmes connexions, la même structure ; elles déri- 
vent comme eux d'un accident d'évolution des fentes bran- 
chiales et peuvent même être considérées comme un stade in- 
termédiaire de cette évolution troublée. C'est ce que démontre 
l'examen de leurs principales particularités anatomiques. 

En effet, les fistules branchiales, lorsqu'elles sont latérales, 
ont souvent des adhérences avec le squelette (cornes de l'os 
hyoïde, apophyse styloïde) comme cela a quelquefois été observé 
pour les kystes branchiaux ; fréquemment elles adhèrent, 
comme ceux-ci, au paquet vasculo-nerveux et à la tunique 
externe des veines, particularité qui s'explique également bien 
dans les deux cas par la formation embryogénique des vais- 
seaux du cou aux dépens des arcs aortiques primitifs. On doit 
encore remarquer que les fistules branchiales dont l'orifice 
externe est sur la ligne médiane, ont pour siège de prédilection 
le niveau du cartilage thyroïde et l'espace thyro-hyoïdien , 
comme c'est aussi le cas habituel des kystes médians. 

La structure des différents kystes branchiaux fournit encore 
un argument à la théorie qui les fait dériver des fentes bran- 
chiales. En effet, à côté des kystes dermoïdes il y a d'autres 
kystes branchiaux dans lesquels on ne trouve pas d'éléments 
ectodermiques, mais seulement un épithélium vibratile, sans 
trace d'épithélium pavimenteux ; et pourtant la relation de ces 
kystes à épithélium vibratile avec les kystes dermoïdes est bien 
manifeste, puisqu'on a rencontré des kystes présentant une 
structure mixte, c'est-à-dire un mélange d'épithélium pavimen- 
teux stratifié et d'épithélium cylindrique vibratile. Or, une 
pareille structure se rencontre dans les fistules branchiales, et 
dans ces fistules la présence de cellules vibratiles, qui ne fut 



114 KYSTES DERMOÏDES 

pas sans surprendre les premiers observateurs tels que Lie- 
berkuhn, s'explique bien aujourd'hui, car on le retrouve pré- 
cisément dans les fentes branchiales de l'embryon. On sait, en 
effet, que la surface externe des arcs branchiaux est revêtue 
par un épithélium pavimenteux et leur surface interne par 
Tépithélium du proenteron que Neumann a trouvé vibratile 
sur un embryon humain de dix-huit semaines, ainsi que Kœl- 
liker sur un embryon de quatorze semaines \ 

Il devient donc facile d'expliquer les variétés de structure 
que présentent les kystes branchiaux par cette considération 
que la partie persistante de la fente branchiale est tantôt celle 
que tapisse un épithélium pavimenteux, tantôt celle qui porte 
un épithélium vibratile, tantôt enfin la portion intermédiaire 
qui offre les deux variétés de l'épithélium normal. Dans ce 
dernier cas, le kyste qui en résulte peut affecter la forme cana- 
liculée, comme dans les observations de Neumann et de Baum- 
g-arten; telle était probablement aussi la structure des kystes 
canaliculés de Larrey et de Duplay. 

Enfin, l'on peut observer les degrés intermédiaires entre les 
kystes et les fentes branchiales et saisir, pour ainsi dire, le pas- 
sage de la fente branchiale au kyste. Tout d'abord, en effet, 
nous remarquerons qu'un certain nombre de fistules branchia- 
les, dites consécutives, succèdent à l'ouverture d'un kyste, ce 
qui rétablit artificiellement la disposition ancienne qui existait 
à l'origine du kyste. Mais d'autre part, ce qui est plus impor- 
tant, on peut voir un kyste branchial succéder à une fistule, 
autrement dit la fistule se transformer en kyste. 

L'une do nos observations de kyste dormoïde du cou est un 
exemple de cette transformation et un cas de Phafontaki 
(d'Ecouen) doit être rapporté à une fistule branchiale méconnue, 
dont l'oblitération a formé un kyste athéromateux. Enfin nous 
avons déjà cité le fait de Heschl dans lequel le kyste, en tout 

1. A. Kolliker, Embryologie, p. 888. 



PATHOGÉNIE 113 

semblable aux kystes dermoïdes de la région par sa structure, 
par son sièg-e, par son adhérence au squelette, était en commu- 
nication avec l'extérieur par un petit orifice sans trace de cica- 
trice, ce qui doit le faire considérer comme une fistule incom- 
plètement transformée ou, si l'on veut, comme un kyste arrêté 
dans son évolution, portant avec lui la trace de son origine. 

Ainsi donc, si l'on fait aux kystes branchiaux l'application de 
la théorie de l'enclavement, si l'on considère ces kystes comme 
dérivant des fentes branchiales dont une partie persistante est 
restée enclavée au milieu des autres tissus, toutes les particu- 
larités que nous venons de passer en revue. s'expliquent aisé- 
ment. Cette théorie est même la seule qui rende compte de 
la conformité anatomique des kystes branchiaux et des fistules 
congénitales du cou ; c'est aussi la seule qui permette d'em- 
brasser dans une vue d'ensemble et de relier par une com- 
mune origine les différents vices de conformation qui résultent 
de l'évolution anormale des fentes branchiales. 

Quant à déterminer d'une façon précise aux dépens de quelle 
fente branchiale se sont formés, dans chaque cas particulier, 
les kystes branchiaux, c'est une question beaucoup plus déli- 
cate et pour la solution de laquelle les éléments font souvent 
défaut. Elle n'a d'ailleurs qu'une faible importance. En effet, 
pour les kystes médians, la réunion des arcs branchiaux se fai- 
sant pour chaque paire sur la ligne médiane, la tumeur se trouve 
toujours sur le trajet d'une ligne de soudure. Ces kystes médians 
étant pour la plupart thyro-hyoïdiens, se trouvent au niveau 
de la troisième fente branchiale ; les kystes observés par Bid- 
der et par Tachard répondaient à la quatrième. Quant aux 
kystes latéraux, ceux qui occupent les régions inférieures du 
cou dépendent de la quatrième fente qui suit à peu près la 
direction du bord antérieur du sterno-mastoïdien. Mais pour les 
kystes de la région parotidienne, la détermination de la fente 
qui leur a donné naissance est fort difficile, puisque les fentes 
branchiales passeraient toutes par cette région ; ce serait seu- 



116 KYSTES DERMOIDES 

lement Fétude minutieuse des connexions de ces tumeurs avec 
les parties voisines, qui pourrait donner à ce sujet des indica- 
tions de quelque valeur. Le kyste observé par Langenbeck, qui 
s'étendait de Tangle maxillaire au cartilage cricoïde et adhérai^ 
à l'apophyse styloïde, dépend probablement de la deuxième fente. 

Les kystes du plancher buccal paraissent résulter d'un encla- 
vement du tégument fœtal soit entre les deux bourgeons maxil- 
laires inférieurs, soit entre le cartilage de Meckel et le maxil- 
laire inférieur. 

L'inclusion entre les deux bourgeons maxillaires inférieurs 
rend très bien compte : de la situation de ces kystes en général 
très voisins de la ligne médiane; de leur adhérence parfois 
signalée avec les apophyses géni ; de la dépression du maxil- 
laire observée par Combalat; de la disposition canaliculée 
décrite par Nicaise. 

Mais tous les kystes dermoïdes du plancher buccal ne dépen- 
dent pas, à leur origine , des bourgeons maxillaires inférieurs ; 
il en est qui provienent des fentes branchiales proprement dites 
et qui sont véritablement des kystes du cou, ainsi que l'atteste 
leur adhérence, non plus avec le maxillaire inférieur, mais avec 
Fos hyoïde (cas de Denonvilliers et Yerneuil, de Yerneuil, de 
Gueterbock). 

Les kystes dermoïdes de la région sternale s'expliquent aussi 
bien que ceux du cou par un accident dans l'occlusion des 
lames thoraciques (somatopleures), qui sont les homologues des 
arcs branchiaux. Ces kystes sont au vice de conformation connu 
sous le nom de fissure sternale ce que sont les kystes branchiaux 
par rapport aux fistules branchiales. Leur siège au niveau de 
Farticulalion des deux premières pièces sternales, Fexistence 
dans leurs parois d'un mélange d'épithélium vibratile et d'épi- 
thélium pavimenteux (cas de Nélaton -Robin), la disposition 
canaliculée (cas personnel), complètent Fanalogie avec les 
kystes du cou et permettent de les assimiler complètement aux 
véritables kvstes branchiaux. 



PATHOGÉNIE H7 

Un accident semblable dans l'évolution des somatopleures 
conviendrait encore pour expliquer le développement de kystes 
dermoïdes sur la ligne médiane de l'abdomen (cas de Blot). 
C'est même à ce mécanisme que Haffter croit devoir rapporter 
la formation d'un kyste dermoïde situé au-dessous de la paroi 
abdominale, exactement sur la ligne blanche entre l'ombilic et 
la symphyse pubienne, et attaché à l'épiploon, qui adhérait lui- 
même à la paroi abdominale. 

C'est sans nul doute à un trouble identique, survenu dans 
la formation de l'orifice ombilical ou de la cicatrice, qu'il faut 
attribuer les kystes congénitaux siégeant en ce point. 

Parmi les tumeurs dermoïdes que nous avons décrites à la 
région sacro-coccygienne, celles qui appartiennent aux kystes 
dermoïdes simples s'expliquent aussi par un enclavement du 
tégument externe, et leur pathogénie se rattache à l'étude des 
fistules ou dépressions observées en cette région. Les rapports 
des kystes avec les fistules sont exactement les mêmes que 
ceux des kystes branchiaux avec les fistules branchiales : ces 
idées ont été exposées dans la thèse de Couraud (1883). 

Signalées par Kuhn en 1867, dans une lettre adressée à la 
Société de chirurgie, les fistules et dépressions congénitales de 
la région sacro-coccygienne ont été étudiées en détail à une 
époque plus rapprochée de nous par Féré (Soc. anatomique, 
1878), par Terrillon (Soc. de chirurgie, 1882), par Heurtaux 
(Soc. de chirurgie, 1882). Nous les avons très fréquemment 
constatées sur un grand nombre d'enfants : de nos recherches, 
consignées dans la thèse de Peyramaure-Duverdier, il résulte 
que, sur 160 enfants, la fistule ou dépression siégeait 28 fois 
à l'origine de la rainure interfessièro , c'est-à-dire à la face 
postérieure du sacrum , 40 fois au niveau de l'articulation 
sacro-coccygienne, 32 fois à la pointe du coccyx; enfin, dans 
10 cas, il y avait des orifices multiples. 

Elles peuvent occuper plusieurs points de la région sacro- 
coccygienne et s'y montrer sous différents aspects. Pour les 



118 



KYSTES DERMOIDES 



reconnaître, il est souvent nécessaire, alors même qu'elles 
Occupent la partie supérieure de la rainure interfessière, 
d'écarter les fesses du sujet, car cette rainure est dans cer- 
tains cas très profonde dès son origine. On aperçoit alors à ce 
niveau, c'est-à-dire sur la ligne médiane, à la partie la plus 
élevée du sillon interfessier, tantôt une fossette profonde, ver- 
ticale, reposant sur le sacrum, tantôt une dépression en forme 
de large entonnoir; ou bien la rainure est à sa naissance tout 




FiG. 8. — Fistules congénitales de la région sacro-coccygienne : a, fistule ouverte au 
fond d'une fossette sacrée ; b, fistule coccygienne. 



à fait superficielle, mais vers son extrémité supérieure conver- 
gent un ou plusieurs sillons cutanés assez profonds qui des- 
cendent, comme les branches d'un éventail, vers l'origine de 
la rainure. 

Chez d'autres sujets, avec la fossette précédente ou sans 
qu'elle existe, on trouve une nouvelle dépression plus bas, vers 
l'articulation sacro-coccygienne ou plus exactement au niveau 
de la partie bifide du sacrum. Cette dernière dépression est le 
plus souvent arrondie en godet ou plus déprimée encore : 
c'est alors un infundibulum, une fistule plus ou moins j)ro- 
fonde. Chez quelques individus on remarque, en écartant les 



PATHOGÉNIE 



ii9 



fesses à ce niveau, un véritable pont saillant, comparable à un 
périnée, au-dessous de la dépression précédente. 

Dans d'autres cas enfin la dépression siège plus bas encore, 
en reg-ard de la pointe du coccyx ; jamais nous ne l'avons 
observée au voisinage de l'anus et nous avons vu, même chez 
les plus jeunes sujets, près d'un centimètre d'écart entre elle 



% 




#11 

m 



C: 



J 



FiG. 9. — Fistules et dépression de la région sacro-coccygienne : a, fistule; 
h, dépression; c, fistule. 



et cet orifice. D'ailleurs l'anus peut être déplacé et porté en 
avant comme dans le cas représenté figure 10, et la fistule oc- 
cupe alors le périnée. 

En résumé la dépression cutanée peut occuper sur la ligne 
médiane trois sièges distincts, correspondant : l'un au sacrum 
proprement dit, le second à l'articulation sacro-coccygienne, le 
troisième enfin à la pointe du coccyx. Ce dernier est le plus 
variable en raison des inclinaisons différentes que présente le 
coccyx chez les jeunes sujets : tantôt la pointe de cet organe 



120 KYSTES DERMOÏDES 

est presque sous la peau, tantôt il s'incurve en avant et sa 
pointe s'éloigne plus ou moins du tégument. 
• On observe quelquefois sur un même sujet deux et même, 
d'une façon, il est vrai, beaucoup plus exceptionnelle, trois 
dépressions médianes. Enfin on rencontre encore des variétés 
latérales, siégeant, soit d'un seul côté, soit symétriquement à 
droite et à gauche, comme dans le cas de la figure 12; sur ce 
sujet les deux infundibula latéraux sont situés, à 2 centimètres 
de la ligne médiane, au niveau des tubercules sacrés, et de 
chacun d'eux part un sillon cutané, aboutissant à une fossette 
médiane sacro-coccygionne. Ces trois dépressions figurent par 
leur réunion un triangle équilatéral. 

Quel que soil leur siège, les dépressions congénitales offrent 
plusieurs degrés. Tantôt c'est une simple fossette, tantôt 
un infundibulum, tantôt enfin une véritable fistule borgne 
externe, profonde de 3 à 4 millimètres et plus. L'ouverture 
extérieure est généralement arrondie et sillonnée de plis 
à sa circonférence ; elle est parfois assez large pour res- 
sembler à l'orifice anal. Au degré le plus simple, on ne trouve 
qu'un méplat à peine visible, reconnaissable seulement à sa 
surface déprimée ou à un léger changement de couleur de la 
peau. 

La peau qui tapisse ces fossettes et ces fistules est parfaite- 
ment normale et n'offre aucune particularité dans sa texture. 
Les adhérences profondes au squelette, observées par Féré, 
n'existaient pas dans trois dissections faites par nous, sans 
doute à cause de la moindre profondeur de l'infundibulum, qui 
ne dépassait pas 1 ou 2 millimètres. 

Ces dépressions ont été considérées comme la cicatrice mar- 
quant la place de la queue existant chez l'embryon humain 
(Lawson Tait), comme la trace d'un ancien hydrorachis (Kuhn), 
comme le point qui correspondrait à l'ombilic postérieur 
résultant de la fermeture du canal rachidien (Féré). 

Elles paraissent dépendre d'un trouble survenu dans le déve- 



PATHOGÉNIE 



121 



loppement des lames dorsales de l'embryon et portant seule- 
ment sur les parties molles, au lieu de porter à la fois sur les 
parties molles et sur le squelette, comme dans le spina-bifida. 
Dans un cas observé parHardman, la fistule était située immé- 
diatement au-dessous de l'extrémité du sacrum, qui se termi- 
nait en une sorte de tubérosité, et il y avait en même temps un 
spina-bifida de la partie inférieure de la région lombaire '. 
Ces fistules congénitales sont parfois profondes et ouvertes 




FiG. 10. — Fistule congénitale située entre l'anus et le coccyx (obs. XXXIX) 
a, orifice vulvaire; h, orifice anal ; c, orifice de la fistule. 



seulement par un orifice étroit, en sorte qu'il n'y a qu'un degré 
à franchir pour passer de la fistule au kyste. D'ailleurs les fis- 
tules peuvent être le siège d'accidents inflammatoires dus à la 
rétention de déchets épidermiques dans leur cavité, et alors il 
n'est pas toujours facile de décider si l'on est en présence d'une 
fistule congénitale enflammée ou d'un kyste dermoïde devenu 
fistuleux : il y aurait là quelque chose d'analogue à ce que 
Duplay a appelé fistules branchiales consécutives dans la région 
du cou. 

1. Kuhn a noté Ja fréquence de ces dépressions chez les sujets qui naissent 
avec des difformités musculaires des membres inférieurs. 



122 KYSTES DERMOÏDES 

Pour les autres kystes dermoïdes à structure simple, on peut 
invoquer les adhérences profondes et les plicatures de la peau 
indiquées par Yerneuil en I800. Toutefois il est certaines 
régions pour lesquelles le siège de ces kystes est remarquable 
par sa constance, en sorte qu'il semble nécessaire de faire inter- 
venir dans ces cas des causes adjuvantes spéciales ; tels sont 
notamment les kystes dermoïdes occupant la région de la fon- 




il 

W M ■ 






S 



FiG. 11. — Fistules congénitales, médiane et latérale, de la région sacro-coccygienne. 



tanelle antérieure : leur formation peut être favorisée par 
l'existence d'un pli du tégument correspondant à l'intervalle que 
laissent entre elles les deux moitiés de la vésicule cérébrale 
antérieure ^ 

C'est peut-être aussi à des replis semblables, au niveau des 
dépressions qui séparent les saillies des vésicules cérébrales, 
qu'il faut rapporter l'origine des kystes dermoïdes trouvés en 



1. V. -Mikulicz, l'MO cit. 



PATHOGÉ.ME 



f23 



certains points de ]a surface du crâne et même dans l'intérieur 
de l'encéphale*. Nous avons vu, en effet, qu'il y a des intermé- 
diaires entre les kystes sous-cutanés et les kystes inlra-crâ- 
niens. Parmi ces derniers, dans le cas de Hawkins, Foccipital 
recevait la tumeur dans une dépression et le kyste se comportait 
à l'égard de la face interne du crâne comme les kvstes sous- 




% M 







ÏM— - b 







FiG. 12. — Fistules congénitales de la région sacro-coccygienne : a. a, fistules 
symétriques; h, fistule médiane. 



cutanés à l'égard de la face externe. Sur la pièce intéressante qui 
nous a été communiquée par F. Widal, on voit au niveau du 
kyste une adhérence reliant à l'occipital la tumeur d'une part 
et les parties molles du crâne à l'occipital d'autre part; cette 
adhérence représente pour ainsi dire le vestige d'un pédicule 
extérieur qui aurait été coupé à sa partie moyenne par l'ac- 
croissement du squelette (Y. fig. 13, p. 12.jy. 



1. Chez un monstre exencéphalien représenté planche II, il existait entre les 
deux lobes principaux de la masse cérébrale une fïouttière profonde, dans laquelle 
s'insinuait une languette cutanée recouverte de quelques cheveux. 



124 KYSTES DERMOIDES 

Les kystes médians du nez ne se trouvent pas sur les lignes 
de soudure des bourgeons qui prennent part à la formation de 
la face. Néanmoins ce siège médian d'un vice de conformation 
du nez n'est pas un fait isolé, et il existe plusieurs cas de fissure 
congénitale divisant la moitié supérieure de la face sur la ligne 
médiane \ 

Enfin pour le reste des kystes dermoïdes dont le siège ne 
présente rien de fixe, on doit invoquer des causes accidentelles 
et une adhérence du tégument aux parties profondes, détermi- 
nant l'enclavement d'une petite masse épithéliale au sein des 
tissus. 

Le développement des kystes dermoïdes succédant à des 
causes accidentelles, durant la vie fœtale, doit être rapproché 
de celui des tumeurs perlées de l'iris et des doigts consécuti- 
vement à des traumatismes ^ ; l'analogie du mécanisme qui pré- 
side à leur formation donne la raison des liens de parenté qui 
unissent ces deux sortes de tumeurs. 

L'intervention de causes accidentelles, et notamment d'adhé- 
rences profondes, a d'ailleurs son importance même dans les 
cas des kystes développés sur le trajet des fentes embryon- 
naires. En effet, ces fissures ne peuvent jouer que le rôle de 
causes adjuvantes; elles sont destinées à disparaître dans le 
développement normal, et il faut l'intervention d'une autre 
influence pour déterminer l'enclavement d'une partie persis- 
tante de leur paroi. Nous n'en voulons pas d'autre preuve que 
la répartition des kystes dermoïdes sur le trajet des diverses 
fissures que présente le tégument de l'embryon. Ainsi le bec-de- 
lièvre de la lèvre supérieure est beaucoup plus fréquent que les 
fistules congénitales du cou; pourtant les kystes dermoïdes du 
cou ne sont pas très rares, tandis que nous n'avons pas trouvé 



1. Oscar "Witzel, Uehei^ die angeborene médiane Spaltung der oberen Gesichst- 
hselfte : Langenheck's Archiv f. klin. Chir., 1882, Bd. XXVII, s. 893. 

2. Pour les kystes de l'iris, l'origine traumatique existe dans 28 cas sur 36 
d'après Rothmuud, dans 13 cas sur 19 d'après Hulke. 



PATHOGÉNIE 123 

d'exemple de kyste semblable développé sm^ le trajet du bec- 
de-lièvre. C'est que, si certaines causes générales peuvent pré- 
sider à la production d'un grand nombre de malformations, 
les circonstances locales exercent aussi une influence qui déter- 
mine la forme particulière de l'anomalie. 




FiG. 13. — Kyste dermoïde intra-crànien situé dans les hémisphères cérébelleux 
(obs. XXIV), La figure montre une moitié du kyste et représente la moitié de la pièce 
vue de bas en haut : a, cavité du kyste remplie de matière sébacée et de poils enrou- 
lés; b, prolongement de la dure-mère adhérant d'une part à la paroi du kyste et péné- 
trant d'autre part dans l'occipital; c, prolongement du cuir chevelu pénétrant dans 
l'occipital dans la direction du prolongement de la dure-mère, comme pour témoigner 
de la continuité primitive de la paroi kystique avec la peau. 



Chaque région, pour ainsi dire , est exposée à des accidents 
spéciaux dans son développement. C'est ainsi qu'on arrive à 
comprendre ce fait en apparence contraire à la théorie de l'en- 
clavement, à savoir que les kystes dermoïdes du sourcil sont 
constamment recouverts par l'orbiculaire des paupières et 
dépourvus d'adhérences avec la peau, tandis qu'ils adhèrent 



126 KYSTES DERMOÏDES 

fréquemment au squelette : la cause déterminante de l'enclave- 
ment, en effet, émane de la profondeur et elle est intervenue 
avant la formation des parties molles du sourcil, du muscle 
orbiculaire en particulier. On conçoit, dès lors, que le lien épi- 
thélial qui unissait à la peau le petit îlot ectodermique enclavé 
ait été rompu, son accroissement n'étant pas proportionnel au 
développement des parties voisines, tandis que la partie main- 
tenue par une adhérence reste enclavée et isolée dans la pro- 
fondeur. 

Au contraire, en ce lieu d'élection des kystes dermoïdes, la 
persistance de la fente fronto-maxillaire est un fait exception- 
nel. Il semble, en d'autres termes, que cette fissure soit beau- 
coup moins atteinte dans ses parties superficielles que dans sa 
profondeur par les vices de conformation. 11 n'en est pas de 
même en d'autres régions; au cou. par exemple, tous les degrés 
existent entre les fistules branchiales et les kystes, et le revê- 
tement des fentes branchiales paraît susceptible de s'accroître 
suffisamment pour continuer d'exister pendant que les parties 
voisines se développent. 

En résumé , les fissures que présente la surface de l'em- 
bryon sont diversement atteintes par les troubles du déve- 
loppement; les anomalies les frappent de préférence dans 
leurs parties superficielles (bec-de-lièvre), ou dans leurs par- 
ties profondes (fente fronto-maxillaire, fente médiane du 
bourgeon maxillaire inférieur) ou enfin indifféremment dans 
toutes leurs parties (fentes branchiales proprement dites, fis- 
sure sternale). 

Les kystes dermoïdes que nous venons de passer en revue 
et dont la structure est très simple, forment un premier groupe 
de tumeurs auquel appartiennent la plupart des kystes der- 
moïdes sous-cutanés. Ces derniers, en effet, dans la majorité 
des cas, ne renferment que des produits peu variés, des élé- 
ments de la peau et même des éléments peu différents des 
dérivés normaux de cette membrane dans la région corres- 



PATHOGÉ.ME 127 

pondante. Aussi le mécanisme do l'enclavement se conçoit-il, 
d'une manière assez simple, au moyen d'une influence per- 
turbatrice agissant sur un point limité de la surface tégu- 
mentaire. 



§ 3. — Application de la théorie de l'enclavement aux tumeurs 
dermoïdes du deuxième groupe (kystes composés). 

Dans une deuxième catégorie de faits comprenant les kystes 
dermoïdes à structure plus complexe, mais dont le caractère 
dermoïde est néanmoins l'élément fondamental, il est néces- 
saire, pour expliquer la genèse de ces tumeurs, d'apporter au 
mécanisme de l'enclavement quelques modifications, ou mieux 
quelques additions. Dans ces kystes, en effet, dont le plus grand 
nombre appartient à l'ovaire, on trouve des cavités à structure 
cutanée, en tout semblables aux kystes simples dont nous 
nous occupions tout à l'beure, mais multiples, et de plus divers 
produits, tels que des dents, des os, des cartilages, du tissu 
nerveux, des cavités à structure endodermique, etc. Il est clair 
que l'enclavement d'une portion du tégument externe seul ne 
suffit plus pour expliquer ces particularités. Il faut donc faire 
intervenir d'autres facteurs, et par analogie on est amené à 
raisonner pour les autres tissus de l'embryon comme nous 
avons raisonné pour le tégument externe. On doit donc sup- 
poser que les éléments des autres tissus auront été enclavés ou 
déplacés et auront donné lieu, par leur développement ulté- 
rieur, à ces produits variés que renferment les kystes com- 
plexes. En d'autres termes, le trouble de développement n'est 
pas limité dans ces cas au revêtement cutané; il est plus pro- 
fond et les autres parties peuvent subir simultanément la même 
influence perturbatrice dans une mesure variable. 

Faisons l'application de ces données à la formation des 
kystes dermoïdes de l'ovaire, par exemple. Un accident du 
développement détermine l'enclavement d'éléments du feuillet 



128 KYSTES DERMOIDES 

corné dans les rudiments du corps de Wolff, alors que ces 
derniers sont très-voisins de l'ectoderme, c'est-à-dire dans les 
premiers temps de la vie embryonnaire. Cet accident pourra 
intéresser en même temps les éléments d'autres parties de 
l'embryon, par exemple des éléments des masses protoverté- 
brales et même du feuillet interne, et cela d'autant plus facile- 
ment que ces parties sont encore très simples et réunies dans 
un espace extrêmement restreint, ce qui les rend plus solidaires 
les unes des autres et les expose davantage à ressentir les 
atteintes communes d'une même influence perturbatrice K Dès 
lors ces éléments divers ainsi déplacés, et qui, dans l'embryon 
normal, sont aptes à produire, par différenciations successives, 
des dents, des os, du cartilage, de la substance nerveuse, des 
glandes muqueuses, etc., ces éléments embryonnaires, encore 
indifférents pour ainsi dire, pourront, dans la production anor- 
male, rencontrer les conditions particulières qui déterminent 
normalement ces différenciations. Ils évolueront en tissus 
variés, sous l'influence de ces conditions spéciales que l'iiisto- 
génie n'a pas encore déterminées et qui sont absolument incon- 
nues. Il résultera de ce développement un kyste dermoïde de 
l'ovaire renfermant des produits complexes. 

Il faut bien admettre encore que l'évolution de ces tissus 
étrangers provoque, dans l'organe qui en est le siège, cer- 
taines modifications de structure et certaines altérations de 
voisinage, indépendantes du développement embryonnaire et 
qui, en s'associant aux tissus enclavés, viennent ajouter encore 
à la complexité de la production anormale. C'est peut-être de 
la sorte qu'on doit concevoir la réunion des kystes prolifères 
de l'ovaire aux kystes dermoïdes et les transitions qui exis- 
tent entre ces deux sortes de kystes. Quant aux cas dans les- 
quels on trouve, dans une même cavité kystique, une paroi 

1. M. le professeur G. Pouchet a signalé ce voisinage du feuillet externe avec 
le corps de Wolff comme intervenant dans la formation des kystes dermoïdes 
de l'ovaire et du testicule. (G. Pouchet, Sur le développement des organes gênito- 
urinaires: Annales de gynécologie, 1876, t. VI, août, p. 92.) 



PATHOGENIE 129 

partiellement dermoïde et partiellement semblable à celle des 
kystes prolifères, ils pourraient être rapprochés des kystes 
branchiaux dont la paroi est moitié dermoïde et moitié muqueuse 
et présente, comme dans les kystes ovariens, un mélange 
d'épithélium pavimenteux et d'épithélium vibratile \ 

Ce ne sont là évidemment que des hypothèses , mais elles 
nous semblent rationnelles, et nullement en contradiction avec 
les faits. 

Les kystes complexes du scrotum s'expliqueraient par un 
mécanisme identique, malgré la diversité apparente de leurs 
rapports avec le testicule. Autrefois l'inclusion dans les bourses 
était regardée comme toujours sous-cutanée par certains 
auteurs (Cruveilhier, Izokalski, Pig-né), tandis que d'autres la 
considéraient comme toujours abdominale à Torigine, la tumeur 
ayant ensuite suivi le testicule dans sa descente (OUivier 
d'Angers, Yelpeau). Is. Geoffroy Saint-Hilaire admettait la 
possibilité de ces deux mécanismes , et Yerneuil adoptait 
également une opinion mixte. Toutefois si, comme l'a montré 
cet auteur, ces tumeurs sont extra-testiculaires, il n'en est pas 
moins vrai qu'elles ont avec la glande séminale des connexions 
intimes dans la plupart des cas, comme nous l'avons déjà fait 
remarquer. Ainsi, pour Cornil et Berger, l'existence d'un 
pédicule vasculaire rattachant la tumeur à la glande séminale 
prouve que l'une et l'autre avaient une origine et un lieu de 
développement commun. D'ailleurs, dans un cas de Prochaska, 
la tumeur était primitivement avec le testicule en ectopie ingui- 
nale, et la pathologie vétérinaire nous fournit un cas de kyste 
dermoïde trouvé dans un testicule en inclusion abdominale 

1. Ajoutons enfin que Frsenkel, pour expliquer deux cas intéressants de kystes 
dermoïdes de l'ovaire accompagnés de kystes très nombreux, également der- 
moïdes et pilifères, sur différents points de la cavité péritonéale, émet l'hypo- 
thèse d'enclavements multiples et aussi d'une sorte de greffe par contact, favo- 
risée par les déplacements divers des organes abdominaux et donnant lieu à des 
formations secondaires. Cette production de kystes secondaires, semés pour ainsi 
dire au voisinage du principal, rappellerait les expériences citées plus haut de 
Masse (de Bordeaux). 

9 



J30 KVSTES DERMOÏDES 

chez un cheval (Patu) '. Il nous semble donc que l'opinion qui 
rattache la formation de ces tumeurs à révolution du corps de 
Wolff doit prévaloir. 

Remarquons encore que, dans ces kystes de l'ovaire et du 
testicule, la rareté des produits endodermiques par rapport à 
la fréquence des produits dérivés des feuillets externe et moyen 
s'accorde bien avec le mécanisme précédemment exposé ; l'on 
conçoit, en effet, que le feuillet interne soit le moins souvent 
atteint par le trouble de développement qui donne naissance à 
la tumeur. 

Parmi les kystes dermoïdes abdominaux non ovariens, il en 
est un certain nombre dont la formation peut être expliquée, 
comme précédemment, par un accident d'évolution du corps de 
Wolff: il en est ainsi notamment des kystes dermoïdes des 
ligaments larges, dont l'étude ne peut guère être séparée de 
celle des kystes ovariens. Ceux qui ont été rencontrés dans les 
replis du péritoine (mésentère, épiploons) sont aussi justi- 
ciables d'une interprétation analogue : l'existence du pédicule 
vasculaire formé par le péritoine et qui les rattache à la paroi 
postérieure de l'abdomen, semble indiquer qu'ils ont pris nais- 
sance auprès de l'axe de l'embryon, dans une région voisine 
par conséquent du lieu d'origine des kystes ovariens et testi- 
culaires '. 

Quant aux autres kystes dermoïdes de l'abdomen, leurs con- 
nexions avec les organes environnants sont en général assez 
mal précisées, et ces connexions sont d'ailleurs parfois acci- 
dentelles, lorsque le kyste a contracté des adhérences ; il est 
donc difficile de chercher dans leurs rapports des renseigne- 
ments utiles sur leur point de départ. Mais il est juste de recon- 

1. Ou peut rapprocher de ces cas celui rapporté par Van Santwoord et relatif à 
liu kyste dermoïde développé aux dépens d'un ovaire qui n'avait pas achevé sa 
descente et était maintenu entre la colonne vertébrale et le rein droit. 

2. D'après A. Doran on doit considéi-er comme dépendant de l'ovaire un cer- 
tain nombre de kystes dermoïdes abdominaux décrits comme n'ayant aucune 
connexion avec cet organe. (Alban Doran, Notes on so-called non-ovarian dermoid 
abdominal tumours. Médico-chirurg. Trans., april 28, 1883, vol. LXVIII, p. 233.) 



PATHOGÉNIE 131 

naître que ces faits, d'ailleurs peu nombreux, sont souvent 
donnés sans grands détails, en sorte que, s'ils ne peuvent 
s'expliquer actuellement d une façon précise par un .enclave- 
ment embryonnaire, on ne peut non plus s'en servir comme 
d'un argument de grande valeur contre la théorie que nous 
développons. 

On doit faire au sujet de la pathogénie des tumeurs dermoïdes 
siégeant dans la cavité thoracique les mêmes appréciations que 
précédemment. Leur formation est encore absolument incon- 
nue. Si, dans le cas de Waldeyer, l'adhérence au corps thy- 
roïde a permis de considérer la tumeur comme développée pri- 
mitivement à la région cervicale et de la comparer aux kystes 
du cou, cette interprétation n'est pas générale, puisque dans 
le cas de Biichner il est dit expressément qu'aucune adhérence 
n'existait entre la tumeur et le corps thvroïde. 

Bans la région sacro-coccygienne, nous pouvons encore, en 
invoquant les mêmes principes, expliquer les kystes dermoïdes 
à contenu complexe, comme les kystes plus simples, par un 
enclavement embryonnaire et un accident d'évolution des lames 
dorsales ; seulement ici la perturbation a été plus grave et le 
tégument externe n'est pas exclusivement intéressé. A l'appui 
de cette hypothèse on doit citer les faits dans lesquels l'extré- 
mité inférieure du rachis porte des traces évidentes d'un déve- 
loppement troublé. Dans un cas observé par liimly il y avait 
une division des vertèbres depuis les dernières lombaires jus- 
qu'aux dernières sacrées ; toute la partie postérieure de l'arc 
manquait dans les vertèbres sacrées et l'ouverture rachidienne 
était fermée seulement par une membrane ; la moelle elle- 
même présentait à ce niveau un sillon plus profond que d'or- 
dinaire et il n'y avait pas de queue de cheval. Rizzoli a vu 
aussi la bifidité du sacrum au niveau des apophyses épineuses. 
Dans l'observation de Chédevergne, l'un des deux kystes de la 
tumeur communiquait avec le canal rachidien, et les lames 
des vertèbres sacrées présentaient un écartement assez consi- 



132 KYSTES DERMOIDES 

(lérablo pour admettre l'extrémité de Tiiidex. Yirchow a trouvé 
le sacrum larg-ement ouvert à sa partie inférieure et livrant 
passage à une hernie de la dure-mère. Dans un fait d'Ollivier 
( d'Angers ) la tumeur recevait ses vaisseaux de la sacrée 
moyenne, qui présentait un calibre considérable et formait une. 
branche de trifurcation de l'aorte, comme chez les animaux 
dont l'extrémité caudale est volumineuse. 

Faut-il pour les tumeurs complexes de la région des 
mâchoires admettre un mécanisme analogue et des troubles de 
développement semblables se passant du côté de l'extrémité 
supérieure de l'embryon, au lieu d'affecter son extrémité infé- 
rieure ? La grande affinité des tumeurs congénitales dans ces 
deux régions opposées semblerait autoriser un tel rappro- 
chement; mais ce mécanisme ne peut être que soupçonné, 
et il serait aujourd'hui bien téméraire d'en esquisser même 
les grandes lignes. Constatons seulement que la chose 
n'est pas inadmissible pour certains cas et que l'on a pu 
poursuivre l'implantation de ces tumeurs jusqu'à la base du 
crâne \ 

Nous réservons, bien entendu, les cas de duplicité des maxil- 
laires, qui s'expliquent par un dédoublement des mâchoires 
ou par une monstruosité double proprement dite. 

Dans toutes ces tumeurs que nous venons de passer en 
revue et dont la structure est variée, la complexité habituelle 
du contenu est assez en harmonie avec le siège de ces produc- 
tions; c'est en effet en des points voisins de l'axe de l'embryon 
qu'elles semblent avoir leur origine, c'est-à-dire dans la région 
la plus importante au point de vue des formations embryon- 
naires, celle dans laquelle le moindre trouble produira les 
conséquences les plus considérables. 

Toutefois cette complexité du contenu n'est pas une règle 
absolue et nous avons pris soin de faire observer, au chapitre 

l. Il en est de même pour les tératomes complexes de l'orbite. 



PATHOGÉNIE 133 

de l'anatomie pathologique, que clans les régions où s'ob- 
servent les kystes dermoïdes complexes, on peut aussi ren- 
contrer des kystes beaucoup plus simples et qui doivent être 
rangés parmi les faits de notre premier groupe. Or, leur for- 
mation se conçoit très bien au moyen d'un trouble de dévelop- 
pement dont le champ d'action a été extrêmement restreint 
et s'est localisé au tégument externe. Ce mode pathogénique 
des kystes simples n'est donc nullement en désaccord avec les 
hypothèses qui nous ont servi jusqu'ici pour expliquer le déve- 
loppement des kystes complexes, et même il rend bien compte 
des intermédiaires qui relient les faits de ces deux groupes, 
puisqu'il comporte lui-même plusieurs degrés et des degrés 
très voisins. 

§ 4. — Application de la théorie de l'endavement aux tumeurs 
dermo'ides du troisième groupe (tumeurs kystiques avec parties 
fœtales). 

Enfin, au-dessus de ces kystes dermoïdes composés qui 
constituent notre deuxième groupe, il convient de placer les 
tumeurs encore plus complexes décrites sous les noms de 
kystes fœtaux , d'inclusions , et qui présentent des vestiges 
authentiques de parties fœtales. Ces faits, dans lesquels l'exis- 
tence d'un foyer surnuméraire de formation embryonnaire 
apparaît d'une façon indiscutable, sont reliés aux kvstes con- 
génitaux en général par des intermédiaires nombreux. Ces 
intermédiaires comprennent toute la série des tumeurs polv- 
kystiques renfermant des pièces de squelette dont la disposition 
rappelle les vestiges d'un embryon, par exemple un mem- 
bre plus ou moins rudimentaire. Ce sont précisément ces 
intermédiaires qui ont fait parfois considérer tous les kystes 
congénitaux comme des embryons distincts, par un abus de 
généralisation. ZS^'est-il pas plus rationnel de dire que dans ces 
productions qui participent à la fois des kystes et des monstres 



134 KYSTES DERMOÏDES 

doubles, la cause productrice des monstres doubles se trouve 
associée à celle qui détermine la formation des kystes ? La 
part de chacune varie suivant les cas; à mesure que Ton s'élève 
dans la série, la duplicité monstrueuse tend à devenir le facteur 
prépondérant et l'élément kystique diminue d'importance pour . 
disparaître entièrement. 

Nous pouvons appliquer aux cavités à paroi dermoïde ce que 
nous venons de dire au sujet de l'élément kystique en général 
dans ses rapports avec les monstres doubles. Il y a des cas, en 
effet, où des cavités semblables se rencontrent dans les tumeurs 
qui renferment des parties fœtales. Par exemple dans l'obser- 
tion d'épignathisme de Sœmmering-, on trouva des poches et des 
culs-de-sac à contenu athéromateux dans une tumeur dont une 
partie représentait deux extrémités inférieures soudées ensem- 
ble. Dans une inclusion abdominale, trouvée chez un enfant 
de deux ans et rapportée par Prochaska, la tumeur était for- 
mée de trois loges dont l'une renfermait des poils libres, les 
deux autres un tibia mal conformé, un rudiment de bassin et 
deux os auxquels étaient attachés dix orteils; en outre, on 
remarquait à la jonction des trois loges des ébauches de 
cavités thoracique et abdominale. Il est probable que, dans 
beaucoup de ces tumeurs fœtales avec parties kystiques, l'exa- 
men histolog-ique, s'il avait été pratiqué, aurait montré la 
nature dermoïde de certaines loges. Pour ces faits, il y a donc 
lieu de constituer un troisième groupe de tumeurs à structure 
dermoïde. Sans doute, dans l'état actuel, la constitution de ce 
groupe est presque toute théorique et son cadre à peu près 
vide. Mais il est permis d'espérer que les faits ne tarderont pas 
à le remplir; en tout cas, il convient de leur réserver une 
place et de marquer à l'avance le rang qu'ils doivent occuper 
dans la série des productions que nous étudions. Ce qui carac- 
térise les faits de cette catégorie, c'est la présence de cavités 
dermoïdes dans une tumeur qui renferme des parties fœtales, 
On doit donc distinguer dans leur formation deux facteurs 



PATHOGÉME ]3o 

différents : la production de cavités kystiques et l'existence d'un 
centre de développement supplémentaire \ 

La production des cavités kystiques de nature dermoïde nous 
est inconnue ; en l'absence des faits, il est rationnel de penser 
que ces cavités se développent dans ces tumeurs comme dans 
celles des deux premiers g-roupes et suivant un mécanisme ana- 
logue, soit aux dépens de l'embryon principal, soit aux dépens 
de l'embryon surajouté. Mais cet élément kystique, bien qu'il 
constitue le lien pathog"énique entre ces tumeurs et les kystes 
des groupes précédents, est évidemment ici le facteur acces- 
soire, et l'élément principal, celui qui, d'ailleurs, distingue 
essentiellement ce groupe des deux autres, est l'existence d'un 
double centre de développement. 

Pour bien apprécier la part de ce dernier facteur dans la 
constitution de ces tumeurs, il serait nécessaire de connaître 
sa nature, de savoir si cet embryon rudimentaire est véritable- 
ment un embryon distinct ou s'il n'exprime qu'un vice de 
développement de l'org-anisme auquel il est annexé, si, en 
d'autres termes, l'on est en présence d'un g-erme double ou 
d'un germe dédoublé. C'est l'un des plus graves problèmes de 
la tératogénie ; c'est la question de l'unité ou de la dualité pri- 
mitive des monstres doubles. 



l. L'existence de ces deux éléments distincts apparaît d'une façon très nette 
dans un fait de pathologie vétérinaire présenté par J. Bouteiller (de Rouen) à la 
Société anatomique en 18-37. On trouva chez une vache une monstruosité double 
parasitaire consistant dans l'existence de deux membres supplémentaires (poly- 
mélie; insérés sur la colonne vertébrale, qui présentait à ce niveau un spina-bifida 
et laissait la moelle à nu dans l'étendue de trois vertèbres. En ce point se trou- 
vaient sur la moelle trois kystes : deux étaient pilifères, le troisième contenait 
une matière caséeuse jaune et friable. Les membres parasitaires, considérés par 
l'auteur comme un membre pelvien et un membre thoracique, et par Goubaux 
comme deux membres pelviens, étaient indépendants des cavités kystiques, au 
lieu d'être, comme il arrive le plus souvent, confondus en une seule tumeur : 
si bien que, dans ce cas intéressant, les deux facteurs étaient dissociés et la part 
était toute faite entre les kystes et les parties supplémentaires. [Bulletins de la 
Société anatomique, 32e année, mars d8o7, p. 92 : Monstre double paras itaii^e , fa- 
mille des Polyméliens, genre Notomèle; variété nouvelle, etc. Description et consi- 
dérations, par J. Bouteiller (de Rouen), et p. 97, Considérations sur le fait précédent, 
par Arm. Goubaux.i 



136 KYSTES DERMOÏDES 

La théorie de la dualité est due à Lemery : d'après cette théo- 
rie, deux germes primitivement distincts arrivent à se fusion- 
ner. Elle a été reprise, sous des formes différentes, par -Geof- 
froy Saint-Hilaire, et plus récemment par Dareste. Pour ce 
dernier auteur, la monstruosité douhle résulterait d'un état parti- 
culier de la cicatricule qui donnerait naissance à deux embryons 
au lieu d'un, et, par les progrès de leur développement, ces 
deux embryons se fusionneraient, mais de très bonne heure, 
antérieurement à l'apparition des éléments histologiques défi- 
nitifs '. C'est également à la théorie de la fusion de deux 
embryons, développés sur un blastoderme unique, que s'est 
rallié Levison -. 

La théorie opposée, celle de l'unité, d'après laquelle les mons- 
truosités doubles résulteraient d'une division d'un germe uni- 
que et seraient par conséquent de véritables monstruosités par 
excès, a été proposée par Baer on 1827, puis développée par 
J. Millier en 1828. Elle a été exposée par Broca dans l'impor- 
tante discussion sur les monstres doubles qui s'éleva à la Société 
d'anthropologie en 1873-1874, et dans laquelle Dareste et 
Broca défendirent contradictoirement les deux doctrines rivales. 
Dans ces dernières années, cette théorie de l'unité a été adop- 
tée par F. Ahlfêld; pour ce dernier autour, c'est après la seg- 
mentation du vitollus, mais antérieurement à la différenciation 
des éléments cellulaires, c'est-à-dire antérieurement à la for- 
mation de la ligne primitive , que se produit la scission du 
germe ". 

Au fond il n'y a peut-être pas un abime entre ces deux opi- 
nions, et en tous cas la différence n'est plus aussi grande 
qu'autrefois. Xous sommes loin, en effet, avec l'opinion de 

1. Dareste, Bulletin de la Société d'anthropol. de Paris, 187 i, p. 21 , et Recherches 
sur la production artificielle des monstruosités, Paris, 1877, chap. vir. 

2. Levison, Du déveloj^pement des monstres doubles et particulièrement des mons- 
tres sternopages : Nordeuch med. Ack., Bd. IX, n" 8 , 1878. Cite d'après A^in. de 
gynécoL, t. X, septembre 1878, p. 2.33. 

3. F. Ahlfeld, Die Missbildungen des Menschen, Leipzig, 1880-82, d'après Revue 
des sciences 7néd., 1882, t. XIX, p. 443, et Archiv. de tocoL, mars 1884, p. 164. 



PATHOGÉME 137 

Dareste, de ] 'interprétation do Lemery pour qui deux em- 
bryons nés dans deux œufs différents se rencontreraient et se 
fusionneraient. Les deux doctrines s'accordent aujourd'hui 
pour placer le développement des monstres doubles dans un 
œuf unique et pour remonter aux premiers temps de la forma- 
tion embryonnaire , à une époque voisine de la conception , en 
sorte que le dissentiment ne porte plus que sur les premiers 
phénomènes du développement. Il est impossible actuellement 
de donner de cette question une solution définitive ; la démons- 
tration n'est faite pour aucune des deux doctrines-. Nous remar- 
querons seulement que la théorie de l'unité serait très sédui- 
sante à notre* point de vue, parce qu'elle permettrait de relier 
d'une manière très simple la production des tumeurs que nous 
envisageons à celle des monstres doubles. L'embryon rudimen- 
taire de ces tumeurs fœtales ne serait plus en effet un élément 
étranger; mais il serait le produit direct de l'organisme sur 
lequel il s'implante, au même titre que les kystes précédem- 
ment étudiés ; il marquerait seulement un degré de plus dans 
le trouble de développement qui donne naissance à ces produc- 
tions. 

La formation des kystes et celle des parties fœtales surajou- 
tées seraient ainsi des phénomènes du même ordre. Toutefois, 
il ne faut pas perdre de vue que nous nous occupons de la for- 
mation des cavités kystiques à paroi dermoïde et non de celle 
des monstres doubles ; et, quelle que soit la solution que doive 
recevoir le problème de la duplicité monstrueuse, la question 
des kystes à structure dermoïde reste entière. La mons- 
truosité double ne nous intéresse que d'une manière indi- 
recte, et si nous avons eu à nous en occuper, c'est qu'il nous 
a fallu suivre l'élément kystique à travers les monstruosités 
jusqu'à son entière disparition. Mais il importe de dégager la 
question des kystes de celle de la duplicité monstrueuse et de 
chercher à les résoudre isolément; l'on examinera plus tard si 
elles sont toutes deux sous la dépendance d'une cause unique. 



138 KYSTES DERMOÏDES 

Nous nous en tiendrons ici à l'explication des cavités kysti- 
ques à paroi dermoïde, lesquelles sont constantes par définition 
dans les tumeurs que nous étudions, et, dans tous les cas, nous 
admettrons qu'il existe à leur origine une paroi génératrice qui 
est une dépendance du tégument externe. Dans notre premier 
groupe de tumeurs, cette paroi dermoïde est tout; dans le 
second, elle joue encore le rôle principal et se trouve associée à 
d'autres éléments de nature différente et de tissus différents de 
l'embryon; dans le troisième enfin, elle n'est plus que l'élément 
accessoire et disparaît devant le facteur principal, celui qui 
donne naissance à une ébauche d'embryon. Cette classification 
a de grandes analogies avec celle que donnait Kocher en 1874 
pour les tératomes du scrotum ^ Elle nous semble bien répon- 
dre aux types principaux que peuvent présenter les tumeurs 
kystiques. Toutefois, il ne faut pas oublier que les limites entre 
les divers groupes ne sont pas nettement tranchées et que ces 
divisions ne sont utiles que pour marquer les différents facteurs 
qui interviennent successivement dans la formation de ces 
tumeurs, à mesure que la série se complique. Nous avons trop 
insisté déjà sur les intermédiaires qui existent entre ces diverses 
catégories pour qu'on puisse se méprendre sur le sens que 
nous leur attribuons. 

En somme la théorie de l'enclavement répond d'une ma- 
nière satisfaisante à la plupart des questions que soulève 
la pathogénie des kystes dermoïdes , des cavités à pa- 
roi dermoïde. Bien mieux que les théories précédentes, elle 
rend compte de leurs principales particularités de structure, 
de leurs connexions avec les parties voisines, de leur dis- 
tribution dans l'économie, de leur apparition dans le jeune 
âge. 

Elle repose aussi sur des faits et n'est pas une pure hypo- 

1. Th. Kocher, in: Pitha uncl Billroth , Handbuch der allgemeinen und speciel- 
len Chirurgie, Stuttgart, 1871-1873; Bd. III, Abth. III, Verletzungen und Krank- 
heiten des Hodens und seiner Hûllen, s. 390. 



PATHOGÉME 139 

thèse. D'ailleurs, nous avons vu qu'elle avait reçu un commen- 
cement de démonstration pour ce qui concerne les kystes du 
cou, puisqu'on peut suivre, en passant par les diverses variétés 
de fistules cong-énitales , tous les stades qui séparent la fonte 
branchiale du kyste branchial. 

Enfin, cet enclavement, au sein d'un autre tissu, d'éléments 
épithéliaux qui, en se développant plus tard, donnent naissance 
à une cavité close, n'est pas un fait isolé. On le retrouve dans 
le domaine de l'anatomie pathologique, à l'origine de plu- 
sieurs productions kystiques; on le retrouve ég'alement dans 
le développement normal de quelques organes. C'est en effet 
suivant un mécanisme semblable d'enclavement que se for- 
ment, aux dépens des tubes de Pflug-er les ovisacs de l'em- 
bryon, et aux dépens de l'épithélium pharyngien les vésicules 
du corps thyroïde. C'est un mécanisme assez analogue qui 
préside à la formation des kystes prolifères de l'ovaire, sui- 
vant Malassez et de Sinéty, ainsi qu'au développement de 
kystes aux dépens des restes du corps de Wolff et des amas 
épithéliaux paradentaires. 

Au surplus, l'on peut encore, jusqu'à un certain point, com- 
parer au développement des différentes productions kystiques 
que nous venons de mentionner, celui des kystes du cordon 
spermatique aux dépens de petits segments persistants du 
conduit vagino-péritonéal. 

Dans la formation de toutes ces cavités closes, normales 
ou pathologiques, un fait domine, c'est l'existence primordiale 
d'éléments qui proviennent d'une membrane de revêtement 
et qui se sont isolés de cette membrane pour se développer 
par la suite en une cavité indépendante. Et, à cet égard, il n'y 
a pas de distinction absolue entre l'état sain et l'état patho- 
logique; les cavités épithéliales pathologiques, les kystes à 
revêtement épithélial ne diffèrent pas essentiellement des ca- 
vités closes normales et se forment suivant les mêmes lois. 
C'est donc un fait très général. 



140 KYSTES DERMOÏDES 

Il est à peine besoin de dire qu'il s'agit simplement ici d'une 
seule circonstance commune dans le développement, c'est-à- 
dire de renclavement des éléments générateurs de la cavité 
close. L'analogie s'arrête là, et il serait dangereux de pousser 
plus loin la comparaison entre les différents kystes que nous 
citions tout à l'heure, et de la poursuivre jusque dans les détails 
de leur structure et de leur formation. Sans parler des difTé- 
rences qui séparent ces productions quand on examine leurs 
caractères anatomiques et les partixiularités de leur développe- 
ment, nous ne pouvons non plus reconnaître à leur origine une 
cause déterminante unique et bien définie ; nous constatons 
seulement à un point de vue général une certaine analogie 
dans l'ensemble du processus qui leur donne naissance. Mais 
au delà le champ reste ouvert à toutes les hypothèses. Pour- 
quoi se fait-il un enclavement de la paroi cutanée qui doit 
donner lieu aux kystes dermoïdes? Quelle cause perturbatrice 
est Yen ne troubler le développement des organes et jeter au 
milieu d'eux ces éléments étrangers? On n'en sait absolument 
rien . 

Mais connait-on mieux la cause qui préside à la disparition 
du conduit vagino-péritonéal et celle qui, dans certains cas, 
s'oppose à sa complète oblitération, de manière à produire les 
kystes du cordon dont la pathogénie n'est pourtant même plus 
discutée? Connaît-on mieux la cause qui détermine la formation 
des cordons de Pfliiger, leur séparation de l'épithélium germi- 
natif, leur segmentation ? De ce qu'on ignore les détails de sa 
production, l'on ne saurait conclure que cet enclavement n'est 
pas réel. Il existe , mais tout n'est pas dit sur la question parce 
qu'on admet son existence. Sans doute, dans un grand nombre 
de cas, certaines dispositions anatomiques de l'embryon, telles 
que les fentes branchiales, favorisent puissamment sa produc- 
tion, mais ce ne sont là que des causes adjuvantes; l'enclave- 
ment lui-même d'une portion du tégument externe relève d'une 
cause plus importante et plus générale, d'un trouble de dévelop- 



PATHOGE.ME 141 

pement qui nous est inconnu dans sa nature intime, et dont il 
n'est qu'une manifestation , souvent la seule , ou du moins la 
principale, mais parfois aussi la moins importante. Il y a seu- 
lement dans la genèse de toutes ces productions dermoïdes, 
un facteur commun : c'est lui qui les relie étroitement les unes 
aux autres, et c'est aussi son importance éminemment variable 
qui fait leur extrême diversité. 

Méconnaître ces notions que fournit l'étude comparative de 
la structure de toutes ces productions, ce serait s'exposer à 
soutenir des théories exclusives et commettre des abus de géné- 
ralisation. 11 y a dans le problème de la pathogénie des tumeurs 
que nous avons passées en revue bien des inconnues, princi- 
palement pour les cas les plus complexes. Il faut se garder de 
tout expliquer, et surtout il ne faut pas tout expliquer par un 
mécanisme unique, alors que les explications ne reposent que 
sur des hypothèses. C'est pourquoi nous avons pensé qu'il con- 
venait de décomposer le problème en ses divers éléments après 
avoir montré l'enchaînement qui les relie, et nous avons tenté 
d'indiquer la part qui revient à chacun de ces éléments dans 
l'ensemble de la question. Autrement dit, nous pensons qu'il 
faut, en sollicitant de nouvelles recherches sur chaque point 
particulier, faire l'analyse de cette question difficile dont la 
synthèse serait encore prématurée. 



CHAPITRE V 



THEORIES DIVERSES 



GROSSESSE EXTRA-UTERINE 



Il reste encore quelques mots à dire sur diverses théories 
qui ont été proposées pour expliquer certains kystes dermoïdes, 
mais qui sont dépourvues du caractère de g-énéralité dont sont 
empreintes les théories précédemment exposées, et que récla- 
ment d'ailleurs les considérations présentées plus haut sur les 
liens unissant entre elles toutes les tumeurs dermoïdes, quel 
que soit leur siège et quelle que soit leur structure. Nous ne 
nous attarderons pas sur ces interprétations partielles, appli- 
cables seulement à quelques cas particuliers de la grande série 
de tumeurs que nous venons de passer en revue, mais leur 
intérêt historique nous fait un devoir de les mentionner. 

L'une des plus importantes parmi ces théories considère les 
kystes dermoïdes comme un produit de conception de siège 
anormal, c'est-à-dire comme le fruit d'une grossesse extra- 
utérine. Cette opinion a été invoquée pour tous les kystes der- 
moïdes de l'abdomen chez la femme. Elle fut soutenue par de 
nombreux auteurs. 

Nous avons vu que Geoffroy Saint-Hilaire l'adoptait jDour un 
grand nombre de cas. Cruveilhier admettait également pour les 
kystes dermoïdes complexes tantôt la grossesse extra-utérine, 
tantôt l'inclusion. Alquié (de Montpellier) allait même jusqu'à 
considérer des tumeurs dermoïdes des deux ovaires, com- 
posées de dix poches, comme des grossesses extra-utérines 
avec les débris de dix fœtus. 



PATHOGÉME 143 

A celte doctrine on peut objecter d'abord tous les arguments 
opposés à la théorie de l'inclusion pour ce qui concerne la pré- 
tendue assimilation des productions dermoïdes à un fœtus. Il 
est vrai que Geoffroy Saint-Hilaire avait en quelque sorte 
répondu par avance à ces objections, en considérant cette con- 
ception extra-utérine comme une conception anormale et le 
produit comme un fœtus monstrueux. Mais un argument 
péremptoire contre la doctrine est tiré de l'existence de ces 
tumeurs dermoïdes en des régions très diverses, chez des 
nouveau-nés et des filles vierges, chez l'homme enfin. Leur 
formation n'est donc pas limitée à une région , à un âge 
et à un sexe, ce qui élimine complètement toute idée de gros- 
sesse '. 



PARTHENOGENESE 

Une autre théorie considère encore les tumeurs 'dermoïdes 
comme un produit de génération ; mais ce n'est plus une con- 
ception, une génération sexuée : c'est une génération anor- 
male que l'on doit rapprocher de celle que R. Owen a désignée 
sous le nom de parthénogenèse , c'est-à-dire une génération 

1. En outre, tandis que les tumeurs dermoïdes de l'ovaire sont d'une grande 
fréquence, la grossesse ovarienne est au contraire fort rare. Spiegelberg, en effet, 
n'en a pu rassembler que 10 cas (Otto Spiegelberg, Zur Casuistik des Ovarials- 
chumngerschaft, Arch. f. Gynœk, 1878, Bd. XIII, h. 1, s. 73), et Puecli, éliminant 
deux des cas précédents n'en cite également que 10 (Albert Puech, De la grossesse de 
l'ovaire : Ann. de gynécoL, t. X, juillet 1878, p. 1). Quelques autres faits ont encore 
été publiés : Hall Davis et G. Lawson, Abdonnnal section for extra-uterinefœtation; 
death on second day : TheLancet, july 14, 1877, vol. II, p. 48. — J.-L. Hildreth, A case 
of extra-uterine fœtation: The Boston medlc . and surg. Journ., november 8, 1877, 
vol. XCVII, p. 319. — Patenko, Zur Lehre von der Extraiderinsckwangerschaft : 
Arch. f. Gynœk, 1879, Bd.XIV, h. 1, s. lo6. — F. Benicke, Ovarialschvxmgerschaft. 
Peritonitis. Laparatomie. Heilung, Zeitschrift f. Gehurtsh. u. gynœk., Bd. IV, h. 2, 
p. 276 (d'après Centralbl. f. Chir., 1879, s. 677). — Léopold, Fallvon Ovarialgravi- 
dltœtmit Lithopœdionbildung . Gesellshaft f. Geburtsh. in Leipzig, 26 april 1881 : 
Centralbl. f. Gynœk., 1881, s. 370. 

• Enfin on a vu la coexistence d'une grossesse extra-utérine et d'un kyste der- 
moïde de l'ovaire, et la présence du kyste n'était peut-être pas sans intluence 
sur l'anomalie de la grossesse (Spiegelberg, Howitz, Wasseige). 



144 KYSTES DERMOIDES 

produite sans le concours des deux sexes, et accomplie par un 
seul sexe eL un seul individu. 

Cette idée est déjà ancienne et a été exprimée notamment 
par Buffon. Cet auteur, dont on connaît la théorie des molé- 
cules organiques et du moule intérieur, pensait que ces molé- 
cules pouvaient, sans se mélanger à celles d'un autre sexe, se 
développer par elles-mêmes et donner naissance, non plus à un 
fœtus, mais seulement à « ces productions osseuses, charnues, 
chevelues, rencontrées dans les testicules des femelles et dans 
le scrotum des mâles... J'avoue, dit-il, que je suis très porté à 
imaginer que dans de certaines circonstances et dans de cer- 
tains états la liqueur séminale d'un individu, mâle ou femelle, 
peut seule produire quelque chose. Je serais, par exemple, fort 
tenté de croire que les filles peuvent faire des môles sans avoir 
eu de communication avec le mâle, comme les poules font des 
œufs sans avoir vu le coq K» 

Meckel, qui attribuait les kystes dermoïdes à une génération 
imparfaite, admettait comme très probable que ces tumeurs 
pussent naître sans copulation antérieure, par exemple chez 
des enfants et des vierges [Lucina sine concubitu). En somme, 
pour lui, les kystes dermoïdes sont produits par une activité 
anormale des organes génitaux, et cette activité anormale est, 
dans certains cas, l'acte vénérien accompli dans des circons- 
tances défavorables ; dans d'autres cas, il n'y a pas d'acte vé- 
nérien proprement dit, il n'y a pas de coït, mais seulement une 
suractivité génitale et ce qu'il appelle « un excitement contre 
nature des organes génitaux- ». 

Plus récemment, cette opinion d'après laquelle les kystes 
dermoïdes seraient des produits de génération développés indé- 
pendamment du coït, fut reprise par plusieurs auteurs, et c'est 
alors que lui fut appliqué le mot de « parthénogenèse ». Salter, 

1. Buffou, Œuvres, augmentées par F. Cuvier; Paris, 1832. Histoire des ani- 
maux, t. II, chap. X, De la formation du fœtus, p. 240. 

2. Meckel, loco cit., p. 230. 



PATIIOGÉNIE 145 

en 1860, rapproche la formation des kystes dermoïdes ovariens 
de ces phénomènes de génération accomplie sans copulation 
qui ont été décrits, dans la série zoologique, chez les inverté- 
brés, sous le nom d'agamo-génèse ou parthénog^énèse \ Ritchie 
(1863) fut aussi partisan de celle doctrine. 

Enfin, les progrès de Fembryolog^ie et en particulier les 
travaux de Waldeyer, sur le développement des g'iandes géni- 
tales et l'évolution de l'épithélium germinatif, vinrent don- 
ner à cette théorie de la parthénog^énèse comme un regain de 
nouveauté. Née de recherches embryologiques, la théorie 
de Waldeyer sur la pathog'énie des kystes ovariens n'est, en 
effet, comme le dit très justement Haffter, qu'une traduction 
moderne de la parthénog-énèse. Selon cette doctrine -, la for- 
mation des kystes dermoïdes dépendrait des propriétés spé- 
ciales des cellules épithéliales de l'ovaire qui, dérivant de 
l'épithélium g-erminatif, représentent des cellules ovulaires non 
développées. Cet épithélium, qui normalement donne naissance, 
par l'intermédiaire de l'ovule fécondé, à un embryon, pourrait, 
en vertu de ses propriétés spéciales, produire, sans fécondation 
et par un développement parthénog'énétique, des tissus variés 
et notamment de l'épiderme. De la sorte, le développement des 
kystes dermoïdes doit être considéré comme parallèle à celui 
des kystes myxoïdes, dans lequel les cellules épithéliales suivent 
une évolution normale, tandis que dans les kystes dermoïdes, 
les cellules épithéliales, obéissant à une évolution déviée, repro- 
duisent, non plus des éléments semblables à leurs cellules mè- 
res, mais des éléments qui revêtent le caractère épidermique '\ 

1. James A. Salter, Case of ovarian tumour containing teetli, hair, etc., 
w'dh remarks : Guy's Hospital Reports, 3'''i séries, vol. VI, 1860, p. 311. 

2. Waldeyer, Die epithelialen Eierstocksgeschwûlste, insbesonder.? die Kystome, 
Arch.f. Gynœkol., 1870, Bd. I, h. 2, s. 304. 

3. Waldeyer rappelle que l'on avait déjà considéré les kystes dermoïdes de 
l'ovaire comme provenant des follicules de de Graaf et que Mayweg, notamment, 
disait que des produits comme les poils et les dents pouvaient dériver d'un 
épithélium indifférent, tel que celui des follicules de de Graaf. (Mayweg, Die 
Entwicke/ungsgeschichte der Cystengeschwiilste des Eiersto:ks: Bonn, 1868 [Inau- 
giiraldissert], s. 49.) 

10 



146 KYSTES DERMOÏDES 

La parthénogenèse est assurément très séduisante pour les 
kystes dermoïdes de Fovaire ; elle s'accorde très bien avec 
certains caractères de ces tumeurs ; elle rend compte de 
l'association de kystes variés aux cavités dermoïdes et des 
transitions qui existent entre les kvstes dermoïdes et les 
kystes prolifères ou myxoïdes; elle ofîre l'avantage de rappro- 
cher dans une même vue générale le développement des kystes 
dermoïdes et celui des kystes myxoïdes. Mais, d'autre part, elle 
est passible d'objections sérieuses. En effet, elle est seulement 
applicable aux kystes développés dans des organes qui dérivent 
de l'épitbélium germinatif. Comment comprendre, pour ne par- 
ler que des kystes dermoïdes complexes, ceux de la région sacrée 
dont la structure est exactement la même que celle des kystes 
dermoïdes de l'ovaire? S'il fallait invoquer des propriétés ana- 
logues pour les autres épithéliums, ce serait alors revenir à 
l'hétérotopie plastique. Enfin, si l'on considère seulement les 
organes dérivés de l'épitbélium germinatif, dans les tumeurs 
dermoïdes du scrotum, l'indépendance complète et qui paraît 
constante de la glande séminale et de la production tératolo- 
gique n'est point en faveur de cette théorie ; il en est de même 
des cas de kystes dermoïdes du petit bassin dans lesquels 
l'ovaire était inaltéré. 



ORIGINE FOLLICULAIRE 

Les théories qui précèdent étaient surtout applicables aux 
kystes dermoïdes complexes. Au contraire, d'autres théories non 
moins restreintes convenaient seulement aux kystes dermoïdes 
simples et sous-cutanés : telle était l'opinion qui attribuait 
ces derniers à la distension des follicules sébacés par rétention 
des produits sécrétés , assimilant de la sorte les kystes der- 
moïdes aux kystes sébacés glandulaires. Cette confusion entre 
ces deux sortes de tumeurs auxquelles étaient réservées les 



PATHOGÉNIE 147 

dénominations communes de loupes, athéromes,mélicéris, etc., 
a régné pendant longtemps à une époque oii la structure de leur 
paroi était encore très imparfaitement connue. On avait bien 
remarqué quelquefois dans ces kystes l'existence de poils : 
ainsi Girard iLupiologie , 177S) avait observé dans une loupe 
un peloton de cheveux mêlés avec une matière analogue à du 
suif; mais on n'établissait pas de distinction entre les tumeurs 
à contenu purement sébacé et les tumeurs pilifères, et Astley 




FiG. 14. — Kyste sébacé du prépuce. 

(^ooper^ qui avait fort bien étudié Jes kystes sébacés et leur 
siège folliculaire, parlait en même temps des kystes renfermant 
des poils sans les séparer aucunement des précédents. On avait 
pourtant essayé d'interpréter la présence des poils dans le con- 
tenu sébacé. Sans parler de l'opinion de Tyson, cité par Cru- 
yeilhier, d'après qui les poils se formeraient au sein de la 
matière grasse , on avait pensé que leur accumulation dans 
l'intérieur de la poche résultait de la chute et de la repro- 
duction successive du poil auquel la glande sébacée était 



1. Astley Cooper, OEuvres chirurgicales, trad. Chassaignac et Richelot, Paris, 
1833, p. 389, Mémoire sur les tumeurs enkystées. 



148 KYSTES DERMOIDES 

annexée, le follicule pileux ayant été englobé dans la dilata- 
tion kystique. Quant au pédicule qui doit rattacher le follicule 
oblitéré à la surface cutanée, on expliquait son absence en disant 
qu'il s'était aminci et allongé par les progrès de la distension 
de la poche, au point de permettre le glissement de la peau 
sur la tumeur. Telle est l'opinion exprimée par de Wecker a 
propos des kystes de l'orbite, évidemment dermoïdes, et aux- 
quels il assigne une origine folliculaire. 

Il est clair que ces interprétations ne peuvent plus se soutenir 
aujourd'hui pour les cas do tumeurs dermoïdes dont la paroi 
présente en grand nombre des follicules pileux, des glandes 
sébacées parfaitement normales et à plus forte raison des 
glandes sudoripares. Mais il faut reconnaître qu'il y a entre 
certains kystes dermoïdes et les kystes sébacés glandulaires 
une assez grande analogie. Eu général, le kyste glandulaire 
est rattaché à la peau par le vestige du conduit excréteur, en 
sorte que le tégument ne peut être librement déplacé au-devant 
de la tumeur et la poche ne présente aucune adhérence avec 
les parties sous-jacentes; au contraire, le kyste dermoïdc a 
précisément des caractères inverses : mobilité de la peau à la 
surface, adhérence périostique dans la profondeur et parfois 
même dépression des os. Mais il y a des exceptions : le kyste 
glandulaire peut ne plus adhérer à la peau lorsque le pédicule 
s'est allongé, et le kyste dermoïde peut n'être pas complètement 
indépendant de la peau, soit par le fait d'une inflammation, 
soit par une disposition naturelle qui rappelle sa formation par 
une invagination du tégument externe. L'existence d'un point 
noir central, trace de l'orifice oblitéré, qui a été donnée depuis 
Astley Cooper comme caractéristique des kystes glandulaires, 
n'a pas une valeur aussi absolue : car elle peut manquer dans 
les tumeurs de cette espèce, et les kystes dermoïdes peuvent 
eux-mêmes présenter quelque chose d'analogue (Yoy. nos 
observations XX, XXI et XXV). Quant au contenu, il offre 
exactement les mêmes caractères dans les deux sortes de kystes. 



PATHOGÉME 149 

hormis la présence de poils; encore ceux-ci se dérobent-ils à 
un examen superficiel lorsqu'ils sont en petit nombre, très 
courts et très fins. La paroi, lorsqu'elle n'offre pas de poils 
implantés, n'a rien non plus qui permette de faire la distinction 
à l'œil nu; la structure microscopique elle-même peut ne don- 
ner aucun résultat certain, lorsque le kyste dermoïde ne con- 
tient ni poils ni glandes, et cela d'autant plus facilement que 
ces organes peuvent n'exister qu'en une partie très limitée de 
la paroi kystique. 

Néanmoins, nous pensons que la distinction est aisée dans 
la plupart des cas, et qu'elle repose, non pas sur un seul 
caractère, mais sur un ensemble de signes et notamment sur la 
structure de la paroi kystique examinée aux différents points 
de sa surface. Nous rapportons plus loin, comme exemple, 
l'observation d'un kyste sébacé qui pouvait, par son développe- 
ment chez un enfant, par son siège au voisinage de l'orbite, 
par l'absence de point noir central, faire songer jusqu'à un 
certain point à un kyste dermoïde (Voy. obs. XXXII). 



QUATRIÈME SECTION 

CONSIDÉRATIONS THÉRAPEUTIQUES 



L'indication générale qui domine la thérapeutique des 
tumeurs dermoïdes est Fextirpation. En effet, ces productions 
peuvent être comparées à des parasites se développant aux 
dépens de l'organisme qui les porte, et capables d'opposer à ses 
fonctions des obstacles plus ou moins dangereux. Si les petits 
kystes dermoïdes sous-cutanés n'ont souvent, comme ceux du 
sourcil, d'autres inconvénients que la difformité qu'ils entraî- 
nent, d'autres fois, au contraire, ils produisent divers accidents: 
exoplithalmie pour les kystes orbitaires, dyspnée pour ceux du 
cou, gêne de la mastication, de la déglutition et de la parole 
pour ceux du plancher buccal. A plus forte raison lorsque les 
kystes siègent dans les organes profonds et qu'ils sont plus 
ou moins complexes dans leur structure, ils donnent lieu 
alors à toute la série des phénomènes morbides qu'entraînent 
les kystes ovariques, par exemple, et, outre la gène fonction- 
nelle que produit d'une façon mécanique leur simple accrois- 
sement, ils peuvent encore causer des accidents plus redou- 
tables par le fait de leur inflammation et de leur ouverture 
dans les organes voisins, notamment dans le péritoine. Ajou- 
tons enfin que ces productions, comme tous les tissus de l'éco- 
nomie, sont aptes à subir des dégénérations pathologiques et à 
devenir le lieu de formation de néoplasmes (épithélioma, can- 
cer), d'où résulte une infection secondaire de l'organisme sur 
lequel elles sont implantées. 

Il y a donc utilité, dans un grand nombre de cas, d'intervenir 



CONSIDÉRATIONS THÉRAPEUTIQUES 151 

contre ces productions et d'en débarrasser complètement l'or- 
ganisme àl'ég-ard de qui^Ues constituent, pour ainsi dire, des 
corps étrangers vivants. Cette intervention, le plus souvent, a 
tout avantage à n'être pas tardive ; à la tête même oii les 
kystes dermoïdes entraînent rarement des troubles sérieux, il 
est encore préférable d'agir promptement : car la tumeur, par 
son accroissement, peut entraver le développement des os du 
crâne et donner lieu à ces dépressions et pertes de sub- 
stance du squelette dont nous avons parlé à diverses reprises 
et qui paraissent s'observer principalement dans les cas an- 
ciens. 

Nous ne pouvons, bien entendu, exposer ici dans ses détails 
le traitement des kystes dermoïdes dans les différentes parties 
du corps. Les conditions opératoires variant dans chaque 
région pour ces kystes comme pour toutes les tumeurs en 
général, nous devons nous borner à des indications très som- 
maires. Aussi bien ces détails opératoires n'ont-ils souvent 
qu'un intérêt secondaire, et il n'entre nullement dans notre 
cadre de discuter, par exemple, s'il faut, pour extirper les 
kystes du sourcil, faire, suivant la pratique générale , une 
incision parallèle aux fibres de l'orbiculaire , ou si l'on doit 
avec Jobert (de Lamballe) préférer une incision perpendi- 
culaire dans le but de ménager les filets nerveux. Ce qui 
importe avant tout, c'est de faire une extirpation complète, 
en raison de la facilité avec laquelle se reproduisent ces tu- 
meurs lorsqu'on laisse une portion même très minime de 
la paroi. Les cas abondent dans lesquels l'ablation incom- 
plète a été suivie de récidive ou de la persistance d'une fis- 
tule intarissable ; c'est là un fait observé déjà depuis long- 
temps. 

Or, cette extirpation n'est pas toujours aisée, lorsqu'il y a des 
adhérences au squelette, des dépressions et des perforations 
osseuses, et la minceur des parois concourt avec la fluidité du 
contenu à rendre difficile la dissection des petits kystes sous- 



132 KYSTES DERMOÏDES 

cutanés. Aussi a-t-on proposé, pour faciliter à cette opération, 
de fixer la poche au moyen d'une sorte.de fourche \ d'un téna- 
culum, etc. 

Pour les kystes du cou et les fistules auxquelles ils donnent 
lieu, Nélaton recommandait de s'assurer, au moyen d'un stylet 
introduit dans la poche, que celle-ci ne présentait aucune' 
ouverture capable de livrer passage à l'extrémité du stylet et 
que, par conséquent, la paroi avait été extirpée dans sa totalité. 
Lorsque la dissection complète est impossible, on devra grat- 
ter et rug'iner la portion restante ou chercher à la détruire 
parles caustiques (nitrate d'argent, chlorure de zinc). Quant 
aux injections pratiquées dans la poche, après évacuation 
complète du contenu, avec des liquides plus ou moins caus- 
tiques et notamment la teinture d'iode, ce sont des procédés 
beaucoup moins efficaces, bien qu'ils aient donné quelques 
succès, notamment au cou. 

Les tumeurs dermoïdes de l'abdomen et de l'ovaire en parti- 
culier sont pour la plupart justiciables de la g'astrotomie, et 
nous n'avons nullement ici à en exposer ou à en discuter les 
indications. Nous remarquerons seulement que, parmi les 
kystes du petit bassin, il en est, ainsi que nous l'avons déjà dit, 
qui ne sont pas accessibles par la voie abdominale, mais qui 
doivent être ouverts par le vagin'. 

Les tumeurs semblables des bourses réclament l'extirpation 
qui peut, dans certains cas, être limitée à la tumeur et res- 
pecter le testicule ; cette pratique , recommandée par Yer- 
neuil, a été suivie avec succès par Geinitz et Berger. Enfin 
dans certains cas on tentera l'ablation des tumeurs du siège. 
Le point capital dans la discussion des indications opératoires 
est de constater l'existence ou l'absence d'une communication 

1. Duplouy, Bulletins et Métnoiresde la Société de chirurgie, t. IV , 20 mars 1878, 
p. 23.3. 

2. V., sur la suppuration et révacuation des kystes dermoïdes pelviens, Her- 
mau, Ohstetr. Soc. of London, nov. 4, 1883 : The Brit. vied. Journ, uov. 21, 1883, 
vol. II. 



CONSIDÉRATIONS THÉRAPEUTIQUES 153 

de la tumeur avec le canal rachidien, et ce point n'est pas 
toujours facile à déterminer. On peut, à cet égard, utiliser la 
remarque suivante développée par Bergmann : les tumeurs 
développées en avant du sacrum et du coccyx no communi- 
quent jamais avec la cavité rachidienne. 



CINQUIÈME SECTION 

PRODUCTIONS CONGÉNITALES, NON KYSTIQUES, 
A STRUCTURE DERMOIDE 



A la suite des tumeurs qui viennent (Fêtre étudiées, apparaît 
un groupe de productions congénitales qui, à la vérité, ne 
sont point des kystes, mais qui possèdent, comme les précé- 
dentes, ce caractère de présenter la structure du tégument 
externe en un siège insolite, et de résulter, comme elles, dune 
anomalie de développement. Ces productions dermoïdes ne for- 
ment plus des cavités closes: apparaissant sur les muqueuses, 
elles se montrent sous la forme de plaques ou d'Ilots sembla- 
bles aux mamelons et aux épaississements qui, sur les parois 
des kystes dermoïdes , sont quelquefois les seules portions de 
la poche oii la structure revête, d'une manière manifeste, les 
caractères de la peau normale. Souvent elles recouvrent des 
tumeurs plus ou moins volumineuses, implantées aussi sur 
des muqueuses et composées de tissus variés ; ces tissus, d'ail- 
leurs, sont tout à fait comparables à ceux qui prennent part à 
la constitution des tumeurs kystiques dont ils forment la partie 
solide. 

La conjonctive est le siège de prédilection de ces formations 
dermoïdes, et là on les connaît sous le nom de dermoïdes ocu- 
laires; mais d'autres muqueuses, la muqueuse buccale, la mu- 
queuse des voies urinaires, en présentent des exemples très 
rares. Ils seront mentionnés après Tétude qui va être faite des 
dermoïdes de l'œil. 



cj/^V 




^.IL 







iL^i^. / ti/ < .'^^/C^^n.^y .Juje^tva, c/zj cote arori e^ du co/:i^ çcujj^Ayey 

cwe^ eoloooma vertz^ial'' ae-j (fii/i^j^eyriatLpi/^r-fé. é>oc&ncefjhalf,^ .r^'zdJij'renr.eû 
forrrw^e^j pa-r d.€J oridc^ ct7;é-crrf^-e.} dxijnxf toute.) leJ jioâJJ.re.) ru?A?rmxi.Zeô . 
'Yorroh.JXIVI. 



'. A.lCarmanski ad.Tiat.de!. et Chromolift 



imp . Lemercier el. C"^ Pans 



CHAPITRE PREMIER 



DERMOIDES DE L ŒIL 



C'est à Wardrop * que Ton attribue la première description 
précise des dermoïdes oculaires , autrefois désignés sous les 
noms àe naevus pilosiis , nœv m lipomatodes, lipoma crinosum. 
Ryba^ les étudia au point de vue anatomique et pathogé- 
nique, et après lui de nombreux auteurs ont rapporté des 
exemples de cette affection et montré les rapports qu'elle af- 
fecte avec le développement et ses anomalies ^ 

Le siège de ces productions est un de leurs caractères les 
plus remarquables : dans la majorité des cas, elles sont situées 
sur le diamètre horizontal de l'œil , principalement au côté 
externe, au niveau du limbe scléro-cornéal ; elles empiètent 
alors plus ou moins sur la cornée ou sur la sclérotique , et 
parfois elles occupent seulement la sclérotique vers l'angle 
externe de l'œil. Plus rarement elles se trouvent au côté interne 
(de Lewpère'', Scliiess-Gemuseus% obs. I. de Vassaux*^). 



1. Wardi'op, Morbicl anatomy of the liiunan Eye, vol. I., p. 32, 1819; d'après 
Waiiomont, article Conjonctive du JJiclionn. encyclop. des se. mêcl. 

2. Ryba, Uehev Dermoidgeschvmlste des Bindehaut, Prager Vierteljahrschrift, 
1833, t 111. 

3. Nous reuvoyous pour les détails de cet historique à la thèse récente de 
Larbouret, Contribution à l'étude des dermoïdes de l'œil. Thèse de Paris, 1883, 
n» 203. 

4. De Lew, cité par E. Coruaz, Ann. d'oculistique, t. XXIII, 1830, p. 29, d'après- 
Canstatt's nnd Eisemnann's Jahresbericht fur 1848, p. 101-108. 

3. Schiesë-Gevauseus, Klia. 3Ionatsbl., j). 133, 1877; d'après L. de Wecker et 
E. Laudolt, t. I. 

6. G. Vassaux, Sur quatre cas de dermoïde de l'œil : Arch. d'ophthalmoL, t. III, 
1883, p. 16; obs. I, p. 18. 



156 TUMEURS DERMOÏDES 

Virchow* a observé un dermoïde à la partie supérieure de la 
cornée. Enfin on en a encore rencontré sur la conjonctive pal- 
pébrale (de Lew père). 

Il peut s'en trouver deux ou trois sur le même œil ; parfois 
l'affection existe symétriquement des deux côtés (Bergmeis- 
1er ^, Wicherkiew^icz ^). 

Le dermoïde oculaire se présente sous l'aspect d'une petite 
production développée en surface , dont les dimensions varient 
de la largeur d'une épingle à celle d'un haricot; cette surface, 
généralement peu saillante, d'un gris jaunâtre, lisse et polie, 
laisse apercevoir à la loupe des dépressions et des aspérités, 
et porte souvent quelques poils fins : tantôt un simple duvet 
invisible à l'œil nu, tantôt des poils plus longs et comparables 
à des cils. 

La structure des dermoïdes présente les caractères géné- 
raux de la peau : épidémie, derme avec ses papilles, follicules 
pileux, glandes sébacées annexées aux poils ou indépendantes ; 
mais les poils font défaut dans certains cas et les glandes 
sudoripares y sont exceptionnelles (cas de Heyfelder, Yassaux 
[obs. Ill], Brière ''). Profondément le derme est doublé par du 
tissu ccllulo-adipeux adhérent au tissu épiscléral. 

On observe dans la structure de ces dermoïdes quelques 
particularités qui donnent lieu à des apparences spéciales : 
la couche papillaire devient très hypertrophiée ; l'épithé- 
lium prend un développement rapide , et c'est au moyen de 
cette modification du dermoïde que Panas interprète les tu- 
meurs décrites par Parinaud, sous le nom de dermo-épithé- 



1. Rud. Virchow, Das einfache Dermoid des Auges : Viixhoiv's Archiv f. ijath. 
Anat., 1854, Bd. VI, s. S55. 

2. Bergmeister, Soc. império-royale de méd. de Vienne, 6 juin 1884; d'après 
Semaine médicale, 12 juin 1884, n» 24, p. 245. 

3. Wicherkiewicz , Ein Fall von beiderseitigen Corneoscleral Dermoid: Cen- 
tralb. f. p. Augenheil, janvier 1884, d'après Rev. gén. d'ophthalmoL, 1. 111, 1884, 
p. 212. 

4. F. Poucet (de Cluny), Bail, et Mém. de la Soc. de Chir., t. IX, 25 avril 1883, 
p. 348, Rapport sur un cas de dermoïde oculaire, par Brière (du Havre). 



TUMEURS DERMOIDES loi 

Homes' ; le tissu conjonctif peut donner, par son al3ondance, 
l'idée d'un fibrome; la graisse peut prendre à la formation de 
ces tumeurs une part importante (lipome congénital). Toutes 
ces variétés de tumeurs se rattachent en réalité aux dermoïdes 
de l'œil (Panas). Enfin les glandes sébacées deviennent quel- 
quefois kystiques. 

Ces productions ont une origine congénitale ; mais, à la 
façon des kystes dermoïdes, elles passent longtemps ina- 
perçues et se font seulement reconnaître par les accidents 
qu'elles provoquent, c'est-à-dire, dans le cas particulier, par 
la gêne mécanique qui résulte du développement des poils à 
l'époque de la puberté. 

Les théories pathogéniques qui ont été émises au sujet de 
ces dermoïdes oculaires se sont toutes inspirées des notions 
fournies par l'embryologie sur le développement de Tapparei 
visuel. Ryba (1833) attribuait leur formation à un vice de dé- 
veloppement des paupières qui , au lieu de se souder Tune à 
l'autre dans toute l'étendue de la fente palpébrale , vers le 
quatrième mois de la vie intra-utérine, laisseraient à découvert 
une portion du globe oculaire, en sorte que cette portion dé- 
couverte, au lieu de revêtir avec le reste de la conjonctive les 
caractères d'une muqueuse , prendrait , comme en général les 
parties exposées de l'ectoderme , la structure de la peau et la 
garderait après la naissance. Cette théorie s'accorde bien avec 
le siège habituel du dermoïde sur l'équateur horizontal de 
l'œil, partie que les paupières sont le plus longtemps sans 
recouvrir. En outre, à l'appui de ce mécanisme vient encore 
ce fait que le coloboma congénital de la paupière supérieure 
coïncide quelquefois avec un épaississement de la conjonctive 
et un dermoïde véritable. 

D'autres auteurs ont supposé que le dermoïde se développe 
aux dépens d'un débris de l'invagination ectodermique qui 

1. H. Parinaud, Dermo-épithéliome de l'œil (tumeur non décrite) : Aixh. d'oph- 
thalmoL, juillet-août 1884, p. 349. 



158 TUMEURS DERMOIDES 

donne naissance au cristallin. Cette opinion est indiquée 
dans un mémoire de S. Osborn(1875) ^ ; elle est aussi formulée 
par Tillaux ^ 

Plusieurs observateurs ont signalé la coexistence, avec le 
dermoïde oculaire, de malformations diverses dont il importe 
de tenir compte dans les explications patliogéniques. Sans par- 
ler du coloboma palpébral que nous venons déjà de signaler, 
on a parfois trouvé, comme complication des dermoïdes, des 
brides, des expansions cutanées, et Panas ^ a insisté sur un 
arrêt de développement de la face qui s'accuse par une ouver- 
ture plus g-rande de l'ang^le de la mâchoire, et sur l'existence de 
cicatrices congénitales au-devant du tragus ou au niveau de 
la commissure labiale. 

La théorie émise par Yan Duyse (de Gand)' rend compte de 
ces malformations variées : le dermoïde est dû, pour cet au- 
teur, à des adhérences intra-utérines existant temporairement 
entre l'amnios et le tégument externe qui recouvre la vésicule 
oculaire, et delà même cause relèvent également les difformités 
coexistantes. C'est en arrêtant le développement des bourrelets 
palpébraux, en déterminant à ce niveau la soudure anormale 
des deux épithéliums qui tapissent les paupières et le bulbe 
oculaire, c'est en greffant, pour ainsi dire, en ce point de l'œil 
une portion de paupière qui s'y maintient fixée lorsque la bride 
vient par la suite à être rompue , que ces adhérences donnent 
lieu à la formation du dermoïde. Suivant l'époque de la rup- 
ture, suivant l'étendue, la solidité et la disposition de ces adhé- 
rences, on aura, soit le dermoïde simple, soit le dermoïde 
compliqué de malformations plus étendues, entre autres le 



1. S. Osborn, Cystic and dermoidtumours of ihe Eye : Saint-Thomas's Hosp. Rep., 
new séries, vol. VI, 1875, p. 69. 

2. Tillaux, Sur la jjathogénie des dermoïdes de l'œil : Union médicale, 30 juill. 
1883, no 104. 

3. Panas, Dei^moïdes de l'œil : Union médicale, 4 juil. 1885, n" 91. 

4. Van Duyse, jB?'2(Ze dermoïde oculo-palpébrale et colobome de la paupière, avec 
remarques sur la genèse de ces anomalies : Ann. de la Soc. méd. de Gand, 1882. 



TUMEURS DERMOÏDES ISg 

coloboma palpébral ; on conçoit ég-alement que ces malforma- 
tions puissent exister indépendamment du dermoïde. 

Ainsi les adhérences expliquent bien : les colobomas des pau- 
pières, les cicatrices qui peuvent les prolonger sur le front 
( Pfliig-er '), les faits cités plus haut de Panas, l'existence 
d'une cicatrice correspondant à la commissure intermaxillaire 
et résultant de l'enclavement d'une bride cutanée à la naissance 
(Bergmeister), la présence de brides ou d'expansions cutanées 
sur la joue (Polaillon ", Brière) , d'un lien cutané entre les deux 




FiG. 15. — Bride congénitale interpalpél)rale avec adhérence au globe de l'œil 
(obs. xxxin). 



yeux (Bruns ^), de petites tumeurs verruqueuses sur le front et 
la tempe (Virchow), d'une tumeur congénitale près de l'oreille 
(Mackensie). Ces adhérences expliquent encore les malforma- 
tions complexes qui sont représentées planche II '* ; on trouvait 
réunis, chez ce sujet, l'exencéphalie et un coloboma vertical des 

1. Pfliiger. Congénitales Colobom des rechten oberen Augenlids mit eiiiem 
Dermoid auf Cornea und Skiera des rechten Auges : Cojv^espondenz-Blatt f. schwei- 
zer Aerzte, u" 1, p. 16, 1" jauv. 1883; d'après Rev. des se. méd., lS8i, t. XXIII, 
p. 72i. 

2. Polaillon, Vice de conformation des yeux : Bull, de la Soc. de Chir., 3e série, 
t. III, 28 janv. 1874, p. 38 ; et Dupuy, Bull, de la Soc. anatom., 1874, p. 12. 

3. Bruns, Handh. d.prakt. Chir., I, 1859; d'après Vassaux, Mém. cité. 

4. Voy. p. 202, obs. XXXVI. 



160 TUMEURS DERMOIDES 

quatre paupières qui se continuait directement avec des fissures 
de la face : bec-de-lièvre ordinaire et complexe à gauche , bec- 
de-lièvre commissural portant seulement sur les parties molles 
à droite. Ce cas était remarquable au point de vue de la théorie 
dont il s'agit par la persistance d'adhérences solides, sous 
forme de ligaments véritables, qui partaient de la masse encé- 
phalique pour s'implanter dans les fissures anormales en se 
fixant dans leur trajet, au niveau des yeux, sur la conjonctive et 
la cornée. Enfin le fait de l'observation XXXIII (V. fig. 15, 
p. 159) est une confirmation très démonstrative de la théorie des 
adhérences appliquée à la formation du dermoïde oculaire : on 
remarquait, au point même où cette produption siège de préfé- 
rence, une bride dont les extrémités unissaient l'une à l'autre 
les deux paupières et qui se fixait dans son trajet sur le limbe 
cornéal. Cet exemple est particulièrement intéressant : car on 
y voit persister cette adhérence dont nous indiquions précé- 
demment le rôle, et qui est venue s'implanter sur le bulbe ocu- 
laire en s'interposant entre les bourrelets palpébraux avant leur 
soudure temporaire; puis lorsque la soudure a été effectuée, 
l'adhérence a persisté et est restée définitive, maintenant ainsi 
les deux paupières fixées au globe de l'œil. Tandis que dans le 
dermoïde simple l'adhérence est peu résistante et se rompt de 
bonne heure , dans notre cas elle s'est conservée solide et per- 
sistante. On peut rapprocher de ce fait celui de Yan Buyse 
dans lequel une bride analogue unissait le globe oculaire à la 
paupière en s'étendant de la partie inférieure et externe du 
limbe de l'œil au quart interne de la paupière inférieure : ce 
cas, par rapport au nôtre, représente seulement un degré de 
complexité en moins. 

De l'examen des faits qui précèdent, il se dégage cette con- 
clusion que tous ces vices de conformation, malgré leur mul- 
tiplicité, ont une parenté commune, puisqu'ils peuvent coexis- 
ter, se combiner de diverses façons et se confondre les uns 
avec les autres en présentant des degrés intermédiaires. On voit 




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TUMEURS DERMOIDES 161 

donc que le dermoïde oculaire se lie souvent à des malforma- 
tions variées et complexes du crâne et de la face ; qu'il faut, par 
conséquent, chercher son explication en dehors d'une circons- 
tance purement locale et qu'il relève, aussi bien que les autres 
vices de conformation que nous avons signalés, d'une cause 
plus générale, applicable à tous, mais capable de se localiser 
diversement, en sorte que certains caractères particuliers puis- 
sent résulter de cette localisation spéciale. Ainsi, pour inter- 
préter ce dermoïde oculaire , il nous a fallu étendre la question 
plus loin, au lieu de la limiter exclusivement à l'anomalie que 
nous avons en vue. En cela nous suivons une méthode qui 
n'est pas sans présenter quelque analogie avec celle qui nous 
a déjà guidés dans l'interprétation des kystes dermoïdes. 

Déjà, en effet, nous avons fait appela des vices de conforma- 
tion voisins de celui que nous voulions expliquer, lorsque nous 
avons rapproché les kystes branchiaux des fistules congéni- 
tales du cou, pour en donner une théorie commune. Pour des 
raisons du même ordre, nous croyons, au sujet de la pathogé- 
nie du dermoïde oculaire , devoir préférer la théorie des adhé- 
rences, plus générale que les précédentes et qui offre l'avan- 
tage d'expliquer, non seulement le dermoïde, mais encore les 
vices de conformation multiples qui peuvent l'accompagner, et 
de les rattacher les uns aux autres par le lien d'une commune 
origine. Est-ce à dire pour cela que le rôle des autres facteurs 
invoqués par les théories précédentes soit nul et sans valeur? 
11 nous semble, au contraire, qu'il a son importance. Ne pour- 
rait-on pas, en effet, les faire intervenir dans la localisation si 
fréquente et si remarquable de la production anormale ? Si le 
dermoïde s'observe d'habitude sur la partie du globe oculaire qui 
reste le plus longtemps à découvert pendant la période du déve- 
loppement, n'est-ce pas parce que cette partie découverte est par 
cela même la plus exposée à l'établissement d'une adhérence? 

D'ailleurs, il ne s'agit pas là d'une localisation exclusive 
du dermoïde simple; d'autres vices de conformation ayant avec 

11 



162 TUMEURS DERMOÏDES 

le dermoïde une affinité plus ou moins directe et justiciables 
comme lui de la théorie des adhérences , peuvent occuper le 
même siège. Tel était, en effet, le cas de la bride palpébrale 
dont nous parlions tout à l'heure (obs. XXXIII); tel est en- 
core celui d'un repli conjonctival signalé dans notre obser- 
vation XXXIY et qui coïncidait avec une tumeur congénitale 
occupant la région temporale, en partant de l'angle externe 
de l'œil ^ Il semblerait qu'il y eût là un lieu d'élection 
pour les adhérences occupant une partie limitée de la surface 
du globe oculaire. Dès lors, on est conduit à penser que l'inoc- 
clusion de la fente palpébrale agit à la manière d'une cause 
adjuvante pour déterminer la localisation du dermoïde , la 
présence de l'adhérence demeurant toujours l'élément princi- 
pal, puisque c'est elle qui détermine l'apparition même de cette 
production. 

Quant à dire pourquoi se forme cette adhérence, c'est 
ce que nous ignorons, aussi bien d'ailleurs que nous igno- 
rons les causes qui président, dans la formation des kystes der- 
moïdes, à l'enclavement d'une portion du tégument. Nous pou- 
vons seulement constater les analogies qui existent entre les 
deux cas, et comparer l'une à l'autre l'adhérence superficielle 
qui attire au dehors une portion du revêtement cutané pour 
donner lieu au dermoïde oculaire, et l'adhérence profonde qui 
retient au milieu des tissus les éléments de ce même tégument 
destinés à former un kyste dermoïde. 



Plaque dermoïde située sur la rétine. 

Nous devons signaler ici un fait curieux observé par Follin : 
sur le cadavre d'une femme de soixante-dix ans, on trouva 
entre la choroïde et la rétine, à la partie supérieure du globe 

1. Ce fait se rattache aux cas de duplicatures de la conjonctive décrites sous 
le nom de paupières supplémentaires. — Voy. Dubois, Fano, cités par Warlo- 
mont, art. Conjonctive du Dictionn. enctjdop., p. 588. 



TUMEURS DERMOIDES 163 

oculaire, une plaque dermoïde d'un centimètre et demi de long 
sur un centimètre de large ; la face qui répondait à la choroïde 
était chagrinée et couverte de poils, celle qui répondait à la 
rétine lui était unie par quelques adhérences celluleuses; la 
choroïde au niveau de la plaque était dépourvue de pigment. 
La structure de cette plaque pilifère était d'ailleurs nettement 
dermoïde : elle présentait en allant de la face choroïdienne vers 
la face rétinienne un épiderme , un derme avec dos follicules 
pileux et un pannicule adipeux \ 

Il paraît difficile d'admettre qu'il s'agissait là d'une simple 
plaque ; il est plus vraisemblable de croire qu'il y avait en 
réalité un kyste dermoïde, dont une partie seulement présentait 
au complet la structure de la peau, ainsi que nous l'avons 
signalé en étudiant la paroi dermoïde. 

Quant à la pathogénie de cette production, on pourrait peut- 
être l'expliquer par un enclavement de l'ectoderme, par suite 
d'une adhérence accidentelle avec la paroi de la vésicule ocu- 
laire. La possibilité d'un pareil enclavement se conçoit si l'on 
se reporte aux premiers développements de l'œil, à l'époque 
où la vésicule optique n'est séparée du feuillet corné que par 
une mince couche de mésoderme interposée Cet accident 
d'évolution aurait entraîné au niveau même de l'adhérence un 
arrêt de développement de la lamelle externe de la vésicule 
oculaire secondaire, celle qui doit donner naissance au pig- 
ment. En tout cas il s'agit d'un fait très exceptionnel. 

1. FoUiu, Bull, de la Soc. de chir., 2<= série, t. II, 13 févr. 1861, p. 116. 

2. A. Kœlliker, Embryologie, p. 647. 



CHAPITRE II 

PRODUCTIONS DERMOÏDES SITUÉES DANS LA CAVITÉ BUCCALE 

On a parlé de poils implantés sur la langue, et les auteurs 
citent à ce propos un fait, rapporté par xlmatus Lusitanus, dans 
lequel il s'agissait de poils trouvés sur la lang-ue d'un homme 
et se reproduisant après arrachement. Mais Lehert signale ici 
une cause d'erreur dont il importe de tenir compte et qui 
montre, une fois de plus, combien il faut se méfier des ap- 
parences extérieures : examinant de prétendus poils trouvés 
par Bécourt sur la langue d'une jeune fille, il reconnut que ces 
productions étaient simplement constituées par des amas de 
cellules épithéliales qui s'étaient disposées en papilles capil- 
liformes ^ 

Sur le palais et le pharynx peuvent se développer des 
tumeurs, de volume et de structure variables, recouvertes d'une 
peau véritable avec poils et giandes. Ainsi Ford - a observé dans 
l'arrière-gorge d'un nouveau-né une tumeur dont la substance 
ressemblait à celle du corps thyroïde et dont la surface était cou- 
verte de petits poils. LambP parle d'une tumeur située dans 
la cavité buccale chez un enfant, dont l'extrémité postérieure 
se cachait derrière le voile du palais, en sorte que son insertion 
précise ne put être déterminée ; elle se détacha spontanément 
et l'on put reconnaître qu'elle était formée de tissu conjonctif 

1. Lebert, loco cit.. Soc. de BioL, 1832, — et Anat. pathol., t. I, p. 263, 
obs. CVIH. 

2. Ford, Med. commun., vol. I, n» 31 ; cVaprès Meckel, Mém. cité, p. 124. 

3. Lambl, Beoh. u. Studien aus dem Franz-Josef-Kinder-Spitale, s. 181 ; cité 
par J. Arnold, loco cit., p. 314. 



TUMEURS DERMOIDES 163 

et adipeux avec des vaisseaux, et que son enveloppe était for- 
mée par de la peau avec follicules pileux et sébacés. Clérault^ a 
présenté à la Société anatomique en 1874 une tumeur solide, 
non kystique, implantée sur la voûte palatine d'un nouveau-né, 
formée de graisse et de fibres musculaires striées et recouverte 
d'une membrane cutanée avec épiderme, poils et glandes séba- 
cées. Dans un cas de Barton % la tumeur, bien tolérée jusqu'à 
vingt-deux ans, insérée à la voûte du pharynx et formée de 
graisse et de cartilage, était revêtue d'une peau véritable avec 
derme, épiderme, poils, glandes sébacées et sudoripares. Haie 
White ^ présenta en 1881 à la Société pathologique de Londres 
une tumeur semblable, naissant derrière la luette chez un 
enfant de trois ans et extirpée par Morrant Baker ; elle 
était également formée de graisse et de cartilage et pré- 
sentait à sa surface un tégument pourvu de papilles , d'épi- 
derme, de poils et de glandes sébacées, avec quelques glandes 
sudoripares. A propos de ce cas Rush ton Parker cita une pro- 
duction analogue extirpée par Bickersteth du pharynx d'un en- 
fant. 

Des tumeurs beaucoup plus complexes de la région des 
maxillaires peuvent être, comme les précédentes, recouvertes, 
au moins sur une partie de leur surface, par un véritable tégu- 
ment cutané : tels sont les faits de Hoffmann et de Hess, déjà 
cités (p. 52), et celui de Retzius '\ Sur une tumeur en partie 
extérieure, en partie intra-crânienne, et contenant des kystes, 
des acini glandulaires, du cartilage et des fibres musculaires 
striées, Arnold ° a trouvé une enveloppe cutanée pourvue de 

1. Clérault, Timi. congén. de la voûte palatine : Bull, de la Soc. anatom., 49^ année, 
mai 1874, p. 380. 

2. Barton, Rare tumour in the phai^nx : Siu^gical Soc. of Ireland, uov, 26, 1880 ; 
The Brit. med. Journ., dec. 18, 1880, vol. II, p. 982. 

3. W. Haie White, Dermoid twnour, probably groioing from soft pal ate or base 
of skull : Trans. ofthe Pafhol. Soc. of London, april 5, 1881, vol. XXXII, p. 201, 
et The British Med. Journ., april 16, 1881, vol. I, p. 397. 

4. Retzius, Svenska Lakore Sallskapets Nya Handlingar, Bd. 3, p. 224 : Canstatt's 
Jahresbericht, 1846, IV, s. 18; d'après Ahlfeld, obs. XIV. 

5. J. Arnold, Ein Fall von congenitalem zusammengesetztem Lipom der Zunge 



166 TUMEURS DERMOIDES 

poils, de glandes sébacées et sudoripares. R. Otto \ chez un 
anencéphale, a observé une tumeur buccale contenant des tissus 
osseux, musculaire et nerveux, recouverte aussi de peau avec 
poils, glandes sébacées et sudoripares. 

Ahlfeld a décrit une tumeur très complexe de la voûte pala- 
tine et de la paroi postérieure du pharynx, qui contenait des 
kvstes, des tissus osseux, cartilagineux, nerveux^ et à la surface 
de laquelle se trouvait de la peau couverte de cheveux et pré- 
sentant même sur un appendice digitiforme la matrice d'un 
ongle. 

Nous pouvons donc, pour ces productions dermoïdes non 
kystiques, comme nous l'avons déjà fait pour les productions 
kystiques, nous élever encore des faits les plus simples, que 
nous citions en premier lieu, aux cas beaucoup plus complexes 
dont il vient d'être question et passer ainsi par degrés aux 
tumeurs qui présentent des parties fœtales (Kidd, Wegelin, 
Sonnenburg, E. Muller). 

Nous pouvons aussi comparer les cas les plus simples aux 
dermoïdes de l'œil, et, bien que nous ne puissions donner de ces 
tumeurs palatines une explication fondée sur des faits, il nous 
semble qu'un tel rapprochement se présente naturellement à 
l'esprit. Ici, l'origine congénitale est constante; la présence 
de ces productions cutanées et des tumeurs qu'elles recouvrent 
est liée, dans certains cas, à des vices de conformation compa- 
rables au coloboma palpébral : telle est la fissure palatine 
observée par Clérault, Retzius, Arnold, Ahlfeld, Sonnenburg^ 
R. Otto. Il importe enfm de faire observer que l'existence de 
ce revêtement cutané est le résultat d'un trouble de dévelop- 
pement ; car on ne saurait invoquer ici une modification subie 
par l'enveloppe de ces tumeurs pour s'adapter à un milieu 



und des Pharynx mit Perforation in die SchœdelhœhJe : Virchow's Archiv f. pathol. 
Anat., 1810, Bd. L, s. 482. 

1. Reinhard Otto, Ueber einen Epignathus : Arch. f. gijmekol, 1878, Bd. XIII, 
h. 2, s.. 1G7. 



TUMEURS DERMOIDES 



167 



anormal, modification de même ordre que le passage à la 
forme pavimenteuse de l'épithélium des polypes du nez lors- 
qu'ils proéminent à l'extérieur , et des polypes utérins quand 
ils font saillie dans la cavité vaginale. En effet, ce revêtement 
cutané existe dans les cas les plus simples, alors que la tumeur 
est tout entière dans la cavité buccale, et il peut faire défaut sur 




FiG. 16. — Épaississement congénital et médian du voile du palais; bec-de-lièvre compliqué. 

des tumeurs volumineuses en des parties situées liors de la 
bouche ^ 

Il semblerait qu'à un premier degré ces plaques dermoïdes 
de la voûte palatine soient représentées sur la ligne médiane 
du voile du palais, au niveau de la soudure des deux moitiés 
de cet organe, et, bien qu'on n'en puisse pas fournir la preuve, 
l'exemple reproduit figure 16 nous paraît correspondre à l'état 
le plus simple. 

1. Nous citons pour mémoire l'interprétation avancée par Haie White ; ces 
productions seraient la reproduction atavique des toufTes de poils qui se trou- 
vent chez le lapin sur la face interne des joues, à leur jonction avec le plancher 
buccal d'une part, et la base du crâne, d'autre part. 



CflAPITRE m 

PRODUCTIONS DER3I0ÏDES DES VOIES URINAIRES 

La formation de poils à l'intérieur des voies urinaires était 
autrefois considérée comme possible. On avait observé, en effet, 
l'émission de poils avec l'urine ; Bichat disait en avoir trouvé 
sur des calculs du rein^ Après l'important mémoire de Rayer 
sur le trichiasis des voies urinaires et la pilimiction, les kystes 
dermoïdes étant mieux connus à cette époque, on vint à conce- 
voir des doutes sur le développement des poils à la surface 
des voies urinaires et à donner aux faits observés une interpré- 
tation différente. Rayer assigne trois ordres de causes à la pré- 
sence des poils dans les organes urinaires : 

i° Formation de poils dans les voies urinaires (trichiasis) ; 

2° Rupture de kystes pilifères dans les voies urinaires (pili- 
miction) ; 

3" Introduction de poils venus du dehors. 

Cette dernière cause, en mettant à part les cas de super- 
cherie et d'introduction volontaire de poils dans l'urèthre, est 
exceptionnelle. Rayer cite un cas de Thomas Paget, observé 
chez un homme atteint de persistance de l'ouraque et dans 
lequel un calcul développé autour d'un poil fut extrait par l'ori- 
fice ombilical; la présence de ce poil dans la vessie peut ici 
s'expliquer par sa pénétration accidentelle à travers l'ouverture 
de l'ouraque. Civiale pensait que, dans certains cas encore, 
des poils du pubis pouvaient être introduits par la sonde pen- 
dant le cathétérisme. 

1. Xav. Bichat, Anatom. générale cqjpliquée à la physiol. et à la médedne; 
Paris, an X (1801), 2« partie, p. 827. 



TUMEURS DERMOIDES 169 

Les faits de la deuxième catégorie sont bien autrement 
importants. Dans plusieurs cas, en effet, l'ouverture de kystes 
dermoïdes dans les voies urinaires a été constatée anatomique- 
ment; dans d'autrôs, bien que la communication n'ait pas été 
démontrée, du moins la coexistence d'une tumeur abdominale 
a été reconnue, si bien qu'on doit admettre que c'est là, en 
somme, la cause générale, et l'on se trouve ainsi conduit à 
rapporter à ce mécanisme la plupart des faits d'émission de 
poils en même temps que l'urine, parfois avec des calculs ou 
des graviers (gravelle pileuse de Magendie). 

Quant au développement de poils à la surface des voies uri- 
naires, en l'absence de faits anatomiques on pouvait le nier ou 
tout au moins le mettre en doute. Toutefois une observation de 
Martini montre que le trichiasis proprement dit existe, d'une 
façon exceptionnelle , il est vrai , et avec des circonstances 
toutes particulières. Il s'agit dans ce cas remarquable d'un 
enfant mâle, né avec une atrésie de l'anus et de Furèthre et 
mort deux jours après la naissance de péritonite généralisée ; 
l'ouraque était persistant, la paroi abdominale amincie et 
incomplètement formée, bien qu'il n'y eût pas de division pro- 
prement dite ni d'exstrophie vésicale, et le rectum s'ouvrait à 
Ja partie postérieure de la vessie. Enfin, et c'est ici le point qui 
nous intéresse particulièrement, tandis que la partie antérieure 
de la vessie offrait une structure normale , sa partie postérieure, 
au voisinage de l'orifice intestinal, était formée par de la peau 
véritable avec épiderme, papilles et poils très fins, invisibles 
à l'œil nu. Il est impossible aujourd'hui de donner de ce fait 
une explication qui soit à l'abri de toute critique ; mais en 
attendant que nos connaissances embryologiques soient plus 
précises et fournissent une interprétation rationnelle des diffé- 
rents vices de conformation des organes urinaires, nous pou- 
vons toujours ranger cette anomalie à côté des productions 
dermoïdes précédemment étudiées. N'y a-t-ilpas, en effet, entre 
ces dernières et le fait de Martini une analogie remarquable? 



170 TUMEURS DERMOÏDES 

Comme elles la production anormale ne montrait-elle pas mie 
structm^e dcrmoïde sur une muqueuse? Ne dépendait-elle pas 
en outre d'un trouble de développement? N'était-elle pas liée h 
des vices de conformation multiples, en particulier à la division 
incomplète des parois abdominales? 

Enfm, est-il besoin de rappeler que de prétendues produc- 
tions pileuses, décrites à la surface de certains organes, n'étaient 
que des apparences grossières ? Tel est le cas des cœurs velus 
des anciens auteurs dans lesquels des fausses membranes du 
péricarde étaient prises pour des poils \ 

1. J. Cruveilhier, Essai, t. TI, p. 179. 



SIXIÈME SECTION 

FIBRO-CHONDROMES BRANCHIAUX 

• On rencontre parfois dans le domaine de l'appareil branchial, 
principalement à la région préauricnlaire , de petites produc- 
tions congénitales qui présentent uae certaine parenté avec 
plusieurs vices de conformation signalés précédemment, et dont 
nous croyons, pour ce motif, devoir donner une description 
sommaire. 

Ces productions qui consistent en une petite végétation fibro- 
cartilagineuse, revêtue par la peau ou par une muqueuse, ont 
été décrites sous les noms d'appendices auriculaires, auricules 
surnuméraires, appendices congénitaux de la face. Nous les 
appellerons fibro-chondromes branchiaux, afin de rappeler dans 
une même expression leur structure, leur siège et leur origine. 

Ces petites tumeurs ne sont pas d'une extrême rareté ; nous 
en avons rassemblé 12 cas personnels, dont 8 ont déjà fait 
l'objet d'une communication à la Société de chirurgie en 1882 ^ 
En outre nous en avons observé quelques autres cas sur les- 
quels nous n'avonspoint conservé de notes. Plusieurs auteurs 
les avaient déjà signalées sans parler de leur structure : on 
trouvera dans un travail de Morgan quelques indications à ce 
sujet ^ 



1. Lannelougue, Appendices congénitaux de la face: Bidl. et Mém. de la Soc. 
de chir., 22 mars, 1882, t. VIII, p. 234. 

. 2. John H. Morgan, Two cases of congénital macrostoma accompanied by malfor- 
mations ofthe auricles and hy the présence ofauricidar appendages : Medico-Chiriirg. 
Trans., nov. 8, 1881, vol. LXV, p. 13. 



172 FIBRO-CHONDROMES BRANCHIAUX 

Le siège de ces tumeurs est clans les régions qui se déve- 
loppent aux dépens des arcs branchiaux ; mais elles ne sont 
pas indifféremment reparties sur tous les points de ce terri- 
toire. Dans la grande majorité des cas, en effet, elles sont 
préauriculaires et s'implantent un peu au-devant du tragus 
ou sur le tragus lui-même. Plus rarement on les observe sur 
la joue proprement dite, et alors elles sont situées sur la ligne 
qui réunit le conduit auditif externe à la commissure labiale 
ou au-dessous de cette ligne. Dans un cas ces productions oc- 
cupaient la région de la lèvre inférieure et faisaient saillie, non 
en dehors, mais dans la cavité de la bouche, recouvertes par la 
muqueuse buccale (fîg. 19). En dehors de la région faciale cor- 
respondant au bourgeon maxillaire inférieur, nous en avons 
observé récemment un exemple au cou (fîg. 22) ; Birkett, Hol- 
mes et Heusingcr ont mentionné des tumeurs analogues, asso- 
ciées à des fistules branchiales. 

Parfois uniques, ces tumeurs sont plus souvent multiples. 
On en trouve assez fréquemment deux, trois ou quatre du 
même côté et, dans certains cas, elles siègent à la fois des 
deux côtés , affectant une disposition plus ou moins symé- 
trique. 

Elles se présentent sous l'aspect de petits prolongements, de 
forme ordinairement conoïde, qui se détachent perpendiculai- 
rement de la peau, tantôt par une large base, tantôt par une 
portion légèrement rétrécie qui leur donne une forme pédicu- 
léc. Elles font une saillie variable, mais toujours peu considé- 
rable ; d'habitude elles proéminent seulement de quelques mil- 
limètres ; la plus grande longueur que nous ayons observée 
dépassait 1 centimètre (obs. XLIX et L). Leur accroissement 
est toujours très limité ; parfois elles se développent un peu 
dans les quelques mois qui suivent la naissance, le plus souvent 
elles restent indéfiniment stationnaires ; ainsi chez une femme 
de vingt-trois ans leur hauteur atteignait seulement 3 mil- 
limètres. 



FIBRO-CHONDROMES BRANCHIAUX 



173 



Au toucher, leur consistance est ferme : elles ne s'aplatissent 
pas entre les doigts, mais offrent, au contraire, une certaine élas- 
ticité, et lorsqu'on les a fait plier par la pression, elles revien- 
nent aussitôt à leur direction initiale, perpendiculaire à la 
peau. Elles sont mobiles sur les parties profondes auxquelles 




FiG. 17. — Fibro-chondrome branchial de la face, variété préauriculaire (obs. XLIX). 



elles ne paraissent se rattacher que par continuité de tissu : 
aussi peut-on les incliner en différents sens. 

Anatomiquement, elles sont constituées par une tige cen- 
trale, formée de fibro-cartilage et entourée par la peau ou la 
la muqueuse buccale (V. fig. 20). Le fîbro-cartilagc n'est pas 
isolé au milieu de la tumeur et son extrémité adhérente se 



174 



FIBRO-CHOXDROMES BRANCHIAUX 



continue, sous forme de lien fibreux, eau delà de l'implantation, 
pour se perdre au milieu des parties profondes. 

Les circonstances étiologiques au milieu desquelles on ren- 
contre ces petites tumeurs ne nous apprennent rien sur leur 
origine. Les antécédents de famille sont nuls ordinairement; 
dans un seul cas nous avons trouvé l'hérédité chez la mère 
d'un petit sujet. 

La localisation des fibro-chondromes à la région faciale in- 
férieure et au cou fournit un élément pour résoudre le pro- 
blème de leur pathogénie et semble indiquer qu'ils se forment 




FiG. 18. — Fibro-chondromes multiples de la face : a, tumeur préauriculaire; 
h, tumeur implantée sur le tragus ; c, petite tumeur isolée. 



aux dépens des arcs branchiaux. Cette opinion est confirmée 
par l'examen des observations qui nous montrent l'associa- 
tion de ces tumeurs avec différents vices de conformation de 
l'appareil branchial. Au cou, par exemple, on a vu ces petites 
productions coexister avec des fistules branchiales (Holmes, 
Heusinger). 

Dans la région du bourgeon maxillaire inférieur, elles sont 
fréquemment associées à diverses malformations de l'oreille, 
telles que l'imperforation du conduit auditif externe (obs. XLIII 
et XLYIII). D'autres fois on a vu en même temps le macrostoma 
ou bec-de-lièvre commissural (Morgan), ou bien une cicatrice 



FIBRO-CHONDROMES BRANCHIAUX 175 

marquant la trace de cette fente intermédiaire aux deux bour- 
geons maxillaires supérieur et inférieur (Morg-an), ou encore 
une petite fistule ou dépression en cul-de-sac, située au-devant 
de l'oreille et représentant aussi le vestige de cette fissure de 
l'embryon (obs. XLIX et Morgan). Ajoutons que le maxillaire 
peut offrir les traces d'un arrêt de développement (Morgan) ; 
enfin dans notre observation XX un kyste dormoïde du nez 
coïncidait avec un fibro-chondrome préauriculaire. 

Si les faits s'accordent bien avec l'opinion qui rattache la 




FiG. 19. — Fibi'O-chondi'oraes congénitaux piueminant dans la bouche, 
implantés sur la lèvre inférieure. 



formation de ces tumeurs à un vice de développement de l'ap- 
pareil branchial, ainsi que le pensait Paget % il est plus malaisé 
de concevoir par quel mécanisme survient ce trouble d'évo- 
lution. Dans certains cas, la petite tumeur s'implante directe- 
ment sur le tragus dont elle semble une végétation, en sorte 
qu'on peut admettre qu'elle se développe aux dépens des car- 
tilages du pavillon de l'oreille. Mais il n'en est plus de même 
pour les fibro-chondromes siégeant plus ou moins loin de 
l'oreille, sur la face, dans la bouche, au cou enfin. On est con- 

1. Sir James Paget, Cases of branchial Fistulœ in the exlernal ears: Medico- 
Chirurg. Transad., nov. 27, 1877, vol. LXI, p. 41. : " - . , . 



176 FIBRO-CHONDROMES BRANCHIAUX 

duit à penser qu'ils dérivent des arcs branchiaux à la manière 
des cartilag'es normaux auxquels ceux-ci donnent naissance , 
tels que les cartilages de l'oreille, le cartilage de Meckel, le car- 
tilage de Reicliert. Ces tumeurs constitueraient soit des végé- 
tations des cartilages normaux, soit des formations aberrantes, 
se développant parallèlement en quelque sorte à ces cartilages, 
dont elles reproduisent de plus ou moins loin le type naturel, 
à la façon des doigts supplémentaires par rapport aux doigts 
normaux. 

Au cou, les fibro-chondromes peuvent être comparés aux 
productions cartilagineuses et osseuses qui s'observent parfois 



FiG. 20. — 1. Coupe transversale à la base 
d'un fibro-chondrome branchial. Au cen- 
tre est placée la tige de cartilage. — 
2. Coupe longitudinale de la même tu- 
meur. 




FiG. 21. — Coupe d"un fibro-chondrome 
congénital du cou : a, a, tige cartila- 
gineuse bifurquée etT inégale occupant le 
centre de la tumeur. 



dans la paroi des fistules branchiales (Heusinger, Manz, Du- 
play), ainsi que dans les kystes dermoïdes complexes de cette 
région (cas de Yirchow). Ces productions ostéo-cartilagineuses 
représentent dans les formations branchiales les rudiments 
d'un squelette avorté. Les fibro-chondromes du cou auraient 
à l'extérieur une signification analogue à celle de ces petites 
pièces cartilagineuses rencontrées quelquefois dans la profon- 
deur des fistules branchiales. 

Les tumeurs de la région préauriculaire, de la joue et de la 
lèvre inférieure auraient des rapports semblables avec les car- 
tilages dérivés du bourgeon maxillaire inférieur. En effet, on 
n'est point autorisé à admettre que ces tumeurs aient toujours 
été en continuité avec le cartilage de Meckel, dont le siège est 



FIBRO-CHOXDROMES BRANCHIAUX 



177 



au contraire assez éloigné de celui de ces productions ; et, 
d'autre part, il existe à leur base d'implantation un pédicule 
fibreux qui s'enfonce vers le maxillaire, sans qu'on puisse ce- 
pendant affirmer qu'il atteint cet os. 




FiG. 22. — Fibro-chondrome congénital du cou. 



En résumé, sans qu'il soit possible d'indiquer un mécanisme 
unique pour les différents types de ces fibro-chondromes, on 
doit les considérer, croyons-nous, comme une anomalie de 
l'appareil branchial, au même titre que les fistules et les kystes 

12 



178 



FIBRO-CHONDROMES BRAA'CHIAUX 



précédemment étudiés. Mais, tandis que les fistules relèvent 
d'un trouble de développement des fentes branchiales, les pro- 
ductions qui nous occupent sont des affections des arcs bran- 
chiaux, et ces deux groupes de malformations apparaissent 
isolément ou se combinent entre eux. 



SEPTIÈME SECTION 

OBSERVATIONS 

Les observations que nous rapportons dans cette première 
partie se répartissent de la façon suivante : 

/ Queue du sourcil 8 

Kystes dermoïdes t» ,. -, -, o 

■' , , . I Partie movenne du sourcil. . 6 



de l'orbite 



Front 4 



et de son pourtour , „ 

'- I lempe 1 

(20) f . 

^ ^ I Angle interne de l'orbite. . . 4 

Kystes dermoïdes du nez 2 

Kystes dermoïdes du cuir chevelu -3 

Kyste dermoïde de la cavité crânienne 1 

Kystes branchiaux du cou 3 

Kyste sternal 1 

Kyste de l'ombilic 1 

Pilimiction 1 

Nous y joignons un fait de kyste sébacé congénital du pré- 
puce et une observation de kyste sébacé folliculaire du voisi- 
nage de l'orbite. 

Enfin nous rapportons cinq observations de brides dermoïdes 
de l'œil ou de malformations ayant les plus grands rapports 
avec le dermoïde oculaire, et un cas de polygnathisme du 
maxillaire inférieur. 

Observation de fistule périnéale congénitale 1 

Observations de fibro-chondromes branchiaux 11 



Obs. I. — Kyste sébacé congénital de la queue du sourcil. — Pralet 



180 KYSTES DERMOIDES 

(Marie), âgée de trois mois, porte au niveau de la queue du sourcil 
droit une tumeur du volume d'une petite noisette et qui, au dire de 
la mère, augmente beaucoup depuis la naissance. La peau est mobile 
sur la tumeur. Le kyste est excisé en partie et la portion restante est 
cautérisée. A l'ouverture de la poche il est sorti d'abord un liquide 
citrin, puis une matière blanche d'aspectcaséeux. 



Obs. II. — Kyste dermo'ldesus-orbitaire. — Hirth (Joseph-François)^ 
âgé de six mois, présente un kyste du volume d'un gros pois, à 
l'angle externe de l'orbite, ou plutôt sur la région frontale, à un 
centimètre de l'angle externe. Il est adhérent au squelette. La 
poche est excisée partiellement et le reste est cautérisé. Il en est 
sorti une matière blanche, sébacée, mélangée de poils. La mère 
raconte avoir vu la grosseur le lendemain de la naissance. 



Obs. III. — Kyste dermoïde de la queue du sourcil. — Schénot 
(Georges), âgé de six ans et demi, porte sur la queue du sourcil 
gauche un kyste du volume d'un gros pois et congénital, au dire de 
la mère. Extirpation le 1:2 avril 1878. Le kyste contient de nombreux 
poils. 



Obs. IV. — Kyste dermoïde du front (Y. fig. 2). — Douvie (Marie), 
âgée d'un mois, est apportée à l'hôpital Trousseau le 1°"^ mai 1883. 

L'enfant présente sur la région frontale, au-dessus du sourcil 
gauche, une petite tumeur du volume d'un pois, rénitente, sans adhé- 
rence au squelette. On ne trouve dans la famille aucune affection 
congénitale ; l'enfant d'ailleurs se porte bien et ne présente rien de 
particuUer sur le reste du corps. 

Incision courbe à concavité supérieure ; dissection attentive de la 
poche qui est complètement extraite. A l'ouverture du kyste on trouve 
une petite quaatité de liquide et une matière blanche mélangée de 
quelques petits poils. 



Obs. y. — Kyste dermoïde du front — X..., enfant âgé de six mois 
et demi, porte sur le front, à 2 centimètres environ au-dessus de 
la queue du sourcil gauche, une petite tumeur allongée transversale- 



OBSERVATIO.XS 181 

ment et du volume d'un petit haricot. La peau glisse facilement au- 
devant d'elle ; au contraire elle est absolument adhérente aux os du 
CFcàne. Elle est très dure en apparence et assez comparable à une 
exostose ; un examen minutieux est nécessaire pour y reconnaître la 
fluctuation. La mère s'est aperçue de la tumeur quelques jours après 
la naissance ; mais son volume a surtout augmenté durant ces quinze 
derniers jours. En même temps, cet enfant est atteint du premier 
degré deThypospadias. Le gland est encapuchonné et adhérent dans 
la plus grande partie de son étendue, sauf au niveau de son sommet 
et de sa partie inférieure et médiane : là, la peau présente une petite 
ouverture ogivale à travers laquelle on aperçoit une petite gouttière 
du gland ; à la partie inférieure de cette gouttière, on remarque 
l'orifice uréthral qui est assez étroit. 

Le 8 juin 1883, extirpation du kyste qui renferme de la matière 
sébacée et des poils follets. 



Obs. yi. — Kyste dermo'ide de la partie moyenne du sourcil. — 
Aubert (Albert), âgé de quatre ans. Kyste congénital siégeant à la 
partie moyenne du sourcil droit, offrant le volume d'un petit pois, 
mobile, attaché au périoste par quelques adhérences. Le 27 juin 1883, 
ouverture et dissection de la poche. L'examen montre la présence 
de poils et d'épiderme. 



Obs. YII. — Kyste dermoide de la queue du sourcil. — Fille de dix- 
neuf mois. Kyste congénital de la queue du sourcil. Extirpation 
totale. Contenu sébacé, mou, blanchâtre. La paroi présente un derme, 
un épiderme, des follicules pileux et des glandes sébacées. 



Obs. YIIl. — Kyste conyénital de la queue du sourcil. — Metz 
(Marie), âgée de six mois (27 mai 1884). Kyste congénital siégeant à 
la queue du sourcil gauche, et offrant le volume d'un petit haricot. 
11 adhère au frontal qui est dénudé par l'opération. 



Obs. IX. — Kyste sébacé conyénital de la queue du sourcil. — 
Kostry (Adèle), âgée de douze ans, salle Giraldès, n^ 43, service de 
Lannelongue. 



182 KYSTES DERMOÏDES 

L'eafant est venue au monde avec une petite tumeur situe'e au 
niveau de la queue du sourcil gauche. Cette tumeur qui était à l'ori- 
gine grosse comme une tête d'épingle a augmenté depuis; d'après la 
mère, elle serait plus volumineuse à certains moments. 

Le 10 décembre 1884, ablation du kyste, qui est adhérent aux par- 
ties voisines. Pendant l'opération, la poche est crevée et son contenu 
sort par expression comme celui des kystes sébacés ordinaires. 



Obs. X. — Kyste dermo'ide de la région moyenne du sourcil. — X..., 
fille âgée de quatre mois, nous est présentée à la consultation de 
l'hôpital Trousseau le 14 février 1883. 

Elle porte, à l'union du tiers externe et des deux tiers internes du 
sourcil gauche, au niveau même de l'implantation des poils, une 
petite tumeur, qui fut remarquée pour la première fois à l'âge d'un 
mois et qui depuis a graduellement augmenté de volume. Elle ofîre 
actuellement les dimensions d'une petite noisette; elle est fluctuante 
et roule facilement sous le doigt. 

Une incision horizontale intéressant la peau et l'orbiculaire des 
paupières, met à nu la tumeur, qui est disséquée sans difliculté et 
n'offre que de légères adhérences avec le squelette. 

Le contenu est une bouillie d'un blanc éclatant au milieu de 
laquelle on découvre quelques poils follets. 

La paroi kystique, mince et souple, a l'aspect d'une peau fine et 
demi-transparente. Histologiquement elle est formée d'un derme et 
d'un épiderme avec des follicules pileux, des glandes sébacées volu- 
mineuses et quelques tubes glandulaires contournés qui représen- 
tent très probablement des glandes sudoripares. La surface du derme 
est plane ou légèrement ondulée, mais dépourvue de papilles véri- 
tables. 



Obs. XI. — Kyste dermoïde au-dessus du sourcil (V. fig. 1). — 
Mosser (Jean-Pierre), âgé de trois mois, est apporté à la consulta- 
tion de l'hôpital Trousseau, le 23 avril 1883. 

Cet enfant est jumeau; son frère est bien portant et bien con- 
formé. La mère a eu treize enfants, qui ne présentaient pas de vices 
de conformation. 

Trois semaines après la naissance, on remarqua au sourcil gauche 
une petite tumeur qui grossit peu à peu. Actuellement elle offre le 



OBSERVATIONS 183 

volume d'une noisette; elle est tendue, de consistance lipoma^euse 
et occupe le tiers externe du sourcil, ou plutôt elle est située un peu 
au-dessus du sourcil et empiète le'gèrement sur la tempe. La peau 
est mobile sur la tumeur, qui est très adhérente aux parties pro- 
fondes. Pendant l'extirpation, on constate que le kyste est situé 
sous l'orbiculaire et adhère intimement au frontal, qui le loge en 
partie dans une dépression en godet. 

La paroi est mince et d'aspect cutané. Le contenu est de la matière 
sébacée mélangée de quelques poils follets. L'examen histologique 
montre dans la paroi l'existence d'un derme et d'un épiderme avec 
follicules pileux, glandes sébacées et glandes sudoripares. Il n'y a 
pas de papilles. La couche cornée de l'épiderme est en grande partie 
desquamée. 



Obs. XII. — Kyste dermo'ide de la région moyenne et interne du 
sourcil. — Lebaigue (Henriette), âgée de sept mois. 

Quinze jours après la naissance, on remarqua, au sourcil gauche, 
une grosseur du volume d'une lentille, qui augmenta peu à peu. 
Actuellement elle a les dimensions d'une petite noisette; elle est 
peu mobile sur les parties profondes, tandis que la peau glisse faci- 
ment au-devant d'elle. Elle est située au niveau de la partie moyenne 
du sourcil, plutôt cependant sur sa moitié interne. Elle descend jus- 
qu'au rebord orbitaire, mais n'envoie pas de prolongement dans 
l'orbite. 

Le 28 avril 1883 , une incision horizontale met à nu la tumeur, 
qui est énucléée; la paroi adhère au frontal par un court pédicule. 
Elle contient, outre quelques gouttes de sérosité, de la bouillie athé- 
romateuse d'un blanc mat. La surface interne de la poche est tapissée 
d'épiderme offrant les caractères de l'épiderme normal. Le derme 
sous-jacent présente des vaisseaux sanguins abondants et dilatés ; en 
outre, on y rencontre par places des infiltrations sanguines diffuses 
qui résultent sans doute de l'opération. La paroi forme de nombreux 
plis, mais il n'y a point de papilles ; on n'y trouve point non plus de 
poils ni de glandes. 



Obs. XIII. — Kyste dermo'ide de la queue du sourcil. — Fleish 
(Louis), douze ans et demi, mort dans le service de Triboulet, 
mai 1883. 



184 KYSTES DERMOÏDES 

Kyste du volume d'une noisette, roulant sous la peau, situé au 
niveau de la queue du sourcil droit. La tumeur est congénitale, 
d'après le témoignage des parents. Elle adhère par sa partie pro- 
fonde au frontal par un pédicule. Le contenu est une bouillie d'un 
blanc jaunâtre au milieu de laquelle se trouvent des poils fins et 
blanchâtres. 

L'examen histologique de la paroi y fait reconnaître une couche 
épithéliale dont les contours cellulaires sont mal définis, ce qui 
s'explique par le mauvais état de conservation dans lequel se trou- 
vait ce kyste recueilli à l'autopsie. On y constate aussi la présence 
de poils et de sections de tubes glandulaires dont Tépithélium est 
très altéré. 



Obs. XIV. — Kyste dermoïde de la tempe gauche. — Jaxel-Belletex 
(Jeanne), âgée de sept mois, porte sur la région temporale gauche, à 
l'extrémité de la queue du sourcil, une petite tumeur qui fut remar- 
quée pour la première fois à l'âge de trois mois. La tumeur, grosse 
comme une noisette, adhère au frontal ; la peau, mobile sur elle, est 
tendue à son niveau et présente un aspect blanchâtre. 

Extirpation le 25 juin 1885. On constate, pendant la dissection du 
kyste, qu'il est situé au-dessous de l'orbiculaire et qu'il ofï're des 
adhérences avec le périoste du frontal. 

Il conti(!nt une matière sébacée d'un blanc mat. La paroi est for- 
mée d'un derme et d'un épiderme. Elle présente des follicules pileux 
en voie de formation ; ceux-ci montrent une papille bien caracté- 
risée, mais il n'y a pas encore de cône kératinisé. 



Obs. XV. — Kystes congénitaux situés symétrique^nent à la queue 
des deux sourcils. — Louvain (Maria), âgée de six semaines, nous est 
présentée à l'hôpital Trousseau le 23 septembre 1885. 

Cette enfant porte à la partie externe du sourcil, des deux côtés, 
de petites tumeurs à peu près exactement symétriques ; celle de 
droite est située sur la ligne même du sourcil, à son extrémité 
externe ; celle de gauche est un peu au-dessous, de manière à em- 
piéter sur le bord de l'orbite. Ces tumeurs ont le volume d'une 
lentille ; elle ont un peu grossi depuis la naissance. Leur consistance 
est ferme; elles roulent sous la peau et ne semblent pas nettement 
adhérer au squelette. 



OBSERVATIONS 185 

L'enfant est née à terme et bien conformée du reste. La grossesse 
a été bonne. Les parents sont bien portants. 



Obs. XVL — Kyste dermoide à l'angle interne de rorhite. — Leroux 
(Armand), trois ans et demi, est amené à l'hôpital Sainte-Eugénie le 
7 novembre 1877. 

L'angle interne de l'œil droit de cet enfant est occupé par une 
tumeur qui s'étend de l'arcade sourcilière au rebord orbitaire infé- 
rieur. Elle est située dans l'orbite, en arrière de l'apophyse mon- 
tante du maxillaire supérieur ; elle fait sur la peau un relief très 
apparent. Son grand axe, dirigé verticalement, est à peu près deux 
fois plus étendu que son diamètre transversal. L'angle interne des 
paupières paraît abaissé. La tumeur est profondément située, car elle 
ne jouit d'aucune mobihté dans le sens vertical ni dans le sens trans- 
versal; elle n'a aucune adhérence avec la peau, qui glisse facilement 
au-devant d'elle ; elle est élastique, tendue et comme fluctuante. Elle 
ne gêne pas les fonctions de l'œil ni celles des paupières ; il n'y a pas 
d'épiphora. 

La mère s'est aperçue de cette tumeur quand l'enfant avait huit 
mois; depuis la grosseur a augmenté progressivement. 

La ponction exploratrice, faite avec la seringue de Pravaz, n'amène 
pas de liquide ; le bout de la canule promené dans la tumeur crie 
comme sur du cartilage. L'examen micrographique des matières 
ramenées montre des cellules épithéliales avec des globules grais- 
seux. 

Le 18 novembre, le kyste est ouvert par une incision ; il sort une 
quantité considérable de matière sébacée avec des poils follets. Un 
stylet peut s'engager dans l'orbite à 2 ou 3 centimètres de profon- 
deur. L'enfant a guéri, mais il n'a pas été suivi après la cicatrisation 
de la plaie. 



Obs. XVII. — Kyste dermoide de la partie interne du sourcil. — 
Lsecker, garçon de cinq mois, est amené le 17 mars 1884 à l'hôpital 
Trousseau. Il porte depuis sa naissance un kyste du sourcil gauche, 
siégeant à la partie interne et adhérent à l'arcade orbitaire ; son 
volume est celui d'un pois chiche. 

Ce kyste est extrait complètement ; la poche adhérait au tissu 
osseux du frontal. Le contenu est de la matière sébacée. La paroi 



186 KYSTES DERMOÏDES 

présente un derme et un épidémie, mais sans poils, ni glandes, ni 

papilles. 



Obs. XVIII. — Kyste sébacé congénital du grand angle de l'œil au 
niveau de la commissure palpébrale. — Madron (Aline), càgée de deux 
ans et demi, est amenée à la consultation de l'hôpital Trousseau le 
5 avril 1884. 

Elle porte à Fangle interne de l'œil droit une tumeur qui forme 
une saillie arrondie du volume d'un gros pois. Cette tumeur occupe 
la commissure palpébrale et s'étend en avant presque jusqu'à la ligne 
médiane du nez; de haut en bas, elle va de l'arcade sourcilière au 
rebord orbitaire inférieur. Elle est dure, tendue et donne la sensa- 
tion d'une fluctuation difficile à percevoir, comme dans les kystes 
sébacés tendus. Elle n'est pas réductible; profondément ehe adhère 
au squelette et paraît s'engager dans l'orbite. En présence de cette 
tumeur on peut émettre trois hypothèses : i" tumeur lacrymale 
congénitale; 2° méningocèle ou encéphalocèle; 3° kyste sébacé. 
D'après l'ensemble des caractères je m'arrête à l'idée d'un kyste 
sébacé. 

Par line incision verticale, la tumeur est mise à découvert et énu- 
cléée aux deux tiers, et la portion saillante est extirpée; puis la 
poche est grattée et cautérisée au nitrate d'argent. 

A l'incision de la tumeur il s'est écoulé un liquide séreux, puis il 
est sorti une matière blanchâtre ayant l'aspect du contenu des 
kystes sébacés. La paroi n'a pas été examinée. 



Obs. XIX. — Kyste dermoïde prélacrymal. — Bégu (Alphonsine), 
âgée de douze ans et demi, porte dans la région prélacrymale du 
côté droit, un peu au-dessous du sac lacrymal, une petite tumeur 
du volume d'un gros pois, roulant sous la peau, et sans adhérence 
au squelette. Elle s'est développée depuis deux ou trois mois seule- 
ment. 

Opéra/ion, le 12 juin 1885. Dissection de la poche qui renferme 
une bouillie blanchâtre. 

La paroi est formée de derme revêtu d'épiderme. Ce dernier pré- 
sente une épaisseur inégale suivant les points, mais on y trouve 
toutes ses couches normales : cellules cylindriques dans la profon- 
deur, cellules polyédriques du corps muqueux, stratum granulosum, 



OBSERVATIONS 187 

straturn lucidum, et cellules cornées en partie desquamées. On n'ob- 
serve dans la paroi ni papilles, ni poils, ni glandes. 



Obs. XX. — Kyste congénital du dos du nez (V. fig. 3). — Barthé- 
lémy (Louise), âgée de vingt mois (1883). 

Cette enfant porte, à la hauteur de la partie moyenne du nez, une 
tumeur médiane qui proémine sur le dos du nez et s'étend aussi un 
peu sur les faces latérales. Son volume est celui d'un petit haricot. 
Elle est un peu plus allongée dans le sens vertical que dans le sens 
transversal. La peau qui la recouvre est légèrement rosée. Quand 
on l'examine avec soin, on remarque que cette peau est amincie, 
mais mobile sur la tumeur. De plus, en prenant la tumeur entre les 
doigts, on reconnaît qu'elle est mobile sur le squelette, au moins 
dans le sens latéral; la mobilité est plus difficile à apprécier dans le 
sens vertical. Cette tumeur est tendue, élastique, et, malgré son 
petit volume, on y trouve une fluctuation véritable. Tout à fait à sa 
partie inférieure se voit, sur la peau qui la recouvre, un petit oriflce 
circulaire extrêmement ténu, marqué seulement par une dépression. 
Toutes les parties voisines sont saines et normales, et le squelette 
du nez est intact. On doit cependant noter un léger strabisme con- 
vergent double, ainsi que la présence, en avant de l'oreille gauche, 
d'un appendice cutané long d'un demi-centimètre, immédiatement 
situé en avant du tragus; cet appendice proémine à la manière d'une 
corne; il est fibro-cartilagineux. L'apparence de cette enfant dénote 
une bonne santé; elle n'a pas fait de maladie depuis sa naissance. 
Les renseignements de la mère sont bons au point de vue de sa 
santé, et elle nous assure que le père se porte bien. A l'égard de la 
tumeur du nez, la mère nous dit que lorsque l'enfant est venue au 
monde, on remarqua qu'elle avait le nez un peu bombé, mais on ne 
s'en est pas préoccupé, et l'enfant fut placée en nourrice au bout de 
quinze jours. Plus tard, la mère alla la voir et elle remarqua alors 
que, de temps en temps, il apparaissait sur le dos du nez, au niveau 
du gonflement, une perle d'un liquide transparent (une goutte de 
sueur comme elle l'appelle) : cet écoulement durait toute la journée; 
puis il s'est arrêté et c'est alors que la tumeur du nez est devenue 
plus visible. 

L'extirpation de la tumeur montre qu'il s'agit d'un kyste renfer- 
mant des poils, et la paroi examinée offre la structure du derme 
revêtu d'épithélium. 



188 KYSTES DERMOIDES 

Obs. XXI. — Ktjste sébacé congénital de la pointe du nez (PL I, 
fig. 1 et 2). — Schilling, garçon âgé de cinq mois et demi. 

Le père, âgé de trente-cinq ans, se porte bien. La mère, âgée de 
trente ans, est d'une bonne santé ; elle a sur l'œil gauche une taie 
provenant d'une kératite qu'elle aurait eue à l'âge de quatre ans. Elle 
a eu six enfants, tous du sexe masculin ; un seul est mort du croup à 
l'âge de vingt-trois mois ; les autres sont bien portants. L'enfant 
qu'elle nous présente a cinq mois et demi ; l'accouchement avait été 
double et le frère jumeau ne présente rien de particulier. Dès la 
naissance on remarqua sur le nez de cet enfant une altération d'appa- 
rence singulière qui n'a fait qu'augmenter depuis. Ce n'était alors, 
au dire de la mère, qu'une tache blanche, peu proéminente, et c'est 
aujourd'hui une véritable petite tumeur. Elle est située à la pointe 
du nez, et remonte, depuis l'extrémité de cet organe jusqu'à 1 centi- 
mètre au-dessus, sur la face dorsale ; sa plus grande largeur atteint 
2 millimètres 1/2. Elle consiste en une petite proéminence allongée 
qui frappe beaucoup plus, au premier abord, par sa couleur que par 
la saillie qu'elle forme. Cette couleur est d'un blanc jaunâtre uni- 
forme qui tranche absolument sur l'aspect ordinaire de la peau voi- 
sine et qui cesse brusquement au point de contiguïté avec les parties 
environnantes. La surface est en même temps brillante, et, à ce 
niveau, la peau qui paraît plus amincie offre une transparence 
exceptionnelle. La saillie sur laquelle repose la tache a son point 
culminant un peu au-dessus du lobule. 

Deux petites particularités sont à signaler. La première consiste 
dans l'existence d'une dépression, sorte de petit pertuis visible seu- 
lement à la loupe, siégeant à la partie inférieure de la saillie, mais 
oblitéré presque à la surface de la peau. Par ce pertuis s'échappent 
quelques poils qu'on pourrait considérer comme formant deux petites 
touffes. La seconde particularité est la présence d'une petite tache 
moins jaune et plus transparente que le reste de la tumeur dont 
elle occupe le centre. 

Quand on explore la saillie, on constate qu'elle est dure, résistante, 
élastique, bien qu'on ait de la peine à en disséquer au palper tous 
les détails. 11 est impossible d'y sentir la fluctuation. Elle produit 
l'effet d'une lame cartilagineuse qui, partie de la profondeur, vien- 
drait adhérer à la peau sur le point culminant. La tumeur est mobile 
profondément sur les os du nez ; mais, vers la pointe du lobule, 
on ne saurait affirmer qu'elle n'adhère pas un peu à la sous-cloison. 
•Quoiqu'il en soit, en haut cette tumeur bascule et passe en avant 



OBSERVATIONS 18^ 

des os du nez ; en bas et en avant elle vient soulever la peau et faire 
saillie, et profondément elle pourrait se rattacher à la cloison ou à 
la sous-cloison. 

Quand on explore les fosses nasales pour chercher les rapports de 
cette tumeur avec le nez, on arrive vite k écarter l'idée d'une tu- 
meur cartilagineuse ou fibro-cartilagineuse, d'un prolongement anor- 
mal des cartilages de la cloison ou de la sous-cloison, pour s'arrêter 
à cette donnée probable que cette production est comprise dans l'é- 
paisseur de la peau, et que c'est parce qu'elle est située dans une peau 
amincie et adhérente qu'on peut voir la couleur blanc jaunâtre du 
contenu. 

La présence du bouquet de poils qui s'échappe par un orifice, le 
lieu de développement de la tumeur qui est dans la peau, la couleur 
blanc jaunâtre, me font croire à un kyste dermoïde. 

Opération, le 28 juin 1883. Incision médiane d'environ 1 centi- 
mètre sur le dos du nez; dissection très délicate de la peau qui est 
extrêmement amincie ; excision de la tumeur. 

Il s'en échappe une matière gris blanchâtre mélangée de faisceaux 
de poils. La paroi, examinée histologiquement, a présenté un derme 
avec de nombreuses papilles recouvertes d'épithélium. 



Obs. XXII. — Kyste dermoïde de la région occipito-pariétale du cuir 
chevelu. — Kyste de la région occipitale gauche, chez un enfant 
atteint d'encéphalocèle. Le kyste, trouvé sur le cadavre, était adhé- 
rent à la suture occipito-pariétale. 

Le contenu était un liquide séreux mélangé de matière sébacée. 
La membrane présentait un derme et un épidémie, avec des papilles 
et des follicules pileux. 



Obs. XXIII. — Kyste dermoïde de la région occipitale du cuir che- 
velu. — Jacquemin (Odile), âgée de huit ans et demi, salle Giraldès,. 
n° 20, service de Lannelongue. En traitement à l'hôpital pour une 
ostéomyélite de l'omoplate. 

Cette enfant porte à la partie postérieure de la tête, au niveau de 
l'union de l'occipital et du temporal du côté gauche, une petite 
tumeur du volume d'un haricot, mobile sous la peau et sur les parties 
profondes. D'après les renseignements fournis par la mère, elle existe 
depuis la naissance. 



190 KYSTES DERMOÏDES 

Extirpation, le 28 mars 1885. Enucléation facile; la tumeur 
adhère au périoste par quelques trousseaux fibreux ; il n'y a pas de 
dépression osseuse. Pansement de Lister. Guérison en quelques 
jours. La paroi est mince, lisse et d'un blanc nacré. Le contenu est 
une matière sébacée d'un blanc mat mélangée de poils follets. Exa- 
men histologique : la paroi est constituée par un derme et un épi- 
derme ; dans ce dernier, l'aspect crénelé des cellules du corps mu- 
queux est très manifeste et le stratum granulosum contient des 
gouttelettes d'éléidine très nettement visibles. Presque partout le 
derme offre une surface plane ; cependant en quelques points se 
voient de petites papilles très courtes et rudimentaires. La paroi pré- 
sente des follicules pileux et des glandes sébacées bien développées, 
mais elle est dépourvue de glandes sudoripares. 



Obs. XXni bis. ^- Kyste dermoïde au niveau de la fontanelle anté- 
rieure. — Gervais (Henri), âgé de cinq ans et demi, est conduit à 
l'hôpital Trousseau le 3 mars 188G. 

Cet enfant porte depuis l'âge de huit mois, au dire de son père, 
une petite tumeur au niveau du bregma; cette tumeur avait à peu 
près à cette époque le volume actuel. Elle est située au niveau de la 
fontanelle antérieure, sur la ligne médiane, un peu déjetée cependant 
du côté gauche. Sa forme est arrondie et son volume représente 
celui d'une petite amande. La peau qui la recouvre est normale et 
semble indépendante de la tumeur. Sa consistance est intermédiaire 
entre la dureté et la mollesse; elle donne l'impression d'une poche 
assez épaisse avec un contenu minime. Cette tumeur n'est pas très 
mobile sur les parties profondes. A son niveau on sent une dépres- 
sion très notable de la paroi crânienne. Ajoutons enfin que la tumeur 
est dépourvue de battements et qu'elle n'est nullement réductible. 

Opération, le 3 mars. Une incision transversale des téguments 
met à nu la tumeur ; celle-ci n'adhère pas à la peau, mais elle tient 
assez fortement au péricrâne ; sa paroi profonde est décollée avec la 
curette ; les adhérences les plus fortes sont sectionnées avec le bis- 
touri. La tumeur enlevée, on apprécie plus nettement la dépression 
en cupule de la paroi crânienne qui lui formait une sorte de loge. 

La tumeur est formée par une enveloppe assez dense. Le contenu 
a 1 apparence de la matière sébacée. Un examen rapide ne fait pas 
découvrir de poils dans son intérieur. Mais la tumeur étant plongée 
dans l'alcool et le contenu sébacé se désagrégeant, les poils flottent 



OBSERVATIONS 191 

dans le liquide et deviennent apparents. Ils sont pour la plupart 
implantés sur la poche et longs de plusieurs millimètres. 

L'examen histologique de la paroi montre qu'elle est constituée 
par un derme sans papilles, recouvert d'une couche peu épaisse 
d'épiderme. On y trouve des follicules pileux auxquels sont annexées 
des glandes sébacées. 



Obs. XXIV. — Kyste pileux mtra-crânien. Hydrocéphalie. Vestiges 
(Vun pédicule rattachant le kyste au cuir chevelu. (Société anato- 
mique, 1885). (Communiquée par F. Widal, interne des hôpitaux). 
Pièce conservée dans la collection de l'hôpital Trousseau (Y. fîg. 13, 
p. 12o). — Kirsch (Anna), âgée de sept ans et demi, entre le 3 sep- 
tembre 188o à l'hôpital Trousseau, salle Blache, n° 9, dans le service 
de Triboulet. 

Cette enfant a toujours été maladive, peu active et d'une intelli- 
gence très obtuse. Au dire des parents, vers l'âge de trois ans seule- 
ment, la tête est devenue énorme et a commencé à présenter tous les 
caractères de l'hydrocéphalie. Il y a quelques mois seulement la 
petite malade a été prise, à des intervalles plus ou moins rapprochés, 
de nausées, de vomissements, de vertiges et surtout de convulsions. 
Les membres inférieurs ont été frappés bientôt de parésie ; la vue 
s'est affaiblie, et lorsque l'enfant entre à l'hôpital elle ne peut plus 
marcher ; la parésie a même gagné les membres supérieurs ; la vue 
est tout à fait perdue et l'amaurose est complète ; les globes ocu- 
laires, très saillants, présentent du nystagmus. Le faciès exprime 
l'hébétude, les réj^onses sont lentes et inintelligentes ; la sensibilité 
générale est presque intacte, à part une légère hyperesthésie des 
quatre membres. Ajoutons que la malade se plaint fréquemment de 
douleurs occipitales. 

Du 3 septembre au 1" octobre, à trois reprises différentes, l'en- 
fant est prise de vomissements et de convulsions suivies de contrac- 
ture; pendant ces attaques la température s'élève entre 39", 5 et 40"; 
le faciès devient vultueux et le délire est presque continuel. Chaque 
fois la durée des accidents ne dépasse pas trois ou quatre jours. 

Le 3 octobre survient une quatrième et dernière attaque, accom- 
pagnée de fièvre intense et de diarrhée, et l'enfant meurt dans le 
coma le 8 octobre. 

Autopsie. — Les viscères ne présentent rien de particulier à 
signaler. 



92 KYSTES DERMOIDES 

Le crâne est volumineux, ses dimensions sont augmentées surtout 
dans son diamètre bi-parie'tal. Ses parois osseuses sont minces et 
partout transparentes. 

A l'ouverture de la boite crânienne il s'écoule du liquide céphalo- 
rachidien en abondance. Des adhérences de méningite chronique 
unissent la dure-mère à la pie-mère-. 

L'ablation du cerveau se fait aisément ; mais il n'en est pas de 
même pour le cervelet qu'on ne peut séparer complètement de la 
tente cérébelleuse; on ne parvient à extraire le cervelet qu'en laissant 
adhérente à la dure-mère une portion de la membrane d'enveloppe 
d'un kyste, qui se trouve ainsi à découvert au milieu de la substance 
cérébelleuse. 

Sur l'encéphale enlevé, on constate d'abord que la surface des cir- 
convolutions est aplatie et que le cerveau ressemble à une vaste 
poche remplie de liquide. A l'ouverture des hémisphères, on trouve 
les ventricules latéraux distendus par une énorme quantité de liquide 
et les trous de Monro sont assez dilatés pour laisser passer le pouce; 
la surface interne des ventricules latéraux et moyen ofl're l'aspect lavé. 

Mais la lésion la plus intéressante se trouve dans le cervelet. En 
pleine substance cérébelleuse apparaît, en effet, un kyste du volume 
d'une orange environ. Il s'enfonce entre les deux lobes latéraux et 
déprime le lobe moyen de telle façon que la voûte du quatrième ven- 
tricule est affaissée sur le plancher. La partie postérieure de la fente 
de Bichat et la veine de Galien sont également comprimées par la 
tumeur, et c'est peut-être à cette compression qu'il faut rapporter 
l'hydrocéphalie ventriculaire. Les lobes latéraux du cervelet n'arri- 
vent pas à recouvrir toute la partie supérieure du kyste, et à ce niveau 
la poche kystique fait corps avec la tente du cervelet; cette adhé- 
rence a été cause de la déchirure qui laisse à découvert le contenu 
du kyste. Celui-ci consiste en une masse grumeleuse d'un blanc jau- 
nâtre, assez consistante et rappelant la mie de pain mâchée ; elle est 
parsemée de cheveux enroulés, intimement mélangés à la masse ; 
leur longueur est de 5 ou 6 centimètres, leur nombre assez considé- 
rable et leur épaisseur presque normale. La paroi kystique, résis- 
tante et épaisse de 2 millimètres environ, se laisse décortiquer de la 
substance cérébelleuse. 

La paroi kystique, réunie à la tente du cervelet, présente avec le 
squelette une adhérence intéressante au niveau de la protubérance 
occipitale interne. En examinant, par sa face interne, la dure-mère 
qui recouvre les fosses cérébelleuses de l'occipital, on remarque 



OBSERVATIONS 193 

qu'elle offre la disposition d'un infundibulum dont le sommet est rat- 
taché à l'occipital sous forme d'une adhérence fibreuse. De la sorte 
celle-ci constitue à la dure-mère et à la poche kystique, qui lui est 
adhérente, une espèce de petit pédicule. La languette fibreuse 
pénètre dans l'épaisseur de l'occipital par un petit canal osseux à 
bords arrondis et dirigé de bas en haut; elle semble se perdre dans 
l'épaisseur de l'os. C'est au niveau de la partie inférieure de la pro- 
tubérance occipitale interne que se fait sa pénétration dans l'occipi- 
tal, sur les dernières inégalités qui composent par leur ensemble 
cette éminence. 

D'autre part, en séparant le cuir chevelu de la voûte crânienne, on 
reconnaît l'existence d'une adhérence semblable, mais plus courte, 
sous forme d'un petit pédicule qui, né de la face profonde du cuir che- 
velu, s'engage dans l'occipital en se dirigeant en bas pour se perdre 
également dans l'épaisseur de l'os. La pénétration de cette dernière 
adhérence ne se fait pas au même niveau que celle de la précédente, 
mais à 1 centimètre au-dessus, au niveau de la protubérance occi- 
pitale externe, à peine marquée chez ce sujet. 

Ainsi, l'on constate l'existence d'adhérences reliant d'une part la 
paroi kystique à l'occipital et d'autre part l'occipital au cuir chevelu. 
Bien que ces deux pédicules ne soient pas exactement au même 
niveau, bien que tous deux soient adhérents à l'occipital et qu'ils 
ne se trouvent peut-être pas en continuité complète, il nous semble 
que leur conformation semblable, la direction commune de leur 
trajet doivent les faire considérer comme les deux parties d'un 
même ensemble, ayant été primitivement en continuité et séparées 
plus tard, sans doute par le développement du squelette. 

Examen histologique. — L'examen histologique est pratiqué dans 
le laboratoire du professeur Cornil. Le contenu du kyste se montre 
composé de cellules sébacées et de cellules épithéliales plates. La pa- 
roi est formée de tissu fibreux renfermant beaucoup de fibres élas- 
tiques ; elle est tapissée d'un revêtement d'épithélium plat disposé 
en trois, quatre, cinq rangées, et même davantage. Sur la rangée la 
plus superficielle, on remarque des cellules prêtes à se détacher de 
la paroi. Sur les différentes coupes que nous avons faites, nous 
n'avons pas rencontré la structure de la peau normale. 



Obs. XXV. — Kyste dermolde du cou, succédant à la fermeture d'une 
fistule branchiale. — Derenne (Herminie), âgée de onze ans. 

13 



194 KYSTES DERMOÏDES 

Cette enfant porte sur la partie latérale gauche du cou, près de la 
ligne médiane, au-dessous du cartilage thyroïde et reposant sur la 
partie latérale du cartilage cricoïde, une tumeur du volume d'une 
petite noisette. Cette tumeur présente en son centre un point sem- 
blable à la trace d'un follicule pileux. Elle est très mobile sur les 
parties profondes et la peau est aussi mobile au-devant d'elle. 

En interrogeant la mère, on apprend que l'enfant est venue au 
monde avec une fistule congénitale qui s'est fermée et à laquelle a 
succédé une petite grosseur ; celle-ci est restée stationnaire et a 
depuis augmenté peu à peu. 

Par l'incision, il sort un liquide visqueux, couleur gelée de gro- 
seille ; j'excise la plus grande partie de la poche et je cautérise 
le fond au nitrate d'argent. Il est probable que le fond adhère au 
larynx, mais je ne puis m'en assurer. — Trois semaines après, la 
plaie est cicatrisée. L'examen de la paroi démontre qu'elle a une 
structure cutanée ; elle présente un derme pourvu de papilles apla- 
ties et presque effacées en certains points, mais saillantes et nor- 
males en d'autres. L'épithélium est pavimenteux ; il n'y a pas d'épi- 
thélium vibratile. 

Ce fait est doublement intéressant : 1° parce qu'il offre un exemple 
de kyste résultant de la fermeture d'une flstule branchiale ; 2° parce 
que l'on pouvait croire à l'existence d'un kyste qui se serait déve- 
loppé aux dépens d'un follicule pilo-sébacé s'ouvrant au point cul- 
minant de la tumeur. 



Obs. XXVI. — Kyste dermoïde thyro-hyoldien. — Bertrand (Mar- 
the), âgée de quatre ans, salle Giraldès, n° 20, service de Lanne- 
longue. 

Cette enfant porte au-devant du cou une petite tumeur, exactement 
médiane et située au niveau de l'espace thyro- hyoïdien. Elle a le 
volume d'une petite noisette et fait légèrement saillie sous la peau ; 
elle suit pendant la déglutition les mouvements du larynx, auquel 
elle semble adhérer par un pédicule. Elle ne détermine d'ailleurs 
aucune gêne fonctionnelle. C'est il y a quinze jours seulement que 
cette tumeur a été remarquée, et depuis elle a un peu augmenté. 
D'après les renseignements fournis par la mère, on ne connaît aucun 
vice de conformation dans la famille. 

Le 18 avril 1885, la tumeur est mise à découvert au moyen d'une 
incision médiane et enlevée par dissection. On sectionne en arrière 



OBSERVATIONS 195 

le pédicule qui rattache la tumeur au larynx, et l'on cautérise ce 
pédicule au nitrate d'argent. 

La paroi est mince, souple, blanchâtre et d'apparence cutanée. 
Elle contient une bouillie athéromateuse. Examen histologique. La 
paroi est revêtue d'épiderme avec corps muqueux, stratum granu- 
losurn, pourvu de grains d'éléidine. Le derme sous-jacent contient 
des fibres musculaires lisses. 

Des glandes sébacées sont annexées aux follicules pileux. On 
trouve en outre dans la paroi des tubes glandulaires qui appartien- 
nent peut-être à des glandes sudoripares. 



Obs. XXVII. — Kyste canaUculé du cou. — M. Gillet, vingt-huit 
ans, porte au côté droit du cou, à 2 centimètres de la ligne mé- 
diane, immédiatement au-dessus du bord inférieur du cartilage 
thyroïde, une ouverture grosse comme une tête d'épingle sur une 
cicatrice provenant de l'incision d'une tumeur, à l'âge de cinq mois. 
La nourrice se rappelle avoir vu la grosseur dès la naissance. A 
cinq mois J. Cloquet l'ouvrit, et depuis il est toujours resté une 
fistule qui tantôt se fermait, tantôt se rouvrait, et qui a résisté aux 
injections iodées. Le hquide qui s'en écoule est épais et ressemble au 
blanc d'œuf. 

Un stylet introduit dans le trajet remonte jusqu'au bord supérieur 
du cartilage thyroïde, et là parait s'engager sous le bord inférieur 
de l'os hyoïde ; il ne semble pas libre dans une cavité ; en tout cas, 
il atteint le fond du trajet. Le trajet se dessine sous la peau comme 
un cordon. 



Obs. XXVIII. — Kyste der moule présternal. — Kyste extirpé chez 
une jeune fille de seize ans; il siégeait sur la ligne médiane au- 
dessous de la fourchette sternale ; il affectait une disposition cana- 
liculée. Le contenu renfermait de nombreux poils follets. 



Obs. XXIX. — Kyste pédicule de l'ombilic. — Cosse (Emile), âgé de 
huit ans, est amené à la consultation de l'hôpital Trousseau le 
26 septembre 1883. 

Cet enfant porte à l'ombilic une petite tumeur du volume d'une 
noisette, adhérente à la partie inférieure droite de la cicatrice ombi- 



196 KYSTES DERMOIDES 

licale, au moyen d'un pédicule étroit et long de 2 millimètres envi- 
ron. Cette tumeur est lobulée à sa surface et présente notamment 
deux bosselures principales; la peau qui la recouvre est mince, 
mobile et sillonnée de fines arborisations vasculaires. Sa consistance 
est mollasse , et la palpation y fait reconnaître une fluctuation 
obscure. L'anneau ombilical n'est nullement élargi et la tumeur est 
absolument irréductible. 

C'est il y a trois ans seulement que la mère a remarqué cette 
tumeur, mais la tante qui a élevé l'enfant l'avait toujours vue depuis 
l'âge de trois ans. Un frère du petit malade était atteint d'une hernie 
ombilicale. 

Une ligature est placée sur le pédicule et ce dernier est sectionné 
au-dessus de la ligature; l'écoulement sanguin est insignifiant. 

L'ouverture de la tumeur montre qu'il s'agit d'un kyste à parois 
lisses, contenant un liquide jaunâtre et des grumeaux sébacés blan- 
châtres. 

Examen histologique. — Les coupes de la paroi kystique présentent 
deux surfaces épidermiques, l'une correspondant à la peau de la 
cicatrice ombilicale, l'autre au revêtement du kyste. Les caractères 
de cet épidémie sont à peu près les mêmes sur les deux faces; 
cependant le stratum lucidum est plus mince sur l'épi derme du 
kyste et les cellules cornées sont desquamées en grande partie et 
colorées en rose ; en outre, l'épaisseur de cet épidémie du kyste 
présente des variations notables, et il n'y a de ce côté aucune trace 
de papilles, tandis qu'on en observe de petites sur la face libre. Entre 
les deux couches épidermiques se trouve une couche conjonctive 
contenant des vaisseaux; en quelques points elle montre une ten- 
dance à se dédoubler en deux lames, et même ce dédoublement s'est 
opéré sur plusieurs coupes par le fait des manipulations, en sorte 
que la poche est divisée en deux parois formées chacune d'un derme 
et d'un épiderme sans poils ni glandes (Y. fig. 5, p. 6o). 



Obs. XXX. — Pllimiction chez V homme. — M. X... souffre d'acci- 
dents urinaires depuis une quinzaine d'années. Les premiers acci- 
dents consistèrent en une difficulté très grande de la miction, accom- 
pagnée d'une légère hématurie. Puis il se développa de la cystite, et 
depuis environ cinq ans le malade rejette avec l'urine de petits cal- 
culs phosphatiques qui ont parfois fait obstacle au cathétérisme et 
produit une obstruction passagère de l'urèthre. 



OBSERVATIONS 197 

Depuis deux ans, le malade a remarqué dans son urine la présence 
d'un certain nombre de petits poils ; il pensa d'abord qu'ils prove- 
naient des vêtements ou des couvertures, mais comme ils n'apparais- 
saient que par intervalles, tous les dix, douze ou quinze jours, son 
attention fut éveillée et il vit bientôt sortir directement par l'urèthre 
une petite masse de quatre ou cinq poils frisés, longs d'environ i cen- 
timètre 1/2. Cette émission de poils continue depuis lors. 



Obs. XXXI. — • Kyste sébacé congénital du prépuce. — Ebert 
(Emile), âgé de quatre mois, est apporté à la consultation de l'hôpi- 
tal Sainte-Eugénie le 17 avril 1878. 

Cet enfant porte au prépuce un kyste qui vient proéminer dans 
l'orifice préputial sous forme d'une tumeur ayant le volume d'un 
gros grain de riz et de consistance élastique. Ce kyste est plutôt en 
rapport avec la muqueuse préputiale qu'avec la peau; en effet, on 
sépare assez aisément la peau de la surface du kyste, tandis que la 
muqueuse lui est plus intimement unie ; il est aussi plus directement 
placé sous la muqueuse que sous la peau. D'après la mère, la tumeur 
existe telle quelle, sans aucune modification, depuis la naissance. 

Une ponction donne issue à un liquide louche, jaunâtre, laiteux et 
d'aspect purulent. La poche est excisée ; elle est tapissée d'épithé- 
lium. 



Obs. XXXII. — Kijste sébacé, d'origine glandulaire, siégeant au 
voisinage de Vorbite, chez une petite fille. — Wattez (Gabrielle), âgée 
de six ans, présente au-dessous de la commissure externe des pau- 
pières, un peu en dehors du rebord inférieur de l'orbite, à la partie 
supérieure de la joue gauche, une petite tumeur arrondie, du volume 
d'une petite noisette, mobile sur les parties profondes et adhérente 
à la peau en un point assez limité ; on constate bien cette adhérence 
en saisissant la tumeur entre deux doigts et en les rapprochant, ce 
qui détermine à son niveau une petite dépression ombiliquée; le 
tégument qui la recouvre est soulevé et aminci. Cette tumeur fut 
remarquée par la mère lorsque l'enfant était encore au maillot; à 
cette époque elle n'était pas visible et se laissait reconnaître seule- 
ment au toucher; elle a depuis augmenté progressivement de volume. 
Le père de cette enfant a fréquemment, sur le cou et sur le dos, des 
loupes d'où s'échappe par incision une matière grasse tout à fait 



198 KYSTES DERMOÏDES 

semblable au contenu du kyste opérée La mère qui nous fournit 
ces renseignements ajoute que l'enfanta été accouchée au forceps et 
qu'elle en porta les marques sous forme d'une rougeur vive occupant 
pendant une huitaine de jours la joue gauche sur laquelle se déve- 
loppa plus tard le kyste en question. 

Le 17 juillet 1885, Jalaguier pratique l'extirpation de la tumeur; 
la dissection en est très délicate en raison de la minceur de la paroi 
et de son adhérence à la peau. Elle renferme une bouillie blan- 
châtre. La poche ne présente aucune adhérence profonde. Panse- 
ment à l'acide borique ; cicatrisation en quelques jours. Examen his- 
tologique : Des coupes totales de la paroi kystique montrent qu'elle 
est constituée par une couche fibreuse mince et uniforme, tapissée 
d'un épithélium dont les caractères varient suivant les points. Dans 
la jDartie qui répond au fond de la cavité, on voit par places des 
cellules volumineuses et vésiculeuses, remplies de matière grasse 
et semblables aux cellules sébacées. Entre celles-ci on peut en 
observer d'autres qui ont une forme aplatie et qui subissent l'évolu- 
tion épidermique ordinaire ; elles forment entre les cellules sébacées 
de minces cloisons et donnent lieu à une disposition analogue à celle 
que décrit Ranvier dans les glandes sébacées volumineuses et dans 
l'acné varioliforme -. A mesure que l'on s'éloigne du fond de la 
poche, les cellules sébacées disparaissent et toutes les cellules subis- 
sent le processus de kératinisation ; le contenu du kyste renferme en 
abondance ces éléments kératinisés, réduits à des écailles lamel- 
leuses. Les cellules de ce revêtement épithélial sont toutes aplaties 
et allongées parallèlement à la surface de la paroi; cependant, au 
voisinage du goulot du kyste , elles prennent la disposition des cel- 
lules épidermiques normales et forment un corps muqueux épais et 
une couche granuleuse large et riche en éléidine. 



Obs. XXXIII. — Bride congénitale interpalpébrale avec adhérence 
au globe oculaire. — Cépkalémaiojne {\ . fig. 15, p. 139). — Billeguin 
(Louis), âgé de vingt-deux jours. La mère de cet enfant se porte 
bien et n'a pas d'antécédents héréditaires ; elle a eu neuf enfants 
dont sept vivants et bien portants. Pour l'enfant qui nous est pré- 
senté, la grossesse a été pénible pendant les derniers mois; l'accou- 

i. On sait que Paget admettait l'hérédité des tumeurs sébacées. Voy. Prescott 
Hewett, St Georges Hosp. Rep., vol. IV, 1869, p. 108. 
2. Cornil et Ranvier. Man. d'hist. pathoL. t. Il, p. 828, 2^ éd. 



OBSERVATIONS 199 

chement a été difficile et l'enfant est resté trois heures au passage. 
Il présente deux lésions dignes d'intérêt : 

1° Sur le pariétal droit, à 2 centimètres environ de la ligne mé- 
diane, un peu au-dessus de l'oreille, à un pouce environ de la fonta- 
nelle postérieure , existe un céphalématome formant une tumeur 
ovoïde, à grand axe antéro-postérieur, pleine de liquide, sans tache 
ecchymotique à sa surface. 

2° Sur l'œil droit, on rencontre une petite lésion congénitale , con- 
sistant en une sorte de petit pont jeté entre le bord libre de la pau- 
pière supérieure et le bord libre de la paupière inférieure. Cette 
bride est située un peu en dehors de la partie moyenne de la fente 
palpébrale; elle a environ 1 millimètre de longueur sur un quart de 
millimètre d'épaisseur ; elle est arrondie et amincie à sa partie 
moyenne, tandis qu'elle s'étale à ses points d'implantation, prenant 
ainsi la forme d'un sablier. L'implantation de ses extrémités se fait 
en bas sur le bord ciliaire et en haut un peu en dedans de la ligne 
de naissance des cils; en outre, de la partie profonde de cette bride 
part une petite adhérence filiforme qui s'insère sur le limbe cornéal 
près de la sclérotique et qui se tend dans les mouvements de l'œil. 

Opération, le 27 juin 1883. Excision avec des ciseaux courbes de 
la bride à ses parties supérieure, inférieure et postérieure. 



Obs. XXXIV. — Tumeur congénitale de la région temporale droite. 
— Repli de la conjonctive (V. pi. IV, fig. 2). — Brochart (Edmond), 
âgé d'un mois. Le père, âgé de trente ans, est d'une bonne santé; 
il n'est ni tuberculeux ni syphilitique. La mère , âgée de vingt-cinq 
ans, s'est toujours bien portée. Elle a eu quatre enfants; les trois 
premiers sont vigoureux et ne présentent aucun vice de conforma- 
tion. 

Pour le quatrième enfant, la grossesse et l'accouchement furent 
faciles ; mais au moment de la naissance on s'aperçut qu'il portait 
une tumeur sur la tempe droite. Cette tumeur, partie de la commis- 
sure externe de l'œil droit, ne tarde pas à s'élargir en formant sous 
la peau une élevure considérable , descendant et semblant retomber 
par son propre poids ; elle a alors 2 centimètres 1/2 de haut et 
1 centimètre 1/2 dans sa plus grande épaisseur; puis elle change de 
direction, et, au lieu de se porter en bas et en dehors, elle remonte 
en s'élargissant et s'aplatissant pour se diriger en arrière jusqu'au 
delà de l'oreille et occuper une grande partie de la fosse temporale. 



200 KYSTES DERMOIDES 

Elle est molle, adhérente à la peau, mobile sur les parties profondes. 
Au toucher, on y constate la présence de quelques noyaux durs, en 
forme de grains de riz; c'est en exerçant une pression directe qu'on 
éprouve cette sensation qu'on n'obtient pas en foulant la tumeur 
entre les doigts. La tumeur n'a pas grossi depuis la naissance; elle 
n'est pas douloureuse à la pression ; elle n'est pas rouge, n'augmente 
pas quand l'enfant crie, et est irréductible. 

A l'angle externe de l'œil droit se voit un repli de la conjonctive 
qui s'avance sur la cornée de manière à dessiner environ la moitié 
d'une circonférence ayant un peu moins de 1 centimètre de rayon 
et qui présente une concavité tournée en dedans. Cette disposition 
existe depuis la naissance. On voit aussi sur l'iris une petite zone 
blanche en regard de l'angle externe, et une autre, à peu près égale, 
à la partie inférieure; la mère ne s'est aperçue de ce fait que depuis 
huit jours. 



Obs. XXXV. — Tumeurs congénitales multiples sur le trajet de la 
fente fronto-maxillaire du côté gauche [région rétro-auriculaire , 
fosse temporale, cavité orbitcnre) (Y. pi. IV, fig. 1). — Dieunoy 
(Roger), âgé d'un an, est amené à la consultation de l'hôpital 
Trousseau le 22 février 1883. 

Le père , âgé de quarante ans , se porte bien ; il habite la cam- 
pagne ; depuis son enfance il boite légèrement, ayant une jambe 
plus courte que l'autre ; il porte au cou des traces nombreuses 
d'abcès scrofuleux; il ne paraît pas avoir eu la syphilis. La mère, 
âgée de trente-six ans, est vigoureuse ; elle n'a jamais été malade et 
ne semble pas syphilitique; elle a eu huit enfants. Le premier, bien 
conformé, est mort du croup huit jours après sa naissance ; le second, 
âgé de quinze ans, s'est toujours bien porté et n'a pas de vices de 
conformation; le troisième, âgé de treize ans, resta longtemps faible 
et malingre ; le quatrième est mort à l'âge de quatre mois avec des 
abcès au cou et aux oreilles; les trois suivants se portent bien et ne 
présentent pas non plus de vices de conformation. Le huitième est 
l'enfant qui nous occupe ; l'accouchement fut facile, l'enfant se pré- 
senta par la tête. On s'aperçut aussitôt qu'il avait une grosseur der- 
rière l'oreille gauche. Depuis sa naissance, il jouit d'une bonne santé 
et ne semble pas souffrir. 

Actuellement on constate derrière l'oreille gauche la présence d'une 
tumeur qui s'étend, en bas et en avant, à la moitié supérieure du 



OBSERVATIONS 201 

pavillon de l'oreille qu'elle déprime et rabat sur la moitié inférieure à 
la façon d'une oreille de chien. La tumeur déborde l'oreille en avant et 
en haut, et descend intérieurement jusqu'au niveau de la partie infé- 
rieure du conduit auditif externe, à 8 centimètres environ de ce con- 
duit. Elle a le volume et la forme d'un œuf de pigeon coupé en deux 
au niveau de son tiers supérieur et appliqué par sa section sur la 
tête; sa surface est arrondie, sa forme régulière; on la prendrait 
pour un kyste. Quand on la saisit entre les doigts, on constate qu'elle 
est très molle, que la peau en fait partie intégrante et qu'elle adhère 
aux tissus profonds ; sa consistance est tout à fait comparable à celle 
d'un lipome ou à du tissu éléphantiasique. Cette tumeur n'est pas 
pédiculée ; elle repose sur une surface osseuse paraissant ru- 
gueuse. Elle envoie un prolongement dirigé à peu près directement 
en haut et un peu en arrière , qui forme une élevure peu considé- 
rable et se laisse plutôt reconnaître à la sensation d'empâtement 
qu'il donne au palper. Quand on presse -sur la tumeur, il semble 
qu'il y ait à l'intérieur une sorte de noyau dur et résistant. L'enfant 
ne souffre pas de cette exploration. L'ouïe de ce côté est à peu près 
normale. La tumeur n'a que peu grossi depuis la naissance. 

Il y a six mois, la mère remarqua sur la tempe du même côté une 
autre tumeur moins volumineuse; elle est à peine' visible, large 
comme une pièce de deux francs , située au-dessus de l'arcade zygo- 
matique, et paraît adhérer aux parties profondes. Séparée de la 
précédente par un sillon vertical passant au-devant de l'oreille, elle 
semble cependant se continuer avec elle. A sa surface, la peau n'est 
ni rouge ni enflammée. Cette seconde tumeur offre, en somme, les 
mêmes caractères que la première. 

La mère raconte, en outre, qu'il y a six mois également l'œil 
gauche s'enflamma, devint gros, et se couvrit d'une sorte de taie qui 
après quelques soins disparut. L'enfant voyait alors aussi clair qu'au- 
paravant ; il ne resta pas de tache sur l'œil, qui avait repris son vo- 
lume normal . Un mois après les mêmes phénomènes se reproduisirent, 
mais avec une intensité plus grande ; il y avait alors devant l'œil, 
d'après le récit de la mère, une sorte de phlyctène remplie de liquide. 
L'enfant ne voyait plus clair de cet œil, quand, trois mois après, la 
muqueuse de la paupière supérieure recommença à s'enflammer et 
à faire issue au dehors ; une suppuration abondante s'établit à ce 
moment. Actuellement l'œil gauche est volumineux , la cornée est 
opaque et on constate un certain degré de staphylome. La muqueuse 
de la paupière supérieure est tuméfiée et fait au dehors une saillie 



202 KYSTES DERMOIDES 

considérable ; elle recouvre l'œil en entier, de sorte qu'il faut la 
relever pour le voir. Si l'on vient à presser sur le globe oculaire, on 
le réduit facilement dans la cavité orbitaire, et l'on constate qu'il 
repose sur un bourrelet élastique qui occupe tout le fond de l'orbite. 
C'est très probablement une tumeur analogue aux précédentes. 

Ajoutons enfin que l'enfant est évidemment rachitique; la bosse 
frontale droite est développée, la bosse occipitale est unique et 
volumineuse, les fontanelles ne sont pas encore ossifiées; les tibias 
sont gros, mais cette augmentation est peu accusée. 



Obs. XXXYI. — Bec-de-lièvre double chez un exencéphalien. — 
Coloboma des paupières. — Persistance d'adhérences dans les fentes de 
la face qui sont en continuité [Arc h. gén. de inéd., 1883, vol. 1, p. 532) 
(PI. H, fig. 1 et 2). — M. B... est une petite fillette, née de parents 
bien portants. L'accouchement s'est fait sans difficulté. 

Bien que venue à terme, Fenfant est très grêle. La figure est petite, 
il n'y a pas de voûte du crâne. A la place de cette voûte crânienne, 
on observe deux masses placées, l'une à droite, l'autre à gauche, 
séparées l'une de l'autre par une gouttière profonde; celle qui est à 
droite est la plus volumineuse et ressemble à un hémisphère céré- 
bral, celle de gauche est plus petite, elle a le volume d'une manda- 
rine et parait pleine de sérosité. Ces deux masses sont recouvertes 
par une membrane analogue à la dure-mère ; cette membrane se 
continue en avant avec la peau du front et de la racine du nez; plus 
en dehors encore et en arrière avec la peau au-dessus de l'oreille; 
enfin tout à fait en arrière, au niveau de l'occipital, également avec 
la peau suivant une ligne transversale qui va d'une oreille à l'autre. 
D'ailleurs la peau de la région occipitale s'insinue entre les deux 
masses précédentes, pour se continuer avec la peau du front, par 
l'intermédiaire d'une languette fibro-cutanée de 1 centimètre de lar- 
geur, recouverte par quelques cheveux. Les deux hémisphères céré- 
braux reposent en arrière sur deux petits corps symétriques qui sont 
unis et qui paraissent représenter le cervelet. 

En même temps que cette malformation du crâne, la face présente 
un vice de conformation singulier. 

D'abord il existe un coloboma vertical des quatre paupières et, 
chose étrange, une lame fibreuse, une sorte de ligament, continue 
en haut avec la membrane fibreuse qui recouvre l'encéphale, s'insi- 
nue dans l'écartement de ce coloboma, se fixe à la cornée et à la 



OBSERVATIONS 203 

conjonctive en descendant dans l'écartement des deux parties de la 
paupière inférieure, et vient se continuer avec la peau de la joue 
placée à la base de l'écartement des paupières. 

Le même état se présente des deux côtés. 11 résulte du coloboma 
des paupières que celles-ci se présentent sous la forme de quatre 
lambeaux relevés à la manière d'oreilles en avant de l'œil, qui est 
incomplètement développé et recouvert par les ligaments décrits 
plus haut, ligaments qui lui adhèrent. 

En outre, il existe un vice de conformation des lèvres et de la 
bouche. A gauche, bec-de-lièvre placé comme de coutume en dehors 
de l'aile du nez, se prolongeant jusqu'au niveau de la division verticale 
de la paupière inférieure avec laquelle il se continue largement; en 
un mot, la division verticale de la lèvre part de la partie latérale 
gauche, remonte à un demi-centimètre en arrière de l'aile du nez, 
et atteint directement les deux moitiés de la division de la paupière 
inférieure. L'écartement est de 3 à 4 millimètres. Cette division de 
la lèvre correspond à un écartement notable entre l'os intermaxil- 
laire et le maxillaire supérieur gauche en bas, et même plus haut, soit 
que la branche montante du maxillaire fasse défaut, soit qu'elle se 
trouve en arrière, pour se continuer avec l'os malaire; il existe en 
tous cas, à ce niveau, un écartement des os qui fait que la fosse 
nasale est visible par la joue, et que cette fosse nasale se continue 
avec l'orbite. En un mot, les cavités nasale, buccale et orbitaire sont 
ouvertes à l'extérieur par cette grande fente. Cette division se pro- 
longe en arrière dans la bouche jusqu'à la partie postérieure du 
maxillaire et comprend la voûte palatine et le voile du palais. 

A droite, la division des parties molles se présente d'une autre 
manière; la commissure buccale droite se prolonge sur la joue à la 
manière d'une fente qui bientôt se dirige en haut, et atteint la pau- 
pière inférieure à son angle externe, pour se confondre avec le colo- 
boma de la paupière. Il résulte de là que la fente coupe la joue, et 
laisse en avant une partie considérable de cette joue qui est appli- 
quée sur l'os malaire et le maxillaire supérieur; en effet, il n'y a 
f)as, comme de l'autre côté, écartement des os ; il n'y a pas de sépa- 
ration entre l'os intermaxillaire et le maxillaire ; ces deux os sont 
intimement unis, sans altération de ce côté-là, et la fente, qui ne com- 
prend que les parties molles et qui divise ces parties molles en deux, 
contourne tout le maxillaire supérieur droit, séparant les parties 
molles en une partie en rapport avec le maxillaire supérieur et une 
autre partie en rapport avec le maxillaire inférieur. Comme de 



204 KYSTKS DERMOIDES 

l'autre côté, il y a toujours un ligament descendant de l'encéphale 
pour venir s'implanter tout à fait dans le fond de la séparation des 
parties molles, à la fois sur le bord du maxillaire supérieur dans sa 
partie la plus reculée, et en bas sur la partie correspondante de 
l'apophyse coronoïde. Ce ligament adhère aussi à l'œil. 

Pas de vice de conformation des membres ni du tronc. Le nez, 
supporté par la lèvre supérieure et l'os intermaxillaire , se trouve, à 
gauche, immédiatement séparé de la joue par la fente verticale. A 
droite, il est relié à la joue par un mamelon de quelques centimètres 
carrés, et séparé du reste par la fente transversale et oblique. 



Obs. XXXVII. — Coloboma congénital de la paupière supérieure 
avec développement incomplet du frontal. — Vestiges d'adhérences au 
niveau de cette malformation (pièce de la collection de l'hôpital 
Trousseau). — Aurousseau (Louis), âgé de onze mois, entré le 24 jan- 
vier 1885 à l'hôpital Trousseau, pavillon Bretonneau, dans le ser- 
vice de Cadet de Gassicourt. Cet enfant est atteint de diphthérie 
grave et meurt quelques heures après son entrée. 

Le père, ancien soldat, souffre de la gorge depuis un mois; nous 
n'avons pu le voir, ni savoir s'il est syphilitique. La mère, âgée de 
vingt-quatre ans, est née de parents sains n'ayant aucune difformité ; 
elle n'a pas eu la syphilis. Elle a eu trois enfants et n'a jamais fait de 
fausse couche. Les deux autres enfants sont en bonne santé. Pour le 
troisième qui nous occupe, la grossesse a été bonne, mais la mère 
raconte qu'elle se serait donné un coup. L'accouchement a été facile. 
Dès la naissance de l'enfant, on s'aperçut de la difformité qu'il pré- 
sentait : au côté gauche du front il portait une tumeur entourée d'un 
relief osseux, tumeur qui augmentait quand l'enfant criait et tous- 
sait; en outre, la paupière supérieure de ce côté était fendue verti- 
calement; l'œil restait constamment ouvert pendant la veille et le 
sommeil, et ne présentait aucun mouvement. L'enfant, d'ailleurs 
bien constitué, possédait les mouvements de ses quatre membres; il 
commençait à marcher lors de son entrée à l'hôpital. Il avait tou- 
jours été bien portant jusqu'à l'âge de dix mois, époque à laquelle 
il eut des convulsions, petites et rares. 

L'autopsie n'a pas été faite, sauf pour ce qui concerne la tète. 

Examen du crâne et de la face. — Sur le visage on remarque les 
déformations suivantes. L'œil gauche est ouvert sans pouvoir se 
fermer complètement. La paupière supérieure est, en effet, attirée en 



OBSERVATIONS 20S 

haut comme dans les rétractions cicatricielles, mais avec cette diffé- 
rence qu'il n'y a pas trace de cicatrices cutanées. La peau, en effet, 
est intacte. L'œil reste ainsi à demi découvert, montrant le fond du 
cul-de-sac supérieur de la conjonctive. La paupière supérieure offre 
une brièveté remarquable dans son milieu et son bord interne. En 
dehors et dans l'étendue de 1 centimètre environ, elle a sa largeur 
normale, et son bord ciliaire est garni de poils. Au contraire, dans 
les deux tiers internes, le bord ciliaire fait, à proprement parler, 
défaut; il est dépourvu de cils et attiré en haut. Le cartilage tarse 
existe en dehors et manque dans les deux tiers internes. 

La région sourcilière gauche se fait aussi remarquer par l'absence 
de poils dans les deux tiers internes. Au contraire, le sourcil existe 
dans l'angle externe, et là les poils forment un bouquet qui n'est 
plus disposé sur une ligne, mais qui s'étale d'une façon irrégulière 
sur une étendue d'une pièce d'un franc. De même, sur la ligne 
médiane, on trouve de petits poils disposés verticalement et allant à 
la rencontre du sourcil droit. 

La région sourcilière offre d'ailleurs une dépression très accen- 
tuée entre son angle externe et son angle interne. Elle n'est pas 
supportée à ce niveau par une arcade osseuse, de telle sorte que la 
peau se déprime et s'enfonce sur tout le milieu de la région du 
sourcil. C'est aussi en ce point que la brièveté de la paupière supé- 
rieure est le plus marquée. 

La région frontale gauche présente en avant les lésions suivantes : 
un bourrelet osseux circonférentiel se dessine en relief; il est seule- 
ment interrompu au niveau de l'arcade sourcilière; il s'arrête aux 
angles externe et interne de cette arcade et fait défaut dans leur 
intervalle. Dans l'aire de cette circonférence, la peau est, sur le cada- 
vre, aplatie et déprimée, et n'est plus soutenue par un plan osseux. 
Quand on explore la région avec le doigt, on reconnaît que le frontal 
fait défaut à ce niveau et que la peau adhère à une membrane fibreuse 
tendue, qui remplace les os du crâne. La surface où le squelette fait 
défaut a les dimensions d'une pièce de cinq francs. En bas, elle cor- 
respond à l'arcade sourcilière qui n'existe pas en sou milieu ; en 
haut, c'est sur le frontal à gauche, à peu prés vers le milieu de cet 
os, que s'arrête la perte de substance. 11 résulte de là que le crâne est 
asymétrique; sa partie latérale gauche paraît plus développée par 
le fait du rebord osseux, et en arrière la bosse pariétale droite est 
plus proéminente que la gauche. 

Quand on dissèque la peau, on reconnaît qu'elle adhère, comme- 



206 KYSTES DERMOIDES 

il a été dit plus haut, à toute la membrane fibreuse qui remplace 
les os, au moyen d^un tissu très serré; mais en bas, quand on arrive 
sur la paupière, on voit des trousseaux fibreux analogues au tissu 
cicatriciel qui réunissent le bord libre de la paupière à la membrane 
fibreuse précédente. Cette espèce de bride est formée de faisceaux 
conjonctifs avec des fibres élastiques et quelques fibres musculaires 
striées. Le bord libre est maintenu relevé par cette adhérence. Le 
cartilage tarse a complètement disparu ; il y a plus : la conjonctive, 
dans son milieu et au niveau de son cul-de-sac supérieur, adhère éga- 
lement; elle a aussi une brièveté beaucoup plus grande en ce point. 

Le crâne est asymétrique ; sa partie frontale est plus développée 
du côté gauche que du côté droit. A gauche, le frontal présente une 
vaste perte de substance qui, à partir du point correspondant à l'ar- 
cade sourcilière, remonte à 6 centimètres de hauteur. En travers, 
elle a en bas une largeur de 5 centimètres, et au niveau de la partie 
moyenne du frontal 4 centimètres. Un bord osseux saillant, sans hy- 
pertrophie considérable, limite cette perte de substance, et une mem- 
brane fibreuse adhérente, se continuant à la fois avec le périoste 
et la dure-mère, part de cette limite osseuse et remplit l'espace 
vide. Du côté de la cavité crânienne la perte de substance est plus 
étendue. Elle comprend, en effet, la presque totalité de la voûte orbi- 
taire, c'est-à-dire qu'elle se prolonge en arrière et en dehors jusqu'à 
la grande aile du sphénoïde, et sur la ligne médiane, jusqu'à la sur- 
face quadrilatère de cet os. En dedans, elle s'arrête à l'ethmoïde : en 
un mot, cette perte de substance ne porte que sur le frontal. Le 
crâne présente encore d'autres particularités. La suture bifrontale 
ou métopique n'est pas soudée et forme une gouttière de plus d'un 
centimètre entre les deux os. De son extrémité antérieure part une 
suture latérale qui se dirige transversalement sur le frontal gauche, 
pour aboutir à la perte de substance déjà décrite et l'atteindre dans 
son milieu. Les sutures fronto-pariétales sont déjà osseuses, ainsi 
que les sutures occipito-pariétales. 

La cavité du crâne est très asymétrique ; les fosses crâniennes 
sont très inégales. La fosse frontale gauche est beaucoup plus déve- 
loppée que la droite, à cause de l'absence du squelette. La fosse 
moyenne gauche est plus large et moins profonde que la droite. 
Enfin la fosse postérieure droite est également moins développée 
que celle du côté opposé. 

Encéphale. — Les lobes antérieurs sont inégaux; le gauche est 
plus volumineux que le droit; sa portion latérale, qui correspond à 



OBSERVATIONS 207 

la perte de substance des os du crâne, s'est développée d'une façon 
très notable, ce qui donne au lobe frontal l'élargissement transversal 
que nous venons d'indiquer. Ainsi l'on note, à la distance d'un pouce 
du sommet du lobe antérieur, une différence de 1 centimètre 1/2 en 
faveur du cùté gauche. De même, sur la face inférieure, la portion 
qui correspond à la voûte orbitaire absente est plus saillante, et les 
circonvolutions sont plus aplaties à ce niveau. 



Obs. XXXVIII. — Polygnathie. Bec-de-lièvre congénital de la lèvre 
inféiHeure occasionné par V interposition d'un maxillaire supplémen- 
taire entre les bords de la solution de continuité (V. pi. III, fîg. 1 
et 2) [Arch. gén. de médecine^ avril 1883, vol. I, p. 39^, obs. 1 — et 
Bidl. et Mém. de la Soc. de chirurgie, 9 juill. 1879, t. Y, p. 621). — 
Amélie Gaupin, âgée de deux ans et demi, nous est envoyée de la 
campagne à l'hôpital Sainte-Eugénie, le 4 juin 1879, par les docteurs 
Dorez, de Yilleneaux (Aube), et Chevallier, de Provins, à l'obligeance 
desquels nous devons les renseignements suivants : 

Quand cette enfant est venue au monde, la lèvre inférieure était 
complètement divisée, et celte division s'étendait du bord libre jus- 
qu'au delà du bord adhérent, c'est-à-dire qu'elle empiétait un peu 
sur le cou; elle était, de plus, absolument médiane. Entre les lèvres 
de cette division s'insinuait une tumeur qui, selon Chevallier, sem- 
blait partir de l'os; cette tumeur était, d'après lui, une inclusion 
fœtale; elle fut adressée à Blot, membre de l'Académie de médecine. 
Derrière la tumeur on trouvait le maxillaire inférieur divisé dans 
toute sa hauteur, comme la lèvre. 

Dans une première opération, faite le 6 janvier 1877, trois jours 
après la naissance de l'enfant, on excisa la plus grande partie de 
cette tumeur; un peu plus tard, le 14 février 1877, on excisa le reste, 
et on fit en même temps l'opération du bec-de-lièvre; mais on ne 
toucha qu'à la lèvre , et le maxillaire inférieur resta tel qu'il était 
quand l'enfant vint au monde. 

Aujourd'hui, 6 juin 1879, nous trouvons notre petite malade dans 
les conditions suivantes : 

Etat actuel. ■ — Elle est âgée de deux ans et demi et d'apparence 
chétive. 

1° La lèvre inférieure est bien réunie jusqu'au menton, mais au 
niveau du menton il existe une fente verticale d'un demi-centimètre 
de longueur; la peau est froncée au-dessous de cette fente qui n'est, 



208 KYSTES DERMOÏDES 

en somme, qu'une véritable fistule, communiquant avec la bouche 
et avec l'intervalle qui sépare les deux parties du maxillaire infé- 
rieur. Cette fistule résulte de ce que la réunion de la lèvre inférieure 
n'a réussi qu'incomplètement. Par elle se fait un écoulement inces- 
sant et abondant de salive qui irrite un peu les bords du trajet fistu- 
leux et les fait rougir. 

2° Le maxillaire inférieur présente une division verticale. Cette 
division est exactement médiane; elle est complète. Partie de l'in- 
tervalle compris entre les deux incisives moyennes, elle tombe droit 
sur le milieu de la symphyse. On peut faire jouer chaque moitié du 
maxillaire sur l'autre moitié, dans le sens vertical et dans le sens 
horizontal. Dans le sens vertical, les dents d'un côté remontent de 
plus d'un demi-centimètre au-dessus des dents de l'autre côté; dans 
le sens horizontal et antéro-postérieur, chaque moitié se place indif- 
féremment en avant et en arrière ; enfin on peut facilement détermi- 
ner un écart de 1 centimètre h peu près entre chaque partie de l'os. 
Quand on produit cet écartement, on voit la muqueuse former des 
mamelons blanchâtres et recouvrir chaque moitié de la division ver- 
ticale, en se continuant en avant et en arrière avec le plancher de la 
bouche et la muqueuse gingivale. 

Il existe deux petites adhérences qui se traduisent par des brides 
entre la langue et la face postérieure de la muqueuse qui recouvre 
l'os. L'une de ces adhérences constitue le frein de la langue, et part 
du sommet de cet organe pour s'implanter à la fois sur le plancher 
de la bouche et sur la muqueuse qui recouvre la face postérieure de 
la moitié latérale gauche du maxillaire. Il en résulte que la langue 
est bridée et ne peut plus franchir fenceinte limitée par l'arcade 
alvéolaire. Il n'y a pas d'autres anomahes du maxillaire; les quatre 
dents incisives existent, de même que les deux canines, et l'enfant 
porte une molaire de chaque côté. 

Enfin on trouve dans le cou une bride anormale très volumineuse 
étendue du maxillaire au sternum; cette bride forme un relief sail- 
lant sous la peau qui glisse au-devant d'elle ; elle a 2 centimètres de 
largeur et elle oblige l'enfant à tenir sa tête fléchie. 

La tumeur, extirpée par Chevallier et adressée à Blot, a été exa- 
minée avec soin en ma présence par Blot et Magitot. C'est un maxil- 
laire surnuméraire avec ses dents incluses. 



Obs. XXXIX. — Atrésie congénitale du rectum. — Infundibulum 



OBSERVATIONS 209 

périnéal congénital. (V. fig. 10, p. 121). — Jeanne Morin, âgée de 
huit mois, nous est présentée le 8 décembre 1883. 

Quand cette enfant est venue au monde , la mère s'est aperçue de 
l'existence d'une anomalie dans la région anale, et en particulier de 
la présence de deux orifices ; mais elle ne s'en est pas autrement 
préoccupée. En effet, dans les premiers temps, les fonctions intesti- 
nales s'exécutaient assez bien : le méconium passait, quoique avec 
difficulté; un peu plus tard, le passage des matières était de temps 
en temps un peu difficile. La mère donnait alors quelques lavements ; 
c'était en efi'et lorsque ces matières prenaient une consistance plus 
solide que cette difficulté se faisait sentir davantage. 

Malgré ces obstacles à la défécation, l'enfant est d'assez belle ve- 
nue et n'a eu ni vomissements ni autres troubles d'aucun genre. 

Voici son état actuel : immédiatement au-dessous de la vulve, on 
remarque qu'il n'existe pas de périnée à proprement parler, mais 
une gouttière assez profonde qui conduit à l'orifice anal. Cette gout- 
tière médiane est bordée par deux bourrelets latéraux qui se conti- 
nuent en haut avec l'origine des petites lèvres. La gouttière a envi- 
ron 2 millimètres de longueur d'avant en arrière et autant de 
profondeur. Elle s'abouche dans un orifice qui est l'orifice rectal. On 
ne trouve pas en effet un anus comme à l'ordinaire, c'est-à-dire un 
orifice en forme d'entonnoir entouré de plis. L'orifice de l'intestin 
est circulaire et comme béant. Il n'est formé que par les deux plis 
îatéraux qui se continuent avec les bords de la gouttière mentionnée 
plus haut. En outre , cet orifice est extrêmement étroit , c'est à 
peine s'il peut recevoir une sonde de femme. Il se continue avec un 
petit canal aussi étroit que lui au-dessus duquel se trouve l'ampoule 
rectale. Quand on présente l'extrémité du doigt, on sent qu'ily a là 
un sphincter anal. 

De plus, entre l'orifice dont je viens de parler et la pointe du coc- 
cyx, juste à égale distance des deux, se trouve un infundibulum de 
un demi-centimètre de long, dirigé un peu vers la partie antérieure 
du coccyx. Quand on explore avec soin cet infundibulum, on voit 
qu'il se termine en cul-de-sac, et qu'il ne communique nullement 
avec l'intestin. La peau à son niveau est fine. Son orifice a environ 
2 millimètres de diamètre. Jamais il n'a suinté par là aucun liquide. 
Comme l'anus est porté en avant, la pointe du coccyx est séparée 
par un pouce environ de cet orifice. L'infundibulum est placé à un 
demi-pouce du rectum, dans les parties molles du périnée; 

Anlécédents. — Le père et la mère sont bien constitués et de bonne 

14 



2i0 KYSTES DERMOIDES 

santé. Ils ont eu deux autres enfants très bien portants. — L'enfant 
n'a eu aucune maladie. 



Obs. XL. — Fibro-chondromes préauriculaires . — Enfant de six 
mois, du sexe masculin, fils de parents jeunes qui ne sont atteints 
d'aucun vice de conformation. Lui-même est exempt de toute autre 
anomalie que celle-ci. A un demi-centimètre en avant du tragus, du 
côté gauche , existent deux appendices congénitaux parallèles entre 
eux et disposés sur une même ligne verticale. Une bandelette de 
peau d'un demi-centimètre environ les sépare. Ils ont l'un et l'autre 
environ 7 millimètres de hauteur. La conformation de l'oreille est 
normale. Excision ; quelques gouttes de sang s'écoulent à peine ; gué- 
rison prompte. 



Obs. XLI. — Fibro-chondromes préauriculaires. — Petite fille âgée 
de trois mois. Parents indemnes de tout vice de conformation. Elle 
porte en avant de l'oreille droite quatre appendices, proéminant à la 
manière de quatre petites cornes ; leur saillie est de 3 millimètres 
environ. Elles sont disposées en deux groupes, un postérieur et un 
antérieur. Entre ces deux groupes existe un intervalle d'un demi-cen- 
timètre. Le groupe postérieur est placé sur la région massétérine de 
la joue, immédiatement en avant du tragus; il est moins proéminent 
que le groupe antérieur. L'oreille est parfaitement bien développée 
et sans vice de conformation. Ces saillies ne seraient pas plus accu- 
sées qu'à la naissance, au dire de la mère. Il n'a été fait aucune opé- 
ration. 



Obs. XLII. — Fibro-chondromes préauriculaires. ■ — Garçon âgé 
de quinze jours. Aucune anomalie chez les parents. Il porte deux 
appendices sur la joue droite en avant et un peu au-dessous du tra- 
gus. Conformation de l'oreille normale. 

Obs. XLIII. — Fibro-cho7idrome de la joue. — Malformation de 
l'oreille externe. — Nouveau-né du sexe féminin, âgé de deuxjours! Il 
porte sur la joue droite, à 1 centimètre de la commissure des lèvres, 
sur le trajet d'une ligne qui se rendrait à l'orifice du conduit audi- 
tif externe, un appendice de 1 centimètre de long. Il a été excisé et 



OBSERVATIONS 211 

examiné au microscope. L'oreille, du même côté droit, est le siège 
d'un vice de conformation ; il existe une atrésie totale du conduit 
auditif. La cavité de la conque n'existe plus ; à sa place se trouve 
une masse cartilagineuse qui se relie au cartilage de la conque très 
réduit dans ses dimensions et formant une saillie verticale mame- 
lonnée. L'enfant ne présente pas d'autre vice de conformation. Les 
parents en sont aussi indemnes ; il est à noter que le père n'a que 
dix-huit ans et la mère dix-neuf ans. 



Obs. XLiy. — Fibro-chondromes buccaux (V. fîg. 19, p. 175). — 
Appendices muqueux de la cavité buccale. Le 9 mars 1881, on nous 
présente à l'hôpital une fillette âgée de cinq mois. Elle porte depuis 
sa naissance, dans la bouche, deux petites tumeurs qui présentent 
les caractères suivants : ce sont deux appendices en forme de cornes, 
de près de 1 centimètre de longueur, placés côte à côte sur un plan 
vertical ; on peut les comparer pour leur volume à un gros grain de 
riz ; leur base est légèrement pédiculée et les deux pédicules sont 
distants de 1 millimètre environ. Les sommets libres sont conoïdes. 

La surface de ces appendices est rosée, unie et constituée par la 
muqueuse buccale. Les appendices sont très mobiles ; mais quand on 
les prend dans les doigts, ils offrent une consistance élastique qui ne 
permet pas de les aplatir. 

Le siège de leur implantation est la face interne de la lèvre infé- 
rieure, à peu près à égale distance du bord libre et du bord adhé- 
rent, plus près pourtant du bord libre ; ils sont distants de 1 centi- 
mètre de la ligne médiane. Ces corps sont très mobiles dans tous les 
sens et ils viennent se placer entre les deux maxillaires dépourvus 
de dents. Quand l'enfant ouvre la bouche, ils se présentent comme 
deux cornes parallèlement disposées. Ces deux appendices ont été 
excisés et étudiés histologiquement. L'enfant ne présente aucun 
autre vice de conformation et il n'y a rien à noter chez les parents. 



Obs. XLV. — Fibro-chondrome de la joue. — Garçon de huit mois. 
Il porte un appendice cutané sur la joue en avant de l'oreille ; 4 mil- 
limètres de saillie. Oreille normale. La mère est atteinte d'un attri- 
but semblable. La mère dit que cet appendice s'accroît depuis la 
naissance. 

Le reste de la conformation de l'enfant ne laisse pas à désirer. 



212 KYSTES DERMOIDES 

Obs. XLVI. — Fibro-chondromes préauriculaires symétriques. — 
Femme de vingt-trois ans. Elle porte quatre appendices cutanés, 
deux en avant de l'oreille droite, deux en avant de l'oreille gauche. 
Ces appendices sont symétriques et à peu près de même dimension. 
Leur hauteur est de 3 millimètres environ. Ses parents n'avaient rien 
de semblable. 



Obs. XLVII. — Fibro-chondromes préauriculaires. — Le docteur 
S..., exempt, ainsi que toute sa famille, de toute anomalie congéni- 
tale, porte en avant de Foreille gauche deux petits appendices, 
situés l'un au-dessous de l'autre, sur une même ligne verticale. Leur 
insertion se fait sur la peau du tragus, et il m'a paru certain qu'ils 
étaient en continuité directe avec ce cartilage. 



Obs. XLVIIL — Fihro-chondromedelajoue. — Malformations symé- 
triques de l'oreille externe. — Lenoble (Henriette), âgée de quinze 
mois, présentée à la consultation de l'hôpital Trousseau en 1883. 

Le père de cette enfant, âgé de trente et un ans, est vigoureux et 
bien portant; il n'a jamais eu d'accidents spécifiques et ne présente 
aucun vice de conformation congénital. La mère, âgée de vingt- 
six ans, se porte bien, quoique très nerveuse; elle ne présente aucun 
vice de conformation, mais un de ses frères aurait eu une affection 
congénitale indéterminée ; il est mort, paraît-il, des suites d'une 
opération qu'on lui aurait fait subir. Cette femme a fait une fausse 
couche de trois mois ; elle a eu un enfant mort-né à terme, un autre 
enfant qui mourut de convulsions à six semaines, enfin l'enfant qui 
nous occupe actuellement. 

Chez cette enfant existe un vice de conformation symétrique, à peu 
près identique de chaque côté. 

Le pavillon de l'oreille ne se présente pas à la manière ordinaire, 
c'est-à-dire avec un évasement. La partie supérieure du cartilage 
de la conque paraît comme rabattue sur elle-même, et vers sa partie 
moyenne elle se continue avec un pont cutané qui est de niveau avec 
la joue. En se repliant ainsi, le cartilage de la partie supérieure de 
la conque limite en haut un petit pertuis ; mais ce pertuis est superfi- 
ciel ; le fond en est comblé par une peau amincie qui se recouvre 
d'écaillés épidermiques ; c'est en un mot un infundibulum. 

De même la partie inférieure du cartilage de la conque, au-dessous 



OBSERVATIONS 213 

du pont dont nous venons de parler, se recourbe en avant, ainsi que 
le lobule qui lui fait suite, et on trouve alors, au-dessous du pont pré- 
cédent, un entonnoir plus large dont le fond est également fermé par 
une peau amincie. Immédiatement au-dessous du pont cutané se 
trouve une petite saillie comparable à l'anlitragus et qui s'oppose à 
la conque repliée. 

Au toucher, on reconnaît bien la présence du cartilage de la 
conque, au moins dans la partie supérieure. En le suivant avec le 
doigt, on sent qu'il se recourbe vers la partie étranglée pour aller 
s'unir dans le petit pont cutané avec les tissus sous-jacents. On ne 
peut dire si ce cartilage existe dans la partie inférieure qui se con- 
tinue avec le lobule. 

L'enfant porte en outre sur la partie inférieure de la joue gauche, 
à 3 centimètres en arrière de la commissure labiale, un petit appen- 
dice dur et saillant, entouré par une zone de peau déprimée. Cet 
appendice était encore plus saillant à la naissance ; le père l'a coupé 
en partie avec un fil d'argent ; il en reste la portion fibro-cartiiagi- 
neuse qui fait saillie. 

Du cùté opposé, l'oreille présente une disposition presque iden- 
tique. L'ouïe est conservée de chaque côté. 



Obs. XLIX. — Fibro-chondromes préauriculaires. — Rossage (Lau- 
rence), âgée de trois mois, est présentée à la consultation de l'hôpi- 
tal Trousseau le 14 février 1883. 

Le père, âgé de vingt-neuf ans, se porte bien et ne semble nulle- 
ment syphilitique. La mère, âgée de vingt-sept ans, ne semble pas 
non plus syphilitique. Elle a eu deux enfants bien conformés, mais 
présentant des ntevi, l'un à la fesse et l'autre au jarret. 

L'enfant qui nous occupe se porte bien; il présente les particula- 
rités suivantes; 

Du côté gauche : 

1° A 1 centimètre en avant du tragus se trouve un appendice 
isolé, de plus d'un demi-centimètre de hauteur et étranglé à sa base. 

2° A l'extrémité libre du tragus s'implante un second appendice, 
haut de plus de 1 centimètre; il n'est pas droit comme les autres, 
mais infléchi à sa partie moyenne; il est résistant et atteint les 
dimensions d'un petit haricot; sa forme donne l'idée d'un appendice 
qui aurait été sur le point de se bilober. 

3° En avant du cartilage de la conque se voit un autre petit appen- 



214 KYSTES DERMOÏDES 

dice qui semble tout à fait comparable aux précédents, mais qui 
n'est pas plus gros qu'une tête d'épingle. 

Les deux premiers sont situés sur une même ligne transversale ; 
le dernier est implanté à 1 millimètre au-dessus environ. 

Du côté droit : 

1° Sur la peau du talus facial du tragus, à trois quarts de centi- 
mètre environ de sa pointe, s'insère un gros appendice bilobé; sa 
base offre environ 1 centimètre d'implantation et est un peu étran- 
glée; l'appendice s'élargit en devenant vertical et ne tarde pas à se 
bifurquer, mais les branches de bifurcation sont très courtes et se 
terminent par une extrémité conoïde. 

2° Un peu en avant existe une dépression large comme une pièce 
de vingt centimes. A son niveau la peau est amincie et l'on voit au 
centre une petite cicatrice blanchâtre. La mère raconte qu'à la nais- 
sance de l'enfant il existait à ce niveau un très petit orifice, qui ne 
tarda pas à se fermer sans suppuration. 

On ne trouve aucune autre particularité sur le reste du corps. 

La mère prétend que les appendices ont grossi depuis la naissance 
et qu'ils suivent le développement de l'enfant. 



Obs. L. — Fibro-chondrome du cou. (Y. fig. 22, p, 177). — Tiolet 
(Auguste), garçon âgé de deux mois et demi, est apporté à la consul- 
tation de l'hôpital Trousseau en mars 1886. 11 porte sur la partie laté- 
rale gauche du cou, juste au niveau de la face externe du sterno- 
cléido- mastoïdien, en regard du faisceau sternal et à l'union du tiers 
antérieur avec les deux tiers postérieurs, une petite tumeur dont les 
caractères sont les suivants. Elle a la forme d'un appendice cutané 
saillant, comparable au molluscum et proéminant de 1 centimètre 1/2 
environ. Elle est formée de deux parties : l'une régulière, pédi- 
forme ; l'autre irrégulière; celle-ci se confond avec la base de la 
tumeur, qui n'est pas pédiculée. Quand on la prend avec les doigts, 
on reconnaît qu'elle se compose d'un revêtement cutané comparable 
à la peau normale et glissant sur la tumeur; elle porte à sa surface 
quelques poils follets ; on n'y voit pas de trace de cicatrice , sauf 
en un point où la peau semble un peu amincie et déprimée. Ce point 
déprimé correspond à la partie irréguHère de la tumeur. Sous le 
revêtement cutané le doigt qui explore la tumeur trouve une pro- 
duction dure et résistante, qui donne l'impression des cartilages de 
l'oreille. Cette lame cartilagineuse glisse sur les parties profondes ; 



OBSERVATIONS 215 

on ne peut dire qu'elle se détache de la gaine du sterno-cléido-mas- 
toïdien, mais elle ne tient que faiblement à elle. 

Rien à noter du côté de la mère; la grossesse a été bonne et l'ac- 
couchement facile. Des cinq enfants de la mère, deux seulement sont 
vivants ; les trois autres sont morts du croup, de méningite et de 
phthisie. Aucun vice de conformation dans la famille. 

Opération, le 9 mars 1886. — La tumeur a été excisée à sa base et 
on a reconnu, en effet, qu'elle adhérait par quelques tractus fibreux 
à la gaine du sterno-cléido-mastoïdien. Elle a été extirpée sans 
hémorrhagie. La tumeur excisée, on trouve, partant de sa base, une 
petite tige cartilagineuse, unique d'abord, qui bientôt se bifurque. 
Une des branches de bifurcation est courte, un peu inégale et pré- 
sente comme des saillies irrégulières du cartilage; c'est elle qui 
soulève la peau à la base de la tumeur. La seconde branche monte 
jusqu'au sommet de la tumeur; elle a 1 centimètre 1/2 de long; 
elle est en forme de lame et présente aussi des inégalités à sa surface ; 
elle se compose d'un tissu fibro-cartilagineux, et une couche de péri- 
chondre la recouvre. Tout à fait à son extrémité, cette lame présente 
quelques tractus fibreux qui vont à la peau. 

L'examen histologique, après durcissement dans l'acide picrique, 
montre que la tige centrale de la tumeur est formée par des îlots de 
cartilage réticulé séparés par des travées conjonctives. 

La peau qui recouvre la tumeur offre de petites papilles et des fol- 
licules pileux nombreux, les uns complètement développés, les au- 
tres à différents stades de leur évolution. 

Le derme est séparé du cartilage central par un pannicule adi- 
peux. 



HUITIÈME SECTION 

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE! 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE 



P. Broca. — Traité des tumeurs, 2 vol., Paris, 1869. 

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transformations et productions organiques en particulier, 2 vol., Paris, 181G. 

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— Traité d'anatomie pathologique générale, 3 vol., Paris, 1849-1856. 

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affections qui en dérivent chez l'homme [fistides branchiales, kystes bran- 
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Paris, 1869. 

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t. XIX, 1874, article Kystes. 

T. Holmes. — Thérapeutique des maladies chirurgicales des enfants, trad. 
par 0. Larcher, Paris, 1870. 

1. La bibliographie des kijstes dermoïdes est divisée on deux parties. La première com- 
prend l'indication des ouvrages auxquels nous avons eu fréquemment à renvoyer. La 
seconde est une bibliographie topographique, c'est-à-dire donnant l'indication des travaux 
spéciaux ou des faits relatifs aux kystes dermoïdes de chaque région en particulier. 



218 KYSTES DERMOÏDES 

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sciences médicales, t. IV, 1819, p. 122 et 217. 

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Wochenschrift, 1876; n° 39, s. 933 ; 40, s. 983 ; 41, s. 1004; 42, s. 1030 ; 
43, s. 10o2; 44, s. 1077. 

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gén. de médecine, t. XV, 1827, p. 3oo et b39. 

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taires ; de l'inclusion fœtale située dans la région sacro-périnéale. Archives 
gén. de médecine, 1862, vol. I, p. 641, et vol. II, p. 43, 194 et 273. 

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G. Vassaux et A. Broca. — Contribution à l'étude des kystes à contenu hui- 
leux, xirch. d'ophthalmologie, juillet-août 1883. 

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génér. de médecine, 1835, vol. I, p. 641, et vol. II, p. 24, 191 et 299. 



BIBLIOGRAPHIE TOPOGRAPHIQUE 



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der gesammten Augenheilkimde, Bd. YI, 4 Tbeii, Leipzig, 1880, s. 679. 

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220 KYSTES DERMOIDES 

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Richard. — Bull, de la Soc. de chirurgie, 2o avril 18oo, t. V, p. 346 

(kyste dermoïde de la voûte orbitaire). 
Richet. — Plusieurs observations dans les thèses de Régnier et Lamps. 
Rizet. — Kyste osseux de la paupière supérieure gauche. Ann. d'ocidistique, 

1867, t. LVIl, p. 184. 

Ryba. — Genesis der Haarbalggeschwidst der Orbitalgegend. Prager Viertel- 

jahrschrift f. die prakt. Heilk., 1844, Q. Il; Analekten, s. 262. 
Saint-Yves. — Nouv. traité des mal. des yeux, p. 147, — d'après F. Gaci- 

tua. Essai sur les kystes de l'orbite, thèse de Paris, 1877, n'^ 314. 
J. et A. Sichel. — Considérations sur les kystes pierreux ou calcaires des 

sourcils. Ann. d'ocidistique, 1867, t. LVII, p. 211, — et Gaz. des hôpitaux. 

Il mai 1877, p. 221. 
Taylor. — Cité par Wagstafïe, loco cit., p. 203. 
Trélat. — Tumeur du sourcil droit; tissu osseux et substance crétacée. Bull. 

de la Soc. anatom., déc. 1872, p. 5o6. 
G. Vassaux et V. Broca. — Loco cit. (kyste huileux du sourcil). 
"W. "Wagstaffe. — Congenitcd dermoid cysts occuring in the branchial and 

other clefts. Trans. of the Pathol. Soc. of London, jdin. 13, 1878, vol. XXIX, 

p. 194, — 3 cas. 
"W. Sp. Watson. — An inira-orbitar dermoid cyst, resulting in abcess ; the 

cyst removed subsequently; satisfactory resuit. The Lancet, july 27, 1872, 

vol. II, p. 118. 
— Congrès d'ophthalm. de Londres, 1872, d'après Cusset, loco cit., p. 198. 



222 KYSTES DERMOÏDES 

Zethermann. — Rrqjport sur les travaux de la Soc. mécl. de Suède, par De- 
mangeon, 1810, — d'après Cruveilliier, Essai, t. II, p. 188, et Traité 
d'anat. pathoL, t. III, p. 340. 

Observations personnelles I à XIX, p. 179 à 187. 



KYSTES DERMOÏDES DU CUIB. CHEVELU 

M. Hoffmann. — Miscell. cur., déc. 2, an. V, — d'après Cruveilliier, 

Essai, t. II, p. 186. 
Lobstein. — Tixiité d'anat. pathol., Paris, 1829, t. I, p. 3oO, — d'après 

Lebert. 
Auvert. — Cité par Prescott Hewelt. 
Lenoir. — Cité par Prescott Hewett. 
Picard. — Cité par Prescott Hewett. 
Heschl. — Prager Viertelj., 1860, loco cit., s. 49. 
Giraldès. — Bull, de la Soc. anatom., 41"^ année, juin 1866, p. 297 (kyste 

dermoïde de la fontanelle antérieure). 
Busk. — Cité par Prescott Hewett, p. 92. 
Athol Johnson. — Cité par Prescott Hewett, p. 98. 
Prescott He-wett. — Contributions to the surgery of the head. Sebaceous 

tiimours of the cranial région. Saint George's Hosp. Reports, vol. IV, 1869, 

p. 100. 

Hueter. — In: Virchow's und Hirch's Jahresbericht f. 1870, Bd. II, s. 333. 

A. Wrany et Th. Neureutter. — Œsterr. Jahrb f. Pœdiatrik, d'après Rev. 
des se. méd., 1873, t. I, p. 228 (kyste dermoïde de la fontanelle anté- 
rieure). 

H. Arnott. — Dermoid cyst of the scalp simulating meningocele. Trans. 
of the Pathol. Soc. of London, jan. 20, 1874, vol. XXV, p. 228 (kyste 
dermoïde de la fontanelle antérieure). 

Heurtaux. — Gaz. des hôpitaux, 1874, p. 347, — et article Kystes du Noitv. 
Bictionn. de môd. et de chir. prat., p. 733 (kyste dermoïde de la fonta- 
nelle antérieure). 

E. Gironde. — Contribution à l'étude des kystes dermoîdes. Lyon médical, 

17 août 1879, t. XXXI, p. 337. 
E. Tachard. — Kyste dermoïde de la région temporale droite. Revue médicale 

de Toidouse, XIV« année, mai 1880, p. 147. 
R. Trzebicky. — Ein Beitrag zur Lokalisation der Dermoidcysten. Wiener 

med. Wochensch., 1883, n° 13 u. 14, — d'après Centralbl. f. Chir., 1883, 

s. 336. 

Observation personnelle XXH, p. 189. 

— — XXHI, p. 189. 

— — XXIII bis, p. 190. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 223 



KYSTES DERMOIDES DE LA CAVITE CRAXIENXE 

V. Menghinus. — Be Bononieiisi scientiarum et artium Instîtuto atque Aca- 
demia, Bonon., 174o, t. II, pars prima, p. 184, — 'd'après Lebert, Mém. 
cité. — Femme de cinquante ans ; masse pileuse du volume d'un pois, 
dans le ventricule gauche ; poils implantés. 

Morgagni. — Be sedibus et causis morhorum, epist. XXIV, n° 4, — et 
Epist. anatom., XX, n° 38, — d'après Lebert, Mém. cité. — Fœtus ; la 
tente du cerveau renfermait un kyste contenant de la matière grasse et 
des poils. 

Paget. — Lectures on tiimours, London, 18ol, p. 31, — d'après Lebert, Mém. 
cité. — Homme ; dans le tissu de la pie-mère, sous le cervelet, masse 
de graisse granuleuse mêlée de poils. 

Hawkins. — D'après Paget, ibib., cité par Lebert, et d'après Holmes, op. 
cit., p. o3. — Pièces du Musée de Saint George's Hosp., série H, ii° 249 et 
série VIII, n° 100. — Enfant de deux ans et demi ; à la surface interne 
de la dure-mère, près du pressoir d'Hérophile était attachée une masse 
de matière grasse avec une boucle de cheveux foncés de 1 à 1 pouce 1/2 ; 
l'occipital le recevait dans une dépression et présentait même une légère 
perforation. 

J. Pearson Irvine. — Trans. ofthe Patholog. Soc. of London, nov. 19, 1878 ; 
vol. XXX, p. 19o. — Bermoid cyst of the brain. — Fille de sept ans. Adhé- 
rence des méninges à la partie postérieure de la calotte crânienne ; abcès 
comprenant la plus grande partie du cervelet, la région postérieure de la 
moelle allongée et la partie supérieure de le moelle cervicale ; pus, matière 
caséeuse, touffes de cheveux. Ventricules distendus par du liquide limpide. 

F. "WidaL — Soc. anatom., 1885. V. obs. XXIV, p. 191. 

MiUiarésis (de Céphalonie). — Fait communiqué à la Soc. royale d'Athènes, 
par Th. Aretacos, — d'après Gegg-Markheim, thèse citée, p. 2o. — 
Fœtus de sept mois ; hydrocéphalie ; dans le cerveau, deux fœtus para- 
sites constitués par des masses de tissu conjonctif qui représentent le 
tronc et auxquelles viennent aboutir les extrémités, nettement définies, 
des membres supérieurs et inférieurs ; en outre, poches contenant des 
poils, dents, fragments osseux, en sorte que dans ce cerveau olympien, 
dit l'auteur, il y avait au moins deux parasites et peut-être quatre. 



EYSTES DERMOÏDES DU XEZ 

"W. Lawrence. — Encysted tumors of the Eyelids, containmg Hair. London 
médical Gazette, new séries, vol. I, 1837-38, december 16, 1837, p. 472. 

J. Cruveilhier. — Anat. pathoL, 1. 1, 18Mivr., p. 3 de l'explication des- 
planches III, IV et V. 



224 KYSTES DERMOÏDES 

J. Cruveilliier. — Traité d'anat. pathol. gén., t. III, p. 340-341. 

En 1847, à la Société anatomiqiie, il cita le même cas disant que l'ori- 
fice était placé sur l'aile du nez. Bull, de la Soc. anatom, 22^ année, 
mars 1847, p. 96. 

Observation personnelle XX, p. 187. 
— — ■ XXI, p. 188. 



KYSTES DERMOÏDES DE LA JOUE 

Verneuil. — Kyste dermoîde profond de la face, situé au niveau de la com- 
missure intermaxillaire et accolé à la face externe du maxillaire supérieur. 
Extirpation. Guérison. — Cusset, thèse citée, p. 201, obs. XXXVII, — 
Femme de vingt-quatre ans, début remontant à plusieurs années, côté 
droit. lû'ste principal contenant une matière muqueuse et des amas de 
matière caséeuse avec cellules épitliéliales semblables à celles des 
glandes sébacées ; poils follets ; saillies papilliformes de la paroi ; épithé- 
lium pavimenteux. Nombreux petits kystes secondaires à contenu mu- 
queux et à revêtement d'épithélium pavimenteux. 

Il faut peut-être considérer comme dermoîde un kyste sléatomateux 
développé dans l'épaisseur de la joue droite, observé parRigal (de Gail- 
lac), Bull, delà Soc. de chir., 30juill. 1851, t. Il, p. 218. 



KYSTES DU COU 

1° Kystes dermoïdes. 

Dupuytren. — Kystes séreux développés au cou entre l'os hyoïde et le carti- 
lage thyroïde. Gazette des hôpitaux, t. V, 26 juill. 1831, n° 26, p. 101. — 
Kyste Ihyro-hyoïdien, chez une fille de treize ans, existant depuis l'âge 
de quatre ans, renfermant une matière mélicérique dans laquelle le chi- 
rurgien croit apercevoir quelques poils. 

Giraldès. — Bull, de la Soc. anatomique, 22° année, mars 1847, p. 96. — 
Homme de vingt et quelques années ; début incertain ; siège au milieu de 
la distance qui sépare le cartilage thyroïde de la fourchette sternale ; 
contenu : pus ci'émeux, quelques poils blancs. 

Heschl. — Ueber die Dermoid-Cysten. Prager Yierteljahrschrift f. diepraht. 
lleilk. XVIP" jâhrg., 1860, IV" Bd. Origiiial Aufsœtze, s. 48. —V. p. 22. 

R. Virchow. — Ein ticfes auriculares Bermoid des Halses. Virchoio's Archiv 
f.pathol. Anat., 1866, Bd. XXXV, h. 1, s. 208. —Femme de vingt-quatre 
ans, tumeur remarquée à l'âge de quatorze ans, occupant la région paro- 
tidienne gauche. Contenu blanc jaunâtre. Adhérence de la paroi à la gaine 
de la carotide; plaque dure à ce niveau composée de cartilage et de fibro- 
carlilage; paroi dermoîde avec glandes sébacées. 



T^DEX BIBLIOGRAPHIQUE 225 

P. Broca. — Tr. des tumeurs, Paris, 1869, t. II, p. 79, note 1. — Jeune 
homme de dix-sept ans. Kyste thyro-hyoïdien, apparu vers treize ans, 
contenant de la matière sébacée et des poils. 

Max Schede.— Ueber die tiefen Atherome des Halses. Langenbeck's ArcMvf. 
Min. Chirurgie, 1872, Bd. XIV, s. 1. 

I. Obs. 2. — Garçon de quinze ans, début vers treize ans et demi. Kyste 
siégeant vers le milieu du sterno-mastoïdien gauche et s'étend ant 
jusqu'aux vertèbres cervicales, contenant de la matière athéromateuse 
avec des cellules cornées. Paroi dermoïde sans poils ni glandes. 

II. Obs. 3. — • Fille de vingt-deux ans, début à l'âge de onze ans; 
tumeur siégeant à gauche immédiatement en avant du stei'no-mas- 
toïdien, ouverte une première fois, puis récidivée. Contenu athéro- 
mateux. Paroi dermoïde sans poils ni glandes. 

Bordeaux médical, f^ année, 1872,25 août, n° 27, p. 211. Kyste dermoïde 
thyro-hyoïdien. — Jeune homme de dix-huit ans ; tumeur remarquée à 
l'âge de six mois; adhérence à l'os hyoïde. Contenu graisseux, poils 
soyeux et blanchâtres. 

A. Heurtaux. — ISouv. Dictionn. de méd. et de chir. pratiques, t. XIX, 1874, 
art. Kystes, p. 733. — Jeune homme de dix-neuf ans ; division congéni- 
tale du voile du palais ; kyste thyro-hyoïdien, remarqué à l'âge d'un mois, 
adhérent au périoste de l'os hyoïde; contenu formé de cellules épider- 
miques et de quelques poils. 

Panas. — Bull, de la Soc. de chirurgie, 29 avril 1874, 3*^ série, t. III, p. 233, 
et Gaz. des hôpitaux, 19 mai 1874, n'' 57, p. 431. — Jeune homme de 
vingt ans, tumeur remarquée deux mois avant; siège thjTO-hyoïdien ; 
adhérence à l'os hyoïde ; contenu sébacé avec des cheveux blonds. 

E. Neumann et P. Baumgarten. — Zioei 'Exile von Fistida Colli congenita 
cystica [Kiemengangscyste Roser). Langenbeck's Archiv f. klin. Chir., 
1877, Bd. XX, s. 819. 

1. Fall Neumann, s. 819. — Femme de vingt-trois ans; tuQieur con- 
génitale à la partie antéro-inférieure droite du cou. Contenu ana- 
logue à la terre glaise. Paroi revêtue d'épithélium pavimenLeux et 
d'épithélium vibratile. 

2. Fall Baumgarten, s. 821. — Homme de cinquante-huit ans; tu- 
meur remarquée un an avant ; occupant la partie latérale droite du 
cou. Contenu jaune pâteux. Paroi tapissée d'un mélange d'épithé- 
lium pavimenteux stratifié et d'épithélium vibratile. 

E. Tachard. — Kyste dermoïde pili-graisseux dans la région sous-hyoïdienne. 

Extirpation. — Revue médicale de Toidouse, octobre 1878, n° 10, p. 321. 

— Jeune homme de dix-huit ans ; kyste remarqué à huit ans, situé à la 

partie inférieure de la région sous-hyoïdienne, au-dessus du sternum. 

Adhérence postérieure à la trachée. Contenu comparé à du fromage 

blanc, à du mastic mou de vitrier ; poils. 
E. Gironde. — Contribution à l'étude des kystes dermoides. Lyon médical, 

17 août 1879, t. XXXI, p. 337; obs. 1. — Homme de vingt-trois ans; 

kyste reconnu à onze ans, thyro-hyoïdien, adhérent à l'os hyoïde. Con- 

15 



226 KYSTES DERMOIDES 

tenu blanc crémeux avec de nombreux poils. Paroi dermoïde sans 
papilles ni glandes sudoripares. 

T. Bryant. — Case of oil cyst removed from the parotid région. Transact. 
of the Pathol. Soc. of Lonclon, vol. XXXIII, oct. lo, 1881. — Femme de 
dix-neuf ans, tumeur congénitale au-dessou s de l'oreille gauche et seconde 
tumeur plus petite au-devant du lobule et communiquant avec la pre- 
mière. Adhérence au nerf facial. Contenu huileux. Paroi cutanée dans 
laquelle on trouva un poil rudimentaire (examen par Goodhart). 

Observation personnelle XXV, p. 193. 
— — XXVI, p. 194. 

2° Kystes branchiaux probablement dermoïdes. 

Quain. — Encysted tumour of the neck. Opération. — The médical Times, 
vol. XXI, april 20, 18S0, p. 293. — Femme de trente-six ans; début à 
vingt-un ans ; tumeur siégeant sous la base du maxillaire inférieur, un 
peu au-devant de l'angle. Contenu : sérosité et matière athéromateuse. 

Chassaignac. — Bull, de la Soc. anatom., 33^ année, juin 1838, p. 274. — 
Enfant de quinze ans; kyste de la région sus-hyoïdienne, opéré déjà 
six ans auparavant et récidivé. Contenu sébacé : cellules épithéliales et 
cristaux de cholestérine (examen par Dufour). 

Langenbeck. — Beitrœge ziir chirurgischen Pathologie der Venen. Archiv 
f. klin. Chir., 1861, Bd. I. 

I, s. 14. — Dermodicyste ander Gefsesscheide der Vena jugularis interna. 
Extirpation mit ausgedehnter Ablœsung der Vene. ïleilung. — Jeune 
fille de dix-sept ans ; côté gauche, tumeur étendue de l'angle de la 
mâchoire au cartilage cricoïde; adhérence à l'apophyse styloïde et 
à la gaine des vaisseaux. Contenu athéromateux (cellules épithéliales 
et cholestérine). 

Examen histologique par A. Lûcke, ibid., JJeber Atheromcysten der 
Lymphdrûsen , s. 336. — Paroi tapissée d'épithélium pavimenteux 
stratifié, au-dessous duquel on trouve du tissu réticulé, mais séparé 
de l'épithélium par une mince couche cellulaire. Liicke considère ce 
kyste comme un kyste athéromateux développé dans un ganglion; 
mais peut-être s'agit-il seulement d'un ganglion adhérent à la paroi 
d'un kyste athéromateux. V. l'^'" cas de Max Schede. 

II, s. 23. — Exstirpation einer Bermoidcyste von der Scheideder grossen 
Hcdsgefœsse. Veriounderung der Vena jugularis communis. Stillung 
der Blutung durch Compression. Heihing. — Fille de vingt ans, début 
à neuf ans, côté gauche; tumeur entre le cartilage thyroïde et le 
sterno-mastoïdien. Contenu athéromateux, cholestérine. 

P. Broca. — Tumeurs, t. II, p. 79, note 2. — Fille de dix ans, kyste thyro- 
hyoïdien, reconnu à six ans. Contenu granuleux, sébacé. 

Max Schede. — Ueber die tiefen, etc., loco cit. Obs. I. — Jeune homme de 
dix-sept ans ; tumeur siégeant sous le bord antérieur du sterno-mastoïdien 
gauche ; quelques adhérences à la gaine des vaisseaux, prolongement 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 227 

entre le larynx et le pharynx. Contenu crémeux (cellules épithéliales). 
Au-dessous de l'épithélium stratifié qui tapissait la cavité kystique, on 
trouva un tissu conjonctif très riche en leucocytes, surtout au voisinage 
immédiat de l'épithélium ; mais nulle part il ne présentait de structure 
folliculaire. Au-dessous de ce tissu conjonctif, et séparé de lui par une 
zone de tissu conjonctif normal, on trouva du tissu ganglionnaire ordi- 
naire avec des follicules bien caractérisés ; il n'y avait aucune communi- 
cation vasculaire entre ce dernier tissu et la couche conjonctive sous- 
épilhéliale. Il y a lieu de penser que l'aspect delà couche sous-épithéliale 
était dû à un état inflammatoire produit par l'injection iodée et que le 
tissu ganglionnaire observé provenait d'un ganglion intéressé par l'opé- 
ration et extirpé avec la paroi du kyste qui adhérait à la gaine caroti- 
dienne. 

La sœur jumelle de ce malade avait deux fistules branchiales externes 

en avant des conduits auditifs. 

Volkmann. — Fait rapporté par Max Schede [loco cit., p. 19). — Jeune 

homme de dix-huit ans; kyste existant depuis quelques années sous le 

bord antérieur du sterno-mastoïdien, contenant une bouillie assez épaisse. 

Luecke. — Die Lehrevond en Geschioùlsten. Handb. der allgem. u. spec. Chir. 
V. Pitha u. Billroth, Bd. II, Abth. I, s. 126. — Femme de vingt-quatre ans; 
kyste dermoïde; région sous-maxillaire droite; adhérence principale à 
l'apophyse styloïde. 

Campenon. — Obs. du service de Giraldès, in : L.-F. Guérin, Des kystes 
congénitaux du cou et de leur traitement, thèse de Paris, 1876, n° 392 ; 
obs. Vil, p. 28. — Garçon de onze ans; tumeur congénitale de la région 
parotidienne gauche. Excision partielle et cautérisation ; contenu con- 
sistant en une bouillie brunâtre ; paroi tapissée d'une couche épithéliale à 
cellules polygonales inégales, reposant sur un tissu cellulo-flbreux dense. 

Esmarch. — Zur Behandlung cler tiefen Atheromcysten des Halses. Langen- 
beck's Archiv f. kl. Chir., 1876, Bd. XIX, s. 224. 

I. Cas de la fig. 1. — Jeune fille de vingt-deux ans; kyste existant 
depuis plus de deux ans, côté droit. Contenu purulent (épithélium et 
corpuscules de pus). 

II. Cas de la flg. 2. — Garçon de cinq ans ; région sous-maxillaire 
droite. Liquide brun trouble, beaucoup d'épithélium plat et choles- 
térine. 

III. Cas de la fig. 3. — Jeune homme de vingt ans; kyste existant 
depuis quinze mois à la partie supérieure et latérale du côté droit. 
Liquide jaunâtre mélangé de grumeaux blanchâtres riches en cellules 
épithéliales. 

IV. Cas de la fig. 4. — Homme de vingt-huit ans ; début à vingt-sept 
ans ; côté droit. 

A. Bidder (de Mannheim). — Zur Casuistik imdBehandlung der tiefen Athe- 
romcysten des Halses. Langenbeck's Archiv f. klin. Chir., 1877, Bd. XX, 
s. 434. 
Jeune fille de vingt-cinq ans ; tunjeur remarquée à douze ans, immédia- 



228 KYSTES DERMOÏDES 

tement au-dessus de la fourchette sternale. Contenu caséeux (détritus 
graisseux, cellules épithéliales). 

De Saussure Ford. — Extirpation of teratoma; or teratoid tuniour. The 
American Journ. ofthe médical sciences, jan. 1879, new séries , vol.LXXVII, 
p. 91. — Femme de quarante-quatre ans ; tumeur remarquée à dix-huit 
ans derrière l'oreille, ayant envahi la face et le cou. Examen par R.-H. 
Fitz : îlots cartilagineux dans du tissu fibreux, graisse, tissu muqueux, 
bandes épithéliales ressemblant au corps muqueux, et corps arrondis 
composés d'écaillés épidermiques. 

Tillaux. — Kyste dermoîde de la région sus-hyoïdienne. Gaz. des hop., 
23 juin 1883, n° 72, p. 569. — Femme de vingt-huit ans; tumeur re- 
marquée à 7 ans; développement successif; région sus-hyoïdienne, mé- 
diane et latérale gauche. Extirpation. 

3" Kystes branchiaux mucoldes. 

F. Jouon. — Kyste du cou muni cl' épithélium vibrcdile. Journ. de la sect. de 
méd. de la Soc. académ. de la Loire-Inférieure, 40"^ vol., 211^ livr., p. 23, 
Nantes, 1864, — d'après Heurtaux, art. Kystes, p. 736. — Jeune homme; 
tumeur remarcfuée vers dix ans ; médiane, immédiatement au-dessous du 
larynx. Contenu: boue noirâtre. Paroi conjonctive revêtue d'épithélium 
cylindrique vibratile. 

Nélaton. — Obs. recueillie par Anger. — J.-Ch. Dumoulin, De quelques 
productions hétérotopiques de muqueuses à épithélium prismatique cilié, thèse 
de Paris, 1866, n° 2o6 ; obs. I, p. 22. — Garçon de douze ans, début à 
neuf ans ; tumeur médiane, thyro-hyoïdienne, contenant un liquide filant. 
Incision, fistule consécutive. Paroi muqueuse avec épithélium prisma- 
tique vibratile. 

Houel. — Fistule prélaryngée thyro-hyoîdienne. Bull, de la Soc. de chirur- 
gie, 22 avril 1874, 3"= série, t. III, p. 220, — et Gaz. des hôpitaux, 30 mai 

1874, n° 62, p. 491. — Garçon de douze ans et demi ; kyste thyro-hyoïdien 
remarqué à sept ans; incision fistuleuse, trajet recouvert d'épithélium 
cylindrique vibratile (examen par Th. Anger). 

Tapret. — Obs. in : V. Afîre, Des kystes thyro -hyoïdiens, thèse de Paris, 

1875, n° 373; obs. II, p. 36. — Fille de cinq ans et demi; tumeur mé- 
diane, thyro-hyoïdienne, augmentant de volume après le repas et quand 
on provoquait une salivation abondante; ouverture spontanée et fistule 
consécutive, donnant issue à un liquide filant, opahn, plus abondant pen- 
dant la mastication. Un stylet pénétrait vers la base de la langue au 
niveau de l'épiglotle. Un bourgeon charnu, saillant à l'extérieur et excisé, 
présentait un revêtement d'épithélium vibratile. 

4° Kystes branchiaux de nature indéterminée. 

Dupuytren. — Obs. recueillie par Rognetta : Bévue médicale française et 
étrangère, 1834, 1. 1 ; p. 379, obs. \I. — Homme de cinquante ans ; kyste 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 229 

Ihyro-hvoïdien, datant de l'enfance ; accidents dyspnéiques. Contenu : 
matière liquide jaunâtre et épaisse. 

Flaubert. — Obs. recueillie par Laloy, in : Fleury et Marcliessaux, De quel- 
ques turaeurs enkystées du cou, etc. Arch. gén. de méd., 1839 i'3^ série, t. V), 
p. 433, obs. V. — Femme de trente ans ; tumeur remarquée à vingt-cinq 
ans; rég. latérale gauche du cou. Paroi ressemblant à la muqueuse sto- 
macale; licpiide café au lait, chargé de paillettes brillantes. 

Paget. — Cité par Heurtaux, art. Kystes, p. 7o3. — Pièce du musée du 
Collège des chirurgiens. — Kyste adhérent à l'os hyoïde, chez un matelot 
de cinquante à soixante ans et datant d'aussi longtemps que le malade 
pouvait se souvenir. Contenu mélicérique. 

J. Gilles. — De hygromaticis cysticis congenitis, etc., Bonn, 18o2, — et Arch. 
gén. de méd., 18-33, t. I, p. 82. — Kyste du cou chez un nouveau-né ; côté 
gauche; ponction, ligature à la base; mort. Contenu albumineux ; paroi 
ressemblant à une muqueuse ; deux loges communiquant par un canal 
étroit. 

Ce cas, cité par Cusset (p. 142) comme kyste branchial, nous paraît 
se rapporter plutôt à un kyste séreux. 

Larrey. — Bull, de la Soc. de cMr., 20 ami 1853, t. III, p. 489; 27 ami, 
p. b03, et lo juin, p. 607. — Soldat ; kyste préthyroïdien, développé de- 
puis quatre ans, communiquant par un trajet canaliculé avec une tumeur 
sus-sternale dont l'ouverture reste fistuleuse. Sérosité roussàtre, fausses 
membranes tabulées. Guérison par les injections iodées. 

Roug-et. — Obs. citée dans Verneuil, Recherches anat. pour servir à l'his- 
toire des hjstes de la partie sup. et méd. du cou. Arch. gén. de méd., 18o3, 
vol. I, p. 189. — Kyste médian th}TO-hyoïdien existant depuis long- 
temps chez un adulte. Contenu crémeux renfermant de nombreuses cel- 
lules épithéliales et des cristaux de cholestérine. 

Considéré par Verneuil comme développé aux dépens de la pyramide 
de Lalouette, ce kyste nous parait être d'origine branchiale. 

Faucon. — iSote sur deux cas de fistules hranchiales. Bull, de la Soc. de chir., 
22 avril 1874, 3^ série, t. lU. 

Obs. I, p. 213. — Femme de trente-neuf ans : fistule branchiale borgne 
externe, du côté gauche, au niveau du cartilage th}T0ïde ; tumeur 
ouverte à sept ou huit ans. Sécrétion analogue au mucus utérin. 
Obs. II, p. 213. — Femme de ving^-huit ans ; à l'âge de deux ans, for- 
mation d'une tumeur qui s'omTit et laissa une fistule médiane, 
th}T-o-hyoïdienne. Dissection. Adhérence du trajet à la membrane 
th}TO-hyoïdienne. 

Phafontaki 'd'Écouen). — Fistule hroncMale. Union médicale, 27 juin 
1874, p. 1036. — Fille de trois mois; fistule congénitale à égale distance 
du cartilage cricoïde et de la fourchette sternale ; la fistule s'étant fer- 
mée, formation d'une tumeur à contenu sébacé. 

Cette observation de fistule bronchiale (?) est considérée avec raison par 
Cusset (p. 94) comme un cas de fistule branchiale transformée en kyste. 



230 KYSTES DERMOÏDES 

V. Affre. — Des kystes thyro-hyoîdiens, thèse de Paris, 1873, n" 373; 
obs. I, p. 31. — Malade du service de Tillaux ; homme de vingt et un ans ; 
à six ans tumeur médiane, àl'union des régions sus- et sous-hyoïdiennes, 
qui disparut, puis reparut à dix ans. Contenu jaunâtre, granuleux, semi- 
liquide. 

De Saint-Germain. — Kyste prélainjngé, — séton filiforme. — Giiérison. — 
Ann. des mal. de l'oreille et du larynx, t. I, 1875, p, 398. — Fille de 
quatre ans ; tumeur remontant à sept mois, médiane, adhérente profon- 
dément au cricoïde, contenant un liquide assez épais, un peu rougeâtre. 

S. Duplay. — Des fistules congénitales du cou [fistides branchiales). Arch. 
génér. de méd., 1873, vol I, p. 83. — Soldat de vingt-deux ans; tumeur 
remarquée depuis quelques mois vers la partie inférieure et droite du 
cou ; continue en haut avec un cordon induré qui semble adhérer à la 
grande corne droite de l'os hyoïde. 
— Fistide congénitale du cou consécutive à l'ouverture d'un kyste branchial. 
Pathogénie. Diagnostic. Traitement. — Progrès médical, 28 avril 1877, 
p. 321. — Fille de quatorze ans, portant depuis un an une petite tumeur 
sus-sternale ; celle-ci s'ouvrit et laissa une fistule; écoulement semblable 
au mucus nasal ; cordon canaliculé reliant l'oriflce à la partie droite du 
corps de l'os hyoïde. 
Ollier. — Observation recueillie par Cusset, thèse citée, p. 66, obs. I. — 
Femme de vingt-huit ans; à l'âge de deux mois, tumeur sus-sternale 
dont l'ouverture resta fîstuleuse. Traitements divers ; liquide contenant 
des cellules muqueuses et des leucocytes. 
Démons. — Kystes congénitaux canaliculaires du cou. Observations présen- 
tées devant la Soc. de méd. et de chir. deBordeaux, 3 juillet 1883. — Anal, 
in : Rev. mens, des mal. de l'enfance, août 1883, p. 377. 

1'^'' cas : jeune fille ; à cinq ans, tumeur au niveau de l'os hyoïde, ou- 
verte spontanément; fistule consécutive; dissection du trajet jus- 
qu'en arrière de l'os hyoïde. 
2"= cas : enfant de dix ans ; à dix mois, tumeur au niveau du cartilage 
cricoïde, ouverte spontanément ; fistule consécutive. 

Dubar (de Lille). — Soc. de chirurgie, 22 juillet 1883 ; rapport par Monod. 

— Jeune fille de dix-neuf ans ; kyste congénital de la région hyoïdienne; 

deux opérations. Bourgeons épithéliaux. 
Observation personnelle XXVII, p. 193. 



KYSTES DERMOÏDES DU PLANCHER BUCCAL 

Pierre de Marchettis. — Observ. de tumeur mélicérique au-dessous de la 
langue avec gêne de la respiration, in : Warmont, Recueil d'observations 
rares de médecine et de chirurgie, par Pierre de Marchettis, traduit en 
français et précédé d'une étude historique sur la vie et les ouvrages de 
l'auteur. Thèse de Paris, 1838, n° 103, p. 69, obs. XXXI. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 231 

Jourdain. — Traité des maladies de la bouche, t. II, 1778, p. bo8 et oo9 
(cité daprès la thèse de Landeta, p. 39). — Deux observations emprun- 
tées au Bictionnaire raisonné d'anatomie, 1. 1, p. 620. — Ces deux obser- 
vations sont peu précises : dans la l""^ le contenu est comparé à la sub- 
stance cérébrale, mais un peu moins consistant ; dans la 2'^ c'était une 
humeur de la nature du mélicéris. 

Desault. — Œuvres chirurgicales, édition Bichat, t. Il, Paris, 1813, p. 216; 
observ. de Hernu. — Femme de \-ingt-quatre ans ; tumeur datant de 
l'enfance, renfermant une matière blanchâtre grumelée. 

Sicherer. — Rapport annuel sur l'hôpital d'Eeilhronn, 1837-38 (d'après 
la thèse de BerLherand, p. 9). — Observ. de tumeur à contenu athéro- 
mateux, du côté droit, chez un jeune homme de dix-sept ans, datant de 
deux ans. 

Syme. — Observation citée d'après la thèse deBertherand, p. 9. — Tumeur 
datant de l'enfance, chez une jeune fille de vingt-quatre ans, contenant 
une matière grisâtre, lardacée. Un autre fait de Syme, relatif à un kyste 
congénital médian, chez un garçon de dix-sept ans, est mentionné dans 
le mémoire de Combalat. 

Rigaud. — In : Bertherand, Recherches sur les tumeurs sublinguales, thèse 
de Strasbourg, 1843, 2" série, n" loi, p. 9. — Femme de vingt-quatre 
ans, tumeur sublinguale du côté droit, contenant une matière grasse 
comparée à du suif ramolU. 

Linhart. — Observ. de Dehler, Œsterreichische Zeitung, 1857, n" 3, — in: 
Gazette hebdomadaire, 20 févr. 1837, n° 8, p. 134. — Kyste athéromateux 
chez une femme de vingt-un ans, datant de deux ans. 

— CEsterreich. Zeifschr., n° 14, — in : Gazette hebdomadaire, 9 j uill. 1838 , n" 28, 
p. S02. — Kyste médian, chez un homme de vingt-huit [ans, empêchant 
le rapprochement des mâchoires, gardant l'empreinte du doigt, con- 
tenant une matière épaisse et blanche et des poils courts et incolores. 

Richet. — In : J.-B. de Landeta, Réflexions sur quelques tumeurs sublin- 
guales, thèse de Paris, 1863, n°40, p. 43, obs. XHI. — Tumeur médiane à 
contenu sébacé chez un enfant de quelques jours. 

Denonvilliers et Verneuil. — Observation pubUée in : Compendium de 
chirurgie pratique, Paris, 1832-1861, t. III, p. 731, et complétée dans la 
thèse de Landeta, p. 47, obs. XIV. — Tumeur médiane chez un homme 
de vingt-huit ans, datant de l'enfance, ouverte par Denonvilliers et con- 
tenant une matière caséeuse. Récidive un an après avec déviation des 
dents et de la mâchoire inférieure; extirpation par Verneuil; adhérences 
médianes du menton à l'os hyoïde ; elle contenait des poils follets et était 
revêtue d'épithélium pavimenteux stratifié. 

Ed. Cruveilliier. — Bull, de la Soc. anatomique, 37<= année, 1862, p. 43. 
— Tumeur médiane, chez un homme de soixante-deux ans; contenu sé- 
bacé, magma blanchâtre avec de petits corps jaunes plus résistants (cel- 
lules épithéliales). 

T. Gallard. — Bull, de la Soc. anatomique, mai 1863, p. 301. Kyste buccal 



232 KYSTES DERMOÏDES 

observ. lue par de Montfuraat. — Jeune fille de vingt ans; tumeur cons- 
tatée à douze ans, gardant l'impression du doigt, gênant la phonation 
et la déglutition. Le contenu , semblable à de la châtaigne cuite, fut 
examiné par Cornil; il présentait des amas de cellules épithéliales pavi- 
menteuses très grosses. 

Denonvilliers. — Observ. publiée par Paquet, Arch. génér. de médecine, 
J867, vol. II (ô"^ série, t. 10), p. 27, — et Bull, de la Soc. anatomiqiie, 
juin 1867, p. 428. — Tumeur latérale gauche, chez une femme de dix- 
sept ans, ayant débuté à douze ans; contenu sébacé; paroi formée de 
derme et d'épiderme sans poils ni glandes. 

Verneuil. — Kyste dermoïde du plancher de la bouche. Bull, de la Soc. 
anatomique, mars 1872, p. 110. — Jeune fllle de dix-huit ans; début 
incertain remontant à trois ans au moins; siège médian; adhérences 
à l'os hyoïde ; contenu formé d'une bouillie stéatomateuse (cellules pavi- 
menteuses et épithélium sébacé). 

A. Padieu (d'Amiens). — Kyste dermoùle de la partie latérale droite du 
■plancher de la bouche. France médicale, 22 avril 1874, n° 32, p. 249. — 
Femme de vingt-trois ans ; tumeur remarquée à dix-huit ans ; fluctua- 
tion ; plusieurs ponctions ne ramenant aucun liquide ; contenu graisseux 
semblable à du suif demi-fluide. 

P. Gueterbock. — JJeber eine Dermoidcyste am Boden der Mundhœhle 
{Kiemengangscysten). Langenbecli's Archiv f. MinChirurg., 1878, Bd. XXII, 
h. 4, s. 983- — Homme de vingt-six ans, début un an avant ; tumeur 
de la région sublinguale gauche, fluctuante, gênant la parole, la masti- 
cation, la déglutition et la respiration. Contenu comparé à de la bouillie 
de gruau avec des cheveux crépus de 1 à 2 centimètres. Adhérence solide 
de la poche à l'os hyoïde. 

Richet. — In : E. Barbes, Contribution à l'étude des kystes dermoldes du 
plancher de la bouche, thèse de Paris, 1879, n° 203 ; p. 48, obs. XIV. — 
Femme de vingt-huit ans ; siège latéral droit ; contenu consistant en 
une matière grisâtre, épaisse (granulations graisseuses, paillettes de 
cholestérine, plaques épithéliales), avec un bouquet de poils. 

— In : E. Barbes, op. cit., p. 48, obs. XV. — Fille de quatorze ans; tumeur 
datant de sept à huit mois, médiane, fluctuante, à contenu caséeux 
et sébacé. 

W. Gruber. — Cystis atheromatosa j^rsehyoidea subrnuscularis. Virchow's 
Archiv f. path. Anaf., 1880, Bd. LXXXI, s. 442. — Kyste trouvé sur le 
cada-\Te d'un jeune homme d'une vingtaine d'années. Contenu athéroma- 
teux ; considéré comme dermoïde. 

Després. — Observ. publiée par Meunier, Gazette des hôpitaux , 31 mars 
1881, et Bull, de la Soc. anatomique, février 1881, p. 122. — Homme de 
cinquante-deux ans; tumeur inaperçue jusque-là, mais ayant déterminé 
un timbre particulier de la voix, siège médian, contenu grisâtre. Examen 
histologique par Variot : cristaux de cholestérine et d'acides gras, paroi 
formée d'un chorion et d'un épithélium pavimenteux stratifié, sans poils 
ni glandes. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 233 

Hofmokl. — Brei Fœlle vo7i echlen Dermoidcysten des IJnterhauthindege- 
ivebes. Exstirpation. Heiliwg. — Wieiier medizinische Presse, 12 juni 1881, 
n° 24, s. 761 ; 3 Fall, s. 762. — Femme de vingt-huit ans ; tumeur re- 
marquée depuis six mois, médiane, renfermant une matière grasse. 
Paroi, examinée par Chiari, à structure épidermique. 

Th. Anger. — Bidl. et Mém. de la Soc. de chirurgie, 22 juin 1881, t. YII, 
p. 478. — Kyste dermoïde, latéral, chez une jeune fille. 

Duplay, ibid., cite un cas personnel inédit, diagnostiqué et opéré fa- 
cilement. 

Nicaise. — Bull, et Mém. de la Soc. de chirurgie, 29 juin 1881, t. YII, 
p. 498. — Kyste dermoïde canaliculé de la bouche. Petite fllle de trois ans ; 
tumeur située à gauclie, mais rattachée par un cordon exactement mé- 
dian et canaliculé au milieu des apophyses géni. 

Combalat (de Marseille). — Mémoire sur une observation de kyste dermoïde 
du plancher de la bouche. Rapport par Polaillon. Bidl. et Mém. de la Soc. 
de chirurgie, 29 juin 1881, t. YII, p. 505. — Homme de trente-cinq ans ; 
tumeur congénitale, médiane; légère dépression osseuse au-dessous 
des apoplyses géni. Paroi dermoïde avec poils et glandes. 

E. Ozenne. — Bes kystes dermoldes sublinguaux. Arch. génér. de médecine, 
1883, vol. P'', mars, p. 278; observ. I, p. 281. — Femme de vingt-un ans; 
tumeur remarquée peu après la naissance, médiane, gênant la phona- 
tion ; adhérences profondes non osseuses. Examen de la paroi par Dubar : 
structure dermoïde, poils, glandes sébacées, pas de papilles. Derrière 
ce kyste s'en trouvait un autre plus petit contenant du mucus. 

Barker. — A case of Large Sebaceous or Bermoid Cyst in the Tongue, 
Removed by opieration; withcure. Clinical Society of London, jime 1, 1883. 
The British médical Journcd, 1883, vol. I, june 9, p. 1122. — Femme 
de vingt-huit ans; début à vingt-un ans, tumeur médiane, immédiate- 
ment derrière la symphyse maxillaire, repoussant la langue contre la 
voûte palatine, située entre les génio-glosses et contenant de la matière 
sébacée (examen microscopique, ty pic al sebaceous matter). Il mentionne 
un autre cas personnel, sans détails. 

J. Dardignac. — Observation de tumeur dermoïde du plancher buccal. Revue 
de chirurgie, 1884, p. 655, et Bull, et Mém. de la Soc. de chirurgie, 3 oct. 
1883, t. IX, p. 710, rapport de Chauvel. — Jeune homme de vingt-un 
ans; tumeur datant de quelques mois, médiane, adhérant intimement 
aux apophyses géni. Paroi dermoïde sans papilles, ni poils, ni glandes; 
contenu stéatomateux. 

J. Williston Wright. — Case of congénital Cyst ofthe Tongue. The medic. 
Record, Neio-York, vol. XXYII, may 16, 1885, p. 537. — Fille de six ans ; 
langue volumineuse depuis la naissance, saillante hors de la bouche; 
troubles fonctionnels. Extirpation d'un kyste renfermant un liquide 
épais, jaunâtre (détritus granuleux, cellules graisseuses, corpuscules 
granuleux). S'agit-il d'un kyste dermoïde ? 



234 KYSTES DERMOIDES 



KYSTES DERilOÏDES DU STERNUM 

Venot. — Gazette méd. de Paris, 2" série, t. V, 30 sept. 1837, p. 618, d'après 
le Journal de méd. pratique ou recueil des travaux de la Soc. de méd. de 
Bordeaux. 

J. Cloquet. — Bull, de la Soc. de chirurgie, 3 janv. 18ob, t. V, p. 23o. 

Ed. Simon. — Bull, de la Soc. anatomique, avril 1858, p. 129. 

Nélaton. — in : J.-Ch. Demoulin. De quelques productions hétérotopîques 
de muqueuses à épithélium prismatique cilié, thèse de Paris, 1866, n° 256; 
p. 26, observ. V. — Kyste muqueux présternal avec épithélium prisma- 
tique à cils vibratiles. Traitements divers. Récidives. Ablation totale. Gué- 
rison. Observ. par Fontaine ; examen histologique par Robin, p. 31. 

Landrieux. — Bull, de la Soc. anatomique, juillet 1868, p. 439. 

Observation personnelle XXVIII, p. 195. 



KYSTES DERilOÏDES DE LA REGION MAlIilAlRE 

Gerdy. — Bull, de la Soc. anatom., 27° année, févr. 1852, p. 42; — pièce 
présentée par Rombeau. — Jarjavay. Anat. chirurg., t. P"", p. 422, 

- Paris, 1852. — E. Guyot. Quelques observations de tumeurs de la ma- 
melle, thèse de Paris, 1853, n» 119, p. 22, observ. VII. 

Lebert. — Bull, de la Soc. anatom., ibid. 

Burggraeve. — Observation tirée des Annales et Bulletins de la Soc. de 
médecine de Gand, — citée par Paul Horteloup, Des tumeurs du sein chez 
l'homme, th. agrég., Paris, 1872, p. 53. 

Albers. — Cité par Cornil et Ranvier, Manuel d'histol. pathol., 2° édit., 
t. II, p. 746, Paris, 1884. 



KYSTES DERilOÏDES DE LA REGION OilBILICALE 

Blot. — Bull, de la Soc. de chirurgie, 29 avril 1874, 3"- série, t. RI, p. 236. 

E. Ktister. — Die Neubildungen am Nobel Erwachsener und ihre operative 
Behandlung. Langenbeck's Archiv f. klin. Chirurgie, 1874, Bd. XVI, s. 234; 
Fall 7, Dermoid am Nabel, s. 237. 

Guelliot (de Reims). — Observation de kyste sébacé pédicule de l'ombilic. 
Revue de chirurgie, 1883, p. 193. 

Lannelongue et Frémont. — De quelques variétés de tumeurs congéni- 
tales de l'ombilic. Arch. génér. de médecine, 1884, vol. P"", janv., p. 36; 
observ. VH, Kyste sébacé congénital de l'ombilic, p. 56. 

Observation personnelle XXIX, p. 195. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 23c 



KYSTES DERHOIDES DES MEMBRES 

Vénot. — Kyste pileux sur la face antérieure de lajamhe. Gazette médicale 
de Paris, 30 sept. 1837, p. 618, — d'après \e Jourrud de médecine pratique 
ou recueil des travaux de la Société de médecine de Bordecaix. 

Hofmokl. — Wiener medizinische Presse, 1881, 12 juni, s. 761. 

Josias. — Tumeur de la région trochantérienne, grande difficulté du dia- 
gnostic. Examen histologique {kyste dermolde). Bull, de la Soc. clinique de 
Paris, 1878, 15 nov., p. 224. 

Variot et Ch. Remy. — Kyste sébacé de la cuisse. Bull, de la Soc. anato- 
mique, nov. 1879, p. 673. 

Panas. — Kyste mélicérique, situé sous la patte d'oie entre celle-ci et le tibia, 
du volume d'un œuf de pigeon, chez une jeune fille de huit ans. Bull, de la 
Soc. de chir., 2"= série, t. X, o mai 1869, p. 198. 



KYSTES DERM01DE3 DES DOIGTS 

Polaillon. — Kyste dermolde de la face pcûmaire de la main (Soc. de méd. 
de Paris, 28 juin 1884). Union médicale, 38<= année, n" 104, 24 juillet 1884, 
et Bictionn. encyclop. des sciences méd., art. Doigt, p. 281. 

Kirmisson. — Kyste dermolde du médius gauche, thèse de Lalitte, p. 16, 
VII« obs. 

Heydenreich. — Kyste dermolde de la face pcdmaire de la deuxième pha- 
lange de l'index droit, thèse de Lalitte, p. 18, VHP obs. 



KYSTES DERMOIDES DE LA CAVITE THORACIQUE 

Al. Gordon. — Case of tumor in the anterior mediastinum containing hone 
and teeth. Medico-chirurg . Transact., nov. 25, 1823,. vol. XIII, p. 12, 
London, 1827; — pièce du St Barlhol. Hosp. Mus.; ser. 3368 A, — 
d'après Holmes. 

Mohr et Kœlliker. — Berlin, med. Centralzeitung, 1839, n" 13, — et Kœl- 
liker, Mikroscop. Anat., t. II, p. 172, Leipzig, 1850, — d'après Lebert et 
Gegg-Markheim ; — pièce du musée de Wurtzbourg. 

L.Biichner. — Ein seltener Sectionsbefund, Deutsche Klinik, 1853, 9 juli, 
n'^28, s. 311. 

Lebert. — Beobachtungen u. Min. Bemerk., etc., loco cit., s. 25; obs. III. 

Fcdl einer merkwurdigen Derrnoidcyste in vorderen Mediastinum zwischen 

beiden Lungen bei einem am Emphysem Verstorbenen. 
Cordes. — Dermocystoid im Mediastinum anticum. Virchovfs Archiv f. 

pa'th. Anat., 1859, Bd. XYI, h. 3 u. 4, s. 290. 



236 KYSTES DERMOÏDES 

Cloetta. — Ueber das Vorkommen einer Bermoidcyfite in der Lunge. Vir- 
chow's Archiv f.path. Anat., 1861, Bd. XX, h. i u. 2, s. 42. 

Villard. — Kxj&te dermolde développé sur la plèvre. Bidl. de la Soc. anatom., 
août 1869, p. 216. 

Waldeyer. — Bermoidkysiom des vorderen Mediastinalraiimes. Langenhecli's 
Archiv f. klin. Chir., 1871, Bd. XII, s. 843, — cas décrit in : Collenberg, 
Zur Entivickelung der Dermoid-kystome, Inaug. Dissert,, Breslau, 1869. 

Virclio-w. — Teratoma myomatodes Mediastini. Yirchow's Archiv f. pathol. 
Anat., 1871, Bd. LIH, h. 4, s. 444. 

Glseser. — Cité par Danzel, Langenheck's Archiv f. klin. Chir., 1874, 
Bd. XVII, p. 443, note, et 444, note. 

J. Paget et C.-H. Moore. — Cas cité in: T. Holmes et J.-W. Hulke, 

A systejn of surgery, 3° éd., London, 1883, vol. I", p. 259, Tumeurs, par 
sir J. Paget et C.-H. Moore, rev. par H.-T. Butlin. 



EYSTES DERMOÏDES DE L OVAIRE 

Nous ue mentionnons pas dans cette bibliographie les indications données 
par Lebert dans son mémoire, et relatives à 129 cas. 

Alquié. — Tumeur considérable composée de dix poches embryonnaires con- 
tenues dans les ovaires d'une femme adulte, considérée comme des grossesses 
ovariques avec débris de dix fœtus. Gaz. des hàpit., 16 mai 1837, p. 230. 

T. Anger. — Gaz. hebdomad., 12 juin 1874, p. 387. 

Aron. — Kyste dermolde pileux de l'ovaire chez une femme de soixante-quinze 

ans. Gaz. des hàpit., 20 nov. 1873, p. 1065. 
Babinski. — Deux cas d'épithélioma pavimenfeux ayant vraisemblablement 

pour point de départ im kyste dermolde de l'ovaire. Bull, de la Soc. anatom., 

mai 1883, p. 234. 
A. Bander. — Dystocie causée par un kyste dermolde de l'ovaire : rupture 

du kyste ; mort. Corresp. Bl. f. schweiz. Aerzte, 15 août 1876, — d'après 

la Rev. des Sciences méd., t. VU, p. 836. 
Barnes. — Trans. ofthe Obst. Soc. of London, july 7, 1875, vol. XVII. 
— Dermoid cyst of the ovary : abdominal section ; drainage ofthe cyst; cure. 

The Brit. Med. Journ., aug. 16, 1884, vol. II, p. 321. 
Bernutz. — Kystes pileux suppures de l'excavation pelvienne. Arch.cle toco- 

lorjie, oct. 1876, p. 377; obs., p. 380 ; 2" cas cité, p. 588. 
N.-P. Blaker. — Pelvic Hœmatocele with dermoid cyst of ovary {Brightoncmd 

Sussex, Medico-chir. Soc. The Brit. Med. Journ. ,ia.n. 3, 1883, vol. I, p. 23. 
Blich. — 1871, 294, —d'après G. Nepveu K 

1. G. Nepveu, Rupture des kystes .de l'ovaire dans le péri oine, etc. Ann. de 
gijnéc, 1873, t. IV, p. 14. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 237 

Boéchat. — Kystes de l'ovaire contenant les uns de la matière athéroma- 
teiise ou des débris d'os, un autre de la sérosité. Bull, de la Soc. anat., 
déc. 1871, p. 3ol. 

W. Boestler. — Amer, journ. of Obstetrics, febr., I880, p. loO, — d'après 
Centralbl. f. Gynœk., 1883, s. 491. 

A. Boinet. — Tr. prat. des maladies des ovaires et de leur traitement. 
Paris, 1867, p. 112. 

Caster. — {Soc. obstét. de Londres, 2 avril 1884.) Ann. de gynécoL, juin 1884, 
t. XXI, p. 4o7. 

Chad-wick. — [Soc. obst. de Boston, 9 févr. 1884.) ArcA. de tocol., oct. 1884, 
p. 867. 

P.-F. Chambers. — Dermoid cyst {New-York Pathol. Soc, dec. 13, 1882). 
The Médical Record, jan. 6, 1883, vol. 23, p. 19. 

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KYSTES DER1I0ÏDE3 DE LA CAVITE ABDOMINALE 

A. Bans le sexe masculin. 

Fraenk. Sammlung, t. III, p. 66, — d'après Meckel, loco cit., p. 127. — 
Chez un homme hydropique le foie renfermait une bourse de 2 aunes 
de circonférence contenant une matière pultacée semblable à de la 
gi^aisse, des poils et une masse cartilagineuse de la grosseur du poing. 

Berliner Sammlung, Bd. III, s. 264, — d'après Meckel, loco cit., p. 134. 

16 



242 KYSTES DERMOIDES 

— Sur un adulte, kyste s'appuyant sur le diaphragme et renfermant 
quatre dents, de la graisse, vingt et une pièces osseuses et un bouquet 
de poils. 
Dupuytren. — Rapport sur un fœtus humain trouvé dans le mésentère d'un 
jeune homme de quatorze ans. Mém. de la Fac. de méd. de Paris, 1812, 
p. 231, cité d'après Geoffroy Saint-Hilaire, t. III, p. 294, note 3. — Dans 
le mésocôlon transverse, grande poche renfermant des cheveux et un 
embryon très imparfait, avec dents, colonne vertébrale affectée de fissure 
spinale, rudiments de crâne et d'axe encéphalo-rachidien, vestiges de 
membres supérieurs, ébauches de bassin et membre inférieur gauche à 
trois doigts. 
G.-"W. Young. — Case of fœtus found in the abdomen of a boy [Med. chir. 
Soc. of London, march 16, 1808). Medico-chir. Transact., vol. I, 1809, 
p. 234, et édit. de 181S, p. 236, — d'après Geoffroy Saint-Hilaire, t. III, 
p. 295, note 1, — et thèse deGegg-Markheim, p. 9 et p. 60, description des 
pièces. — Mort à dix mois. Entre les deux lames du mésocôlon transverse, 
fœtus très imparfait, avec intestin, masses osseuses, quatre membres mal 
conformés, les inférieurs présentant une augmentation du nombre des 
orteils. 
Highmore. — Fait rapporté d'après Abr. Capadose (De fœtu intra fœtum. 
Dissert, inaug., Leyde, 1818, p. 74), par OUivier (d'Angers), Mém. cité, 
obs. YI, p. 356. — Jeune homme de seize ans, mort d'une affection abdo- 
minale avec phénomènes aigus ; tumeur occupant l'épigastre, l'ombilic 
et l'hypochondre gauche, renfermant des poils, un rachis, un intestin, 
deux membres supérieurs , un membre inférieur avec six orteils dif- 
formes, et un cordon ombilical près de l'insertion duquel se trouvait un 
gros vaisseau rompu. 
Scoutetten. — Fait mentionné par Lachèse, De la duplicité monstrueuse 
'par inclusion, Paris, 1823, p. 44, — d'après Geoffroy Saint-Hilaire, t. III, 
p. 306, note 1. — Soldat à l'ouverture duquel on trouva dans le ventre 
des débris de fœtus. 
Francfurt Obeh-Post-Zeitung, mars 1831 , — d'après Geoffroy Saint- 
Hilaire, ihid. — Cas analogue chez un homme de cinquante ans. 
Pigné. — Loco cit., p. 199. Fait cité p. 39. Il cite comme exemples de dé- 
bris fœtaux rencontrés dans l'abdomen de jeunes garçons les faits de : 
Highmor. — London med. repository, vol. II, 1814, p. 173; c'est peut- 
être le cas cité plus haut. 
Cloquet. — Arch. de Meckel, vol. IV, cah. 3. 
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life froma cyst near the bladder. Transact of the Patholog. Soc. of London, 
vol. XIII, p. 148, march 18, 1862. — Jeune homme de vingt-un ans; trou- 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 243 

blés vésicaux depuis un an; tumeur situé.e entre la vessie et le rectum, 
dont on retira par ponction un liquide huileux (V. p. 62). — Curling. 
JJrinary calculus having a micleus of human haïr removed bij opération 
from the bladder. Transact. of the Patholog. Soc. of London, vol. XX, 
p. 238, may 18, 1869. — Huit ans après, Curling, chez ce même malade, 
enleva par la litholomie un calcul phosphatique développé autour d'un 
noyau de cheveux courts, foncés, semblables aux cheveux humains. 

"W. Miller Ord et Ch. Brodie Se-well. — An account of a large der- 
moid cyst found in the abdomen of a rnan. Medico-cMr. Transactions, 
vol. LXIII, 1880, p. 1. — Jeune homme de vingt-huit ans; mort par pé- 
ritonite à la suite d'une ponction; kyste pesant 14 livres 1/2, semblant à 
l'origine avoir été rétro-péritonéal , uni à la vessie et au rectum par des 
adhérences anciennes, contenant de la graisse, des cheveux, une masse 
ayant la consistance du savon. Derme, épidémie, glandes sébacées. 

B. Bans le sexe féminin en dehors de la sphère génitale. 

Ruysch. — Obs. anatom., obs. XVIII, trad. franc., p. 26, Paris, 1734, — 
d'après Lebert. — Dans l'épiploon d'une femme hydropique, tumeur 
grosse comme le poing renfermant de la graisse et des poils. 

Schutzer. — Abhandl. der Schivedischen Académie, Bd. XX, s. 177, — 
d'après Lebert. Dans le mésentère d'une fille de quinze ans, tumeur ren- 
fermant des poils, des os et quatorze dents. 

Laflize. — Bâcher, Journal de médecine, t. XLI, p. 304, 1792, — d'après 
Lebert. — Dans l'épiploon d'une fille de quinze ans, tumeur renfermant 
des cheveux et des dents. 

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tumour situated in the abdomen of a girl two years and a halfold. — Medico- 
chir. Trans., vol. VI, p. 124, july 18, 1815, — d'après Gegg-Markheim, 
thèse citée, p. 48. — • Fille de deux ans et demi; début à l'âge de trois 
mois. Tumeur occupant presque tout l'hypochondre gauche et s'étendant 
du bord du diaphragme jusqu'auprès du bassin. Os. 

Prochaska. — Ab. Capadose, De fœtu intra fœtum. Dissert, inaug., Leyde, 
1818, p. 71, — d'après Ollivier (d'Angers), loco cit., obs. III. p. 301. — 
Fille de huit mois; début à deux mois. Tumeur paraissant placée entre 
les deux lames du mésocôlon transverse au-dessous et derrière l'estomac. 
Membre rudimentaire (pied à dix orteils , deux os difformes et vestiges 
de bassin); poils, vestiges de membres supérieurs. 

G, Andral. — Précis d'anat. pathol., Paris, 1829, t. II, 2° partie, p. 712. 
— Dans le mésentère d'une négresse, kyste à parois cartilagineuses, 
rempli d'une matière sébacée avec des poils lisses, doux au toucher, 
blonds ou roux, quelques-uns argentés. 

Roux (du Var). — Monstruosité par inclusion. Acad. des Sciences, 1'^^ août 
1836. Gaz. médic. de Paris, 13 août 1836, p. 523. — Grand kyste au-des- 
sous de la grande courbure de l'estomac, fixé à l'intestin grêle par deux 



244 KYSTES DERMOIDES 

larges replis du péritoine, multiloculaire, renfermant de la graisse, des 
cheveux, des os, des dents. Petit kyste dans les lames du mésentère. 

Barth. — Bull, de la Soc. anat., 18<= année, mai 1843, p. 68. — Femme de 
quarante ans; deux masses de matière butyreuse sur le foie; dans le 
bas-ventre kyste avec débris fœtaux. 

Demaux, ihid., dit avoir vu deux kystes, l'un sur l'ovaire, l'autre sur 
la cùte, renfermant une matière semblable et des cheveux. 

Bonflg'li. — UivUtn clinica di Bologna , 2'' série, V, -i\°^ 2 et 3, février-mars 
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Pemme de cinquante ans. Kyste dans l'épaisseur de l'épiploon gastro- 
hépatique; mucus jaunâtre; surface interne lisse, sauf 3 centimètres car- 
rés de surface chagrinée couverte de poils. Paroi dermoïde; partie osseuse 
avec vingt et une dents, dont deux cariées. 

Hosmer. — Teratoma. Boston med. and surg. Joitrn., vol. Cil, n° 3, p. 61, 
— d'après Virchoiv's und Hirsch's Jahresbericht, f. 1880, Bd. I, s. 294. — 
Fille de huit mois; tératome au côté droit de la base du mésentère; ori- 
gine manifestement rétro-péritonéale ; kystes variés : dermoïdes avec 
poils, mucoïdes à épithélium cylindrique et vibratile; parties sohdes : 
graisse, os, cartilage, tissus nerveux et musculaire. 



PRODUITS DERMOIDES DAXS LES VOIES URINAIRES 

Un grand nombre des faits que nous citons se trouvent rapportés dans les 
Mémoires suivants. 

P. Rayer. — ■ Recherches sur le trichiasis des voies urinaires et sur lapili-niic- 
tion. C. B. des séances etMém. de la Soc. de Biologie, t. II, 18o0; Mémoi- 
res, p. 167. 

Robert Lee. — On the nature of ovarian cysts ivhich contain teeth, hair, and 
fatty matter. Medico-chir. Tram., vol. XLIII, p. 93, 1860. 

Faits dans lesquels une tumeur abdominale communiquait avec les voies uri- 
naires ou coexistait avec rémission de produits dermoïdes par l'urine. 

Delà Rivière le Jeune. — Obs. sur p)lusieurs petites portions d'os et vu 
peloton de poils trouvés dans la vessie. Journal de méd., chir. et phar- 
macie, etc., de Yandermonde, janv. 1759, t. X, p. 516, — d'après Rayer, 
loco cit.,]). 184, obs. Y. — Femme de cinquante-huit ans; douleurs dans 
le bas-ventre depuis sept ans; urines purulentes; mort. Poils et os dans 
la vessie. 

Hamelin. ■ — ■ Obs. sur des cheveux trouvés dans l'intérieur de la vessl-' 
(extr. de la correspond, de Yalentin. — Bull, de l'École et de la Soc. '/ 
méd., 1808, n° 4, p. 58), — d'après Rayer, loco cit., p. 180, obs. II. — 
Femme de vingt-quatre ans; slrangurie; grossesse, accouchement à 
terme d'un enfant mort; fièvre puerpérale, mort. Tumeur de l'ovaire 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 243 

droit adhérente à la vessie qui contenait de la graisse , des poils et 
de l'os. 

Philipps. — Of a case in ivhich some singular prseternatural appearences 
were observedin the ovarium and female bladder. Med.-chir. Tram., june 24, 
1818, vol. IX, p. 42. Pièce du mus. du Coll. des chir., — d'après Rayer, 
loco cit., p. 182, obs. IV. — Femme de trente ans; dysurie depuis la 
jeunesse; tumeur abdominale; péritonite; mort. Kyste de l'ovaire droit 
communiquant avec la vessie; cheveux, dents. 

Warner. — Philosoph. Trans., vol. XLVII, d'après Humphry (cité plus 
loin), vol. XLIX, d'après R. Lee, loco cit., p. 97. 

Delpech. — Obs. de p)ilimiction, reconnaissant ixnir cause un kyste jnleux 
faisant saillie dans la cavité vésicale. Chirurgie clin, de Montpellier, t. II, 
p.o2i, Paris, 1828, — d'après Rayer, loco cit., p. 181, obs. III, eïArch. gén. 
deméd., 1827, t. XV, p. 609. (Acad. de méd., 16 nov.) — Femme de vingt- 
quatre ans; poils rendus avec l'urine, grossesse et accouchement nor- 
mal; extraction d'un calcul vésical et de poils, puis d'un morceau de 
peau garni de cheveux, d'un petit os et d'une dent; guérison. 

Marshall Paul. — Communication entre les ovaires et la vessie. Rev. méd., 
mai 1828, — d'après Arch. gén. de méd., 1828, t. XVIII, p. 283. — Femme 
de quarante ans, morte d'une atfection abdominale ; vessie énorme en- 
tourée par une tumeur contenant des cheveux, cinq dents et une masse 
graisseuse. 

Hipp. Larrey. — Kyste pileux de l'ovaire compliqué d'une fistide urinaire 
vésico-abdominale et d'un calcul dans la vessie; gastrotomie et taille hypo- 
gastrique. Mém. de l' Acad. roy. de médecine, t. XII, 1846, p. 567. — Femme 
de trente-trois ans; tumeur dans la fosse iliaque gauche; abcès à l'hy- 
pogastre : fistule d'où sortaient du pus, des poils et de l'urine; calcul 
ayant des poils pour noyau; extraction d'une tumeur pileuse et d'un 
calcul; guérison. 

Robert Lee. — Loco cit., p. 104 (4^ cas). — Femme de vingt-huit ans; 
tumeur abdominale dès l'âge de vingt-trois ans; issue par l'urèthre 
de cheveux incrustés de calcaire et de petits os; éclampsie puer- 
pérale; mort. Kyste pileux de l'ovaire gauche communiquant avec la 

vessie. 

G.-M. Humphry (de Cambridge). — Bone, teeth, hair, etc., extracted 
from the bladder. TheLancet, 1864, vol. II, july 30, p. Ho. 

1"^ cas. — Femme de trente-huit ans; douleurs dans le côté gauche du 
ventre depuis sept ans ; signes de calcul ; extraction de fragments 
d'os, de dents et de cheveux ; deux ans plus tard, après dilatation 
de l'urèthre, le doigt introduit dans la vessie pénètre dans un sac 
communiquant avec la vessie vers le côté gauche; extraction d'une 
pierre contenant des poils. Guérison. 

2" cas, p. 116. — Homme de quarante ans; extraction du périnée d'une 
pierre pesant 5 drachmes et de plusieurs petites formées de phos- 
phate de chaux et de petits poils. Le sac qui les contenait s'ouvrait 
extérieurement par une fistule et communiquait avec l'urèthre juste 



246 KYSTES DERMOIDES 

au-devant de la prostate. Pendant la convalescence, l'urine qui :^ 
coulait par la fistule contenait souvent des poils courts, tandis que- 
l'urine retirée de la vessie par le cathétérisme n'en contenait pas ', 
ou si peu cju'iis pouvaient )' avoir été introduits accidentellement. 
Curling. — Cas cité plus haut (V. Tiim. abdomin.). ). 

G.-C. Blackinan. — Case of urinary calcuhis nnth a Tooth for a Nucleiis-i ' 
and in lohich there loas a Communication betioeen the Bladder, Ovary and 
Rectum. The American Joiirn. of the Med. Sciences, new séries, vol. LVIII, 
jan. 1S69, p. 49. — Femme de trente-six ans; à vingt-un ans douleurs du 
côté gauche; issue de gaz par la vessie et d'urine par le rectum; calcul 
phosphatique ayant une incisive pour noyau, émission par l'urèthre de 
poils incrustés de matière calcaire. 

Blicli. — 1871, — d'après G. Nepveu, Aiin. de gynécoL, juill. 187o, t. IV, 
p. 33. — Polype fibreux dermoïde de la vessie dont l'origine est un 
kyste dei'moïde. Sortie de cheveux. Mort quatre ans après. 

Debout d'Estrées. — Note sur la gravelle pileuse. Congrès périod. inter- 
nat, des Sciences méd., lo sept. 1877. C. R.et Mém., Genève, 1878, p. 24o, 
obs. III. — Femme de vingt-sept ans atteinte de kyste de l'ovaire; gra- 
velle, expulsion de poils avec furine. 

Thompson et Bryant. — Fait cité par R. Jamin, Nouv. dictionn. de méd. 
et de chir. prat., art. Vessie, p. 389. — Femme; symptômes de cystite ; 
émission de poils et de phosphates par l'urine. Après dilatation de l'urè- 
thre, extirpation d'une tumeur pédiculée, implantée sur la paroi vési- 
cale; structure dermoïde. 

Faits dans lesquels l'existence d'une tumeur n'a jxis été constatée. 

Abernetliy. — 1816; lettre de W. Lawrence, citée par R. Lee, loco cit. — 
Lithotomie suivie de formation de calcul avec cheveux échappés de l'ovaire 
dans la vessie et sortant spontanément par furèthre. 

"W. Henry. — On urinary and other morhid concrétions. Med.-chir. Trans., 
mardi 2, 1819, vol. X, p. 143, — d'après Rayer, loco cit., p. 196, 
obs. XIV. — Homme d'un âge avancé; gravelle urique, expulsion de 
poils en grande quantité. 

J. Mitchell. — Edinb. med. and surg. Journ., juill. 1828, p. 58, vol. XXX, 
n° 96. — Journ. complém. des sciences méd.,i. XXXllI, p. 90, 1829, — 
d'après Rayer, loco cit., p. 199, obs. XVI. — Homme d'un certain âge ; 
gravelle, poils. 

Magendie. — Rech. p)hysiol. et méd. sur les causes, les sympt. et le trait, de 
la gravelle, 1828, p. 40, — d'après Rayer, loco cit., p. 198. — Deux cas de 
concrétions urinaires avec poils. 

O'Brien. — Dublin journ. ofmed. and chem. se, vol. V, 1834, — cité par 
Blackman, loco cit., p. 57. —Calculs vésicaux contenant des dents, chez 
une femme. 

Benj. Brodie. — Lectures on diseases of the urinary organs, 1849, p. 262, 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 247 

— cité par R. Lee. — Deux dents et fragment osseux extraits avec les 
débris d'un calcul broyé de la vessie d'une jeune fille. 

Benj. Brodie. — d'après Rayer, loco cit., p. 202. Expulsion de cheveux 
avec l'urine chez un homme atteint de calcul. 

Parker. — Case of urinary calculi containing hairs. Med. cMr. Tram., 
vol. XXVII, p. 161, — d'après Rayer, loco cit., p. 201, obs. XVII. — 
Femme de trente-trois ans ; expulsion de petits calculs phosphatiques 
formés autour de poils. 

Rayer, loco cit., p. 203, sur plus de cent calculs extraits par Civiale, a 
trouvé quatre fois des poils. 

Paulin et Rayer. — Rayer, loco cit., p. 195, obs. XIII. — Enfant de dix 
ans ; gravelle microscopique (cristaux d'acide urique) avec poils dans 
l'urine. 

Denucé. — Cas communiqué à Lebert, Pragrer Viertelj., 1838, p. 38. — 
Poils expulsés avec l'urine, chez un homme. 

Civiale. — Bull, de l'Acad. imp. de Méd., 26 juin 1860, t. XXV, p. 793. — 
Femme de quarante-neuf ans ; émission avec l'urine d'une touffe de che- 
veux avec incrustation terreuse ; calcul renfermant une dent. 

Broca. — Bull, de la Soc. de Chi^., 2° série, t. IX, 17 juin 1868, p. 260. — 
Homme de soixante-un ans rendant depuis trois ans et demi avec l'urine 
du sable fin et des poils; en outre, deux petites lamelles de carlilage 
embryonnaire incrusté de granulations calcaires. 

Debout d'Estrées. — Loco cit., p. 243 : 

Obs. I. — Homme de cinquante-deux ans: sable urique et poils. 
Obs. II. — Homme de quarante-six ans ; magma de poils et de sable 
urique. 

Le Dentu. — Voillemier et Le Dentu, Traité des maladies des voies uri- 
naires, t. II, p. 396, Paris 1881. — Femme de 25 ans. Abcès à la partie 
latérale droite de la vulve ; troubles urinaires ; expulsion de poils avec 
l'urine. Exploration après dilatation de l'urèthre : le doigt rencontre à 
la partie latérale gauche de la vessie l'orifice d'un trajet inaccessible. A 
la suite, issue de poils. 

Observation personnelle XXX, p. 196. 

Thomas Paget. — A case in which the urachus remained open, and a ring- 
shaped calculus formed iipon a hair In the bladder wasextracted through the 
ombilicus. Med.-Chir. Tra??s., june 11, 1830, vol. XXXIII, p. 293, — d'après 
Rayer, loco cit., p. 197, obs. XV. — Homme de quarante ans ; persistance 
de l'ouraque ; calcul d'acide urique en forme d'anneau ayant un poil au 
centre, extrait avec succès par l'ombilic. 

Martini. — Ueber Trichiasis vesicse. Langenheck's Archivf. kl. Ch., Bd. XVII, 
1874, s. 449. 



248 KYSTES DERMOÏDES 



PRODUITS DERMOÏDES DANS LE RECTUM 

Huntt. — D'après Geoffroy Sainl-Hilaire, o;;. cit., t. III, p. 309, noie 2. — 
Jeune fille ; dents et poils rejetés par l'anus; guérison. 

Martin. — D'après Cruveilhier, Essai, t. II, p. 177. — Femme de trente- 
quatre ans ; issue de cheveux par le rectum. 

Millmann-Coley. — Edinb. med. and chir. Journ., 1814, t. VI, p. 50, — 
d'après Lebert. — Femme de vingt-huit ans ; issue de cheveux, os, dents. 

Bouchacourt. — Gaz. méd., 1850, p. 635, — d'après Lebert. — Fille de 
cinq ans et demi ; excision d'une tumeur dermoïde du rectum avec che- 
veux et dents. 

Danzel. — Geschivulst mit Haaren im Rectum. Langenbeck's Arch f. Min. 
Chir., 1874" Bd. XVII, s. 442. — Femme de yingt-cinq ans; tumeur der- 
moïde du rectum ; extirpation, mort. Peau avec papilles et glandes séba- 
cées; cheveux, dent, os, tissu nerveux. 

Port. — V. la bibhographie des kystes dermoïdes de la région sacro- 
périnéale, p. 254. 

Wiart. — V. la bibliographie des kystes dermoïdes de l'ovaire, p. 241. 



PRODUITS DERMOIDES DANS L ESTOMAC 

Ruysch. — Eist. anatom., déc. III, n° 1, p. 2, — d'après Lebert et d'après 
Cruveilhier, Essai, t. II, p. 182. — A la partie supérieure de l'estomac, 
chez un homme, poils, os, quatre molaires. 



PRODUITS DERMOÏDES DANS L UTERUS 

Fabrice de Hilden. — D'après Cruveilhier, Essai, t. II, p. 185. — Femme 
de cinquanle ans. Cheveux, matière adipeuse et oléagineuse et ichor 
jaune dans l'utérus. 

Sampson, Birch et Tyson. — Thilosoph. Trans., n" 150; — ■ cité par 
Lebert d'après Meckel. — • Immédiatement après l'accouchement d'un 
enfant mort, expulsion d'une masse informe composée de poils, d'os, de 
treize dents. 

Meckel. — Loco cit., p. 136. Med. SU. satyr., spec. VII, obs. V, — d'après 
Lebert. — Dans un accouchement laborieux, l'enfant fut précédé d'une 
masse renfermant des poils. 

Osiander. — Epigr. in compl. mus. anatom. ret., n° 20, p. 29, — • d'après 
Lebert. — Après l'accouchement, sac membraneux renfermant de la 
graisse, un os informe avec cinq dents et de longs poils. 

E. "Wagner. — Arch.f.phys. Heilk., 1857, p. 147, — cité par Lebert, Pra- 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 249 

ger Viertelj., 1858, p. 42. — Femme de trente-quatre ans; après un 
accouchement, extirpation d'une tumeur de la partie postérieure du col 
utérin, renfermant des cheveux, des dents, de l'os, du cartilage. 
Guérison. 



KYSTES DERilOÏDES DU SCROTUM 

Saint-Donat. — 1697; in : Pierre Amand, Nouvelles observations sur la 
pratique des accouchements, 2'= éd., Paris, 1715, p. 79, — d'après Ver- 
neuil, Mém. sur l'inclus, scrot., loco cit., p. 647. — Jeune homme; côté 
droit. Os comparés à un crâne avec des cavités orbitaires. 

Prochaska. — Trad. d'après la thèse inaugurale dAbraham Capadose 
(d'Amsterdam) : Dissert, de fœtu intra fœtum, 24 juin 1818. V. Geoffroy 
Saint-Hilaire, t. III, p. 299 et 308, notes. 

I. — Garçon de trois ans; tumeur congénitale dans l'aine, prise pour 
une hernie. — Inflammation, suppuration et issue de débris fœtaux. 

II. — Tumeur congénitale volumineuse ; parties fœtales. 

Dietrich (de Glogau). — AVendt, Tabulse votivœ, Vratislav, 1822; Froriep, 
Notizzen, t. I, p. 287, t. XIV, p. lo. — Rev. méd., t. VIII, p. 361. — Journ. 
de Graefe, t. V, p. 183, — d'après Lebert. — Garçon de cinq mois ; tumeur 
scrotale du côté droit. Os comparés à une extrémité inférieure et un 
bassin avec muscles. 

Ekl (de Landshut). — Froriep, Notizzen, t. XIII, p. 282. — Tumeur congé- 
nitale. Os comparés à des côtes, un rachis, des orbites et un fémur. 

André (de Péronne). — in : Ollivier (d'Angers), Mém. de l'Acad. de méd., 
1833, p. 480; — d'après Verneuil, loco cit., 18oo, t. 1, p. 632. — Garçon 
de six ans; tumeur du côté droit, remarquée à un an et opérée pour une 
hydrocèle; os, dents^ poils. 

■Velpeau. — Clin, chirugicale, t. III, p. 198, 1841 ; — d'après Verneuil, loco 
cit., 18oo, t. I, p. 634. — Jeune homme de vingt-sept ans. Tumeur con- 
génitale du côté droit. Fistules. Extirpation. Kystes; poils, matière 
sébacée, pièces osseuses comparées à divers os du squelette. 

L. Corvisart. — D'après Verneuil, loco cit., 1833, t. II, p. 24. — Enfant de 
vingt mois; tumeur congénitale du côté droit. Kystes, poils, os. 

Duncan et Goodsir. — Monthly journ. of med. science, p. 333, Edin- 
burgh, 1843, june, — d'après Verneuil, loco cit., 1833, t. II, p. 23. — 
Enfant de huit ans; tumeur congénitale. Poils, cartilage et os. 

Guersant et Verneuil. — Verneuil, loco cit., 1833, t. II, p. 27. — Enfant 
de deux ans ; tumeur congénitale. Substance grise nerveuse, cavités der- 
moïdes avec poils; cartilage ; tissu adipeux. 

J. Boeckel. — Inclusion péritesticulaire. Bull, et Mém. de la Soc. de Chir., 
24 avril 1878, t. IV, p. 302. — Homme de trente-huit ans ; tumeur appa- 
rue un an avant, du côté droit. Kystes : parois dermoïdes, poils, épithé- 



2b0 KYSTES DERMOÏDES 

lium cylindrique vibratile, glandes muqueuses, tissus osseux et cartila- 
gineux. 

Labbé et Verneuil. — Inclusion 2J0st-testmilaire chez un jeune garçon,- 
castration, guérison. Bull, et Mém. de la Soc. de Chir., 1878, loco cit., 
p. 306. — Garçon de quatorze ans; début remontant à la première en- 
fance; côté droit. Kystes; matière sébacée, poils; épithélium vibratile, 
glandes en grappe; segments d'intestins; cartilage. 

Tilanus. — Schmidt's Jahrbùcher, 1838, t. CXV, p. 171. — Jeune homme 
de vingt ans ; tumeur congénitale du côté gauche. Kystes dermoïdes ; 
poils, os et cartilages. 

HescH. — Prager Yiertelj., loco cit., p. o6. — Enfant de huit ans; 
tumeur congénitale, du côté droit. Poils, glandes sébacées, os. 

Th.. Kocher. — Verletzungen und Krankheiten des Hodens und seiner Rûllen, 
in : V. Pitha und Billroth, Handb. der allgem. und speciell. Chir., Stutt- 
gart, 1871-1873, Bd. III, Abth. II. — Teratome des Hodens, s. 391. 

I. — Pièce de la collection de Giessen. Poils et lobules graisseux. 

II. — Pièce de la collection de Gœttingen. Cheveux, plaques calcaires. 
Geinitz. — Deutsche Klinik, 1862, n" 22, p. 216. — Enfant de trois ans; 

début à six mois; côté droit. Cavités dermoïdes, poils, os. 

Spiess. — Inclusion scrotcde viscérale. Encéphcdolde de l'épididyme. Infec- 
tion génércde. Mort six semaines après la castration. Bull, de la Soc. ana- 
tom., 1864, p. 277. — Jeune homme de vingt-sept ans; début à \ingt- 
un ans. Cavités dermoïdes; poils, os, cartilage. 

Lang. — Ein Beitrag zur Kenntniss sog. Bermoidcysten. Virchow's Archiv f. 
2Xithol. Anat., 1871, Bd. LUI, s. 129. —Enfant de un an et demi; tumeur 
congénitale, côté gauche. Kystes, poils, épithélium cylindrique, glandes, 
tissu lymphoïde; cartilage, os; tissu nerveux. 

Erichsen. — Science and art of surgery, 1^"= édit., p. 931, — d'après le 
rapport de Nepveu (1880), et d'après Curling, Tr. prat. des mal. du testi- 
cule, trad. par Gosselin, Paris, 1837, p. 436, note. — Homme d'une 
trentaine d'années; tumeur remontant à l'enfance. — Liquide huileux, 
comme du beurre fondu, se solidifiant par le refroidissement. Débris 
fœtaux. 

Kalning. — Zur Casidstik und Kenntniss der Bermoidcysten des Hodens, 
Inaug. Dissert., Dorpat, 1876, — d'après Centrcdhl. f. Chir., 1877, s. 139. 
— Jeune homme de vingt ans; tumeur depuis l'enfance, du côté gauche. 
Poils, glandes sébacées et sudoripares; cartilage, os. 

"W. Mac-Ewen. — A case of scrotcd inclusion. The Glasgow Med. Journ., 
vol. X, n° 10, oct. 1878, — d'après le Méra. de Nepveu, d'après Holmes 
et Hulke, A sysi. of surg., 3= éd., London, 1883, vol. III, p. 347, et Cen- 
tralbl. f. Chir., 1879, s. 239. — Garçon de quinze ans ; tumeur congénitale 
du côté droit. Cheveux, os, cartilage. 

Pilate (d'Orléans). — Kyste dermoïde pileux et ossifère du testicule. Bull, et 
Mém. de la Soc. de chir., 8 déc. 1880, t. VI, p. 689. —Rapport de Nepveu. 

. Jeune homme de dix-huit ans; tumeur congénitale du côté gauche. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 2ol 

Cavités dermoïdes; cavités à épilhélium cylindrique. Cartilage, os; cel- 
lules pigmentées. 

Cornil et Berger. — ISote sur un cas d'inclusion scrotale. Bull, de l'Acad. 
de méd., 3 mars I880, p. 27o, et Arch. de physioloçjie, 15 mai 1885, n° 4. 
— Garçon de onze ans; tumeur remontant à la première enfance, du côté 
droit. Extirpation. Cavité dermoïde, poils, glandes sudoripares; cavité 
mucoïde à épithélium cylindrique ; ganglions nerveux, fibres de Remak. 

A. Malherbe. — Cité par Heurtaux, article Tumeurs à\x Nouv. Bictionn. de 
méd. et dé chir. prat., t. XXXVI, 1884, p. 391. — Enfant de neuf mois et 
demi ; kystes à épithélium polymorphe, cellules pigmentées, follicules 
pileux, fibres musculaires striées, tissus adipeux, fibreux, myxo-sarco- 
mateux, muqueux. 



KÉGIOX SACRO-PERINEALE 

1° Fistules et dépressions congénitales. 

Kuhn (de Gaillon). — Bull, de la Soc. de chir., 24 juillet 1867, 2« série, 
t. YUI, p. 320 et p. 335. 

Ch. Féré. — Cloisonnement de la cavité pelvienne; idérus et vagin doubles; 

infundibulurn cutané de la région sacro-coccygienne. Bidl. de la Soc. ana~ 

toin., 52'= année, mai 1878, p. 312. 
Féré. — Ibid., déc, p. 532. 
Terrillon. — Fistule congénitale de la région lombo-sacrée. Bull, et Mém. de 

la Soc. de chir., 25 janv. 1882, t. VUI, p. 54. 

Lannelong-ue. — Mémoire sur les fistules et les dépressions cutanées congé- 
nitales paravertébrales inférieures : observât, d'un kyste dermoïde de la 
région sacro-coccygienne. Bull, et Mém. de la Soc. de chir., 15 mars 1882, 
t. VIII, p. 185. 

Heurtaux (de Nantes). — Infundibulurn coccygien; fistule paracoccygienne. 
Bull, et Mém. de la Soc. de chir., 15 mars 1882, t. VIII, p. 194. 

W. Hardman. — Congénital sacral flstidœ. The Lancet, march 25, 1882, 
vol. I, p. 504. 

Peyramaure=Duverdier. — Des dépressions et fistides congénitales cu- 
tanées de la région sacro-coccygienne. Thèse de Paris, 1882, n° 130. 

J. Couraud. — Contribution à l'étude des dépressions congénitales cidanées et 
kystes dermoïdes de la région sacro-coccygienne. Thèse de Paris, 1883, n° 262. 

Observation personnelle XXXIX, p. 208. 

2° Tumeurs dermoïdes. 

Volfart. — 'Ai7xXT,-r;î£tov. Allgemeines medicines Wochenblatt , Berlin, 1811, 
n° 47, s. 743, — d'après C. Paul, lococit., vol. I, p. 665, obs. VII. — Car- 



2o2 KYSTES DERMOÏDES 

çon à terme; tumeur périnéale repoussant l'anus à gauche et le coccyx 
en arrière; dans l'intérieur du sac, corps charnu recouvert de peau gar- 
nie de cheveux; dans la masse charnue, chair musculaire, cartilage, ten- 
dons, os, graisse. 

Ollivier (d'Angers). — Mém. sur la monstruosité par inclusion. Arch. génér. 
de méd., t. XV, 1827, ohs. XIV, p. o48. — Fille mort-née; tumeur coccy- 
gienne; dans le pédicule, vaisseaux venant de la sacrée moyenne qui 
représentait par son volume une trifarcation de l'aorte ; poche tapis- 
sée par une membrane séreuse; os irréguliers, quelques-uns formant un 
canal aplati et vide; portion de peau avec des poils blonds soyeux; pro- 
longement ressemblant à une langue ; kystes ; phalange. 

Himly. — Beitrœge zur Anatomie iind Physiologie, II Lief., Gesch. des Fœ- 
tus in Fœtu, Hannover, 1831, — d'après C. Paul, loco cit., vol. I, p. 6o7, 
obs. VI. — Fille de vingt-cinq semaines; tumeur sacrée qui envahit la 
fesse gauche et vint pendre jusqu'au genou; ponctions; suppuration; 
mort. La tumeur se prolongeait par l'échancruïe sciatique dans le bas- 
sin, derrière l'utérus; spina bifida lomho- sacrée Dans la tumeur, plu- 
sieurs kystes dont l'un renfermait une dent molaire; masse ressemblant 
à la substance corticale du cerveau; plusieurs os plus ou moins mécon- 
naissables. 

Laugier. — Tumeur congénitale de la région sacrée. Monstruosité par inclu- 
sion cutanée, guérie par l'extirpation, sur un enfant de onze mois. Exa- 
men de cette tumeur par Rouget. C. R. des séances de l'Acad. des sciences, 
t. XL, 16 avril 1835, p. 89o. — Fille; tumeur attachée par un large pédi- 
cule à la région sacrée; tissu adipeux abondant; kystes à contenu séreux 
avec grumeaux caséiformes, ou à contenu crémeux semblable à celui 
des loupes et tannes (plaques et cellules épidermiques); poils implantés 
sur la paroi d'un kyste; fragments osseux enfouis dans le tissu adipeux. 

Virchow. — Monatsschrift f. Geburtsk., 1837, s. 239, — cité par Bergmann. 
— Enfant mort-né, du sexe féminin ; tumeur grosse comme la tête d'un 
enfant de deux ans. Large ouverture des vertèbres sacrées inférieures: 
hernie delà dure-mère. Kystes et parties solides; masses cérébriformes, 
cartilage, os, peau avec poils, glandes sébacées et sudoripares. 

Heschl (de Cracovie). — OesterreicJiische Zeitschrift f. prakt. Hcilk., n° 14, 
1860, — in Gazette hebdom., t. VII, n» 38, 21 septembre 1860, p. 620. — 
jS'ote sur un cas d'hypertrophie de la glande de Luschka. — Fœtus à terme ; 
rectum imperforé, duplicité du vagin et de l'utérus; tumeur grosse 
comme une noix, attachée au sommet du coccyx par quelques filaments 
blanchâtres; aspect extérieur d'une glande salivaire; plusieurs cavités à 
contenu cholestéatomateux ; épithélium pavimenteux. 

Giraldès. — Bull, de la Soc. de chir., 2« série, t. II, 1861, 27 mars, p. 189, 
et 10 avril, p. 238, — et C. Paul, loco cit., vol. II, p. 201. — Fille de deux 
ans et demi; tumeur congénitale occupant la fesse droite depuis la rai- 
nure interfessière jusqu'au niveau de l'angle sacro-vertébral. Opération; 

1. V. p. 131. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 2o3 

mort par pneumonie. Pédicule se prolongeant dans le bassin et se con- 
tinuant avec le tissu conjonctif; masse fibro-graisseuse, os revêtus de 
périoste; kystes à contenu sébacé et pileux. 
Chédevergne. — Bull, de la Soc. anatom., 36° année, novembre 1861, 
p. 411. Extr. du rapport de G. Paul sur un cas de monstruosité par inclu- 
sion, — et G. Paul, loco cit., vol. 1, p. 649. — Fille à terme, mort-née; 
tumeur entre les lombes et le périnée, derrière Tanus; une première 
poche contenait un liquide séro-sanguin; une deuxième, à contenu séreux, 
communiquait avec le canal rachidien et sa paroi se continuait avec la 
dure-mère ; parties solides formées d'une masse graisseuse , de petits 
kystes à paroi dermoïde (derme, épiderme, glandes, poils); cartilage 
embryonnaire, segments d'intestin, petite masse carrée constituée par 
des fibres musculaires striées. V. quelques détails p. 72 et 131. 

Molk. — Bes tumeurs congénitales de l'extrémité inférieure du tronc. 
Thèse de Strasbourg, 1868, 3*^ série n" 106. Obs., p. 4. — Fille de huit 
mois; tumeur congénitale; pédicule implanté entre les deux fesses, sous 
le coccyx, derrière l'anus; dissection; adhérence au coccyx. Kysles à 
contenu crémeux, à paroi connective tapissée d'épithélium pavimenteux 
stratitié; dans un kyste, poils englobés dans la matière sébacée et paroi 
tapissée de cellules épithéliales vibratiles. 

Czemy. — Beitrœge zur Geschwulstlehre. I. Entwickelung eines Epithelial- 
carcinorns mis einer angeborenen Sacralgeschwulst. Langenheck's Archiv f. 
Min. Chir., 1869, Bd. X, s. 894. — Femme de cinquante-cinq ans; 
tumeur sacrée congénitale, du volume d'une noix, ayant augmenté 
depuis quelques années. Extirpation. Squelette cartilagineux avec ossifica- 
tion; kystes à contenu colloïde, revêtus d'épithélium cylindrique vibra- 
tile, avec glandes de Lieberkûhn un peu plus grandes que celles du duo- 
dénum et tissu lymphoïde ; kystes à contenu athéromateux tapissés 
d'épiderme ; cancer épithélial. 

A. Després. — Kyste de la région ano-coccygienne. Bull, de la Soc. anatom., 
49° année, juin 1874, p. 502. — Enfant de treize ans; tumeur existant 
depuis longtemps, derrière l'anus, médiane, adhérente à la peau. Gon- 
tenu comparé au blanc de baleine ; paroi tapissée d'épiderme sans glandes 
ni poils (examen par Troisier). 

A. Dealina. — Retrorectale Dermoidcyste. Ein Beitrag zur Casuistik des 
TJnterleihes. Archiv fiir Gynœkol., 1875, Bd. Vil, s. 30d. — Jeune fille de 
dix-huit ans; kyste dermoïde volumineux renfermant des cellules épider- 
miques et des poils ; fistule uréthro-vaginale. 

Krœnlein. — Teratoide Geschivulst der Steissheingehend. Langengeck's Archiv 
f. klin. Chir., 1877, Bd. XXI, Supplément, s. 189. — Enfant nouveau-né 
du sexe féminin; tumeur du siège renfermant des rudiments de maxil- 
laire avec des dents, des kystes à épithélium vibratile , de la substance 
cérébrale, de la graisse, du cartilage et des fibres striées. 

Rizzoli. — Monstruosité par inclusion située dans la région sacro-coccy- 
gienne d'un nouveau-né. Extrait d'une communication faite à VInstitut 
des sciences de Bologne. Arch. gén. de méd., juillet 1877, vol. II, p. 97. — 



254 KYSTES DERMOIDES 

Garçon nouveau-né; hernie ombilicale; lumeur sacro-coccygienne, 
plutôt sous la fesse gauche. Extirpation; sacrum bifide au niveau des 
apophyses épineuses; orifice fistuleux c|ui se ferma après cautérisation. 
Examen par Ercolani : structure d'une muqueuse avec villosités sembla- 
bles à celles de l'inteslia, follicule clos solitaire, glandes à pepsine et 
glandes muqueuses ; en quelques points , structure . du derme avec 
glandes sudoripares; nerfs, corpuscules de Pacini; appendice digitiforme 
à trois phalanges dont la dernière présentait la trace d'un ongle ; carti- 
lage, os, tissu conjonctif. 

Ballet. — Kyste congénital de la région ano-coccygienne. Bull, de la Soc. 
anatom., S3'= année, déc. 1878, p. b32. — Tumeur pédiculée, immédia- 
tement en arriére de l'anus ; parois ayant la structure du tégument ex- 
terne , avec rudiments de papilles sur quelques points; quelques poils 
dans la cavité. 

Waren. — Fistulous Opening near the Base of the Coccyx containing Hair. 
The Boston medic. and surgic. Journ., march 15,-1877, vol. XCVI, p. 328. 
— Femme de vingt ans ; deux fistules médianes, l'une à l'union du sacrum 
et du coccyx, l'autre à un pouce au-dessus. Ouverture des trajets : au 
fond, touffe de cheveux, 

Comby. — Kyste dermoïde de la région ano-coccygienne. Extirpation avec le 
thermo-cautère. Bull, de la Soc. anatom., 54'^ année, févr. 1879, p. 141. — 
Garçon de dix ans (service de Terrillon) ; tumeur remarquée vers quatre 
ou cinq ans , dans le sillon interfessier et à gauche. Pédicule adhé- 
rent à la pointe du coccyx; petite quantité de liquide opalin; la- 
melles blanchâtres , plissées et déroulables, formées d'épithélium pavi- 
menteux; pas de poils (examen par Ranviei). 

Hofmokl. — Wiener medic. Jahrbûcher, 1879, IV, s. 461, — cité par Berg- 
mann. — Tumeur présentant un grand kyste séreux et plusieurs petits ; 
un sac, contenant un liquide trouble et floconneux, présentait un ré- 
seau de Malpighi dans sa paroi. 

Skorczewski. — Gaz leh., n° 24, t. XXIX, — d'après Virchow's und 
Hirsch's Jahresbericht f. 1880, Bd. I, s. 29o. — Garçon de six ans; téra- 
tome sacré renfermant des kystes à épithéliums variés et de petites 
pièces osseuses ; un kyste contenait des poils. 

H. Port. — Bermoid Tumour from the rectum. Trans. of the Pathol. Soc. of 
London, may 18, 1880, vol. XXXI, p. 307. — Fille de seize ans; accidents 
d'occlusion intestinale depuis trois mois environ, tumeur dermoïde ren- 
fermant de la peau avec de l'épiderme, des papilles, des follicules pileux 
et des glandes sébacées, une canine et deux masses osseuses. 

E. Mason. — Bermoid Cyst in the région of the coccyx and involving a por- 
tion ofthe left Ijuttocli. New-York surgical Soc, febr. 10, 1880. — The Mé- 
dical Record, New-York, 1880, vol. XVII, p. S24. — Femme de vingt-sept 
ans ; depuis l'âge de douze ans, plusieurs petits abcès ; orifices d'où sor- 
taient des cheveux ; ouverture et dissection du sac qui contenait des che- 
veux et envoyait deux prolongements sous la fesse gauche. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 23S 

Lannelongue. — Mémoire sur les fistules et dépressions cutanées, etc. 
V. plus haut. — Observation d'un kyste dermoïde de la région sacro-coc- 
cygienne, p. 192. — Garçon de quatre ans et demi; tumeur congéni- 
tale ; extirpation ; quelques adhérences au coccyx ; contenait quelques 
gouttes de sérosité et des lamelles nacrées; épidémie, glandes séba- 
cées, poils. 

So-Q.neTab\xrg. —- Berliner Min. Wochenschrift, 17 sept. 1883, s. 588. — 

Trois cas de tumeurs sacrées : dans les deux premiers cas, l'existence de 

produits dermoïdes n'est pas démontrée ; le troisième est donné comme 

un kyste dei^moïde avec inclusions dures caractéristiques dans la paroi, 

et situé 'exactement sur la ligne médiane. 

E. V. Bergmann. — Zur Biagnose der angehorenen Sacral-Geschioïdste 
{Berlinermed. Gesellschaft, 20 oct. 1884). Berliner klinische Wochenschrift, 
1884, 1 dec, s. 761; 8 dec, s. 780. 

i'^^ cas. — Homme de quarante ans ; kyste pileux entre le rectum et 

le coccyx. 
2*= cas. — Kyste situé entre le sacrum et le rectum, contenant des 

poils. 
3° cas. — Femme de cinquante-un ans; tumeur depuis trois ans; 
fistule ; deux cavités remontant jusqu'au promontoire. Paroi cu- 
tanée. 
4'= cas. — Jeune homme de dix-neuf ans ; tumeur congénitale derrière 
l'anus. 
R. Trzebicky. — Ei7i Beitrag zur Lokalisation der Bermoidcysten. Wiener 
med. Wocheiisch., 1883, n° 13 u. 14. CentralU. f. Chir., 1885, s. o36. — 
Deux kystes dermoïdes du siège ; l'un envoyait un prolongement dans 
le petit bassin. 

3° Tumeurs renfermant des parties fœtales et des produits dermoïdes. 

Alex. "Wils. — S.-J. Huxham, in Philosoph. Transact., vol. XIV, 1748, 
p. 335. — G. Paul, loco cit., vol. II, obs. XXVI, p. 279. — Fille à terme; 
tumeur sacrée; tissu charnu, portions cartilagineuses, corps analogue 
au cerveau; bouche, langue, une oreille. 

Himly. — Beitrœge zur Anat. u. PhysioL, II Lief, Gesch, des Fœtus inFœtu, 
Hannover, 1831. — G. Paul, loco cit., vol. I, p. 653, obs. III. — Fille de 
deux mois; anus contre nature dans l'aine, gauche; tumeur sacrée avec 
prolongement abdominal remontant jusqu'au milieu du rachis; masse 
charnue, peau souple; os; main avec cinq doigts et un pouce; pied avec 
cinq orteils. 

Santo-Fattori. — De feti che rachia don.o feti detti volgarmente gravidi, 
Parma, 1813. — OUivier (d'Angers), loco cit., p. 368, obs. VII, et G. Paul, 
loco cit., vol. I, p. 653, obs. II. — Fœtus féminin, mort-né à sept mois. 
Tumeur périnéale derrière l'anus; masse comparable au placenta, os, 
digitations ressemblant à une main, deux pieds à cinq orteils munis 



2o6 KYSTES DERMOÏDES 

d'ongles, l'un s'articulant avec un tibia recouvert de peau. Kyste abdo- 
minal se continuant avec le pi-écédent, situé demère l'utérus, les 
trompes et les ovaires (un uretère imperforé) et adhérent en haut au 
côlon et au mésocôlon transverse; masse placentaire, rudiments de foie, 
deux pieds, l'un à un orteil, l'autre à cincj orteils munis d'ongles et 
articulé avec une jambe. 

L'examen de cette pièce, fait de nos jours par Ercolani, a montré des 
niasses cartilagineuses, des fibres musculaires lisses, des éléments cellu- 
laires, y. p. 96. 
Braune. — Die BoppelbUdungen iind angeborenen Geschivùlste cler Kreiiz- 
beingegend. — Holmes, op. cit., p. 13. — Jeune femme de vingt ans; 
tumeur sacrée congénitale qui s'affaissa à l'âge de trois ans et laissa 
apparaître à l'extérieur un membre surnuméraire dont le développement 
fut parallèle à celui de l'enfant; il partait d'un orifice semblable à une 
sorte de niche et paraissait uni au tronc par une articulation énarthro- 
diale. Amputation dans la continuité; traces de la fusion de deux mem- 
bres (deux péronés, dix orteils). 

— Ibid. ■ — Holmes, p. 15. Cas de Reiner. — Tumeur sacrée; pied déformé, 
vestiges de fœtus peu reconnaissables. 



REGION DES MAXILLAIRES 

1° Polygnathisme. 

MACHOIRE INFÉRIEURE 

J. Gilles. — De hygromaticis cysticis congenitis, etc. Donna?, 1852. — Arch, 
génér. de méd., 1853, t. I, p. 82. 

Rippmann. — JJeber einen bisher nicht beobachteten Fall multipler Intra- 
f'œlation. Dissert., Zurich, 1865, — d'après Ahlfeld, obs. XXI. 

Faucon. — Obs. complète, in : E. Magitot, De la polygnathie chez l'homme. 
— Ann. de gynécoL, t. IV, septembre 1873, p. 161. 

Lafont el Nepveu. — Tumeur congénitcde polycystique Insérée à la sym- 
physe du maxillaire inférieur et à la face inférieure de la langue. Accou- 
chement spontané avant terme. Arrachement de la tumeur pendant le tra- 
vail. Examen anatomique de la pièce. — ( Obs. communiquée par Ver- 
neuil) Bidl. de l'Acad. de méd., 1" juin 1873, 2" série, t. IV, p. 644. 

Lannelongue. — Obs. XXXVllI, p. 207. 

"Willy Meyer. — Ein Beitrag zu den Missbildungen im Beriche der ersten 
Kiemenspaltc und des ersten Kiemenbogem. Langenbeck's Archiv f. Jilin. 
Chir., Bd. XXIX, s. 488. — Ein Fall von angeborener Yerdoppelung des 
UnterMcfers bei cinem U Jahre alten Mœdchen. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 237 



MACHOIPvE SUPERIEURE 



Hoffmann. — De fœtii monstroso. Ephem. nat. cur., dec. III, ann. 6, obs. 
163, p. 333 (1687), — d'après Geoffroy Sainl-Hilaire, op. cit., t. III, p. 232. 

Poelmann. — Bull, de la Soc. de méd. de Gand, 18oo, p. 10. — Canstatt's 
Jahresbericht, 1833, IV, p. 13, — d'après Alilfeld, obs. 18. 

Hess. — Beitrœge ziir Casuistik der Geschwùlste mit zeugimgssehnlichem 
Inhalte. Dissert., Giessen, 1834, Fall I, — d'après Ahlfeld, obs. 16. 

2° Kystes dermoldes complexes. 

Studencki. — De quadam lingiœ infantis neonati abnormitate, adhuc non- 
dum observata. Dissert. Berol., 1834, — d'après Ahlfeld, obs. 6 et 7. 

Legroux. — Hétérotopie fœtale à forme de kyste der moule. Bull, de la Soc. 
anatom, Vi", année, janv. 1867, p. 10. 

3° Tumeurs présentant des parties fœtales. 

Sœmmering. — (1830) Hinily, Geschichte des Fœtus in Fœtu. Hannover, 
1831, p. 112, Ammerkung. — Hess, Beitrag zur Casuistik der Geschwïdste 
mit zeugungsœhnlichem Inhalte. Inaug. Diss., Giessen, 1843, Fall III, — 
d'après Ahlfeld, obs. 3. — Avant-bras, doigts, pied à sept orteils. 

Kîdd. — Dublin Hosp. Gaz., 1836, n° 6. — Canstatt' s Jahresbericht, 1836, IV, 
p. 13, — d'après Ahlfeld, obs. 17. — Doigts à trois phalanges, munis 
d'ongles. 

Wegelin. — Bericht ùber die Thcetigkeit]der Saint-Gallischen naturvnssens- 
chaftlichen Gesellsehaft, 1860-61, p. 68, — d'après Ahlfeld, obs. 19. — 
Pied à cinq orteils. 

J. Baar de la Faille. — Jets over den Epignathus , eene teratologische 
Bydrage, Groningen, 1874, Fall 2, — d'après Ahlfeld, obs. 24. — Deux 
monstres acéphales reliés à la tumeur par un cordon ombihcal bifurqué. 

Fr. Ahlfeld. — Beitrsege zur Lehre von der Zwillingen. I. Der Epigna- 
thus. Archiv f. Gynsekol, 1873, Bd Vil, heft 2, s. 210; Fall. 26. — Traduit 
in Annales de gynécol, 1873, t. III, p. 369, t. IV, p. 344; 1876, t. V, p. 104 
et 417, — obs. 26, t. IV, p. 348. — Appendices digitiformes dont un pré- 
sente la matrice d'un ongle. 

Sonnenburg. — Ein Fall von Epignathus. Opération. Heilung. — Deutsche 
Zeitschrift f. Chir., V, n° 1, 30 nov. 1874, — d'après Rev. des Sciences 
méd., t. VI, p. 108. — Paupière pourvue de cils, de cartilage tarse, et de 
muqueuse conjonctive. 

E. Millier. — Beitrag zur Casuistik der menschlichen Missgeburten. I. Ein 
Epignathus. Arch. f. Gynœkol., 1881, Bd. XVII, heft 2, s. 298. — Doigts 
rudimentaires pourvus d'ongles. 

n 



DEUXIEME PARTIE 

KYSTES r^UCOÏDES 



CHAPITRE PREMIER 

RAPPORTS DES KYSTES MTJCOÏDES AVEC LES KYSTES DERJMOÏDES 

Après l'étude que nous venons de faire des kystes à structure 
dermoïde, il n'est pas besoin d'insister longuement sur la défi- 
nition des tumeurs qui vont maintenant nous occuper; le titre 
seul de cette seconde partie montre suffisamment les cliff"érences 
qui séparent ce nouvel ordre de productions des précédentes. 
Ces différences sont purement anatomiques : la structure de la 
paroi kystique est ici celle d'une muqueuse, au lieu d'être celle 
de la peau ou des quelques muqueuses qui en dérivent. 

D'après cette donnée , on pourrait croire que cette seconde 
partie doive comporter d'aussi longs développements que la 
première et qu'il soit nécessaire de créer, à côté de la série des 
tumeurs dermoïdes, des séries nouvelles et tout aussi impor- 
tantes de tumeurs kystiques à cavités mucoïdes. Or, il n'en est 
rien ; la constitution de pareilles séries, se développant paral- 
lèlement les unes à côté des autres, est, il est vrai, parfaite- 
ment logique ; mais dans l'état actuel de nos connaissances elle 
ne peut être qu'indiquée : car les faits sont ici beaucoup moins 
nombreux. et par suite les obscurités beaucoup plus grandes 
que dans la série dermoïde. 



260 KYSTES MUCOÏDES 

Une autre raison nous détermine aussi à être beaucoup plus 
bref sur ces tumeurs ; elles sont constituées on réalité sur le 
même type que les précédentes, et comme elles leur sont très 
fréquemment associées, un grand nombre de ces productions 
ont été déjà décrites. 

En effet, il a été établi deux catég-ories principales de kystes 
brancbiaux : les kystes dont la paroi est exclusivement mu- 
queuse et ceux dont la structure est uniquement dermoïde. Les 
premiers forment le groupe le plus simple de la série mucoïde, 
comme les seconds constituent le premier degré de la série 
dermoïde. 

Entre ces variétés, très nettement différenciées anatomique- 
ment, se place un groupe mixte, caractérisé par ce fait que la 
paroi du kyste branchial est en partie cutanée et en partie mu- 
queuse ; on peut le ranger indifféremment dans Fune comme 
dans l'autre série. 

Mais il y a des degrés pins élevés encore, représentés par les 
différentes tumeurs complexes que nous avons passées en 
revue et dans lesquelles on trouve mélangées à des cavités der- 
moïdes, en proportions très variables, d'autres cavités dont le 
revêtement présente la structure de diverses muqueuses. Ces no- 
tions étant connues, il reste donc seulement à ajouter, pour com- 
pléter le cadre de la série mucoïde, les faits nouveaux dans les- 
quels l'élément dermoïde n'entre plus pour aucune part. En ré- 
sumé, ce chapitre comprend deux ordres de faits : les uns n'ayant 
pas encore été envisagés, les autres nous étant déjà connus. 
Ces derniers, qui se rapportent à des tumeurs partiellement der- 
moïdes, ne nous intéresseront maintenant que par un seul côté 
de leur structure, un seul élément de leur constitution com- 
plexe, l'élément mucoïde. Nous nous bornerons donc à rappe- 
ler seulement les faits anciens, dans les diverses régions oïi on 
les rencontre. 

Dans l'étude suivante, nous prendrons soin, comme nous 
l'avons déjà fait pour les kystes dermoïdes, de choisir les exem- 



REPARTITION 261 

pies dans lesquels la structure de la paroi est suffisamment 
déterminée ; ici, en effet, la nécessité d'un examen histologique 
s'impose d'une façon beaucoup plus urgente que pour les kystes 
dermoïdes ; car on ne rencontre pas dans les cavités mucoïdes 
de produits tels que les poils et les dents, dont les caractères 
extérieurs puissent fournir des données précises sur la nature 
de cette paroi. 



CHAPITRE II 



REPARTITION TOPOGRAPHIQUE ET STRUCTURE 



Au COU, nous avons à rappeler les kystes mucoïdes tapissés 
•d'épithélium vibratile, dont nous avons déjà parlé à propos 
des kystes branchiaux pour les comparer aux kystes dermoï- 
des ; tous ces faits, observés par Jouon, Nélaton, Houel, Ta- 
pret , sont relatifs à des kystes médians thyro- hyoïdiens, 
dont le début remontait à l'enfance. (V. les indications données 
à la bibliographie des kystes branchiaux (p. 228). 

Il nous suffira de mentionner les kystes branchiaux à paroi 
moitié dermoïde et moitié mucoïde observés sur les parties 
latérales du cou par Neumann et Baumgarten et le cas, tout à 
fait comparable aux précédents , observé par Nélaton à la ré- 
gion sternale. 

Houel cite encore un fait personnel de kyste à épithélium 
vibratile siégeant au-devant du sternum chez une jeune fille 
de seize à dix-sept ans. 
- Hans V. Wyss a vu. un peu au-dessus de V ombilic , tout 



962 KYSTES MUCOÏDES ^ 

i 
près de la ligne médiane , un petit kyste muqueux à contenu ^ 

colloïde et tapissé d'épithélium yibratile ; il siégeait entre les 

muscles et le péritoine. 

Aux membres, nous connaissons un cas de kyste mucoïde 
prétibial , cité dans la thèse de Demoulin ; il s'agissait d'un 
kyste situé au-dessous de la patte d'oie chez un homme et con- 
tenant un liquide filant; après plusieurs récidives il fut extirpé, 
et l'examen fait par Robin donna un résultat semblable à 
celui du kyste présternal de Nélaton, ce qui laisse supposer 
qu'il s'agissait d'un mélange d'épithélium pavimenteux et yi- 
bratile. 

Parmi les tératomes de la cavité tharacique que nous avons 
cités précédemment, le kyste dermoïde de Lebert présentait 
en certains points un épithélium cylindrique, et dans le fait 
très complexe de Yirchow il y avait des cavités tapissées d'épi- 
thélium vibratile. 

Dans les tumeurs dermoïdes de Yovaire et du scrotum, nous 
avons également signalé l'existence de cavités mucoïdes. Nous 
aurons d'ailleurs à revenir dans la quatrième partie sur cer- 
tains kystes congénitaux de l'ovaire, dont les parois présentent 
les caractères généraux d'une muqueuse. Dans les tumeurs scro- 
tales on a trouvé des kystes à épithélium cylindrique (Labbé 
et Yerneuil, Pilate) , des segments d'intestin (Labbé et Yer- 
neuil, Lang), des glandes muqueuses (J. Bœckel), des kystes 
avec des glandes rappelant une portion de tube digestif (Gornil 
et Berger). 

La région sacro-coccycjienne , oii nous avons rencontré des 
productions muqueuses dans des tumeurs partiellement der- 
moïdes , va nous offrir, en outre, quelques faits dans lesquels 
l'élément dermoïde fait complètement défaut. 

Pour ce qui est des faits déjà décrits parmi les kystes der- 
moïdes, nous rappellerons simplement qu'on a signalé dans 
ces tumeurs des kystes à épithélium vibratile (Molck, Czerny, 
Krœnlein), des cavités formées par une muqueuse diges- 



RÉPARTITION 263 

tive pourvue de villosités, follicules clos, glandes muqueuses 




FiG. 23, — Kyste congénital sacro-coccygien (obs. LI) : a a, paroi de la cavité princi- 
pale ; b, surface interne mamelonnée de cette paroi; c, Tcyste séreux; d d, masses -végé- 
tantes contenant des loges accessoires ; e, mamelon de la paroi. 



et pepsiques (Rizzoli), un segment d'intestin avec muqueuse, 



264 KYSTES MUCOÏDES 

tunique musculeuse à deux couches de fibres lisses et tunique 

séreuse (Chédevergne). 

Les faits non encore examinés, dont on trouvera l'indication 
à la bibliographie, ne Tiennent ajouter aucun caractère impor- 
tant à l'histoire des tumeurs congénitales du siège, telle que 
nous l'avons étudiée dans la première partie. Ces tumeurs à 
cavités mucoïdes présentent exactement la même situation et les 
mêmes rapports que les précédentes. Elles peuvent siéger tout' 
à fait en arrière du sacrum -et du coccyx, ou en avant du sque- 
lette en remontant plus ou moins haut entre le rectum et le 
sacrum , ou bien encore contourner les deux faces du coccyx, 
dont la pointe proémine parfois librement dans la cavité d\me 
loge principale. Les connexions de ces tumeurs kystiques à 
structure mucoïdc avec la terminaison du rachis sont va- 
riables, aussi bien que pour les tumeurs de la série der- 
moïde ; ici encore, on observe quelquefois des vices de con- 
formation de la colonne vertébrale et la communication de la 
tumeur avec le canalrachidien (Sclireiber, Tourneux, Atkin, 
Fowler). 

Anatomiquement elles présentent : 1" des parties solides 
aussi diverses que dans les tumeurs de la première partie : 
graisse, tissu conjonctif sous différentes formes, cartilage, os, 
tissus musculaires et nerveux, etc. ; 2° des kystes dont les 
parois affectent une ressemblance plus ou moins grande avec 
diverses muqueuses. On y rencontre de l'épithélium vibrati]e, 
de l'épithélium cvlindrique simple ou cubique, souvent aussi 
un mélange de ces divers épithéliums. Dans certains cas la 
paroi kystique a la structure d'un segment intestinal (Freyer, 
Trêves). La présence de glandes est également signalée dans 
ces tumeurs ; en outre on y observe assez fréquemment des 
tramées épithéliales, comparées à des conduits glandulaires 
ou formant des cordons tortueux et rappelant les bourgeon- 
nements épithéliaux des kystes ordinaires ou mucoïdes de 
l'ovaire. Comme dans ces derniers également, les tumeurs, 



REPARTITION 265 

sacro-coccygiennes montrent dans leur intérieur des végéta- 
tions, des excroissances polypeuses de la paroi. 
. Notre observation LI est un exemple de la présence de ca- 
vités mucoïdes dans une tumeur sacro-coccygienne. On y 
trouve notamment l'existence d'une paroi kystique à structure 
variable dans la même loge : en certains points, cette paroi 
présente les caractères d'une muqueuse à épilhélium vibra - 
tile, en d'autres ceux d'une muqueuse à épithélium pavimen- 
teux stratifié, assez semblable à la muqueuse vésicale (fig. 24). 
Dans les tumeurs complexes de la région des maxillaires, les 







Fig. 2i. — Kyste congénital sacro-coccygien. Coupe histologique de la paroi d'une logo 
(obs. LI) : a, épithélium cylindrique \ibratile; /', épithélium pavimenteux stratifié; 
■ c, coupe d'une glande muqueuse ; d, vaisseau. 

cavités kystiques sont parfois comparées, dans les descriptions 
macroscopiques, à des segments d'intestin (Sœmmering, Kidd, 
Wegelin). Otto mentionne des vésicules et des canaux tapissés 
par une muqueuse. Lafont et Nepveu ont observé des kystes à 
épithélium vibratile. Arnold parle de cavités muqueuses et 
d'acini glandulaires. On y a même décrit du tissu hépatique 
(Rippmann, Hill). 

Dans la camté orbitaire nous avons à rappeler le tératome 
de Brœer et Weigert, qui, outre des cavités dermoïdes, conte- 
nait des cavités muqueuses ; les unes rappelaient l'intestin et 
étaient pourvues d'épithélium cylindrique, de glandes de Lie- 



266 KYSTES MUCOÏDES 

berkuhn et d'une tunique musculaire à fibres lisses; d'autres- 
rappelaient l'arbre bronchique et offraient de l'épithélium 
vibratile, des glandes muqueuses et du cartilage dans la paroi. 

Si l'on considère la structure des tumeurs que nous venons 
d'examiner, on voit qu'en somme leur composition générale 
est tout à fait comparable à celle des tumeurs dermoïdes. Dans 
un grand nombre de cas, d'ailleurs, ce sont les mêmes tumeurs 
envisagées seulement à un autre point de vue et dans les- 
quelles l'attention principale est dirigée siu* les cavités mu- 
queuses au lieu de se concentrer sur les cavités dermoïdes. 
Quant aux tumeurs exclusivement mucoïdes, elles ne diffèrent 
des précédentes que par la nature des parois kystiques qui sont 
muqueuses au lieu d'être dermoïdes, toutes les autres parties 
restant d'ailleurs semblables. 

Si maintenant nous embrassons dans une vue d'ensemble 
toutes les productions étudiées jusqu'ici, dans la première 
comme dans la deuxième partie, nous remarquerons que l'élé- 
ment kystique de ces tumeurs, c'est-à-dire leur élément carac- 
téristique, est un facteur extrêmement variable en quantité 
comme en qualité. Ce qui établit entre elles des différences^ 
permettant de les classer en espèces et en variétés, ce sont pré- 
cisément les variations de cet élément. Les variations en qua- 
lité, la nature dermoïde ou mucoïde, déterminent la série dans 
laquelle on doit ranger la production anormale ; les variations 
en quantité déterminent le degré qu'elle doit occuper dans 
chaque série. En effet, pour les tumeurs congénitales à cavités 
mucoïdes, aussi bien que pour celles à cavités dermoïdes, au 
degré le plus simple l'élément kystique constitue toute la pro- 
duction anormale , et aux degrés supérieurs d'autres éléments 
viennent successivement s'y ajouter, si bien qu'en remontant 
la série nous voyons son importance décroître et s'effacer d'une 
manière graduelle et continue. 



CHAPITRE III 



PATHOGENIE 



La pathogénie des tumeurs mucoïdes soulève les mêmes 
questions que celle des kystes dermoïdes et, en ne considérant 
même que les faits nouveaux, on pourrait, à leur sujet, refaire 
l'histoire des théories précédemment exposées dans la première 
partie. Il convient toutefois d'observer que les faits sont beau- 
coup moins nombreux, ce qui rend les hypothèses moins 
solides et oblige à de plus grandes réserves. 

Nous connaissons déjà, pour les kystes du cou et de la région 
sternale, Fopinion qui les rattache aux fentes branchiales. Pour 
les tumeurs de l'ovaire et du scrotum, nous avons montré 
également de quelle manière on pouvait concevoir leur forma- 
tion à la suite d'un accident de l'évolution du corps de Wolff. 
Or, c'est la même cause perturbatrice qui intervient dans la 
formation des cavités mucoïdes et dans celle des cavités der- 
moïdes ; la localisation seule diffère et porte sur d'autres par- 
ties de l'embryon. On peut comprendre, d'après cela, la rareté 
relative des produits de provenance endodermiquç dans ces 
tumeurs complexes partiellement dermoïdes ^ ; on conçoit éga- 
lement, lorsqu'on les rencontre, qu'ils soient presque toujours 
associés à des produits variés d'origine mésodermique : os, 
cartilage, tissu musculaire, etc. Le trouble du développe- 
ment, en effet, agit principalement de la superficie vers la pro- 
fondeur et frappe en quelque sorte d'une façon décroissante 

1. Nous partons des produits de provenance endodermique et non de toutes 
les cavités dont la paroi rappelle la structure d'une muqueuse : car il faut dis- 
tinguer parmi ces cavités mucoïdes les dérivés de l'épithélium germinatif et les 
productions qui ressemblent aux kystes prolifères de l'ovaire. Nous aurons à 
parler de ces derniers dans la 4e partie de ce travail. 



268 KYSTES MUCOIDES 

en fréquence comme en intensité les feuillets externe, moyen 

et interne. 

Enfin, pour les tumeurs des autres régions, on ne peut 
qu'entrevoir clos explications analogues sans être en mesure de 
résoudre le problème, faute de preuves suffisantes. On doit 
seulement remarquer que les tumeurs à cavités mucoïdes se 
rencontrent au siège habituel des tumeurs congénitales com- 
plexes désignées sous les noms de tératomes ou tumeurs 
mixtes, et qu'elles participent d'ailleurs de leurs principaux 
caractères. D'une façon générale, toutes les tumeurs congéni- 
tales sont remarquables par la diversité à laquelle peut parvenir 
leur composition. On y rencontre des tissus de toutes les 
espèces et de toutes les formes ; en même temps la proportion 
de ces tissus est sujette elle-même aux plus grandes variations. 
Certaines de ces tumeurs sont simples et uniformes dans leur 
texture : tels sont certains myomes congénitaux, tels sont les 
kystes simples, dermoïdes ou mucoïdes; d'autres présentent 
les mêmes éléments combinés à des tissus plus ou moins variés, 
osseux, cartilagineux, nerveux, etc. On peut s'élever ainsi à la 
complexité la plus grande et passer graduellement aux tumeurs 
dans lesquelles ces tissus divers commencent pour ainsi dire à 
prendre forme et à rappeler par leur disposition des parties 
fœtales ébauchées. 

Les tumeurs kystiques que nous venons d'étudier ne diffèrent 
pas sous ce rapport des tumeurs entièrement solides ; les kystes 
à parois mucoïdes ou dermoïdes s'y comportent comme les 
autres tissus et ne sont que des cas particuliers de ces forma- 
tions. Toutes ces productions semblent dériver d'éléments gé- 
nérateurs provenant de l'embryon et déplacés ou déviés dans 
leur évolution par un trouble survenu dans le développement 
fœtal ; ces éléments se développent parallèlement les uns à 
côté des autres en donnant naissance aux différents tissus de 
ces tumeurs. L'accroissement de ces productions est parfois 
considérable ; il est plus ou moins rapide suivant la nature des, 



PATHOGÉNIE 269 

tissus composants et leur activité physiologique. Dans d'autres 
circonstances , les kystes mucoïdes restent stationnaires ; ils 
peuvent subir la transformation graisseuse, et telle est une des 
origines des lipomes congénitaux \ Quant à la cause pertur- 
batrice qui a produit ce désordre dans le développement de 
l'embryon, elle est encore absolument inconnue dans sa nature 
intime. C'est à l'histog-énie et à l'embryologie quil appartient 
de dissiper ces incertitudes. 

Obs. LI. — Kyste congénital du siège ; cavités mucoïdes (V. fîg. 23). 
(Pièce conservée dans la collection de Thôpital Trousseau). — Au- 
clère (Juliette), âgée de trois semaines, entrée le 18 janvier 1886, 
salle Giraldès, n° 22, à l'hôpital Trousseau. 

Les parents de cette enfant sont d'une bonne santé; ils ne sem- 
blent pas présenter de signes de syphilis. On ne connaît pas de vices 
de conformation dans la famille. 

La mère n'a pas fait de fausse couche. Une autre petite fille, âgée 
de six ans, est bien portante et bien constituée. 

Pour ce dernier enfant, la grossesse n'a pas été bonne; il y a eu 
dans les derniers mois de l'œdème des membres inférieurs ; le ventre 
était très volumineux, et la mère raconte avoir perdu des eaux quinze 
jours avant l'accouchement. Pas de vomissements persistants; pas de 
métrorrhagies. L'accouchement dura six heures; il fut, paraît-il, 
assez difficile, mais se fit naturellement, sans forceps. 

L'enfant portait en venant au monde une tumeur du siège dont le 
volume atteignait celui de la tête; elle s'est un peu accrue depuis, 
d'une façon graduelle, sans donner lieu jamais à des troubles fonc- 
tionnels. 

Aujourd'hui (18 janvier), la tumeur est un peu plus volumineuse 
que la tète de l'enfant. Elle est située principalement sur la fesse 
gauche, mais elle déborde la ligne médiane de manière à recouvrir 



1. Dans certaines tumeurs mixtes la graisse tient une place importante et 
prédomine sur les autres tissus ; d'autre part les lipomes congénitaux ne sont 
pas toujours purs et renferment comme des débris d'autres tissus: cartilage, 
os, etc. 

Voy. J. Bland Sutton, Fatty tumours, Medico-chirurgical Tyrans., june 9, 1883, 
vol. LXVIII, p. 293. 

Certains angiomes semblent être la siège d'une pareille transformation lipo- 
mateuse. Voy. E. Sénac, Du lipome congénital, thèse de Paris, 1883, n» 84. — 
Nous aurons à faire une remarque analogue pour les kystes séreux congénitaux» 



270 KYSTES MUCOIDES 

toute la partie inférieure du sacrum et la moitié de la fesse droite. 
Elle occupe toute la région de la fesse gauche, s' étendant en 
dehors jusqu'au grand trochanter qui se trouve sur ses limites ; en 
dedans, elle ne dépasse pas la ligne médiane au-devant de l'anus, 
mais l'anus est repoussé un peu à droite et la grande lèvre gauche 
est soulevée et déformée par elle. La circonférence de sa base mesure 
32 centimètres ; la distance de l'anus au grand trochanter, mesurée 
à la surface de la tumeur, est de 21 centimètres, et celle du pli sous- 
fessier à la limite supérieure de la tumeur, sur le sacrum , est de 
28 centimètres. 

La majeure partie de cette tumeur est formée par un grand lobe 
ayant à peu près les dimensions de la tête de l'enfant et correspon- 
dant à la fesse gauche. 

La peau qui le recouvre est tendue et un peu amincie; la fluctua- 
tion peut être perçue, mais au palper on sent des parties plus résis- 
tantes qui donnent l'idée de cloisons ou d'épaississements de la 
paroi. 

Le reste de la tumeur forme une masse lobulée, peu proéminente, 
occupant le sacrum et la fesse droite. On y trouve plusieurs bosse- 
lures fluctuantes, mais de consistance ferme et élastique. La peau est 
un peu rouge en cette partie de la tumeur et supérieurement, vers la 
base du sacrum, elle adhère un peu dans la profondeur et forme là 
une petite dépression ombiliquée. 

Cette portion de la tumeur ne permet pas d'apprécier exactement 
l'état de l'extrémité inférieure durachis. Le sacrum dans son ensemble 
est un peu rejeté en arrière; on sent à la partie supérieure de la 
tumeur un petit nodule résistant, de consistance presque cartilagi- 
neuse, mais on ne reconnaît pas de fissure vertébrale. 

Le toucher rectal révèle la présence de la tumeur à la paroi pos- 
térieure du rectum, mais on ne peut déterminer si elle s'étend à 
une grande hauteur au-dessus de l'anus. 

La motilité des membres inférieurs est intacte. La tumeur n'est 
nullement réductible, et sa compression ne détermine aucun trouble. 
La défécation s'accomplit d'une façon normale. 

L'état général n'est pas excellent; l'enfant se nourrit mal et prend 
peu de lait, au biberon. 

21 janvier. — Ponction de la poche principale. On retire 
230 grammes d'un hquide sanguin, de couleur rouge brun. Au 
microscope ce hquide présente des globules blancs et de très nom- 
breux globules rouges ; pas d'éléments épithéliaux. 



OBSERVATION 271 

Après la ponction il reste une masse résistante du volume du 
poing, formée par l'agglomération d'une série de bosselures dont le 
volume varie de celui d'une noisette à celui d'un marron; quelques- 
unes sont fluctuantes, mais la plupart sont solides et résistantes. 

Le frottement des parois affaissées de la poche vidée fait constater 
une crépitation sanguine très manifeste. 

La tumeur se remplit les jours suivants. L'enfant dépérit et meurt 
le 7 février. 

Autopsie (9 février). — L'incision de la tumeur sur la ligne mé- 
diane ouvre une vaste poche kystique; c'est la loge princi|ïri* anté- 
rieurement ponctionnée. Elle contient un liquide rougeâtre, séro-san- 
guin. Sa face interne est d'un rouge violacé, irrégulière et d'aspect 
tomenteux comme une muqueuse. Elle présente de nombreux ma- 
melons et des plis qui la font ressembler en bien des points à la mu- 
cjueuse de l'estomac. 

La peau qui recouvre ce kyste est adhérente à sa paroi , mais on 
pourrait l'en séparer par dissection : car l'union est purement cellu- 
leuse. 

Dans cette grande cavité fait saillie une masse solide, charnue, du 
volume du poing environ et de forme très irrégulière; elle est sus- 
pendue comme un battant de cloche dans l'intérieur de la poche et 
s'insère par une large base à la partie supérieure de la tumeur, tan- 
dis qu'inférieurement elle est entièrement libre dans la cavité du 
kyste. 

Cette masse charnue est composée de lobes et de lobules; elle 
offre dans son ensemble la forme d'un encéphale incomplètement 
divisé en deux sur la ligne médiane avec des scissures latérales pro- 
fondes dessinant des espèces de circonvolutions. Quelques-unes de 
ces végétations proéminentes rappellent grossièrement l'aspect d'une 
langue par leur forme, leur consistance, leur apparence extérieure. 
D'autres se présentent comme des excroissances polypeuses et des 
végétations papillaires_, adhérentes à la masse principale par un 
pédicule plus ou moins large. Quelques-unes de ces excroissances, 
dont la forme est d'ailleurs très variable, ont assez bien l'aspect de 
différents viscères, foie, rate, etc. En outre on rencontre quelques 
brides charnues qui sont jetées entre les différentes parties de cette 
masse solide ou qui les réunissent aux parois du kyste et à leurs ma- 
melons saillants, qui rappellent en petit l'aspect de la grosse masse. 

Toutes les parties de cette masse ont, en général, une consistance 



272 KYSTES MUCOIDES 

mollasse et semblent constituées par un tissu sarcomateux. La coupe 
présente un aspect variable : on pourrait le comparer ici à celui du 
placenta, là à celui du cerveau, en d'autres points à celui d'un organe 
glandulaire, etc. 

- Les coupes faites à travers cette masse ouvrent plusieurs petites 
cavités kystiques à parois lisses et d'un blanc mat; dans l'une on 
trouve à l'intérieur un globe floconneux, translucide, d'un blanc opa- 
lin; plusieurs autres contiennent une bouillie laiteuse analogue au 
contenu de certains kystes dermoïdes; mais on n'y trouve pas de 
poils. Le volume de ces kystes varie de celui d'une noisette à celui 
d'un grain de mil. 

A la partie supérieure de la tumeur , au niveau des bosselures 
mentionnées plus haut, se trouvent des loges kystiques remplies 
d'un liquide limpide comme de l'eau de roche et tapissées d'une 
membrane lisse, brillante et d'aspect séreux. Ces poches kystiques 
existent sur la. ligne médiane et sur les parties latérales. Plusieurs 
loges semblables, mais de dimensions variables, communiquent 
entre elles par des orifices étroits et arrondis. 

La continuité de la tumeur avec le tronc et principalement avec 
le rachis s'établit par la masse solide précédemment décrite. En 
effet, en haut, le kyste adhère à la face antérieure du sacrum dans 
son tiers inférieur; il se confond là avec le périoste. De plus il 
adhère encore à la face latérale gauche surtout du corps du sacrum 
et, contournant la partie postérieure de cet organe, il arrive jusqu'à 
la crête des apophyses épineuses, à laquelle il adhère également. Le 
coccyx, dévié par la tumeur, est déjeté tout à fait à droite; il con- 
tracte aussi des adhérences avec le kyste par sa face postérieure et 
latérale gauche. Mais il n'existe aucun rapport entre le canal rachi- 
dien et le kyste ; le canal s'arrête au sommet du sacrum. En somme, 
il n'y a pas de spina-bifida et les rapports de la tumeur avec la partie 
inférieure du rachis se bornent à de légères adhérences. 

Examen hhtologique . — La masse principale de la tumeur est cons- 
tituée par untissuconjonctif jeune. En certains points, c'est du tissu 
muqueux; mais dans la majeure partie de la masse on trouve un 
tissu formé de cellules jeunes et d'une substance amorphe abondante 
avec un réticulum très fin, comme dans le sarcome névroglique : ce 
réticulum peut être attribué à l'action du bichromate d'ammo- 
niaque dans lequel a été obtenu le durcissement de la tumeur. 
Les vaisseaux sont extrêmement abondants dans ce tissu; on y 



OBSERVATIONS 27a 

observe uti très grand nombre de capillaires embryonnaires à parois 
épaisses. 

La poclie principale, qui a été ponctionnée et qui renfermait un 
liquide sanguin, ne présente pas d"épithélium à sa surface ; dans le 
tissu conjonctif de la paroi se trouvent des vaisseaux abondants et 
volumineux, et de larges lacunes lymphatiques. 

La paroi d'un kyste à contenu floconneux et muqueux se montre 
formée de faisceaux conjonctifs régulièrement superposés. On y voit 
en outre un revêtement épithélial très incomplet : c'est seulement 
dans les enfoncements qu'on retrouve cet épithélium qui est cubique 
ou cylindrique. Au voisinage de cette cavité se rencontrent les sec- 
tions de cavités plus petites, à parois accolées et se présentant 
comme des fentes allongées, tapissées d'épithélium cubique passant 
à la forme pavimenteuse. 

Le contenu d'un kyste athéromateux , examiné fraîchement par 
dissociation, avec coloration au picrocarminate et exposition aux 
vapeurs d'acide osmique, montre des cellules plates, polygonales, 
faiblement colorées en rose pâle et très nombreuses ; certaines cel- 
lules sont repliées diversement et plus ou moins enroulées ; de plus 
on trouve d'autres cellules irrégulières, quelques cellules vibratiles 
et de la graisse. 

La paroi de ce kyste offre des particularités intéressantes. Sur une 
partie de sa surface on observe un revêtement épithélial formé de 
cellules cylindriques, vibratiles, avec une ou deux rangées de cel- 
lules plus petites dans la profondeur. Dans le chorion de cette paroi 
muqueuse se trouvent des glandes muqueuses, dont on voit quel- 
quefois le conduit excréteur déboucher à la surface libre ; les culs- 
de-sac glandulaires renferment des cellules à mucus avec un noyau 
aplati à leur base ; leurs conduits sont tapissés d'épithélium cylin- 
drique. En un point l'épithélium qui revêt la paroi kystique change 
de caractère et devient un épithélium pavimenteux stratifié. Les 
cellules qui le composent sont polyédriques, irrégulières, non den- 
telées. La couche profonde forme une rangée de noyaux serrés 
appartenant à des cellules petites et basses. Dans les couches super- 
ficielles, les cellules sont en partie détachées et laissent voir leurs 
formes irrégulières rappelant TépithéHum vésical ; leurs bords sont 
arrondis ; elles offrent dans la profondeur des dépressions séparées 
par des crêtes et des pointes qui s'engrènent dans les interstices des 
cellules sous-jacentes. En même temps que s'accompht le passage 
de l'épithéhum vibratile à l'épithéhum pavimenteux stratifié les 

18 



274 KYSTES MUCOÏDES 

glandes muqueuses disparaissent et la paroi ne présente ni glandes, 

ni poils, ni papilles. (Fig. 24.) 

Un petit kyste à contenu laiteux offre un revêtement épittiélial 
qui, en certains points, se réduit à trois ou quatre rangées de cel- 
lules cubiques et qui , plus loin , prend les caractères d'un véritable 
épithélium pavimenteux stratifié avec des cellules malpighiennes, 
dont les bords présentent l'aspect crénelé. Ces cellules ne contien- 
nent pas d'éléidine ; bien que la préparation n'ait pas été faite en 
vue de la recherche de cette substance, on peut néanmoins cons- 
tater, sur la même coupe, une grande différence à cet égard entre 
Tépithélium du kyste et l'épiderme de la peau normale qui recou- 
vre la tumeur. 



NDEX BIBLiOGBAPHIQUE 



cou 



Obs. de Jouon, Nélaton, Houel, Tapret. V. p. 228. 
Obs. de Neumann et Baumgarten. V. p. 22o. 



RÉGION STERNALE 



Houel. — Fait cité dans : Bull, de la Soc. anatom., mars 1872, p. 111. 
Nélaton, — V. p. 234. 



OMBILIC 



H.-V. Wyss. — Zur Kenntnîss cler heterologen Flimmercysten. Virchow's 
Archiv f. path. Anat., 1870, Bd. LI, h. 1, s, 143. 



JAMBE 



Demoulin. — Thèse citée, p. 32, obs. VIL Kyste inuqueux prsetibial. 
Récidives nombreuses. Extirpation complète. Guérison. 



OVAIRE 



Obs. de Flaiscblen, Friedlaender, Friedreich, Mahot. 

G. Poupinel. — De la généralisation des hjstes et tumeurs épithéliales de 
l'ovaire, thèse de Paris, 1886. 



SCROTUl 



Obs. de J, Bœckel, Labbé et Verneuil, Lang, Pilate, Cornil et 
Berger. V. p. 231. 



V 



V 



276 KYSTES MUCOÏDES 



RÉGION SACRO-COCCYGIENNE 



Obs. de Chédevergne, Molk , Czerny , Rizzoli , Krœnlein, Skor- 
czewski. V. p. 2o4. 

L. Ranvier. — Article Épithélhm du Nouv. Bictionn. de mécl. et de chir. 
prat., vol. XIII, p. 707, — et Cornil et Ranvier, Man. d'histologie patholo- 
gique, 2" édit., t. P% p. 361; Paris, 1881, mentionnent deux cas de 
tumeurs mixtes du périnée renfermant des kystes à épithélium vibratile 
et différents tissus. 

W. WagstafiFe. — On certain congénital tumours ofthe sacral and perineal 
régions. Saint-Thomas' s Hosp. Reports, 1873, p. 213. — Enfant mort-né, 
du sexe féminin. Tumeur située entre le rectum et le sacrum; tissu sar- 
comateux; kystes variés à épilliélium pavimenteux ; en quelques points 
cylindrique ; apparence de tubes tortueux coupés transversalement ; 
végétations intra-kystiques. 

M. Freyer. — Zur Casuistik der Kreuzbeingeschivùlste mit fœtalem Inhalt. 
Virchoio's Archiv f. ptath. Anat., 1873, Bd. LVIII, s. 509. — Fille ; tumeur 
examinée par Neumann ; kystes à épithélium cylindrique ; paroi intesti- 
nale; glandes; tissu nerveux; os. 

Panas. — Tumeur congénitcde de la région sacro-coccygienne. Bull, et Mém. 
de la Soc. de chir., 30 mai 1877, t. III, p . 389 ; — E. Monod, Bidl. de la 
Soc. anatom., avril 1877, p. 251, — et E. Monod et Brissaud, loc. cit., 
obs. I, p. 621. — Fille de sept jours; tumeur coccygienne; adhérence au 
•coccyx; prolongement entre le rectum et le sacrum; masses d'apparence 
sarcomateuse; kystes à épithélium vibratile avec cellules caliciformes; 
cartilage. 

E. Monod et Ed. Brissaud. — Contribution à l'étude des tumeurs congéni- 
tales de la région sacro-coccygienne. Progrès médical, 11 et 18 août 1877, 
n°^ 32 et 33; obs. Il, p. 641. — Femme de vingt-un ans; tumeur congé- 
-nitale; kystes à épithélium pavimenteux et vibratile; fibres lisses dans 
les parois; tubes probablement glandulaires à cellules cubiques; os, car- 
tilage. 

Cabot. — Proceedings ofthe Boston Soc. for med. improvement, dec. 10, 
1877. The Boston med and suvg. Journ., jan. 24, 1878, vol. XGVIII, 
p. 112. Sacral Teratoma. — iFille de treize mois; tumeur sacrée 
congénitale; kystes dont plusieurs présentaient un épithélium cilié; 
cellules, épidermoïdes, tissu conjonclif sous . différentes formes; frag- 
ments d'os. 

Schreiber. — Deutsche Zeitschrift f. Chir., 1879, Bd. XI, — d'après Rev. 
des Sciences méd., t. XVI, p. 58; 3° cas. — Enfant de dix mois; tumeur 
présentant un sac d'hydrorachis ; glandes à épithélium cylindrique; tissu 
fibreux, graisse ; crête sacrée divisée. 

Tourneux. -r- Tumeur congénitale de la région sacro-coccygienne. Anncdes 
de gynécologie, oct. 1881, t. XVI, p. 288. — Fœtus féminin de six mois 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 277 

et demi; tumeur située entre le rectum et le coccyx, avec prolongement 
dans le petiL bassin et communication avec le canal sacré. Kj'stes dont 
le revêtement épithélial offrait tous les caractères intermédiaires entre 
l'endotliélium, l'épithélium pavimenteux, l'épithélium cylindrique avec ou 
sans cilsvibratiJes; tramées épitliéliales, amas épithéliaux d'apparence 
glandulaire ; nodules de cartilage liyalin avec quelques lamelles osseu- 
ses ; fibres musculaires striées 

J. Trêves. — Congénital coccygeal tumour . Attacher! fœtus. — Trans. ofthe 
Pathol. Soc. ofLondon, 1881, vol. XXXIIT, p. 285. — Fille de sept jours; 
tumeur insérée à la face postérieure du coccyx et de la moitié inférieure 
du sacrum. Nombreux kystes à contenu muqueux et grumeleux, tapissés 
d'épitbélium cubique; trajets ayant l'aspect de conduits épithéliaux; 
cavité revêtue d'une muqueuse intestinale avec villosités, épithélium 
cylindrique et cryptes de Lieberkùhn, mais sans tissu adénoïde ni tunique 
musculaire. Tissu conjonctif variable; en certains points jeune et don- 
nant l'idée du myxome, en d'autres dense et fibreux. Cartilage, os; 
graisse; cinq petits mamelons digitiformes contenant de la graisse et 
des fibres musculaires striées. 

S.-G-. Shattock. — Congénital sacral tumour. Trans. of the Pathol. Soc. 
ofLondon, march 3, 1881, vol. XXXIl, p. 197. — Enfant de cinq semaines; 
tumeur congénitale envoyant un court prolongement pelvien entre le 
rectum et le coccyx; kystes nombreux, remplis d'un mucus visqueux 
et présentant des végétations sur leurs parois ; conduits à épithélium 
cubique. ' 

E.-V. Bergmann. — Zur Diagnose der angehorenen Sacral-Geschioùlste. 
Bei'liner Min. Wochensch., 1884, \\° 49 , s. 784. — Fille de sept se- 
maines; kystes; glandes à épithélium cylindrique; parties myxoma- 
teuses, adénomateuses, sarcomateuses, lipomateuses; fibres musculaires 
striées. 

P. KenavUt. — Tumeur sacro-coccygienne congénitale. Soc. anatom., nov. 
1884. Progrès médical, 13 août 1885, p. 122. — Nouveau-né du sexe fémi- 
nin ; tumeur sacro-coccygienne avec prolongement pelvien. Kystes mul- 
tiples; épithéliums variés : cubique, cylindrique, vibratile, caliciforme, 
pavimenteux stratifié; tissu conjonctif; cartilage; tissu osseux; tissu 
musculaire strié. 

Atkin. — Congénital coccygeal Tumour {Sheffield med.-chir. Soc., dec. 4, 
1884). The Brit. med. Journ., jan. 3, 1883, p. 23. — Tumeur au côté 
droit du sacrum et du coccyx; le côté gauche du sacrum manquait. 
Graisse, tissu fibreux, cartilage. Kystes; conduits à épithélium cylin- 
drique. 

G.-R, Fowler (de Brooklyn). — Annals of surgery, febr. 1883, I, n» 2, 
p. 113, — d'après Centralbl. f. Gijnsek., 1883, s. 389. — Enfant de deux 
mois; la partie inférieure du sacrum et le coccyx manquaient. Kystes à 
épithélium cylindrique cihé. Tissu interstitiel comparé au fibrome mol- 
luscum. 

Observation personnelle LI, p. 269. 



278 KYSTES MUCOÏDES 

RÉGION DES MAXILLAIRES 
V. p. 2o6. 

CAVITÉ ORBITAIRE 

Obs. de Brœer etWeigert.Y. p. 219. 



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TROISIEME PARTIE 

KYSTES SÉREUX COS^GÉr^ITAUX 



CHAPITRE PREMIER 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. DIVISION DU SUJET. 

Sous le nom de kystes séreux congénitaux, nous décrirons 
une variété toute spéciale de tumeurs congénitales compre- 
nant des kystes et des tumeurs kystiques dont les poches pré- 
sentent les caractères extérieurs des kystes appelés communé- 
ment séreux. Dans ces tumeurs, le contenu des loges est le plus 
souvent une sérosité plus ou moins modifiée ; les parois kysti- 
ques offrent ce qu'on appelle, en anatomie descriptive, l'aspect 
séreux. On ne doit, par conséquent, chercher dans l'expression 
que nous employons aucune notion de structure ni aucune 
signification pathogénique , et il importe de ne faire aucune 
confusion entre ces tumeurs et les kystes dérivés des cavités 
auxquelles s'applique, en anatomie générale, le nom de séreuses. 

Il y a d'ailleurs une série de kystes congénitaux qui ne seront 
point décrits dans cette troisième partie et qui ont avec les 
membranes séreuses une parenté directe ; ce sont ceux qui se 
développent dans des portions de séreuses isolées de la cavité 
principale et devenues le siège d'une hydropisie : tels sont les 
kystes du cordon spermatique, les sacs de méningocèles. Ces 



280 KYSTES SÉREUX 

kystes ou plutôt ces liydropisies enkystées trouveront place 
dans la quatrième partie de cet ouvrage. Elles diffèrent sous 
plusieurs rapports des tumeurs que nous allons maintenant 
étudier, et, sans parler de l'origine et de la structure, elles n'en 
présentent point le siège varié, le mode de développement, les 
tendances envahissantes. Si nous appliquons à ces tumeurs la 
dénomination de kystes séreux congénitaux, c'est parce qu'elle 
est généralement usitée, du moins en France; d'autre part, 
sans rien préjuger de leur nature et de leur origine, elle con- 
vient mieux à leurs caractères extérieurs que les autres expres- 
sions employées par les différents auteurs. 

L'histoire des kystes séreux congénitaux est tout à fait mo- 
derne. C'est, en effet, dans le cours de ce siècle que ces tumeurs 
ont été isolées en un groupe indépendant. Une première et 
assez longue période a été exclusivement consacrée à rassem- 
hler et à classer les observations : à ce travail, en quelque sorte 
préparatoire, s'attachent surtout les noms de César Hawkins, 
Wernher, Joseph Gilles, Lorain, Yirlet. La thèse importante 
de P. Boucher (1868), rassemblant tous ces matériaux, est le 
travail le plus complet qui, jusqu'à cette époque, ait paru sur 
la matière; on y trouve le résumé de toutes les recherches 
antérieures et l'étude clinique la plus sérieuse qui ait été faite 
de ces tumeurs. 

Mais jusqu'alors la question de la structure restait confinée 
dans les données de l'anatomie macroscopique, et la pathogénie 
était à peine abordée. Il n'y a guère qu'une quinzaine d'années 
qu'on a fait intervenir dans le débat les notions fournies par 
l'analyse microscopique. A cette étude se rapporte une longue 
série de travaux, publiés surtout en Allemagne, sur le lym- 
phangiome; nous citerons seulement les plus importants : le 
mémoire de Wegner (1877) et celui, plus récent, de Middel- 
dorpf (1885)*. S'il reste encore actuellement des incertitudes 

1. Pour les détails de cet historique nous renvoyons à la thèse de Boucher, à 



CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 281 

h dissiper, il n'en est pas moins vrai que de notables progrès 
■ont été accomplis. Depuis qu'une enquête histologique est ou- 
verte, en effet, l'histoire de ces tumeurs est entrée dans une 
phase nouvelle ; la question s'est élargie ; les rapports de ces 
Ivystes avec d'autres productions pathologiques ont été entre- 
vus, et leur étude est devenue l'un des sujets les plus intéres- 
sants parmi les affections congénitales. 

Nous avons été assez heureux pour en observer un certain 
nombre de cas dont plusieurs ont été l'objet d'un examen his- 
tologique; c'est en ajoutant aux recherches des auteurs ce con- 
tingent de faits personnels que nous allons décrire cette 
variété de kystes congénitaux. Une étude d'ensemble sur ce 
sujet nous a paru présenter d'autant plus d'intérêt et d'utilité 
qu'en France la question ne semble guère être sortie jusqu'à 
ce jour du terrain clinique. 

On divise communément les kystes séreux congénitaux, au 
moins ceux du cou, en deux espèces absolument distinctes 
que l'on décrit séparément : les kystes séreux simples ou unilo- 
culaires et les kystes séreux composés ou multiloculaires. Nous 
n'adopterons pas cette division : car ces deux sortes de kystes 
ne nous paraissent pas d'une nature différente. Sans doute la 
distinction a son importance pour le traitement, beaucoup plus 
simple, comme nous le verrons, dans le cas de kyste unilocu- 
laire que dans le cas de tumeur polykystique. Mais au point 
de vue anatomique les deux sortes de tumeurs semblent seule- 
ment répondre à deux états ou, si l'on veut, à deux degrés diffé- 
rents d'une même espèce pathologique. 

En effet, si l'on n'envisage d'abord que les faits cliniques, on 
voit que, dans beaucoup de kystes séreux diagnostiqués sim- 



l'article Cou par Gillette dans le Diciionn. encyclop. des Sciences méd., t. XXI, 
p. 288 et suiv. (1877), enfin aux mémoires de Wegner et de Middeldorpf : 

Georg Wegner, Ueher Lymphangiome. Langenbeck's ArcMv f. klin. Chir., 1877, 
Bd.XX, s. 641. 

Gustav Middeldorpf, Veber Lymphangioma cavernosum.Ybidi., 188o, Bd XXXI, 
s. o90. 



282 KYSTES SÉREUX 

pies, on trouve après la ponction une masse indurée, une tu- 
meur véritable que la collection liquide dissimulait; on recon- 
naît encore parfois, après l'évacuation d'une première poche, la 
présence d'une seconde loge susceptible d'être vidée à son 
tour. Or, les examens anatomiques montrent que la loge sup- 
posée simple n'est pas toujours unique, qu'il y a en réalité 
souvent plusieurs poches communiquant entre elles, ou que la 
paroi présente des cavités secondaires incluses , des cloisonne- 
ments incomplets ou une disposition trabéculaire semblable à 
celle qu'on observe dans les loges principales des kystes com- 
posés. Enfin, dans une observation de Cazin, un kyste simple 
envoyait des prolongements diverticulaires dans les parties pro- 
fondes. La distinction n'est donc pas nettement tranchée entre 
les kystes simples et les kystes composés; on observe toutes 
les variétés intermédiaires entre les uns et les autres. 

D'autres productions kystiques prêtent d'ailleurs à des re- 
marques semblables : les kystes de l'ovaire ne constituent pas 
deux espèces distinctes selon qu'ils sont uni- ou multiloculaires; 
les uns et les autres appartiennent à un même ordre de tu- 
meurs dont ils représentent seulement deux formes extrêmes, 
et la différence qui les sépare réside simplement dans le nombre 
et les dimensions des loges kystiques. 

Les tumeurs qui nous occupent forment dans la série des 
kystes un groupe tout particulier possédant une individualité 
propre. Elles se rattachent directement à l'état congénital, 
bien qu'elles présentent avec certaines altérations acquises 
des points de contact que nous signalerons à propos de la 
pathogénie. Le plus souvent leur existence est constatée sur le 
nouveau-né ; quelquefois cependant, comme d'autres affections 
congénitales, on ne les découvre qu'un certain temps après la 
naissance, presque toujours dans les premières années de la 
vie. Elles se développent donc pendant la période intra-utérine 
et ce développement peut être très précoce : car on a rencontré 
ces kystes sur des fœtus de quatre mois (Morgan et Lorain), 



CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 283 

quatre mois et demi (Guillaumet), quatre à cinq mois (Després 
et Lelong). 

Le sexe, l'hérédité n'ont sur l'apparition de ces tumeurs 
aucune influence connue ; il en est de même des difficultés de 




/4< \ >.f^a.Nx.. 

FiG. 25. — Kyste séreux congénital multiloculaire du cou (obs. LX) 



la grossesse et de la santé des parents, dont l'influence reste 
tout entière à déterminer. 

Enfin la fréquence de vices de conformation divers, coexis- 
tant avec ces kystes, ne semble pas plus grande que pour 
toutes les affections congénitales. Parmi ces vices de confor- 
mation, les uns portent sur les organes voisins du produit 
pathologique : ils semblent résulter du trouble apporté dans 
l'évolution normale par le développement de la tumeur elle- 



284 KYSTES SÉREUX 

même. D'autres sont des malformations variées, siégeant à dis- 
tance : on en observe de semblables associées à la plupart des 
affections congénitales. Outre les vices de conformation pro- 
prement dits, on rencontre parfois encore, en même temps que 
ces kystes , d'autres anomalies moins graves occupant les par- 
ties voisines : ce sont notamment les angiomes et les hyper- 
trophies congénitales ou états éléphantiasiques dus à des ecta- 
sies lymphatiques. Ces altérations coexistantes présentent un 
intérêt particulier pour la pathogénie des kystes en question ; 
c'est un sujet sur lequel nous aurons d'ailleurs à revenir à ce 
propos. 



CHAPITRE II 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 



Le cou est le véritable lieu d'élection des kystes séreux con- 
génitaux ; c'est là qu'ils ont été particulièrement étudiés, et ce 
sont les kystes du cou qui ont servi de type a toutes les des- 
criptions de ces tumeurs. Ils occupent principalement les faces 
antérieure et latérales du cou , plus rarement la nuque ; sou- 
vent ils dépassent les limites de ces diverses régions pour 
s'étendre sur les parties voisines, à la face, au thorax, à 
l'épaule. 

Les kystes de la région postérieure sont bien moins fréquents 
que ceux des autres parties. On a dit qu'ils s'observent surtout 
chez des enfants nés avant terme et porteurs de différents vices 
de conformation ; mais ce fait n'a rien non plus d'absolu et l'on 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 285 

peut observer un kyste postérieur chez un enfant à terme 
(Fifield, Macdonald). 

Improprement appelés kystes branchiaux, ils ont quelquefois 
été confondus avec les kystes dermoïdes et mucoïdes, bien qu'ils 
n'occupent pas comme eux une place définie, correspondant au 
trajet des fentes branchiales. 

On a distingué, parmi les kystes séreux du cou, deux 
espèces différentes : les kystes simples ou uniloculaires et les 
kystes composés ou multiloculaires. On a fait remarquer que 
les kystes simples ont un sièg-e limité, qu'ils s'observent 
presque exclusivement à la partie antérieure et du côté gauche, 
tandis que les kystes composés n'ont aucune localisation par- 
ticulière. Mais cette division qui n'a rien d'absolu au point de 
vue anatomique , ainsi que cela a été dit plus haut , n'est pas 
mieux tranchée pour ce qui est de la distribution de ces 
tumeurs : c'est ainsi que des kystes de la région postérieure 
peuvent être simples (Fifield). , 

Le volume des kystes unilatéraux est généralement moindre 
que celui des kystes médians ; pourtant il dépasse souvent le 
volume d'une orange. Les médians sont fréquemment placés 
en même temps des deux côtés du cou. Leur développe- 
ment est parfois irrégulier, et l'une des portions ou l'un des 
lobes de la tumeur l'emporte de beaucoup sur le reste de la 
masse. Mais d'autres fois ils offrent dans leur disposition une 
certaine symétrie et descendent de chaque côté au-dessous du 
menton, cachant ainsi la partie antérieure du cou et le haut de 
la poitrine, « comme ferait une barbe longue et bien fournie » 
(Barlhez). Il en résulte dans l'ensemble de la physionomie une 
expression étrange qui donne au petit sujet le visage d'un 
vieillard. 

Les dimensions de ces tumeurs sont, dans certains cas, consi- 
dérables ; elles égalent et dépassent même celles de la tête du 
nouveau-né. Elles forment alors une énorme masse, pendante 
au-dessous de la mâchoire inférieure et retombant comme une 



286 KYSTES SÉREUX 

tesace au-devant de la partie supérieure du tronc ; elles s'éten- 
dent ainsi jusqu'aux mamelles et même plus bas encore, jusqu'à 
l'ombilic dans le cas représenté pi. YI. 

Supérieurement ces kystes sont bornés par la courbe du 
maxillaire inférieur ; mais il n'est pas très rare de les voir 
dépasser cette limite et empiéter sur la joue, sans toutefois 
remonter d'ordinaire au delà d'une ligne étendue de l'oreille à 
la commissure labiale. Ils entraînent, par leur volume et la 
saillie qu'ils déterminent, des difformités plus ou moins pro- 
noncées, telles que l'effacement de la courbe du maxillaire infé- 
rieur et de la saillie du menton, la déviation de l'orifice buccal, 
la déformation du pavillon de l'oreille. Souvent la tumeur vient 
proéminer sous le plancher buccal, qu'elle soulève sous la forme 
d'une tuméfaction molle, fluctuante, d'un blanc bleuâtre. 

Latéralement les sterno-mastoïdiens forment, en général, 
leurs limites ; toutefois , dans certains cas, la tumeur occupe en 
même temps la région sous-hyoïdienne et le creux sus-clavicu- 
laire , passant au-dessous du sterno-mastoïdien qui la bride, et 
dessine à sa surface un étranglement. Parfois on la voit des- 
cendre au-dessous de la clavicule ou s'étendre dans le creux de 
l'aisselle. 

Ces kystes, surtout lorsqu'ils sont d'un certain volume, pré- 
sentent souvent des prolongements profonds, sous-aponévro- 
tiques, sous-musculaires, dont il est parfois très difficile d'ap- 
précier l'importance et l'étendue, recouverts qu'ils sont par la 
tumeur superficielle. Parfois, au cours d'une opération, on 
découvre ces prolongements inattendus qui s'insinuent au loin, 
dans les parties profondes, alors que l'examen clinique n'avait 
rien révélé de semblable. Ils pénètrent entre les muscles, 
adhèrent aux gros vaisseaux, aux troncs nerveux, et s'étendent 
même jusqu'au-devant de la colonne vertébrale, entourant le 
pharynx et la trachée. Un développement plus insolite est celui 
que prennent ces tumeurs du côté du médiastin ; on voit alors 
une multitude de petits kystes secondaires, en continuité avec 



DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 287 

la masse principale , et qui descendent le long des gros vais- 
seaux et de la trachée jusque dans l'intérieur de la cavité tho- 
racique ; l'observation LXIII les montre développés jusque dans 
la cavité péricardique elle-même. L'observation LXII offre un 
autre exemple intéressant de cette extension de la tumeur au 
médiastin : le kyste volumineux qui occupait toute une moitié 
latérale du cou, plongeait inférieurement dans l'intérieur de la 




FiG. 2G. — Kyste séreux congénital multiloculaire du dos (obs. LXX) 



poitrine et reparaissait à la superficie du côté opposé, sous 
forme d'une saillie maronnée, située au niveau de la partie 
externe de la clavicule (fig. 4o). 

A la région postérieure ces tumeurs sont tantôt médianes et 
comme à cheval sur la colonne cervicale , tantôt latérales et 
étendues du rachis à l'acromion. Rarement elles dépassent en 
haut la ligne courbe supérieure de l'occipital : dans une obser- 
vation de Morgan et Lorain et dans une autre de Després et 
Lelong, la limite supérieure du kyste correspondait à la fonta- 
nelle postérieure. Inférieurement elles empiètent parfois sur 



288 KYSTES SÉREUX 

la région dorsale ; dans le cas de Guillaiimet lé kyste descen- 
dait jusqu'au niveau de l'angie inférieur de l'omoplate. 

D'autres régions que le cou peuvent être le siège des kystes 
séreux congénitaux. Parfois la tumeur est dans sa plus grande 
partie en dehors du cou, en sorte que la portion qui occupe 
cette région est tout à fait accessoire et ne paraît nullement le 
point de départ primitif de la production anormale. Il y a de la 
sorte des transitions graduelles, sous le rapport du siège, entre 
les kystes du cou et ceux qui occupent des parties plus ou 
moins éloignées, comme le tronc et les membres supérieurs. 
Ainsi on observe des tumeurs de l'épaule qui empiètent sur le 
cou et sur le bras, et, d'autre part, on rencontre des tumeurs 
indépendantes au bras et à l'avant-bras; nous en rapportons 
quatre exemples personnels. Ces tumeurs offrent d'ailleurs les 
caractères habituels des tumeurs du cou, leur aspect extérieur, 
leur structure et jusqu'aux prolongements qu'elles envoient 
dans les parties profondes. De même certains kystes du cou 
s'étendant plus ou moins sur le tronc forment, pour ainsi 
dire, le passage entre les tumeurs du cou et les tumeurs par- 
faitement isolées qui occupent différents points de la paroi 
thoracique, la région sous-axillaire par exemple, le dos et la 
paroi abdominale. En ces parties, les kystes séreux congéni- 
taux peuvent offrir aussi un énorme volume : ainsi E. Miiller a 
observé une de ces tumeurs, longue de 34 centimètres, qui s'é- 
tendait du creux axillaire jusqu'au bassin et occupait toute- la 
moitié droite du tronc chez un enfant d'un an. Chez le sujet de 
notre observation LXXIII (pi. YII et YIII), la tumeur siégeait 
sur toute la moitié droite du thorax, rejetait le bras en dehors et 
refoulait l'omoplate en arrière; elle recouvrait entièrement les 
côtes et les dissimulait à ce point qu'on l'avait prise pour une 
hernie congénitale de tout le poumon droit. 

Au siège les kystes séreux ont été longtemps confondus, 
avec les autres tumeurs congénitales réunies sous les noms 
d'inclusions fœtales et aussi de cancers et d'encéphaloïdes. Leur 



PL.'vT 





V - 







DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE 289 

analogie avec les kystes cong-énilaux du cou avait pourtant 
été indiquée par Wernher en 1843, mais il s'agissait simple- 
ment d'une ressemblance extérieure. Bien des faits anciens, 
dont la nature est restée indéterminée, se rapportent certaine- 
ment à cette catégorie de tumeurs : ainsi on ne peut guère 
concevoir de doutes à cet égard sur le cas observé par Giraldès 
et dans lequel la description des parois kystiques, offrant l'as- 
pect réticulé de la surface interne du cœur, se rapporte à un 
type de kyste séreux congénital. Cependant, comme en cette 
région du siège ont été observées des tumeurs de toutes sortes 
qui, malgré leur ressemblance apparente, diffèrent beaucoup 
par leur structure, il faut être très réservé dans le choix de 
ces faits anciens, et l'on ne peut tirer grand parti des observa- 
tions dépourvues d'un examen anatomique suffisant. C'est 
donc, comme toujours, les faits récents que nous utiliserons. 

Parmi les productions congénitales du siège , les kystes 
séreux sont les tumeurs dont la situation a le moins de fixité. 
Bien plus que les kystes dermoïdes et mucoïdes ils s'écartent 
de la région médiane et du sacrum ; ils occupent par exemple 
la région ischiatique , la fesse. Ici encore on ne peut établir, 
par conséquent, au point de vue de la position, une limite bien 
nette entre les kystes séreux de régions voisines et séparer, par 
exemple, d'une façon absolue les kystes du siège de ceux qu'on 
observe parfois à la cuisse. 

Mais si la position de ces tumeurs à l'extrémité inférieure 
du tronc est sujette à varier, il en est cependant qui présentent 
avec le rachis les mêmes rapports que les kystes dermoïdes ou 
mucoïdes et, comme ces derniers encore, les kystes séreux 
peuvent exister avec un spina bifida (Bergmann). Au surplus, 
on doit considérer comme fort probable que , dans les tumeurs 
complexes de cette région, contenant des tissus variés et des 
kystes dermoïdes ou mucoïdes, certaines parties possèdent 
parfois la structure des kystes séreux. 

On a aussi rencontré des kystes séreux congénitaux dans la 

19 



290 KYSTES SÉREUX 

cavité abdominale, et Ton peut ranger dans ces tumeurs 

les productions qui ont été décrites sous le nom de chylan- 

gionies. 

En résumé, si nous envisageons la distribution des kystes 
séreux congénitaux, nous voyons qu'elle ne présente rien de 
régulier et n'est soumise à aucune loi déterminée. On ne 
retrouve pas dans leur localisation la même fixité que pour les 
kystes dermoïdes etmucoïdes ; ils n'offrent pas, comme ces der- 
niers, un siège bien défini, correspondant à toute une série de 
dispositions anatomiques du fœtus. Ainsi les kystes séreux du 
cou n'ont rien dans leur répartition qui soit en rapport avec la 
conformation de l'appareil branchial : ils siègent en avant, en 
arrière et sur les côtés, comme dans les régions voisines ou 
éloignées, sans aucune régularité dans leur forme , dans leur 
étendue , dans leurs rapports avec les parties environnantes. 
C'est dire qu'on ne peut chercher aucune indication sur leur 
lieu d'origine dans les particularités que nous présente l'aua- 
tomie topographique du fœtus. La diffusion est, en eff'et, le 
caractère dominant de leur distribution : cette notion devien- 
dra encore plus évidente lorsque, au lieu de considérer ces 
tumeurs à l'état statique pour ainsi dire , nous étudierons leur 
développement ; lorsque nous les verrons s'accroître, et en- 
vahir progressivement de proche en proche les régions voi- 
sines jusqu'en des points très éloignés de leur origine. 



CHAPITRE III 



ANAÏOMIE PATHOLOGIQUE 



Les kystes séreux congénitaux, extirpés sur le vivant ou 
examinés sur le cadavre, se montrent avec des caractères 
extérieurs assez différents de ceux qu'on pourrait leur attri- 
buer d'après la simple observation clinique. Leur volume no- 
tamment est toujours bien moindre qu'il n'est en réalité sur 
le vivant : car la tumeur, dans les conditions de l'examen, s'est 
vidée d'une grande partie de son contenu; ses parois sont 
affaissées et revenues sur elles-mêmes. En outre , la forme de 
la tumeur est très irrégulière ; elle envoie souvent des prolon- 
g-ements, de direction et d'étendue très variables, qui, dans 
bien des cas, n'ont pu être reconnus ni même soupçonnés sur 
le malade. Ces prolongements s'insinuent dans les interstices 
musculaires, se déploient le long- des gaines vasculaires et 
vont adhérer dans la profondeur à divers organes importants, 
constituant ainsi la difficulté la plus sérieuse et le principal 
danger d'une extirpation complète. 

Rarement limitées par une membrane cellulo-fibreuse, ces 
tumeurs sont le plus souvent recouvertes simplement par une 
trame conjonctive plus ou moins lâche, plus ou moins épaisse, 
qui ne leur forme pas une enveloppe continue. Fréquemment 
elles adhèrent aux organes voisins, notamment aux muscles, 
qu'elles semblent envahir et pénétrer sans que la dissection 
puisse isoler aucune couche celluleuse entre elles et ces 
organes. 

Les kystes séreux composés constituent d'ordinaire une 
masse unique, plus ou moins divisée en lobes et lobules. Cette 
division est parfois due à la présence de brides aponévrotiques^ 



292 KYSTES SÉREUX 

à des muscles ou à leurs tendons (sterno-mastoïdien, digas- 
trique) qui croisent la tumeur et creusent des sillons à sa 
surface. Dans certains cas, on voit au voisinage de la masse 
principale de petits kystes isolés et comme aberrants. Exté- 
rieurement, ces tumeurs se présentent sous l'aspect d'une 
masse bosselée et mamelonnée , formée par l'agglomération 
de vésicules nombreuses, arrondies, tremblotantes, diversement 
colorées selon la nature de leur contenu qu'elles laissent aper- 
cevoir par transparence. Ces vésicules, pressées les unes contre 
les autres, et comparées à des œufs de poisson (Déguise), don- 
nent à la masse une certaine ressemblance avec les circonvo- 
lutions intestinales ou lui font prendre l'apparence d'une grappe 
de raisin. Les vésicules sont plus ou moins isolées, plus ou 
moins recouvertes et masquées par le tissu cellulaire et la 
graisse ou par les organes voisins que leur adhérence n'a pas 
permis de séparer complètement. Les kystes associés forment, 
en général, une tumeur blanchâtre ; ceux qui sont isolés sont 
transparents et d'un blanc bleuâtre. 

Le nombre et les dimensions des vésicules kystiques sont des 
plus variables. Ainsi Lorain, dans un cas, en a vu de quatre- 
vingts à cent, etWernher parle de plusieurs centaines de loges 
dans une même tumeur. D'autre part, il n'y en a parfois qu'un 
très petit nombre, et dans une observation de J. Gilles, citée 
par Boucher parmi les kystes simples, il existait deux cavités 
communiquant par un canal étroit. Le volume est d'une façon 
générale en raison inverse du nombre ; mais certaines loges 
peuvent prédominer de beaucoup sur les autres et, comme nous 
l'avons déjà fait observer, certains kystes uniloculaires sont 
peut-être en réalité des kystes composés dans lesquels une 
cavité l'emporte considérablement sur les autres, au point de 
les dissimuler. En tout cas, dans une même tumeur les diverses 
loges ont ordinairement des dimensions très différentes , et à 
côté de cavités du volume d'un œuf, d'une noix, d'une noisette, 
on en voit qui sont extrêmement petites, comme des têtes 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 293 

d'épingle, ou qui n'ont même que des dimensions microsco- 
piques. 

Lorsque les poches kystiques sont ouvertes et vidées de leur 
contenu, leur surface interne apparaît avec les caractères d'une 




^-^. 



'^'c- 



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FiG. 27, 



Coupe d'une cloison incomplète proéminant dans une loge principale et 
présentant elle-même de nombreuses cavités kystiques. 



membrane séreuse, lisse, humide, de couleur blanchâtre, par- 
fois presque nacrée lorsqu'une couche fibreuse sous-jacente 
communique à cette paroi le brillant aponévrotique. Excep- 
tionnellement la poche présente une couleur rosée, un aspect 
dépoli et irrégulier, imputables à un état inflammatoire (obser- 
vation LXVI). La paroi interne des cavités ne forme pas en 
général une surface uniforme; elle offre, au contraire, le plus 



294 KYSTES SÉREUX 

souvent un aspect réticulé, aréolaire, des plus remarquables qui 
l'ont fait comparer à celui de l'estomac ou de la vessie, mais 
dont on ne saurait donner une idée plus exacte qu'en le rappro- 
chant de la face interne des cavités du cœur. On y voit, en effet, 
des bandelettes plus ou moins larges, plus ou moins saillantes, 
des trabécules diversement entrecroisées ; ici ce sont de petites 
colonnes, comme des pilastres encastrés dans la paroi ; ailleurs 
des saillies étoilées, des cloisons incomplètes, quelquefois des 
brides jetées entre deux faces opposées. Ces différents reliefs 
laissent dans leurs intervalles des dépressions plus ou moins 
anfractueuses et circonscrivent des orifices arrondis ou irrégu- 
liers, grands ou petits, dont la disposition donne à la paroi 
tantôt l'aspect réticulé, tantôt l'aspect criblé. 

Ces orifices conduisent dans des poches secondaires, qui 
viennent s'ouvrir en différents points de la cavité principale 
dont elles forment des espèces de diverticules. Ces poches 
secondaires sont souvent allongées en boyaux, mais ne présen- 
tent rien de régulier dans leur forme et leurs dimensions ; elles 
peuvent s'aboucher à leur tour avec des sinus analogues, for- 
mant par leur ensemble un véritable système caverneux. En 
somme, ces tumeurs sont constituées par la réunion de kystes 
multiples qui peuvent être isolés ou communiquer entre eux. 

Les cloisons qui séparent les loges contiguës sont, en général, 
minces, et il est facile de voir par transparence les petits vais- 
seaux, ordinairement abondants, qui les sillonnent et se dessi- 
nent en relief à leur surface ; ces vaisseaux parcourent aussi 
les cloisons incomplètes et les trabécules des parois. Il arrive 
quelquefois que les kystes proéminent les uns dans les autres, 
et l'on voit alors sur la paroi d'une loge principale la saillie 
d'une vésicule plus petite dont le liquide est retenu dans la 
cavité kystique par une membrane extrêmement mince. C'est 
probablement à cette disposition qu'il faut rapporter les hyda- 
tides signalées dans certaines descriptions anciennes de kystes 
congénitaux. Parfois on remarque sur la face interne des cavi- 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 293 

tés de petites taches laiteuses qui répondent à des îlots adipeux 
Yus par transparence et situés très superficiellement sous la 
mince paroi. Les pelotons adipeux accolés peuvent encore don- 
ner lieu à des saillies arrondies ou allongées, ayant le volume 
d'une lentille ou d'un pois ; quelquefois les petits lobules grais- 
seux donnent à la paroi un aspect grenu et chagriné. 




FiCt. 2S. — Kyste séreux multiloculaire du cou. Coupe histologique montrant la multi- 
plicité des loges accessoires dans une cloison qui sépare deux cavités plus importantes. 



Si l'on fait une coupe à travers la tumeur, on a sous les yeux 
la section de loges irrégulières, en nombre souvent infini, et 
Ton se rend bien compte de la disposition des cloisons, de leur 
minceur et de leur entrecroisement. L'aspect de la coupe rap- 
pelle en certaines parties la disposition alvéolaire d'un rayon 
de miel ou la section d'une éponge fine. Presque toujours le 
rasoir passe, sans l'ouvrir, sur la membrane d'enveloppe d'un 
certain nombre de kystes, et celle-ci, grâce à sa souplesse, fuit 



296 



KYSTES SÉREUX 



SOUS la lame sans se laisser entamer ; la tension du liquide con- 
tenu soulève alors la membrane mince et transparente, et la 
fait bomber au-dessus du plan de section où la petite vésicule 
limpide apparaît comme une goutte d'eau déposée à la surface 
de la coupe. 

Entre les cloisons minces qui séparent les différentes loges 
on observe sur la coupe des parties plus épaisses, telles que 
des noyaux fibreux aux points d'intersection des cloisons, 




'^ S/ 



FiG. 29. — Kyste séreux sous-cutané et muUiloculaire de la région du bras. Une grande 
loge du kyste soulève l'épiderme (obs. LXVIII). 



OU des masses plus ou moins compactes de tissu conjonctif ; 
tantôt c'est un tissu d'apparence lardacée, tantôt une substance 
cérébriforme ; on y reconnaît parfois de petites cavités extrê- 
mement fines, et c'est peut-être dans des cas semblables que ces 
tumeurs congénitales ont été autrefois décrites, d'après les 
apparences, sous les noms de cancers ou d'encéphaloïdes. 

Le tissu adipeux est souvent un élément important de ces 
tumeurs, et il se rencontre tantôt par petits pelotons perdus au 
milieu des cloisons ou du tissu conjonctif, tantôt sous forme 
de masses plus considérables, creusées de cavités kystiques. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 297 

Il peut arriver alors que les kystes soient en petit nombre tandis 
que la graisse prend une place prépondérante ; c'est la variété 
dite lipome kystique ou mieux kysto-lipome. 

On observe aussi dans ces tumeurs, comme dans les kystes 
dermoïdes et mucoïdes, différents tissus épars, notamment des 
nodules cartilagineux et des fragments osseux. 

Enfin, on y peut encore trouver des portions plus ou moins 







FiG. 30. — Kyste séreux multiloculaire de la région parotidienne. A côté d'une loge vide 
se voient deux cavités remplies de globules sanguins. 



isolées des organes au milieu desquels s'est développée la pro- 
duction anormale : par exemple, des faisceaux musculaires 
isolés, des lobules de glandes salivaires perdus au milieu des 
kystes et comme disséqués par eux. En effet, dans bien des 
cas, il ne s'agit pas d'une tumeur limitée et comme enkystée; 
le plus souvent les kystes envahissent les organes voisins et 
déterminent diverses altérations dans ces parties. C'est ainsi 
que les aponévroses peuvent être détruites et en quelque sorte 
absorbées par la tumeur ; les muscles voisins sont amincis. 



298 KYSTES SÉREUX 

décolorés et dissociés ; leurs fibres sont étalées comme un filet 
à la surface de la tumeur ou comme les cordes d'un violon 
sur un chevalet (Lorain). Les kystes peuvent envahir la peau 
jusqu'à soulever l'épiderme (obs. LXYIII, fig. 29). 

Indépendamment de ces altérations, qui ne sont d'ailleurs 
nullement constantes, il existe, plus rarement encore, des 
malformations des organes au milieu desquels s'est déve- 
loppée la tumeur : Blachez a rencontré les deux moitiés non 
réunies du maxillaire inférieur flottantes dans les parois; et 
ce vice de conformation coïncidait avec l'absence d'une glande 
sous-maxillaire et des glandes sublinguales. Enfin , la coexis- 
tence d'un spina bifida a été signalée dans la région sacro- 
coccygienne. 

Le contenu des loges kystiques est le plus souvent une séro- 
sité claire, limpide et transparente, d'un jaune ambré ou citrin 
et légèrement verdâtre; elle n'est pas filante, mais plutôt onc- 
tueuse au toucher. Quelquefois le liquide est absolument 
incolore, comme de Teau déroche. 

Le contenu peut être plus foncé en couleur et plus ou moins 
teinté de sang; il forme une sérosité roussâtre qui, abandonnée 
à elle-même dans un verre à expérience, se dépose en trois 
couches : l'inférieure se compose de cristaux de cholestérine ; 
la moyenne est rouge et formée de globules sanguins cré- 
nelés et d'hémoglobine réduite ; la couche supérieure est séreuse 
et contient aussi de l'hémoglobine réduite. 

Lorsque la proportion du sang augmente, le contenu consiste 
en du sang presque pur, plus ou moins noir, pris en caillot ou 
formant une sorte de boue de couleur brun chocolat. On voit 
par là que le contenu n'est pas toujours liquide; il peut être 
constitué encore par une masse coagulée, comme mucilagi- 
neuse et ressemblant à de la gelée de groseilles. 

Ajoutons enfin que les cavités renferment parfois un liquide 
séro-purulent ou du pus homogène. 

Ces variations si remarquables du contenu existent non seu- 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 299 

lement d'une tumeur à l'autre, mais aussi entre les différentes 
loges d'une même tumeur. Ce fait est important, car il donne 
la preuve de l'indépendance des loges, et il montre encore l'im- 
possibilité d'une classification de ces tumeurs fondée sur les 
caractères tirés des parties qu elles renferment. 

L'examen histologiquo du contenu n'a qu'une faible impor- 




FiG. 31. — Kyste séreux de la région parotidienne. Imprégnation d'argent montrant 
l'endottiélium d'une cayilé kystique ; au-dessous de lui sont figurés les capillaires san- 
guins très dilatés (obs. LIV). 



tance, en raison de la rareté des éléments figurés. On n'y 
trouve guère que des globules blancs et rouges en proportions 
variables, des cristaux d'hématoïdine et de cholestérine et par- 
fois quelques plaques épithéliales. 

Au point de vue de la composition chimique, le liquide ordi- 
naire de ces kystes, légèrement alcalin, est formé d'eau, d'al- 



300 KYSTES SÉREUX 

bumine coagulable par la chaleur et l'acide azotique, avec des 
sels dont le principal est le chlorure de sodium. 

Nous reproduisons d'après Boucher deux analyses du contenu 
de kystes séreux. La première est celle d'une tumeur du cou 
observée par Giraldès; la seconde, faite par Berg-mann, est 
relative à un kyste uniloculaire du cou rapporté par J. Gilles. 

Première analyse. 

Eau 94,86 

Albumine 4,90 

Sels alcalins 0,24 



100,00 

Deuxième analyse. 

Eau 86,00 

Albumine 11 ,33 

Chlorure de sodium avec un peu de chlo- 
rure de chaux . . . 1,57 

Carbonate de soude 0,83 

Lactate de soude et extrait de viande . . . 0,54 

Phosphate de soude uni avec l'albumine. 0,37 

Graisse traces 



100,66 



Les cavités kystiques sont toutes tapissées par un revêtement 
endothélial. On le met en évidence au moyen de l'imprégna- 
tion par le nitrate d'argent, et l'on obtient par ce procédé l'image 
bien connue de l'endothélium des séreuses et de celui des vei- 
nes. Les cellules ont des contours irréguliers, mais générale- 
ment dépourvus de dentelures et ne présentant pas la configu- 
ration découpée en jeu de patience qui est spéciale à l'endo- 
thélium lymphatique ; cependant Waldeyer a observé cette 
disposition dans une tumeur du siège (cas de Reichel). Cet 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE 301 

endothélium forme un revêtement continu ; il existe sur toute 
l'étendue de la surface interne des loges ; on le trouve sur les 
deux faces des cloisons les plus minces et sur les kystes secon- 
daires comme sur les kystes principaux. Les cellules endothé- 
liales sont plus ou moins aplaties ; parfois, dans les anfractuo- 




0® Wm-^i" 




FiG. 32.' — Kyste séreux multiloculaire du cou. Structure sarcomateuse du stroma 
conjonctif (obs. LUI). 



sites des loges, elles sont plus épaisses au point de simuler un 
épithélium cubique (V. obs. LXIX). 

Les parois des iof/es sont formées de tissu conjonctif plus ou 
moins jeune; parfois ces parois n'ont qu'une très faible épais- 
seur, et c'est l'endothélium doublé d'une couche conjonctive 
extrêmement mince qui sépare seulement la cavité kystique 
des lobules adipeux ou des organes au milieu desquels s'est 
développée la production anormale. 

Le tissu conjonctif qui forme le stroma de la tumeur offre 



302 



KYSTES SÉREUX 



des caractères très-différents aux divers points d'une même 
tumeur. Il peut présenter la structure du sarcome, ce qui a 
fait décrire assez fréquemment ces productions sous le nom 
de cysto-sarcomes. Il peut aussi consister en un véritable tissu 
fibreux. Souvent les fibres élastiques sont abondantes dans 
le stroma. On y rencontre encore des fibres musculaires lisses 
dont les proportions sont sujettes à de très grandes variétés. 
Tantôt, par exemple, elles forment dans la paroi des loges 
une couche irrégulière, constituée par des fibres plus ou moins 




^3?^-;^ro^t^^f^ 



A./CARMANIKI. 



FiG. 33. — Kyste séreux muUiloculaire de la paroi thoracique (obs. LXXII) : a, grande 
cavité kystique; h, bourgeon de la paroi; c, couche régulière de fibres musculaires 
lisses faisant partie de la paroi; A, petite cavité kystique; t, artériole; f, coupe d'un nerf. 



serrées et entrecroisées dans toutes les directions. Tantôt elles 
sont disposées en une couche uniforme autour des cavités 
kystiques et dans cette couche elles affectent toutes la même 
direction générale. Ailleurs enfin, elles sont disséminées sans 
aucun ordre apparent au milieu du tissu conjonctif. On les 
reconnaît aisément sur les coupes traitées par la purpurine ou 
parle violet de méthyle. Mais ces fibres lisses n'existent pas 
d'une manière constante et, dans une même tumeur, toutes les 
loges n'en présentent pas dans leurs parois; certaines cavités, 
même volumineuses, en sont complètement dépourvues. 

Les poches kystiques sont limitées par des contours tantôt 



A>'ATOMIE PATHOLOGIQUE 303 

réguliers, tantôt plus ou moins découpés. On y observe des 
anfractuosités, des diverticules qui s'enfoncent dans la paroi, 
ou bien celle-ci végète sous forme de bourgeois qui font saillie 
dans la lumière de la cavité. Ces végétations papillaires sont 
sessiles ou pédiculées; elles dépendent seulement de la partie 






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FiG. 34. — Kyste séreux muUiloculaire sous-cutané du bras (obs. LXVTI) : a, coupe 
d'une cavité kystique; b, fibres musculaires lisses disséminées dans le stroma entre les 
loges, et vues dans le sens de la longueur ; e, coupe transversale des fibres musculaires. 



interne de la paroi, et la couche musculaire, lorsqu'elle existe, 
ne prend aucune part à leur constitution (fig. 33). 

Les vaisseaux sanguins sont en général fort abondants dans 
ces sortes de tumeurs; on les rencontre non seulement dans les 
masses compactes du tissu conjonctif, mais aussi dans les 
parois proprement dites des cavités kystiques et dans les bour- 
geons papillaires qui en dépendent. Ils sont volumineux et fré- 
quemment situés très superficiellement , immédiatement au- 
dessous de l'endothélium. Parfois ils présentent un état jeune; 



304 KYSTES SÉREUX 

leurs cellules endothéliales sont volumineuses et leurs parois 
sont embryonnaires. 

On y reconnaît aussi des lymphatiques souvent gorgés de 
leucocytes. Mais il est fréquemment impossible de discerner les 
espaces lymphatiques des petites loges kystiques proprement 
dites. 

Nous avons plusieurs fois observé la présence de nerfs 




FiG. 35. — Kyste séreux multiloculaire de la paroi thoracique (obs. LXXII). Un bourgeon 
pédicule proémine dans une grande loge du kyste ; 11 contient une artériole et une vei- 
nule. On voit également, en teinte plus foncée, une couche de fibres lisses dans la paroi 
de la loge principale. 



dans les kystes séreux, mais ils n'y sont jamais qu'en petit 
nombre. 

Enfin, on rencontre dans quelques cas de petites cavités épi- 
théliales rappelant par leur aspect des cavités mucoïdes. Ainsi 
dans notre observation LYI on voyait des loges revêtues d'épi- 
thélium et des bourgeons de cellules épithéliales embryon- 
naires, qui représentaient ces loges kystiques à leur premier 
stade de développement. 

Dans la tumeur qui fait le sujet de l'observation LX il exis- 
tait des cavités tapissées d'épithélium cylindrique. Enfin , 
l'observation LXIII mentionne la présence de cellules vibra- 



ANATOMIE PATEf'OLOGIQUE 305 






tiles dans le produit du raclage des parois kystiques. Il importe 
de remarquer que ces cas, d'ailleurs assez rares, sont observés 
à la région du cou, c'est-à-dire dans un endroit où la structure 
des tumeurs congénitales est sujette à de fréquentes varia- 
tions ; de même, en effet, que la région du siège, le cou pré- 
sente des productions congénitales complexes : des kystes der- 
moïdes, des kystes mucoïdes, associés à d'autres tissus, du 



>- 




FiG. 36. — Kyste séreux multiloculaire du cou. Sur la limite d'une cavité kystique se voient 
des traînées épithéliales qui semblent être l'origine de nouvelles cavités (obs. LVI). 



cartilage, etc.; aussi n'est-ce pas là qu'on doit chercher, 
pour ces diverses productions congénitales, les types les plus 
purs sous le rapport de la structure. 

Tels sont les principaux caractères histologiques de ces pro- 
ductions. Ils sont, on le voit, assez variables, et nous retrou- 
vons dans ces kystes la même diversité que nous rencontrons 
d'une manière si habituelle et si remarquable dans un grand 
nombre de tumeurs congénitales. Là aussi cette variabilité des 
caractères s'observe non seulement d'une tumeur à l'autre, 
mais encore entre les différentes parties de la même tumeur. 

20 



306 KYSTES SÉREUX 

Aussi n'est-il pas possible d'établir parmi ces kystes des varié- 
tés anatomiques. correspondant à des formes spéciales de 
tumeurs ou à des stades successifs ^d'une même production. 
En général l'état jeune du stroma conjonctif, l'existence de 
nombreux diverticules des cavités kystiques qui s'enfoncent 
profondément dans la paroi et déterminent au milieu du stroma 
une sorte de clivage, la présence de végétations très découpées 
et formées d'un tissu conjonctif embryonnaire indiqueront une 













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FiG. 37. — Kyste séreux multiloculaire de Tavant-bras (obs. LXIX) : a, cavité kystique ; 
h, prolongement diverticuJaire de cette cavité ; c, coupe de fibres musculaires lisses ; 
A, amas de leucocytes. 



tumeur en voie d'accroissement. Au contraire, l'abondance du 
tissu fibreux, la forme aplatie des cavités réduites à l'élat de 
fentes étoilées, l'existence de gros bourgeons de tissu con- 
jonctif adulte, qui tendent à combler ces cavités, seront des 
indices de l'état stationnaire ou même de la régression de la 
tumeur. 

\^ accroissement des kystes séreux se fait par envahissement 
graduel des parties voisines; la masse morbide s'étend ainsi de 
proche en proche, jusqu'à atteindre les dimensions parfois 
énormes que nous avons indiquées. Mais cette propagation, 
quelque étendue qu'elle soit, reste toujours locale, et ces pro- 



AXATOMIE PATHOLOGIQUE 307 

ductions kystiques ne paraissent pas susceptibles de se géné- 
raliser. 

Bien différentes des tumeurs étudiées dans les deux pre- 
mières parties, celles-ci ne s'accroissent plus principalement 
par distension et par agrandissement des cavités kystiques. Ici 




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FiG. 38. — Kyste séreux muUiloculaire de l'avanf-bras et du bras 'obs. LXIX) : a, a, 
faisceaux musculaires envahis par les cavités kystiques de formation successive ; b^ ca- 
vité kystique en pleins muscles de l'avant-bras ; c, cavité kystique dans le tissu con- 
jonctif ; d. Ilot d'éléments embryonnaires. 



les dimensions des loges ne jouent qu'un rôle accessoire, et 
les tumeurs les plus volumineuses ne soDt pas celles qui ren- 
ferment les poches les plus vastes. C'est parla formation de 
nouvelles cavités que se fait surtout leur accroissement : au 
voisinage de la masse principale se développent des kvstes qui 
pénètrent dans le tissu conjonctif au milieu des organes envi- 



308 KYSTES SEREUX 

ronnants et ceux-ci se trouvent peu à peu englobés et comme 
absorbés par la tumeur. On observe, par exemple, cette propa- 
gation des kystes dans les muscles voisins : on voit de petites 
cavités kystiques pénétrant le tissu conjonctif interposé aux 
faisceaux musculaires (fig. 38); de même dans les glandes 
salivaires les kystes se développent dans le tissu interstitiel, et 
des portions plus ou moins étendues du parencliyme glandu- 
laire se trouvent ainsi entièrement comprises dans la produc- 
tion pathologique. Enfin la prolifération du stroma conjonctif 
intervient également dans l'accroissemeut de ces tumeurs, et 
sa part est même plus importante que dans les tumeurs der- 
moïdes et mucoïdes. 

Le développement des kystes séreux pourrait quelquefois, 
d'après Wernher, conduire à leur guérison : les diverses loges, 
faisant de plus en plus saillie sous la peau, arriveraient à s'ou- 
vrir au dehors et à se vider par un orifice étroit, laissant une 
cicatrice déprimée à la place de la tumeur disparue. Cette ter- 
minaison est certainement fort rare ;- nous n'avons observé 
qu'un cas où la peau était tellement amincie que la poche sou- 
levait l'épidcrme et était prête à se vider spontanément au 
dehors (obs. LXYIII, fig. 29) ; cette disposition permet de con- 
cevoir la possibilité du mécanisme indiqué par Wernher. 

Enfin, dans quelques circonstances, les kystes séreux con- 
génitaux se transforment en lipomes, et cette transformation 
constitue un mécanisme de guérison. Nous avons parlé déjà 
de l'abondance du tissu adipeux dans certaines de ces tumeurs 
et de sa disposition dans les parois des loges. Un développe- 
ment plus grand amène l'oblitération des cavités , si bien que 
la tumeur finit par prendre l'aspect d'un lipome. Telle serait 
l'origine de certains lipomes congénitaux, et les kystes séreux 
se comporteraient, sous ce rapport, comme les autres tumeurs 
congénitales (V. p. 269). 



CHAPITRE IV 



PATHOGENIE 



La question de l'origine des kystes séreux congénitaux est 
certainement la plus controversée de leur histoire. Des opinions 
aussi nombreuses que variées ont été professées à ce sujet et 
tour à tour abandonnées , puis reprises avec des fortunes diverses. 
Aujourd'hui même, malgré les progrès accomplis dans l'étude 
de ces kystes, malgré l'appoint important fourni parles recher- 
ches histologiques en particulier, bien des côtés restent encore 
obscurs dans leur pathogénie. 

Nous résumerons en premier lieu quelques théories appli- 
cables seulement aux kystes de certaines régions et par consé- 
quent insuffisantes ; puis nous exposerons en les discutant les 
opinions qui s'adressent à la généralité des cas. 

Au premier groupe appartient la théorie qui assignait à ces 
productions une origine glandulaire et faisait dériver les kystes 
du cou des glandes salivaires. Cette opinion se fondait sur la 
disposition multiloculaire, qui pouvait à la rigueur s'accorder 
avec le développement kystique aux dépens des acini glandu- 
laires, et sur la ressemblance des kystes du plancher buccal 
avec la grenouillette. C'est même sous la désignation de gre- 
nouillettes que ces kystes ont été pour la première fois décrits 
parRedenbacher en 1828. Enfin, à l'appui de cette thèse semblait 
encore venir s'ajouter une observation rapportée par Blachez, 
dans laquelle une des glandes sous-maxillaires faisait défaut 
ainsi que les glandes sublinguales. Mais ne voit-on pas d'autre 
part, dans la majorité des cas, les kystes séreux rester. dans 
une indépendance complète des glandes salivaires ? L'absence 
de quelques-unes de ces glandes, constatée une fois seulement, 



310 KYSTES SÉREUX 

ne peut-elle être considérée simplement comme une malforma- 
tion concomitante, du même ordre que la division du maxillaire 
inférieur mentionnée dans la même observation? Au surplus, 
rien dans la structure des kystes séreux du cou n'autorise à leur 
attribuer pour point de départ les acini glandulaires. Au con- 






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FiG. 39. — Kyste séreux mulliloculaire ayant envahi la parotide (obs. LIV) : a, a, 
grandes cavités kystiques ; h, lobule glandulaire isolé dans la cloison qui sépare ces 
deux cavités ; c, artériole. 



traire, nous avons vu dans un cas la glande parotide envahie 
par le développement kystique ; mais ce développement des 
loges était seulement interstitiel et les lobules glandulaires 
demeuraient inaltérés dans leur structure, bien que disso- 
ciés et enveloppés pour ainsi dire par les cavités kystiques 
(obs. LIV, p. 348, et fig. 40, p. 311). 

Une seconde théorie, moins restreinte que la précédente, 
plaçait l'origine de ces kystes dans des organes à vésicules 



PATHOGÉNIE 



311 



closes : la glande de Luschka pour les kystes du siège, et le 
ganglion intercarotidien d'Arnold pour les kystes du cou. Cette 
conception s'appliquait seulement, comme on le voit, aux kystes 
de deux régions, c'est-à-dire, il est vrai, à la majorité de ces 



V. 






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FiG. 40. — Kyste séreux multiloculaire de la région parotidienne. On voit une cavité 
kystique dans le tissu conjonctif au milieu des lobules de la parotide. 



tumeurs ; mais elle laissait complètement inexpliqués les kystes 
des autres parties du corps. De plus, même pour les tumeurs du 
cou et du siège, il pouvait a priori sembler assez étrange d'at- 
tribuer à des organes si peu importants, si imparfaitement con- 
nus et si fréquemment introuvables, des aptitudes pathologiques 
aussi étendues et des transformations aussi compliquées. Enfin, 



312 KYSTES SÉREUX 

la structure des kystes séreux congénitaux n'est pas du tout en 
rapport avec la structure, d'ailleurs mal déterminée, des deux 
organes en question. Les vésicules de la glande décrite par 
Luschka sont tapissées d'un épithélium glandulaire, parfois 
muni de cils vibratiles : rien de semblable dans les kystes séreux 
congénitaux. Tout au plus la glande de Luschka pourrait-elle 
être mise en cause pour le développement de certaines tumeurs 
complexes du périnée, dans lesquelles on rencontre des cavités 
à structure variée, dermoïdes ou mucoïdes, associées ou non 
à des kystes séreux. Mais une semblable origine ne convient 
nullement pour les tumeurs plus simples, offrant tous les carac- 
tères que présentent là, comme ailleurs, les kystes séreux com- 
posés. Déjà, parmi les tumeurs kystiques de l'extrémité infé- 
rieure du tronc, nous avons établi des divisions fondées sur la 
structure et nous avons isolé les cavités dermoïdes et les cavités 
mucoïdes ; suivant les mêmes principes, on peut distinguer 
maintenant les parties qui présentent la structure des kystes 
séreux composés. Nous savons que l'extrémité pelvienne est 
par excellence le siège de ces tumeurs complexes, renfermant 
des tissus de toute sorte et des kystes de toute structure ; aussi 
n'est-ce pas en ce point qu'il faut chercher, à l'état de pureté 
pour ainsi dire, les différentes espèces de kystes congénitaux. 
C'est bien plutôt dans les régions où ne s'observent pas d'autres 
variétés de kystes et où ces productions se montrent avec la 
composition la plus homogène, par exemple aux membres et 
sur les parois du tronc, qu'il convient de recueillir des rensei- 
gnements sur la structure et le développement des kystes séreux. 
Or, ici il ne saurait être question d'organes plus ou moins ana- 
logues à la glande de Luschka, et l'on doit par suite éliminer 
complètement les organes à vésicules closes de la pathogénie 
des kystes séreux congénitaux. 

Mais arrivons à des théories plus générales. 

Les kystes qui nous occupent siègent à peu près en toutes 
les parties du corps et se développent principalement dans le 



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PATHOGENIE 313 

tissu conjonclif sous-cutané en s'étendant aux organes voisins 
par l'intermédiaire du tissu conjonctif interstitiel; de là ce corol- 
laire obligé, que le lieu de formation de ces tumeurs existe 
dans le tissu conjonctif et se trouve comme lui répandu dans 
tous les org-anes et dans tous les points de l'org-anisme. C'est 
donc dans le tissu conjonctif que doit être recherchée Forig-ine 
de ces productions. 

Dire avec Wernher qu'il s'agit d'une néoformation de pro- 
duits pseudo-plastiques, ce n'est pas avancer la question : car il 
faudrait au moins montrer de quelle manière se forme ce sys- 
tème compliqué de cavités kystiques, qui est le caractère le 
plus saillant de ces tumeurs. S'agit-il de cavités séreuses acci- 
dentelles, comme semble l'indiquer la dénomination ancienne 
d'hyg-romas kystiques congénitaux? Assurément il ne saurait 
être question, pour la plupart des kystes multiloculaires, de vé- 
ritables cavités séreuses; la disposition caverneuse des loges, 
l'existence d'une couche musculaire dans la paroi, ne permettent 
pas l'assimilation du plus grand nombre de ces tumeurs avec 
les hygromas. Il n'en est plus tout à fait de même si l'on consi- 
dère les rapports qui existent normalement entre les cavités 
séreuses, les voies lymphatiques et les espaces conjonctifs; il y 
a peut-être, au point de vue de la morphologie générale, des 
relations analogues entre les différents kystes séreux congéni- 
taux et ces divers organes, et même entre les différentes cavités 
d'une même tumeur. Mais les communications du système lym- 
phatique avec les espaces conjonctifs sont encore un sujet de 
discussion, et en attendant que ce problème d'anatomie géné- 
rale ait reçu une solution définitive, c'est en somme sur l'origine 
vasculaire et lymphatique de ces kystes que se concentre l'in- 
térêt de la question. 

Le développement des kystes séreux congénitaux aux dépens 
de l'appareil circulatoire est admis depuis un certain temps 
déjà par différents auteurs. Ce furent d'abord les vaisseaux 
sanguins exclusivement que l'on mit en cause dans cette patho- 



314 KYSTES SÉREUX 

génie. Holmes Coote, rapportant, en 1849, un fait observé à la 
clinique de Lawrence, dans lequel se trouvaient, en un point de 
la masse extirpée, des vaisseaux dilatés et flexueux, se fondait 
sur cette disposition pour conclure à l'existence d'une tumeur 
érectile ayant subi la transformation kystique. Cruveilhier\ 
Broca^ pensaient également que les kystes séreux congénitaux 
pouvaient, dans certains cas au moins, être considérés comme 
des kystes vasculaires, développés au sein de tumeurs érectiles 
dont certaines portions auraient cessé de communiquer avec 
la circulation générale pour s'isoler et donner lieu à des kystes. 
Dans les poches ainsi formées, le contenu, primitivement san- 
guin, subissait ultérieurement des modifications variées jusqu'à 
devenir complètement séreux; selon que la transformation 
kystique était plus ou moins étendue et plus ou moins an- 
cienne, on observait soit des tumeurs érectiles avec quelques 
loges kystiques, soit des kystes composés à contenu à peu près 
exclusivement séreux. On était ainsi conduit à invoquer le 
même mécanisme pour les cas dans lesquels rien ne prouvait 
qu'un angiome eût jamais précédé la tumeur kystique. 

En somme, le principal argument dont se réclamait cette 
théorie était la présence exceptionnellement constatée de 
kystes au milieu des tumeurs érectiles. Ce fait indubitable , 
observé par de nombreux auteurs, avait été généralement ex- 
j)liqué par la transformation des cavités sanguines. Or, une 
interprétation toute différente pouvait s'appliquer à cette modi- 
fication kystique des tumeurs érectiles. G. Busch ^, en I806, 
avait déjà émis l'opinion que, dans les tumeurs de cette nature, 
les kystes se développaient d'une manière indépendante et 
n'entraient que plus tard en connexion avec les vaisseaux san- 
guins, grâce à une sorte d'usure des parois vasculaires. Cette 



1. Cruveilhier, Tr. d'anat. pathol. giin., t. III, p. 494. 

2. Broca, Tr. des tumeurs, t. II, p. 58. 

3. Guil. Busch, De nexu inter hygromata cystica congenita, tuinoi'es cavernosos 
et cystides sanguinol entas întercedente, Bonn, 1836, — cité par Virchow. 



PATHO GÉNIE 313 

doctrine, complètement opposée à la précédente, admettait une 
série de phénomènes d'un ordre absolument inverse. Plus tard 
Yirchow, discutant les faits de ce genre et les opinions des 
différents auteurs à ce sujet, fut porté à concilier en quelque 
sorte les deux théories en présence : il admit que la transfor- 
mation kystique des angiomes peut être rapportée, dans bien 
des cas, à une combinaison de tumeurs érectiles avec deskystes 
séreux, et, dans d'autres, à une association d'angiomes sanguins 
et lymphatiques ^ Il est certain que la nature variable du con- 
tenu trouve une explication plausible dans l'une comme dans 
l'autre théorie : c'est là un point sur lequel nous aurons bientôt 
à revenir. Mais il n'est pas douteux non plus que l'altération 
kystique des angiomes constitue un fait relativement très rare. 
Si tant est qu'il soit vrai, en général on n'observe pas les pre- 
mières phases de la transformation des tumeurs érectiles en 
kystes séreux composés. Au contraire, les vaisseaux sanguine 
sont fréquemment très abondants et très développés dans les 
kystes séreux congénitaux, et l'on comprend dès lors que, dans 
un petit nombre de cas, un développement vasculaire excessif 
puisse conduire aux angiomes véritables. Par certains carac- 
tères enfin, les kystes s'éloignent des angiomes; en effet, ils 
sont généralement profondément placés, n'envahissant les 
couches sous-cutanées que secondairement, et ce n'est que 
d'une manière tout à fait exceptionnelle qu'ils siègent dans le 
derme lui-même, bien différents en cela des nsevi et des angiomes 
ordinaires. En définitive, on ne peut accepter comme fait géné- 
ral que les kystes séreux congénitaux soient précédés par l'an- 
giome; en admettant même, ce qui n'est nullement démontré 
d'ailleurs, qu'ils dérivent des vaisseaux sanguins, on se trouve 
obligé de reconnaître qu'ils se forment d'emblée avec leurs 
caractères propres qui les séparent nettement des angiomes. 



1. Au sujet delà transformation kystique des angiomes, nous renvoyons aux 
indications données par Broca, Tr. des tum., t. II, p. 200 et suiv., et Virchow, 
Pathol. des tum., éd. franc., t. IV, 1er fasc. 



316 KYSTES SEREUX 

A la suite des travaux publiés, surtout en Allemagne, sur les 
lymphangiomes , l'opinion qui plaçait dans l'appareil lympha- 
tique Torigine de ces kystes séreux fut adoptée par de nom- 
breux auteurs. Nous renvoyons pour l'historique de cette ques- 
tion à l'important mémoire de Wegner et à celui, plus récent, 
de Middeldorpf. Examinons de quelle manière cette théorie 
s'accorde avec les faits observés, en considérant l'un après 
l'autre les divers caractères fournis par l'anatomie pathologique. 

L'endothélium qui tapisse les cavités kystiques ne présente 
pas les dentelures caractéristiques de l'endothélium lympha- 
tique. Mais nous savons aujourd'hui que cette forme particu- 
culière de l'endothélium n'est pas constante dans le système 
lymphatique. D'après Ranvier ^ , elle a pour fonction de 
donner au revêtement endothélial une solidité plus grande ; 
elle peut faire défaut lorsque ce revêtement est doublé d'une 
paroi résistante. Dans les cœurs lymphatiques des batraciens, 
il est vrai, la disposition dentelée des cellules endothéliales 
existe, malgré la présence d'une paroi solide et musculaire; 
mais ces cavités sont le siège de changements alternatifs de 
volume, auxquels ne sont point exposés les kystes dont nous 
nous occupons. Ajoutons que, sur les vaisseaux lymphatiques 
des kystes ovariens, Malassez a observé un endothélium va- 
riable , à bords tantôt droits tantôt dentelés. On voit donc 
que la forme de l'endothélium est insuffisante pour affirmer la 
nature lymphatique ou sanguine des cavités kystiques, et ne 
peut trancher par conséquent la question d'origine de ces 
tumeurs. 

Les caractères du contenu , variant du liquide séreux jus- 
qu'au sang presque pur, n'ont pas une valeur plus décisive. 
Nous avons vu comment ces variations étaient expliquées par 
la théorie qui faisait dériver ces tumeurs des vaisseaux san- 
gums. Il est facile de montrer qu'elles se concilient fort bien 

•l. Cours du Collège de France, 1883. 



PATHOGÉ^"IE 



317 



aussi avec leur origine lymphatique. On sait, en effet, que les 
fistules lymphatiques laissent parfois écouler, non pas de la 
lymphe pure, mais un liquide rosé renfermant des globules 
roug-es. D'ailleurs, on conçoit aisément que, dans ces log-es à 
contenu primitivement lymphatique , il puisse se produire des 
hémorrhag-ies qui modifient dans une mesure variable la nature 
du liquide. Cette circonstance se comprend sans peine, étant 
donné le développement, d'ordinaire considérable, des vais- 
seaux sang-uins dans les tumeurs de cette espèce et la situation 




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FiG. 41. — Endothélium d'un kyste séreux du cou. 
Imprégnation au nitrate d'argent. 



superficielle de ces vaisseaux, aussi bien dans les parois mêmes 
des log-es que dans les bourg-eonnements de leur surface. N'ob- 
serve-t-on pas des phénomènes parfaitement semblables dans 
les kystes de l'ovaire, dont le contenu peut renfermer du sang-, 
par suite de la rupture des vaisseaux qui rampent dans leurs 
parois et leurs végétations ? 

Les communications des cavités kystiques avec le s-^'stème 
circulatoire, sanguin ou lymphatique, constituent encore un 
arg-ument qu'on pourrait retourner de deux manières et adap- 
ter à l'une comme à l'autre théorie. On ne sait, en effet, si la 
communication est primitive ou secondaire ; c'est ainsi que 
Weg-ner admet une forme mixte d'hématolymphangiome ; dans 



318 KYSTES SÉREUX 

ces tumeurs, qui, pour lui, sont primitivement des lymphan- 
giomes, il s'établirait une communication secondaire entre la 
cavité et les veines, probablement par absorption des parois. 

L'observation directe de la formation des cavités kystiques 
dans les tumeurs en voie d'accroissement pourrait donner la 
solution du problème. Or, il n'existe pas à cet égard de faits 
concluants. Les partisans de l'origine lymphatique admettent 
avec Wegner trois modes possibles de développement pour 
ces cavités kystiques : 1° la dilatation de canaux lymphatiques 
préexistants , à la suite de l'oblitération des vaisseaux plus 
volumineux ; 2° la prolifération de l'endothélium des parois 
(néoplasie homoplastique) ; 3° la formation de cavités lympha- 
tiques nouvelles dans un tissu de granulation (néoplasie hété- 
roplastique). Sans discuter la valeur de ces hypothèses, nous 
rappellerons ce que nous disions à propos de l'anatomie patho- 
logique sur les caractères que présentent les tumeurs en voie 
d'extension. Nous faisions remarquer l'existence de végétations 
des parois kystiques et d'anfractuosités profondes des cavités. 
C'est par ces espèces de diverticules, qui s'enfoncent dans le 
stroma de la tumeur et qui semblent y déterminer une sorte de 
clivage, que les kystes nous paraissent s'accroître. Souvent, en 
effet, c'est au niveau de ces enfoncements que l'endothélium 
présente un état plus jeune et des formes moins aplaties. C'est 
également à leur voisinage qu'on observe dans la paroi des 
amas d'éléments embryonnaires. Nous n'avons jamais observé 
la formation de cavités kystiques au sein de ces amas embryon- 
naires, et nous inclinons plutôt à penser que cette prolifération 
plus intense est déterminée en ce point par les diverticules de 
la cavité kystique, lesquels jouent le rôle d'une épine irritante. 
Toujours est-il que l'on constate en ce point les manifesta- 
tions d'une activité plus grande, aussi bien dans l'endothélium 
que dans le tissu conjonctif de la paroi. 

Mais quelle que soit la manière dont s'accroissent les cavités 
kystiques, nous ne sommes toujours pas renseignés sur leur 



PATHOGÉNIE 319 

point de départ primitif et nous ne sommes pas encore endroit 
de décider entre leur origine sanguine ou lymphatique. 

Un argument plus important est fourni par les relations qui 
semblent exister entre les tumeurs kystiques congénitales et 
d'autres productions anormales développées aux dépens du 
système lymphatique. C'est un point qui a été bien mis en 
lumière par la plupart des auteurs qui ont écrit sur les 1}txi- 
phangiomes. On a distingué trois formes anatomiques de ces 
tumeurs lymphatiques considérées en général : 1° le Ivmphan- 






FiG. 42, — Hypertrophie congénitale partielle de la lèvre supérieure (obs. LXXIV). 

giome simple, résultant de la dilatation des réseaux lymphati- 
ques ; 2° le lymphangiome caverneux, présentant la structure 
du tissu érectile et correspondant aux angiomes caverneux ; 
3° le lymphangiome kystique, dans lequel se trouvent des 
kystes variés, formés par la dilatation des cavités lymphatiques. 
C'est là sans doute une classification très théorique et, si nous 
considérons seulement les kystes séreux congénitaux, c'est 
une combinaison de ces différentes formes que l'on rencontre 
en réalité dans la plupart des cas : la disposition kystique 
notamment est presque toujours associée à la disposition 
caverneuse. Néanmoins ces divisions ont l'avantage de fixer les 



320 KYSTES SÉREUX 

idées à ce sujet et d'établir entre ces tumeurs et d'autres pro- 
ductions congénitales des relations qu'il nous reste à si- 
gnaler. 

Certaines hypertrophies congénitales sont dues à des dila- 
tations lymphatiques et ont été rangées parmi les lymphan- 
giomes. Celle de la langue ou macroglossie est, parmi ces 
affections, la mieux étudiée, et, depuis les travaux de Virchow, 
Billroth, etc., un certain nombre de faits ont démontré l'exis- 
tence de dilatations lymphatiques dans cet état pathologique. 
Or, cette modification anatomique offre de grandes analogies 
avec certaines formes de kystes séreux, et l'on a vu d'ailleurs 
coexister les deux affections, la macroglossie et la tumeur kys- 
tique (Valenta, WiniwarLer)^ L'hypertrophie des lèvres ou 
macrocheilie est également attribuée à une ectasie lymphati- 
que ; nous en rapportons un exemple (obs. LXXIY) dans le- 
quel l'analogie est évidente avec certains kystes séreux -. On 
considère encore comme le résultat d'une dilatation des lym- 
phatiques certaines hypertrophies congénitales des joues et des 
membres (macromélies ") avec état éléphantiasique. Le fait, 
observé à la cuisse, qui fait le sujet de l'observation LXXV, se 
prête très bien à cotte interprétation. Yirchow, établissant un 
lien entre toutes ces altérations : éléphantiasis , hypertrophies 
congénitales par dilatations lymphatiques, kystes congénitaux. 



1. Voy. sur ce sujet : R. Virchow, Ueber Makroglossie imcl pathol. Neuhild. 
quergslreifter Muskelfasern. Arch. f. pathol. Anat., 1834, Bd. VII, h. 1, s. 126. — 
Billroth, Beitrœge zur pathol. Histologie, Berlin, 1838, s. 21G. — H. Maas, Ueber 
Hypertrophie cler Zunge.Langenbeck's Archiv f. klin. Chir., 1872, Bd. XIII, s. 413. 
— Th. Gies, Beitrag zur Macroglossie. IhicL, 1873, Bd. XV, s. 640. — A. Winiwar- 
ter, Ein Fall von angeborener Makroglossie combinirt rtiit Hygroma cysticum colli 
congenitum. Ibicl., 1874, Bd. XVI, s. 633. — Wegner, loco cit — De Larabrie, 
Contrib. à l'élude de l'hypertrophie congénitale de la langue [macroglossie). Th. 
Paris, 1882. — Cl. Paster, Jarhb. f. Kinderheilk., Bd. XVIII, cité par Middeldorpf. 

2. Billroth., op. cit., s. 218. — Dolbeau et V&lizei, Bull, de thérapeut., 30 uov. 
1874, ohserv. avec examen histologique par Graucher. (P. Dhoste, Th. Paris, 1879, 
n" 331.) 

3. G. Kindler, Ueber Lymphangiome mit besonderer Berûcksichligung des Lym- 
phangioms der Wange [Makromelie). Inaug. Dissert., Miiuchcn, 1884. [Centralhl. 
f. Chir., 1883, s. 694.) 



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PATHOGÉNIE 321 

considère ces derniers comme la forme kystique de l'éléphan- 
liasis congénitale*. 

Enfin Ton a cherché plus loin encore des analog-ies et l'on a 
comparé ces productions cong-énitales avec d'autres altérations 
non congénitales du système lymphatique, notamment les 
télang-iectasies produites, dans certains cas, par la gêne de la 
circulation et résultant d'une compression. On a fait remarquer 
que les lymphangiomes s'observent principalement dans les 
régions oii les lymphatiques décrivent des coudes et sont ex- 
posés à des compressions : au cou, à l'aisselle, au pli inguinal, 
et on a émis l'opinion que les formes congénitales pouvaient 
être rapportées aussi à une oblitération des lymphatiques (Mid- 
deldorpf). 

Cette doctrine a le mérite indiscutable de rattacher les unes 
aux autres des affections fort voisines entre lesquelles les tran- 
sitions sont presque insensibles. Toutefois ces généralisations, 
séduisantes assurément, ne doivent pas nous égarer au delà 
des faits observés. Dans les hypertrophies congénitales dont 
nous venons de parler, les modifications du système lym- 
phatique ont été bien constatées et ne peuvent être mises en 
doute ; elles ont une valeur incontestable. Mais il y a d'autre 
part toute une série de faits dans lesquels elles font défaut, et 
lors même qu'elles existent, elles ne constituent pas toujours 
toute la lésion. Pour nous en tenir seulement aux altérations 
de l'appareil circulatoire, on a parfois rencontré aussi dans 



1. V. sur les hypertrophies congénitales des membres : 

U. Trélat et A. Monod, De l'hypertrophie unilatérale partielle on totale dic 
corps. Arch. gén. de méd., 1869, vol. P"", p. 536 et 676. 

A. Gherini, Contribiizione alla chirurgia sui bambini. Ipertrofia degli arti con- 
genita. Gazz. med. ital. Lombard., 1876, n" 33 ; d'après Centralbl. f. Chir., 1876, 
8.817. 

Richard Wittelshœfer, Ueber angeborenen Riesnwuchs der oheren und unteren 
Extremitseten. Langenbeck's Archiv f. klin. Chir., 1879, Bd. XXIY, s. 37. 

H. Fisher, Der Riesenwuchs. Deutsche Zeitschrift f. Chir., 1880, Bd. XII, s. 1. 

"William Andersen, Congénital Hypertrophy. St Thomas's Hosp. Reports, 1881, 
p. 165. 

Eve, Trans. ofthePathol. Soc. ofLondon, 1883, vol. XXXIV, p. 302, 

21 



322 



KYSTES SEREUX 



ces affections congénitales des modifications du système san- 
guin, tantôt combinées avec les hypertrophies, tantôt coïnci- 
dant simplement avec elles et occupant un siège plus ou moins 
éloigné \ Il ne faut donc pas se laisser entraîner trop loin dans 
cette voie, et il importe de ne pas exagérer le rôle et l'impor- 















~^^^^^ 



FiG. 43. — Hypertrophie Congénitale de la lèvre supérieure (obs. LXXIV) : «, grande ca- 
vité en partie remplie par un amas fibrineux ; h, petite cavité ressemblant à un espace 
lymphatique ; c, coupe d'un vaisseau sanguin. 

tance des modifications du système lymphatique dans ces 
productions anormales. Ces restrictions faites , il n'en subsiste 



1. Trélat et Monod, Mém. cité — Valenta, Cystenhygrom am Halse combinirt 
mit cavernœsem Angiom und Makroglossie. Oesterr. Jahrb. f. Pœdiatrik, Bd. II, 
s. 33, 1871 ; cité par Winiwarter. 

R. Volkmann, cité par Virchow, a rencontré des taches vasculaires sur les 
joues et le nez dans un cas de macrocheilie. Notre observation LXXVI men- 
tionne la présence de naevi dans un cas d'hypertrophie, congénitale des joues. 



PATHOGÉNIE 323 

pas moins un résultat important, c'est que ces considérations 
donnent lieu à des rapprochements intéressants et permettent 
de rassembler des faits qui méritaient d'être mis en série. 
Quant à la question des kystes séreux, qui forment seulement 
un des termes de cette série , nous n'avons pas de preuve 
directe qui nous autorise à conclure avec certitude à leur pro- 




FiG. 44, — Hypertrophie congénitale des deux joues. Tache érectile cutanée du front 

(obs. LXXVI). 



venauce lymphatique ; la démonstration anatomique d'une 
semblable origine n'est pas faite. Néanmoins l'enchaînement 
des faits que nous venons de passer en revue semble mieux 
s'accorder avec l'opinion qui place dans les voies lymphati- 
ques le développement des kystes séreux, qu'avec les doctrines 
précédemment examinées. Si l'on adoptait cette manière de 
voir, on pourrait considérer ces kystes comme une sorte d'aber- 
ration de l'appareil lymphatique. Dans ces productions anor- 



324 KYSTES SEREUX 

maies on retrouverait les différents types anatomiques sous . 
lesquels se présentent les diverses portions du système lym- 
phatique ; ainsi, les cavités kystiques les plus élevées en orga- 
nisation, pour ainsi dire, celles dont la structure est la plus 
complexe et qui renferment dans leurs parois des éléments 
musculaires, représenteraient dans la production aberrante les 
parties de ce système qui, à l'état normal, occupent le plus 
haut rang sous le rapport de la structure : à savoir, les cœurs 
lymphatiques des vertébrés inférieurs et leurs équivalents chez 
les vertébrés supérieurs, les renflements supra-valvulaires des 
troncs lymphatiques. 

Envisagées de la sorte, ces malformations seraient assez com- 
parables ^'à certaines anomalies curieuses observées sur l'ap- 
pareil vasculaire sanguin, et dont Roch a rapporté un exemple 
en 1877 : il s'agissait, dans ce cas, d'une malformation de la 
veine sous-clavière qui était remplacée par trois diverticules 
en forme de sinus sanguins rappelant par leur aspect les oreil- 
lettes du cœur\ 

Ces vues générales sur les rapports du système lymphatique 
avec les productions congénitales qui nous occupent, per- 
mettent donc de trouver partout, aussi bien aux degrés les 
plus bas qu'aux degrés les plus élevés, de grandes analogies 
entre les modifications anormales du système lymphatique et 
celles du système sanguin. Si, en effet, acceptant ces idées, on 
jette un coup d'œil sur l'ensemble de ces modifications patholo- 
giques dans les deux systèmes, il devient facile de les classer 
en deux séries parallèles offrant entre elles de nombreux points 
de contact et se correspondant par tous leurs termes. Cette 
similitude n'a rien d'ailleurs que de très naturel, étant donné 
les relations intimes des systèmes lymphatique et sanguin dans 
l'ordre normal. 

Mais encore une fois ces considérations générales sont fon- 

1. W. Roch, Eine seltenere Foimi von Blutcysten. Langenbeck's Archiv f. kl. 
Chir., 1877, Bd. XX, s. 561. 



SYMPTOMES 323 

dées seulement sur des analogies et non sur des preuves, et, 
pour nous résumer, nous dirons que, dans notre opinion, l'ori- 
g-ine lymphatique des kystes séreux cong énitaux est fort pro- 
bable, mais non encore démontrée. 



CHAPITRE V 



ST3IPT0MES 



Les kystes séreux congénitaux se présentent sous l'aspect 
de tumeurs dont nous avons indiqué déjà les particularités 
relatives au siège et au volume. Leur forme est variable; en 
général, elles sont arrondies et uniformément proéminentes ou 
constituées par Tagg-lomération de lobes et de bosselures que 
circonscrivent des sillons plus ou moins accusés. Mais leur 
périphérie n'offre pas toujours des contours bien nets; il y a 
des formes diffuses dans lesquelles la tumeur se continue insen- 
siblement avec les parties voisines qui sont envahies de proche 
en proche. Dans ces formes diffuses, lorsque la masse morbide 
est peu volumineuse, elle se dessine plutôt sous l'apparence 
d'un g-onflement de la région que d'une tumeur véritable. 

La peau qui recouvre le kyste est, dans la plupart des cas, 
à peu près normale et seulement un peu distendue. Souvent 
elle est sillonnée de veines dilatées et très apparentes qui siè- 
g-ent dans le tissu cellulaire sous-cutané et parfois aussi de 
petites vénosités correspondant à l'injection des réseaux der- 
miques. Assez fréquemment on remarque, en certaines parties 
de la tumeur, un aspect demi-transparent de la peau et un 



326 KYSTES SÉREUX 

reflet bleuâtre. Quelquefois les poils sont hypertrophiés à la 
surface du kyste. D'ordinaire la peau est parfaitement mobile 
sur la tumeur; par exception, néanmoins, on peut la trouver 
adhérente ; ainsi, dans une de nos observations, la peau, envahie 
par la formation kystique, était distendue, amincie et prête à 
crever (obs. LXYIII). Dans un autre cas (obs. LXYI), la peau 
offrait en un point les signes d'un état inflammatoire chro- 
nique ; elle était indurée, adhérente et d'une couleur foncée, 
rouge brun. 

Au toucher la consistance de ces tumeurs est ordinairement 
mollasse et spongieuse ; parfois elle est élastique et rénitente. Du 
reste elle peut différer sur les diverses parties d'une même tu- 
meur. Si l'on cherche la fluctuation, on ne peut souvent la perce- 
voir et le liquide semble fuir sous la main ; d'autres fois on sent 
une fluctuation partielle en certains lobes seulement ; quelque- 
fois aussi la fluctuation n'est pas obtenue tout d'abord, mais se 
laisse constater lorsqu'on percute les loges du kyste et lorsqu'on 
augmente leur tension en les faisant comprimer par la main 
d'un aide. 

Le palper permet encore de sentir les inégalités de la tumeur, 
les cloisons, les brides qui la divisent. Souvent on y rencontre 
de petits nodules résistants qui sont quelquefois de petites 
masses cartilagineuses, de simples épaississements fibreux ou 
de petits grains kystiques. 

Lorsqu'ils siègent exclusivement dans le tissu cellulaire 
sous-cutané, les kystes séreux composés sont mobiles sur les 
parties sous-jacentes ; mais il n'en est plus de même lorsqu'ils 
envoient des prolongements profonds qui les font adhérer à 
divers organes et rendent ainsi cette mobilité plus obscure. 
Ces mêmes prolongements dans la profondeur empêchent éga- 
lement d'atteindre leurs limites de ce côté. Si l'on ajoute à cela 
l'absence de contours précis dans les formes diffuses, on voit 
qu'il n'est pas toujours aisé d'apprécier sur le malade le volume 
et la configuration de la tumeur. 



SYMPTOMES 



327 



La compression de la masse n'amène ordinairement aucune 
diminution de volume. Parfois, cependant, la tumeur semble 




FiG. 45. — Kyste séreux muUiloculaire bilatéral du cou. La tumeur a envahi la face et 
envoie des prolongements dans le thorax (obs. LXII). 



réductible lorsque, n'étant pas bien fixée, elle fuit sous la 
main ; la tension peut alors s'élever dans une loge aux dépenâ 
de celle des autres, le liquide se déplaçant et passant d'une cavité 
à l'autre. Les contractions musculaires, les cris, les efforts. 



328 KYSTES SÉREUX 

sont en général sans influence sur la tumeur, sauf dans cer- 
taines conditions que nous indiquerons tout à l'heure. Dans les 
circonstances ordinaires, cependant, la tumeur augmente quel- 
quefois, mais d'une façon peu sensible. C'est là d'ailleurs un 
fait qui s'explique aisément si l'on tient compte de la vascu- 
larisation abondante de ces kystes et aussi de la compression 
que les muscles contractés peuvent exercer sur eux. 

Enfin la transparence existe dans certains cas et fait défaut 
dans d'autres, selon l'épaisseur des parois, la nature du con- 
tenu. Elle peut d'ailleurs être seulement partielle. 

Les kystes du cou, lorsqu'ils s'étendent profondément dans 
l'intérieur de la poitrine, offrent des caractères spéciaux sur les- 
quels nous désirons appeler l'attention : car, au point de vue 
opératoire, il est de la plus haute importance de reconnaître ces 
prolongements. En régie générale, lorsqu'un kyste congénital 
occupe la partie inférieure du cou et n'est pas seulement super- 
ficiel, on devra toujours penser à la possibilité d'un développe- 
ment intra-thoracique et rechercher soigneusement s'il n'existe 
pas quelque signe d'une tumeur du médiastin. Or la déformation 
du thorax étant nulle , la compression de la trachée ou des 
bronches ne s'exerçant pas non plus d'habitude, il n'y a guère 
que la percussion qui puisse fournir une donnée positive à cet 
égard. Ajoutons-y les résultats du refoulement et la constata- 
tion de ce fait que la tumeur du cou disparaît par la compres- 
sion, alors qu'on ne voit apparaître nulle part ailleurs un 
gonflement qui indique un déplacement du kyste. La réducti- 
bilité dans ces conditions devient un caractère précieux. Un 
signe plus décisif encore est le suivant : la tumeur est le siège 
de mouvements alternatifs d'expansion pendant l'expiration, les 
cris, les efforts, et d'un affaissement notable pendant l'inspira- 
tion. L'importance de ce caractère fait qu'on doit s'attacher soi- 
gneusement à sa recherche et en observer les moindres particu- 
larités. Chez une de nos malades (obs. LXII) il apparaissait 
d'une manière remarquable ; à chaque inspiration, non seule- 



SYMPTOMES 329 

ment]la tumeur cervicale s'affaissait et diminuait considérable- 
ment de volume, mais une partie des loges du kyste pénétrait 
dans le thorax, aspirée en quelque sorte dans le mouvement 
inspiratoire. 

Quant à la douleur spontanée ou provoquée par la pression, 
elle est nulle, hormis le cas d'accidents inflammatoires. 

Les kystes séreux congénitaux du cou soat sans exception 
sous-aponévrotiques ; mais au cours de leur évolution ils 



r'^f'M 




FiG. 4G. — Kyste séreux multiloculaire de la région parotidienne et de la face (obs. LIV) 



gagnent les parties molles sous-cutanées, et à un moment donné 
la peau seule les recouvre et finit même par leur adhérer. Il 
n'en est pas de même dans les autres régions de l'économie. 

Les kystes séreux primitifs de la tète sont extrêmement 
rares. Si l'on écarte, en effet, les exemples de propagation de 
kystes du cou au cuir chevelu ou à la face, on ne trouve que 
de très rares observations de kystes appartenant en propre à 
ces régions. Nous avons observé cependant deux faits de 
kystes de la face présentant d'ailleurs les mêmes apparences 
cliniques qu'au cou. Dans les deux cas la tumeur était très 



330 KYSTES SÉREUX 

molle et diffuse, formant une saillie arrondie soulevant les 
téguments, mal limitée profondément; on ne parvenait à y 
sentir la fluctuation qu'en circonscrivant une ou plusieurs 
loges principales par la compression (Y. obs. LIY et LY). 

Les signes des kystes séreux congénitaux des membres 
n'offrent rien de spécial en clinique. Exceptionnellement su- 
perficiels, ils sont d'habitude sous-aponévrotiques ou à la fois 
sous-aponévrotiques et sous-cutanés. 

Us siègent de préférence dans les sections médianes ou à la 
racine des membres. Leur forme est arrondie ou allongée dans 




M. 
FiG. 47. — Kyste séreux congénilal mulliloculaire du bras et de TaTant-bras (obs. LXIX). 

le sens de l'axe, et ils présentent des lobes ou des saillies mul- 
tiples dessinant des loges principales ou des agglomérations de 
cavités plus petites. Les saillies sont séparées p.ar des gouttières 
plus ou moins larges, plus ou moins profondes, et on rencontre 
dans les intersections les mêmes grains arrondis qu'au cou. 
Atteignant parfois un gros volume, ils envahissent la peau, 
qui se trouve amincie au point d'être ulcérée (obs. LXYIII); 
ils ne restent pas non plus confinés dans les espaces intermus- 
culaires, se bornant à séparer les muscles les uns des autres. 
La propagation se fait également dans le corps des muscles, 
car ils pénètrent au milieu des faisceaux musculaires qui se 
trouvent dissociés d'abord et plus tard détruits. On conçoit 
qu'alors le kyste ne donne plus seulement lieu à un trouble 



SYMPTOMES 331 

fonctionnel dû exclusivement à la présence de la tumeur ; il 
peut amener une impotence véritable d'une section d'un mem- 
bre, et même un çtat permanent de contracture musculaire 
(obs. LXIX). 
Les troubles fonctionnels produits par ces tumeurs n'ont 




1 A 



FiG. 48. — Kyste séreux congénital multiloculaire du bras avec un développement 
Tasculaire considérable ( obs. LXVI), 



d'babitude qu'une médiocre importance ; ils manquent le plus 
souvent et lorsqu'ils existent, ils sont g-énéralementpeu accusés. 
Ce sont principalement les kystes du cou qui les déterminent 
par leurs prolongements sous le plancher buccal ou autour du 
pharynx et de la trachée. Ces phénomènes consistent en une 
gêne de la respiration et de la déglutition, due principalement 
au refoulement de la base de la langue et de Tépiglotte ; dans 



332 KYSTES SEREUX 

un cas de Schwerin la langue, appliquée contre le palais, ren- 
dait tout à fait impossible l'alimentation par la bouche. On a 
signalé encore des vomissements qui ont été attribués à la com- 
pression des pneumogastriques (Wernber). • 

Parrot, chez une petite fille de deux mois qui portait un kyste 
multiloculaire du cou, a observé de singulières attaques de 
cyanose, caractérisées par une apnée complète et un état de 
mort apparente, avec coloration violacée de la face et persis- 
tance des battements cardiaques. Les accès, qui se reprodui- 
saient trois ou quatre fois en vingt-quatre heures, duraient 
jusqu'à cinquante minutes. 

Enfin les altérations que nous avons indiquées du côté des 
muscles en contact avec la tumeur peuvent déterminer une 
gêne fonctionnelle plus ou moins grande, qui s'ajoute à celle 
qui résulte simplement du volume et du poids de la masse 
anormale. Ce n'est que très exceptionnellement que le corps 
même d'un muscle se trouve envahi ; nous avons cependant 
observé la présence de poches kystiques dans l'épaisseur de la 
portion cervicale du trapèze sans qu'il en résultât autre chose 
qu'une légère attitude ^dcieuse de la tête ; le kyste occupait 
exclusivement la région latérale du cou. 



CHAPITRE YI 



DIAGNOSTIC 



Le diagnostic des kystes séreux congénitaux se fonde sur 
l'origine congénitale et sur les caractères cliniques que nous 



DIAGNOSTIC 333 

venons de décrire. A ces éléments du diagnostic il faut encore 
ajouter les renseignements fournis par la ponction explora- 
trice. Outre la nature du contenu, la ponction fait aussi con- 
naître, d'après la mesure du liquide évacué, le volume de la 
poche qui le renfermait. Il arrive fréquemment que le liquide 
ainsi retiré sort en quantité fort petite, malgré les dimensions 
parfois considérables de la tumeur ; mais cette quantité aug- 
mente si l'on vient à rompre quelques cloisons interkystiques 
avec la pointe du trocart, de manière à vider successivement 
plusieurs loges. Il y a là, comme on le voit, un excellent 
moyen de reconnaître la structure polykystique de la tu- 
meur, et même dans certains cas d'apprécier la nature variable 
du contenu dans les différentes loges. Enfin, les poches 
principales étant vidées, il devient plus facile d'explorer les 
parties solides de la tumeur et les prolongements qu'elle 
envoie dans les organes voisins. La ponction est en général 
tout à fait inoffensive ; néanmoins elle peut exposer à quelques 
accidents inflammatoires ; aussi convient-il, lorsqu'elle ne 
constitue pas une méthode de traitement, de la pratiquer seule- 
ment quand le diagnostic demeure incertain ou bien lorsqu'elle 
doit précéder une intervention plus active. Elle est, en effet, 
inutile pour éclairer le diagnostic dans la majorité des cas ; 
car les signes physiques révélés par l'examen de la tumeur 
sont suffisants d'habitude pour asseoir l'opinion de kyste 
simple ou composé, limité ou diffus. Il pourra pourtant dans 
maintes circonstances persister quelques doutes sur les rap- 
ports du kyste avec les parties profondes et sur la possibilité 
de prolongements qui échappent aux investigations. Néan- 
moins, s'il est en général facile, le diagnostic des kystes séreux 
congénitaux n'est pas toujours aussi simple, surtout en cer- 
taines régions oii l'on rencontre des tumeurs qui ont avec eux 
de notables ressemblances. 

Les grenouillettes, avec lesquelles ces kystes étaient autre- 
fois confondus, s'en distinguent par différents caractères : les 



334 KYSTES SÉREUX 

kystes séreux ne sont guère limités au plancher buccal et, 
lorsqu'ils font saillie sous la langue, ils apparaissent aussi au- 
devant du cou avec leurs caractères cliniques habituels. Quant 
aux grenouillettes congénitales dues à l'imperforation du con- 
duit de Wharton, leur forme, leur direction, leur limitation 
rendent toute confasion impossible. 

Les tmneurs kystiques du corps thyroïde suivent les mouve- 
ments d'élévation du larynx pendant la déglutition ; elles 
siègent surtout à la partie médiane du cou ; elles s'accompa- 
gnent habituellement d'une tuméfaction générale du corps 
thyroïde tout entier, et présentent une consistance plus ferme 
que les kystes séreux. Enfin elles n'offrent pas ces prolon- 
gements diffus, sublinguaux ou autres, comme le font si fré- 
quemment les kystes séreux congénitaux du cou. 

Les méningocèles, accompagnées ou non d'encéphalocèle 
ou de myélocèle, se présentent souvent avec un ensemble de 
caractères qui ne permettent pas la confusion. Ces tumeurs 
ne reposent pas en général sur les parties sous-jacentes par 
une base aussi large que les kystes. Elles sont plus ou moins 
réductibles, se gonflent pendant l'expiration; leur compression 
détermine divers troubles nerveux : paralysies, convulsions, etc. 
Mais tous ces phénomènes peuvent faire défaut et le diagnos- 
tic offre parfois des difficultés, lorsqu'il s'agit, par exemple, 
d'un sac de méningocèle isolé par oblitération du pédicule. 
Alors l'adhérence de la tumeur au rachis, l'état des apophyses 
épineuses, pourront éclairer le diagnostic. Enfin la nature du 
liquide contenu est différente dans les kystes séreux congéni- 
taux ; toutefois le liquide du spina bifida peut, en cas d'inflam- 
mation, contenir un peu d'albumine et de sang. 

C'est principalement à la région sacrée que le diagnostic 
entre les méningocèles et les kystes séreux est souvent difficile. 
En effet, nous avons vu que les deux altérations peuvent 
coexister, et dans ce cas il y a au point de vue opératoire un 
très grand intérêt à savoir si la tumeur polykystique se com- 



DIAGNOSTIC 333 

plique d'une hydrorachis. Or, celte détermination n'est pas 
toujours possible, et dans un kyste composé il peut arriver 
qu'une des poches prédomine de beaucoup sur les autres, et 
qu'elle paraisse réductible lorsque son contenu passe dans un 
prolong'ement pelvien. C'est ici le lieu d'appliquer la remarque 
de Bergmann, que les tumeurs congénitales occupant la par- 
tie antérieure du sacrum et du coccyx ne communiquent 
jamais avec le canal vertébral. On a vu, il est vrai, d'une 
manière tout à fait exceptionnelle le spina bifida de la partie 
antérieure du sacrum ^ ; mais ce n'est pas là une tumeur de la 
région sacro-coccygienne, en sorte que la régie formulée par 
Bergmann reste vraie. 

Les kystes des variétés précédentes, dermoïdes ou muqueux, 
se distinguent sans peine en général des kystes séreux. Néan- 
moins, à la région du siège, il est bien souvent impossible de 
décider si la tumeur est un de ces kystes plus ou moins com- 
plexes dont nous avons parlé dans les deux premières parties 
de ce travail, ou bien s'il s'agit d'un kyste séreux composé. Le 
contenu ne peut même donner de renseignements précis à cet 
égard : car il est sujet à de trop grandes variations dans cha- 
cune de ces classes de tumeurs. D'ailleurs ce diagnostic diffé- 
rentiel au point de vue opératoire n'a qu'une médiocre impor- 
tance. 

Certains angiomes présentent de nombreux points de res- 
semblance avec les kystes congénitaux. Ce sont surtout les 
angiomes profonds, et en particulier la variété caverneuse à 
grandes loges vasculaires, qui offrent les analogies les plus 
grandes. La tumeur comme le kyste est remarquable par sa 
diffusion, par sa grande mollesse et par une fausse apparence 
de fluctuation. La réductibilité presque complète de l'angiome 
par une compression méthodique et soutenue, et, au contraire, 
l'augmentation de volume, une tension beaucoup plus grande 

1. Tr. Kroner et F. Jlarchand, Meningocele sacralis unterior. Arch. f. GynœkoL, 
1881, Bd. XVII, s. 444. 



336 KYSTES SÉREUX 

de la tumeur en plaçant la tête de l'enfant dans une position 
déclive ou sous l'influence des cris et des eff'orts, permettront le 
plus souvent de conclure en faveur de l'angiome. Mais dans 
certaines circonstances ces derniers phénomènes sont peu 
apparents, et d'un autre côté la réduction de l'angiome n'a pas 
toujours lieu; on comprime d'une part, et il apparaît à proxi- 
mité, profondément d'habitude, une nouvelle tumeur; en un 
mot on vide une ou plusieurs loges, mais le sang afflue dans les 
loges voisines. Le diagnostic dans ces cas exceptionnels est 
extrêmement malaisé et la ponction seule permet de sortir de 
la difficulté. Mais cette ponction elle-même n'offre toutes les 
garanties désirables que dans certaines conditions. 

Les kystes congénitaux, en effet, présentent parfois des poches 
remplies de sang, de telle sorte que le trocart peut ramener un 
liquide sanguinolent, du sang même, et cependant la tumeur 
est un kyste. — Le diagnostic se fonde alors sur la continuité 
de l'écoulement sanguin dans l'angiome, tandis que cet écoule- 
ment cesse ou prend de nouveaux caractères dans le cas de 
kyste. L'observation LXXYII relate tout au long un fait où la 
confusion a eu lieu pour n'avoir pas eu recours à la ponction. 

Les lipomes diffus congénitaux présentent parfois une cer- 
taine ressemblance avec les kystes qui nous occupent ; pour- 
tant leur consistance est en général plus grande et les lobules 
forment dans leur ensemble une masse plus homogène. De 
plus, on n'y reconnaît pas de fluctuation, et la surface des 
lipomes montre d'habitude ces adhérences cutanées d'aspect 
gaufré qui lui sont propres. Enfin, lorsque les kystes congé- 
nitaux ont subi la transformation lipomateuse dans une partie 
de leur étendue, on trouvera associés les caractères de ces 
kystes et d'une tumeur graisseuse. 



CHAPITRE VII 



PRONOSTIC 



Certains kystes séreux congénitaux, même d'un volume assez 
considérable, ne déterminent aucun accident, demeurent sta- 
tionnaires et sont bien supportés; tels sont, par exemple, quel- 
ques kystes profonds et un assez grand nombre de kystes sous- 
cutanés; nous avons même vu que leur guérison spontanée, 
quoique très exceptionnelle, est possible. Mais il n'en est pas 
toujours ainsi. Lorsque la tumeur s'accroît avec rapidité, lors- 
qu'elle envoie des prolongements profonds au milieu d'organes 
importants, elle détermine ces phénomènes fort graves dont 
nous avons parlé et amène en général la mort des petits mala- 
des. C'est principalement au cou et à la région sacro-périnéale 
que le pronostic de ces tumeurs est sérieux. Non seulement 
d'ailleurs ces tumeurs sont redoutables par elles-mêmes et 
par les troubles fonctionnels qu'elles occasionnent ; mais 
elles sont graves encore en raison de l'impuissance des moyens 
thérapeutiques dont on dispose à leur égard. En effet, c'est 
précisément dans le cas de tumeurs à extension rapide et à 
prolongements multiples et profonds que l'intervention chi- 
rurgicale offre des dangers et les plus sérieuses difficultés. On 
est souvent contraint de se contenter de moyens palliatifs 
ordinairement insuffisants, et si l'enfant n'est pas emporté par 
le développement d'accidents de voisinage, la mort survient 
par des complications intercurrentes en partie dues à l'état de 
débilité où se trouvent les petits sujets. 



22 



CHAPITRE VIII 



TRAITEMENT 



La première question à résoudre est celle de l'opportunité 
d'une intervention. Or, sur ce point la question de l'âge du 
sujet prime toute autre considération. Comme il sera établi plus 
loin que la plupart des méthodes autres que l'extirpation sont 
souvent inefficaces, et que cette dernière constitue d'habitude 
une opération importante, il en résulte qu'on ne doit pas inter- 
venir dans les premiers jours qui suivent la naissance. On 
compromettrait d'autant plus inutilement alors la vie du sujet, 
que les accidents inhérents à la présence de kystes congéni- 
taux même volumineux sont rares, exceptionnels, pourrait-on 
dire, et n'apparaissent que tardivement. On ne saurait au sur- 
plus fixer l'âge le plus convenable pour une opération indiquée 
d'ailleurs ; il est subordonné avant tout aux conditions géné- 
rales de santé et de résistance des petits sujets, mais aussi au 
volume de la tumeur, à son siège superficiel ou profond, au 
développement qu'elle prend dès les premiers mois de la vie; 
c'est-à-dire à sa marche stationnaire ou progressive. Nous 
avons opéré plusieurs malades dans le cours de la première 
année et ajourné pour d'autres l'intervention à une époque 
plus tardive. 

Le choix du mode opératoire réclame une attention spéciale ; 
car si un certain nombre de méthodes thérapeutiques ont donné 
des succès, aucune d'elles ne saurait être préconisée comme 
applicable à tous les cas, et il convient alors de savoir accom- 
moder les moyens d'action aux exigences réclamées par des 
circonstances particulières. 

La po?ictio}î simple, répétée à diverses reprises, en des points 



TRAITEMENT 339 

différents s'il y a lieu, a été suivie un certain nombre de fois 
de la disparition complète de la tumeur. Le cas de Hawkins est 
des plus sig-nificatifs à cet égard. Ce chirurgien a ponctionné 
les poches multiples du kyste d'un petit sujet, âgé de huit mois, 
de temps en temps pendant un an. La tumeur fut réduite au 
tiers de son Yolume et ce tiers parut alors formé de g-raisse 
seulement. Quelques années plus tard un examen de l'enfant 
démontra que toute trace du kyste avait disparu. FoUin et plus 
récemment Devalz ^ ont publié des exemples de gnérisons ana- 
logues ; cependant il n'est pas démontré que la cure se soit 
maintenue dans le cas de Devalz, attendu que l'enfant qui por- 
tait un kyste volumineux n'a été revu qu'un mois seulement 
après la dernière opération, et qu'il présentait encore une dureté 
allongée et profonde qui pourrait bien correspondre à des ca- 
vités kystiques persistantes; le petit malade âgé de six mois 
avait subi seulement deux ponctions à huit jours d'intervalle. 
Le plus souvent les ponctions, alors même qu'elles réussissent 
à vider une partie notable delà tumeur et alors même qu'elles 
ne donnent lieu à aucun accident, n'empêchent pas la repro- 
duction du liquide. Nous avons plusieurs fois pratiqué la ponc- 
tion simple et réitérée sans en avoir obtenu aucun bénéfice, et 
chez un jeune sujet atteint d'un kyste à la fois cervical et intra- 
thoracique oùla ponction paraissait la seule méthode applicable, 
il survint des suppurations diffuses et multiples en divers points 
du kyste , avec un érysipèle , qui entraînèrent la mort (V. 
obs. LXIII). 

Gosselin a également traité par la méthode des ponctions 
successives un enfant de onze mois qui portait entre le bord 
de la mâchoire et la clavicule une tumeur volumineuse molle 
et très nettement fluctuante ; c'était un kyste multiloculaire à 
loges incluses dans une cavité principale. Depuis le mois de 
novembre 187o jusqu'en mai 1877, Gosselin pratiqua cinq 

1. Devalz, Bulletin de la Société de chirurgie de Paris, 1876, t. II de la 2e sé- 
rie, p. 762. 



340 KYSTES SÉREUX 

ponctions à trois ou quatre mois de distance l'une de l'autre. 
La cinquième ponction fut suivie de la suppuration du kyste, 
et la g-uérison ne fut obtenue alors que par des incisions et le 
drainage K 

Souvent c'est à plus bref délai que surviennent les accidents 
de suppuration du kyste à la suite des ponctions. 

Les ponctions simples et successives ne constituent donc 
qu'une méthode palliative destinée à remédier à des accidents 
menaçants, notamment à l'asphyxie ; elles permettent de gagner 
du temps et d'attendre que l'enfant soit en état de supporter 
une intervention plus énergique. On ne devra jamais les pra- 
tiquer qu'en prenant toutes les précautions antiseptiques, flam- 
bage du trocart, etc. Cela revient à dire qu'on ne doit jamais 
pratiquer la ponction en vue d'amener la suppuration dans le 
kyste ; si on avait cette pensée, il serait préférable alors d'ouvrir 
largement le kyste en un ou plusieurs points et d'en provoquer 
franchement la suppuration. 

La méthode des injections de teinture d'iode convient surtout 
aux kystes uniloculaires ou tout au moins pauciloculaires, à 
la variété des kystes composés par exemple. Un certain nombre 
d'auteurs , Fano , ïillaux , Thibierge , ont cité des guérisons 
après une ou deux injections, et nous avons obtenu aussi un 
succès par cette méthode. Trendelenburg, sur quatre cas traités 
de la sorte, compte trois guérisons. On n'a pourtant pas tou- 
jours suivi les malades assez longtemps pour assurer que la 
cure a été définitive et, d'autre part, ces injections ont été 
suivies parfois de suppurations graves ^ 

Pour les tumeurs polykystiques, il est clair que l'injection 
modificatrice ne peut être efficace qu'à la condition d'atteindre 
la plupart des loges ; aussi a-t-on proposé de transformer la 
tumeur en un kyste uniloculaire par la destruction des cloisons. 
De là le procédé de Jules Roux, consistant à introduire à tra- 

1. Gosselin, Clinique chirurgicale de l'hôpital de la Charité, 1879, t. III, p. 203. 

2. Sédillot, Union médicale, 1860, t. V, p. 491. 



TRAITEMENT 341 

vers un pli fait à la peau, une sonde cannelée en fer de lance, 
puis à g-lisser dans la cannelure de la sonde un ténotome 
mousse à l'aide duquel on sectionne le plus grand nombre 
possible de brides et de cloisons dans l'intérieur de la tumeur. 
On fait ensuite l'injection iodée. C'est là un procédé dange- 
reux : car il expose à la blessure de vaisseaux et de nerfs impor- 
tants, et à la diffusion du liquide injecté dans le tissu cellulaire 
qui avoisine les poches déchirées. Pour atteindre le même 
but, c'est-à-dire pour agir sur un grand nombre de log-es, 
Morel-Lavallée proposait à la Société de chirurgie, en 1859, 
d'employer un trocart muni d'une canule fenêtrée et de faire 
en des sens différents plusieurs ponctions suivies d'injection 
iodée. 

Parmi les liquides modificateurs, les solutions iodées sont 
les plus employées ; mais elles peuvent être remplacées par 
d'autres liquides, par exemple le chlorure de zinc à 3 pour 100 
(cas de Pinner). Ces injections plus ou moins irritantes ne sont 
pas toujours inoffensives; elles déterminent parfois des acci- 
dents inflammatoires, des suppurations. 

Le séton est un moyen insuffisant et qui expose aussi à des 
accidents. Toutefois le séton filiforme n'offre pas les mêmes 
inconvénients , et Jabez Hogg rapporte un cas de kyste du cou 
dans lequel il traversa la base de la tumeur avec six fils de soie 
et obtint l'évacuation graduelle du kyste et la guérison sans 
trace de cicatrice. 

Le drainage du kyste a donné un succès à Burow fils, mais 
le plus souvent il n'a été appliqué que pour remédier aux 
accidents de suppuration déterminés par les autres procédés 
de traitement. 

Parmi les procédés sanglants, l'ouverture simple, l'excision 
partielle des parois, précédée de leur affrontement et de leur 
suture à la base de la tumeur (Nélaton), doivent être rejetées 
comme des moyens insuffisants et dangereux. 

12 extirpation est sans contredit la méthode la plus efficace, 



342 KYSTES SÉREUX 

mais elle aussi présente ses dangers. Elle n'est d'ailleurs pas 
toujours praticable, lorsque la tumeur envoie des prolonge- 
ments multiples dans diverses régions profondes, notamment 
au cou. La dissection du kyste est minutieuse et souvent dif- 
ficile ; elle expose à la blessure d'organes importants et particu- 
lièrement aux hémorrhagies, soit à cause des connexions de la 
tumeur avec les gros vaisseaux du cou, soit à cause d'un déve- 
loppement vasculaire considérable et de l'état érectile des parois 
du kyste. ^Ces accidents immédiats de l'opération ne sont pas 
les seuls, et l'on doit encore redouter les dangers consécutifs qui 
résultent d'une large plaie chez un jeune sujet, les suppurations 
long-ues et les complications fréquemment signalées d'érysipèle, 
de fusées purulentes. Toutefois la fréquence et la gravité de 
ces complications sont notablement diminuées par les panse- 
ments antiseptiques. Quant aux hémorrhagies, on a cherché à 
les éviter par l'usage du thermocautère ou du galvanocautère. 
Néanmoins la dissection au bistouri parait préférable, parce 
qu'elle permet d'atteindre plus sûrement les prolongements kys- 
tiques, les cavités isolées de la masse principale, en un mot 
de faire la toilette de la région envahie. 

Dans beaucoup de cas l'extirpation n'est pas une opération 
brillante. La minceur des parois et leur adhérence intime aux 
organes envahis rendent parfois la dissection longue et très 
pénible ; on ne peut éviter d'ouvrir un grand nombre de poches, 
ce qui détermine l'affaissement de la tumeur; il faut sans cesse 
procéder à l'hémostase ; par crainte de blesser des organes 
importants, on doit souvent abandonner le bistouri et cher- 
cher à énucléer la masse kystique avec le doigt ou une spa- 
tule ^ 

Souvent l'extirpation complète est impraticable , et toute 
tentative d'ablation radicale doit être rejetée ; ces faits sont 
ceux dans lesquels la tumeur envoie des prolongements inac- 

1. Cazin, pour faciliter la dissection, a injecté les loges à la paraffine (thèse de 
Baena). 



TRAITEMENT 343 

cessibles, clans la cavité thoracique en particulier. Mais en 
dehors de ces cas, il en est d'autres où des kystes d'un assez 
gros volume émettent des prolongements multiples, soit dans 
différentes régions, soit à une telle profondeur que l'extirpa- 
tion en est réellement impossible. Dans ces conditions, si l'ac- 
croissement de la tumeur est continu, plus ou moins rapide 
d'ailleurs , si en un mot on a la crainte d'accidents menaçants 
pour la vie, c'est à l'extirpation partielle, à la récision du kyste 
qu'on doit s'adresser, et l'on peut par ce moyen chercher et 
obtenir une guérison durable. Il est permis, en effet, de comp- 
ter sur une inflammation secondaire, suppurative ou non, pour 
amener la destruction des poches respectées, et la rétraction 
cicatricielle pourra plus tard produire encore la diminution 
graduelle des portions restantes. Autant que possible, l'extirpa- 
tion ne doit être pratiquée que sur des sujets bien constitués 
et âgés déjà de quelques mois, c'est-à-dire en état de supporter 
le traumatisme opératoire , la perte sanguine, et de faire en- 
suite les frais de la réparation de leur plaie. 

Enfin nous avons réservé pour terminer une méthode de 
traitement tout à fait différente et encore à l'étude : nous vou- 
lons parler de Vélectrolyse. 

James Hardie, en 1872, fit sur un kyste congénital du cou 
un essai infructueux d'électrolyse. Nous rapportons deux 
observations de kystes semblables qui l'un et l'autre ont été 
traités par ce moyen, l'état des tumeurs ne permettant pas de 
tenter une extirpation complète. Les résultats encourageants 
dans un cas, puisqu'on a obtenu une diminution considérable 
dans le volume d'un énorme kyste du cou et un changement 
de constitution de la tumeur qui était devenue en grande 
partie dure et rétractée, ne Font pas été dans le second 
exemple. Après quatre séances d'électrolyse, il survint, dans 
ce dernier cas, une inflammation diffuse de la tumeur, suivie 
de suppuration, et la petite malade succomba aux complica- 
tions amenées par l'incision des abcès. L'expérience nous 



344 KYSTES SÉREUX 

a enseigné que les séances d'application de l'électrolyse ne 
doivent pas être très rapprochées et qu'il est prudent de lais- 
ser entre elles un intervalle minimum de huit jours, alors 
même qu'aucune réaction locale ne s'est produite (V. obs. LIX 
et LX). 



OBSERVATIONS 



Obs. lu. — Kyste séreux congénital uniloculaire du cou. — Injec- 
tion iodée ; guérison (V. pi. V, fig. 2). — Laigle, garçon, salle Napo- 
léon, n" 17, hôpital Sainte-Eugénie. 

Cet enfant porte sur la partie latérale gauche du cou une tumeur 
dont le volume atteint presque celui d'une tête de fœtus à terme. Elle 
s'étend de l'apophyse mastoïde à la clavicule, et de l'angle de la 
mâchoire à la ligne médiane et postérieure du cou. Elle occupe plu- 
tôt, par conséquent, la partie latérale que la partie antérieure du cou. 
En avant elle passe sous le sterno-mastoïdien, tandis qu'en arrière 
elle recouvre les muscles postérieurs. Elle est très mobile sur les 
parties profondes, mais on ne peut affirmer qu'elle soit placée uni- 
quement sous la peau : car, à la partie supérieure du creux sous- 
claviculaire, on ne peut la séparer complètement des parties pro- 
fondes. Par contre, la peau est mobile sur la tumeur. La forme de 
la tumeur est arrondie. Sa consistance estmolle ; elle n'est pas tendue, 
et l'on n'y sent pas d'abord de fluctuation ; quand on la tend avec la 
main d'un aide, elle devient très rénitente, mais on n'y sent pas 
non plus de fluctuation ; on arrive seulement à la percevoir en per- 
cutant la poche avec un certain effort. On ne peut pas saisir partiel- 
lement la tumeur ; lorsqu'on la prend dans un de ses diamètres, il 
finit par ne plus rester que la peau entre les doigts. On conclut à 
un kyste uniloculaire, en grande partie sous-cutané, à parois très 
minces et renfermant un liquide assez épais, car la transparence n'est 
pas très franche. 

La peau qui recouvre la tumeur est amincie ; sa sensibilité est 
amoindrie, surtout au niveau du point culminant. Des poils légers 
et assez nombreux se trouvent surtout sur la partie supérieure du 
k3'ste ; la partie exposée à l'air et à la lumière offre une pigmentation 
plus grande et la peau est hàlée à ce niveau, tandis que celle qui 
recouvre l'épaule est blanche et dépourvue de poils. 

Le kj^ste est congénital; la mère raconte qu'il a grossi progressi- 
vement depuis la naissance. 



346 KYSTES SÉREUX 

7 août. — Ponction et injection iodée. On injecte environ 50 gram- 
mes de la solution suivante : 

Eau CO grammes. 

lodure de potassium 2 — 

Teinture d'iode 40 

Il est sorti par la ponction 200 grammes environ d"un liquide 
séreux, coloré en rouge par du sang, et renfermant beaucoup d'al- 
bumine, 6 pour 1,000 de chlorure de sodium et des cristaux de cho- 
lestérine en abondance. 

Guérison avec persistance d'un noyau induré. 



Obs. lui. — Kyste séreux congénital du cou. — Extirpation ; gué- 
rison. — Examen histologique. — Leprat (Jeanne), âgée de quinze 
jours, nous est présentée, à l'hôpital Trousseau, le 29 septembre 1883. 

Les parents sont d'une bonne santé; ils ont deux autres enfants 
bien portants ; un troisième, né à sept mois, est mort en venant au 
monde. Pour l'enfant dont il s'agit, la grossesse a été bonne, à part 
quelques malaises au début ; l'accouchement se fît à terme et sans 
difficultés, malgré la tumeur du cou qui fut remarquée au moment 
de la naissance. 

Cette tumeur occupe la partie latérale droite du cou, principale- 
ment vers la partie postérieure. Elle n'empiète ni sur la joue, ni sur 
la région parotidienne, ni sur l'épaule. Ses bords sont bien limités; 
mais, dans la profondeur, elle est adhérente. La peau qui la recouvre 
est mobile sur elle, un peu amincie et violacée. La tumeur est jaeu 
tendue ; sa consistance est molle ; on y perçoit la fluctuation, et la 
transparence est nettement constatée. Son volume est celui d'un gros 
œuf et n'a pas augmenté depuis la naissance ; la tumeur n'a donné 
lieu à aucun trouble fonctionnel. 

Ponction aspiratrice. — En promenant la canule dans l'intérieur 
de la tumeur, on constate l'existence de plusieurs loges, et l'on peut, 
en rompant des cloisons, vider successivement plusieurs cavités. On 
retire ainsi environ 60 grammes d'un liquide séreux, jaune ambré, 
onctueux . 

Pas d'accidents consécutifs, 

20 novembre. — L'enfant, âgée de deux mois, nous est ramenée. 
La tumeur a le même volume que précédemment ; elle présente un 



OBSERVATIONS 347 

aspect bosselé et offre au palper de petits nodules indurés. Ses limites 
sont nettes à la périphérie ; mais il semble y avoir à sa base un 
pédicule qui se prolonge dans la profondeur. D'après la mère, la 
respiration serait gênée à certains moments. 

Opération, le 24 novembre. Incision sur la tumeur et dissection. La 
tumeur se prolongeant dans la profondeur vers les gros vaisseaux 
du cou, Textirpation est incomplète; on laisse quelques cavités en 
prenant soin de les ouvrir autant que possible en enlevant une partie 
de leur paroi. 

Guérison en un mois. Il reste une cicatrice rayonnée et un noyau 
d'induration profond, peu important. 

Examen de la tumeur. — Elle est formée par l'aggiomération 
d'un grand nombre de kystes, contenant un liquide citrin et offrant 
l'aspect aréolaire habituel des kystes composés, avec des parois 
lisses, blanchâtres et d'apparence séreuse. 

L'imprégnation au nitrate d'argent montre que les parois kystiques 
sont tapissées par un endothélium. 

Sur les coupes de fragments durcis dans la liqueur de Millier ou 
dans l'acide osmique, les cavités kystiques ont fréquemment une 
forme aplatie qui leur donne l'aspect de fentes allongées et si- 
nueuses. On remarque dans leur intérieur une grande quantité de 
sang. Plusieurs loges kystiques semblent en voie d'être comblées 
par des bourgeonnements de la paroi ; ces bourgeons arrondis , 
dans lesquels les faisceaux conjonctifs sont abondants, font saillie 
dans les cavités qu'ils rétrécissent et, venant à la rencontre les uns 
des autres , donnent à la lumière de ces cavités une forme étoilée. 

Le stroma de la tumeur est formé par du tissu conjonctif, très 
variable quant à ses caractères. En certains points, c'est un tissu con- 
jonctif jeune, formé presque uniquement de cellules et de quelques 
fibrilles, offrant une grande analogie avec le tissu du sarcome. En 
d'autres points, c'est un tissu adulte avec de nombreux faisceaux 
conjonctifs. On trouve, disséminées au milieu du stroma conjonctif, 
des fibres musculaires lisses ; mais elles ne sont pas très nombreuses 
et ne sont pas disposées en couche continue. 

Les vaisseaux sanguins sont très abondants et, par places, on ren- 
contre la section de plusieurs petits vaisseaux juxtaposés, offrant un 
état jeune etun endothélium à cellules volumineuses, dont les noyaux 
font saillie dans la lumière vasculaire. 



348 KYSTES SEREUX 

Obs. LIV. — Kyste séreux congénital de la face et de la parotide. 
— Extirpation; guérison. — Examen hislologique ; envahissement de 
la parotide par les kystes (V. fig. 46, p. 329). — Bonnin (Anna), âgée 
de trois mois et demi. 

Les parents de cette enfant se portent bien; la mère est vigoureuse 
et habite la campagne ; elle a eu deux enfants ; l'aîné est un garçon 
en très bonne santé. L'accouchement a été normal; aussitôt après 
la naissance, on remarqua une différence de volume entre les côtés 
droit et gauche de la face. A droite il existait un gonflement mou 
qui attira l'attention; depuis, ce gonflement a augmenté. 

Il existe actuellement sur le côté droit de la face une véritable 
tumeur soulevant les téguments et occupant plusieurs régions à la fois. 
Elle apparaît un peu en avant de l'oreille, puis se développe sur la 
joue et de haut en bas jusqu'au bord inférieur du maxillaire inférieur ; 
en arrière elle empiète sur la région parotidienne. Elle recouvre ainsi 
toute la branche montante du maxillaire, empiétant un peu sur la joue 
et même atteignant la partie supérieure du cou. La peau, à sa sur- 
face, est normale, mais amincie ; elle glisse au-devant d'elle. La con- 
sistance de la tumeur est d'une mollesse fluide; on reconnaît au tou- 
cher qu'elle est composée d'une série de loges pleines de liquide, et 
elle ofTre même à la vue un aspect demi-transparent et une coloration 
légèrement bleuâtre en certains points. Elle ne devient fluctuante que 
lorsqu'elle est tendue par la pression. Elle est d'ailleurs irréductible, 
bien qu'on puisse par la pression augmenter la tension d'une loge 
aux dépens de celle des autres. Elle est tout à fait indolente. Elle ne 
proémine pas du côté de la cavité buccale. A la périphérie elle se 
confond avec les tissus voisins dont on peut cependant la séparer en 
cherchant à la soulever. Dans la région cervicale, à son pourtour, 
existent quelques veines dilatées ; mais, en somme, cette tumeur n'a 
aucun caractère des tumeurs érectiles. 

Extirpation, le 20 février 1884. La dissection en a été difficile; 
une incision parallèle à la branche montante du maxillaire, et con- 
vexe en arrière, permet de disséquer un lambeau demi-circulaire; il 
a fallu procéder avec grand soin au niveau de la peau amincie. Plu- 
sieurs poches ont été ouvertes successivement à mesure qu'elles 
apparaissaient; elles ne communiquaient pas toutes ensemble. La 
tumeur s'enfonçait dans le tissu parotidien et une partie de la glande 
parotide a dû être excisée en évitant de léser le canal de Sténon et 
le nerf facial. Au cours de l'opération il a fallu procéder à l'hémo- 



OBSERVATIONS 349 

stase des nombreux vaisseaux ouverts. Drainage. Pansement antisep- 
tique. 

Dix jours après la plaie était fermée. 

L'enfant est revue deux mois après; il n'y a pas de fistule paroti- 
dienne. 

Examen histologique. — Les parois des cavités, imprégnées au 
nitrate d'argent, présentent un revêtement endothélial analogue à 
celui des veines. 

Les coupes de la tumeur montrent des cavités très nombreuses et 
de toutes dimensions. Il s'en trouve dans les insterstices des lobules 
glandulaires qui sont plus ou moins disséqués par les loges du kyste 
et qui proéminent dans leur intérieur ; quelquefois un lobule glandu- 
laire est isolé dans une cloison intermédiaire à deux loges. 

Certaines cavités ont tout à fait l'aspect de fentes lymphatiques. 

Le stroma est formé principalement de faisceaux conjonctifs et de 
fibres élastiques. En quelques points on rencontre des amas de leu- 
cocytes. 

Les vaisseaux sont très abondants dans la tumeur et situés super- 
ficiellement par rapport aux cavités kystiques; on voit en certains 
points un réseau capillaire extrêmement dilaté, placé immédiatement 
au-dessous de l'endothélium des cavités dukyste (V. fîg. 31, p. 299). 



Obs. LV. — Kyste séreux congénital de la joue et de la région sous- 
maxillaire. — Extirpation; guérison. — Loges multiples; revêtement 
endothélial. — Gonstensous (Paul), âgé de sept ans, entre, le lojuin 
1880, à l'hôpital Sainte-Eugénie, salle Napoléon, n° 11. 

Au moment de la naissance, la mère de l'enfant avait remarqué 
que la joue droite présentait un volume un peu plus considérable que 
la gauche. Cette tuméfaction a suivi le développement général de la 
face, et, d'après les parents, c'est depuis une huitaine de jours seu- 
lement qu'elle aurait subitement augmenté en déterminant quelques 
douleurs du côté de l'oreille correspondante. 

Etat actuel. — La tumeur est volumineuse; elle siège à la partie 
latérale droite de la face ; en haut elle est limitée par une ligne allant 
delà commissure labiale au lobule de l'oreille; delà elle descend 
au-devant de la face externe du maxillaire inférieur jusque dans le 
cou, oiî elle rempht la région sus-hyoïdienne du côté droit; là elle 



3oO KYSTES SEREUX 

forme un relief du volume du poing. Cette tumeur n'adhère pas à la 
j)eau qui glisse facilement au-devant d'elle. Quelques veinules se 
dessinent sous les téguments. La tumeur jouit d'une certaine mobi- 
lité sur les parties profondes ; cependant, à cause de son siège, on 
ne peut la déplacer complètement : car elle embrasse dans sa conca- 
vité le bord inférieur da maxillaire. La consistance de la tumeur est 
variable. En un point, à la partie supérieure, elle est assez dense, 
élastique et rénitente; plus bas, dans la région cervicale, elle est plus 
molle. Cette tumeur est constituée par un certain nombre de lobes, 
de consistance plus ou moins ferme; nulle part on n'y trouve de 
fluctuation, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en ait pas dans quelques 
lobes; mais on ne peut la reconnaître. La tumeur n'est ni réductible 
ni gonflée par les efforts ; elle parait bien indépendante du maxillaire 
et aussi du plancher de la bouche qui n'est nullement tuméfié. Les 
orifices des conduits de Wharton nous ont paru libres. 

D'après son origine congénitale et après avoir éloigné successive- 
ment l'idée d'une tumeur érectile simple, d'un lipome ou d'une tumeur 
des glandes salivaires, je me rattache à cette opinion que la tumeur 
est plutôt un kyste congénital du cou. 

Opération. — Une incision courbe de 8 à 10 centimètres est faite 
à la partie inférieure de la tumeur, de façon que la cicatrice puisse 
se dissimuler derrière le bord du maxillaire. Après Tincision de la 
peau, la face externe de la tumeur est disséquée de bas en haut jusque 
dans la joue ; puis, ses limites étant atteintes, la dissection est pour- 
suivie vers le bas. La tumeur adhère au masséter et envoie quelques 
prolongements kystiques dans le muscle; elle adhère aussi à la face 
externe et au bord inférieur de la mâchoire d'où elle a été détachée; 
elle s'insinue sous le bord inférieur de la glande sous-maxillaire, 
allant du coté du plancher de la bouche dont il a fallu la séparer. 
L'artère et la veine faciales ont été coupées et liées. La tumeur a dû 
être disséquée sur la face externe de la glande sous-maxillaire qu'elle 
entoure presque de toutes parts, et la dissection a été ainsi pour- 
suivie jusqu'aux confins de la loge parotidienne. 

La tumeur a été complètement excisée ; au cours de l'opération 
un certain nombre de loges kystiques ont été ouvertes, et il s'en est 
écoulé un liquide citrin. De nombreux vaisseaux ont été pris sous la 
pince et liés; la perte de sang a été peu abondante. Les suites opé- 
ratoires ont été simples et la guérison a été prompte ; il s'est mani- 
festé seulement, quelques jours après l'opération, un œdème facial 



OBSERVATIONS 331 

assez considérable, tenant en partie à l'inflammation, en partie à la 
ligature de la veine faciale; il s'est entièrement dissipé après la cica- 
trisation de la plaie. 

Les parois kystiques soumises à l'imprégnation d'argent ont mon- 
tré un revêtement endothélial comparable à celui des veines. 



Obs. LA''!. — Kyste séreux congénital du cou. — Extirpation; 
guérison. — Examen hisiologique ; bourgeons épithéliaux'et kystes en 
voie de formation (V. fig. 36, p. 305). — Besnard (Gabrielle), âgée de 
treize mois, est apportée à l'hôpital Trousseau, le 12 avril 1883. 

Le père, âgé de quarante-cinq ans, se porte bien ; il ne parait pas 
syphilitique; il a derrière l'oreille une petite tumeur congénitale. La 
mère, âgée de quarante ans, est d'une bonne santé et n'a pas de vices 
de conformation. L'enfant qu'elle nous présente est le neuvième ; 
cinq sont morts, trois autres sont bien portants. Pour ce dernier 
enfant la grossesse et l'accouchement se passèrent normalement; 
l'enfant était bien conformée du reste et ne présentait sur le corps ni 
taches ni cicatrices; mais on s'aperçut aussitôt qu'elle portait au côté 
droit du cou une grosseur du volume d'une petite noisette, indolente, 
et à la surface de laquelle la peau n'offrait aucun signe particulier. 
Elle resta d'abord dans le même état; puis elle augmenta, il y a une 
quinzaine de jours. 

Actuellement la tumeur a le volume d'un petit œuf et occupe l'es- 
pace compris entre l'occipital et le bord supérieur de l'omoplate; 
elle s'étend en arrière jusqu'à la ligne médiane et en avant jusqu'à la 
région sterno-mastoïdienne. Elle est séparée de la peau par une 
couche graisseuse abondante ; elle se prolonge de dehors en dedans 
dans la région latérale profonde du cou, et adhère aux muscles pré- 
vertébraux. En la regardant avec attention on voit que la peau à sa 
surface a une apparence bleuâtre. Si on presse la masse entre les 
doigts, on sent qu'elle se détache facilement des parties environ- 
nantes, mais qu'elle se prolonge dans le cou par un long pédicule. 
On éprouve à la pression la sensation d'une tension élastique ; on 
trouve même une espèce de fluctuation dans une poche en dehors 
de la masse générale de la tumeur. La tumeur n'augmente pas par 
la toux, les pleurs ni l'effort. 

Opération. — Une première incision est faite sur la tumeur; elle 
part à 1 centimètre de l'occipital pour aboutir à 1 centimètre et demi 



3o2 KYSTES SÉREUX 

"de la clavicule, vers son tiers externe. Les téguments, puis l'aponé- 
vrose superficielle sectionnés^ on arrive sur la tumeur. Une seconde 
incision est faite perpendiculairement à la première, qu'elle partage 
à sa partie moyenne. On procède alors à la dénudation de la tumeur 
qui se fait à petits coups, tantôt avec la lame, tantôt avec le manche 
du bistouri ; cette dissection est difficile à cause de la minceur et de 
la faible résistance des parois kystiques ; on ne peut éviter de crever 
la tumeur ; il s'en écoule un liquide citrin, mais la tumeur ne se vide 
pas et on n'a ouvert qu'une loge isolée. Peu à peu le trapèze d'une 
part, le sterno-mastoïdien de l'autre, sont écartés : on arrive sur le 
splénius qui sert de base à la tumeur; celle-ci envoie cependant un 
prolongement entre le splénius et l'angulaire vers la colonne verté- 
brale; on parvient à l'isoler et la tumeur tout entière est enlevée. La 
plaie assez étendue représente la partie supérieure du creux sus- 
claviculaire. L'écoulement sanguin a été minime; une seule ligature 
a été faite sur une artériole coupée au début de l'opération. Suture, 
Drainage. Pansement de Lister. Guérison en trois semaines. Cica- 
trice déprimée. 

Examen histologique. — Il a été fait par Yignal, répétiteur au 
Collège de France. Les cavités kystiques sont tapissées par un endo- 
thélium plat, non crénelé, à bords droits, à cellules polygonales 
allongées avec noyau rond, un peu irrégulières. Cet endothélium est 
semblable à celui des veines. 

La tumeur se compose de grandes cavités et d'un grand nombre 
de petites à tous les degrés de développement; celles-ci se montrent 
surtout dans les parties compactes de la tumeur. Aucune d'elles ne 
contient du sang, ni surtout des amas globulaires; dans les grands 
kystes il y a en effet parfois quelques globules qui n'ont pas de 
signification au point de vue du développement de la tumeur. 

Dans les grandes cavités on trouve quelquefois de petites cavités 
incluses sousforme debourgeons saillants etpédiculés, comme onren- 
contre encore de petites cavités dans les cloisons minces qui les limi- 
tent ou qui existent au centre de ces loges volumineuses. Chacun des 
kystes saillants comme des bourgeons est revêtu d'un endothélium à 
sa surface et dans son intérieur. Les parois de ces petits kj^stes sont 
formées par du tissu conjonctif, des vaisseaux et un endothélium. 

Dans les points où les petits kystes sont nombreux et en voie de 
formation et de développement, on remarque la disposition suivante. 
A côté d'eux et quelquefois d'un point du pourtour de la cavité par- 



OBSERVATIONS 3o3 

tent des traînées épithéliales sous forme de bourgeons pleins et 
creux qui s'enfoncent dans le tissu de la tumeur ; ces bourgeons sont 
allongés, parfois sinueux ; ils sont constitués par des cellules épithé- 
liales embrj'onnaires et se distinguent très aisément des vaisseaux 
par l'absence de tunique conjonctive externe. Quand ils sont creux, 
plusieurs couches de cellules épithéliales amoncelées forment leurs 
bords ; ce n'est que lorsque la cavité est très creuse qu'il y a seule- 
ment une simple couche de cellules épithéliales. On voit fréquemment 
ces bourgeons partir des parois d'une petite cavité ; on en voit aussi 
partir des bords des cavités plus grandes, mais ils sont moins nom- 
breux. Leur signification est précise : ce sont des kystes rudimentaires. 

Le tissu de la tumeur est un tissu conjonctif entrecroisé dans toutes 
les directions et comprenant des cellules et des lobules adipeux en 
plus ou moins grand nombre. Les cloisons qui séparent les kystes 
sont formées par le même tissu conjonctif. Des artères assez nom- 
breuses et de nombreuses et volumineuses veines s'y trouvent répan- 
dues ; les vaisseaux sont plus abondants dans la partie de la tumeur 
qui renferme des kystes nombreux ainsi que des traînées épithé- 
liales. On n'observe pas de lymphatiques, ni de nerfs. 

Enfin, à la surface de la tumeur, là où existe du tissu fibreux, on 
voit, englobés dans ce tissu fibreux, des faisceaux de fibres muscu- 
laires striées normales ; ces faisceaux sont séparés par une gangue 
fibreuse très épaisse, ce qui indique quïls faisaient corps avec la 
tumeur ; ils ont été englobés par la prolifération da tissu conjonctif 
interfasciculaire. 

Le liquide des kystes était jaune citrin, très albumineux , coagu- 
lable par l'acide azotique, sans éléments figurés, sauf quelques glo- 
bules sanguins. 



Obs. LYIl. — Kyste séreux congénital du cou. — Jarrige (Louis), 
âgé d'un mois et demi, nous est présenté à l'hôpital Trousseau, le 
15 septembre 1885. 

Les parents sont bien jDortants. Cet enfant est le quatrième; deux 
autres sont morts de méningite en bas âge; un troisième est mort en 
naissant. La grossesse a été bonne; l'enfant est né à terme. C'est deux 
ou trois jours après la naissance qu'on remarqua, au côté gauche du 
cou, une petite grosseur du volume d'une petite noisette, qui aug- 
menta rapidement, mais sans donner lieu à aucun trouble de la res- 
piration ni de la déglutition. 

23 



354 KYSTES SÉREUX 

Actuellement la tumeur a la dimension d'un gros œuf- Elle occupe 
toute la région sous-maxillaire gauche, la moitié environ de la 
région sous-hyoïdienne correspondante et s'étend même un peu sur 
la joue de manière à déjeter en haut le lobule de l'oreille; mais la 
région parotidienne est presque entièrement respectée ; les ganglions 
ne font aucune saillie. La tumeur offre une consistance rénitente : 
elle est fluctuante par places, bosselée et un peu inégale au toucher. 
La peau qui la recouvre est parfaitement mobile à sa surface, un 
peu tendue et légèrement violacée. On constate la transparence de 
la tumeur. 

Une ponction aspiratrice donne issue à une très faible quantité de 
liquide séreux et n'amène pas l'affaissement de la tumeur. 

1" octobre. — La tumeur présente les mêmes caractères que pré- 
cédemment et n'a pas augmenté de volume. La ponction n'a été 
suivie d'aucun accident inflammatoire. 

16 novembre. — L'enfant nous est ramené dans un état général 
très mauvais; on le nourrit au biberon et il est athrepsique à un 
degré avancé; il tousse et a du muguet. La tumeur a diminué très 
notablement de volume ; elle est flasque et comme flétrie ; au palper 
on y sent très facilement de petits grains indurés. 

Le sujet n'a pas été revu depuis. 



Obs. LVIII. — Kyste congénital du cou renfermant du sang. — • 
Cette observation m'a été remise par le docteur Descomps, d'Aiguillon, 
qui m'avait montré le malade ; je tiens à le remercier ici de son obli- 
geance. 

Pierre R., âgé de trois ans, porte depuis sa naissance une tumeur 
située au niveau de l'angle de la mâchoire, dans la région paroti- 
dienne du côté gauche. Très petite au début, elle n'attira guère 
l'attention des parents, qui la prenaient pour un ganglion du cou un 
peu plus développé que d'habitude. C'est il y a quatre ou cinq mois 
seulement qu'elle prit un accroissement assez notable, sans cause 
connue ; un médecin fut alors consulté et l'on fît sur la tumeur des badi- 
geonnages de teinture d"iode et quelques applications d'électricité. 

Le 1" avril 1886, je fus appelé à voir l'enfant avec le docteur 
Bacqué. Les parents étaient très inquiets, car depuis quinze jours la 
tumeur avait doublé de volume. Au moment de notre examen, elle 
avait celui d'un gros œuf de poule; elle offrait de plus une forme 



OBSERVATIONS 355 

forme régulièrement ovoïde; la petite extrémité était tournée en bas 
au niveau de l'amygdale, et donnait au toucher la sensation d'une 
amygdale hypertrophiée. La partie supérieure, élargie, occupait la 
région sterno-mastoïdienne inférieure. Au milieu se trouvait une 
dépression correspondant au bord antérieur du sterno-cléido-mas- 
toïdien, ce qui divisait très nettement la tumeur en deux loges : une 
antérieure et inférieure, plus petite et assez profonde; une posté- 
rieure et supérieure, superficielle et plus développée. 

Au toucher on trouvait une consistance mollasse, élastique. 
Par la pression exercée en bas de manière à refouler la tumeur en 
haut, celle-ci devenait dure, rénitente, avec une fluctuation assez 
nette. 

La peau était normale, à part une teinte bleue assez prononcée. 

Pas de battements, si ce n'est des battements communiqués par la 
carotide : car la tumeur se trouvait à peu près à cheval sur la bifur- 
cation de cette artère. 

Par les mouvements, par les cris et l'effort, elle proéminait en fai- 
sant une saillie assez notable, mais c'était manifestement la contrac- 
tion du sterno-mastoïdien qui la projetait ainsi en avant. 

Enfin il était impossible d'obtenir la réduction de la tumeur à un 
degré quelconque. 

Notre diagnostic fut : kyste séreux du cou. Nous décidâmes une 
ponction aspiratrice pour confirmer ce diagnostic. Elle fut faite, le 
9 avril, à la partie supérieure de la grosse loge de la tumeur, et donna 
d'abord du sang pur. Pour éviter toute cause d'erreur, une nouvelle 
ponction fut pratiquée séance tenante à la partie inférieure; elle 
donna encore issue à du sang. 

La nature du liquide nous laissant des doutes sur notre diagnostic, 
l'aspiration fut suspendue. Nous pouvions, en effet, nous demander 
si nous avions réellement affaire à un kyste, si un ou plusieurs vais- 
seaux n'alimentaient pas la tumeur et si, l'aspiration faite, le liquide 
n'allait pas se reproduire instantanément. 

Dans ces conditions, nous décidâmes de prendre l'avis du profes- 
seur Lannelongue, qui se trouvait en ce moment au Gastéra-. Nous nous 
rendîmes chez lui avec l'enfant. Le professeur Lannelongue examina 
la tumeur avec beaucoup de soin et confirma le diagnostic : kyste du 
cou contenant du sang avec deux ou plusieurs loges. La conduite 
thérapeutique qu'il nous conseilla fut la suivante : 

« Faire l'aspiration complète du liquide d'une loge et nous assurer 
que le sang ne se reproduisait pas dans la tumeur immédiatement 



356 KYSTES SÉREUX 

après ; dans cette éventualité le diagnostic : kyste du cou, se trou- 
vait confirmé. 

« Au bout d'un mois faire une nouvelle aspiration et injecter une 
solution de chloral ou de teinture d'iode. Traiter ainsi, à intervalles 
convenables, chacune des loges et chercher la guérison par ce 
moyen. 

« Si des accidents inflammatoires survenaient, les traiter comme 
il convient, en débridant ou drainant, et faire dans les loges des 
lavages antiseptiques au sublimé. 

« Mais — et sur ce point le professeur Lannelongue fut très afTir- 
matif — s'abstenir de toute intervention chirurgicale radicale et ne 
pas entreprendre l'extirpation de la tumeur, la nature du liquide, la 
situation de la tumeur dans une région oii se trouvent de gros vais- 
seaux, l'impossibilité de savoir jusqu'où elle s'étendait profondément, 
commandant la plus grande réserve. » 

Nous avons vidé la loge supérieure de la tumeur le 30 avril. Avant 
l'aspiration nous avons reconnu une diminution notable et surtout 
une tension moindre du kyste à la partie supérieure, et cela sous 
l'influence de la première ponction qui n'avait enlevé cependant que 
quelques grammes de sang : c'était la preuve que la tumeur n'était 
pas alimentée par un vaisseau. 

Aujourd'hui o mai, la tumeur a subi encore un retrait considé- 
rable et le diagnostic : kyste du cou contenant du sang , nous paraît 
bien établi. 

jXotre intention est de suiwe la thérapeutique conseillée par le 
professeur Lannelongue ; éviter toute intervention chirurgicale vio- 
lente ; faire à longs intervalles des aspirations successives et des 
injections méthodiques, comptant sur la guérison pour un temps 
assez éloigné. 



Obs. LIX. — Kyste séreux congénital du cou. — Electrolyse de la 
tumeur (V. pi. V, fig. 1). — Delaplace (Jules-Ernest), âgé de treize 
ans, entre, le lo mars 1884, à l'hôpital Trousseau, salle Denonvil- 
liers, n° 42. 

Cet enfant porte une tumeur très volumineuse occupant toute une 
moitié latérale du cou. Depuis la ligne médiane en avant jusqu'à la 
ligne médiane en arrière, et de haut en bas depuis le crâne jusqu'à 
la clavicule, il existe une masse plus considérable que la tète d'un 
fœtus à terme, très proéminente et d'un aspect fort inégal. Cette masse 



OBSERVATIONS 337 

présente de grands lobes du volume d'une mandarine et des lobes 
plus petits, séparés par des sillons et des dépressions visibles. Les 
veines superficielles sont un peu dilatées sur la tumeur, mais cette 
dilatation ne s'étend pas au delà. L'indolence de cette tumeur est 
absolue ; on l'explore avec la plus grande facilité. 

La peau glisse au-devant d'elle ; mais , si quelques-uns des lobes 
.sont superficiels, d'autres sont profonds, et le sterno-mastoïdien des- 
sine une gouttière sur la masse totale; il est comme élargi et étalé. 
Il n'existe aucune réductibilité apparente, pas plus quand on presse 
la tumeur en bloc que lorsque l'on comprime certaines parties cir- 
conscrites. L'examen de chacune des tumeurs secondaires fournit 
des résultats différents ; quelques-unes sont tendues , élastiques et 
comme fluctuantes : ce sont les plus volumineuses ; d'autres, et sur- 
tout les plus petites, sont plus dures, offrent une tension moindre, et 
enfin il y a quelques parties du volume d'un grain de blé ou de riz 
qui en présentent exactement la consistance, signe presque patlio- 
gnomonique d'un kyste composé du cou. Au surplus,, les différents 
lobes sont un peu mobiles les uns sur les autres. 

La tumeur ne provoque pas de troubles fonctionnels; pourtant 
elle a dévié la trachée de la ligne médiane d'une façon très notable ; 
cette déviation est d'autant plus marquée qu'on se rapproche davan- 
tage du sternum. 

La percussion et l'auscultation ne font pas présumer que la tumeur 
se prolonge dans le médiastin et la poitrine, bien qu'elle suive la 
partie profonde du bord postérieur de la clavicule. Il n'y a rien à la 
gorge et l'on ne trouve nulle part de masses ganglionnaires. 

D'après le père, on n'aurait rien remarqué à la naissance, et ce se- 
rait à l'âge d'un an que l'on aurait observé cette tumeur ; elle a été 
en augmentant de volume, mais c'est surtout depuis un an qu'elle 
serait devenue très considérable. Jamais elle n'a été douloureuse. 
L'enfant a été quinze jours dans un hôpital, en Angleterre, où on lui 
a fait plusieurs piqûres. 

Les parents ne présentent rien d'anormal. Ils ont eu trois autres 
garçons et quatre filles qui n'ont rien offert de semblable. 

Étant donné le volume considérable de cette tumeur d'une part, 
d'autre part ses connexions avec les parties profondes, les vaisseaux 
carotidiens qu'elle entoure, et peut-être le rachis lui-même, étant 
donné enfin ses rapports intimes avec la glande parotide, la glande 
sous-maxillaire, les limites du thorax, je considère qu'au point de 
vue opératoire l'extirpation totale serait pleine de périls et peut-être 



3S8 KYSTES SÉREUX 

impossible à pratiquer. D'un autre côté, une extirpation incomplète 
n'atteindrait aucunement le but, parce qu'elle ne comprendrait - 
qu'une partie très restreinte de la tumeur. On décide l'emploi de 
l'électrolyse. 

16 mai 1884. — On commence le traitement par l'électrolyse. On 
choisit d'abord la grosse poche supérieure du volume d'un œuf de 
poule, allongée transversalement (-4 centimètres de haut, 6 centi- 
mètres en travers). Une plaque fenêtrée en zinc, doublée de peau de 
chamois, est appliquée, bien humectée, autour de la cuisse droite. 
Le pôle acide est constitué par des aiguilles en acier, vernies, sauf au 
niveau de la pointe qui est libre dans une étendue de 2 centimètres 
environ. Trois aiguilles semblables sont enfoncées dans la tumeur, 
à peu près sur la même verticale, dans une direction antéro-posté- 
rieure. 

Le pôle positif est mis successivement en communication avec 
chacune des trois aiguilles, pendant dix minutes chaque fois. 

l""" aiguille. — On arrive rapidement à 40 milli- ampères sans 
douleur. 

2'' aiguille. — On ne peut dépasser 25 milli-ampères à cause de la 
douleur, 

3*^ aiguille. — On peut aller sans douleur à 40 milli-ampères. 

Après la séance on voit une rougeur assez vive sur la cuisse et 
autour des aiguilles. 

Il n'y a rien les jours suivants. 

23 mai. — La tumeur est un peu plus petite et surtout notablement 
plus dure. Un point noir marque la place des aiguilles, mais il n'y a 
pas d'eschares. 

Nouvelle séance d'électrolyse. Deux aiguilles sont enfoncées dans 
la première poche, une autre dans une petite bosselure fluctuante, 
grosse comme un œuf de pigeon, située au-dessus de la précédente. 

1" aiguille. — 45 milli-ampères; pas de douleur. 

2" aiguille. — 40 milli-ampères; douleur assez vive. 

3^ aiguille. — 35 milli-ampères; par intermittences accès dou- 
loureux, sans que cependant l'intensité du courant ait varié. 

30 mai. — Nouvelle séance. Quatre aiguilles, surtout en arrière dans 
une portion qui est encore fluctuante. 

1''^ aiguille. — 20 mifli-ampères. 

2"= aiguille. — 25 milli-ampères. 

3^ aiguille. — 20 milli-ampères. 

4" aiguille. — On arrive à grand'peine à 20 milli-ampères. Il sur- 



OBSERVATIONS 359 

vient de vives douleurs par accès ; la douleur a persisté quelque 
temps après la cessation de l'électrolyse. Pendant les jours suivants, 
la tumeur a peu à peu diminué de volume et acquis une dureté 
remarquable. La grosse bosselure, attaquée la première, n'est plus 
fluctuante que tout à fait en arrière et dans une étendue fort res- 
treinte ; d'autre part, le reste de la tumeur est également en rétro- 
cession ; cela s'observe nettement pour le prolongement qui s'enfonce 
profondément dans le cou. 

27 juin. — Nouvelle séance. Deux aiguilles sont enfoncées dans la 
première bosselure, une en avant, une à la partie moyenne. 

!"■'' aiguille. — 40 milli-ampères pendant dix minutes ; douleur assez 
vive au début et à la fin. 

2° aiguille. — 50 milli-ampères pendant quinze minutes ; supportée 
sans aucune douleur. 

28 juin. — Le cou est gonflé, rouge et douloureux. Cataplasmes. 
30 juin. — Les accidents inflammatoires commencent à céder. 
Dans les jours suivants toute complication a cessé, et à partir de 

ce moment on ne fait jilus de nouvelles séances d'électrolyse. Il nous 
parut évident, en effet, que la tumeur était en voie de guérison, et 
d'autre part, on pouvait craindre de développer des accidents en pro- 
longeant l'application de cette méthode. Lorsque l'enfant quitta l'hô- 
pital, la tumeur était non seulement considérablement réduite de 
volume, mais elle était dure et rétractée dans une grande partie 
de son étendue ; la fluctuation n'y était plus reconnaissable et le 
mouvement de retrait si accusé qu'elle présentait pouvait faire espé- 
rer qu'il s'accentuerait encore. 



Obs. LX. — Kijste séreux congénital du cou. — Électrolyse; sup- 
puration; mort. — Examen de la tumeur (V. fig. 2o, p. 283). — Gobert 
(Ahce), âgée de seize mois, nous est présentée à riiùpital Trousseau, 
le 3 juin 1885. 

Les parents sont bien portants. Ils ont eu cinq autres enfants bien 
conformés; deux sont morts, l'un par accident, l'autre de la rou- 
geole. La grossesse a été normale et n'a présenté aucune complica- 
tion. Née à terme, l'enfant portait dès sa naissance une tumeur à la 
région sous-maxillaire droite; cette tumeur, peu volumineuse et 
flasque, a beaucoup augmenté depuis; elle a plus que doublé de 
volume. 

Actuellement, elle est plus grosse que le poing d'un homme adulte. 



360 KYSTES SÉREUX 

La région sus-hyoïdienne droite répond à la partie centrale de la 
tumeur, qui envahit en outre la région sus-hyoïdienne gauche, la 
moitié inférieure de la joue droite et la région parotidienne du même 
côté. Le menton, un peu soulevé par la tumeur, reste cependant bien 
dessiné. L'oreille droite est déformée et allongée vers sa partie infé- 
rieure, qui est comme entraînée par la tumeur; le lobule de l'oreille 
notamment est attiré en bas et en avant et semble étalé. La tumeur 
présente des sillons qui la divisent en plusieurs lobes : le plus grand 
de ces lobes forme au moins les deux tiers de la masse totale; on en 
voit deux petits à la face inférieure. 

La fluctuation est manifeste. La consistance n'est pas uniforme et 
la palpation fait reconnaître dans l'intérieur de la tumeur la pré- 
sence de cloisons résistantes qui la partagent en plusieurs loges. La 
tumeur est plus tendue lorsque les muscles se contractent, pendant 
les cris par exemple. La peau qui la recouvre est normale ; on y voit 
des" veines sous-cutanées bien dessinées, mais pas d'injection fine du 
réseau dermique. Les veines jugulaires sont assez volumineuses. 

L'examen de la cavité buccale montre un soulèvement très mar- 
qué du plancher de la bouche sous forme d'une tuméfaction mol- 
lasse, bilatérale, mais plus prononcée à droite et sans fluctuation. 
Cette tuméfaction, d'après le récit des parents, a été considérée 
comme une grenouillette par plusieurs chirurgiens qui ont vu pré- 
cédemment l'enfant, et a fait porter le diagnostic de kyste sali- 
vaire. 

La tumeur n'envoie pas de prolongement apparent vers les parties 
profondes. 

Cette enfant nous est ramenée à Tàge de deux ans. Elle entre à 
l'hôpital Trousseau, salle Giraldès, n° 11, le 8 janvier 1886. 

La tumeur présente les mêmes caractères, mais son volume a 
subi un accroissement assez marqué. Sa limite supérieure répond à 
une ligne qui joindrait l'orifice auditif externe à la commissure 
labiale du côté droit ; elle occupe de ce côté la moitié inférieure de 
la joue et la région parotidienne; l'oreille présente la même défor- 
mation que précédemment ; le menton est efl'acé du côté droit, et la 
bouche refoulée vers la gauche. La tumeur occupe toute la région 
sous-maxillaire droite et une partie de la gauche, mais ses limites 
sont vagues de ce côté; les deux régions sous-hyoïdiennes sont enva- 
hies et la tumeur, limitée par les sterno-mastoïdiens, descend jus- 
qu'à la fourchette sternale; mais elle fait du côté droit une sailhe 
bien plus considérable que du côté gauche, et retombe au-devant de 



OBSERVATIO.XS 361 

-la partie supérieure du thorax. Sa plus grande longueur mesure 
25 centimètres et sa plus grande largeur 14 centimètres. 

Sa consistance est mollasse; en la tendant on obtient la sensation 
de flot. Sa surface est bosselée et inégale, la peau qui la recouvre est 
parfaitement mobile et couverte sur la joue droite de poils blonds 
assez développés. La transparence est nulle. 

Le plancher buccal est soulevé parle gonflement signalé plus haut. 

Il n'y a aucun trouble fonctionnel. 

Le 28 janvier, le traitement par l'électrolyse est commencé. Trois 
aiguilles sont enfoncées successivement dans le lobe principal de la 
tumeur. On arrive à 30 milli-ampères ; durée du passage du cou- 
rant : dix minutes pour chaque aiguille. Pas de douleur très vive. 

Les jours suivants, réaction légère. La poche est un peu plus 
tendue et la peau un peu plus rouge, légèrement violacée par places. 

2 février. — La réaction a cessé ; la peau a repris sa coloration 
normale ; il semble même que la tumeur ait subi une légère dimi- 
nution de volume. 

6 février. — 2° séance d'électrolyse ; deux aiguilles, 20 milli- 
anipères. Pas de réaction les jours suivants. 

Le 9 et le 11, deux séances d'électrolyse sont faites, à intervalles 
bien moins longs. 

Le 11 au soir l'enfant est mal à l'aise, se plaint ; elle paraît avoir 
chaud. La tumeur est un peu tendue et douloureuse à la pression. 

Le 12 et le 13, la réaction s'accentue; la température monte, le 13 
à38°, et le 14 à 39°, pour y rester les jours suivants. L'enfant cesse 
de manger, pâlit et change beaucoup. Elle commence à tousser et 
l'on trouve quelques râles de bronchite. 

■ Jusqu'au 17 la tumeur continue à augmenter de volume. Sa con- 
sistance augmente notablement ; au lieu de cette mollesse et de cette 
consistance spéciale, tremblotante, comme gélatineuse, qu'elle pré- 
sentait auparavant, elle offre une certaine tension et une sorte de 
résistance. La peau est restée mobile à sa surface; elle est d'un 
rouge violacé qui s'arrête nettement par un bord festonné aux limites 
de la tumeur. A la partie inférieure gauche de la tumeur existe un 
point plus consistant, une sorte d'empâtement limité. Rien de spé- 
cial aux points d'introduction des aiguilles. L'enfant souffre, se 
plaint sans cesse en portant la main à la tumeur. 

23 février. — Depuis trois jours la température est retombée à la 
normale; néanmoins l'enfant est de plus en plus déprimée ; un peu 
de diarrhée. Pas de gêne de la déglutition. La tumeur augmente de 



.^62 KYSTES SÉREUX 

volume, devient plus tendue et prend une coloration violacée uni- 
forme; on voit se dessiner sous la peau un réseau veineux à larges 
mailles, formé par des troncs qui ont le calibre des petites veines de 
l'avant-bras. Nulle part on ne peut trouver la sensation nette d'une 
collection liquide ; il n'y a pas de fluctuation appréciable. A la limite 
supérieure de la tumeur, le long du bord du maxillaire, s'est formée 
une zone d'empâtement diffus mal limité. 

Le 28, la température est remontée à 39°. Même état. La tumeur 
n'augmente plus; l'enfant est même un peu moins abattue, elle 
prend du lait en assez grande quantité et 30 grammes de rhum en 
potion. 

Le 4 mars, l'aspect général de la tumeur s'est beaucoup modifié. 
La teinte violacée qui s'étendait à toute sa surface a disparu dans la 
plus grande partie de la tumeur ; la peau est lisse, blanche, sèche, 
et desquame par places. Le réseau veineux volumineux s'y dessine 
d'autant plus nettement. La forme de la tumeur se modifie ; une bos- 
selure apparaît à la partie gauche et inférieure, presque sur la hgne 
médiane du cou, peu saillante d'abord, arrondie et du volume d'une 
noix ; une autre commence à se dessiner à la partie supérieure et droite, 
•derrière l'angle du maxillaire, près de la région parotidienne. La 
peau qui recouvre ces deux points saillants a pris une coloration 
rouge très prononcée. En plusieurs autres points de la surface de la 
tumeur, dont la coloration générale a pâli, se dessinent sans aucune 
saillie des taches mal limitées, arrondies, d'une coloration rouge 
violacée, où l'on distingue un fin réseau vasculaire cutané. Les taches 
varient d'ailleurs d'un jour à l'autre dans leur coloration et dans 
leur étendue. 

La consistance de la tumeur s'est aussi considérablement modi- 
fiée ; elle est maintenant fort inégale : le centre de la tumeur dans 
sa plus grande étendue est resté mou, quoique un peu plus tendu 
qu'avant l'intervention. Cette partie centrale molle est comme enca- 
drée par une zone plus dure, un peu phlegmoneuse, surtout bien ac- 
cusée au bord supérieur le long du maxillaire. Enfin les deux bosse- 
lures saillantes sont devenues tout à fait molles. Il semble bien qu'il 
y ait là une collection liquide peu tendue , tout à fait sous la peau; 
mais on ne peut percevoir de fluctuation nette. 

La température oscille entre 38° et 39°. 

3 mars. — La fluctuation est maintenant manifeste au niveau des 
deux bosselures saillantes et même de l'une à l'autre. 

6 mars. — Lannelongue, admettant une suppuration abondante, 



OBSERVATIONS 363 

incise sur la bosselure la plus saillante. Evacuation d'une énorme 
collection' (environ 200 grammes) de liquide purulent jaune ver- 
dâtre avec quelques traînées brunâtres. Ce n'est pas du pus franc ; 
il se sépare par le repos en une couche inférieure épaisse, tout à fait 
purulente, et une supérieure, trouble et un peu visqueuse. Après le 
liquide, issue d'une bouillie plus épaisse, filamenteuse et qui semble 
contenir du tissu cellulaire mortifié. Deux contre-ouvertures; drai- 
nage: lavage au sublimé à j^; pansement antiseptique. 

La masse est considérablement affaissée sans avoir entièrement 
disparu. 

Le soir, temp. 36°, 2 ; l'enfant est très faible. Lait, alcool. 

7 mars. — Pansement. La tumeur est affaissée dans toute sa par- 
tie centrale; la peau est plissée et ratatinée; la zone d'induration 
persiste, mais atténuée. 

Le soir, température 37°. L'état général est un peu meilleur; l'en- 
fant a bien bu et dormi; toujours un peu de diarrhée. 

Les jours suivants, pansement quotidien; lavage au sublimé; un 
peu de suintement séro-purulent. Température entre 37° et 38°. La 
peau très amincie reste grisâtre et sans vitalité ; elle a peu de ten- 
dance à s'accoler aux parties profondes. L'enfant souffre et pâlit tous 
les jours; elle s'alimente à peine. 

Le 13 au soir, sans cause appréciable, accès fébrile violent; tempé- 
rature de 39°, 2. 

Le 14, température 39° matin et soir. Rien aux poumons ni ailleurs; 
un peu d'empâtement à la partie supérieure de la tumeur. 

lo mars. — En un point limité de cet empâtement on sent un peu 
de ramollissement. Incision d'un petit foyer contenant un liquide 
brunâtre formé de pus et de sang. Chute de la température à la suite 
de l'incision. 

Les jours suivants, les plaies d'incision ont mauvais aspect et sont 
revêtues d'un exsudât grisâtre. Attouchement au perchlorure de fer. 

Pansement et lavage tous les jours. 

L'enfant s'affaiblit de plus en plus; vomissements. Température 
entre 38° et 39°. 

Le 19 au matin, survient une petite attaque éclamptique. Le soir, 
température de 39°, 2. L'enfant meurt dans la nuit. 

Autopsie. — Les poumons présentent un emphysème très marqué 
aux sommets et sur les bords antérieurs ; un peu de congestion 
hypostatique aux deux bases; pas de broncho-pneumonie. Le cœur 



364 KYSTES SÉREUX 

et les viscères abdominaux sont tout à fait normaux. L'encéphale 
est sain; mais il y a une abondance anormale de liquide dans les 
espaces sous-arachnoïdiens et dans les ventricules. • 

A la surface de la tumeur, la peau qui recouvre la poche princi- 
pale, vidée par l'incision , est mince , friable , grisâtre , entièrement 
décollée dans toute l'étendue de la poche. Celle-ci se présente comme 
une vaste cavité à parois anfractueuses, irrégulières, tapissée par un 
exsudât purulent, traversée par des brides irrégulières dont l'une 
est manifestement une veine à parois épaissies qui se dirige en bas 
vers la veine sous-clavière, et qui en haut semble venir d'un paquet 
ganglionnaire rougeâtre de la région sous-maxillaire. Cette veine, qui 
en bas adhérait très intimement aux parois des kystes accessoires, au 
point de paraître au premier abord en continuité avec eux, était en 
réalité complètement indépendante des loges kystiques, ainsi que le 
démontra la dissection du vaisseau jusqu'à son embouchure dans la 
sous-clavière. L'adhérence aux parois kystiques était le résultat de 
l'inflammation , évidente à l'œil nu et constatée par l'examen histo- 
logique. 

Autour de cette cavité principale existe une série de poches de vo- 
lume inégal, à parois minces, transparentes, non tendues, contenant 
un liquide clair. Ces poches se prolongent assez bas au-devant du 
larynx sur la ligne médiane du cou et du côté gauche jusque dans la 
région sous-maxillaire en suivant le bord de l'os. Toute cette partie 
médiane et gauche de la tumeur est molle et nettement kystique. 

Au contraire, la tumeur se prolonge en haut à droite et en arrière 
sous la forme d'une masse dure, fibreuse, irrégulière et comme 
lobulée, offrant à la coupe quelques petites cavités qui renferment 
des caillots fîbrino-purulents. Toute cette partie présente une colo- 
ration rougeâtre à la coupe. Elle adhère intimement au maxillaire in- 
férieur, à son bord inférieur et à sa face interne ; puis elle se prolonge 
dans la loge parotidienne et l'espace maxillo-pharyngien jusqu'au 
voisinage de la base du crâne : son adhérence est telle à toutes ces 
parties ostéo-fibreuses, qu'elle ne peut être enlevée en totalité par 
dissection. 

Le corps thyroïde est intact et sans connexion avec la tumeur. 

Examen histologique. — Les coupes de la tumeur montrent des 
alvéoles de toutes dimensions , séparées par des cloisons générale- 
ment très minces. Un grand nombre de cavités contiennent du sang 
et du pus. 



OBSERVATIONS 365 

Le sti^oma est formé de tissu coiijonctif sous diverses formes, 
principalement de tissu fibreux. Il existe dans la paroi de certaines 
loges des fibres musculaires lisses qui n'off'rent pas la disposition 
en couche continue. Le tissu adipeux, est assez abondant dans ce 
stroma. On y rencontre aussi un petit noyau de cartilage hyalin. 

Certaines parties de la tumeur présentent les caractères de l'in- 
flammation. Le tissu conjonctif est infiltré d'éléments embryonnaires 
et ofl're de nombreuses suff'usions sanguines ; il contient des vais- 
seaux embryonnaires. 

Outre les cavités kystiques précédemment décrites , la tumeur 
renferme encore des tubes d'épithélium cylindrique ayant l'aspect 
de tubes glandulaires et apparaissant tantôt coupés en travers, 
tantôt suivant leur longueur, parfois bifurques ou même trifurqués. 
D'autres, compris dans les zones enflammées, sont plus ou moins 
reconnaissables. Mais on ne peut suivre d'états intermédiaires entre 
ces cavités et les loges kystiques et il n'y a pas entre elles de rapport 
évident. 



Obs. LXI. — Kyste séreux congénital du cou d'un volume énorme 
(V. pi. VI, pièce conservée dans la collection de l'hôpital Trous- 
seau). — Enfant mort-né, venu à terme, adressé par le docteur La- 
chaud (de Brives-la-Gaillarde). 

Il porte une tumeur congénitale du cou d'un volume absolument 
exceptionnel; elle occupe le cou tout entier; sa masse est plus volu- 
mineuse que tout le reste de la tête, et elle vient retomber en avant 
du tronc jusqu'auprès de l'ombilic. Supérieurement elle empiète sur 
la face d'une manière symétrique; elle part des oreilles qu'elle recou- 
vre en partie, puis elle vient proéminer dans la joue, immédiatement 
au-dessous des paupières dont elle est séparée par des plis très pro- 
fonds et qu'elle refoule en haut en empêchant les yeux de s'ouvrir. 
Puis elle circonscrit la région médiane de la face de telle sorte que 
le nez , la bouche et le menton se trouvent dans un enfoncement. 
Enfin elle occupe tout le cou jusqu'à la ligne médiane en arrière. 
Elle forme au-devant du cou une masse d'un volume supérieur à 
celui des deux poings d'un adulte. Cette masse recouvre tout le tho- 
rax et tombe au-devant de l'abdomen jusqu'au niveau de l'ombihc; 
latéralement elle cache les deux bras. La peau qui la recouvre parait 
intacte; elle n'adhère pas d'ailleurs aux lobes dont se compose la 
tumeur. Il se dessine, en effet, dans cette vaste proéminence, des 



366 KYSTES SÉREUX 

masses secondaires d'apparence ovoïde qui sont séparées les unes 
des autres par de légères dépressions. L'exploration de cette tumeur 
fait reconnaître tout de suite qu'elle est constituée par des cavités 
dans lesquelles la fluctuation est manifeste. Quelques-unes de ces 
cavités sont indépendantes, mais d'autres communiquent entre elles; 
à l'intersection de ces cavités on sent des cloisons épaisses qui les 
séparent. Je ne parlerai pas de l'expression faciale qui en résulte pour 
le sujet; je ne saurais mieux la comparer qu'à l'image d'un de ces 
bonzes qui nous viennent de l'Inde et auquel ce petit personnage 
ressemble en tous points. 



Obs. LXll. — Kyste séreux congénital occupant la moitié gauche du 
cou, se prolongeant dans la cavité thoracique et reparaissant du côté 
opposé à la région claviculaire (V. fîg. -40, p. 327). — Teizel (Georges- 
Louis), âgé de six semaines, est amené à l'hôpital Trousseau en mars 
1886. 

Le père et la mère de cet enfant ont une bonne santé habituelle. 
La mère a eu cinq grossesses : le premier enfant est une petite fille 
de onze ans, née à terme; le second est un garçon né à sept mois et 
qui mourut à l'âge de dix jours; le troisième, un garçon, né à huit 
mois et âgé aujourd'hui de deux ans; la quatrième grossesse se ter- 
mina par une fausse couche de trois mois; le cinquième enfant est 
celui qu'on nous présente. Cette dernière grossesse se passa sans 
accident; l'accouchement se fît au huitième mois et ne dura pas plus 
d'une demi-heure. Dès la naissance de l'enfant on remarqua la pré- 
sence, sur le côté gauche du cou, d'une tuméfaction grosse comme 
un marron; elle s'accrut d'une façon progressive et présente actuel- 
lement l'état suivant. Le côté gauche du cou, dans son entier, est 
occupé par un vaste soulèvement au niveau duquel la peau est ten- 
due et offre une teinte bleuâtre bien accusée. Cette tumeur a gros- 
sièrement la forme d'une gourde placée horizontalement d'avant en 
arrière, du raphé postérieur jusque vers la partie médiane et anté- 
rieure du cou, sur laquelle elle se perd. Elle représente deux saillies 
principales, sphériques, de volume inégal, reliées entre elles par une 
portion rétrécie; la sphère postérieure mesure 5 centimètres de dia- 
mètre, l'antérieure ne dépasse pas 3 centimètres 1/2. En outre, la 
surface de la tumeur présente de petites dépressions circonsci'ivant 
des lobules secondaires. 

Quand on cherche à préciser les hmites de la masse, on reconnaît 



OBSERVATIONS 36T 

qu'en arrière elle s'arrête exactement au raphé postérieur; par son 
bord supérieur elle empiète légèrement sur l'occipital, s'incurve au 
niveau du pavillon de l'oreille sur lequel elle ne détermine aucune 
déformation; puis, après l'avoir contourné, elle soulève légèrement 
le tragus, déborde sur la face dans l'étendue de 2 bons centimètre& 
et redescend vers le bord de la mâchoire inférieure qu'elle coupe à 
2 centimètres 1/2 de la ligne médiane. Elle occupe la région sus- 
hyoïdienne gauche dans sa totalité. En bas elle descend dans la région 
sus-claviculaire et se cache derrière la clavicule sous laquelle le doigt 
suit un prolongement. 

Ce n'est pas tout : à droite existe une tumeur qui semble , au pre- 
mier abord, complètement isolée de la précédente. C'est un lobule,, 
gros comme un marron, qui occupe la partie supérieure de la paroi 
thoracique, immédiatement en avant du tiers externe de la clavicule ; 
il se prolonge par un col rétréci jusque sous le sterno-mastoïdien 
droit, en dedans duquel on l'apprécie très nettement au côté de la 
trachée. Par des pressions alternatives à droite et à gauche on peut 
reconnaître que cette petite tumeur est en communication avec la 
partie la plus interne de la masse précédemment décrite du côté 
gauche. Toute cette tumeur est molle, dépressible, fluctuante. Elle 
est mate à la percussion, et, de même qu'elle se prolonge dans la 
cavité thoracique, de même la matité s'étend dans la poitrine, sur- 
tout à gauche sous la clavicule, bien que notablement atténuée, dans 
l'étendue de 2 centimètres environ. 

De plus, un caractère insolite de la tumeur est très frappant au 
premier abord : elle présente des mouvements alternatifs, très mani- 
festes, d'expansion pendant l'expiration et d'affaissement considé- 
rable pendant l'inspiration, A l'occasion des cris ^et des efforts, on 
voit son volume augmenter presque d'un tiers; en même temps la 
division en lobes et lobules devient plus accentuée. A peine l'enfant 
revient-il au repos que la masse s'affaisse notablement, tandis que les 
bosselures s'effacent et que la surface devient uniforme. 

L'enfant est d'ailleurs bien portant et de belle apparence, mais il 
est atteint de macrodactylie partielle. Le médius et l'index de la 
main droite mesurent le premier 33 millimètres, le second 28; leur 
épaisseur est environ le triple de celle des autres doigts; l'index 
droit a 39 milUmètres de tour au niveau de l'articulation des pre- 
mières phalanges, tandis que le doigt normal en a 26. Le médius 
présente en outre une déviation en dedans à partir de la deuxième 
phalange. 



368 KYSTES SÉREUX 

Obs. LXIII. — Kyste séreux congénital du cou. — Ponctions succes- 
sives; suppwation; mort. — Développement des kystes dans le mé- 
diastin et jusque dans le péricarde. — Brière (Eugénie), âgée de deux 
ans, entre, le 29 décembre 1879, salle Sainte-Eugénie, n° 19, dans 
le service de Lannelongue. 

Cette enfant porte au côté droit du cou une tumeur qui fut remar- 
quée à Tàge de deux mois, pendant que l'enfant était en nourrice. 
Depuis, cette grosseur a augmenté de volume, mais on ne peut savoir 
si l'accroissement a été brusque ou continu. 

Rien à noter du côté des parents. 

État actuel. — La tumeur, située sur la partie latérale droite du 
cou, proémine à la fois en avant et en arrière du sterno-mastoïdien, 
dans le creux sus-claviculaire et sur la partie latérale du larynx, 
jusque dans la région sous-hyoïdienne. Son volume est assez consi- 
dérable et la portion sus-claviculaire est aussi grosse qu'une pomme 
d'api. Le sterno-mastoïdien la divise de manière à lai donner une 
forme bilobée ; il s'y creuse une gouttière profonde et il est facile de 
se rendre compte que les deux parties sont connexes. La surface de 
cette tumeur laisse apercevoir des veines dilatées qui la recouvrent 
et qui fo^:'ment un petit plexus à mailles étroites; sur le pourtour, 
en bas, se voient des veines assez volumineuses. On peut très faci- 
lement faire glisser la peau au-devant de la tumeur. 

Au toucher, la consistance est mollasse comme dans certaines 
tumeurs réductibles. En deux ou trois points seulement se trouvent 
des indurations très épaisses, très dures et comme cartilagineuses; 
l'une d'elles a le volume d'un gros haricot. Si l'on cherche la fluc- 
tuation dans les parties molles , on ne peut la trouver parce qu'il 
semble que le liquide prenne diverses directions. La tumeur n'est 
pas réductible et en la comprimant assez fortement on ne parvient 
pas à la faire diminuer sensiblement; mais, de même que pour la 
fluctuation, ce fait est difficile à constater. 

Quant aux limites profondes de la tumeur, il est impossible de les 
atteindre. De la région sus-claviculaire elle s'engage au-dessous du 
sterno-mastoïdien, arrive au-devant de ce muscle et fait saillie au 
devant du cou , mais disparaît profondément dans la région caroti- 
dienne. Elle ne paraît pas avoir de connexions avec l'appareil respi- 
ratoire. D'ailleurs l'enfant n'a pas de toux ni d'accès d'oppression et 
sa santé générale est satisfaisante. En résumé, il s'agit d'une tumeur 
de consistance très molle et comme liquide dans une grande partie de 



OBSERVATIONS 369 

son étendue, mais avec des noyaux d'induration dans des cloisons 
de séparation, tumeur probaljlement irréductible, indépendante des 
voies aériennes, et présentant des dilatations vasculaires à sa surface 
et probablement dans son intérieur. C'est en somme un kyste du cou, 
congénital et multiloculaire. 

29 janvier. — Une ponction faite avec l'aspirateur Potain donne 
issue à quelques gouttes d'un liquide citrin, transparent, non filant. 
L'écoulement s'arrêtant aussitôt, la canule est retirée et la tumeur 
est serrée avec les doigts. Suivant le point où l'on presse, il sort un 
jet d'une dizaine de gouttes de liquide qui s'interrompt pour recom- 
mencer lorsque la pression s'exerce en un autre endroit; cette cir- 
constance indique bien que c'est un kyste multiloculaire , dont les 
parois se rompent successivement suivant la manière dont se fait la 
compression. 

7 février. — Nouvelle ponction; il s'écoule cette fois une grande 
quantité de liquide séro-sanguinolent. 

10 février. — La tumeur est assez vivement enflammée ; la ponc- 
tion a donné lieu à un trajet fistuleux sécrétant du pus. Un peu de 
trachéite. 

12 février. — L'enfant a vomi hier. L'état inflammatoire est tou- 
jours le même. On fait une incision au bistouri au niveau du trajet 
en suppuration; sur un premier plan on trouve une poche qui laisse 
écouler sous le bistouri un liquide séro-sanguinolent; plus profondé- 
ment, une autre contient du pus. 

L'état général de l'enfant s'aggrave. Des complications pulmonaires 
se produisent et la petite malade succombe à une broncho-pneumonie 
probablement infectieuse. 

Autopsie. — A la dissection.de la poche, on trouve immédiate- 
ment sous la peau le muscle sterno-cléido-mastoïdien tendu sur le 
milieu de la tumeur et lui donnant l'aspect bilobé que nous lui avons 
vu sur le vivant. En dehors de ce muscle, la tumeur arrive sous la 
peau, dont elle n'est séparée que par une légère couche de tissu cel- 
lulaire. Plus en dehors et plus en arrière, le kyste s'étend jusqu'au- 
dessus de l'omoplate. En dedans et en arrière du muscle, la tumeur 
se prolonge au-devant des vaisseaux carotidiens ; elle descend ainsi 
sous la forme d'une masse qui pénètre dans le thorax et s'engage en 
avant de la crosse aortique, qu'elle suit jusque dans le péricarde, sans 
lui adhérer. Cette masse, aussi bien que la tumeur tout entière, se 
compose d'un nombre infini de loges kystiques , les unes isolées, les 

24 



370 KYSTES SÉREUX 

autres communiquant entre elles. Elles sont séparées les unes des 
autres par des cloisons plus ou moins minces ; ailleurs les kystes 
sont isolés et rattachés seulement à la masse par un pédicule 

mince. 

La portion qui est située dans le péricarde est formée de kystes 
arrondis, lobules, en continuité directe avec le prolongement thora- 
cique et libres à la partie supérieure de la loge péricardique. Les 
vaisseaux axillaires traversent la masse kystique à la partie infé- 
rieure du cou; mais tandis que l'artère se dirige en arrière pour 
joindre le tronc brachio-céphalique, de nombreux kystes s'insi- 
nuent entre la veine et l'artère, et la masse principale de la tumeur 
pénètre dans le thorax entre le tronc veineux brachio-céphalique et 
l'aorte. Des kystes semblables existent le long delà trachée. 

Les loges kystiques sont innombrables ; les plus volumineuses ont les 
dimensions d'une noisette, mais elles sont généralement plus petites. 
Les cloisons qui les séparent sont habituellement minces; parfois elles 
présentent des noyaux fibreux. Le tissu cellulaire interposé est lâche ; 
il est parcouru par de nombreux vaisseaux; à la partie inférieure 
du cou les veines profondes qui se rendent à la sous-clavière forment 
un lacis inextricable au milieu des loges kystiques, et sur plusieurs 
points de la tumeur on retrouve le même aspect. Le contenu de ces 
poches est variable; plusieurs ont suppure et il y a de véritables 
cavités purulentes au centre de la tumeur; quelques-unes des loges 
plus éloignées et petites présentent du pus jusque dans le thorax; 
mais en général le liquide est resté séreux , et en d'autres points il 
est d'une couleur rouge, manifestement sanguinolent, rouge ocre ou 
chocolat. 

Examen microscopique par Vignal. — Le liquide recueilli dans 
quelques poches renferme de très nombreux globules de pus; dans 
d'autres il y en a moins et même on n'en trouve pas. On observe, en 
outre, une abondante infiltration de leucocytes dans les parois con- 
jonctives. Le liquide jaune citrin de certaines loges contient un 
grand nombre de globules sanguins. 

Le produit du raclage de la partie interne des poches, examiné 
dans la solution d'iode, renferme de grandes cellules plates; on ne 
peut affirmer s'il s'agit d'un endothélium ou de grandes cellules 
plates du tissu conjonctif ; il y a aussi des cellules cylindriques à cils 
vibratiles en quelques points. 



OBSERVATIONS 371 

Obs. LXIV. — Kyste congénital de l'épaule. — X..., fille de cinq 
jours, nous est présentée à la consultation de l'hôpital Trousseau, le 
29 mai 1885. 

Cette enfant porte à l'épaule gauche une tumeur du volume du 
poing, occupant les régions acromiale, deltoïdienne et sous-épineuse; 
inférieurement, la tumeur est limitée par un sillon assez accusé for- 
mant une courbe à concavité supérieure. Elle ne se prolonge pas 
dans l'aisselle. La peau qui la recouvre est tendue et présente de 
nombreuses vénosités, sous forme de petites étoiles violacées résul- 
tant de la dilatation des petits vaisseaux du derme. Dans son ensem- 
ble la tumeur présente un reflet bleuâtre. Au toucher, elle offre une 
fluctuation des plus manifestes et donne la sensation de plusieurs loges 
communiquant entre elles; la tumeur n'est pas réductible, mais 
il est facile de faire refluer le liquide dans les diverses loges. La 
tumeur ne paraît pas envoyer de prolongement dans la profondeur. 



Obs. LXV. — Kyste multiloculaire de l'épaule. — Le 2o avril 1886, 
on me présente à la campagne, à Castera-VerduzaU;, dans le Gers, 
un garçon, de huit ans portant à l'épaule droite une tumeur dont le 
volume est égal à celui du poing. Elle occupe la fosse sus-épineuse 
€t la région deltoïdienne jusqu'au bord axillaire. A sa surface se 
voient des taches vasculaires dans l'étendue d'une pièce de un franc. 
A la palpation on reconnaît qu'il s'agit de kystes multiples sous- 
cutanés. Outre une loge principale il existe de nombreuses loges 
accessoires. 

C'est à l'âge de deux ans que la tumeur a été pour la première 
fois remarquée par les parents, et depuis elle a continué de grossir 
assez régulièrement. Une ponction a donné issue à un liquide coloré 
en rouge; la tumeur s'est aplatie à la suite de cette ponction, mais 
«nsuiteelle a repris peu à peu son volume primitif. 

Le père et le mère sont bien portants; quatre autres enfants sont 
bien constitués. 



Obs. LXVL — Kyste congénital du bras. — Extirpation; prolonge- 
ments profonds et adhérence aux vaisseaux ; guérison. — Marcouville 
(Emile), âgé de trois ans et demi, entre, le 30 juin 1877, à l'hôpital 
Sainte-Eugénie, salle Napoléon, n" 21. 

Le père de cet enfant raconte que, lorsqu'il vint au monde, il por- 



372 KYSTES SÉREUX 

tait au Jjras gauche une grosseur du volume d'une petite noix, un 
peu violacée h sa surface. Depuis la naissance elle a augmenté pro- 
gressivement et d'une manière rapide jusqu'à acquérir l'énorme 
volume qu'elle possède aujourd'hui. 

État actuel. — La tumeur occupe les deux tiers de la circonfé- 
rence du bras et s'étend depuis le coude, au-dessous de Tolécràne, 
jusqu'au quart supérieur du bras. Dans cette étendue il n'y a que le 
tiers antérieur du bras qui soit respecté. La tumeur a la forme d'une 
massue et présente plusieurs grosses bosselures. A sa périphérie, 
la peau a sa couleur normale. Sur son milieu, en arrière, la peau 
offre une tache brune et une coloration rouge foncé présentant l'as- 
pect de l'inflammation chronique. En certains points se trouvent des 
taches bleues qui semblent même s'apercevoir à travers la peau; il 
y a un réseau veineux dessiné à la surface de la tumeur. Sur une 
partie de la tumeur, notamment à la circonférence, la peau n'est 
pas adhérente et glisse facilement au-devant d'elle ; au contraire en 
arrière, au niveau de la tache brune et de la coloration rougeâtre, la 
peau est adhérente et presque indurée par places. 11 y a de plus en ce 
point une desquamation épidermique assez marquée, et il semble 
qu'il y ait eu là une inflammation chronique : je dis chronique, car 
le père interrogé dit qu'il n'y a jamais eu de poussée aiguë. 

La tumeur est molle et spongieuse dans la plupart des points, sur- 
tout à la périphérie dans les parties récemment formées. Au con- 
traire, au centre on trouve des îlots durs, dans les points où la peau 
adhère; il paraît y avoir eu là une poussée inflammatoire lente. Au 
toucher, la chaleur est plus grande à la surface de la tumeur que sur 
le reste du membre. 

Température prise sur la tumeur 36°, 3 

— — sur le bras opposé (côté droit). . . 35°, 4 
• — — dans l'aisselle 37° 

On n'arrive pas à séparer la tumeur des parties profondes ; et l'on 
ne peut dire si elle ne s'engage pas sous l'aponévrose, surtout du 
côté des vaisseaux' sur le trajet desquels elle est placée. Pourtant, 
quand on fait contracter les fléchisseurs du bras, on peut sentir 
qu'elle glisse sur eux, de telle sorte qu'elle peut leur adhérer seule- 
ment par des liens vasculaires. On ne peut dire que la tumeur soit ré- 
ductible, mais j'ai remarqué qu'elle durcissait quand l'enfant pleurait. 

La main et surtout l'avant-bras sont j^lus faibles que du côté sain, 



OBSERVATIONS 373 

et les muscles sont aussi plus mous. Il en est de même à la partie 
supérieure du bras. 
L'enfant ne présente rien à noter sur le reste du corps. 

Opération. — On fait une incision cruciale, partant des extrémités 
des deux grands diamètres de la tumeur et aboutissant vers le 
centre, en laissant en cet endroit une partie de la peau trop adhé- 
rente. On utilise en un mot la disposition indiquée plus haut, la 
mobilité de la peau sur la tumeur, pour former quatre grands lam- 
beaux destinés à remplir l'énorme perte de substance qui résultera 
de l'opération. En disséquant ces lambeaux on ouvre, au point où 
la peau adhérait, quelques petites cavités d'où s'est écoulé un liquide 
présentant différentes qualités. Tantôt jaunâtre et très clair, tantôt 
plus coloré comme par du sang, ce liquide a même, dans une loge, 
une couleur comparable à celle de la sérosité sanguinolente. Dans 
une poche qui présente une disposition spéciale sur laquelle 
nous reviendrons, il a un aspect légèrement louche. Ce liquide n'est 
pas filant. Après la dissection des lambeaux on atteint la partie pro- 
fonde de la tumeur et on reconnaît qu'elle s'engage directement sous 
l'aponé'STOse et le bord interne du biceps, sur le paquet vasculo- 
nerveux du bras. Devant la crainte de blesser l'artère humérale, on 
met en pratique le précepte qui consiste à découvrir immédiatement 
cette artère en soulevant le bord du biceps. Cela fait, lorsque l'artère 
et ses veines satellites sont mises à nU; les rapports de la tumeur 
avec les veines apparaissent d'une façon très manifeste. Il existe, en 
effet, un tissu érectilequi se reliait à la fois aux veines profondes et à 
la veine céphalique, qui est même ouverte dans la dissection, et sur 
laquelle on jette une ligature latérale. Le tissu érectile est séparé 
avec le bistouri d'une série de vaisseaux qui le reliaient à ces veines; 
il a fallu placer une vingtaine de pinces hémostatiques. Ce tissu érec- 
tile se présentait avec les caractères qu'il a partout et donnait lieu 
à un suintement sanguin extrêmement abondant. 

Les quatre lambeaux ont été réunis par quelques points de suture, 
et une ouverture béante est laissée au centre. La réunion immédiate 
s'est faite en très grande partie; seule la partie centrale a suppuré. 
Yers le dixième jour il s'est produit une couche diphthéroïde qui 
a cédé à un léger badigeonnage au perchlorure de fer. Le 6 août 
l'enfant était entièrement guéri. 

Descriptioyi de la tumeur extirpée. — Elle se compose d"une série 



374 KYSTES SÉREUX 

de loges, du volume d'une noix ou plus petites, juxtaposées et sépa- 
rées seulement les unes des autres par des cloisons communes. Les 
parois présentent cette particularité que dans la cavité principale 
viennent s'ouvrir une, deux, trois, quatre et un plus grand nombre 
de loges secondaires, par des orifices ayant la largeur d'un pois ou 
plus petits. Ces loges secondaires, en forme de boudins, présentent 
elles-mêmes de petits diverticules. La paroi de chacune de ces loges 
offre un aspect aréolaire remarquable : on y voit comme des pilastres 
encastrés, faisant saillie sur cette paroi; les saillies sont quelquefois 
disposées en étoiles; entre elles se trouvent des ouvertures allongées^ 
arrondies, qui donnent à la surface interne de la poche, ici l'aspect 
réticulé, là l'aspect criblé. On peut comparer cette surface interne à 
l'état aréolaire du cœur dans les oreillettes et les ventricules. 

La face interne de chacune de ces poches est lisse, malgré les iné- 
galités qu'elle présente, et a un aspect blanchâtre. Sur deux d'entre 
elles on trouve la poche recouverte par une fausse membrane d'as- 
pect grenu, ce qui indique un travail inflammatoire qui s'est opéré 
dans la poche. Il semble qu'il se produise une inflammation des 
parois qui rétrécit les cavités et modifie le contenu en amenant sa 
coagulation. Dans certaines poches le liquide est tout à fait citrin et 
transparent, dans d'autres il est plus coloré, enfin dans quelques-unes 
il est un peu moins foncé que le sang veineux pur : on y trouve des 
globules sanguins et des leucocytes. En un mot, on trouve dans ces 
cavités toutes les transitions entre le sang et la sérosité. Quant au 
nombre des poches, il est extrêmement considérable; entre les 
volumineuses il y en a une grande quantité de toutes petites. 

Quand on fait une coupe perpendiculaire de la peau au centre de 
la tumeur, au point où elle s'est développée primitivement, on trouve 
que la peau est adhérente à la tumeur, que les aréoles sous-der- 
miques sont remplies de graisse, que sous la peau et sur la tumeur on 
voit une série d'ouvertures que la graisse tend à combler. En défi- 
nitive, c'est la substitution du tissu graisseux dans les parois mêmes 
des loges c[ui conduit au mécanisme de la guérison. 



Obs. LXVIL — Kijste séreux multiloculaire du bras. — Extirpa- 
tion ; guérison. — Examen histologique. — Pochakensky (Simon), 
âgé de deux ans, entre à l'hôpital Trousseau, salle Denonvilliers , 
n« 21, le 7 mai 1884. 

A la partie supérieure de la face interne du bras, ne remontant 



OBSERVATIONS 375 

pas tout à fait jusqu'au sommet de l'aisselle, existe une tumeur du 
volume d'une grosse noix. A son niveau la peau est à peu près nor- 
male ; on y voit cependant au point culminant quelques ve'nosités 
violacées. La peau ne glisse pas sur la tumeur qui est, au contraire, 
bien mobile sur les parties profondes. En haut, la tumeur a une con- 
sistance molle; en bas, se trouve une masse arrondie, plus dure, du 
volume d'une grosse noisette. D'après les parents, la tumeur n'exis- 
terait que depuis un an; il n'y a jamais eu de nsevus à ce niveau. 
Indolence absolue. Pas de battements ; pas de dilatation vasculaire. 

12 mai. — Extirpation aubistouri. Pas d'hémorrhagie. Trois points 
de suture, drain. 

lo mai. — 11 se développe un érysipèle, et le fond de la plaie se 
couvre d'un exsudât diphthéroïde. L'enfant guérit assez prompte- 
ment malgré cette complication. 

Examen de la tumeur. — Elle est formée d'une multitude de petits 
kystes à contenu transparent comme de l'eau. 

Les cavités sont tr^ petites pour qu'on ait pu isoler la paroi et 
l'imprégner au nitrate d'argent. 

Les coupes de la tumeur montrent des cavite's irrégulières, en 
général revenues sur elles-mêmes et formant des fentes étoilées. 

Les parois sont formées de tissu conjonctif pauvre en cellules et 
formé principalement de faisceaux conjonctifs et de fibres élastiques. 
Le stroma contient une grande quantité de fibres musculaires lisses, 
sans disposition uniforme (fig. 34, p. 303). 

La tumeur n'est pas très vasculaire. 



Obs. LXVlll. — K^jste séreux congénital du bras. — Extirpation : 
guérison (V. fig. 29, p. 296). — Brimer (Paul) , âgé de cinq mois, 
porte à la partie supérieure du bras gauche une tumeur qui existait 
à la naissance; elle a depuis augmenté un peu de volume. 

État actuel {2o mai 188o). — La tumeur occupe la face antéro- 
interne de la partie supérieure du bras, au niveau de l'insertion du 
deltoïde. Elle se détache du bras en faisant la saillie d'un marron, 
mais elle n'est nullement pédiculée, et sa base se perd dans les par- 
ties molles sous-cutanées. Sa consistance indique qu'elle est formée 
de deux parties. L'une, de consistance molle, se compose de lobules 
adhérents à la peau, roulant sur l'aponévrose à laquelle ils adhè- 



376 KYSTES SÉREUX 

rent très faiblement ; il n'y a pas de doute sur l'existence d'un 
lipome. D'autre part, au centre de la tumeur, on trouve la peau .; 
amincie et comme prête à crever ; là existe une cavité du volume 
d'une amande, h contenu transparent. Au-dessous de cette cavité 
principale existent deux ou trois cavités plus petites qui semblent 
indépendantes de la principale ; elles soulèvent la peau et font saillie 
comme un grain de riz ; la peau est amincie à leur niveau. Il en existe 
probablement encore d'autres au centre du lipome. Pas de dilatations 
veineuses autour de la tumeur. 

D'après la mère, cette tumeur augmente de volume depuis un 
mois environ. L'enfant est d'ailleurs bien portant. Les parents ont 
une bonne santé. 

La tumeur a été excisée. 

Suture. Drainage et pansement antiseptique. Guérison en cinq jours. 



Obs. LXIX. — Kyste séreux congénital du bras et de Vavant-bras. 
— Extirpation; prolongements -profonds. — Examen histologique 
(V. fig.-47, p. 330). — Baillard(x\lbert), âgé de vingt-sept jours, nous 
est présenté à l'hôpital Trousseau, le 21 janvier '188o. 

Il porte sur la face antérieure de l'avant-loras et sur la face antéro- 
externe du bras une tumeur lobulée. Un des grands lobes de la 
tumeur appartient au bras, l'autre à l'avant-bras; un sillon entre les 
deux correspond au pli du coude. La tumeur du bras a le volume 
d'un marron ; celle de l'avant-bras descend jusqu'à 3 centimètres du 
poignet; elle est limitée par une dépression profonde ; il y a de plus 
à ce niveau comme un demi-sillon sur le tégument, à la limite même 
de la tumeur. La longueur de la tumeur totale est de 9 centimètres; 
sa largeur maxima est, à lavant-bras, de 6 centimètres. La peau à 
sa surface n'offre pas de veines dilatées ; on n'en voit pas non plus 
dans les parties voisines de la tumeur, et le reste du membre ne 
présente d'ailleurs rien d'anormal. La tumeur de l'avant-bras est 
sous-cutanée, non fluctuante et transparente; elle semble adhérer 
à l'aponévrose antibrachiale; sa consistance est élastique. La 
tumeur du bras est plus molle, fluctuante, transparente et n'adhère 
pas à l'aponévrose. Toutes deux sont en continuité l'une avec l'autre; 
mais on ne peut refouler le liquide de l'une à l'autre. 

Opération, le 2o janvier 188o. — Application préalable de la bande 
d'Esmarch. On fait à la peau une incision suivant le grand axe de la 



OBSERVATIONS 377 

tumeur; en haut cette incision est recourbée vers la partie externe; 
en bas une incision transversale permet de limiter un lambeau 
cutané qu'on rejette en dehors. Dans la dissection delà tumeur le 
nerf musculo-cutané est sectionné ainsi que les veines superficielles ; 
on aperçoit la veine céphalique qui croise obliquement la tumeur et 
lui donne un aspect bilobé; cette veine est également sectionnée. La 
tumeur est recouverte en dehors par les muscles antéro-externes de 
Favant-bras ; la dissection en est difficile et on ne peut éviter d'ou- 
vrir plusieurs cavités kystiques. Un prolongement plonge entre les 
groupes musculaires interne et externe de l'avant-bras et dans la 
gouttière du biceps au bras. La tumeur adhérait intimement aux 
parties profondes, aux muscles et aux faisceaux vasculo-nerveux, et, 
la bande d'Esmarch étant levée, il a fallu lier une veine humérale et 
l'artère radiale. 

Suture de la plaie ; drain en haut et en bas. Pansement antisep- 
tique. ^ 

Le lendemain, 26 janvier, on lève le pansement ; l'état de la plaie 
est excellent, mais l'enfant est pâle et abattu, il a peu teté et a eu 
des vomissements. 

L'enfant n'a pas été revu depuis et il y a lieu de croire qu'il a 
succombé. 

Examen de la tumeur. — A l'œil nu la tumeur est constituée par 
un grand nombre de kystes, de volume très variable, dont les plus 
gros ne dépassent pas les dimensions d'une noisette. Les cloisons qui 
séparent les cavités kystiques sont peu épaisses et présentent même 
en bien des points une minceur extrême. On y distingue par transpa- 
rence de petits vaisseaux abondants qui rampent dans leur épais- 
seur. Après l'ouverture des loges kystiques, la surface interne appa- 
raît lisse, blanchâtre, brillante et presque nacrée comme une surface 
séreuse; la paroi n'est pas uniforme; elle offre, au contraire, une 
disposition anfractueuse et réticulée et ne saurait être mieux com- 
parée qu'à la face interne du cœur. 

Le liquide contenu dans les alvéoles kystiques est limpide, légère- 
ment jaunâtre et citrin. 

Examen histologique. — Les parois kystiques, soumises à l'impré- 
gnation par le nitrate d'argent, montrent un revêtement endothé- 
lial comparable à celui des séreuses. Sur les coupes, faites sur des 
fragments durcis par l'acide osmique ou par la liqueur de Mijller, le 



378 KYSTES SEREUX 

stroma se montre formé de tissu conjonctif contenant une très 
grande quantité de fibres élastiques et des fibres musculaires lisses. 
Celles-ci sont assez abondantes, principalement au pourtour des ca- 
vités kystiques, mais elles sont disposées irrégulièrement, sans affec- 
ter une direction générale bien définie. 

Les loges kystiques présentent des prolongements nombreux sous 
forme de diverticules ou de culs-de-sac au fond desquels l'endothé- 
lium change de caractère et ressemble sur les coupes à un épithélium 
cubique. Il y a lieu par suite de se demander si l'aspect des cellules 
plates qui forment le revêtement des cavités principales est dû à un 
aplatissement des cellules éi^ithéliales, qui conserveraient leur forme 
primitive dans les culs-de-sac où elles échappent à la distension et 
oii elles prolifèrent, ou bien, au contraire, si l'aspect des cellules 
cubiques dans les culs-de-sac résulte d'un état jeune d'éléments endo- 
théliauxnon aplatis. C'est cette seconde interprétation qui est exacte : 
car on observe, au voisinage des cavités tapissées de cellules à forme 
cubique, des coupes d'artérioles offrant à peu près le même calibre et 
dont le revêtement épithélialprésente un aspect tout à fait semblable. 
C'est donc bien un endothélium qui tapisse toutes les cavités kj's- 
tiques, grandes ou petites, et leurs prolongements diverticulaires. 

Sur les fragments de muscles de l'avant-bras extirpés avec la 
tumeur aux points où celle-ci leur était adhérente, on observe l'enva- 
hissement des masses musculaires par les kystes nouvellement for- 
més. On voit de petites cavités s'insinuer dans les interstices des fais- 
ceaux musculaires (fig. 38, p. 307). 

On reconnaît sur les coupes un assez grand nombre de lacunes 
gorgées de leucocytes, et il est difficile de dire s'il s'agit de simples 
lacunes lymphatiques ou bien de petites cavités kystiques. 

Quant aux fibres lisses qui se trouvent dans le stroma de la tumeur, 
surtout dans la paroi des cavités principales, il n'a pas été possible 
de déterminer exactement leur disposition. Sur les coupes elles 
paraissent entre-croisées dans toutes les directions; par la dissocia- 
tion, après l'action de la potasse au 40% nous avons seulement ob- 
tenu quelques fibres isolées, mais pas de disposition en réseau. La 
principale difficulté de la dissociation résulte de l'énorme quantité 
de fibres élastiques que renferme la tumeur. 



Obs. LXX. — Kyste séreux congénital de la région interscapulaire. 
• — Extirpation', guérison. — Examen histologique ' kystes en voie de 



OBSERVATIONS 379 

disparitio7i (V. fig. 26, p. 287). — Grépieux (Jules), âgé de sept ans, 
est amené, le 14 mars 1883, à Thùpital Trousseau. 

Le père, âgé de vingt-huit ans, se porte bien ; il n'offre aucun signe 
de tuberculose ni de syphilis et n'a pas de vice de conformation. La 
mère, âgée de vingt-sept ans , est également d'une bonne santé et 
vigoureuse; elle ne présente aucun vice de conformation. Elle a eu 
quatre enfants et n'a pas fait de fausses couches. Le premier enfant 
a sept ans, c'est celui qu'elle nous présente. Le second et le troisième 
sont morts du croup, l'un à trois mois , l'autre à quatre mois; ils ne 
présentaient aucun vice de conformation; le quatrième, âgé de onze 
mois, est vigoureux et bien conformé. 

L'enfant qu'on nous amène n'avait sur le corps, à sa naissance, 
aucune tache, aucune cicatrice, aucune malformation, sauf une petite 
tumeur allongée, située entre les deux épaules; elle avait à peu près 
le volume d'une cerise; elle^présentait une teinte violacée ; ses parois 
étaient minces et elle contenait manifestement du liquide. On perça 
cette petite poche et il s'écoula, d'après le récit de la mère, un 
liquide clair, limpide, semblable à de l'eau. Actuellement la tumeur, 
située au niveau des première et deuxième vertèbres dorsales, a le 
volume d'une grosse noix. On remarque à sa surface de très petites 
ulcérations en suppuration et datant seulement de huit jours. Sa con- 
sistance est ferme avec quelques points ramollis. Elle ne paraît pas 
pédiculée et n'a aucune connexion avec le canal rachidien. Tout 
autour on voit une poussée d'acné. 

Extirpation, le, 15 mars 1883. — Une coupe verticale delà tumeur 
montre une cavité centrale du volume d'un gros pois, tapissée par 
une membrane mince et résistante. Du côté de la peau le tissu est 
très vasculaire et comme lardacé. Une autre coupe montre une 
seconde cavité indépendante, remplie d"un liquide jaunâtre et séreux. 
La tumeur reposait sur un plexus veineux érectile. Elle adhérait 
d'autre part à la peau. 

Examen histologique par Vignal. — Autour des grandes cavi- 
tés, il existe un tissu conjonctif dense, lardacé, infiltré de graisse et 
ayant plusieurs millimètres d'épaisseur. Au sein de ce tissu se voient 
en grand nombre de petites cavités d'anciens kystes; les unes sont 
déjà remplies et perdues dans ce tissu qui les a comblées ; le revê- 
tement épithélial y a disparu ; d'autres , là où la transformation lar- 
dacée est moins avancée, persistent encore ; leur épithélium est 



380 KYSTES SÉREUX 

visible et consiste en un endothélium plat. Enfin, d'autres cavités 
périphériques ne sont plus entourées de tissu lardacé, mais de tissu 
conjonctif ordinaire ; elles sont encore à l'état stationnaire; elles ne 
sont plus en voie de développement, car on n'y trouve pas les traînées 
épithéliales qui indiquent un développement continu. 

Les vaisseaux sont très développés dans cette tumeur ; ils sont san- 
guins et h'mphatiques; ces derniers forment des espaces très évidents. 

La tumeur contient aussi beaucoup de fibres musculaires lisses. 



Obs. LXXI. — Kijste séreux congénital de la région sous-axillaire. 
— Extirpation ; guérison. — Kystes multiples à contenu varié. — 
Géneau (Emile), âgé de trois ans, entre, le 7 mars 1882, à l'hôpital 
Trousseau, salle Denonvilliers, n° il. 

La mère nous raconte que cet enfant, lorsqu'il revint de nourrice 
à l'âge de deux ans, présentait sous l'aisselle gauche un gonflement 
du volume d'une noix ; ce gonflement a augmenté depuis et pris les 
proportions qu'on lui trouve aujourd'hui. 

État actuel. — Sur la partie latérale gauche du thorax, entre le bord 
antérieur du muscle grand pectoral et le bord axillaire de l'omoplate, 
il existe une tumeur du volume d'un gros œuf. Cette tumeur s'ap- 
plique sur la paroi thoracique et présente des bosselures arrondies ; 
on en distingue quatre principales. Au toucher, sa consistance est 
très molle. On cherche en vain à saisir la tumeur ; elle fuit comme 
une tumeur réductible. Mais si on la fixe dans les régions sous les- 
quelles elle s'engage, on arrive aisément à se convaincre qu'elle n'est 
pas réductible; en effet, elle s'engage en haut sous le grand pectoral 
du côté de la clavicule, et en arrière dans la fosse sous-scapulaire. 
Si on la fixe de tous côtés, elle reste avec sa forme et son volume 
dans la région qu'elle occupe. Elle n'est donc pas réductible ; ce 
point est d'autant plus important qu'au premier abord on a la sensa- 
tion d'une tumeur érectile ; mais d'une part l'irréductibilité, d'autre 
part l'absence de tache vasculaire et de réseaux veineux, soit à la sur- 
face, soit à la périphérie, montrent que ce n'est pas une tumeur érec- 
tile. La tumeur est absolument indépendante de la peau. Elle donne 
au toucher la sensation d'une éponge très fine, et quand l'omoplate 
et le grand pectoral sont fixés, elle est rénitente. Ajoutons enfin que 
la surface de la tumeur présente une teinte bleuâtre. Le diagnostic 
ne laisse donc pas de doute; c'est un kyste séreux multilocuiaire. 



OBSERVATIONS 381 

10 mars. — Opération. — La tumeur est extirpée facilement en 
entier. Il n'y a eu qu'une très minime perte de sang. La guérison a 
été obtenue en quelques jours. 

Examen de la tumeur. — Elle se compose d'un nombre considérable 
de poches ; les plus grosses communiquent entre elles et présentent 
sur leurs parois des cloisons incomplètes de poches sec'ondaires. La 
forme des poches secondaires est celle de boyaux allongés, cylin- 
driques, essentiellement irréguliers ; les cloisons de séparation sont 
en général minces. Sur les parois des loges principales on voit des 
pelotons graisseux, "proéminant dans les cavités, et des épaississe- 
ments fibreux au niveau de l'intersection des parois. 

Le liquide contenu est très vw-iable ; il est clair et séreux dans les 
loges petites et indépendantes ; dans les autres il est rouge et san- 
guinolent, et, dans quelques-unes, épais et de couleur chocolat foncé. 
L'opacité du contenu des loges principales rend bien compte du 
défaut de transparence de la tumeur. Le liquide présentait au micros- 
cope de nombreux leucocytes. 



Obs. LXXII. — Kyste séreux congénital de la paroi thoracique. — 
Extirjdat ion ; guérison. — Examen histologique. — Saujot (Hélène), 
âgée de huit mois et demi, nous est présentée à l'hôpital Trousseau 
en avril 1885. 

Les parents sont bien portants ; ils ont une autre fille de vingt et 
un mois en bonne santé. Pour la dernière enfant, la grossesse a été 
régulière pendant toute sa durée; l'accouchement se fit à terme. 

Cette enfant porte sous l'aisselle gauche une tumeur très proba- 
blement congénitale, mais remarquée seulement par la mère depuis 
une dizaine de jours. Elle est allongée transversalement sur la paroi 
latérale gauche du thorax, à 2 centimètres environ au-dessous du 
creux axillaire ; ses dimensions sont de 6 à 8 centimètres de long 
sur 5 de haut. Elle est parfaitement mobile sur les parties profondes 
et la peau glisse facilement sur elle. Elle est lobulée ; sa consistance 
est molle ; en avant on y sent de petits grains k3^stiques résistants ; 
en arrière la mollesse est plus uniforme et la tumeur présente la con- 
sistance du lipome. La pression sur la tumeur est tout à fait indo- 
lente. On remarque que la peau qui la recouvre offre, lorsqu'on la 
regarde obliquement, un reflet bleuâtre. 

Sur le reste du corps, l'enfant ne présente à noter qu'une petite 



382 KYSTES SÉREUX 

tache colorée sur la tête, qui fut remarquée deux ou trois jours après 
la naissance. Cette tache siège du côté droit, à l'union du temporal 
et de l'occipital, sur le milieu d'une ligne allant de l'occiput à l'oreille. 
Elle a les dimensions d'une pièce de 50 centimes; sa surface ne 
forme aucun relief ni aucune dépression ; elle est exactement de 
niveau avec les parties voisines du cuir chevelu. La peau, sur cette 
tache, a une teinte foncée, d"un rouge cuivré ; elle semble amincie 
et son aspect rappelle celui d'une cicatrice de brûlure. Elle est com- 
plètement dépourvue de poils; mais elle offre de fines aspérités, 
semblables à celles que forment sur toute la surface du cuir chevelu 
les follicules pilo-sébacés. 

Cette enfant nous est ramenée à l'âge de onze mois; la tumeur a les 
mêmes caractères que précédemment ; elle a seulement un peu aug- 
menté de volume ; ses dimensions n'atteignent pas celles du poing. 

Opération, le 12 juin 1885. — Incision sur le grand axe de la 
tumeur et dissection de celle-ci. Drainage. Pansement antiseptique. 

Guérison lente, entravée par le développement d' exsudais diph- 
théroïdes sur la plaie. Suppuration assez abondante. 

L'enfant est revue quatre mois après l'opération; il reste une cica- 
tricedéprimée et étoilée. 

Examen de la tumeur. — Elle est formée par une masse polykys- 
tique, d'apparence spongieuse. Les cavités sont assez petites et leur 
volume ne dépasse guère celui d'un gros pois. Elles renferment, en 
général, un liquide citrin, transparent. Leur surface interne forme 
une sorte de trame réticulée; elle est lisse, brillante et d'aspect 
séreux. Les cloisons qui séparent les loges kystiques sont très minces 
et transparentes. La tumeur présente, tant à sa surface que dans 
son intérieur, une grande quantité de graisse. Elle était d'ailleurs 
tout entière dans le tissu adipeux sous-cutané et n'avait lias envahi 
les muscles sous-jacents. 

Examen histologique. — Les parois kystiques, soumises à l'impré- 
gnation au nitrate d'argent, montrent un revêtement endothélial 
comparable à celui des séreuses; les cellules endothéliales n'offrent 
pas de contours dentelés en jeu de patience ; leur forme est, d'ail- 
leurs, assez variable, et, en certains points, elles sont allongées et 
comme étirées , ce qui résulte sans doute d'une action mécanique : 
car c'est principalement au voisinage des plis de la paroi, aux 



OBSERVATIONS 583 

points où la membrane était mal tendue, que s'observe cette dis- 
position. 

Les coupes , faites sur des fragments durcis dans la liqueur de 
Mûller, montrent des cavités kystiques nombreuses, de forme irré- 
yulière et de dimensions variables. Elles présentent par places 
un revêtement endothélial qui, sur un grand nombre d'autres points, 
est desquamé. 

Les loges kystiques contiennent souvent dans leur intérieur du 
sang en quantité variable. En bien des points, c'est dans les culs-de- 
sac de ces cavités que se voient des globules rouges. L'abondance de 
ces derniers fait qu'il est parfois impossible de décider si l'on est en 
présence d'un sinus sanguin ou d'une cavité kystique. Le stroma de 
la tumeur est formé de tissu conjonctif contenant une grande quan- 
tité de fibres élastiques. Le tissu adipeux s'y trouve en abondance, 
et pour cette raison les coupes faites dans les parties traitées par 
l'acide osmique sont moins favorables que les autres. 

Les fibres musculaires lisses sont abondantes dans la tumeur. 
Dans les parois d'un grand nombre de loges kystiques elles consti- 
tuent des faisceaux bien nets se présentant tantôt de profil, tantôt 
coupés en travers ou plus ou moins obliquement. Leur direction 
n'est pas très régulière ; toutefois, sur un certain nombre de loges, 
ces faisceaux forment dans les parois une couche continue dans 
laquelle la direction générale des fibres est assez uniforme (fig. 33, 
p. 302). Les faisceaux musculaires se rencontrent aussi dans l'épais- 
seur du tissu conjonctif, disséminés sans ordre apparent; toutefois, 
on ne peut savoir s'ils sont simplement dispersés dans la tumeur ou 
s'ils dépendent d'une paroi kystique voisine de la surface de la coupe. 
La richesse des parois kystiques en fibres musculaires lisses est, 
d'ailleurs, très inégale ; si quelques-unes ont une véritable enveloppe 
musculaire , il en est d'autres qui en sont absolument dépourvues, 
et lorsque la section est peu étendue , il est impossible de dire s'il 
s'agit d'une fente lymphatique ou d'une cavité kystique , d'autant 
plus que ces cavités sont parfois réduites, par suite de l'accolement 
de leurs parois, à de simples fentes. 

Les vaisseaux sont abondants dans la tumeur; souvent, ils sont 
très superficiels et peu distants de la lumière des cavités. On ne 
trouve pas de cavités remplies de leucocytes. Les coupes montrent 
quelques filets nerveux. 

Les parois des' loges offrent des contours très irréguliers; elles 
présentent des saillies, des enfoncements et des bourgeons papil- 



384 KYSTES SÉREUX 

laires qui proéminent dans la lumière des kystes et répondent à la 
coupe des cloisons incomplètes qu'on observe à leur surface interne; 
ce sont quelquefois de véritables végétations pédiculées qui contien- 
nent des petits vaisseaux. Ces végétations procèdent uniquement de 
la paroi interne des loges kystiques, et la couche musculaire , lors- 
qu'elle existe, ne prend aucune part à leur structure (fig. 3o, p. 304). 



Obs. LXXIII. — Kyste séreux congénital du thorax et du cou d'un 
volume énorme (V. pi. YII et pi. YIIl). — En janvier 1883, on me 
présente à l'hôpital Trousseau une petite fille âgée de quatre mois 
qui porte une des tumeurs les plus volumineuses que j'aie jamais 
vues, proportionnellement au corps de l'enfant. La mère, se trou- 
vant dans une situation assez aisée , l'avait déjà fait voir à quel- 
ques médecins et elle m'apportait le diagnostic de hernie congéni- 
tale de tout le poumon droit ou d'ectopie pulmonaire, comme étant 
celui qui avait été formulé. 

Au premier abord, en effet, on pouvait croire à une absence à peu 
près complète des côtes du même côté, car la tumeur recouvrant 
ces organes empêchait de les reconnaître. De plus, la tumeur pré- 
sentant une mollesse extrême fuyait en partie là où on la compri- 
mait, comme une tumeur très réductible. Je procédai dès lors à la 
recherche des caractères propres aune hernie pulmonaire. Or, d'une 
part, la percussion révélait une matité absolue dans toute la masse 
de la tumeur, et d'autre part, l'auscultation n'y faisait découvrir 
aucun bruit; il y avait absence complète du murmure vésiculaire 
de ce côté de la poitrine. Cette double constatation était plus que 
suffisante pour éloigner toute pensée d'ectopie pulmonaire. 

Les divers caractères de la tumeur furent donc recherchés avec 
soin pour arriver à un diagnostic précis. Voici quelle était la phy- 
sionomie clinique de la petite malade. 

Vue par devant, la tumeur occupe toute la partie latérale droite 
du cou jusqu'à la mâchoire inférieure et elle remonte en arrière de 
loreille pour s'appliquer contre le crâne. De là, elle descend sur le 
thorax et recouvre, à partir du sternum, toute la paroi antérieure et 
latérale du côté droit; elle suit dans son développement le bord 
des fausses côtes qu'elle recouvre et qu'elle empêche de reconnaître ; 
elle descend ainsi sur l'abdomen. Sa masse qui se prolonge du côté 
de l'aisselle éloigne entièrement le bras du tronc, et cet organe 
trouve une gouttière sur le kyste pour le recevoir. En arrière, la 



OBSERVATIONS 385 

tumeur recouvre aussi toute la paroi postérieure du thorax; elle 
s'engage sous l'omoplate qui est soulevée par elle, et vient enfin proé- 
miner au-dessus de cet os sur la région latérale du cou. Le bras et 
l'omoplate, écartés du tronc, reposent sur elle comme sur un coussin. 

Malgré cet énorme volume, la tumeur est limitée par des con- 
tours saillants et arrondis. La peau qui la recouvre n'ofTre aucune 
altération spéciale; elle n'est amincie en aucun point d'une manière 
particulière et n'a subi qu'une distension proportionnée au volume 
de la masse morbide. Elle laisse voir par transparence quelques 
rares veines sous-cutanées un peu développées, qui se dessinent sur 
la région antérieure principalement. Enfin, la peau glisse partout au- 
devant de la tumeur. 

Le toucher fournit des indications importantes. En prenant avec 
la main les grands lobes qui se dessinent à la surface de la tumeur, 
on a la sensation d'une masse extrêmement molle, se réduisant 
comme une éponge fine, pleine d'eau, qu'on exprimerait doucement. 
Tout d'abord on n'aperçoit pas ce que devient le contenu; ce n'est 
qu'en examinant l'enfant du côté opposé à celui sur lequel on exerce 
la compression, c'est-à-dire en arrière si l'on comprime en avant, 
qu'on voit la tumeur se tendre et soulever l'omoplate, ou bien aug- 
menter de volume dans la région cervicale. On peut d'ailleurs avec 
le concours des mains d'un aide empêcher le contenu de fuir ou bien 
lui imprimer une direction déterminée. On arrive par ce dernier 
procédé à découvrir dans la tumeur des parties fluctuantes et pleines 
d'un liquide qui doit être assez fluide. En outre, sous l'influence des 
cris et des efforts de l'enfant, le volume de la tumeur ne change pas ; 
la mère l'avait observé et nous le constatons également. Donc la 
compression n'amène pas la réduction de la tumeur, en ce sens qu'on 
ne fait pénétrer aucune portion du contenu soit dans une cavité du 
tronc, soit dans l'appareil circulatoire; on déplace seulement le con- 
tenu dans la tumeur en produisant une tension supérieure dans les 
régions où arrive le liquide. De plus, par des pressions répétées en 
des points différents, on éprouve une résistance variable due à des 
poches qui problablement ne se vident pas, et d'un autre côté la main 
a la sensation de la résistance des parois de quelques loges. Enfin, 
la compression exercée assez longtemps permet d'atteindre en cer- 
tains points les côtes, ce qui suffit pour montrer que le squelette est 
intact et complet. 

Nulle part la tumeur ne paraît offrir de sensibilité quelconque. 
Les mouvements du membre supérieur sont très faciles, et l'enfant 

25 



386 KYSTES SEREUX 

les exécute tous aisément, à Texception de l'adduction qui est très 
gênée par la présence de la tumeur. Rappelons que l'omoplate est 
rejetée sous la peau par la tumeur et que celle-ci s'engage sous sa 
face interne pour se développer en arrière, en haut et en bas, c'est- 
à-dire tout autour de cet os qui repose sur elle. La région scapulaire 
est d'ailleurs le seul point où la tumeur ne soit pas sous-cutanée. 

En résumé : tumeur sous-cutanée, dépressible et formée d'une 
multitude de loges qui communiquent les unes avec les autres, au 
moins pour un certain nombre d'entre elles, mais non réductible 
dans le sens que l'on donne à ce mot. La consistance est celle des 
tumeurs kystiques congénitales. 

Depuis la naissance, la tumeur a acquis un développement un peu 
plus considérable, mais elle était déjà volumineuse à la naissance; 
l'accouchement fut difficile et nécessita l'application du forceps. 



Obs. LXXIV. — Macrocheilie congénitale [hypertrophie partielle de 
la lèvre supériewe) (V. fig. 42, p. 319). — Garré (Edouard), âgé de 
neuf mois, est porté à l'hôpital Trousseau, le 17 mars 1881. 

Cet enfant est venu au monde avec une hypertrophie congénitale de 
la lèvre supérieure. Actuellement, la lèvre supérieure est augmentée 
de volume dans sa moitié latérale gauche jusqu'au delà de la ligne 
médiane, en regard de l'aile du nez du côté droit. L'augmentation 
de volume commence au niveau de la commissure gauche. A partir 
de là, l'hypertrophie va en augmentant pour atteindre son maximum 
au niveau de la narine droite. En ce point on peut estimer que la 
lèvre a trois fois le volume normal. Au delà l'hypertrophie va en 
décroissant et s'arrête au point ci-dessus indiqué. Dans le sens ver- 
tical la lèvre est plus longue qu'elle ne doit être. 

L'augmentation de volume porte à la fois sur l'épaisseur et la lon- 
gueur de la lèvre; celle-ci est plus large et plus longue dans la 
bouche où elle forme un petit repli. L'examen des différentes parties 
montre que la peau n'a pas changé d'aspect. Au toucher, elle est 
moins souple et plus épaisse que de l'autre côté. Cette épaisseur de 
la peau se révèle au niveau de son union avec la muqueuse buccale, 
où elle présente une consistance semi-cartilagineuse. 

Du côté de la muqueuse buccale on remarque une augmentation 
d'épaisseur, et en même temps, une moins grande souplesse sur les 
parties profondes. Cette muqueuse n'a presque pas changé de cou- 
leur; mais, plus que la peau, elle a augmenté de volume et présente 



OBSERVATIONS 387 

une plus grande étendue que normalement. Elle forme un bourrelet 
qui fait saillie dans la cavité buccale en passant sous l'arcade alvéolo- 
dentaire dépourvue de dents. Il semble même que, par suite de ce 
prolapsus de la muqueuse, le sillon de sa réflexion soit moins haut 
que de l'autre côté. 

Le frein de la lèvre supérieure est un peu hypertrophié. Quand 
on explore par la palpation cette lèvre épaissie , on n'y remarque 
pas de points plus durs les uns que les autres; on n'y rencontre pas 
non plus de glandes gonflées qui ont, en pareil cas, l'aspect de grains 
de blé. On n'y trouve pas de tumeurs collectées et kystiques. La 
lèvre présente une consistance plus ferme dans son ensemble. 

Il n'y a pas la moindre dilatation veineuse ou artérielle. La circu- 
lation n'y paraît pas si active que normalement. 

Cet état est absolument congénital et a frappé les parents, quand 
l'enfant est venu au monde. Il n'aurait pas augmenté depuis la nais- 
sance, sauf depuis quelques jours. 

L'enfant ne porte pas sur le reste du corps d'autres difformités 
congénitales. 

D'après la belle- sœur, qui conduit l'enfant, il n'y a pas d'affections 
congénitales dans la famille. 

Opération. — La lèvre étant relevée, on fait sur la muqueuse une 
première incision à environ 3 millimètres de la peau, allant d'une 
commissure vers l'autre, puis une seconde incision aboutissant aux 
mêmes extrémités et circonscrivant ainsi un quartier de la lèvre 
qui est extirpé. Cautérisation au thermo -cautère pour favoriser 
la production du tissu fibreux. Les vaisseaux paraissent un peu 
dilatés. Le résultat définitif a été très satisfaisant. 

Examen, hislologique. — Les coupes de la portion excisée, intéres- 
sant la muqueuse et les parties sous-jacentes, montrent les détails 
suivants. La muqueuse paraît tout à fait normale; il en est de même 
des faisceaux musculaires sectionnés dans diverses directions. Au 
milieu de ces faisceaux musculaires se voient des cavités de dimen- 
sions variables, les unes vides, les autres remplies plus ou moins 
par un réticulum fibrineux contenant quelques globules blancs et 
rouges. Un petit nombre de ces cavités sont volumineuses et présen- 
tent des bords dentelés et irréguliers; la plupart des autres sont 
plus petites et forment des fentes et des étoiles, et il est facile de 
trouver tous les intermédiaires entre ces diverses cavités et les véri- 



388 KYSTES SEREUX 

tables espaces Ij'^mphatiques. La paroi conjonctive de ces cavités ne 
renferme pas de fibres lisses. 

Les vaisseaux sanguins ne semblent pas dilatés ni plus volumi- 
neux qu'à l'état normal. Le tissu conjonctif présente en quelques 
points de petits foyers d'hyperplasie et de petits îlots d'éléments 
embryonnaires. 



Obs. LXXY. — Hypertrophie congénitale de la cuisse {lymphangiec- 
tasie) (V. pi. IX). — De Wailly (Léon), âgé de 19 jours. Cet enfant est 
apporté à la consultation de l'hôpital Sainte-Eugénie, le 28 mai 1879. 

Il présente une tuméfaction considérable de la cuisse gauche, 
existant depuis la naissance et ayant même rendu l'accouche- 
ment un peu difficile. Sur toute la circonférence de la cuisse, la 
peau est soulevée comme par un œdème énorme qui siégerait sous 
les téguments; la peau elle-même n'est pas distendue; elle est, au 
contraire, lâche et molle et présente des dépressions en godet dans 
les points où elle est retenue aux parties profondes. Ainsi soulevée, 
depuis le genou jusqu'à la racine du membre , la peau flotte autour 
de la cuisse à la manière d'une culotte de zouave. Au toucher, on 
reconnaît une grande finesse du tégument et. la palpation donne une 
sensation de souplesse dans les parties sous-cutanées, comparable à 
celle d'une éponge fine gonflée d'eau. En certains points la peau est 
transparente et présente une teinte noire là où l'amincissement est 
le plus prononcé. Quand on prend la peau entre les doigts, elle paraît 
épaissie; mais cela tient à ce que la couche sous-cutanée est très 
hypertrophiée; quant à la peau, une preuve de son amincissement, 
c'est que les orifices des glandes sudoripares sont beaucoup plus 
visibles. Ajoutons que cette tuméfaction, dans laquelle il n'y a pas 
de noyaux indurés, ne gonfle pas par la toux de l'enfant ni par 
l'effort et qu'elle n'est pas non plus modifiée par la pression. 

Une piqûre faite en un point transparent laisse écouler un liquide 
jaune doré, translucide, qui sort en jet d'abord, puis goutte à goutte 
en se coagulant. 

Les jours suivants il s'écoula beaucoup de liquide par l'orifice de 
la piqûre. 

Le 9 juin, la petite ouverture se ferma, en même temps qu'il se 
développait en ce point de la rougeur et du gonflement et que l'enfant 
était pris de fièvre et de vomissements. 

Le 10 juin, l'enfant nous est ramené et l'on constate un érysipèle 



OBSERVATIONS 389 

sur la cuisse et sur la fesse; la rougeur se présente par plaques ou 
sous la forme d'un petit pointillé, comme dans la scarlatine. 

12 juin. — L'érysipèle envahit le tronc. La rougeur est très vive par 
places ; en certains points l'épiderme s'enlève et montre le derme 
avec un aspect noirâtre , hémorrhagique. Par la plaie résultant de la 
perte de substance à la peau il s'écoule un liquide jaune mélangé à 
du pus. On agrandit l'ouverture au bistouri. 

Par la suite l'enfant guérit de son érysipèle, mais la tuméfaction 
de la cuisse resta dans le même état. 



Obs. LXXVI. — Hyjoertrophie congénitale des joues. — Angiomes 
cutanés (V. fîg. 44, p. 323). — Papon (Élise), âgée de dix mois, nous 
est présentée à l'hôpital Trousseau, le 13 mai 1883. 

La mère est bien portante, le père tousse habituellement. Un pre- 
mier enfant est mort à sept mois avec des convulsions, probablement 
de méningite tuberculeuse. Pour l'enfant qu'on nous présente, la 
grossesse avait été bonne, mais il y avait eu des vomissements conti- 
nuels pendant les trois premiers mois ; pas de traumatisme ; pas de 
pertes. Depuis sa naissance l'enfant n'a pas fait de maladie, il a eu 
seulement un peu de diarrhée, et, pendant les trois premiers mois, 
une éruption cutanée qui disparut spontanément. 

La figure de cet enfant présente un aspect un peu étrange; toutes 
les parties médianes de la face semblent petites : le nez, le menton 
et surtout l'orifice buccal. Au contraire, les yeux sont assez grands 
et les joues très développées; elles forment des saillies volumineuses, 
de consistance ferme et élastique, descendant jusqu'au niveau du 
menton et dépassant très notablement, sur les côtés , le plan déter- 
miné par les tempes. A la palpation, on remarque une induration 
légère de toutes les parties constituantes des joues_; mais surtout 
une épaisseur beaucoup plus grande de ces organes ; la peau est 
épaissie et montre des traces de desquamation épidermique. Les par- 
ties sous-cutanées sont surtout épaissies et on ne peut vraiment 
savoir la part que les muscles prennent à l'hypertrophie, bien qu'elle 
paraisse réelle; la muqueuse buccale est normale. 

La langue ne présente aucune altération, on ne trouve rien d'anor- 
mal sur le reste du corps, à l'exception de trois nsevi. L'un d'eux 
forme sur le front, au-dessus de la partie interne du sourcil gauche, 
une petite tache vasculaire, large comme un petit haricot. Deux 
autres taches semblables existent, l'une au niveau de la fontanelle 



390 KYSTES SÉREUX 

antérieure, l'autre du côté droit, à la limite du front et du cuir 
chevelu. 



Obs. LXXVII. — Angiome profond du cou pris pour un kyste con- 
génital; tentative d'extirpation ; guérison. — Deblan (Paul), âgé de 
sept ans et demi, salle Denonvilliers, n° 2G, hôpital Trousseau. 

Cet enfant porte sur la partie latérale gauche et postérieure du 
cou une tumeur profonde, qui fut remarquée par les parents dans 
le cours du premier mois de la vie. Elle est située sous la partie 
supérieure du sterno-mastoïdien ; elle est molle, mal limitée. Elle 
semble en partie réductible; cependant elle Test incomplètement : 
car lorsqu'on la comprime en un point, elle reparaît ailleurs. La fluc- 
tuation y est douteuse. Pas de dilatations veineuses périphériques , 
pas de nœvi. 

L'enfant ayant été suivi pendant quelque temps et la tumeur ayant 
augmenté notablement de volume , on décide l'extirpation , dans la 
pensée d'un kyste congénital. 

Opération, le 2 avril 1884. — Une incision en V à sommet infé- 
rieur, descendant jusque dans le creux: sus-claviculaire, met à nu 
l'aponévrose et le bord postérieur du sterno-mastoïdien. Ce bord- 
est isolé avec la sonde cannelée, et la partie supérieure delà tumeur 
est ainsi progressivement décollée. En haut, on voit une disposition 
érectile très prononcée. En arrière , on constate que le bord du 
muscle est longé dans presque toute sa hauteur par une tumeur assez 
uniformément cylindrique, molle, réductible et bleuâtre, se repro- 
duisant dès qu'on cesse la compression : c'est manifestement une 
poche veineuse, grosse comme le pouce environ, et qui plonge dans 
le creux sus-claviculaire. Elle a été isolée du bord antérieur du tra- 
pèze. Dans la dissection elle a été ouverte par deux ou trois coups 
de pointe ; l'hémorrhagie considérable qui en est résultée a dû être 
arrêtée par des ligatures. L'opération en reste là. Pansement com- 
pressif à l'amadou et à l'alcool. 

Quelques heures après, le pansement étant imbibé de sang est 
renouvelé ; dès qu'il est levé, un jet de sang s'échappe de la plaie. 
Des écarteurs étant placés, on reconnaît que le sang vient des orifices 
de la grosse veine et de quelques petites veinules ; des pinces hémo- 
statiques sont appliquées et des ligatures sont faites. Pansement com- 
pressif. L'hémorrhagie est définitivement arrêtée. 



OBSERVATIONS 391 

A la suite de Topération survint une réaction assez vive, avec sup- 
puration abondante et fièvre , pendant une quinzaine de jours. La 
plaie resta longtemps blafarde , bien que badigeonnée pendant une 
semaine au perchlorure de fer. La cicatrisation se fit progressive- 
ment et la tumeur diminua graduellement par rétraction cicatricielle. 
Plus tard on ne constatait plus de traces de la tumeur vasculaire. 



Obs. LXXVIII. — Tumeur kystique du sein chez une enfant. — 
Bonniface (Anna-Eugénie), âgée de sept ans, est entrée à l'hôpital, 
salle Sainte-Eugénie, lit n" 31, le 28 décembre 1877. Ses parents se 
portent bien; son grand-père paternel est mort d'une affection car- 
diaque ou thoracique , ses grands-parents maternels sont morts de 
vieillesse. Sur huit enfants, deux sont morts, l'un de coxalgie, l'autre 
de convulsions. 

Celle-ci porte dans la région du sein droit, au-dessus du mamelon, 
et paraissant bien distincte de ce qui n'est que le rudiment de la 
glande mammaire, une tumeur qui offre les caractères suivants. 
Elle a la forme d'une plaque, d'un gâteau aplati, inégal et lobule, 
présentant à sa circonférence la trace de dix à douze lobules. Cette 
tumeur, ayant l'étendue d'une pièce de cinq francs, est placée sous la 
peau et glisse parfaitement bien et dans tous les sens sur le muscle 
grand pectoral. Elle n'a donc aucune adhérence profonde. Du côté 
de la peau il n'y a d'adhérence qu'au centre de la tumeur. Aussi, si 
l'on vient à faire glisser la peau au-devant d'elle, on détermine des 
plis et un froncement manifeste. 

Mais encore cette adhérence n'ést-elle pas parfaite. Il en résulte 
qu'on ne peut pas considérer cette tumeur comme faisant ou ayant 
fait partie de la peau. 

La consistance de la tumeur est assez grande. Quand on la prend 
dans ses grands diamètres, elle donne une sensation de résistance 
élastique. En certains points la transparence de la peau permet de 
reconnaître une coloration bleue. Au centre où elle adhère, il existe 
une coloration rosée et quelques petites plaques épidermiques; quoi 
qu'il en soit, la tumeur n'est pas douloureuse. 

La pression dans tous les sens ne réveille aucune douleur Au dire 
de la mère , la tumeur ne daterait que de trois mois. Elle s'en est 
aperçue en débarbouillant l'enfant, et depuis elle a grossi. 

Bref, tumeur sus-mammaire, lobulée, résistante, un peu adhérente 
à la peau, à marche lentement croissante. 



392 KYSTES SÉREUX 

Le 17 janvier 1878, la tumeur a été extirpée. 

L'opération a été des plus simples; j'ai fait une incision à la peau 
et j'ai énucléé la tumeur; puis j'ai posé deux ou trois points de suture. 

Trois jours après l'opération, l'enfant fut atteinte de diphthérie des 
plaies d'une façon assez sérieuse. On entrava le mal au moyen de 
pansements au perchlorure de fer et de cautérisations. 

Enfin, le 14 février, l'enfant allait mieux; la plaie marchait vers la 
guérison, et quelques jours après elle sortait complètement guérie. 

L'examen de la tumeur à l'œil nu montre qu'elle se compose d'une 
série de kystes. J'en compte au moins cinq ou six petits et un plus 
gros au centre. Le liquide contenu dans ces kystes a la couleur de 
vin de Madère trouble ; il ressemble à du bouillon et contient de la 
graisse qu'on voit à sa surface comme des yeux sur le bouillon. 

La face interne est aréolaire en certains endroits et communique 
par ses parties latérales avec des espèces de boyaux, des loges cylin- 
driques. Dans un point on trouve une criblure aréolaire comparable 
à un état érectile. 



^ 



!NDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



I. — Ky3te3 séreux congénitaux du cou 

Redenbacher. — Be ranida sub lingua, speciali mm casu congenito. Dis- 
sert, inaug., Mûnehen, 1828. — Tumeur bilatérale. 

Ebermaier. — Casper's Wochenschrift, 1836, s. 13. — Fille nouveau-née. 
Tumeur étendue d'une oreille à l'autre, descendant juscju'à la partie 
supérieure de la poitrine. Liquide séreux, séro-sanguin, sanguin. 

Wutzer. — Ca^Kr's Wochenschrift, 1836, n" 17, s. 2o7. — Enfant nou- 
veau-né ; tumeur d'une oreille à l'autre; dyspnée; mort à onze jours. Kys- 
tes multiples; contenu varié. 

Vœlkers (de Lauenbourg). — Hygroma cellulosum colli. Ca&per's Wo- 
chemchrift, 1837, n» 44, s. 704. — Fille nouveau-née. Tumeur du côté 
droit; gêne de la respiration et de la déglutition. Incisions. Mort par 
accès de suffocation. Kystes multiples, s'étendant entre les muscles, jus- 
qu'entre les ptérj^goïdiens. 

Ammon. — Angehorene chinirglsche KranJiheifen, Berlin, 1839, Taf. XIII, 
fig. 3, — d'après Heusinger. — Tumeur double; enfant d'un an. 

Droste. — Holsclier, Hannœvr. Annalen, 1839, Bd. IV, s. 29o. — Kyste 
simple congénital du côté gauche. 

Arnott. — The London Médical Gazette, march 16, 1839, vol. XXIII, 
p. 917. — FiUe d'un mois; tumeur kystique congénitale, derrière le 
sterno-mastoïdien du côté gauche. Ponction; liquide séreux. Extirpation 
partielle ; érysipèles. 

C. Hawkins.— On a peculiar form of congénital tumour of the neck. Me- 
dico-chirurg. Tram., may 28, 1839, t. XXII, p. 231. 

I. Enfant de huit mois ; kyste congénital du cou et de la joue du côté 
droit. Ponctions répétées; disparition après une année. 

II. Enfant d'un an; tumeur congénitale de la joue et de la région 
parotidienne. Plusieurs loges, dont une donna un liquide clair à la 
ponction. 

III. Enfant de onze semaines; tumeur du côté droit du cou; mort par 
accès de suffocation. Plusieurs centaines de kystes agglomérés, 
s'étendant autour de la carotide, de la jugulaire, du pneumogas- 
trique et derrière le pharynx et l'œsophage, de l'apophyse basilaire 
jusqu'à la sixième vertèbre cervicale. 



394 KYSTES SÉREUX 

Il mentionne encore un cas de tumeur kystique congénitale de l'aisselle 
se prolongeant au cou et au bras, deux autçgs cas de kystes du cou et le 
cas précédent d'Arnott. 

Nicod d'Arbendt. — Observ. sur le goitre des nouveau-nés, précédées d'un 
court exposé historique sur cette maladie. Bull. gén. de thérapeutique, 1840, 
t. XIX, p. 54. — Cas douteux. 

Henri (de Lisieux). — Cité par A. Bérard, Bes tumeurs de la parotide, thèse 
de concours, 1841 ; — d'après FoUin et Duplay, Tr. de path. ext., t. V, 
p. 93. — Enfant de quatre ans, kyste congénital de la région paroti- 
dienne ; liquide séreux. 

Otto. — Monstrorum sexcentorum descripttio, Vratisl., 1841, n° o8S ; — d'après 
Heusinger. — Tumeur double. 

Wernlier. — Die angeborenen Kysten Hygrome und die ihnen verioandten 
Geschwidste. Diss. inaug., Giessen, 1843. — Tumeur du côté gauche du 
cou chez un nouveau-né; ouverture spontanée des kystes; guérison. 

Bruch. — Zeitschr. f. rat. Med., Bd. 8, 1848 ; — d'après J. Arnold. — Kyste 
du côté droit. 

Bednar. — Bie Krankheiten d. Neiigebor., 18o0; — d'après J. Arnold. — 
Kyste du côté gauche. 

Adelmann. — TJeber Bcdgliroepfe. Walther und Ammon's Joiirn. der Chir. 
und Augenheilk., 1830, Bd. XI, s. 169. 

Evans. — Hydrocèle du cou survenue chez un nouveau-né ; guérison ; cité par 
Bouchut, Tr. prat. des maladies des nouveau-nés, 2° éd., Paris, 1852. — 
Kyste congénital du côté droit, s'étendant du maxillaire à la clavicule. 
Liquide séreux. Traitement par le séton filiforme pendant six mois; 
accidents graves. 

J. Gilles. — Be hygromaficis cysticis congenitis deque novis quibusdam 
eorumdem exemptlis quœ in collo et in regione sacrali observata sunt, Bonn, 
1832; — d'après A7xh. génér. de méd., 1833, p. 82. — Tumeur congéni- 
tale du côté gauche du cou; ponction, ligature; mort. Paroi du kyste 
semblable à une muqueuse ; deux loges communiquant par un canal 
étroit. 

Lorain. — Sur un enfant qui présentait, au moment de la naissance, des 
kystes multiples du cou. C. R. des séances de la Soc. de biologie, mai 1833, 
p. 62. — Enfant à terme mort à huit jours; tumeur énorme remontant 
jusqu'aux apophyses mastoïdes et descendant au niveau des mamelles. 
Quatre-vingts à cent loges à contenu varié; altération des muscles. 
Examen microscopique du contenu des kystes par Robin. 

— Mémoire sur les kystes congénitaux du col. C. R. et Mém. de la Soc. 
de bioL, 1834; Mémoires, p. 133. 

I, p. 134 et Gazette des hôpitaux, l^"" juill. 1834, n» 78, p. 310. — Gar- 
çon à terme; kyste volumineux du côté droit du cou. Excision par 
Nélaton; mort. Masse polykystique reposant sur les muscles préver- 
tébraux. 

II, p. 139. — Fœtus féminin de quatre mois, observé par Morgan (du 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 395 

Kentucky) : tumeur plus grosse que la tête, étendue de la fontanelle 
postérieure à la deuxièi^e ou troisième dorsale, limitée latéralement 
par les sterno-mastoïdiens. Loge principale avec cinq kystes acces- 
soires. 
Schuh. — Pathoî. u. Therap. d. Fseudoplas., 1834, — d'après J. Arnold. 
N.-F. Virlet. — Bes kystes congénitaux du cou. Thèse de Paris, 1834, 

n° 130. 
E. Gxirlt. — Lie Cystengeschwùlste des Halses, Berlin, 18oo; — d'après 
Gazette hehdomad., 11 juil. 1836, p. 303. — Tumeur bilatérale. 

Broca. — Bull, de la Soc. anatom., juin 1833, p. 240, et Bull, de la Soc. de 
chic, 16 nov. 1839, t. X, p. 223. — Nouveau-né; tumeur volumi- 
neuse de la région cervicale gauche; asphyxie lente. Extirpation; dis- 
section difficile. Mort trois semaines plus tard par épuisement. Kystes 
innombrables. 

Roux (de Brignoles). — Bes kystes séreux du cou. Bull, de l'Acad. de méd., 
10 juillet 1833, t. XX, p. 1110. — Une des observations est relative à 
une tumeur kystique congénitale, chez un garçon de trois mois, siégeant 
à la partie antérieure et au côté droit du cou. Incision; suppuration. 

J. Roux (de Toulon). — Injections iodées dans deux kystes congénitaux du 
cou. Bull, de l'Acad. de méd., 26 août 1833 , t. XXI, p. 1037. 
I. Enfant de huit jours ; kyste du volume de la tête d'un fœtus à terme 
au côté gauche du cou. Ponction sous-cutanée, incision des cloisons 
au ténotome mousse, injection iodée, guérison. 
IL Enfant de quinze mois; kyste volumineux du côté gauche. Même 
traitement, guérison. 
Blachez. — Kyste congénital du cou. Bull, de la Soc. anatom., mars 1836, 
p. 286. — Fœtus mort-né, tumeur volumineuse étendue du plancher 
buccal à la partie moyenne du sternum; parois séreuses; cloisons; 
mâchoire inférieure formée de deux moitiés non soudées flottant 
dans la paroi : parotides bien développées : vestiges de la glande sous- 
maxillaire droite ; absence de la sous-maxillaire gauche et des sublin- 
guales. 
Debout. — Bes Kystes séreux congénitaux du cou et de leur traitement par 
les badigeo'nnages et les injections de teinture d'iode. Bull. gén. de thérapeut. 
méd. et chir., 1836, t. LI, p. 447. — Aucun fait nouveau. 

E. Barthez. — Kystes du col {Soc. méd. des hôpitaux). Union médicale, 
31 déc. 1837, p. 633. — Fille de trente-deux mois, tumeur congénitale 
d'un volume énorme, descendant au-devant de la poitrine; gêne de la 
respiration et de la déglutition; mort. Kystes agglomérés très nombreux, 
à contenu varié, entourant la trachée, l'œsophage, le pharynx. Tissu lar- 
dacé. Cellules épithéliales rappelant celles des vésicules du corps thy- 
roïde qui faisait défaut. 

Giraldès.— Bidl. de la Soc. de chir., 16 nov. 1839, t. X, p. 221, et 23 nov., 
p. 229. — Enfant de seize jours; kyste congénital, volumineux, du côté 
gauche du cou. Ponction, liquide sanguinolent. 



396 KYSTES SÉREUX 

Boinet, Bull, de la Soc. de Chir., cite un cas semblable, traité avec succès 

parla ponction et l'injection iodée. 
Guersant, Morel-Lavallée, Chassaignac. — Ibid., p. 225 et 229. 
PoUin. — Ibid., p. 230. — Nouveau-né ; kyste énorme du côté droit du 

cou. Contenu séreux. Ponctions répétées. 
Ouersant. — Bull, de la Soc. de chir., !'='• févr. 1860; 2" série, t. I", p. 59. 

— Enfant de huit jours; kyste congénital de la région latérale droite 
du cou. 

Sédillot. — Bull, de la Soc. de chir., 22 févr. 1860; 2'' série, t. I", p. 107. 

— Kyste congénital de la joue gauche et du cou : ponction et injection 
iodée à six mois; inflammation; ouverture par les caustiques; gué- 
rison. 

Michel. — Note sur certaines transformations du tissu érectile et caverneux. 

Gaz. méd. de Strasbourg, 24 mars 1860, n» 3, p. 39. — Obs. I. Enfant de 

quelques mois; tumeur congénitale du côté droit du cou; extirpation. 

Kystes multiples. Tissu conjonctif et graisseux. 
Fano. — Union médicale, 1861, p. 122. — Fille de un mois; kyste séreux 

congénital de la région sous-maxillaire gauche; ponction, injection iodée; 

guérison. 
Storch. — Journ. f. Kinderkrankh., 1861, Bd. XXXVII, — d'après J. Arnold. 

— Kyste du côté gauche du cou. 

Jackson. — Americ. Journ., LXXXI, jan. 1861, — d'après J. Arnold. 

Berend. — Med. centr. Zeit., XXX, 36, 1861, — d'après J. Arnold. — Kyste 
du côté droit. 

Scholz. — Wiener med. Wochenschr., XIII, 39, 40; 1863, — d'après J. Ar- 
nold. — Kyste du côté gauche. 

T. Holmes. — On congénital innocent tumours, their diagnosis and treat- 
ment. The Lancet, may 21, 1864, p. 575 ; may 28, p. 605. 

I. Enfant de quelques semaines; kyste du cou; ponction et injection 
iodée; mort. 

II. Enfant de six semaines, kyste du cou étendu du sternum jusque 
sous la langue; flèches caustiques; mort. 

III. Enfant de huit ans; kyste congénital au côté droit du cou; extir- 
pation; masse polykystique adhérente aux muscles; guérison. 

IV. Enfant de quatorze jours; tumeur de la partie postérieure de la 
tête et du cou; extirpation avec l'écraseur; guérison. 

C. Williams. — Sanguineous cyst or hœmatocele of theneck. The Lancet, 
dec. 3, 1864, vol. II, p. 631. — Enfant de cinq mois; tumeur non remar- 
quée à la naissance, située à droite ; accroissement rapide. Ponction : 
liquide sanguin. Disparition. 

J. Arnold. — Zioei Fselle von Hygroma colli cysticum congenitum und deren 
fragliche Beziehung zu dem Ganglion intercaroticum. Virchow's Archiv f. 
path. Anatom., 1865, Bd. XXXIII, s. 209. — 2 obs. 

A. Liicke. — Beitrœge zur Geschwulstlehre. Bie Combinationen der cavernœ- 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 397 

sen Geschivùlste und ihre Umioandlungen. — Yirchow's Archiv f. path. 
Anat. 1865, Bd. XXXIII, s, 330. 
I. Enfant de quatre jours; tumeur kystique au côté gauche du cou, 

étendue de la clavicule à la mâchoire, avec télangiectasie. 
IL Enfant de quelques semaines. Tumeur congénitale allant de la cla- 
vicule à l'oreille du côté droit; télangiectasies. Autopsie : kystes 
multiples à contenu varié; tissu conjonctif avec fibres élastiques et 
fibres lisses; veines nombreuses et volumineuses. 

Després et Lelong. — Ktjste congénital de la partie médiane et posté- 
rieure dur cou. Bull, de la Soc. anat., févr. 1866, p. 59. — Fœtus de quatre 
ou cinq mois; kyste du volume du poing, muUilobé, symétrique, étendu 
de la fontanelle postérieure jusqu'à la huitième ou neuvième vertèbre 
dorsale. Pas de trace de communication avec le canal vertébral. 

E. Mossel. — Bes kystes séreux du cou. Thèse de Paris, 1868, n" 194. 

P. Boucher. — Étude sur les kystes congénitaux du cou. Thèse de Paris, 
1868, n° 213. 

J. Birkett. — A contribution to the surgical pathology of sero-sanguineous 
cysts in the neck and axilla {Royal med. andsiirg. Soc, june 9, 1868). The 
Med. Times and Gazette, july 18, 1868, p. 79. — 3'^ cas : homme de vingt 
ans ; tumeur observée peu après la naissance ; située dans les régions 
cervicale et axillaire du côté droit. 

Burow jun. — Zur Lehre von den serœsen Halscysten. Langenbeck's Archiv 
f. klin. Chir., 1870-71, Bd. XII, s. 976; anal, in Arch. gén. de méd., 1872, 
vol. II, p. 355. — Enfant de un an deux mois ; kyste congénital à l'angle 
delà mâchoire du côté gauche. Ponction, drainage. Il cite un cas de 
Burow père dans lequel la mort suivit une tentative d'extirpation. 

F. Trendelenburg. — Vier Fœlle von congenitalen Halscysten, mit Injec- 
tion von Jodtinctur behandelt. Langenbeck' s Archiv f. klin. Chir., 1871, Bd. 
XIII, s. 404; anal, in Arch. gén. de méd., 1872, vol. II, p. 355. 

I. Garçon de deux ans et demi ; tumeur congénitale de la région sus- 
claviculaire droite. Trois ponctions avec injection iodée; mort. Kystes 
multiples. 

IL Garçon de neuf jours; kyste de la fosse sus-claviculaire gauche. 
Trois ponctions avec injection iodée; guérison. 

III. Garçon d'un jour; tumeur étendue de la clavicule au maxillaire 
avec prolongement dans l'aisselle. Une ponction simple et trois 
injections iodées; guérison. 

IV. Fille ; tumeur congénitale de la nuque, médiane, cervico-dorsale. 
Injection iodée; guérison. 

W. Fifield (de Dorchester). — The Boston med. and. surg. Journ., 7 nov. 
1872, p. 317 ; — d'après Rev. des sciences méd., t. II, p. 356. 

J. Hardie. — On a congénital cystic tumour in the neck, successfidly extirpa- 
ted. The Lancet, nov. 9, 1872, vol. II, p. 667. — Fille de cinq mois ; kyste 
congénital du côté gauche. Essai infructueux d'électrolyse. Troubles de 
la respiration et de la déglutition. Extirpation, guérison après un érysi- 



398 KYSTES SÉREUX 

pèle. Kyste mulliloculaire ; aspect d'un rayon de miel; connexions avec 
la gaine des gros vaisseaux. 

"W.-R. Mac-Mahon. — Congénital cyst of the neck, or the hygromatoiis 
cyst ofvon Ammon. American Med. and surg. Reporter, 27 juillet 1872, — 
d'après Rev. des sciences méd., t. I", p. 340. — Kyste étendu d'une oreille 
à l'autre et du sternum au menton ; accidents de voisinage. Incision 
palliative ; récidive deux mois après ; séton imbibé de teinture d'iode 
pendant dix jours. Guérison. 

L. Monti (de Bologne). — Bidletino délie Scienze Medklie; anal, in The 
Lancet, nov. 1, 1873, vol. II, p. 633. — Garçon; tumeur volumi- 
neuse. Ponction : liquide sanguin; inflammation; ouverture large; 
guérison. 

Jabez Hogg. — Congénital multilocular cyst in the neck of a child foiirteen 
months old {Medic. Soc. of London, nov. 24, 1873). The Lancet, dec. 6, 1873, 
vol. II, p. 812. — Kyste survenu très peu de temps après la naissance. 
Séton filiforme avec six flls de soie ; guérison. 

A. Wini'warter. — Ein Fait von angeborener Makroglossie combinirt mit 
Hygroma cysticum colli congenitum. Langenbeck's Archiv f. klin. Chir., 
1874, Bd. XVI, s. 633. — Garçon de quatorze mois ; macroglossie et kyste 
congénital du côté gauche du cou. Extirpation de la langue avec l'anse 
galvanique; mort douze jours après. Kystes conglomérés s'étendant 
autour du larynx et de la trachée, 

Guillavmiet. — Kyste séreux congénital de la nuque et du cou chez un fœtus 
de quatre mois et demi. Bull, de la Soc. «?îa^, juill. 1874, p. 382. — Kyste 
étendu de la bosse occipitale à la région dorsale au niveau de l'angle 
inférieur des omoplates, trois loges principales et une petite ; aucune 
communication avec le crâne elle rachis. 

L.-F. Guérin. — Les kystes congénitaux du cou et de leur traitement. Thèse 
de Paris, 1876, n° 392. 
Obs. VIII (Fano). — Garçon de onze mois; kyste congénital de la 
région occipito-mastoïdienne gauche ; deux ponctions avec injection 
iodée; guérison. 
Obs. IX (Tillaux). — Fille de deux ans; kyste congénital de la région 
supérieure et latérale droite du cou ; la ponction fait découvrir une 
deuxième poche ; injection iodée; guérison. 
Obs. XIII. — Garçon nouveau-né observé dans les services de Tillaux 
et de Guéniot ; kyste du côté gauche du cou ; ponctions répétées. 

Devalz. — Kyste congénital du tissu cellulaire du cou guéri après deux 
ponctions successives par le trocart capillaire. Bull, et Mém. de la Soc. de 
chir., 29 nov. 1876, t. II, p. 762. — Enfant de six mois ; tumeur du côté 
gauche du cou passant en bas sous la clavicule pour tomber presque 
dans le creux de l'aisselle. 

E. Boucliut. — Tr. prat. des maladies des nouveau-nés, 1^ éd., Paris, 
1878, p. 887. 
I. Enfant de vingt et un jours ; tumeur au côté gauche du cou, sous 
la mâchoire ; kystes multiples. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 399 

II. Nouveau-né ; kyste de la région latérale et postérieure du cou, du 
côté droit, s'étendant de l'oreille à l'épaule. 

V. Martone. — Cisti sierose ciel eollo. Annali clin. Ospedale incurabili, 
anno II, 1877, juni ; — d'après Centralbl. f. Chir., 1878, s. 16S. — Enfant 
de deux ans et demi; kyste congénital muUiloculaire du côté droit du 
cou; extirpation; adhérence à la jugulaire interne; guérison après un 
érysipèle. 

L. Gosselin. — Clinique chirurgicale de l'hôpital de la Charité, 3^ éd., 
Paris, 1879, t. III, p. 203. — Enfant de trois ans ; kyste sous-maxillaire 
du côté droit, remarqué quinze ou vingt jours après la naissance; six 
ponctions en deux ans ; suppuration, drainage ; guérison. 

E. Sch-werin. — Ein Fait von Tumor cystoides colli congenitus. Langen- 
beck's Archiv f. klin. Chir., 1879, Bd. XXIIl. s. 430. — Fille nouveau-née; 
tumeur de la partie antérieure du cou ; langue appliquée contre le palais ; 
impossibilité de l'alimentation par la bouche. Ponction de la tumeur 
sublinguale ; mort par épuisement. Kystes à contenu varié. 

Parrot. — Kyste séreux muUiloculaire congénital; curieuses attaques de 
cyanose. Gazette des hôpitaux, 13 janvier 1880, p. 34. 

A. Zeller. — Lymphangiectasia colli congenita. Inaug. Dissert., Berlin, 1880; 
d'après Middeldorpf, loco cit. — Kyste du cou; extirpation partielle; mort 
par intoxication phéniquée. Contenu analogue à la lymphe, revêtement 
endothélial; canaux du suc de Recldinghausen. 

K.-N. Macdonald. — Edinb. med. Journ., p. 690, février 1881 ; d'après 
Rev. des Sciences méd., t. XVIII, p. 608. — Enfant né à terme; kyste con- 
génital du côté gauche, étendu de la nuque à l'épaule. Ponctions succes- 
sives,- suppuration ; mort au troisième mois de méningite; pas de commu- 
nication avec le crâne; poche close avec des débris de cloisons fibreuses. 

Fr. Trêves. — Dissection of a congénital hydrocele of the neck. Trans. of 
the Pathol.Soc. ofLondon, march 3, 1881, vol. XXII, p. 194. — Garçon 
né à terme; tumeur énorme delà partie antérieure, symétrique; 6 pouces 
de haut sur 8 de large ; langue refoulée contre le palais. Mort à trois 
semaines. Une grande loge avec de nombreux petits kystes; muscles pâles 
et adhérents. 

H.-H. Clutton. — Saint-Thomas' s Hospital Reports, new séries, vol. XI, 1881. 

I. Large vascular growth in the neck, p. 48. — Fille de sept mois; tu- 
meur congénitale de la région sous-maxillaire droite, réductible par 
la pression; langue volumineuse, sortant delà bouche; vaisseaux 
dilatés; gêne de la déglutition et de la respiration. 

II. Congénital hydrocele of the neck, p. o2. — Enfant de deux ans; 
tumeur congénitale au côté droit du cou. Contenu sanguin; après 
ponction on sent une masse solide. Injection iodée répétée deux fois ; 
persistance d'un noyau d'induration. 

S.-G. Shattock. — Congénital tumour of the neck. Trans. of the Path. Soc. 
ofLondon, janv. 17, 1882; vol. XXXIII, p. 289. — Tumeur située au- 
devant du cou; structure muUiloculaire; trabécules de cartilage hyalin; 



400 KYSTES SÉREUX 

tissu acineiix adénoïde reposant sur un tissu conjonctif jeune ; épithé- 
lium glandulaire cubique. 
J. "Whitson. — Case of hydrocele of neck {Med.-Chir. Soc. of Glasgow, 
febr. 3, d882). The Lcmcet, febr. 18, 1882 ; vol. I, p. 268. — Fille de sept 
ans; kyste du côté droit du cou, remarqué à l'âge de cinq mois, bilobé 
à cause du sterno-mastoïdien. Ponction, liquide très albumineux; réci- 
dive, incision, injection iodée, drainage; guérison. 
Terrillon. — Kystes de la région latérale droite du cou situés sous le ster- 
no-mastoïdien et probablement d'origine ganglionnaire. Examen histologi- 
que des kystes. Extirpation. Guérison. — Bidl. et Mém. de la Soc. dechir., 
H juilL 1883, t. IX. p. 598. — La nature congénitale n'est pas établie. 
E. MûUer. — Ziir Casuistik der Lymphangiome. Mittheil. aus der chirurg. 
Klinik zu Tùbingen, h. 3, p. 493 ; Tubingen, 1884; —d'après Centralbl. 
f. Chir., 188o, s. 356. — Enfant de deux mois; lymphangiome kystique 
congénital de la joue gauche et de la lèvre supérieure ; extirpation par- 
tielle. 
J.-L. Baena. — Des kystes séreux congénitaux du cou. Thèse de Paris, 1884, 
n" 275. 

Obs. XXI, p. 85 (Cazin). — Fille de six ans, kyste congénital du côté 

gauche ; ponction. 
Obs. XXni, p. 92 (Cazin). — Enfant de sept ans; tumeur congénitale 
bilobée de la région sous-maxillaire droite. Dysphagie, dyspnée. 
Ponction de deux poches; récidive; drainage, suppuration. Mort, 
Obs. XXXII, p. 110 (Cazin). — Fille de quatre ans; kyste congénital 
volumineux du côté gauche du cou. Ponction suivie d'accidents 
inflammatoires; extirpation. Guérison. 
Obs. XXXIII, p. 116 (Cazin). — Garçon de cinq ans; kyste congénital 
de la région sous-maxillaire gauche. Extirpation. 
J.-H. Morgan. — Cysts of the neck {Med. Soc. of London, dec. 1, 1884). 

TheBrit. Med. Journ., dec. 6, 1884; vol. II, p. dl4]. 
Weinlechner. — Soc. império-royale des méd. de Vienne, 22 mai 1885. 
Semaine médicale, 27 mai 1885, p. 189. — Kyste composé congénital chez 
un enfant; côté gauche du cou. Injections iodées. Mort. Kyste entre le 
pharynx et la colonne vertébrale ; envahissement des muscles de la région. 
Latouclie. — Kystes et tumeur fibro-kystique congénitale du cou. Rev. men- 
suelle des mal. de l'enfance, sept. 1885, p. 415. — Garçon nouveau-né ; 
tumeur du côté droit du cou; ponctions répétées; suppuration, drai- 
nage. Mort. Deux poches principales et masse aréolaire. 
Observations personnelles LU à LXIII, p. 345 à 368. 



II. — Kystes séreux congénitaux de diverses régions. 

E. Anders. — Jahrbuch fur Kinderheilkunde, Bd. XVI, s. 429 ; cité par 
Middeldorpf. — Tumeur congénitale au côté droit du thorax ; poussées 
inflammatoires, issue spontanée de lymphe. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 401 

A.-M. Anderson. — A Case of congénital multilocular cyst of the abdomi- 
nal wall. The Brit. med. Journ., febr, 15, 1879, vol. I, p. 223. — Tumeur 
occupant la moitié droite de la paroi abdominale. Mort à vingt et un 
mois; autopsie; kyste multiloculaire. 

Th. Anger. — Bull, et Mém. de la Soc. de chir., 22 février 1882, t. VIII, 
p. 136. — Fille de cinq mois; tumeur congénitale de la face externe de 
la jambe et du dos du pied; aspect éléphantiasique ; plusieurs kystes. 

A.-E. Barker. — Cysts containing clear fluid prohahly dilated lymphatic 
spaces. Trans.ofthe Pathol. Soc. of London, march 20, 1883, vol. XXXIV, 
p. 304. — Enfant de deux ans ; hypertrophie de l'extrémité inférieure 
droite ; amputation; mort. Kyste du volume d'une noix dans le bassin ; 
kyste un peu plus grand au voisinage du rein. Kyste plus petit à la 
racine du pénis. 

E. V. Bergmann. — Zur Diagnose der angehorenen Sacral-Gescliwillste 
{Berlinei' medic. Gesellsch.), Berliner klinische Wochenschrift, 1884, n° 48, 
s. 764. — Enfant d'un an; méningocèle très petite à travers les premières 
vertèbres sacrées divisées ; petits kystes semblables aux kystes congéni- 
taux du cou. 

Bickersteth. — Large stibcutaneous Naevus in process of undergoing a 
peculiar Transformation. Monthly Journal of Edinburgh, juin 1853; vol. 
XVI, p. 513; d'après Broca, Tr. des Tumeurs, t. II, p. 202. ■ — Fille de dix- 
huit mois ; tumeur éreclile de la partie postérieure de l'épaule ; liga- 
ture à ciel ouvert et excision d'une partie. Plusieurs cavités à contenu 
plus ou moins sanguin ; parois lisses et brillantes ; pas de communi- 
cation avec les vaisseaux. 

Billroth. — Mittheilungen ans der chirurg. Klinik in Wien, 1871-1876, 
s. 463 u. 582; cité par Middeldorpf, — Lymphangiomes chez des sujets 
jeunes ; un cas à l'extrémité supérieure ; trois cas àl'extrémité inférieure, 
dont un est rapporté par Gjorgjevic. 

J. Birkett. — A contribution to the surgical pathology of sero-sanguineous 
cysts in the neck and axilla {Roy. Med. and Surg. Soc, june 9, 1868). The 
Med. Times and Gfaz., july 18, 1868, p. 79. 
.2^ cas : enfant de sept ans ; tumeur existant depuis six ans dans l'ais- 
selle droite et la région sous-scapulaire. Dans le 1"=^ cas, la tumeur 
axillaire, extirpée avec succès chez un homme de vingt-huit ans, 
est sans doute un kyste congénital. 
Bollinger. — • Chylangiome kystique de l'iléon chez un enfant; d'après Bev. 
mé die. française et étrangère, 9 janv. 1886, p. 63. — Fillette de cinq ans; 
symptômes de rétrécissement de l'intestin. Kyste implanté sur la paroi de 
l'intestin grêle; paroi séreuse; contenu chyleux. 
A. Bryk (de Cracovie). — JJlcerœses Lymphangiom der Fusse (Elephan- 
tiasis lymphorrhagica). Metastatische Lymphangiome der Haut der TJnters- 
chenkel, der oberen Extremitseten und der Schleimhaut der Gaumenrachen- 
partieen. Langenbeck's Archiv f. klin. Chir., 1879, Bd. XXIV, s. 273. — 
Homme de vingt-six ans ; éléphantiasis des pieds depuis l'enfance ; lym- 
phangiomes multiples. 

26 



402 KYSTES SEREUX 

N. Davies Colley. — CongenUal fibro-sarcomatous tiimour ofbach. Trans. 
of the Pathol. Soc. of London, april 15, 1884, vol. XXXV, p. 382. — 
Jeune liomme de seize ans ; tumeur congénitale, pédiculée, de la qua- 
trième à la dixième vertèbre dorsale. Extirpation. Stroma flbreux com- 
paré à la mamelle atrophiée ; loges agglomérées, à parois lisses conte- 
nant des corps ovoïdes, avec des cellules fusiformes et peut-être des fi- 
bres lisses. 

Déguise (fîls). — Iviistes multiples de la jxiroi abdominale. Bull, de la Soc. de 
chir., 28 avril 1858; t. VIII, p. 459; et Broca, Tr. des tumeurs, t. II, 
p. 56. — Jeune homme de dix-huit ans ; tumeur congénitale de la paroi 
abdominale, diagnostic|uée lipome. Opération. Myriades de kystes à 
coiilenu très divers, séparés par un tissu fibreux et flbro-plastique. 

risher. — Lymphangioma cysticum cavernosum congenitum. Langenbeck's 
Archiv f. Min. Chir., 1871, Bd. XII, s. 846. — Fille de trois ans et demi ; 
tumeur congénitale à la fesse droite. Extirpation; guérison. Examen par 
Waldeyer ; kystes à revêtement endothélial. 

H. Fischer. — ■ Ber Riesenwiichs [Mittheil. aus der kœnigl. chirurg. Klinik zu 
Breslau). Deutsche Zeitschrift f. Chirurgie, 1880, Bd. XII, s. 22. — Garçon 
de trois ans neuf mois ; hypertrophie congénitale du membre inférieur 
gauche; deux tumeurs situées à la malléole interne et à la partie interne 
supérieure de la cuisse. Extirpation; guérison. Cavités multiples, contenu 
lymphatique, endothélium. 

VI. Gjorgjevic. — JJeber Lymphorrhoe und Lymphangiome. Langenbeck's 
Archiv f. klin. Chir., 1871, Bd. XII, s. 641. 

I. Tumor cavernosus lymphaticus, s, 646.' — Lymphangiome dont la 
nature congénitale est incertaine. 

II. Fall von Lymphangioma cavernosum adnatum bei einem 2 Monaten 
alten Knaben. — Tumeur congénitale siégeant sur le côté droit du 
thorax et la région lombaire; ponction, contenu lymphatique ; réci- 
dive ; deuxième ponction, érysipèle. 

Giraldès. — Observation de Coulon. Tumeur du siège {kyste séro-sanguin). 
Gaz. hebdomad., 18 janv. 1861, p. 36. — Fille de treize jours; tumeur 
coccygienne. Surface interne lisse; aspect réticulé de la surface interne 
du cœur. Dans les parois, tissu conjonctif avec fibres élastiques. 

J.-L. Green. — Congénital multiple lymphangiectasia. The médical Record, 
New-York, 1880, vol. 17, p. 636. — Garçon né à huit mois; grande 
tumeur kystique sous la partie postérieure du bassin; deux autres kystes 
indépendants à la partie antérieure de la région abdominale; liquide 
séreux; ponction avec injection iodée. 

Guersant. — Warmont et Verneuil , Sur les kystes développés dans les 
tumeurs érectiles veineuses enflammées. Gaz. hebdomad., 1"^' juin 1855, 
p. 398. — Garçon de trois ans; tumeur congénitale au niveau du bord 
antérieur de l'aisselle. Extirpation. Kystes multiples; contenu variable, 
séreux ou sanguin; aspect comparable à celui des oreillettes du cœur; 
tissu fibreux avec fibres lisses. 

La-wrence. — Cité par Pagel, On tumours, London, 1853, p. 285 ; — d'après 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 403 

Broca, Tr. des Tumeurs, t. II, p. 56. — Kyste multiloculaire congénital 
situé sur le côté d'un enfant. 

A. Lûcke. — Beitrœge zur Geschwuhtlehre. Die Comhinationen der caver- 
nœsen Geschwùlste und ihre Umwandlungen. Virchow's Archiv f. path. 
Anat., 1863, Bd. XXXIII, s. 330. — Garçon de quatorze ans; depuis la 
première enfance, tumeur située à l'angle interne et supérieur de l'omo- 
plate. Extirpation; kyste à contenu sanguin. 

— DieLehre von den Geschwùlsten in anatomischer und klinischer Beziehung. 
Uandb. der cdlgemeinen und speciellen Chirurgie v. Pitha und Billroth, 
Bd. II, Abth. 1, s. 284. — Enfant de sept semaines; tumeur congénitale 
de l'aisselle droite, étendue à la paroi thoracique; taches télangiectasi- 
ques. Examen par Klebs; loges multiples à contenu varié; cavités san- 
guines communiquant avec la veine sous-clavière. 

G. Middeldorpf. — JJeher Lymphangioma cavernosum.Langenheck' s Archiv 
f. Min. Chlr., 1885, Bd. XXXI, s. 593. — Fille de seize ans ; tumeur datant 
de l'enfance, située entre le grand trochanter et l'épine iliaque antéro- 
supérieure du côté droit. Extirpation. Tissu caverneux; loges multiples; 
endothélium; tissu conjonctif jeune. 

Morel-Lavallée. — Bull, de la Soc. de Chir., 23 nov. 1859, t. X, p. 229. — 
Kyste congénital de l'épaule droite trouvé à l'autopsie, apparence fibro- 
musculaire ; aspect des cavités cardiaques. 

E. Mûller. — Zur Casuistik der Lymphangiome. Mittheil ans der chirurg. 
Klinik zu TùUngen, h. 3, s. 493; Tubingen, 1884; — d'après Centralhl. f. 
Chir., 1885, s. 336. 

I. Enfant de huit ans; lymphangiome caverneux congénital, situé au 
côté interne du fémur, depuis la région inguinale presque jusqu'au 
genou. Excision. 

II. Enfant d'un an. Lymphangiome kystique congénital du côté droit, 
étendu du creux axillaire jusqu'au bassin. Extirpation, collapsus, 
mort rapide. 

Pilate (d'Orléans). — Kyste multiloculaire complexe de la région axillaire, 
enlevé chez un enfant de deux ans et demi. Bull, et Mém. de la Soc. de chir., 
18 déc. 1878, t. IV, p. 813. — Tumeur sous le bras gauche, remarquée 
dans la première année; dimensions de la tête d'un nouveau-né; siège 
sur la paroi thoracique, la fosse sous-scapulaire, remontant jusqu'à la 
clavicule. Extirpation; kystes très nombreux; examen par Gombault : 
tissu fibreux, flbro-cartilage. 

O. Pinner. — Ein Fall von Lymphangioma cystoides der Brust. Centralhl. /. 
Chir., 1880, Bd. IX, s. 177.— Garçon de quatre ans; tumeur congénitale 
sous-axillaire du côté gauche; plusieurs loges à contenu varié; guérison 
après deux ponctions suivies d'injection de chlorure de zinc à 3 p. 100. 

Reichel. — Angeborenes Lymphangioma cavernosum cysticum bei einem 
4 Jahr 5 Monate alten Kinde. Virchow's Archiv f. path. Anat., 1869, Bd. 
XLVI, s. 497. — Tumeur congénitale du siège, du côté gauche, au voi- 
sinage du scrotum; liquide séreux. Extirpation au galvano-cautère; 



404 KYSTES SÉREUX 

mort treize jours après. Kystes agglomérés. Examen par Waldeyer : 
endothélium lymphatique caractéristique. 

G. Wegner. — Ueber Lymphangiome. Langenbeck's Archiv f. Min. Chir., 
1877, Bd. XX, s. 641. 
S. 774. — Garçon de neuf mois; tumeur congénitale au côté droit 
du thorax. Extirpation. Lymphangiome. 

A. Weicbselbaimi. — Eine seltene Geschwulstform des Mesenteriums {Chy- 
langioma cavernosum). Virchow's Archiv, 1875, Bd. LXIV, s. 145. — Tu- 
meur trouvée chez un homme de quatre-vingts ans, mais comparable 
au cas de BoUinger. 

Observations personnelles LXIV à LXXIII, p. 371 à 384. 



QUATRIEME PARTIE 

KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 



Cette quatrième partie comprend des faits très dissemblables. 
Parmi les kystes variés qui la composent, il en est un certain 
nombre qui appartiennent selon toute probabilité aux kystes 
mucoïdes : quelques kystes du plancher buccal ou de la langue 
sont dans ce cas; mais comme ces faits sont peu communs et 
que leur étude est encore peu avancée, nous avons cru plus 
naturel de les décrire à côté des g-renouillettes congénitales, qui 
se rangent légitimement dans cette quatrième partie. 

Une seconde série de tumeurs est formée de kystes qui pos- 
sèdent des caractères tout à fait distincts et qui ne pourraient 
en aucune façon trouver leur place dans les trois classes de 
néoplasmes que nous avons successivement étudiées. Tels 
sont notamment les kystes dérivés des cavités séreuses. Tels 
sont aussi les kystes glandulaires congénitaux, tout à fait com- 
parables à ceux de l'adulte. C'est encore à ce groupe qu'ap- 
partiennent les kystes développés dans des portions de cavités 
naturelles anormalement isolées ou transformées en kystes : 
les hydronéphroses congénitales, les hydropisies des follicules 
de de Graaf font partie de cette dernière catégorie. 

Enfin, certaines tumeurs kystiques congénitales restent indé- 
terminées quant à leur nature et méritent au moins une men- 
tion. Nous en trouverons quelques cas isolés dans les divers 



406 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

organes que nous allons passer en revue. Mais c'est principale- 
ment la région du siège qui nous en offrira de nombreux 
cas d'exemples. En effet, parmi les tumeurs congénitales de 
cette région, la plupart des faits anciens et un certain nombre 
plus récents n'ont pu être étudiés anatomiquement, ou l'exa- 
men qui a été pratiqué n'a pas révélé leur véritable nature. 
Nous donnerons simplement l'indication des faits de ce genre 
et nous résumerons à ce propos les principaux caractères des 
tumeurs kystiques congénitales du siège, en nous efforçant de 
faire ressortir les analogies qu'elles présentent entre elles et 
les affinités qui les unissent, malgré leur apparente variété. 
On comprend, d'après cela, la nécessité qui nous a été imposée 
d'abandonner poiu' la description de tous ces kystes l'ordre 
déterminé par la nature même de ces tumeurs. L'étude qui 
va suivre comprend l'examen de ce groupe de productions 
dans les diverses régions et les différents appareils de l'éco- 
nomie. 



CHAPITRE PREMIER 

KYSTES DÉRIVÉS DE CAVITÉS SÉREUSES 

I. Kystes dérivés du péritoine. 

Nous avons déjà signalé, à propos des kystes séreux congé- 
nilaux, une catégorie de kystes qu'il importe de ne point con- 
fondre avec eux : nous voulons parler de ceux dont l'origine 
réside dans une portion de membrane séreuse, isolée de la 
cavité principale, et résultant d'une malformation ou tout au 
moins d'une imperfection du développement. 

Les kystes du cordon spermatique appartiennent à cette caté- 
gorie. Il est généralement admis aujourd'hui que ces kystes 
se développent dans les débris du canal péritonéo-vaginal qui 
fait communiquer chez le fœtus la vaginale avec la grande 
cavité du péritoine. Nous verrons que certains kystes, voisins 
de l'épididyme, peuvent recevoir une explication différente et 
dérivent peut-être de quelques restes du corps de Wolff. Mais 
pour ceux des autres parties du cordon, la première interpré- 
tation convient seule, et d'ailleurs les débris du conduit séreux 
ont été constatés fréquemment dans l'épaisseur du cordon. 
C'est une opinion classique; nous en avons déjà parlé en 
comparant la persistance de ces débris d'une membrane de 
revêtement à l'enclavement du tégument cutané qui donne 
naissance aux kystes dermoïdes. C'est d'ailleurs le seul côté 
qui nous intéresse dans l'histoire des kystes du cordon et nous 
ne nous appesantirons pas davantage sur une étude faite dans 
tous les traités de chirurgie. 

Nous ajouterons seulement qu'on observe quelque chose 
d'analogue dans le sexe féminin. Le diverticule péritonéal qui, 



408 KYSTES CONGENITAUX DIVERS 

chez le fœtus, constitue le canal de Nuck, peut persister chez 
l'adulte et suhir la transformation kystique en donnant lieu à 
Vhydrocèle de la femme. 

Enfin on a encore fait intervenir dans la formation de cer- 
tains kystes de la cuisse l'existence anormale de prolongements 
congénitaux du péritoine ^ 

n. Méningocèles enkystées. 

Une autre catégorie de kystes congénitaux dérivés de cavi- 
tés séreuses est constituée par les sacs d'hydroméningocèles, 
isolés de la cavité arachnoïdienne par oblitération secondaire 
de la poche. Les faits de ce genre sont certainement très rares. 
On sait que quelques auteurs avaient autrefois rattaché au 
spina hifida toutes les tumeurs congénitales développées au 
niveau du rachis , principalement à la nuque et à l'extrémité 
inférieure de la colonne vertébrale : cette opinion exclusive 
est aujourd'hui abandonnée. Nous rappellerons seulement que, 
dans les méningocèles spinales ou crâniennes, il existe parfois 
un pédicule assez resserré et une communication très étroite 
avec le crâne ou le rachis, en sorte qu'on s'explique aisément 
la séparation complète. L'observation LXXXVII fournit un 
exemple de spina hifida présentant cette particularité. Atlee ^ 
a observé à la nuque une semblable tumeur, qui paraissait bien 
indépendante et isolée, et il rapproche ce fait d'un cas de Bill- 
roth dans lequel la poche ne présentait aucune communica- 
tion avec la cavité rachidienne. Mais ces observations clini- 
ques ne sont pas suffisantes pour permettre de conclure à des 
kystes dérivés de la cavité arachnoïdienne : car elles n'établis- 



1. Michel (de Charleston), Excision of a large Fémoral Cyst; Genetic origin of 
such cysts from Congénital Feriioneal Pouches. The Amei\ Journ. of the med. 
Sciences, 1879, jan., new séries, vol. LXXVU, p. 78. 

2. L.-W. Atlee, A case of congénital Cyst of the hack of the head vnth serons 
contents, ils cavity unconnected with that of the skull. The Amer. Journ. of the 
Med. Se, jan. 1883, vol. LXXXV, p. 124. 



MÉNINGOCÈLES ENKYSTÉES 409 

sent pas s'il s'agit simplement d'une hydroméning-ocèle ou si 
quelque portion du système nerveux ne pénètre pas dans la 
tumeur ^ 

11 existe néanmoins un petit nombre de faits qui semblent 
se rapporter à des poches de méningocèles enkystées. Yirchow 
en cite quelques exemples à propos du spina bifida^ On a 
encore invoqué cette pathog-énie pour certains kystes séreux 
de l'orbite. 



1. Wernher parle de méningo-encéphalocèles qui se seraient isolées du cerveau. 
Wernher, Cysten ûher der grossen Fontanelle, aus abgeschnùrien Meningo-Ence- 
phalocelen entstanden. Deutsche Zeitschr. f. Chv\, Bd. Ylil, s. 307; — d'après 
Centralhl. f. Chir., 1878, s. 383. 

2. Virchow, Pathol. des tumeurs, trad. frauç. par Aroussohn, t. l'^r, p. 188 et 
189; Paris, 1867. 



CHAPITRE II 

KYSTES DE l'aPPAREIL VISUEL 

I. Kystes des paupières. 

Parmi les kystes congénitaux développés aux dépens de 
l'appareil visuel, nous signalerons en premier lieu les kystes 
des paupières, que l'on doit peut-être classer dans les lym- 
phangiomes comme Michel en a décrit dans ces organes *. 

H. Armaignac. — Kystes graisseux des deux paupières, d'origine congéni- 
tale, en grande partie résorbés spontanément. Extirpation; guérison. — 
'Revue clin, d'oculistique, avril 1884, n» 4, p. 86; —d'après la Rev.génér. 
d'ophthalmologie, 1884, t. III, n" 7, p. 323. 

IL Tumeur lacrymale. 

La tumeur lacrymale existe parfois à l'état congénital. Dol- 
beau l'a vue produite par une imperforation du canal nasal. 

Dolbeau. — Bull, de la Soc. anat., avril 1864, p. 132. 
Delienne. — Tumeur lacrymale congénitale. Soc. franc, d'ophthalmol., p. 104; 
— d'après la Rev. génér. d'ophthalmol., 1884, t. III, no 1, p. 42. 



m. Kystes séreux de l'orbite avec microphthalmie 
ou anophthahnie. 

Dans la cavité orbitaire nous connaissons déjà les kystes 
dermoïdes et les kystes séreux attribués à des méningocèles 
isolées. 

1. Von Grœfe und Sasmish, Handbuch der gesammten Augenheilkunde, Bd. IV, 
s. 422, Leipzig, 1876. 



KYSTES DE L'APPAREIL VISUEL 411 

On y rencontre encore une variété particulière de kystes 
congénitaux qui se relient étroitement aux arrêts de dévelop- 
pemeot du globe de l'œil. Ce sont des kystes à contenu séreux 
qui siègent au-dessous du bulbe oculaire et yiennent faire sail- 
lie sous la paupière inférieure. 

Ils s'observent plus fréquemment à droite qu'à gauche ; mais 
souvent aussi ils existent des deux côtés à la fois. Ils sont situés 
constamment entre le globe de l'œil, d'une part, et la paroi infé- 
rieure ou interne de l'orbite, d'autre part. Ils forment sous la 
peau une tumeur arrondie, légèrement bleuâtre. En raison du 
développement que prend la paupière inférieure soulevée par 
la tumeur, la fente palpébrale correspondante est rétrécie et 
incurvée de manière à présenter une convexité tournée en 
haut. 

Ces kystes sont toujours associés à quelque vice de confor- 
mation du globe oculaire : microphthalmie ou anophthalmie. Il 
convient de remarquer que l'anophthalmie vraie paraît tout à 
fait exceptionnelle : le plus souvent il existe tout au moins un 
rudiment de bulbe oculaire, parfois impossible à reconnaître, 
il est vrai, par l'exploration clinique, mais ordinairement ren- 
contré sur les quelques pièces anatomiques dont on a pu faire 
un examen suffisant. Il s'agit donc, dans la plupart des cas, 
d'une anophthalmie apparente, ce que l'on a proposé d'appeler 
cryptophthalmie. De plus, l'œil rudimentaire peut encore être le 
siège d'autres anomalies, notamment la persistance de la fente 
optique entraînant le coloboma du plancher oculaire (Snell, 
Reuss, Kundrat); on sait d'ailleurs que ce coloboma accompa- 
gne assez fréquemment la microphthalmie simple, indépen- 
dante de toute formation kystique. Lorsque la lésion est uni- 
latérale, l'œil opposé n'est pas toujours exempt d'anomalie. 
Enfin, le cerveau offre parfois aussi quelque imperfection, et 
Kundrat insiste particulièrement sur les relations qui exis- 
tent entre les malformations des vésicules cérébrales et celles 
des vésicules oculaires primitives. 



412 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

L'anatomie pathologique de ces kystes orbitaires présente 
encore bien des lacunes ; nous aurons principalement recours 
à la description détaillée qu'en a donnée Kundrat slir un 
sujet qui portait cette malformation des deux côtés. 

Par suite du petit volume du globe de l'œil, le sac conjonc- 
tival, considérablement réduit, représente simplement une 
sorte d'entonnoir plus ou moins profond dans lequel on pénètre 
directement par la fente palpébrale. Dans ce cul-de-sac proé- 
mine inférieurement la face supérieure bombée de la tumeur 
kystique. Au fond de l'infundibulum se trouve l'œil rudimen- 
taire, qui tantôt renferme à peu près toutes les parties consti- 
tuantes de l'œil normal, tantôt présente un cristallin volumi- 
neux et arrondi, remplissant presque toute la cavité du globe 
et laissant seulement une place très restreinte au corps vitré; 
d'autres fois enfin, l'œil est réduit à quelques vestiges, à une 
petite masse pigmentée, adhérente en un point de la tumeur 
kystique, qui ne peut être découverte que par un examen 
attentif. 

La masse kystique est accolée à l'œil rudimentaire qu'elle 
refoule en haut et en arrière ; elle lui adhère directement ou 
par un pédicule (Talko) ; elle se confond avec lui dans les cas 
de coloboma et on trouve alors , comme sur la pièce de Kun- 
drat, de petites cavités kystiques au milieu d'une substance 
gélatineuse qui se continue par la fente optique avec le rudi- 
ment du corps vitré. Dans ce dernier fait, l'examen histolo- 
gique, malgré l'état de conservation imparfaite de la pièce, 
permit de constater l'existence d'un épithélium cylindrique en 
quelques parties des poches kystiques; les parois renfermaient 
un tissu gliomateux ; la substance interposée aux cavités kys- 
tiques consistait en un stroma embryonnaire. 

La pathogénie de ces kystes orbitaires est encore pleine 
d'obscurités. Talko estime qu'ils sont tout à fait indépendants 
du globe de l'œil et que, si ce dernier est frappé de quelque 
malformation, elle doit être considérée comme un phénomène 



KYSTES DE L'APPAREIL VISUEL 413 

secondaire , résultant seulement de la gêne apportée au déve- 
loppement de l'organe parla présence de la tumeur. Cette opi- 
nion e^st conforme à celle de Hoyer, d'après laquelle les kystes 
résultent d'un étranglement de la partie supérieure du sac 
lacrymal dans la fourche lacrymale, par un mécanisme d'en- 
clavement. Mais cette théorie soulève des objections sérieuses; 
les malformations du bulbe oculaire sont trop constantes, ses 
connexions avec la tumeur sont trop fréquentes et trop intimes 
pour qu'on puisse établir une indépendance complète entre le 
développement de l'œil et celui des kystes. En effet, tandis que 
ces tumeurs présentent avec la paupière une séparation nette, 
elles sont le plus souvent adhérentes au bulbe oculaire ou lui 
sont rattachées par un pédicule , en sorte qu'il est impossible 
de ne pas admettre une relation entre les kystes et le globe de 
l'œil. D'autre part, la situation constante de la production anor- 
male au niveau de la fente optique et la persistance de cette 
fente dans certains cas ont conduit à rechercher l'origine des 
kystes dans l'évolution de cette fente même, et par suite à rat- 
tacher leur pathogénie au coloboma du plancher oculaire ou 
AU développement du corps vitré. 

L'opinion de Yan Duyso est inspirée par ces données. Pour 
cet auteur, la tumeur résulte d'un coloboma enkysté. Des faits 
assez nombreux^ montrent les états intermédiaires entre le 
coloboma simple et la formation de vésicules kystiques, dans les 
parois desquelles on a même retrouvé la rétine et la choroïde 
(Wallmann). Kundrat, tout en admettant une variété d'ecta- 
sie du bulbe oculaire consistant dans un kyste colobomateux, 
pense néanmoins que cetle interprétation ne convient pas à 
tous les cas, en particulier au fait qu'il rapporte. Pour lui, il 
s'agirait de la transformation kystique d'une portion de la vé- 
sicule oculaire primitive qui se serait invaginée à travers la 
fente optique dans le tissu embryonnaire. 11 considère l'arrêt 

1. V. les faits cités par Van Duyse, loco cit., p. 163 et suiv. 



414 KYSTES CONGENITAUX DIVERS 

de développement du corps vitré et l'obstacle à la formation 
de la fente optique comme le phénomène primitif, auquel vient 
s'ajouter secondairement une sorte d'excroissance ou de végé- 
tation du tissu rétinien. 

Enfin, on admet aussi que certains kystes orbitaires doivent 
être attribués à une hydrophthalmie congénitale avec dégéné- 
rescence cystoïde du bulbe oculaire. Manz accepte cette patho- 
génie pour certains cas et rappelle les faits de Pfliïger et de 
Ssemish qui peuvent s'interpréter de cette manière. Un cas de 
Sogliano, cité par Wecker, rentre peut-être aussi dans cette 
catégorie. 

En somme, la lumière n'est pas faite sur la genèse de ces 
tumeurs. Il est d'ailleurs vraisemblable que les faits ne sont 
pas toujours simples; ainsi, sur une des pièces de Kundrat il y 
avait dans la masse un petit noyau cartilagineux. Il est pos- 
sible qu'il se produise parfois des combinaisons de formations 
kystiques, dans les tumeurs complexes de l'orbite dont nous 
avons cité deux exemples à propos des kystes dermoïdes 
(Lawson, Brœer et Weigert) ; de ces faits on peut rapprocher 
une observation de Holmes se rapportant à une tumeur poly- 
kystique extirpée de l'orbite \ 



NDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



R. Berlin. — In A. Grœfe und T. Sœmish, Handb. der gesammten Augen- 
heilkimde, Bd. VI, 4 Theil, Leipzig, 1880, s. 683. 

1. Holmes, Congénital tumour removed from the orbit. Trans. of the Pathol. 
Soc. of London, april 7, 1863, vol. XIV, p. 248. 



KYSTES DE L'APPAREIL VISUEL 415 

Van Duyse. — Le coloboma de l'œil et le kyste séreux congénital de l'or- 
hite. Ami. d'oculistique, 1881, t. LXXXVI, p. 144. 

Jabez Hog-g. — Arrested development of eyeball {Médical Soc. of London, 
nov. 24, 1873). The Lancet, dec. 6, 1873, vol. II, p. 812. 

Kuudrat. — JJeher die angeborenen Cysten iin unteren Augenlide. Mikroph- 
thalmie und Anophthalmie. — Wiener medizin. Blxtter, 1883, 17 dez., 
n° 51, s. 1338; 24 dez., n° 52, s. 1592; 1886, 21 jœn., n° 3, s. 63. 

W. Manz. — Zwei Fœlle von Mikrophthalmus congenitus nebst Bemerkungen 
ùber die cystoide Degeneration des fœtalen Bulbus. Arch. f. OphthalmoL, 
1881, Bd. XXVI, s. 134. 

Von Reuss. — Soc. império-royale des médecins de Vienne, 23 janv. 
1883; d'après la Semaine médicale, 28 janv. 1883, n° 4, p. 34. V. aussi 
ibid., p. 41 et 37. 

— Soc. império-royale des médecins de Vienne, 27 mars 1885; d'après la 
Semaine médicale, 1" avril 1885, n° 13, p. 106. 

S. Snell. — Cases of congénital defects {Ophthalmol. Soc. of the united King- 
dom, july 4, 1884). The Brit. Med. Journ., july 19, 1884, vol. II, p. 122. 
— cas 1 et 2. 

A. Strebitzky. — Klinische Monatsblatter f. Augenheilkunde, 1881 , 
Bd. XIX, s. 423. — anal, in Ann. d'oculistique, 1881, t. LXXXVI, p. 267. 

Talko. — Klin. Monatsbl. f. Augenheilk., 1877, Bd. XV, s. 137, et Medy- 
cxjna, 4 sept. 1876, n° 37, — d'après Van Duyse. 

— Gazeta Lekarska et Klin. Monatsbl. — d'après Van Duyse, 4 cas. 

— Bericht ùber die 12^^ Versammlung der ophthalm. Ges., Heidelberg , 

1879, p. 103, — et Ann. d'oculistique, 1880, t. LXXXIII, p. 176. 

— Congrès d'ophthalmologie de Milan, 1880, — d'après Ann, d'oculistique, 

1880, t. LXXXIV, p. 139. 

De "Wecker. — Cas d'anophthalmos avec kystes congénitaux des p)aupières 
inférieures, simulant une ectopie des yeux. Ann. d'oculistique, 1877, 
t. LXXVII, p. 131 ; — el de Wecker et Landolt, Tr. complet d'ophthal- 
mologie, 1. 1", p. 247, Paris, 1880. 

B. "Wiîlierkiewicz. — Ein weiterer Beitrag zur Casuistik des bilateralen 
Anophthalmos mit Cystenbildung in den unteren Lidern. Klin. Monatsbl. f. 
Augenh., 1880, Bd. XVIII, s. 399, — d'après Van Duyse. 



CHAPITRE III 

KYSTES DE LA CAVITÉ BUCCALE 

Nous avons étudié déjà dans la cavité buccale les kystes 
dermoïdes sublinguaux et différentes espèces de tumeurs 
kystiques occupant la rég-ion des maxillaires. Outre ces pro- 
ductions kystiques, rencontrées chez le nouveau-né ou se rat- 
tachant tout au moins par leur origine à un trouble du déve- 
loppement, la cavité buccale peut encore être le siège de kystes 
cong-énitaux de diverses natures. 

L Kystes de la muqueuse buccale. 

Nous nous occuperons en premier lieu d'une variété parti- 
culière de petites tumeurs étudiées par Guyon et Thierry en 
1869. 

Ce sont des kystes situés dans l'épaisseur de la muqueuse 
buccale, oii ils apparaissent sous la forme de petits grains blan- 
châtres dont le volume représente celui d'une tète d'épingle 
ou d'un grain de millet et atteint au maximum les dimensions 
d'un grain de chènevis. Souvent multiples, mais rarement au 
delà d'une douzaine, ils affectent pour siège de prédilection la 
voûte palatine, principalement au niveau de son raphé médiaii 
ou à l'insertion du voile du palais au bord postérieur de la 
voûte palatine osseuse ; quelquefois ils siègent sur le voile, 
assez fréquemment aussi sur le rebord alvéolaire supérieur, 
exceptionnellement sur le rebord alvéolaire inférieur. 

La fréquence de ces petites productions est très grande, 
puisque, sur 407 nouveau-nés examinés par eux, les auteurs 
cités plus haut les ont rencontrées 343 fois. C'est à partir du 



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KYSTES DE LA CAVITÉ BUCCALE 4J7 

sixième mois de la vie intra-utérine que ces kystes se rencon- 
trent. Ils disparaissent spontanément vers le deuxième mois 
après la naissance, par rupture delà petite poche et évacuation 
du contenu. 

Ce contenu, analogue à la matière sébacée, est formé de 
cellules épithéliales lamelleuses. Les parois sont tapissées d'un 
épithélium pavimenteux, semblable à celui de la muqueuse 
buccale. 

Considérés par Guyon et Thierry comme des glandes sé- 
bacées anormales arrêtées dans leur développement, ces kystes 
se forment, d'après Cornil et Ranvier, dans les conduits excré- 
teurs des glandes muqueuses. 

F. Guyon et E. Thierry. — Note sur l'existence temporaire de kystes épi- 
dermiques dans la cavité buccale chez le fœtus et les nouveau-nés. Arch. 
de physiologie, 1869, p. 368 et 331. 

Cornil et Ranvier. — Manuel d'histologie . pathologique, 2" éd., t. II, 
p. 214. Paris, 1882. 



II. Gre7iouillettes congénitales. 

Le plancher buccal présente plusieurs espèces de tumeurs 
réunies sous le nom de grenouillettes congénitales. Parmi ces 
tumeurs, un premier groupe est formé par des kystes salivaires, 
et notamment par ceux qui résultent delà, dilatatioii du conduit 
de Wharton imperforé. 

La première observation de cette variété de grenouillette 
congénitale est due à Stoltz et date de 1833. En 1866 Guyon 
en jft-ésenta un deuxième cas à la Société de chirurgie. Nous 
en avons observé plusieurs exemples ; l'un d'eux fut commu- 
niqué à la Société de chirurgie en 1879; deux autres faits ont 
été publiés dans la thèse de Rémignon et nous en rapportons 
une nouvelle observation (obs. LXXX). Ajoutons encore les 
cas de Démons (1880) et de Sonnenburg (1883), et nous aurons 
rassemblé tous les faits non douteux de cette variété de gre- 

27 



418 



KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 



nouillette. Néanmoins ces tumeurs ne sont probablement pas 
d'une très grande rareté, et plusieurs faits de gTenouillette 
congénitale reconnaissent sans doute cette origine, bien que les 
observations manquent de renseignements précis à cet égard. 
La grenouille tte par imperforation du conduit de Wharton 
forme une petite tumeur à parois très minces, ressemblant à 
une vessie transparente dont le volume varie de celui d'une 
plume d'oie à celui d'un petit œuf de pigeon. Elle est unilaté- 






Fict. 49. — Kystes glandulaires et symétriques du plancher de la bouche, de chaque côté 
du frein de la langue (obs. LXXXI). 



raie, allongée suivant la direction du canal de Wharton et 
incurvée parallèlement à la courbure de l'arcade maxillaire. 
Elle repose sur le plancher buccal. En haut elle répond à la 
face inférieure de la pointe de la langue, sous laquelle elle 
demeure ordinairement cachée. En dehors elle se prolonge 
vers la glande sous-maxillaire, qui est quelquefois tuméfiée. En 
dedans elle se termine par une extrémité libre, conoïde, formant 
une sorte de papille, au sommet de laquelle se voit parfois un 
point grisâtre qui correspond à l'orifice oblitéré du conduit 
glandulaire. Cette extrémité répond au filet de la langue; quel- 



KYSTES DE LA CAVITÉ BUCCALE 419 

quefois elle empiète lég-èrement sur le côté opposé. En général 
la petite tumeur est oblongue et sa petite extrémité tournée 
du côté du frein; on peut cependant observer une disposition 
inverse. Ajoutons que Vostium iimbiliccde ne peut être décou- 
vert du côté de la tumeur et que la compression de la poche 
n'est suivie d'aucune réduction et d'aucun écoulement de 
liquide. 

Le contenu est le plus souvent un liquide transparent, vis- 
queux et filant comme du blanc d'oeuf et présentant parfois 
des grumeaux. 

Après l'excision , qui suffît pour remédier à ce vice de con- 




FiG. 50. — Kyste congénital situé sous la langue (obs. LXXXII). 

formation, on peut engager un stylet fin entre les parois affais- 
sées de la petite poche et on le voit s'enfoncer en dehors vers 
la région sous-maxillaire, en suivant la direction du conduit 
de Wharton. 

Une autre espèce de tumeurs salivaires consiste dans la dila- 
tation kijstiqiie des glandules du plancher buccal. C'est pro- 
bablement à une ectasie semblable d'une glande de Blandin ou 
de Nuhn que doit être rapportée la grenouillette congénitale 
observée par P. Dubois en 1833, et attribuée par cet auteur à 
la dilatation d'un conduit de Wharton anormal. 

Notre observation LXXXI est un exemple de kystes congé- 
nitaux développés dans les glandules de la muqueuse et situés 
symétriquement de chaque côté du frein (fig. 49). 



420 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

Enfin il nous reste à parler d'une dernière catégorie de kys- 
tes congénitaux, formés d'une poche unique et présentant cette 
particularité d'être tapissés d'un épitliélium vibratile. Un fait 
de ce genre a été observé par Neumann en 1877; nous en rap- 
portons un autre exemple (obs. LXXXII, fig. SO), déjà publié 
dans la thèse de Gehé K 

On peut accepter pour ces kystes la pathogénie proposée 
par Neumann. D'après cet auteur, ils seraient le produit d'une 
ectasie du diverticulum muqueux, décrit par Bochdalek^, et 
qui, partant du foramen cœcum, s'enfonce profondément au- 
dessous delà langue vers la racine de cet organe. Ce prolonge- 
ment existe assez fréquemment, puisque l'auteur l'a trouvé 
12 fois sur 50 cas; comme les kystes en question, il est tapissé 
d'épithélium vibratile. 

En réalité ce sont là de véritables kystes mucoïdes ; nous les 
avons mentionnés à cette place afin de ne pas scinder l'histoire 
de ces différentes variétés, encore peu distinguées, de gre- 
nouillettes congénitales. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

Blot. — GrenoidUette congénitale. Bull, de la Soc. de chir., 18 mai 1870, 
2"= série, t. XI, p. 179. 

Démons. — GrenoidUette congénitale 'par oblitération de l'extrémité anté- 
rieure du canal de Wharton. Incision suivie de cautérisation au nitrate d'ar- 
gent. Guérison avec ioermanence d'une ouverture fistuleuse. — Bull, et Mém. 
de la Soc. de chir., 21 janv. 1880, t. VI, p. 60. 

P. Dubois. — Note sur une maladie congénitale de la langue. Gaz. méd. de 
Paris, 4 mai 1833, n" 43, p. 338. 

1. E. Gehé, Des kystes de la langue, thèse de Paris, 1882; obs. III. 

2. Bochdalek junior, Ueber das Foramen csecum der Zunge. OesterreicMsche 
Zeitschrift fur praktische Medicin, 1866, n" 36, 37, 42 bis 45; et Reicherfs und 
du Bois'Archiv, 1867, s. 77i3 , — d'après Neumann. 



KYSTES DE LA CAVITÉ BUCCALE 421 

Giraldès. — Bull, de la Soc. de chir., 18 mai 1870, 2° série, t. XI, p. 180. 

Guéniot. — Ibid., p. 181. 

Guyon. — Bilatation congénicde du conduit de Wharton. Bull, de la Soc. 

de chir., 4 avril 1866, 2° série, t. Vil, p. 145. 
Lannelongue. — Grenouillette congénitale due à la dilatation du canal de 

Wharton imperforé. Bull, et Mém. de la Soc. de chir., 26 nov. 1879, t. V, 

p. 898. 
Lombard. — C. R. de la Soc. méd. de Toulouse, 1862, — cité par Chauvel, 

art. Grenouillette du Bictionn. encyclop. des sciences méd. 

N. Millier. — De la grenouillette chez les nouveau-nés {Moscoio med. Gaz., 
extrait, d'après Central Zeitung fur Kinderheilk., i^^ nov. 1877) — AnaL 
in Rev. des Se. méd., 1878, t. XI, p. 610. 

E. Neumann. — Ein Beltrag zur Kenntniss der Ranida. Langenbeck's 

Archiv f. Min. Chir., 1877, Bd. XX, b. 4, s. 825. 
Th. Rémignon. — De la grenouillette congénitale par dilatation du canal 

de Wharton imperforé. Thèse de Paris, 1885. 
E. Sonnenburg'. — Sitz und Behandlung der Ranula. Langenbeck's Archiv 

f. klin. Chir., 1883, Bd. XXIX, s. 627. — Cas cité p. 632. 
J.-A. Stoltz (de Strasbourg). — Remarques et observation sur la grenouillette 

des nouveau-nés. Gaz. méd. de Paris, 9 nov. 1833, n° 72, p. 763. 



OBSERVATIONS 

Obs. LXXIX. — Tumeur congénitale de la lèvre supérieure (Vo)'ez 
pi. X, fig. 2). — Legrand (Léonie), âgée de onze ans, entrée à l'hô- 
pital Sainte-Eugénie, le 26 avril 1877, salle Sainte-Eugénie, n° 33. 

Cette enfant porte à la lèvre supérieure, du côté gauche, une 
tumeur qui en modifie la forme. La lèvre, en effet, est épaissie de ce 
côté à partir de la ligne médiane et, quand la bouche est fermée, 
elle vient se placer devant la lèvre inférieure. En relevant la lèvre 
supérieure, on trouve sur la muqueuse une série de saillies, groupées 
comme les petits grains d'une framboise, mais plus détachées cepen- 
dant. Ces petites sailhes sont les unes sur les autres au milieu de la 
tumeur, tandis qu'un peu plus loin elles se dessinent moins et sou- 
lèventla muqueuse. Chacune d'elles est transparente et paraît remplie 



422 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

d'un liquide clair ; la muqueuse est amincie à son niveau, et il sem- 
blerait que l'épilhélium seul la recouvre. L'une d'elles a été piquée 
et il en est sorti un liquide clair, transparent, séreux, qui, au mi- 
croscope, présente de nombreuses cellules épithéliales, gonflées et 
granuleuses, et quelques leucocytes. 

Cette tumeur serait d'origine congénitale , d'après ce que dit la 
mère, et elle n'a pas fait de grands progrès, puisqu'elle a seulement 
les dimensions d'une amande. L'enfant raconte qu'elle augmente de 
volume pendant l'hiver. Autour de cette tumeur on ne trouve point 
de A^aisseaux dilatés. 

Une coupe médiane, antéro-postérieure de la tumeur montre 
qu'elle est formée d'un tissu d'aspect érectile, criblé d'orifices visi- 
bles à l'œil nu et présentant çà et là des glandules hypertrophiées. 



Obs. LXXX. — Grenouillette congénitale par imperforation du con- 
duit de Wharton. — Merle (René), âgé de neuf jours, nous est pré- 
senté le 24 juin 1885, à la consultation de l'hôpital Trousseau. 

Cet enfant porte sous la langue, du côté droit du frein, une petite 
tumeur kystique allongée, en forme de boudin, suivant la courbure 
du maxillaire inférieur. Sa direction est celle du conduit de Wharton. 
Son extrémité libre dépasse un peu la ligne médiane, de manière a 
empiéter sur la moitié gauche du plancher buccal. Ses parois sont 
extrêmement minces et transparentes. 

On excise avec des ciseaux l'extrémité pointue de la petite tumeur; 
la poche s'affaisse immédiatement et il s'écoule un liquide clair, 
légèrement opalin. 



Obs. LXXXI. —Deux kystes glandulaires congénitaux, situés symé- 
triquement sur le plancher de la bouche (V. fîg. 49). — Laurençon 
(Armand), âgé de deux mois et demi, porte sur le plancher de la 
bouche, en arrière et de chaque côté du frein, deux petites tumeurs 
exactement symétriques, mais d'un volume inégal. L'une a les 
dimensions d'un petit pois, l'autre est un peu plus petite. Elles sont 
demi-transparentes, de coloration rosée et de consistance très molle. 

Leur siège exact est en arrière de la saillie du canal de Wharton, 
immédiatement derrière la papille qui porte Vostiolum umbilicale . 
Au premier abord on peut se demander si ces tumeurs ne seraient 
pas formées par les conduits de Wharton. Mais un examen plus 



KYSTES DE LA CAVITÉ BUCCALE 423 

approfondi montre que le canal de AVharton s'ouvre par une papille 
latérale, adjacente à la tumeur ; nous en avons vu sortir la salive. 

L'incision de cette petite poche donne issue à un liquide purulent. 
Une partie de la paroi a été excisée. 



Obs. LXXXII. — Kyste congénital de la langue (Thèse de Gehé, 
obs. III) (V. fîg. SO). — Vandenberghe (Henri), âgé d'un an, est 
apporté à l'hôpital Trousseau le 9 juin 1882. 

Cet enfant porte une tumeur linguale qui siège à la face inférieure 
de l'organe; elle occupe les deux tiers postérieurs de cette face. Le 
filet est dévié vers la droite par le -développement de la tumeur. 
Cette tumeur est d'une coloration blanc grisâtre et on aperçoit quel- 
ques petits vaisseaux à sa surface ; on observe aussi de petites raies 
curvilignes, formées par la muqueuse de la langue. 

Les parents du petit malade interrogés nous ont dit que l'enfant 
/ est venu au monde avec cette tumeur ; elle avait alors le volume d'un 
pois et siégeait plus à gauche qu'à droite. L'enfant n'a jamais refusé 
de prendre le sein. La mère nous a encore dit que cette tumeur gros- 
sissait chaque fois que l'enfant pleurait; elle a ajouté aussi que le 
petit malade « fut jaune » pendant les trois premiers mois qui suivi- 
rent la naissance ; mais cette teinte jaune se borna à la figure et n'en- 
vahit jamais les autres parties du corps. 

Le père et la mère de l'enfant sont bien portants. 

Lannelongue est d'avis qu'on doit enlever cette tumeur. L'opé- 
ration est faite quelques jours après l'entrée du petit malade. La 
tumeur a été énucléée facilement et la guérison rapide. 

L'examen histologique de ce kyste a été fait par Malassez. De 
cet examen il résulte que le contenu de la tumeur est un liquide 
séreux transparent, contenant quelques cellules épithéliales; mais 
le fait le plus intéressant est le suivant : Malassez a reconnu que la 
paroi interne du kyste était tapissée par un épithélium pavimenteux 
à cils vibratiles. 



CHAPITRE IV 



KYSTES DU LARYiNX 



Dans le larynx on a observé chez quelques nouveau-nés de 
petits kystes qui, s'interposant entre les lèvres de la glotte, ont 
déterminé des accidents asphyxiques. Edis a vu, chez un nou- 
veau-né du sexe féminin , la mort survenir trente-sept heures 
et demie après la naissance par le fait d'un kyste laryngien du 
volume d'un gros haricot. Dans un autre cas, rapporté par 
Abercrombie , il existait chez une petite fille de quatorze jours 
un kyste un peu plus volumineux qu'un grain de chêne vis, 
médian, et naissant de la membrane crico-thyroïdienne ; ce kyste 
déterminait de la gêne respiratoire et l'impossibilité de crier. 

Edis. — Cyst in the larynx from an infant. Trans. of the Obstetr. Soc. of 

London, 1877, vol. XVIII, p. 2. 
J. Abercrombie. — Congénital cyst in larynx. Trans. ofthe Pathol. Soc. of 

London, mayS, 1881, vol. XXXIII, p. 33. 



CHAPITRE Y 



KYSTES D.U CORPS THYROÏDE 



Les kystes congénitaux développés aux dépens du corps 
thyroïde paraissent d'une très grande rareté. On décrivait 
autrefois, il est vrai, la plupart des kystes congénitaux du cou, 
et notamment les kystes séreux composés, sous le nom de 
goitres kystiques. Mais nous avons vu que la structure des 
kystes séreux ne justifie nullement cette opinion qui aurait 
seulement pour elle l'absence du corps thyroïde dans quelques 
cas, ou les connexions intimes de la masse kystique avec cet 
organe dans d'autres exemples. Or nous pouvons ici faire les 
mêmes remarques que pour les kystes séreux occupant les 
régions des glandes salivaires. L'atrophie, l'absence même de 
ces glandes résultent parfois du développement de la tumeur ; 
leur parenchyme est alors pénétré par les kystes sans que la 
production anormale y prenne pour cela son origine. 

Dans presque tous les faits que nous citons, le développe- 
ment primitif de la tumeur dans le corps thyroïde n'est pas net- 
tement établi. De plus, dans quelques cas, la structure de la 
masse est très compliquée : on y rencontre même du cartilage. 
En somme, si le corps thyroïde prend une part à la constitu- 
tion de la tumeur, du moins n'est-il pas seul en cause; la pro- 
duction est complexe et l'on y trouve encore cette variété de 
structure qui se voit dans un si grand nombre de tumeurs con- 
génitales. Ainsi dans une observation de Boucher le kyste, qui 
occupait la place du corps thyroïde absent, renfermait du car- 
tilage, des fibres striées embryonnaires, des cavités remplies 
d'épithélium pavimenteux, au milieu d'un tissu embryonnaire. 



426 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

Aux faits cités par Yirchow nous ajouterons l'observation 
mentionnée précédemment de Boucher, et dont l'examen histo- 
logique est dû à Mm^on; nous y joindrons encore deux faits 
présentés à la Société anatomique, l'un par Rendu et l'autre 
par Houe] ; dans ce dernier, l'examen histologique pratiqué 
par Legros montra l'existence des vésicules de la glande thy- 
roïde. Enfin, dans un travail sur le développement et la struc- 
ture du g-oître, Wœlfler cite deux autres faits de g-oitres kys- 
tiques cong-énitaux dus à Demme et à Loehlein. 



INDEX BIBLIOGBAPHSQUE 



N. Friedreicli. — Virchow's Handbuch der spec. Path. u. Ther., Erlangen, 
I808, t. V, 1, p. 524, — d'après Virchow, Pathol. des tumeurs, édit. fran- 
çaise, t. III, p. 249, 1871. 

Fr. Mondini. — Novi cominentarii Acad. scient. Instit. Bononiensis, 1629, 
t. 111, p. 343 (dans v. Ammon, Die angehornen chîr. Krankh. des Menschen, 
Berlin, 1842, p. 137, tab. XXXllI, fig. 7-11), — d'après Virchow.. 

Hubbauer. — Wûrtemb. Zeitschr. f. Chir. u. Gehurtsk., 1851, 1, —d'après 
Virchow. 

Adelmann. — Dans v. Ammon, loco cit., p. 53, 57, tab. XIII, fig. 1. — 
Albers, Atlas, II, tab. XXXIX, flg. 1, — d'après Virchow. 

A. Bednaro — Die Krankheitcn der Neugebornen u. Saùglinge, Wien, 1852, 
t. III, p. 80, — d'après Virchow. 

P. Bouclier. — Étude sur les kystes congénitaux du cou. Thèse de Paris, 
1868, obs. XII. 

Rendu. — Kystes du cou. Bidl. de la Soc. anatom., août 1871, p. 172. 

Houel. — Kyste congénital du cou, paraissant développé aux dépens du corps 
thyroïde. Bull, de la Soc. anatom., oct. 1873, p. 632. 

Loehlein. — Cong. heredit. Struma bei Gesichtslage. Zeitschr. f. Geburtsk. 
u. Frauenkr., 1875, Bd. I, s. 23. — Cité par A. Wœlfler, TJeber die 
Entwickelung iind den Bau des Kropfes. Langenbeck's Archiv f. klin. Chir., 
1883, Bd. XXIX, s. 26. 

Demme. — Kranhheiten der Schilddrûse, s. 388. — Cité par Wœlfler. 



CHAPITRE Yl 



KYSTES PERIŒSOPHAGIENS 



Dans l'œsophage, H.-V. Wyss a trouvé sur la paroi posté- 
rieure , un peu au-dessus du cardia , un kyste tapissé d'épithé- 
lium vibratile, chez un adulte. E. Hennig- a observé chez un 
nouveau-né un kyste revêtu d'épithélium cylindrique , situé 
derrière l'œsophag'e, à la partie antérieure des troisième, qua- 
trième et cinquième vertèbres cervicales, un peu à g-auche de 
la lig'ne médiane. Roth a publié un fait analogue de kyste à 
épithélium cylindrique, situé en arrière et à droite de l'œso- 
phage, dans lemédiastin, ég-alement chez un nouveau-né. Il 
s'agit là de kystes mucoïdes; peut-être sont-ils dus à un en- 
clavement du feuillet interne dont un premier degré serait re- 
présenté par les diverticules congénitaux de l'œsophage , 
comme Kurz en a cité un exemple. 

H.-V. Wyss. — Zut Kenntniss der heferologen Flimmercysten. Virchow's, 

ArcMv f. pathol. Anat., 1870, Bd. LI, s. 144; Flimmercyste der Œsopha- 

gmwand. 
E. Hennig. — Gystis intestincdis, Cystis citra Œsojjhagum hei eineniNeuge- 

borenen. Centralbl. f. Gynœk., 1880, s. 398. 
Roth. — Genèse des kystes de l'intestin. Corjesp. Bl. f. sehw. Aerzte, 

15 mars 1880, — d'après la Rev. des Sciences méd., 1882, t. XIX, p. 664. 
Kurz. — Congénital diverticidum of the CEsophagus. British med. Journal, 

1880, vol. I, p. So8. 



CHAPITRE YII 

KYSTES DU MÉSENTÈRE ET DE l'iNTESTIN 

ï. Kystes du mésentère. 

Nous avons signalé, à propos des kystes dermoïdes de la 
cavité abdominale, l'existence dans le mésentère de kystes de 
cette espèce, en général complexes. Dans le même organe, on 
a aussi rencontré des tumeurs à cavités mucoïdes qui doivent 
être rapprochées des kystes dermoïdes. Dickinson a trouvé, 
chez une enfant de deux ans, une tumeur mésentérique ren- 
fermant des kystes à épitliélium vibratile et des tissus très 
variés : os, cartilage, graisse, etc. Hennig a observé chez un 
nouveau-né un kyste beaucoup plus simple, tapissé d'épithé- 
lium cylindrique et présentant dans sa paroi des glandes intes- 
tinales; ce kyste, bien qu'en rapport avec l'intestin, ne com- 
muniquait nullement avec cet organe. Mais nous verrons tout 
à l'heure, à propos d'un fait rapporté par Roth , que les kystes 
mucoïdes du mésentère présentent avec ceux de l'intestin des 
relations étroites et qu'il est impossible de les séparer au point 
de vue pathogénique. 

Nous avons aussi fait mention, dans la troisième partie 
de cet ouvrage, des chylangiomes décrits dans le mésentère 
(Weichselbaum, Bollinger). Peut-être un kyste séreux multi- 
loculaire , trouvé par Ducasset chez un enfant de onze mois, 
doit-il être considéré comme un exemple de ces tumeurs. 

Ducasset. — liy&te du mésentère. Bull, de la Soc. cmatom., SS^ année, 1848, 

p. 67, Rapport par Bonnet. 
W.-H. Dickinson.— Mesenteric tumour. Tram, ofthe Fathol. Soc. ofLon- 

don, mardi 7, 1871, vol. XXII, p. 296. 



KYSTES DE L'INTESTIN 429 

E. Hennig. — Cystis intestinalis, CysHs citra (Msophagum bei einem Neu- 
geborenen. Centralbl. f. Gynœkol., 1880, s. 398. 



IL Kystes de l'mtestin. 

L'intestin peut donner lieu à la formation de kystes congéni- 
taux par le fait d'atrésies partielles, résultant de rétractions ci- 
catricielles consécutives à une péritonite fœtale. Les étrangle- 
ments ainsi formés comprennent entre eux des portions plus 
ou moins étendues du tube intestinal qui se dilatent et consti- 
tuent des poches remplies de mucus. C'est suivant un méca- 
nisme analogue que se forment les kystes de l'appendice ver- 
ïniforme par oblitération de son calibre (Virchow). 

Parfois aussi l'on observe des kystes développés dans les 
diverticules de l'intestin. Roth en rapporte deux exemples dont 
l'un est particulièrement intéressant. Dans ce dernier fait, il 
existait encore d'autres kystes dans l'abdomen et dans le mé- 
diastin postérieur (V. plus haut). Il est extrêmement vrai- 
semblable qu'ils procédaient tous d'une commune origine, c'est- 
à-dire d'un enclavement du feuillet interne. Leur structure 
était celle de l'intestin ; dans l'un d'eux cependant on trouva 
de l'épithélium vibratile, et il est permis de se demander si l'épi- 
thélium du canal intestinal n'offre pas, pendant une certaine 
période du développement, le type vibratile, comme il arrive 
pour l'œsophage ^ De plus il est intéressant de faire ressortir, 
dans les faits de Hennig et de Roth, la coexistence de plu- 
sieurs kystes à structure semblable en divers points du canal 
digestif : derrière l'œsophage et dans l'abdomen. Nous sommes 
encore en présence de kystes mucoïdes à structure endo- 
dermique, aussi bien dans le cas de kystes mésentériques 
que dans le cas de kystes intestinaux, et l'on doit consi- 

1. Sur les modifications que présente, aux diverses époques de la vie intra- 
utérine, l'épithélium intestinal, voir ¥.œ\Y±<iv, Embryologie, trad. franc., Paris, 

1882, p. 884. 



430 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

dérer comme très probable leur provenance commune du 

feuillet interne. 

Enfin, c'est toujours à cette origine qu'il faut rapporter cer- 
tains kystes voisins de l'ombilic et développés dans un vestige 
du canal vitello-intestinal. Ces kystes, qui ont été désignés 
sous le nom de kystes du canal vitellin [Dottergangscysten)^ 
sont tapissés d'épithélium cylindrique et présentent dans leurs 
parois des glandes de Lieberkiihn (Kolaczek, Roser). 

Virchow. — Pathol. des fumeurs, trad. franc., t. I", p. 248, note, Paris, 

1867. 
Kolaczek. — Zivei Entero-Teratome des Nabels. Langenbeck's Archiv f. 

klin. Chir., 1873, Bd. XVIII, s. 349. 
"W. Roser. — Ueber opération der Urachus-Cysten. LangenbecJi's Archiv f. 

klin. Chir., 1877, Bd. XX, s. 472. 
Roth. — Genèse des kystes de l'intestin. Corresp.-Bl. f. schio. Aerzte, 13 mars 

1880, — d'après la Rev. des Sciences méd., 1882, t. XIX, p. 664. 



CHAPITRE YIII 

KYSTES DE l'aPPAREIL URINAIRE 

I. Kystes des reins et hydronéphroses. 

L'appareil urinaire peut être le siège de diverses produc- 
tions kystiques ayant une origine congénitale. On observe par- 
fois chez le nouveau-né l'existence de kystes dans le paren- 
chyme rénal. Ceskystes, souvent très nombreux, donnent lieu, 
dans certains cas, à une véritable dégénérescence kystique du 
rein, formant des tumeurs considérables atteignant le volume 
d'une tête de fœtus à terme, au point d'être une cause de dys- 
tocie et d'amener la mort du nouveau-né par obstacle mécani- 
que au jeu du diaphragme. 

Ces kystes congénitaux des reins sont connus depuis long- 
temps ; Rayer en a rapporté des exemples ; Yirchow, d'après une 
série d'observations personnelles, les considère comme résul- 
tant d'une atrésie des papilles produite sans doute par une 
inflammation fœtale. Cette néphrite serait suivie d'une atro- 
phie de la substance médullaire, entraînant le rétrécissement 
d'un certain nombre de tubes droits et la dilatation kystique 
des canalicules. D'autres auteurs les ont attribués à des hémor- 
rhagies intra-glomérulaires. Koster en plaçait l'origine dans un 
vice de développement de l'appareil urinaire, opinion quia 
pour elle la coïncidence assez fréquente de quelques autres 
malformations : ainsi, dans un cas de Heusinger, il y avait du 
côté de la tumeur une absence congénitale du membre infé- 
rieur et des organes génitaux. 

L'examen histologique les montre constitués par Fectasie 
des canaux urinifères. D'ailleurs le contenu des poches est 



432 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

analogue à l'urine ; on y a trouvé des urates et de l'acide hip- 
purique. 

Cette dég-énérescence kystique comporte plusieurs degrés. 
Elle existe tantôt d'un seul côté, tantôt des deux côtés à la fois. 
Elle peut atteindre le rein dans sa totalité ou bien porter seu- 
lement sur une partie plus ou moins étendue de l'organe. 
Dans un exemple intéressant de Carbonell, elle présentait cette 
particularité singulière d'exister du côté droit avec des carac- 
tères identiques chez deux jumeaux. Dans un fait de Witzel, 
elle coïncidait avec une dégénérescence kystique du foie. 

Dans d'autres cas, les kystes ne siègent plus dans le paren- 
chyme rénal, mais dans diverses portions de l'appareil excré- 
teur : dans les calices, le bassinet, l'uretère ; il s'agit d'une 
véritable hydronéphrose congénitale, qui peut d'ailleurs coexister 
avec une dégénérescence kystique du rein. Cette forme se 
trouvé étudiée dans un important mémoire publié en 1879 par 
English (de Yienne) sur l'hydronéphrose primaire. Sous ce 
nom Fauteur désigne l'hydronéphrose dont la cause réside 
dans les diverses parties de l'appareil urinaire : calices, bassi- 
net, uretère ; tandis que le terme d'hydronéphrose secondaire 
est appliqué par opposition à celle dont la cause est extérieure 
à l'appareil urinaire ou bien consiste dans la présence de corps 
étrangers, de calculs. L'hydronéphrose primaire, à laquelle 
appartiennent les formes congénitales , est unique ou bila- 
térale ; elle peut comprendre le rein tout entier ou seulement 
une de ses parties : d'où les deux variétés d'hydronéphrose 
totale et d'hydronéphrose partielle. Cette dernière est due quel- 
quefois à l'existence d'une duplicité de l'uretère dont chacune 
des branches correspond à une portion du rein. L'obstacle peut 
consister dans le rétrécissement d'une de ces branches, dans 
l'existence de diverticules près de son embouchure ou dans 
une disposition particulière qui fait que son trajet à travers les 
parois vésicales est d'une longueur anormale et l'expose à être 
comprimé par la vessie distendue. 



KYSTES DE L'APPAREIL URirs'AIRE 433 

L'hydronéphrose totale reconnaît une origine congénitale 
dans la moitié des faits environ : sur 90 cas, 41 étaient donnés 
comme congénitaux, 49 dataient d'une époque plus tardive. 
Voici, d'ailleurs, les résultats de la statistique d'English relati- 
vement à l'âge auquel l'affection a été observée. 



Age. 


Origine 
congénitale. 


Origine plus 
tardive. 


Nouveau-nés 


27 


n 


1 à 5 ans 


1 


» 


S à 10 


» 


» 


10 à 20 


3 


2 


20 à 30 


6 


S 


30 à 40 


2 


4 


40 à SO 


2 


4 


50 à 60 


)> 


3 


60 à 70 


)) 


1 


70 à 90 


» 


2 


Indéterminé 


» 


28 



41 49 

Les causes de ces hydronéphroses résident dans des malfor- 
mations de l'appareil urinaire. Ces malformations ont été étu- 
diées avec beaucoup de détails par English, qui en a figuré 
22 cas personnels dans son travail. 

D'après cet auteur, ces vices de conformation se répartissent 
de la manière suivante : 



Nouveau-nés. 

absence des uretères 8 

totale 5 

_- ,. , . , partielle » 

Oblitération 

, ,, < partie supérieure . S 

de 1 uretère ) 

— moyenne. . . » 

— inférieure . . 6 



Sujets 
lus âgés. 


Age 
indéterminé, 


» 


» 


2 


3 


» 


» 


» 


» 


1 


» 


3 


» 



28 



434 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 



AT ' Suiets- Age 

Nouveau-nes. . . • • i-t° „;„a 

plus âges. indéterminé. 



totale 


3 


4 


1 


partielle 


» 


» 


» 


partie supérieure . 


IS 


15 


» 


— moyenne . . . 


» 


2 


)) 


— inférieure . . 


14 


4 


3 



Sténose 
de l'uretère 



56 31 7 

Ce tableau montre que, proportionnellement au nombre des 
cas, c'est chez le nouveau-né que les malformations les plus 
graves ont été rencontrées. 

L'absence des uretères est en général accompagnée d'autres 
malformations ; mais elle est rarement complète ; c'est plutôt 
la transformation du conduit en un cordon conjonctif que 
l'on observe ou son oblitération dans une petite étendue, ainsi 
que des rétrécissements de son calibre, ou bien des sinuo- 
sités, des coudures, des plis, des valvules. Il y a d'ailleurs 
des dispositions normales qui, par leur exagération, peuvent 
devenir pathologiques. Tels sont les rétrécissements normaux 
que présente l'uretère en certaines parties : au sortir du bas- 
sinet, à quelque distance au delà de ce point, et surtout dans 
sa portion inférieure et dans son trajet à travers la paroi vési- 
cale. 

La situation trop profonde du rein peut amener l'hydroné- 
phrose, parce que la portion initiale de l'uretère répond 
au sacrum, contre lequel elle est facilement comprimée. On l'a 
encore vu se produire par la compression qu'exerçait sur l'ure- 
tère une artère rénale supplémentaire, enroulée autour de lui. 

Ajoutons enfin que l'obstacle peut siéger plus loin encore : 
dans le cas rapporté par Porak, il consistait en une valvule de 
la région membraneuse de l'urèthre. 



KYSTES DE L'APPAREIL URINAIRE 433 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

Labadie-Lagrave. — Art. Rein du Nonv. Dictionn. de méd. et de chir. 
prat., t. XXXI, Paris, 1882. 

Virchow. — Pathol. des tumeurs, trad. franc, par Aronssohn, 1. 1", p. 267, 
Paris, 1867. 

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XXXI, p. 167. 

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Cohn. — Démonstration cystisch entarteier Nieren von Nengeborenen {Gesellsch. 
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A. Bidder. — Ueber eine angeborne Hydronephrose. Berliner klin. 
Wocheasch., 23 febr. 1885, n°8, s. 118. 

Porak. — Dystocie par rétention d'urine, hydronephrose, dégénérescence 
kystique des reins chez le fœtus ; pathogénie de l'ascite congénitale et physio- 
logie de la miction fœtale. France médicale, 13 oct. 1885, t. II, p. 1441 ; et 
Arch. de tocologie, déc. 1885, p. 1073. 



II. Kystes de Vouraque. 

L'ouraque peut devenir le lieu de formation de certains 
kystes. Il n'existe qu'un petit nombre d'observations de sem- 
blables tumeurs : Hoffmann en a publié quatre en 1870 ; Roser 
en a fait connaître trois autres : les deux premières sont consi- 
gnées dans la thèse de son élève Wolff en 1873, la troisième a 
été publiée en 1877 dans les Archives de Langenbeck. 



436 KYSTES CONGENITAUX DIVERS 

D'après Wolff, on devrait considérer comme des kystes de 
l'ouraque méconnus un certain nombre de kystes soi-disant 
ovariques. On a trouvé dans les parois de la poche des fibres 
musculaires lisses. 

Il ne faut point confondre ces tumeurs avec les kystes du 
canal vitellin déjà mentionnés, ni avec des kystes séreux dont 
Roser a rapporté une observation et qui sont développés dans 
un sac isolé de hernie ombilicale cong-énitale. 

C.-E. Hoffmann (de Bâle). — Zur pathologisch-anatomischen Verœnderung 

des Harnstrangs. Archiv f. Heilkunde, Leipzig, 1870, Bd. XI, s. 373. 
Scliuler "Wolff. — Dissert., Marburg, 1873. — CentralU. f. Chir., 1874, 

s. 347. 
W. Roser. — TJeher Opération der Urachus-Cysten. Langenheck's Archiv f. 

Min. Chir., 1877, Bd. XX, h. 3, s. 472; — anal, in Arch. génér. de méd., 

1877,1.1", p. 616. 



CHAPITRE IX 

KYSTES DE l'aPPAREIL GÉNITAL 

- I. Appareil génital chez la femme. 

1° Kystes de l'ovaire 

L'ovaire des enfants nouveau-nés est parfois le siège de 
petits kystes dont la présence a été signalée par différents 
auteurs. Giraldès disait avoir fréquemment rencontré dans cet 
organe des kystes séreux ou séro-sanguins, uni- ou multilocu- 
laires, dont le diamètre atteint jusqu'à 3 et 4 centimètres. 
Boullard avait présenté à la Société anatomique, en 1834, des 
kystes congénitaux siégeant sur les deux ovaires, et Cruveil- 
liier remarquait, à ce propos, leur grande ressemblance avec 
les kystes de petit volume que l'on trouve sur les ovaires des 
femmes âgées. On connaît un certain nombre de cas analogues 
et quelques-uns, parmi les plus récents, ont même été l'objet 
d'un examen histologique. 

Deux modes pathogéniques distincts paraissent présider à la 
formation des kystes congénitaux de l'ovaire. Certains faits 
doivent être rapportés à une hydropisie des follicules de de 
Graaf. On sait que cette pathogénie, longtemps adoptée d'une 
manière exclusive pour les kystes de l'adulte, est aujourd'hui 
rejetée généralement et qu'elle n'est applicable qu'à un petit 
nombre de cas, dans lesquels les kystes n'atteignent jamais 
un grand volume. Or, chez le nouveau-né, cette hypertrophie 
folliculaire a été observée par de Sinéty, qui la déclare assez 
fréquente ; elle peut tripler ou quadrupler le volume de l'or- 
gane. Elle paraît être une exagération du processus physiolo- 



438 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

gique plus ou moins actif dont l'ovaire est le siège à cette 
époque ; parfois les cavités présentent un commencement 
d'atrésie ; en tout cas, elles ne semblent pas être le point de 
départ de tumeurs ovariennes véritables. 

Mais ce mode de développement convient-il à tous les cas? 
C'est ce qu'il est difficile d'admettre pour certains kystes qui 
offrent avec ceux de l'adulte une grande ressemblance macros- 
copique et microscopique. Les kystes congénitaux de ce genre 
ne seraient qu'une forme précoce des kystes de l'adulte ou 
kystes prolifères, dont la formation est rapportée par Malassez 
et de Sinéty au développement d'un épithélioma mucoïde. On 
sait que les kystes prolifères peuvent apparaître dès l'enfance, 
et l'on conçoit également que leur développement survienne 
encore plus tôt, pendant la période de formation de l'ovaire. 
C'est du moins l'interprétation qui semble convenir pour le 
fait d'Alban Doran, dans lequel , chez un fœtus de sept mois, 
l'un des ovaires était le siège d'un kyste prolifère, en même 
temps que les follicules de de Graaf faisaient défaut. 

Ces faits ménagent donc des transitions entre les kystes 
congénitaux et les kystes de l'adulte ; ils montrent que l'on 
peut établir un lien entre toutes ces productions. 

En effet, dans les cas d'hypertrophie folliculaire indiqués en 
premier lieu , il s'agit d'une transformation kystique des ovi- 
sacs complètement développés. 

Dans le second ordre de faits (kystes prolifères congénitaux) 
la transformation kystique frappe les productions épithéliales 
dérivées de l'épithélium germinatif et destinées à constituer les 
follicules de de Graaf; mais elle les atteint avant le dévelop- 
pement de ces follicules. Ces productions épithéliales , au lieu 
d'aboutir à la formation de tubes de Pfliiger et d'ovisacs, sui- 
vent une évolution moins élevée et donnent seulement nais- 
sance à des kystes mucoïdes. 

Enfin, dans les kystes de l'adulte, les bourgeons épithéliaux, 
toujours dérivés de l'épithélium germinatif, qui subissent la 



KYSTES DE L'APPAREIL GÉNITAL 439 

transformation kystique, sont des productions anormales, pa- 
thologiques, des bourgeons d'épithélioma. 

On voit donc qu'il existe des relations entre tous ces kystes 
ovariques. Pour ce qui est des kystes congénitaux, on pourrait, 
en raison de leur structure mucoïde et de leur origine embryon- 
naire, les ranger aussi parmi les tumeurs rassemblées dans la 
deuxième partie. Si nous les avons séparés, c'est précisément 
à cause de leur analogie avec les kystes prolifères de l'adulte. 
Or, ces derniers ne peuvent rentrer, comme c'est le cas pour 
les kystes dermoïdes,dans le groupe des kystes congénitaux, 
bien qu'on ait cherché à placer l'origine de ces kystes prolifè- 
res dans une disposition fœtale, et en particulier dans la persis- 
tance des tubes de Pfliiger, quelquefois observée chez l'adulte. 

A un autre point de vue encore les kystes congénitaux de 
l'ovaire nous paraissent intéressants. Ils montrent que des 
kystes prolifères peuvent se constituer aussi bien aux dépens 
des bourgeonnements épithéliaux formés au cours du dévelop- 
pement embryonnaire qu'aux dépens des bourgeonnements 
épithéliaux formés tardivement chez l'adulte et résultant du 
développement d'un épithélioma. Si nous cherchons la diffé- 
rence qui sépare ces deux catégories de kystes, nous la trou- 
vons dans le mécanisme qui préside au développement primitif 
des masses épithéliales destinées à subir plus tard la transfor- 
mation kystique. Dans un cas, en effet, ce mécanisme consiste 
en une malformation embryonnaire qui rapproche les kystes 
congénitaux ainsi formés des kystes mucoïdes étudiés dans la 
deuxième partie; dans l'autre cas, au contraire, il consiste en 
une néoformation pathologique. 

Quant aux phénomènes consécutifs d'accroissement, de 
prolifération et de modifications kystiques, dans les deux cas 
ils sont les mêmes. Ainsi donc, si, par leur origine première, 
les kystes congénitaux de l'ovaire s'éloignent des kystes de 
l'adulte et se rapprochent des tumeurs comprises dans le groupe 
des kystes mucoïdes , par leur évolution ultérieure , d'autre 



440 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

part, ils ressemblent aux kystes prolifères de l'adulte. En 
somme, ils participent, à la fois des kystes congénitaux et 
des néoplasmes proprement dits ; ils montrent superposées 
en quelque sorte la malformation embryogénique, phénomène 
primitif, et la néoformation épithéliale, phénomène secondaire. 
Pareille succession de faits semble exister dans la formation 
de certains kystes très complexes de l'ovaire, notamment pour 
les cas de tumeurs mixtes dans lesquelles des cavités dermoï- 
des se trouvent associées à des kystes mucoïdes , capables 
d'évoluer, de s'accroître par une prolifération active et même 
de se généraliser. Le trouble du développement fœtal aurait 
déterminé la présence anormale des tissus divers rencontrés 
dans ces tumeurs, et en particulier des produits dermoïdes : la 
néoformation épithéliale aurait déterminé l'accroissement de 
la tumeur kystique et sa ressemblance avec les kystes prolifères 
communs. 

2° Kystes du ligament large 

Des remarques analogues doivent être faites au sujet des 
kystes du ligament large. On rencontre assez fréquemment 
(chez un cinquième des femmes environ), vers l'extrémité abdo- 
minale de la trompe de Fallope, un petit kyste pédicule, dési- 
gné communément sous le nom àliydatide de Morgagni. Cette 
production est parfois accompagnée chez le nouveau-né 
d'autres kystes plus petits encore, situés de distance en dis- 
tance sur l'aileron tubaire du ligament large. Comme l'hyda- 
tide de Morgagni, ces petites poches contiennent un liquide 
clair et transparent et sont tapissées d'un épithélium cylindri- 
que, avec ou sans cils vibratiles. D'après de Sinéty, ces kystes 
tendraient à disparaître spontanément et s'observeraient plus 
fréquemment chez le nouveau-né que chez l'adulte. 

L'origine des kystes du ligament large a été rapportée à la 
persistance d'une disposition embryonnaire : on a considéré 
les kystes situés au niveau de l'orifice abdominal de la trompe 



KYSTES DE L'APPAREIL GÉNITAL 441 

comme les vestiges de l'extrémité supérieure du conduit de 
Mûller, et les autres ont été regardés comme développés dans 
l'organe de Rosenmûller, c'est-à-dire dans les débris du corps 
de WolfT : c'est là un mécanisme tout à fait comparable à la for- 
mation des petits kystes congénitaux de l'ovaire aux dépens des 
ovisacs dilatés. Par extension même on a assigné une prove- 
nance semblable aux grands kystes développés chez l'adulte sur 
le ligament large, absolument comme on expliquait autrefois la 
genèse des grands kystes ovariques par une hydropisie des fol- 
licules de de Graaf. Mais, de même que pour les kystes ovari- 
ques, un revirement s'est aussi produit contre cette tendance, 
et les grands kystes de l'adulte ont été classés parmi les forma- 
tions pathologiques. Ainsi pour Gusserowles petits kystes dé- 
rivent seuls de l'organe de Rosenmiiller, tandis que les grands 
kystes doivent être considérés comme des tumeurs proprement 
dites, des kystomes. 

De Sinéty invoque pour la formation de ces derniers le même 
mécanisme que pour les kystes de l'ovaire : le développement 
d'un épithélium mucoïde. 

Enfin, Kœlliker incline à considérer même l'hydatide de 
Morgagni comme ayant une origine pathologique, et déjà Yir- 
chow regardait certains de ces petits kystes du ligament large 
comme des produits de nouvelle formation. 

Quelles que soient les divergences d'interprétation, l'ana- 
logie des kystes du ligament large avec ceux de l'ovaire est 
évidente, et, dans ces deux organes, les kystes congénitaux et 
les kystes de l'adulte sont entre eux dans les mêmes rapports. 
L'analogie se poursuit d'ailleurs pour les kystes dermoïdes 
plus ou moins complexes qui se rencontrent avec des carac- 
tères identiques dans le ligament large et dans l'ovaire. 

3° Kysxes du vagin 
Certains kystes du vagin ont été considérés comme ayant 



442 KYSTES CO.XGÉ.MTAUX DIVERS 

une provenance embryog-énique ; quelques faits ont même été 
observés chez le nouveau-né. Ces kystes, encore peu connus, 
n'ont certainement pas, dans bien des cas, une origine glandu- 
laire, malgré l'opinion exclusive de plusieurs auteurs (Huguier, 
Guérin, von Prcuschen). En effet, la muqueuse vaginale est 
dépourvue de glandes, sauf au voisinage de la vulve, et les 
kystes dont il s'agit ont souvent un siège profond au-dessous 
de la muqueuse. Leur structure est généralement assez sim- 
ple ; ils sont tapissés d'un épithélium cylindrique aplati, 
parfois vibratile ; mais on en observe aussi de plus complexes, 
dont la structure rappelle celle des kystes de l'ovaire (Kalten- 
bacb) et qui présentent même du cartilage (Mahomed). 

Parmi les opinions émises sur leur origine, nous devons 
signaler celle qui les fait dériver des canaux de Gaertner, ves- 
tiges des corps de Wolff, qui persistent normalement chez 
quelques espèces animales, mais très exceptionnellement chez 
la femme. Cette origine convient seulement pour un petit 
nombre de cas dans lesquels les kystes siègent sur les parties 
latérales du vagin (2 1/2 pour 100). 

Nous rapportons l'observation d'un kyste congénital implanté 
à l'union de l'hymen et du vagin (pi. X, fig. 1). Un cas tout à 
fait semblable a été publié par Winckel; il est relatif à un 
kyste congénital adhérant à la face interne de l'hymen et au 
vagin, du côté gauche. Enfin, on peut encore rapprocher des 
précédents le kyste, également congénital, observé par Bastel- 
berger : il était développé dans l'épaisseur de la membrane 
hymen, et l'auteur l'attribue à une invagination de l'épithé- 
lium-qui tapisse la surface vulvaire de cette membrane. 



Obs. LXXXIII. — Kyste congénital du vagin (V. pi. X, fîg. 1). — ■ 
Maret (Eulalie), âgée d'un mois et trois jours. 

Cette enfant porte à la vulve une petite tumeur qui fut remarquée 
deux ou trois jours après la naissance. C'était un petit corps blanc 



KYSTES DE L'APPAREIL GÉNITAL 443 

apparaissant entre les grandes lèvres lorsqu'on les séparait pour 
nettoyer Fenfant ; il avait alors le volume d'un pois. Depuis, la 
tumeur va en grossissant et c'est pour cela qu'on nous la présente. 

Elle offre actuellement le volume d'une petite prunelle et se 
montre à la vulve quand on écarte les grandes lèvres ; elle apparaît 
alors avec l'aspect d'une grosse perle dont elle a l'éclat et la trans- 
lucidité. Elle est tendue et jouit d'une certaine mobilité. Sur le pour- 
tour de la petite sphère se trouve la membrane hymen qui s'applique 
sur elle et la recouvre sur une surface d'un millimètre en moyenne. 
Avec un stylet on isole parfaitement cette membrane en bas et laté- 
ralement et on reconnaît que l'hymen est seulement appliqué sur 
elle; de plus on suit bien le conduit vaginal de ce côté. En haut, 
l'hymen s'applique aussi sur la tumeur ; mais en la soulevant avec le 
stylet on reconnaît que cette membrane se continue avec elle au 
niveau de son implantation ; les vaisseaux venant de l'hymen se con- 
tinuent sur la partie supérieure de la tumeur où ils forment un fin 
réseau. En outre la petite tumeur s'implante en ce point sur le vagin, 
immédiatement en arrière de l'hymen. L'implantation a 2 ou 3 mil- 
limètres environ. 

Extirpation. — On introduit dans l'urèthre une petite sonde, et, 
après avoir saisi la tumeur avec un ténaculum, on l'attire au dehors. 
Puis on l'excise en veillant à ne pas blesser l'urèthre. Le liquide 
s'écoule alors : il est muqueux. Légère cautérisation au nitrate d'ar- 
gent sur la surface du pédicule. Guérison prompte sans accidents. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



KYSTES DE L OVAIRE 



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444 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

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KYSTES DE L'APPAREIL GÉNITAL 445 

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s. 383. — Observation de kyste congénital, p. 395. 



II. Appareil génital chez l'homme. 

Dans le sexe masculin les débris épithéliaux embryonnaires 
ont aussi été mis en cause dans la production de certains 
tystes de l'appareil génital; mais, sous ce rapport, leur rôle a 
ici une importance bien moindre que dans le sexe féminin. On 
a fait intervenir les vestiges du corps de Wolff dans la produc- 
tion de certains kystes situés à la base du cordon sperma- 
tique et principalement entre la tête de l'épididyme et le tes- 
ticule. 

Kobelt^ considérait les kystes de la tête de l'épididyme 
comme développés dans les vasa aherrantia qui représentent 
les canalicules des reins primitifs, et par suite les restes du 

1. Kobelt, Bei^ Nebeneirstock des Weibes, Heidelberg, 1847; d'après Kœlliker. 



446 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

corps de Wolff. Follin^ a observé la persistance de quelques 
conduits du corps de Wolff à ce niveau, et ce sont ces débris 
que Giraldès^ a décrits sous le nom de covps mnommé. 

Quant à la petite vésicule kystique connue sous le nom 
àliydatide de Morgagiù et tapissée d'épithéliiim vibratile 
(Fleischl, Kœlliker), elle est considérée comme représentant un 
vestig-e de la partie supérieure du canal de Millier. En somme 
il règne encore beaucoup d'incertitude sur l'origine exacte de 
tous ces kystes, et, comme le fait observer Kœlliker', les don- 
nées embryologiques ne sont pas assez précises pour permettre 
une conclusion définitive. 

Enfin, dans l'appareil génital mâle on rencontre encore 
des kystes de l'utricule prostatique résultant d'une oblitération 
congénitale de son orifice. English'^, sur 70 autopsies de nou- 
veau-nés, a trouvé 5 fois cette disposition vicieuse. Il ne s'agit 
ordinairement que d'un simple accolement des lèvres de l'ou- 
verlure uréLhrale ; mais exceptionnellement on peut observer un 
véritable kyste formant tumeur et mettant obstacle à l'écoule- 
ment de l'urine par l'urèthre ; d'où résulte une distension de 
la vessie et même la dilatation des uretères et des bassinets. 
Le cathétérisme suffit ordinairement pour amener la rupture 
de la petite poche et la cessation des accidents. 

1. Follin, Recherches sur les corps de Wolff. Thèse de Paris, 1850. 

2. Giraldès, Note sur un nouvel organe çjlanduleux situé dans le cordon sperma- 
tique, et pouvant donner naissance à des kystes. Bull, de la Soc. de chir., 1 avril 
18S7, p. 407. 

3. A. Kœlliker, Embrtjologie, éd. française, Paris, 1882, p. 1026. 

4. English, Ueherden Verschluss des Sinus pocularis. Slricker, Med. Jahrbûcher, 
1873. — Ueber Cysten an den hinteren Blasenwand bei Mœnnern, ibid., 1874 
(d'après L. Jullien, art. Pivstate du Nouv. Dictionn. de méd. et de chir. prat., 1880, 
p. 663). 



CHAPITRE X 



TUxMEURS CONGENITALES DU SIEGE 



Nous donnerons ci-après l'indication bibliographique d'un 
grand nombre de tumeurs kystiques congénitales du siège, 
qui devraient, selon toute vraisemblance, rentrer dans les 
groupes précédemment étudiés, mais dont la détermination 
anatomique n'est pas suffisamment précise pour qu'elles puis- 
sent y trouver une place légitime. Il est impossible, en effet, 
d'après les seuls caractères macroscopiques, de fixer la véritable 
nature des tissus, souvent si variés, qui constituent ces pro- 
ductions. Maintes fois nous avons fait cette remarque à propos 
des différentes classes de tumeurs que nous avons passées en 
revue; maintes fois nous avons constaté combien il faut se 
défier des apparences extérieures pour juger de la structure : 
c'est un point sur lequel il serait superflu d'insister. Mais si 
l'on ne peut tirer grand parti de ces faits incomplets pour étu- 
dier dans ses détails la structure des tumeurs sacro-coccygien- 
nes, du moins peut-on les utiliser si, abandonnant ce point de 
vue spécial, on envisage ces productions dans leur ensemble. 
Au surplus, parmi les faits que nous allons indiquer, un certain 
nombre ont été l'objet d'un examen histologique ; dans ces cas, 
la nature des loges kystiques n'a pas toujours été suffisamment 
établie pour qu'on soit en droit de les ranger dans les trois 
premières parties de cet ouvrage, ou même en faire une caté- 
gorie nouvelle, en prenant toujours, comme nous l'avons fait, 
l'élément kystique pour base de classification. Néanmoins cer- 
tains éléments de leur structure ont pu être fixés d'une manière 
précise, par exemple les parties solides, et les résultats ainsi 



448 KYSTES CONGENITAUX DIVERS 

obtenus nous fournissent des renseignements utiles. Sous ce 
rapport, ces faits indéterminés nous serviront à compléter 
l'histoire des tumeurs congénitales du siège, en montrant les 
affinités et les points de contact que présentent entre elles leurs 
différentes variétés. En outre, ils nous serviront encore aies 
rapprocher des tumeurs congénitales qui s'observent en d'au- 
tres régions : de la sorte nous pourrons, en terminant, résumer 
les principaux caractères de ces productions envisagées en 
général. 

Les tumeurs sacro-coccygiennes se prêtent fort bien à de 
telles considérations. En cette région se rencontrent, en effet, 
des tumeurs congénitales de toutes les variétés et à tous les 
degrés de complexité : de telle manière que les types intermé- 
diaires se trouvent aisément entre les espèces principales et 
que la parenté commune de toutes ces productions congéni- 
tales saute aux yeux en toute évidence. Nous avons déjà, à 
plusieurs reprises, indiqué les relations étroites existant entre 
les tumeurs que nous avons examinées dans les trois premières 
parties de cet ouvrage, et nous avons fait cette remarque que 
les types les plus purs des tumeurs congénitales ne devaient pas 
être recherchées dans la région du siège, à cause de la variété 
même qu'elles y présentent d'ordinaire. Mais s'il est avantageux 
d'étudier les types principaux à l'état de plus grande simplicité, 
il n'est pas moins intéressant, d'autre part, d'observer les 
formes mixtes, de les décomposer en leurs éléments plus sim- 
ples, et de montrer par là les rapports intimes qu'affectent 
entre elles toutes ces formes,, simples ou complexes. 

Jusqu'ici nous avons eu principalement en vue, dans ces tu- 
meurs du siège, l'élément kystique qui s'y rencontre tantôt à 
l'état de kystes dermoïdes ou mucoïdes , tantôt sous la forme 
spéciale de kystes séreux. Le rôle de cet élément est d'ailleurs 
variable : nous avons vu qu'il constitue parfois toute la pro- 
duction anormale, tandis que, le plus souvent, la tumeur est 
plus complexe et divers tissus viennent s'ajouter aux kystes. 



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TUMEURS CONGÉNITALES DU SIÈGE 



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Dans une même tmiieur, les kystes peuvent appartenir à diffé- 
rentes espèces anatomiques, et nous avons indiqué notamment 
le mélange de kystes dermoïdes et mucoïdes. Ajoutons encore 
l'existence , signalée dans un certain nombre de faits , de cor- 
dons épithéliaux analogues à ceux des kystes de l'ovaire et 




FiG. 51. — Kyste périnéal présentant de nombreui poils sur la peau qui le recouvre. 
Voir la coupe de ce kyste fig. 52 (obs. LXXXVI). 

donnant lieu, selon toute vraisemblance, au développement de 
cavités nouvelles. 

Quant aux parties solides, elles ne sont pas moins variables 
dans leur nature et leurs proportions que les parties kystiques. 
La plupart des tissus s'y trouvent représentés : on y rencontre 
de l'os, du cartilage, des tissus nerveux et musculaire, enfin et 
surtout du tissu conjonctif à différents états, depuis le tissu 
fibreux jusqu'aux formes jeunes de tissus muqueux et em- 
bryonnaire. Ces parties solides, et notamment le tissu conjonc- 

29 



450 KYSTES CONGENITAUX DIVERS 

tif, jouent parfois le rôle principal dans l'accroissement de ces 
tumeurs ; c'est ce qui a fait décrire un certain nombre d'entre 
elles sous le nom de sarcomes. Ces productions en présentent, en 
effet, la structure fondamentale, et leur accroissement rappelle 
celui des néoplasmes ordinaires. Néanmoins elles en diffèrent 
par l'absence de généralisation ; car, dans tous ces cas, la ten- 
dance envahissante de la tumeur est limitée à la région qu'elle 
occupe, et jamais l'on n'observe de propagation à distance. 

Parmi les tissus variés qui prennent part à la constitution de 
ces tumeurs, la présence d'un épithélium tapissant les cavités 
kystiques n'est, ainsi que nous l'avons déjà dit, qu'un cas par- 
ticulier. L'élément kystique que nous avons toujours isolé dans 
les tumeurs, même les plus complexes, n'est qu'un des facteurs 
concourant à leur formation et représente seulement une unité. 
Sans doute les tumeurs kystiques sont les plus fréquentes ; 
mais, entre elles et les tumeurs entièrement solides, il n'y a pas 
de différence essentielle au point de vue de la structure géné- 
rale, et il est impossible d'établir une scission absolue, tant est 
sujette à varier la part que prennent dans leur composition 
ces différents éléments : kystes et parties solides. En somme, 
la diversité est le caractère le plus remarquable de ces produc- 
tions, et, par le mélange des tissus qu'elles présentent, elles 
méritent bien le nom de tumeurs mixtes sous lequel elles ont 
été décrites par Cornil et Ranvier. Selon la prédominance de 
tel ou tel élément, de tel ou tel tissu, on a pu donner à la pro- 
duction la dénomination de kyste, de tumeur kystique, de 
sarcome ou cysto-sarcome, de lipome, etc. Mais en réalité toutes 
ces tumeurs sont très voisines et font bien partie d'une même 
famille. 

Les nombreux tissus que l'on rencontre dans la constitu- 
tion des tumeurs congénitales du siège ne sont pas toujours 
informes; dans certains cas, ils revêtent l'apparence de parties 
fœtales plus ou moins ébauchées. C'est une question sur la- 
quelle nous avons déjà dirigé notre attention en faisant l'his- 



TUMEURS CONGÉNITALES DU SIÈGE 451 

toire des kystes dermoïdes. Nous avons montré les transi- 
tions qui relient les kystes proprement dits aux tumeurs com- 
plexes renfermant des parties fœtales, et nous avons suivi le 
passag-e graduel de ces dernières aux véritables monstruosités 
doubles, indépendantes de toute formation kystique. Or la ré- 
gion du siège est une de celles où s'observe un assez grand 
nombre de monstruosités doubles; nous ne devons donc pas 




FiG. 52. — Kyste périnéal multiloculaire incisé (obs. LXXXVI) : a, masse adipeuse du 
volume d'une noix incluse dans le kyste; i», cavité principale du kyste; c, brides cellu- 
leuses. 



être surpris de rencontrer ce facteur nouveau dans la constitu- 
tion des tumeurs congénitales qui nous occupent : ce n'est, en 
somme, qu'un élément de plus qui vient ajouter encore à leur 
complexité. 

Nous avons vu tout à l'heure des tissus nombreux, des mem- 
branes cutanées et muqueuses former des tumeurs homogènes 
ou bien se mélanger dans une même masse ; nous allons 
maintenant plus loin et nous reconnaissons que les malfor- 
mations de l'extrémité caudale de l'embryon peuvent se mon- 
trer tantôt isolées, tantôt combinées à de véritables tumeurs. 



452 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

En effet, ce que nous disions de la duplicité monstrueuse 
s'applique de tous points aux autres vices de conformation 
dont cette région sacro-coccygienne peut être le sièg-e. Ainsi 
le spina bifida et les méningocèles fournissent parfois leur 
appoint à la constitution complexe de la tumeur. Nous avons 
sig'nalé leur existence dans les différentes espèces de tumeurs 
kystiques que nous avons successivement étudiées : tumeurs 
dermoïdes, tumeurs mucoïdes, kystes séreux congénitaux. 
On peut ajouter maintenant qu'il en est exactement de même 
pour les autres tumeurs congénitales de la région : ainsi le 
lipome a parfois été rencontré en même temps que le spina 
bifida \ D'ailleurs le spina bifida, aussi bien au crâne qu'au 
rachis, n'est pas toujours, il s'en faut, un vice de conformation 
isolé ; il s'associe volontiers à d'autres altérations congénitales. 
Celles-ci sontparfois des malformations importantes, de graves 
désordres embryologiques, comme nous en avons rencontré 
dans les tumeurs les plus complexes. Mais, d'autre part, elles 
sont dans certains cas fort légères : elles consistent simple- 
ment, par exemple, dans cet état éléphantiasique des enve- 
loppes de la poclic qui constitue comme un premier degré des 
kystes séreux congénitaux ; ou bien même il y a seulement sur 
la peau qui recouvre la tumeur des taches de neevi. Au crâne, 
on a rencontré des angiomes à la surface d'encéphalocèles. 
Nous avons observé la présence d'un nsevus cutané sur un 
spina bifida, aussi bien d'ailleurs qu'à la surface d'une tumeur 
complexe de la région sacro-coccygienne (PL XI et XII', 
obs. LXXXV). 

On voit donc que les remarques présentées tout à l'heure, à 
propos de la nature variée des tissus normalement développés 
dans les tumeurs congénitales du siège, doivent également 
s'appliquer aux vices de conformation qui peuvent exister dans 
cette région. Il y a là deux ordres d'anomalies qui sont capa- 

.i. Dumreicher, Wernitz, Bartels, cités par Bergmann. 



TUMEURS CONGÉNITALES DU SIÈGE 4S3 

Mes de se combiner en toutes proportions, et l'on conçoit que 
le produit final qui résulte de telles associations puisse parve- 
nir à un très haut degré de complexité. 



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•4. 






FiG. 53. — Tumeur congénitale de la région occipitale (obs. LXXXIX). 

11 importait, après avoir distingué plusieurs espèces anato- 
miques de kystes congénitaux, de montrer quelle place con- 
sidérable occupent les formes mixtes parmi les tumeurs 
congénitales et particulièrement parmi celles de la région 



454 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

sacro-coccygienne. Si, parmi les tumeurs de cette région, nous 
avons établi des divisions et étudié successivement les kystes 
dermoïdes, les kystes mucoïdes et les kystes séreux congéni- 
taux, c'est qu'il était nécessaire de dégager ces éléments im- 
portants, afin de les comparer aux kystes plus simples qu'on 
observe en d'autres régions et de montrer leur identité de struc- 
ture. Cette analyse était indispensable pour déterminer la 
nature et le rôle de l'élément kystique dans les tumeurs mixtes, 
et faire ensuite la synthèse de ces productions complexes en 
rassemblant toutes leurs parties constituantes. 

Ce que nous venons de dire des tumeurs congénitales du 
siège s'applique de tous points aux productions similaires qui 
se rencontrent, avec beaucoup moins de fréquence, il est vrai, en 
d'autres régions. On y trouve aussi des associations variées 
de différents tissus et de diverses altérations congénitales en 
rapport avec les vices de conformation auxquels est sujette la 
région considérée. 



OBSERVATIONS 



Obs. LXXXIV. — Kyste congénital du périnée. — Frébon (Antoine), 
âgé de deux ans, entre, le 14 mai 1879, à l'hôpital Sainte-Eugénie, 
salle Napoléon, n° 17. 

La mère nous raconte que la tumeur pour laquelle elle nous pré- 
sente son enfant est bien congénitale et qu'elle a grossi seulement à 
dix mois. Auparavant elle n'avait qu'un petit volume que la mère 
compare à celui d'une petite noisette. 

Elle occupe la région périnéale du côté gauche, depuis le scrotum 
jusqu'à un centimètre de l'anus ; elle déborde un peu à droite la 
ligne médiane ; son volume est celui d'une noix, sa forme arrondie 
et sa consistance très régulière. Placée immédiatement sous la peau 
qui glisse facilement sur elle, cette tumeur glisse également dans 



TUMEURS CONGÉNITALES DU SIÈGE • 455 

tous les sens sur les parties profondes. Elle a une élasticité incontes- 
table et présente la fluctuation avec les particularités qu'on rencontre 
dans les poches très tendues. 

Extirpation du kyste, le 21 mai. — Il en sort un liquide jaune 
verdâtre. 

La tumeur n'avait pas de pédicule et rien ne semblait la rattacher 
aux parties profondes. 

Guérison simple. 



Obs. LXXXV. — Kyste congénital de la région sacro-coccygienne. 
— Angiome cutané (V. pi. XI et pi. Xll). Thèse de Lachaud. — Le 
5 juin, on apporte à l'hôpital Trousseau, dans le service de Lan- 
nelongue, la nommée J. K..., âgée de quatre jours. La mère est une 
jeune femme forte et bien constituée. A part une fièvre typhoïde à 
l'âge de huit ans, elle n'a jamais eu de maladie grave. Elle a mar- 
ché très jeune et n'a présenté pendant son enfance, ni maux d'yeux, 
ni écoulements d'oreilles, ni ganglions hypertrophiés et suppures ; 
elle a eu ses règles à quinze ans et a été réglée régulièrement. Elle 
est mariée depuis peu à un homme de trente ans, robuste et bien 
constitué. Du côté des parents de la mère, nous ne trouvons rien de 
particulier ; son père est mort très jeune à la suite d'un accident; 
sa mère, au contraire, est morte dans un âge avancé d'une affection 
aiguë de la poitrine. Ses deux frères se portent très bien et n'ont 
jamais fait de maladie grave. Les parents du père se portent très 
bien ; ils ont eu onze frères ; cinq sont décédés ; nous n'avons pu 
avoir de renseignements sur le genre de leur mort. Dans les deux 
familles, on n'a jamais eu à noter un cas de malformation quelcon- 
que. Il ne nous a pas été non plus possible de constater la présence 
-de la syphilis ou d'une autre maladie générale. 

La grossesse a été très bonne; la mère nous dit qu'elle n'a jamais 
eu de vomissements ni autres accidents de la grossesse, mais que 
vers le sixième mois elle a eu par la vulve une petite hémorrhagie, 
qui a duré fort peu ; elle a perdu à peine quelques gouttes de sang, 
ne s'est pas alitée, et a continué sans la moindre gêne à vaquer à ses 
occupations. 

Au bout de neuf mois moins dix ou quinze jours elle fut prise de 
douleurs ; le travail a été assez long, mais complètement normal. 
Gomme chez la plupart des primipares bien conformées, la présenta- 
tion a été une occipito- iliaque, et la durée du travail a été surtout 



456 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

excessive pour la sortie de la tête. Le thorax et les membres n'ont 
pas ofTert de difficultés pour l'extraction. La petite fille qui naquit 
portait à la région sacro-coccygienne une tumeur du volume d'une 
petite orange. Cette enfant est atteinte d'un ictère assez grave ; elle 
est chétive, mais bien conformée d'ailleurs ; la grand'mère qui la 
présentait nous dit qu'elle prend bien le sein et se nourrit d'une façon 
convenable. S'étendant en hauteur depuis le sacrum, au niveau de 
son union avec le coccyx, jusqu'en arrière vers le tiers supérieur des 
cuisses, la tumeur a 7 centimètres dans ce sens, et dans le sens laté- 
ral, empiétant sur chaque fesse, elle mesure 9 centimètres. Elle se 
présente sous la forme d'une tumeur médiane à peu près symétri- 
que. Bilobée dans sa partie la plus saillante qui est libre, elle est 
implantée à sa base par un large pédicule. C'est un très vaste appen- 
dice surajouté aux fesses, prolongeant le tronc et venant tomber en 
arrière sur les cuisses. L'anus occupe sa place normale; il est placé 
en avant de la tumeur à 7 centimètres de son sommet. 

La tumeur est symétrique. Elle présente sur la ligne médiane un 
sillon qui se continue en haut avec une dépression médiane placée 
au-dessus d'elle. De chaque côté existent deux lobes bifides à leur 
sommet. 

La peau qui recouvre la tumeur est normale; elle présente au 
niveau du lobule gauche une cicatrice assez large. Sa couleur est 
absolument celle de la peau des autres régions ; elle présente cepen- 
dant sur le sommet deux taches vasculaires, l'une à droite, l'autre 
à gauche, celle-ci plus étendue et de couleur lie de vin plus foncée 
que celle-lcà. Son épaisseur varie sur certains points. Par places, 
elle adhère intimement aux couches sous- cutanées; dans d'autres 
endroits, au contraire, elle est parfaitement mobile. Dans la partie 
la plus saillante de la bifîdité, sur le côté gauche, on trouve quelques 
poils assez longs. De plus, tout à fait au sommet se détache un appen- 
dice singulier de 1 à 2 millimètres de longueur, recourbé, noirâtre, 
comparable à une antenne et constitué par un faisceau de poils. 

La tumeur est assez mobile sur les parties profondes, principale- 
ment au niveau des fesses, où elle peut jouer facilement sur les mus- 
cles. Mais sur la ligne médiane on sent sur sa base comme un pédi- 
cule qui la rattache au coccyx et qui limite sa mobilité dans le sens 
transversal et antéro-postérieur. Sa consistance est en général 
molle, mais inégale dans les points où on l'examine. Elle se com- 
pose de lobes distincts et paraissant indépendants. Deux sont fluc- 
tuants et ne communiquent pas entre eux ; les autres lobes offrent 



TUMEURS CONGÉNITALES DU SIÈGE 437 

une consistance plus ferme, comparable h celle d'un tissu cellulo- 
adipeux assez dense. On n'y sent pas de battements; l'auscultation 
ne révèle aucun bruit anormal ; la tumeur n'est ni réductible , ni 
transparente, et les cris de l'enfant n'augmentent pas son volume. 
Lannelongue, trouvant l'enfant trop faible pour l'opérer, conseilla 
à la grand'mère de la nourrir le mieux possible pour essayer de la 
réconforter. Il demanda à voir l'enfant de temps en temps. La mère 
est revenue plusieurs fois, l'enfant a considérablement grossi et a 
une santé florissante. Mais la tumeur a augmenté de volume : 
aujourd'hui elle est plus grosse que le poing; il n'y a pas de grands 
changements dans son aspect extérieur, son volume seul a considé- 
rablement changé. Ses dimensions, aujourd'hui 28 décembre, sont : 
diamètre transversal, 14 centimètres ; diamètre antéro-postérieur, 
11 centimètres. L'enfant aura bientôt six mois; elle est forte et ro- 
buste. Lannelongue se décide à lui extirper sa tumeur, surtout parce 
qu'elle prolifère d'une façon trop considérable. 

Opération. — Dans le premier temps, l'incision de la peau a été 
conçue de telle manière que, la tumeur enlevée, on puisse en rap- 
procher les bords sans perte de substance faisant plaie plate. En un 
mot, on laisse à la surface de la tumeur un triangle de peau adhé- 
rente pour être enlevée avec elle. Dans un deuxième temps, on entre 
immédiatement dans une couche de graisse extrêmement épaisse. 
Ce tissu cellulo-adipeux est très dense et présente environ une épais- 
seur de 4 à 3 centimètres. On met en même temps à découvert la 
tumeur proprement dite qui occupe la partie supérieure de la masse 
et qui se dirige du côté du sacrum. La dissection s'adresse d'abord à 
cette dernière tumeur. Lannelongue l'isole facilement de tous ses 
rapports avec les parties voisines. Il remarque alors que cette tumeur 
part du coccyx, qui est enveloppé dans son tissu aussi bien en 
arrière qu'en avant. Le coccyx paraît très mobile. Au-dessus la 
dissection est continuée très facilement. La tumeur est isolée au 
niveau de son insertion et la partie du coccyx enveloppée par la 
tumeur est coupée et enlevée avec la masse tout entière. 

En achevant de la séparer des parties situées au-dessous, on 
remarque un plexus érectile, principalement veineux, et qui semble 
rattacher la tumeur au tissu graisseux dont on a parlé ci-dessus. La 
paroi rectale est séparée de la tumeur par les parties musculaires 
qui se trouvent normalement dans la région. Après avoir détaché la 
tumeur, la couche graisseuse est tellement considérable sur le péri- 



458 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

née et de chaque coté des fesses que Lannelongue en enlève une 
grande partie avec des ciseaux, de façon à donner une forme nor- 
male à la région. 

Au cours de l'opération, l'enfant n'a pas perdu une grande quan- 
tité de sang. On a eu soin de faire l'hémostase opératoire. Une artère 
profonde se rattachant au pédicule a seule donné un peu de sang. 
On l'a liée, puis on a fait de légères cautérisations au thermo-cau- 
tère. La plaie est assez grande, car il a fallu débrider sur 11 centimè- 
tres pour extraire les deux tumeurs. Les deux lambeaux de la peau 
ont été affrontés au moyen de seize points de suture. A la partie pos- 
térieure on a laissé un espace libre par lequel on a introduit un drain 
remontant jusque dans la partie supérieure de l'incision. Des lavages 
à l'eau phéniquée ont été faits par le drain, puis on a mis un panse- 
ment de Lister. 

BescriptioJi de la tumeur. — La tumeur principale est appendue 
au coccyx. Elle a une forme triangulaire à angle mousse. A la par- 
tie inférieure existe un lobule assez considérable qui s'y rattache. 
Son volume est environ celui d'une mandarine ordinaire. Sa longueur 
est de 6 centimètres en haut, sa largeur est de 4 centimètres et de 3 
à la partie inférieure. Au toucher, elle aune consistance assez dure. 
Elle ne présente nulle part de trace de fluctuation. On ne lui trouve 
pas d'enveloppe propre ; elle se confond avec le tissu conjonctif. A 
la coupe, on trouve un aspect qui rappelle certaines tumeurs solides, 
mais multi-kystiques de l'ovaire. On voit la plus grande partie de 
la surface de la tumeur formée par une substance blanc jaunâtre, 
traversée par des tractus blanchâtres. Au milieu de cette substance, 
se trouvent des poches kystiques d'étendue variable. Les plus 
petites dépassent à peine 2 millimètres, et les plus grosses peuvent 
atteindre 1 centimètre d'étendue. Le contenu de ces kystes est très 
différent. On reconnaît, en effet, en les ponctionnant, que les uns 
renferment un liquide clair, aqueux, absolument semblable à ce- 
lui que l'on retire des kystes hydatiques. Dans d'autres poches on 
trouve un liquide épais, blanchâtre ; dans d'autres enfm le liquide 
est non seulement épais, mais il a une coloration franchement puru- 
lente. Il semble donc que cette tumeur est constituée par un grand 
nombre de poches kystiques réunies par du tissu conjonctif, dont 
les mailles semblent infiltrées de tissu adipeux qui lui communique 
cette coloration jaunâtre. 

L'autre tumeur est franchement lipomateuse. Elle a un volume 



TUMEURS CONGÉNITALES DU SIÈGE 4o9 

quatre ou cinq fois plus considérable que la première tumeur. La 
peau, qui est adhe'rente sur la plus grande partie de son étendue, 
présente une cicatrice vers le point où on a signalé le naevus gau- 
che. Cette cicatrice, qui a été enlevée avec la tumeur, présente un 
tissu particulier, très dur à la coupe et qui sera examiné ultérieu- 
rement. En pratiquant dans le lipome des coupes transversales, on 
a ouvert un kyste beaucoup plus volumineux que les autres, il pré- 
sente 2 centimètres environ de longueur sur 1 de large. Le liquide 
qu'il contenait est l'analogue de ceux que l'on a trouvés dans les 
kystes de la première tumeur. 

L'examen histologique a été fait par Frémont, interne des hôpi- 
taux. Le durcissement de la tumeur a été obtenu par la gomme et 
l'alcool. Quelques morceaux de la peau ont été au préalable placés 
dans l'acide picrique. 

La peau se présente avec ses caractères normaux, sauf dans le 
point où l'on a noté la coloration particulière au nœvus. L'examen 
histologique y montre les modifications ordinaires des capillaires 
dans ces tumeurs. Ils sont plus volumineux, ampullaires et irréguliè- 
rement dilatés ; leurs parois ont de gros noyaux et sont plus épais- 
ses qu'à l'état normal. Le pannicule adipeux est considérablement 
augmenté et forme un véritable lipome, qui ressemble aux lipomes 
des autres régions. Il présente cependant une particularité. Au milieu 
de la graisse, en disséquant la tumeur, on a trouvé un kyste à parois 
épaisses, formées de fibres conjonctives, concentriques. De la partie 
externe de ces parois partent des tractus conjonctifs qui vont séparer 
les lobules graisseux. La surface interne est formée par du tissu con- 
jonctif, parsemé çà et là de noyaux de cellules plates. Ge revêtement 
incomplet résulte très probablement de la chute de ces cellules par 
suite des manœuvres pour le montage des coupes.' Le liquide du 
kyste renferme un grand nombre de cellules déformées, dont il est 
impossible de connaître la nature. 

La tumeur proprement dite est constituée par du tissu conjonctif 
très riche en cellules embryonnaires, mais sillonné par des tractus 
de tissu conjonctif plus avancé en organisation. A la périphérie ce 
tissu est serré de façon à former une sorte d'enveloppe plus résis- 
tante. Toute la masse est criblée de cavités kystiques de grandeur 
variable. Autour des cavités kystiques le tissu conjonctif est tassé 
de façon à leur former une paroi distincte. La face interne de ces 
grandes cavités présente des cellules disposées en stratilications, 
dont les plus profondes sont arrondies et les superficielles plus 



460 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

aplaties. Toutes ont des noyaux peu distincts et sont infiltrées de 
graisse, de telle sorte que l'acide osmique donne à toute cette couche 
une coloration noire très marquée. Autour des kystes plus petits, 
€'est à peine si l'on trouve quelques fibres conjonctives qui les déli- 
mitent par leurs directions du reste de la tumeur. Enfin, il y a un 
grand nombre de kystes microscopiques. Leurs cavités ne sont pas 
toujours circulaires, elles sont parfois allongées comme un tube 
dilaté à l'une de ses extrémités. 

Elles sont remplies d'une substance vaguement fibrillaire, au 
milieu de laquelle se trouvent des cellules dont le noyau est coloré 
par le carmin. Les parois sont formées par des fibrilles conjonctives 
non distinctes de celles du reste de la tumeur, et tapissées par des 
cellules plates dont le noyau fait une légère saillie dans l'intérieur 
de la cavité. Le contenu des grands kystes, examiné à l'état frais, a 
montré qu'il n'y avait pas de différence essentielle dans sa composi- 
tion. En effet, ce liquide se présentait tantôt incolore, tantôt blan- 
châtre comme de la crème, tantôt d'un très beau jaune. Or, toujours 
nous le trouvons composé de cellules plates, poh'gonales, dont les 
bords sont nets et non échancrés. Au centre, on trouve un noyau, et, 
entourant ce noyau, au milieu du protoplasma, des granulations 
graisseuses, tantôt à peine marquées, tantôt si abondantes qu'elles 
voilent le noyau. 

En tenant compte de l'unité du produit et de l'existence dans tous 
ces kystes de cellules aplaties, il est permis de penser que tous ces 
kystes ont débuté à l'état de kystes microscopiques. Se fondant sur 
les caractères de cet endothélium, sur l'existence du nœvus cutané, 
sur l'aspect macroscopique et jusqu'à un certain point histologique 
de cette tumeur qui rappelle celui des kj'stes congénitaux, se basant 
en outre sur l'absence complète de cartilage et d'os, Lannelongue 
croit que cette tumeur a son origine dans les petits vaisseaux de la 
région : car l'endothélium qui a été retrouvé dans les différents 
kystes rappelle celui des capillaires qui se trouvaient en très grand 
nombre dans la tumeur. 

27 novembre. — L'enfant est un peu fatiguée. L'acide phénique 
des lavages et du pansement a produit une légère intoxication qui se 
manifeste par des urines noirâtres. On fait un nouveau pansement. 
La plaie est en très bon état. On conseille à la mère de donner à sa 
fille du thé avec une petite quantité de rhum. 

28. — L'enfant tousse un peu, elle a la peau chaude et un léger 
degré de fièvre. On ne trouve pas, à l'auscultation, de signes parti- 



TUMEURS CONGÉNITALES DU SIÈGE 461 

culiers; la respiration est normale. L'intoxication persistant, on 
a recours à un pansement à l'acide borique. La plaie ne suppure 
pas ; on continue le même traitement. 

29. — La mère n'a pas rapporté la petite fille. 

30. — Nous n'avons pas eu de nouvelles. Tout nous porte à croire 
qu'il est survenu un accident fâcheux tenant probablement au refroi- 
dissement de l'enfant par suite des différents voyages qu'elle a faits 
de chez elle à l'hôpital ou à l'intoxication phéniquée. 



Obs. LXXXVI. — Kyste congénital de la région sacro-coccygienne 
(V. flg. 51 et 52). Thèse de Lachaud. 

Le 25 février 1883, une sage-femme présente, à la consultation de 
l'hôpital Trousseau, un enfant mâle, âgé de quatre jours, portant 
une tumeur singulière de la région ano-coccygienne. Les renseigne- 
ments sur la santé des parents sont excellents. Le père, qui accom- 
pagne l'enfant, se porte bien ; il a 28 ans, et du côté de ses parents il 
n'y a aucune défectuosité congénitale. La mère accouche pour la 
première fois ; sa grossesse l'a un peu fatiguée, mais elle n'a rien 
présenté d'insolite; l'accouchement, d'après la sage-femme, a été 
régulier ; il a duré douze heures; la tête s'est présentée la première. 
L'enfant n'ofïre aucune particularité autre que l'existence d'une 
tumeur occupant la région ano-coccygienne. Cette tumeur se pré- 
sente sous la forme d'un appendice en forme de queue, s'insinuant en 
arrière entre les fesses pour s'implanter au niveau de la pointe du 
coccyx. La forme en est cylindrique, légèrement pédiculisée à son 
origine et un peu renflée vers le sommet. Quand on examine l'en- 
fant couché sur le dos et que les cuisses sont rapprochées, la tumeur 
pend du tronc en arrière, à la manière d'un battant de cloche à qui 
elle ressemble par la forme, et elle repose sur la gouttière des cuisses. 

Elle descend ainsi jusqu'au quart inférieur de la cuisse : sa lon- 
gueur est, en effet, de 8 centimètres, et elle a en moyenne 4 à5 cen- 
timètres de dimension en travers. Cet appendice ressemble d'autant 
mieux à une queue que la surface de la peau présente un nombre 
considérable de poils longs qui ont de 3 à 5 centimètres de longueur ; 
l'extrémité de la tumeur en est la plus pourvue. 

La consistance de cette tumeur est molle ; en certains points on y 
découvre une tension élastique et, dans des régions circonscrites, de 
la fluctuation ; il y a une cavité pleine de liquide à son centre. 

L'implantation de cette tumeur est profonde, et on sent manifeste- 



462 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

ment qu'elle est reliée au coccyx par un tissu dense qui entoure la 
pointe de cet os ; en un mot, la pointe coccygienne est perdue dans 
la tumeur. Le pe'dicule est distant de l'anus de 2 centimètres 1/4. 

La peau de la tumeur ne présente aucune autre particularité que 
la présence des poils ; il n'y a pas de traces de nsevus ; la tumeur est 
mobile, mais il ne semble pas que les mouvements soient autres que 
ceux provoqués par son propre poids. 

L'âge de l'enfant et l'importance de l'opération font conseiller aux 
parents d'attendre encore quelques mois avant de pratiquer l'abla- 
tion de la tumeur. L'opération fut faite au bout de quatre mois. 

Comme la tumeur était franchement pédiculisée et que l'insertion 
du pédicule ne formait pas une surface dépassant 3 centimètres de 
diamètre, l'opération fut pratiquée au thermo-cautère, afin d'éviter 
toute perte de sang. Deux petits lambeaux cutanés furent disséqués; 
puis on procéda de la surface à la profondeur. Au moment oii il 
arriva sur le coccyx, Lannelongue se servit du bistouri ; il remarqua 
alors que la pointe de cet os ne pouvait être séparée par la dissec- 
tion et il fit immédiatement la résection de l'extrémité du coccyx. 
L'opération était achevée ; il n'y a pas eu de perte de sang ; on ap- 
pliqua un pansement antiseptique. La cicatrisation de la plaie se fit 
promptement sans réaction notable, et, au bout de quinze jours, il ne 
restait plus qu'une fistule correspondant à la section de l'os qui per- 
sista encore dix jours et se cicatrisa enfin. L'enfant a été rapporté 
plusieurs fois à l'hôpital; il va très bien. 

Nous avons eu des nouvelles de l'enfant dernièrement : il y a deux 
ans qu'il a été opéré, il n'y a pas eu de récidive. 

L'examen histologique a été fait par Yignal. 

La peau, qui paraissait normale et qui recouvrait toute la tumeur, 
présente sa structure habituelle (poils, glandes sébacées et sudori- 
pares). Elle n'est ni plus mince ni plus épaisse que dans la région 
inférieure du dos à cet âge. Quelques poils ont pris un développe- 
ment énorme; ils sont raides et longs ; ils offrent tous les caractères 
des poils adultes. 

La tumeur elle-même est formée par plusieurs kystes, quelques-uns 
très grands, presque du volume d'une noix; d'autres plus petits, à 
peine visibles à l'œil nu. 

La paroi des kystes est formée par une trame de tissu conjonctif, 
dure, renfermant quelques fibres élastiques et des cellules connec- 
tives aplaties entre les faisceaux connectifs. 

Les vaisseaux sanguins et lymphatiques sont peu nombreux dans 



TUMEURS CONGÉNITALES DU SIÈGE 463 

la paroi des kystes; ils le sont beaucoup plus dans la peau qui re- 
couvre la tumeur, sans cependant l'être plus qu'à l'état normal. 

Les parois des kystes sont recouvertes du côté de la cavité kystique 
par une seule couche de cellules épithéliales plates ne présentant 
pas de cils vibratiles ; il existe par-ci par-là quelques rares cellules 
caliciformes. 

Le liquide que renfermaient les kystes est jaune citrin, limpide, 
non filant et se coagule par l'action de l'alcool; il contient quel- 
ques cellules lymphatiques. Un des plus grands kystes renfermait 
un liquide rouge ; cette couleur, ainsi qu'il fut facile de le voir par 
l'examen microscopique, était due à des globules sanguins qui 
avaient pénétré dans la cavité kystique depuis peu de temps : car ils 
ne présentaient aucune altération ; ils venaient probablement de la 
rupture d'un vaisseau pendant l'opération. Dans la paroi des kystes 
on trouvait, par places, des traînées de cellules épithéliales présentant 
les caractères déjeunes cellules. 

Ces traînées sont presque semblables à celles que Malassez et de 
Sinéty ont décrites dans les kystes de l'ovaire. Sont-elles desti- 
nées à devenir l'origine de nouveaux kystes? C'est ce qu'il est diffi- 
cile de dire, car toutes les phases de transition n'existent pas ; ce- 
pendant, dans mon opinion, la chose n'est pas improbable. 

Le pédicule du kyste se confondait avec les muscles de la région; 
il n'y a rien là de spécial à noter, cependant les aponévroses parais- 
sent être plus épaisses. 

L'extrémité du coccyx, enlevée avec la tumeur, est normale, c'est- 
à-dire cartilagineuse, avec quelques petits points calcifiés comme on 
en trouve à cet âge. 



Obs. LXXXVll. — Spina bifida de la région sacrée. — Schuetzer 
(Auguste), âgé de neuf ans, entré le 27 mai 1886, salle Denonvilliers, 
n° 2, à l'hôpital Trousseau. 

Le père et la mère sont bien portants. Il n'y a rien de particulier 
à relever dans les antécédents héréditaires. 

Cet enfant est robuste et n'a jamais fait de maladie. Il présente 
depuis sa naissance une tumeur qui, pendant quelques années, aug- 
menta peu à peu de volume, mais qui reste aujourd'hui stationnaire. 

Elle est située au niveau de la région sacrée ; son volume est 
celui du poing ; elle est arrondie et se termine brusquement en haut, 
tandis qu'elle s'efface insensiblement en bas. Elle occupe la ligne mé- 



464 KYSTES CONGENITAUX DIVERS 

diane ; sa partie supérieure répond à une ligne transversale passant 
par les épines iliaques postéro-supérieures. Elle n'est pas absolument 
symétrique et proémine un peu en haut et à gauche, de sorte que son 
grand axe est très sensiblement oblique en bas et à droite. 

La peau est normale sur presque toute l'étendue de la tumeur et 
ne présente aucune trace de cicatrice ; cependant vers le bord supé- 
rieur se voit une petite zone transversale de 2 centimètres de haut 
sur 6 centimètres de large, au niveau de laquelle la peau est un peu 
rouge; cette coloration ne disparaît pas complètement par la pression. 

La consistance de la tumeur est très égale ; elle donne la sensation 
d'une poche liquide, peu tendue ; on y perçoit de la fluctuation. 
L'éclairage latéral permet de constater la transparence de la poche. 

Lorsqu'on exerce sur la tumeur, avec les deux mains, une pression 
soutenue, graduée, considérable, il semble qu'elle diminue très légè- 
rement de volume. En outre, il survient des phénomènes nerveux très 
marqués : d'abord une douleur très vive, des cris, de l'agitation, puis 
quelques soubresauts convulsifs dans les membres inférieurs et l'émis- 
sion involontaire des urines ; enfin des convulsions épileptiformes 
généralisées. Ces phénomènes cessent dès qu'on suspend la com- 
pression ; mais à la suite de ces manœuvres le petit malade reste 
abattu et somnolent pendant une demi-heure environ. 

En appuyant fortement l'extrémité des doigts sur la ligne médiane, 
on sent, au niveau du bord supérieur de la tumeur, une dépression 
manifeste et un orifice dans lequel pénètre l'extrémité du doigt. 

La sensibilité et la motilité des membres inférieurs sont normales; 
l'enfant marche et court sans aucune apparence de fatigue ; mais, 
depuis sa naissance, il présente de l'incontinence des urines et des 
matières fécales. 

Sur les deux fesses, immédiatement au-dessus du pli fessier, on 
trouve des cicatrices assez étendues, séparées par des intervalles de 
peau saine. Ces cicatrices présentent au milieu une partie encore 
érythémateuse et à la périphérie un liséré blanc, déprimé ; elles pa- 
raissent succéder à des ulcérations profondes du derme. Lorsqu'on 
écarte les fesses, l'orifice anal cède facilement et presque brusque- 
ment; les plis s'effacent et l'anus devient infundibuliforme et présente 
un diamètre d'environ 3 centimètres ; la muqueuse est saine et ne pré- 
sente pas d'ulcération. 



Obs. LXXXVIII. — Tumeur congénitale de la région lombaire. — 



TUMEURS CONGÉNITALES DU SIÈGE 463 

Rebstock (Rose), âgée de trois mois et demi, nous est présentée à 
l'hôpital Trousseau, le 29 avril I880, 

Les parents sont bien portants ; ils ont eu huit autres enfants : six 
sont vivants et bien conformés, deux sont morts de rougeole et de 
méningite. La mère a fait une fausse couche avant le dernier enfant. 
L'accouchement eut lieu le 8 janvier iSSo ; il fut naturel, mais dura 
longtemps. 

Le deuxième jour, on remarqua à la région dorso-lombaire une 
tumeur du volume d'un œuf de cane, à la surface de laquelle se 
voyait une petite tache vasculaire. 

Depuis cette époque la tumeur a un peu augmenté. Aujourd'hui 
(29 avril I880) on trouve à la partie supérieure de la région lombaire 
une tumeur du volume de la moitié d'un œuf de poule, mal limitée à 
la périphérie, de consistance mollasse et ne contenant pas de liquide. 
La résistance est égale et l'on ne trouve pas de bosselures. La 
colonne vertébrale à ce niveau présente une saillie de trois apophyses 
épineuses, principalement de celle qui occupe le milieu de la tumeur ; 
cette apophyse épineuse semble élargie ; elle est mobile lorsqu'on 
la déprime, mais elle ne présente aucune trace de bifidité. La 
tumeur repose par une large base sur les parties profondes ; il n'y a 
pas de pédicule; mais en comprimant la tumeur latéralement, de 
manière à la faire saillir, on constate à sa partie supérieure l'exis- 
tence d'une petite dépression cutanée indiquant une adhérence de la 
face profonde de la peau à la tumeur. 

La peau présente des taches vasculaires d'un rouge légèrement 
cuivré et un bord irrégulier sur la partie supérieure droite de la 
tumeur. 

Il n'y a jamais eu aucun trouble particulier, ni douleurs, ni trou- 
ble moteur ou sensitif du côté des membres inférieurs. 



Obs. LXXXIX. — Tumeur congénitale de la région occipitale 
(V. fig. 33). — • Courtois (Jeanne), âgée de trois mois, apportée à la 
consultation de l'hôpital Trousseau le 13 mai I880. 

Ses parents sont en bonne santé. La petite fille qu'on nous pré- 
sente est leur premier enfant. Deux mois avant la grossesse, la 
mère eut une perte, due probablement à une fausse couche : car les 
règles étaient supprimées depuis deux mois. La grossesse fut bonne 
jusqu'au huitième mois; à cette époque la mère fut mêlée à une rixe 
survenue entre son mari et des ouvriers ; elle dut se battre pour le 

30 



466 KYSTES CONGENITAUX DIVERS 

délivrer et reçut un coup sur la tête. Elle en ressentit une violente 
émotion et à la suite perdit du sang pendant un jour. Mais après cet 
accident elle n'eut pas de douleurs abdominales et n'éprouva plus 
aucun trouble. 

L'enfant naquit à terme avec une tumeur occipitale qui fut déchi- 
rée pendant l'accouchement par la sage-femme et qui saigna un 
peu ; d'après le témoignage de la sage-femme, elle n'adhérait pas 
aux membranes. 

Cette tumeur est située vers le milieu de la hauteur de Técaille 
occipitale. Elle est allongée transversalement et traversée par la ligne 
médiane, qui en laisse la plus grande partie à sa gauche. 

L'extrémité gauche de la tumeur est formée par une saillie à sur- 
face irrégulière, bourgeonnante et ulcérée, grosse comme une noi- 
sette et séparée par un sillon profond du reste de la masse. C'est 
cette partie de la tumeur qui a été le siège de la déchirure. Le reste 
forme une saillie recouverte de peau normale, de couleur rosée. Elle 
est surmontée de deux proéminences charnues en forme de tuber- 
cules, dont l'aspect représente celui de petites cornes ou de mamelons 
allongés. 

La tumeur est parfaitement mobile sur les parties profondes. Sa 
consistance est mollasse et uniforme. Elle n'est pas recouverte de 
poils, mais le cuir chevelu en présente jusque sur ses limites. 



NDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



Un grand nombre des faits que nous avons indiqués se trouvent cités dans 
les travaux suivants : 

A. Veling. — Essai sur les tumeurs enkystées de Vextrêmité inférieure du 
tronc fœtal. Thèse, Strasbourg, 1846, n° 162. 

Constantin Paul. — Étude pour servir à l'histoire des monstruosités x>(ira- 
sitaires ; de l'inclusion fœtale située dans la région sacro-périnéale, Arch. 
gén. de méd., 1862, vol. I", p. 641, et vol. II, p. 45, 194 et 273. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 467 

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Thèse, Strasbourg, 1868, 3= série, n» 106. 

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Arch. gén. de méd., 1868, vol. II, p. 723. 

E. Lachaud. — Recherches sur les tumeurs congénitales de la région sacro- 
coccygienne. Thèse, Paris, 1883. 



Abegg. — JJeher angehorene Sacralgeschiuïdste iind xiber das Schliewener 

Kind. Archiv f. Gynœk., 1880, Bd. XVI, s. 475. 
Ahlfeld. — Ein zioeiter Schlieioener Kind, ein neuer Fall vo7i unahhxngîgen 

Beiuegungen in einem angeborenem Sacraltumor. Archiv f. Gynœk., 187o, 

Bd. Vm, s. 280 ; — et Sectionsbericht ûber das zweite Schlieioener Kind. 

Archiv f. Gynœk., 1877, Bd. XII, s. 473. 
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- de la Soc. de chir., 12 mai 1869 ; 2« série, t. X, p. 207. 
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468 KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

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— d'après Veling, p. 10. 

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Pandbumin in einer Cyste der Geschividst. Virchoio's Archiv f. path. 
Anat., 1834, Bd. VI, s. 520. 

C. Weber. — Fine cystische Sacralgesckwidst aïs Gehurtshinderniss. Archiv 

f. Gynœk., 1870, Bd. I, s. 164. 
Wedemeyer. — Grsefeund Walther' s Journal f. Chir. u. Augenheilk., 1826, 

Bd. IX, p. 114, — d'après C. Paul. 

■Weinlechner. — Soc. imp.-roy. des médecins de Vienne, 22 mai 1883, — 
— d'après la Semaine médicale, 27 mai 188o, n° 22, p. 189. 

"Wieland. — Bidl. de la Soc. anatom., avril 1837, p. 113. 

"Wittich et Wohlgemuth. — Monatschr. f. Geburtsk., 18o3,Bd. V,p. 161, 

d'après Molk, p. 39. 
Wormald. — Med.-chir. Trans., 1841, vol. XXIV, p. 240, — d'après Molk, 

p. 240. 



APPENDICE 



TTOIEURS DEIOIOIDES LIP03IATEUSES DE LA PARTIE MÉDIANE DU NEZ 



Nous avons observé tout récemment de petites tumeurs pré- 
sentant une grande analogie avec quelques ^dces de conforma- 
tion décrits dans la première partie de cet ouvrage. Ce sont de 
petites productions congénitales offrant exactement l'apparence 
extérieure des fibro-cliondromes branchiaux, mais situées sur 
la ligne médiane du dos du nez, en dehors par conséquent de 
la région branchiale. Leur structure diffère de celle des fibro- 
chondromes en ce que l'élément caractéristique de ces derniers, 
le cartilage, y fait défaut. 

On peut rapprocher ces tumeurs de celles qui ont été obser- 
vées, dans plusieurs cas de dermoïdes oculaires, en diverses 
régions de la face. Comme ces dernières, on peut les comparer, 
au point de vue pathogénique, à ces dermoïdes eux-mêmes, et 
elles représentent, selon toutes les probabilités, des vestiges 
d'adhérences fœtales. 

Elles rappellent aussi certains petits tubercules en forme de 
mamelons qu'on a parfois décrits à la surface de tumeurs con- 
génitales plus ou moins complexes : telles sont les petites émi- 
nences que présente la tumeur occipitale qui fait le sujet de 
l'observation LXXXIX (fig. 53) ; dans ce dernier cas , l'exis- 
tence d'adhérences ne peut être guère mise en doute. 

Voici d'ailleurs l'observation de ces petites tumeurs du nez. 



Obs. XC. — Appendices congénitaux situés sur la ligne médiane 



TUMEURS DERMOiDES DU NEZ 47Î 

du nez (V. fîg. 54). — Ziller (Jeanne), âgée de treize jours, apportée 
à l'hôpital Trousseau le 9 juin 1886. 

Les parents sont bien portants ; la mère est âgée de vingt-huit ans, 
le père de trente ans. La grossesse fut normale. Ils ont eu deux 
garçons^ l'un âgé de deux ans , l'autre d'un an ; ils ne présentent 
aucun vice de conformation. 





FiG. 54. — Tumeurs dermoïdes lipomateuses de la partie médiane du nez (obs. XC). 



L'enfant dont il s'agit porte sur la ligne médiane du dos du nez 
trois appendices ressemblant à des fibro-chondromes et qui se pré- 
sentent de la manière suivante : 

Le premier, le plus élevé, est placé à la racine du nez, au point 
de jonction de cet organe avec le crâne, ou si Ton veut, au niveau du 
point où les os du nez s'unissent à l'ethmoïde. Le point d'attache à 
la peau est placé un peu au-dessus d'une ligne transversale qui irait 
d'une commissure palpébrale à l'autre. Cette tumeur est exactement 



474 TUMEURS DERMOÏDES DU NEZ 

médiane, a près de 1 centimètre de longueur et elle s'attache par 
un pédicule plus mince. Le pédicule, en effet, n'a que 1 millimètre 
environ au niveau de son point d'attache, puis la tumeur se renfle 
en forme de poire de manière à atteindre 1 centimètre 1/2 en travers. 
Très mobile , elle offre néanmoins une résistance qui semble indi- 
quer la présence de cartilage. On ne peut dire si le pédicule se pro- 
longe jusqu'au périoste des os du nez par des tractus fibreux pro- 
fonds. 

Le deuxième appendice, plus petit que le premier, est placé h i cen- 
mètre au-dessous ; il s'attache par une base plus large et paraît plus 
adhérent aux parties profondes. 11 ne s'élève que de 2 miUimètres. 

Le troisième, placé au-dessous du précédent, se rapproche du 
lobule du nez ; il a une forme ovoïde et un volume intermédiaire 
entre le premier et le second. Il s'attache également par un pédicule 
aminci; mais il reste perpendiculaire au nez sans tomber par son 
poids et, bien que mobile, il semble que son pédicule ait des rapports 
avec les parties profondes, c'est-à-dire les cartilages du nez à ce ni- 
veau. Il est aussi médian. 

Enfin la quatrième tumeur s'implante au milieu de l'espace com- 
pris entre l'extrémité du lobule et la lèvre, c'est-à-dire sur la sous- 
cloison du nez. Elle atteint ainsi 1 centimètre de long; en forme de 
poire et mobile, elle s'implante un peu en dehors de la ligne médiane, 
c'est-à-dire du côté de la narine gauche. 

Cette dernière tumeur est tombée spontanément au bout de sept 
jours. 

Une de ces petites tumeurs est soumise à l'examen histologique. 
La peau qui la recouvre est normale ; elle est pourvue de follicules 
pileux, de glandes sébacées et de quelques glandes sudoripares. Le 
derme présente sa structure ordinaire ; le centre de la tumeur est 
formé de tissu adipeux. Dans le pédicule se voit la coupe d'une ar- 
tère accompagnée de plusieurs filets nerveux. La tumeur ne ren- 
ferme pas de cartilage. 



FIN 



TABLE DES MATIÈRES 



Considérations générales. — Divisions du sujet. 



PREMIERE PARTIE 

KYSTES DERMOÏDES 

PREMIÈRE SECTION. — Description topographique 10 

Chapitre premier. — Kystes dermoïdes de l'orltite et de son 

pourtour 11 

Chapitre II. — Kystes dermoïdes du crâne 16 

Chapitre III. — Kystes dermoïdes de la face 17 

Chapitre IV. — Kystes dermoïdes du cou 19 

Chapitre V. — Kystes dermoïdes du plancher buccal 23 

Chapitre VI. — Kystes dermoïdes des parois thoraciques 26 

Chapitre VII. — Kystes dermoïdes des parois abdominales 28 

Chapitre VIII. — Kystes dermoïdes des membres ■•. 29 

Kystes de la main et des doigts 31 

Chapitre IX. — Kystes dermoïdes de l'iris 33 

Chapitre X. — Kystes dermoïdes de la cavité thoracique 34 

Chapitre XL — Kystes dermoïdes de l'ovaire 37 

Chapitre XII. — Kystes dermoïdes de la cavité abdominale 39 

Chapitre XIIï. — Kystes dermoïdes du scrotum 41 

Chapitre XIV. — Tumeurs dermoïdes de la région sacro-périnéale. 42 

Chapitre XV. — Tumeurs dermoïdes de la région des maxillaires. 46 

Polygnathisme 49 

SECONDE SECTION. — Anatomie pathologique 56 

Chapitre premier. — Caractères généraux des tumeurs dermoïdes. o6 

Chapitre II. — Cavités kystiques à parois dermoïdes 59 

§ 1. — Caractères généraux de la paroi 59 

§ 2. — Étude du contenu 60 

§ 3. — Structure de la paroi dermoïde et de ses dérivés : 

glandes, poils dents 65 

Chapitre III, — Cavités kystiques diverses 72 

Chapitre IV. — Des différents tissus qui peuvent entrer dans la 

constitution des tumeurs dermoïdes 73 

Chapitre V. — Résumé général. Conclusions 78 



476 TABLE DES MATIÈRES 

TROISIÈME SECTION. — Pathogénie 82 

Chapitre premier. — Origine congénitale. Rapports avec les mons- 
truosités 82 

Chapitre IL — Théorie de la diplogénèse par inclusion 90 

Chapitre III. — Théorie de l'hétérotopie plastique 98 

Chapitre IV. — Théorie de l'enclavement 104 

§ 1 . — Exposé général 104 

§ 2. — Applications de la théorie de l'enclavement aux tumeurs 

dermoïdes du premier groupe (kystes simples) 112 

§ 3. — Application de la théorie de l'enclavement aux tumeurs 

dermoïdes du deuxième groupe (kystes composés) 127 

§ 4. — Application de la théorie de l'enclavement aux tumeurs 
dermoïdes du troisième groupe (tumeurs kystiques avec 

parties foetales) 133 

Chapitre V. — Théories diverses 142 

Grossesse extra-utérine 142 

Parthénogenèse 143 

Origine folliculaire 146 

QUATRIÈME SECTION. — Considérations thérapeutiques 150 

CINQUIÈME SECTION. — Productions congénitales, non kysti- 
ques, à structure dermoïde 134 

Chapitre premier. — Dermoïdes de l'œil loo 

Chapitre IL — Productions dermoïdes situées dans la cavité buccale 164 

Chapitre III. — Productions dermoïdes des voies urinaires 168 

SIXIÈME SECTION. — Fibro-chondromes branchiaux 171 

SEPTIÈME SECTION. — Observations 179 

Kystes dermoïdes de l'orbite et de son pourtour. Obs. I à XIX. 179 

Kystes dermoïdes du nez. Obs. XX et XXI 187 

Kystes dermoïdes du cuir chevelu. Obs. XXII à XXIII bis 189 

Kyste dermoïde de la cavité crânienne. Obs. XXIV 191 

Kystes branchiaux du cou. Obs. XXV à XXVII 193 

Kyste dermoïde présternal. Obs. XXVIII 193 

Kyste de l'ombilic. Obs. XXIX 193 

Pilimiction chez l'homme. Obs. XXX 196 

Kystes sébacés. Obs. XXXI et XXXII 197 

Dermoïdes de l'œil et vices de conformation divers. Obs. XXXIII 

à XXXVII 198 

Polygnathie. Obs. XXXVIII 207 

Fistule périnéale congénitale. Obs. XXXIX 208 

Fibro-chondromes branchiaux. Obs. XL à L 210 



TABLE DES MATIÈRES 477 

HUITIÈME SECTION. — Index bibliographique 217 

Bibliographie générale 217 

Bibliographie topographique 219 

Kystes dermoïdes de l'orbite et de son pourtour 219 

Kystes dermoïdes du cuir chevelu 222 

Kystes dermoïdes de la cavité crânienne 223 

Kystes dermoïdes du nez 223 

Kystes dermoïdes de la joue 224 

Kystes du cou 224 

1° Kystes dermoïdes 224 

2° Kystes branchiaux probablement dermoïdes 226 

3° Kystes branchiaux mucoïdes 228 

4° Kystes branchiaux de nature indéterminée 228 

Kystes dermoïdes du plancher buccal 230 

Kystes dermoïdes du sternum 234 

Kystes dermoïdes de la région mammaire 234 

Kystes dermoïdes de la région ombilicale 234 

Kystes dermoïdes des membres 235 

Kystes dermoïdes des doigts 233 

Kystes dermoïdes de la cavité thoracique 23o 

Kystes dermoïdes de l'ovaire 236 

Kystes dermoïdes de la cavité abdominale - 241 

A. dans le sexe masculin , 241 

B. dans le sexe féminin en dehors de la sphère génitale.-. . 243 

Produits dermoïdes dans les voies urinaires 244 

Produits dermoïdes dans le rectum 248 

Produits dermoïdes dans l'estomac 248 

Produits dermoïdes dans l'utérus 248 

Kystes dermoïdes du scrotum 249 

Région sacro-périnéale 2o 1 

i° Fistules et dépressions congénitales 251 

2° Tumeurs dermoïdes 251 

3° Tumeurs renfermant des parties fœtales et des produits 

dermoïdes 233 

Région des maxillaires 256 

1° Polygnathisme 236 

Mâchoire inférieure 236 

Mâchoire supérieure 257 

2° Kystes dermoïdes complexes 257 

3° Tumeurs présentant des parties fœtales 237 



478 TABLE DES MATIÈRES 

DEUXIÈME PARTIE 

KYSTES MUCOÏDES 

Chapitre premier. — Rapports des kystes mucoïdes avec les 

kystes dermoïdes 239 

Chapitre IL — Répartition topographique et structure 261 

Chapitre IIL Pathogénie 267 

Observation LI 269 

Index bibliographique 275 



TROISIÈME PARTIE 

KYSTES SÉREUX CONGÉNITAUX 

Chapitre premier. — Considérations générales. Division du sujet. 279 

Chapitre U. — Description topographique 284 

Chapitre IIL — Anatomie pathologique 291 

Chapitre IV, — Pathogénie 309 

Chapitre V. — Symptômes 325 

Chapitre VI. — Diagnostic 332 

Chapitre VII. — Pronostic 337 

Chapitre VIII, — Traitement 338 

Observations , 345 

Kystes du cou. Obs. LU à LXIII 345 

Kystes des membres. Obs. LXIV à LXIX 371 

Kystes du tronc. Obs. LXX à LXXIII 378 

Observations diverses. Obs. LXXIV à LXXVIIl 386 

Index bibliographique 393 

I. — Kystes séreux congénitaux du cou 393 

IL — Kystes séreux congénitaux de diverses régions 400 



QUATRIEME PARTIE 

KYSTES CONGÉNITAUX DIVERS 

Chapitre premier, — Kystes dérivés de cavités séreuses 407 

L — Kystes dérivés du péritoine 407 

IL — Méningocèles enkystées 408 

Chapitre IL — Kystes de l'appareil visuel 410 



TABLE DES MATIÈRES 479 

I. — Kystes des paupières 410 

II. — Tumeurs lacrymales 410 

m. — Kystes séreux de l'orbite avec microplithalmie ou 

anophthalmie 410 

Chapitre III. — Kystes de la cavité buccale 416 

I. — Kystes de la muqueuse buccale 41 6 

IL — Grenouillettes congénitales 417 

Observations LXXIX à LXXXII 421 

Chapitre IV. — Kystes du larynx 424 

Chapitre V. — Kystes du corps thyroïde 425 

Chapitre VI. — Kystes périœsophagiens 427 

Chapitre VIL — Kystes du mésentère et de l'intestin 428 

L — Kystes du mésentère 428 

IL — Kystes de l'intestin .' 429 

Chapitre VIIL — Kystes de l'appareil urinaire 431 

I. — Kystes des reins et hydronéphroses 431 

IL — Kystes de l'ouraque 435 

Chapitre IX. — Kystes de l'appareil génital 437 

I. — Appareil génital chez la femme 437 

1° Kystes de l'ovaire 437 

2° Kystes du ligament large 440 

3° Kystes du vagin 441 

Observation LXXXIII 442 

Lndex bibliographique 443 

II. — Appareil génital chez l'homme 44o 

Chapitre X. — Tumeurs congénitales du siège 447 

Observations LXXXIV à LXXXIX 454 

Index bibliographique 466 

Appendice. — Tumeurs dermoïdes lipomateuses du nez 472 

Observation XG 472 

Table des matières 475 



TABLE DES PLANCHES 



Planche I. — Fig. 1 et 2. — Même sujet. Kyste dermoïde congénital 
et médian de la pointe du nez. Voir obs. XXI 16 

Planche IL — Fig. 1 et 2. — Même sujet vu du côté droit et du côté 
gauche. Bec-de-lièvre commissural à droite, ordinaire et com- 
plexe à gauche, avec coloboma vertical des quatre paupières. 
Exencéphalie. Adhérences formées par des brides cutanées dans 
toutes les fissures anormales. Voir obs. XXXVI 134 

Planche III. — Fig. 1 et 2. — Polygnathisme du maxillaire inférieur. 
La figure 1 montre le sujet deux ans après l'opération; il per- 
siste une fistule et une division complète du maxillaire. La figure 2 
représente la tumeur enlevée. Voir obs. XXXVIII 48 

Planche IV. — Fig. 1. — Tumeurs congénitales multiples sur le trajet 
de la fente fronto -maxillaire. Vois obs. XXXV. 

Fig. 2. — Tumeur congénitale de la région temporale; repli de 
la conjonctive et bride dermoïde de la cornée. Voir obs. XXXIV. 160 

Planche V. — Fig. 1. — Kyste séreux multiloculaire du cou. Voir 
obs. LIX. 
Fig. 2. — Kyste séreux uniioculaire bilobé. Voir obs. LII 278 

Planche VI. — Kyste séreux congénital et multiloculaire d'un volume 
énorme. Voir obs. LXI 288 

Planches VII et VIII. — Kyste congénital du cou et des parois du 
thorax. On voit le développement énorme de ce kyste dans la 
région cervicale et sur toute la paroi thoracique du côté droit. 
Voir obs. LXXIII 308 

Planche IX. — Éléphantiasis congénital de la cuisse avec lymphan- 
giectasie. Voir obs. LXXV 320 

Planche X. — Fig. 1. — Kyste congénital du vagin. Voir obs. LXXXIII. 
Fig. 2. — Kyste congénital de la lèvre supérieure avec hyper- 
trophie glandulaire. Voir obs. LXXIX 416 

Planches XI et XII. — Kyste congénital de la région sacro-coccy- 
gienne présentant des nsevi à la surface de la peau. Voir 
obs. LXXXV 448 



TABLE DES FIGURES 



FiG. l . — Kyste dermoïde de la queue du sourcil 12 

FiG, 2. — Kyste dermoïde frontal 13 

FiG. 3. — Kyste dermoïder siégeant sur le dos du nez 18 

FiG. 4, — Paroi d'un kysle dermoïde. Poils, glandes sudoripares.. . 61 

FiG. b. — Paroi d'un kyste dermoïde de l'ombilic 65 

FiG. 6. — Paroi d'un kyste dermoïde. Papilles, glandes sébacées... 67 

FiG. 7. — Paroi d'un kyste dermoïde. Poil, glande sébacée 69 

FiG. 8. — Fistules congénitales de la région sacro-coccygienne 118 

FiG. 9. — Fistules et dépression congénitales de la région sacro- 
coccygienne 119 

F[G. 10. — Fistule congénitale ano-coccygienne 121 

FiG. 11. — Fistules congénitales, médiane et latérale, de la région 

sacro-coccygienne 12 

FiG. 12. — Fistules congénitales, bilatérales et médiane, de la ré- 
gion sacro-coccygienne 123 

FiG. 13. — Kyste dermoïde intra-crânien 12o 

FiG. 14. — Kyste sébacé du prépuce 147 

FiG. 15. — Bride congénitale interpalpébrale avec adhérence au 

globe oculaire 159 

FiG. 16. — Épaississement congénital et médian du voile du palais.. 167 

FiG. 17. — Fibro-cbondromes préauriculaires. 173 

FiG. 18. — Fibro-cbondromes préauriculaires 174 

FiG. 19. — Fibro-cbondromes buccaux. 175 

FiG. 20. — Coupes de flbro-cbondromes 176 

FiG. 21 . — Coupe d'un flbro-cbondrome 176 

FiG. 22. — Fibro-chondrome du cou 177 

FiG. 23. — Kysle congénital sacro-coccygien 263 

FiG. 24. — Paroi d'une cavité mucoïde, épitbélium vibratile et pavi- 

menteux. 265 

FiG. 23, — Kyste séreux congénital et multiloculaire du cou 283 

FiG. 26. — Kyste séreux congénital et multiloculaire du dos 287 

FiG. 27. — Loges accessoires dans une cloison incomplète de kyste 

séreux 293 

FiG. 28. — Loges accessoires dans une cloison séparant deux cavités 

principales 29o 

FiG. 29. — Kyste séreux sous-cutané du bras soulevant l'épiderme, . 296 

FiG. 30. — Loges remplies de sang dans un kyste séreux 297 

31 



482 TABLE DES FIGURES 

FiG. 31. — Endotliélium d'un kyste séreux. Capillaires sanguins 

sous-jacents ' 299 

FiG. 32. — Structure sarcomateuse du stroma d'un kyste séreux... 301 
FiG. 33. — Loge pourvue d'une couche musculaire dans un kyste 

séreux 302 

FiG. 34. — Fibres musculaires lisses dans le stroma d'un kyste séreux. 303 
FiG. 35. — Bourgeon pédicule proéminant dans une loge d'un kyste 

séreux 304 

FiG. 36. — Traînées épithéliales dans un kyste multiloculaire du cou. 303 
FiG. 37. — Prolongements diverticulaires d'une grande loge dans un 

kyste séreux 306 

FiG. 38. — Développement intra-musculaire des loges dans un kyste 

séreux 307 

FiG. 39. — Cavités kystiques développées au milieu de la parotide.. 310 

FiG. 40. — Kyste dans le tissu interstitiel de la parotide 311 

Fie. 41. — Endothélium d'un kyste séreux du cou 317 

FiG. 42. — Hypertrophie congénitale partielle de la lèvre supérieure. 319 
FiG. 43. — Cavités kystiques dans une hypertrophie congénitale de 

la lèvre supérieure 322 

FiG. 44. — Hypertrophie congénitale des deux joues 323 

FiG. 43. — .Kyste séreux multiloculaire latéral du cou avec prolon- 
gements intra-thoraciques 327 

^'^- 46. — Kyste séreux multiloculaire de la région parotidienne et 

de la face 329 

FiG. 47. — Kyste séreux congénital du bras et de l' ayant-bras 330 

FiG. 48. — Kyste séreux congénital du bras 331 

FiG. 49. — Kystes glandulaires situés symétriquement de chaque 

côté du frein de la langue 418 

FiG. 30. — Kyste (congénital de la langue 419 

FiG. SI. — Kyste congénital du périnée présentant de nombreux 

poils à la surface 449 

FiG. 32. — Coupe d'un kyste congénital du périnée 431 

FiG. 33. — Tumeur congénitale de la région occipitale 433 

FiG. 34. — Tumeurs dermoïdes lipomateuses insérées sur le dos du 

nez. 473 



SOCIÉTÉ ANGKYME d'iMPRIMERIE DE VILLEFRAXCHE-DE-ROUERGUE 
Jules Bardûux, directeur. 



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